Fort Dauphin à Madagascar: ceux qui doutent encore des problèmes
Fort-Dauphin: "...plus sombre, l'obscurité..."
(19-10-2008) - La ville de Tolagnaro vit actuellement dans la pleine obscurité et la situation est devenue depuis quelques temps le lot quotidien des habitants de cette ville de la région Anosy. Ils se demandent quand aura lieu la lumière...le jour que la nuit.
La ville de Tolagnaro
© QMM S.A "Tellement, c'est fatigant à la fin car les coupures d'électricité sont intempestives en fréquence qu'en durée !", se plaint un opérateur travaillant dans cette ville où la vie est devenue soudainement chère avec les projets de développement entrepris dans cette capitale de la région Anosy.
Coupures, qui selon toujours les explications de notre source d'information, surviennent à tout moment, le jour que la nuit. "On ne sait plus quand exactement l'électricité serait coupée. On s'attend à tout. Même les zones classées "zones rouges" ne sont pas épargnées par cette situation", a-t-il ajouté tout en recommandant "que chaque famille et ménage ait un électrogène". Ce qui n'est pas faisable pour tout le monde, vu les prix à la pompe des carburants. "Dans la journée, ces coupures sont comblées par le bruit des groupes électrogènes de ceux qui ont les moyens de s’en procurer, pour bercer dans la soirée ceux qui se résignent à aller au lit. Si certains quartiers de la ville se retrouvent habituellement dans le noir deux à trois heures par soirée, d’autres s’estiment plus illuminés par une ampoule ordinaire de 40 watt de laquelle émane une lumière ne dépassant pas un lux à cause de la faiblesse de la tension"
D'après une autre source, les explications de la part de la Jirama ne sont pas convaincantes. On leur parle d'usure du groupe électrogène qui ne fournit actuellement que 1, 35MW alors que la demande et les besoins actuels avoisinent les 1, 8MW. "On nous parle d'un transfert pour fournir une puissance de 3, 8MW pour tout l'ensemble de la ville de Tolagnaro par QMM, mais on ne sait pas exactement quand aura lieu ce transfert de puissance", se plaint-elle.
Les groupes életrogènes de la centrale thermique de QMM S.A à Mandena, Tolagnaro
© QMM S.A
De source auprès de la QMM, le groupe électrogène pouvant fournir ces 3, 8MW que la société canadienne a promis à la Jirama est déjà installé tout comme la connexion reliant l'usine de production électrique de Mandena et une station de relais.
"Le reste, c'est-à-dire la distribution à partir de cette station relais jusque dans la ville revient à la Jirama et au PIC", selon le responsable de QMM que l'on a contacté. A ce dernier d'ajouter que la société nationale d'eau et d'électricité et le projet PIC sont en train de changer les poteaux de transport d'électricité dans la ville de Tolagnaro. On annonce même sur place que ce renouvellement de transport prendra fin février 2009. De ce fait, même le projet d'éclairage de la ville que la société d'exploitation et d'exportation d'ilménite envisage de faire avec la commune urbaine de Fort Dauphin est en attente.
Rappelons que cette capitale de la région Anosy est classée dans la zone tarifaire 3 pour l'électricité. Zone employant comme source électrique du thermique fonctionnant avec du gas-oil. C'est-à-dire que dans la tarification, la prime fixe est faible mais le prix de l'énergie est élevé. Les tarifs applicables dans la ZT3 entre Octobre 2007 et octobre 2008 donnaient des fourchettes d’Ar 410 à Ar 19.500 / Kw pour la prime fixe, entre Ar 410 à Ar 755 / Kwh pour le prix de l’énergie et entre Ar 760 et Ar 141.000 pour la redevance. Le tout dépend bien sûr du besoin du client (Haute tension, Basse tension ou Moyenne tension).
Recueillis par Solofo Andrianjakarivelo
© DTS il y a bien l exploitaiton miniere qui a son energie mais la ville plus rien jusqu en fevrier : bien l investissement il y en a qui ont du se sucrer au passage
La ville de Tolagnaro
© QMM S.A "Tellement, c'est fatigant à la fin car les coupures d'électricité sont intempestives en fréquence qu'en durée !", se plaint un opérateur travaillant dans cette ville où la vie est devenue soudainement chère avec les projets de développement entrepris dans cette capitale de la région Anosy.Coupures, qui selon toujours les explications de notre source d'information, surviennent à tout moment, le jour que la nuit. "On ne sait plus quand exactement l'électricité serait coupée. On s'attend à tout. Même les zones classées "zones rouges" ne sont pas épargnées par cette situation", a-t-il ajouté tout en recommandant "que chaque famille et ménage ait un électrogène". Ce qui n'est pas faisable pour tout le monde, vu les prix à la pompe des carburants. "Dans la journée, ces coupures sont comblées par le bruit des groupes électrogènes de ceux qui ont les moyens de s’en procurer, pour bercer dans la soirée ceux qui se résignent à aller au lit. Si certains quartiers de la ville se retrouvent habituellement dans le noir deux à trois heures par soirée, d’autres s’estiment plus illuminés par une ampoule ordinaire de 40 watt de laquelle émane une lumière ne dépassant pas un lux à cause de la faiblesse de la tension"
D'après une autre source, les explications de la part de la Jirama ne sont pas convaincantes. On leur parle d'usure du groupe électrogène qui ne fournit actuellement que 1, 35MW alors que la demande et les besoins actuels avoisinent les 1, 8MW. "On nous parle d'un transfert pour fournir une puissance de 3, 8MW pour tout l'ensemble de la ville de Tolagnaro par QMM, mais on ne sait pas exactement quand aura lieu ce transfert de puissance", se plaint-elle.
Les groupes életrogènes de la centrale thermique de QMM S.A à Mandena, Tolagnaro
© QMM S.A
De source auprès de la QMM, le groupe électrogène pouvant fournir ces 3, 8MW que la société canadienne a promis à la Jirama est déjà installé tout comme la connexion reliant l'usine de production électrique de Mandena et une station de relais.
"Le reste, c'est-à-dire la distribution à partir de cette station relais jusque dans la ville revient à la Jirama et au PIC", selon le responsable de QMM que l'on a contacté. A ce dernier d'ajouter que la société nationale d'eau et d'électricité et le projet PIC sont en train de changer les poteaux de transport d'électricité dans la ville de Tolagnaro. On annonce même sur place que ce renouvellement de transport prendra fin février 2009. De ce fait, même le projet d'éclairage de la ville que la société d'exploitation et d'exportation d'ilménite envisage de faire avec la commune urbaine de Fort Dauphin est en attente.Rappelons que cette capitale de la région Anosy est classée dans la zone tarifaire 3 pour l'électricité. Zone employant comme source électrique du thermique fonctionnant avec du gas-oil. C'est-à-dire que dans la tarification, la prime fixe est faible mais le prix de l'énergie est élevé. Les tarifs applicables dans la ZT3 entre Octobre 2007 et octobre 2008 donnaient des fourchettes d’Ar 410 à Ar 19.500 / Kw pour la prime fixe, entre Ar 410 à Ar 755 / Kwh pour le prix de l’énergie et entre Ar 760 et Ar 141.000 pour la redevance. Le tout dépend bien sûr du besoin du client (Haute tension, Basse tension ou Moyenne tension).
Recueillis par Solofo Andrianjakarivelo
© DTS il y a bien l exploitaiton miniere qui a son energie mais la ville plus rien jusqu en fevrier : bien l investissement il y en a qui ont du se sucrer au passage
6 réactions de lecteurs Niché entre trois baies d’un bleu éclatant, balayé par les alizés et dominé par les montagnes, Fort-Dauphin était jusqu’il y a peu un petit paradis tropical, authentique et somnolent. Mais cette image prisée des touristes a été bouleversée par la construction depuis 2005 d’une mine flottante pour extraire des sables de Fort-Dauphin (725 km au sud d’Antananarivo) de l’ilménite, ou dioxyde de titane, un minerai de fer et de titane qui sert de pigment en peinture, notamment pour le plastique et les cosmétiques. Le port d’Ehoala - présenté comme le plus grand en eau profonde de l’océan Indien - a été créé de toutes pièces près de la ville, avec plusieurs usines. L’extraction doit commencer fin 2008 et durer 40 ans. Cet investissement de 850 millions USD, énorme pour Madagascar, a été engagé par la société QMM, détenue à 80% par le géant minier anglo-australien Rio Tinto et à 20% par l’Etat malgache. “QMM apporte des opportunités incontestables” mais seule une partie de la population les a saisies, regrette Jean-Philippe Jarry, coordinateur de l’ONG CARE. “Fort-Dauphin était un village de pêcheurs et la population n’était pas préparée à ça”. Dans les rues sablonneuses de Fort-Dauphin, dont la population a doublé pour atteindre 70 000 habitants, des hôtels rénovés ou neufs à la décoration branchée tranchent avec les façades imposantes des maisons coloniales. Les 4x4 siglés Rio Tinto côtoient des pêcheurs nus pieds, encore peu familiarisés avec le code de la route dans une ville où les véhicules étaient il y a peu quasi inexistants. Destruction de montagnes pour aménager des carrières, construction de routes et de stations essence ont transformé le paysage. En 2007, la quasi totalité des chambres d’hôtel de la ville étaient occupées par QMM, selon la Chambre de commerce et d’industrie (CCI). “Avant l’arrivée de QMM, cette ville était en sommeil, dans un état économique comateux”, indique Liva Randriamilamina, directeur exécutif de la CCI, citant l’arrivée “d’entreprises nationales et internationales”, le développement des transports, de la maintenance et du nettoyage, de l’hôtellerie et de la restauration, du maraîchage. Cet investissement dans une des zones les plus pauvres de Madagascar, pays où deux tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, a suscité un immense espoir. Mais avec la fin proche de la phase de construction, les craintes grandissent : la ville est-elle capable de poursuivre son développement ? Les nombreux sous-traitants et fournisseurs locaux travaillant dans la construction vont-ils rebondir ? Rollis Rakotosamimanana, fonctionnaire dans le secteur de développement, assure que “la construction des infrastructures (...) et l’arrivée de grandes sociétés auront un impact positif à moyen terme”. Mais parmi les bouleversements sociaux liés au projet figure la forte augmentation du coût de la vie, provoquée par l’arrivée de milliers de travailleurs malgaches et de centaines d’expatriés. “Pour le moment, le projet n’est pas générateur de richesses et ne permet pas d’améliorer la vie des gens”, estime Josuah Randrianantenaina, député d’opposition, fustigeant “la cherté de la vie et les expropriations parfois injustes”.