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Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"

Discussion started by Cochize on 2009-02-26

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Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"

Cochize · 2009-02-26

sur la suggestion de Kashtin je reprends son post à mon compte pour poursuivre les récits de petites histoires vécues près de la nature en invitant tous ceux qui pourraient en avoir à nous les faire partager.

Sauver les ours de la décharge de Z

Chose bien connue de tous, en Amérique du Nord, parmi les endroits les plus fréquentés par les ours de toutes sortes (noirs, grizzlys, blancs) en dehors des rivières à saumons, champs de blueberries etc… ont figuré malheureusement depuis des décennies les décharges (garbage dumps) associées à la proximité d’une collectivité humaine. Il fut un temps où, tout comme en France, toute collectivité avait sa décharge ouverte à tous vents. A l’heure actuelle on parle plutôt de centre d’enfouissement (landfill) clôturés, mais les ours sont malheureusement toujours attirés par les poubelles.

Cette année-là, dans les années 1970, sur la côte nord-ouest de l’île de Vancouver nous avions installé un camp d’une quinzaine de personnes. Le site choisi en bordure d’une belle rivière de montagne fournissant eau potable pour faire du TANG !! ( boisson qui accompagnait couramment les repas) était de plus dégagé, permettant donc en tout temps un accès facile et sécurisé à l’hélicoptère, indispensable pour se déplacer rapidement en montagne.

(Hélicoptère léger sur flotteurs du type de celui utilisé. OKANAGAN HELICOPTER a disparu en tant que tel en 1987 )

Il était néanmoins accessible aux 4x4 car proche de la route (alors simple gravel road) conduisant au village de logging de Z……. situé, plus en aval, à l’embouchure de la rivière, au fond de l’inlet (fjord). Ce village avant de devenir une importante base de logging avait d’ailleurs pris naissance vers 1930 lors d’une des toutes dernières ruées vers l’or historiques, d’importance relativement locale, activité certes plus excitante que celle de bûcheron mais beaucoup moins pérenne !! C’était presque un siècle après celle de Californie et plus de trente ans après celle du Klondike.

Le cadre était enchanteur, la rivière aux eaux claires, encaissée au pied des montagnes permettait d’agrémenter de temps en temps l’ordinaire de truites sauvages ou autres steelheads. Derrière nous les sommets enneigés, devant nous la côte Pacifique accessible à notre Zodiac. Et en plus on était payés pour vivre là !!!! Dieu que la nature est belle et sereine parfois !! 🙂🙂

Entre notre camp et le village, à seulement quelques centaines de mètres de nous mais complètement noyée dans la végétation, totalement invisible depuis la route se trouvait la décharge-poubelle locale. A vrai dire nous ne l’avions pas repérée de prime abord mais en réalité elle ne nous gênait pas. Bien entendu les ours (noirs, pas de grizzlys dans l’île) la fréquentaient assidûment et en termes de voisinage nous n’avions peut être pas suivi à la lettre les consignes de sécurité maintenant répandues (ne le répétez pas… il y a de toutes manières prescription...😛).

La coexistence Ce que nous avons découvert par contre c’était que le site sur lequel nous nous étions établi se trouvait sur un des itinéraires préférés de nos voisins et qu’ils n’avaient pas l’intention d’en changer. Pour descendre de la montagne ils continuèrent donc à l’utiliser, en tout cas de nuit, de sorte que souvent le matin on trouvait des traces de pas dans le sable et en plein milieu du camp, entre les tentes. Nous avions une tente cuisine, jamais ils n’y ont tenté la moindre incursion. Nous prenions bien entendu certaines précautions de base quant aux provisions et aux déchets alimentaires mais quand on voit ce qui nous est survenu en des circonstances différentes où les ours se sont attaqué au réfrigérateur fermé pour aller y chercher la nourriture on peut s’étonner rétrospectivement. Le fait est que nos voisins étaient gavés de nourriture de la poubelle, littéralement gavés. Il suffisait de voir leur tour de taille et leur nonchalance. Comme de simples touristes (j’allais dire vulgaires 😛, pardon), le soir après notre propre repas nous allions fréquemment de l’intérieur de nos 4x4 les observer évoluer autour de nous sans nous prêter attention. Allons dire bonsoir aux ours disait l’un d’entre nous et d’autres suivaient. Il y en avait jusqu’à une dizaine qui cassaient la croûte en fourrageant dans les déchets de la journée. C’est à peine s’il levaient la tête pour nous observer, il était difficile de croire que l’on avait affaire à des animaux sauvages, des fauves en puissance et certains d’entre nous devaient parfois résister à la tentation de sortir du 4x4 pour aller leur faire causette.

Un peu à l’écart des tentes-vie, accessible par une sente étroite au milieu de la végétation arbustive et buissonneuse dense, nous avions installé notre out-house (la cabane au fond du jardin dirait l’humoriste).



Deux gros mâles, bien gras, placides et débonnaires (d’allure en tous cas) avaient pris l’habitude d’y faire la sieste en pleine journée. On les avait surnommés "les moines" Pour se rendre à nos commodités il fallait quand même rendre des précautions, éviter de les surprendre. C’est là que nous utilisions une grosse clochette bien sonore, un peu comme les lépreux au Moyen Age pour les avertir de notre arrivée. Si quelqu’un voulait aller aux toilettes donc, on lui rappelait "fais attention aux moines". Il arrivait que nous les trouvions si bien installés qu’ils ne daignaient pas bouger. A ce moment-là nous jugions plus sage de faire demi-tour. Après tout, ils étaient là avant nous n’est-ce pas ? Chaque matin l’hélicoptère emmenait par rotations successives les membres de l’équipe faire leur travail. Chaque soir il allait les chercher. La course de l’hélicoptère l’amenait à passer à très basse altitude au-dessus de la décharge. Les premiers jours nos voisins avaient tendance à s’égailler dans tous les sens, comme du bétail (cela me rappelle, ce qui n’a rien à voir avec notre sujet actuel, un bush pilote du Québec qui, dans la région du lac Saint-Jean, adorait piquer sur les troupeaux pour voir les pauvres bovins courir dans tous les sens ; je ne sais pas si c’était très bon pour la lactation !! ). Au bout de quelques jours ils s’étaient accoutumés et comme tout un chacun levaient simplement la tête vers notre aéronef, nouvelle preuve s’il en était besoin de la rapidité d’accoutumance de l’ours (ils deviennent rapidement "habituated" selon les termes du Professeur Herrero, spécialiste de l’ours à l’université de Calgary).

Nous les aimions bien nos ours, eux des bêtes sauvages, nous des humains, nous partagions le même environnement, buvions la même eau de la même rivière, mangions même parfois les mêmes blueberries du brûlé voisin, profitions du même soleil. Un soir que, dans la tente cuisine, nous dînions, une bonne douzaine d’entre nous dont le pilote de notre hélicoptère, un ancien RCMP ( gendarme de la Royal Canadian Mounted Police), nous sursautons à des coups de feu tout proches, suivis de hurlements affreux. Instantanément nous avons compris : Nom de Dieu ILS tirent sur nos ours !!!. ILS c’était bien sûr les bûcherons du village voisin. Nous nous précipitons tous, renversant les bancs de la cuisine, géologues, prospecteurs, étudiants, pilote et son mécanicien…, sautons dans les véhicules les plus proches et fonçons vers la décharge… Et c’était bien vrai… un enfoiré de villageois, il n’y a pas d’autre mot, était simplement venu faire un carton pour essayer sa 30-06 toute neuve, il n’était même pas intéressé par le trophée ni bien sûr par la viande, ce qui aurait pu être une raison. Il voulait seulement tester son arme sur un ours et maintenant n’ayant même pas été capable d’ajuster son tir sur un animal immobile, il l’avait seulement blessé et on entendait ses plaintes s’éloigner dans la forêt. Trouillard, de plus, il n’osait pas poursuivre la bête pour l’achever proprement. Notre pilote ex RCMP oublie alors qu’il n’en est plus un, devient rouge de colère, il arrache la 30-06 des mains de son propriétaire, l’engueule copieusement, fait mine de lui balancer une gifle, déclare qu’il lui confisque son fusil tout neuf, qu’il n’est pas prêt de le revoir et qu’il sera poursuivi pour braconnage. Là-dessus avec un autre résidant du village armé arrivé sur place, il part sur la trace de l’animal dont on entend toujours les plaintes et… au bout d’un moment on entend deux autres coups de feu puis plus rien… Aucun fou de la gâchette n’est revenu dans le secteur de la décharge pendant notre présence dans les parages. Nos ours donc ne nous ont jamais causé d’ennuis et nous ne leur avons jamais causé, mais une nuit ils nous ont fait bien rigolé sans être réellement impliqués eux-mêmes. Mon épouse et moi avions un chat tigré qui nous suivait partout "dans le bois". Ce chat avait un comportement intéressant à observer. Premièrement quand nous arrivions sur un nouveau site il s’éclipsait pour environ 48 heures peut-être pour reconnaître son territoire et le marquer à l’instar de ses ancêtres félins sauvages. Il revenait d’ailleurs souvent avec des traces de luttes voire des blessures. Deuxièmement une fois implanté sur un site, il restait la journée au camp à somnoler comme tout bon chat mais, la nuit tombée, s’éclipsait de nouveau, à la chasse, et pour quelques heures seulement. Il rentrait au milieu ou vers la fin de la nuit mais pas d’une manière banale… Nos tentes consistaient en un "squelette" de contreplaqué assemblé par clous, sur lequel on tendait la toile de tente proprement dite, toile de tente qui était censée passer par-dessus le contre plaqué, pour être étanche à la pluie, mais que souvent on laissait pendre à l’intérieur de la paroi. De sorte que le chat sautant sur la toile de tente faisant toit, se laissait glisser sur elle à l’intérieur du contreplaqué et atterrissait directement sur nos sacs de couchage ce qui, la plupart du temps, nous réveillait mais nous en avions l’habitude et n’y prêtions pas attention, et tout le monde replongeait dans le sommeil.

Une nuit, notre chat – était-il euphorique, avait-il consommé une herbe particulière – s’est trompé et a réintégré sur le coup de 3 heures la tente, proche de la mienne, d’un couple de collègues. A l’arrivée brutale mais surtout inattendue de notre greffier sur leur sac de couchage: réveil en sursaut et émoi de nos voisins. Lui, mal réveillé, pensant qu’un ours s’écartait de son code de bonne conduite, bondit en dehors de sa tente en gesticulant et criant à mon intention sachant que j’étais le seul à avoir une carabine à portée de main : "JP ta Winchester!… ta Winchester!!…" - --

Les ablutions du grizzly

Un petit matin brumeux dans les Monts Skeena en Colombie Britannique... Ce jour là, après avoir quitté notre camp, je me trouve seul à marcher en montagne, et avance dans une zone oû une végétation relativement dense cède sa place vers la hauteur à des pierriers chaotiques puis à des reliefs rocheux. Une forte brume matinale traîne autour des zones humides basses et le paysage y a un aspect cotonneux qui amorti les sonorités. Pour progresser plus facilement, sortir de ces zones basses et atteindre les hauts terrains rocheux (qui m'intéressent) j'ai emprunté fortuitement une sente animale d'à peine plus de 50cm de large sur laquelle ma démarche involontairement feutrée n'aurait pas paru ridicule à un Mohican😉...Et voilà qu'il me semble entendre un bruit rythmé sortir de la brume devant moi; il devient plus net au fur et à mesure que j'avance, maintenant avec précaution, sur l'étroit passage. C'est une sorte de '''splash'' qui me rappelle celui qu'égrennent les castors au fil des nuits passées au bord de l'eau en frappant la surface avec leur queue...sauf que, a priori, il me semble que nous sommes plutôt dans un environnement à marmottes qu'à castors ...En arrivant près d'une trouée, sur un large replat occupé par un lac de la taille d'un à deux terrains de football, je comprends l'origine de ce ''splash''😮... Au travers du dernier écran d'une sorte d'épinettes et à moitié noyé dans la brume qui stagne sur le plan d'eau, à une cinquantaine de mètres, peut être, je le vois de trois quarts. Le grizzly, en bon plantigrade, debout dans l'eau, frappe l'eau de ses ''bras'' de manière répétée, il semble s'asperger ''le torse'' comme le ferait un homme..Il ne m'a, à l'évidence, ni vu, ni entendu ni surtout senti.. tout celà probablement à cause du brouillard.. et continue ses ''ablutions''. J'imagine qu'il se gratte en même temps qu'il s'asperge, pour se débarrasser de parasites, j'imagine car je ne tiens pas à m'approcher pour mieux voir .. J'en reste bouche bée pendant un instant😮😮 car si j'avais déjà vu des ours batifoler dans l'eau', chose plutôt banale, je n'en avais jamais vu se comporter de cette manière particulière. Mais comme je ne tiens pas à passer pour un intrus et déranger l'intimité de mon voisin car j'ai reçu une bonne éducation, je fais demi-tour et m'éclipse en douceur sur la sente..en veillant maintenant à ne pas faire de bruit, et en regardant fréquemment derrière moi..



le camp: cinq tentes blanches au fond de la vallée dans les montagnes Skeena--

Le prospecteur intrépide

En Amérique du Nord pendant, disons …un siècle et demi, le prospecteur, héros de la tradition orale, de fictions écrites, voire d’œuvres cinématographiques a participé au mythe : trouver le bon filon (the mother lode) et faire fortune( strike it rich). Il est, pour moi en tous cas, indissociable de la saga de l’Ouest, notamment de ses diverses ruées vers l’or tant Américaines que Canadiennes. Souvent doté d’une forte personnalité, individualiste, frugal, rustique, apte à vivre ou survivre seul en montagne ou dans le désert, dans le chaud et dans le froid il était aussi communément haut en couleur.

Le prospecteur traditionnel, n’a certes pas disparu mais son âge d’or est malheureusement bien derrière lui, pour nombre de raisons. A l’intention de Marie j’ajouterai que la prospection, la recherche minière existent toujours en Amérique du Nord, en particulier au Canada, ou sur d’autres continents. Elles ont d'ailleurs existé bien avant la prospection pétrolière ( depuis le Néolithique à vrai dire… çà ne date pas d’hier😉), et à mon avis existeront encore bien après l’âge du pétrole. Mais, un peu comme pour le pétrole les outils sont devenus plus complexes, largement hors de portée de notre personnage.

La variante la plus emblématique, celle qui frappait le plus l’imaginaire collectif était bien sur le chercheur d’or. Accompagné de son fidèle burro, armé de son pic, de sa pelle et de sa bâtée (le chapeau chinois), il parcourait au XIX siècle et une partie du XX ème sierras, déserts et rivières. J’aime bien celui qui vous accueille à l’entrée du Museum des Superstitions Mountains près de Apache Junction, pas loin de Phoenix.



Des personnages proches de çà, avec barbe et chapeau informe, une paire de bottes éculées, la jeep ayant néanmoins détrôné le burro, on en rencontrait encore un ou deux au début des années 70 dans les casinos du centre-ville ‘historique’ de Las Vegas attablés aux bars du Frémont alors que le Strip était encore, pour partie, proche du terrain vague . A cette même époque on rencontrait d’ailleurs autant de prospecteurs que de touristes étrangers sur les routes du sud Utah !! . . L’or n’était pas le seul rêve poursuivi, l’argent, le cuivre, l’uranium et d’autres métaux pouvaient également faire la fortune de ceux qui outre les connaissances techniques, le flair et la chance étaient également pourvus du sens des affaires pour mener à bien les discussions avec les compagnies minières ou les associés qu’ils devaient forcément trouver pour mener leur aventure à terme. Quelques uns ont effectivement fait fortune, d’autres, plus nombreux ont réussi à gagner correctement leur vie mais la majorité n’a fait que survivre ou poursuivre un chimère…

Voici donc une anecdote qui concerne un prospecteur de Colombie Britannique au caractère bien trempé quoique quelque peu déroutant parfois...

Cet homme là prospectait dans le Nord de la Province, notamment la région de Terrace, Hazelton, Smithers les Omineca, les Skeena et plus au nord…..où il avait acquis les droits miniers sur un certain nombre de terrain en altitude et éloignés de tout. Pour s’y rendre, ayant déjà eu l’occasion de faire une ou deux bonnes affaires ( a couple of nice deals comme il disait) il avait son propre Cessna lui donnant accès aux lacs qu’il utilisait pour se rendre rapidement sur ses ‘’propriétés’’. A la fin de cet hiver là, au moment de reprendre la saison de prospection, se posa le problème habituel. Il faut évaluer l’avancement de la fonte des glaces : le lac sera-t-il pris ou sera-t-il libre ? Est-ce que j’équipe mon avion de flotteurs (pour l’eau) ou de skis (pour la neige et la glace) ? That is the question… comme aurait dit Hamlet. Notre homme aurait pu pratiquer un vol de reconnaissance afin de vérifier. Mais ce fort caractère discutant de la question en passant me voir, estime que ‘’y’a pas de problèmes, on est pas trop haut, la glace doit être fondue et le lac libre donc je pars avec mes flotteurs et on verra bien…’’ . Il est venu, il a vu, il est revenu mais .. sans son avion😠. Il a vu en effet que la ''débacle" n'était pas achevée, la glace n’était pas toute fondue sur tout le lac.. donc avec ses flotteurs il a atterri sur la partie libre, laquelle s’est avérée trop courte, il est donc monté sur la glace qu’il a traversé sans coup férir, est rentré derechef dans la forêt, poursuivi son chemin, la tête baissée (çà c’est moi qui l’imagine), fauchant une rangée de petites épinettes à gauche, une rangée de petites épinettes à droite laissant de ce fait derrière lui une aile à gauche, une aile à droite, pour finalement s’immobiliser à court d’énergie cinétique. Il s’en est sorti avec des contusions mais son avion… doit toujours être là bas quelque part dans la montagne…au milieu des épinettes qui ont dû grossir depuis😉…

L’année suivante mon chemin a de nouveau croisé celui de ce personnage dans des conditions différentes mais tout aussi insolites, encore dans la région des Monts Omineca du nord de la Colombie Britannique à quelques heures de piste de Germansen Landing. Me trouvant la nuit tombée au camp, en bordure de cette piste en principe utilisée par des 4x4, j’entends un bruit curieux, sorte de raclement métallique, venant de loin et associé au son, plus familier, d’un moteur . Qu’est ce que ce truc peut bien être… cela fait un peu penser au cliquetis produit par un engin chenillé (genre char d’assaut ou bulldozer) qui roulerait sur une surface dure, mais.. non çà ne ressemble en vérité vraiment à rien que nous connaissions…Intrigués, nous sortons de la tente et scrutons l’obscurité . Le bruit devient plus fort mais toujours aussi mystérieux.. peut être une rencontre du troisième type ? Non !! Mais qu’est ce que c’est que cette patente me dit mon Raynald le cook venu de l’Est pour l’été😮 . Une faible lueur apparaît, de toute évidence associée à ce bruit et l’ensemble, bruit et lumignon, progresse en se déhanchant vers notre camp à l’entrée duquel il stoppe. Alors que la patente approche du camp notre projecteur l’illumine et la scène est beaucoup plus triviale que ce que l’on pouvait imaginer : simplement une voiture banale, un sedan... banal sauf qu’il n’a plus aucun pneu et roule donc sur ses 4 jantes ou plutôt ce qu’il en reste, des moignons de jantes à vrai dire, de déformation inégale qui plus est d’oû le déhanchement. Un feu de stationnement est tout ce qui subsiste du système d’éclairage de cet équipage d’où débarquent mon prospecteur et son fils de 14 ans….tabarouet…il est pas mal maganné son char me dit Raynald

Ils sont partis de Smithers, le père et le fils, il y a une dizaine de jours pour une tournée de prospection. Le père a emmené son fils pour lui apprendre les premiers rudiments et le former à la vie rustique dans le ‘’bush’’ A cet égard ils n’ont pas été déçus …. En effet ils n’ont pas eu de chance… au retour de leur tournée à pied dans la montagne, ils ont crevé successivement tous leur pneus dont les lambeaux jalonnent maintenant la piste, et comme la saison de chasse n’est pas encore ouverte : personne sur leur route pour leur fournir de l’aide😠. Ce caractère bien trempé, sachant que les géologues étaient présents plus au nord dans les montagnes a décidé de tenter de les rejoindre. Ils n’avaient cependant emporté que des provisions bien insuffisantes, presque complètement épuisées, et ne se nourrissent depuis deux ou trois jours que d’oignons, d’une boîte de thon et de quelques tranches de pain au fond d’un sac . ‘’Bon sang si vous pouviez nous offrir quelque chose à manger…’’.

Cà a été un vrai plaisir de voir de quelle manière ils ont dévoré T-bones, patates et pie à la mode et avalé la cafetière de café que Raynald leur a servis. Un vrai plaisir de les regarder

cochize

Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"

Kashtin · 2009-02-26

Hello! 🙂

Moi, j'ai fermé le premier post... Longue vie à celui-ci! 😉 🙂

Pascale

Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"

Fredxiii · 2009-02-26

Merci pour ces belles histoires Jean-Paul. J'éprouve une tendresse particulière pour le chercheur d'or qui grâce à ces 2 bonnes affaires avait réussi à s'offrir un p'tit navion. 😏 Je l'imagine tel "le Dernier Trapeur" du film éponyme de Nicolas Vannier. Quelle riche existence professionnelle a été la tienne !! Allez, régale nous !! Nous sommes à la veillée. 😏 FreD.

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Cochize · 2009-02-27

hello fred

voici le récit d'une rencontre intriguante (pour un profane en tous cas)avec les loups du Labrador j'espère qu'elle divertira quelques secondes les curieux de la nature

Pistés par les loups du Labrador Le loup qui fascine tant de gens après avoir été tant massacré et parfois éradiqué est un animal, en temps normal plutôt discret, élusif même. Vous pouvez passer des mois dans le bois sans en voir jamais un seul alors qu’il serait bien étonnant que vous n’y rencontriez au moins un ours. Selon mon expérience tout au moins. Pister le loup, pour l’étudier est probablement une activité passionnante dans laquelle il doit subsister une part de l’excitation atavique du chasseur avec comme aboutissement aléatoire le plaisir simple de l’observation. Remarquez bien que je ne saurais le dire, n’en ayant jamais pisté . Par contre il m’est arrivé d’être moi-même pisté sans que j’en ai jamais vraiment su la raison et je me demande encore quelle idée ces loups avaient derrière la tête. A cette époque je passais quelques mois au Nord de Schefferville à parcourir en canoe une région connue sous le nom de fosse ou fossé du labrador et qui s’étend jusque vers l'Ungava donc à l’intérieur du QUEBEC même et non pas dans la Province de TERRE-NEUVE et LABRADOR . Ces régions, qu’elles fassent partie du QUEBEC ou du LABRADOR, sont vraiment idéales pour la pratique du canoe, il y a une telle densité de cours d’eau, de lacs de toutes tailles que cet esquif traditionnel constitue vraiment le moyen de locomotion ad hoc. Il est d’ailleurs aussi à peu près le seul… en dehors de la marche et de l’hydravion…Le terme de pays aux mille lacs que l’on applique à la Finlande serait tout à fait justifié ici aussi (voir Google earth si le cœur vous en dit) De ces régions nordiques, l’animal le plus emblématique est probablement le caribou qui constitue d’immenses hardes qui font un peu penser, par leur nombre, aux troupeaux de gnous africains . Beaucoup moins nombreux sont les loups. Le loup du Labrador ( canis lupus labradorius 😛) est dit-on une des sous espèces les moins bien connues, les plus ‘’mystérieuses’’😮 peut-on lire dans des écrits de naturalistes… Alors j’ignore si les loups qui m’ont pisté dans la fosse du Labrador, au Québec étaient bien des labradorius ou bien de quelconques autres loups gris mais ce que j’en ai vu n’a pas contribué à mes yeux de profane en la matière à éclaircir le mystère😉.

Nous voilà donc partis pour deux à trois semaines au fil de l’eau avec un canoe court de 12 pieds, à la seule pagaie (sans hord bord) et un équipement léger . Nous avons en effet prévu pas mal de portages, non pas qu’il y ait beaucoup de rapides sur notre itinéraire, bien au contraire, mais parce que nous avons l’intention d’être en mesure, le cas échéant, de portager, au dessus d’une dorsale rocheuse pour passer entre deux lacs non naturellement communiquant. Alors que la tranquille rivière sur laquelle nous nous laissions filer, débouche sur un lac linéaire, le courant s’est dilué et ne suffit plus à nous porter, il faut de nouveau pagayer pour avancer, d’autant que nous sommes face à un vent assez fort comme c’est souvent le cas sur ces étroits plans d’eau, pris en enfilade . Thomas mon compagnon Montagnais (Innu si l'on préfère) est à son poste c'est-à dire à l’arrière, moi devant . En cas de passage difficile c’est de l’arrière que tout se joue, celui est est à l'avant assis ou agenouillé est quand même utile: il peut repousser les rochers de la cuillère de sa pagaie.... Gràce à cet expert qu’est Thomas j’ai appris à pagayer avec un minimun d’efforts et….en silence. On ne jacasse pas inutilement… Mes pensées vagabondent donc quelque peu … je pense aux Voyageurs du passé, à ces générations d’Intrépides, au Père Marquette, … qui descendait le Mississipi sans savoir ce qu’il y avait au bout de son canoe, à ceux qui ont pris la direction de l’Ouest pour aller donner son nom au Grand Teton, à tous ces illustres prédécesseurs … je rêve, je sors du temps..… La pagaie de mon compagnon qui me laboure le dos me ramène à la réalité et à plus de modestie😊😊; je me retourne vers lui. Toujours de la cuillère de sa pagaie, il me fait signe de regarder devant, un peu sur la gauche, sur la rive. Devant nous à …. disons deux cents mètres, une étroite jetée naturelle formée d’une formation rocheuse plus dure s’avance d’une centaine de pieds dans le lac; à l’extrémité de cette jetée, tel la figure de proue d’un long esquif exotique, un loup hume le vent et donc nous tourne le dos, il ne peut ni nous sentir ni, tant qu’il regarde dans la direction du vent, nous voir. D’un signe de la tête mon compagnon me fait comprendre que l’on va continuer de s’en approcher… toujours en silence. Et nous nous en approchons en effet à une distance incroyablement courte au point que nous nous demandons si l’on ne va pas le caresser du bout de nos pagaies !!! mais il a du finalement nous entendre car il finit par tourner la tête et doit alors avoir la surprise de sa vie en nous voyant si près….avant de bondir dans la forêt. Plus tard dans la journée, alors qu’après nous être arrêtés quelques heures pour les nécessités de la mission, nous avons quitté le lac et filons de nouveau sur la rivière mon compagnon pointe de nouveau sa pagaie vers la rive, un peu derrière nous : deux loups y trottinent. Tiens on dirait qu’ils nous suivent …à un moment ils sont deux … à un moment ils sont trois… y en a-t-il d’autres derrière les arbres ? Après avoir passé une bonne nuit dans notre tente en bordure de l’eau et consommé un solide petit déjeuner agrémenté de truites, péchées depuis la tente même et passées en une ou deux minutes de la rivière à la poêle à frire ( çà c’est une expérience que l'on ne vit pas en descendant l'Ardèche😉) nous reprenons notre voyage. Et bien sûr, au bout d’un moment, les loups sont de nouveau derrière nous sur la rive, qui trottinent, apparaissent, disparaissent… j’ose rompre le silence !!!! pour demander à Thomas : ‘‘mais qu’est ce qu’ils foutent à nous suivre ?’’ ‘’pt’être bien qu’ils nous prennent pour des caribous, p’t être bien qu’ils comptent que l’un de nous deux va tomber malade et que l’autre l’abandonnera derrière lui’’ me répond Thomas. ‘’ Ah ! bon !😠 ‘’ Pendant la journée nous débarquons à plusieurs reprises, passons plusieurs heures dans le bois, aucun loup en vue, aucune trace de loup. Retournant au canoe nous scrutons la mousse à caribous blanchâtre (cladonia pour les botanistes, je crois) si fragile qu’elle est une véritable chambre d’enregistrement de tout ce qui est passé depuis des semaines, probablement bien plus longtemps même ……. on rapporte des cas oû des chasseurs ont retrouvé leurs propres traces d'une année à l'autre, donc après une saison de neige! Nous retrouvons donc l’empreinte de nos pas laissée quelques heures auparavant mais pas de traces des loups qui suivraient les nôtres, nous ne sommes donc pas à proprement dit traqués c’est déjà çà…brr 😊!!! La nuit au bord de l’eau est sans histoires, comme la précédente. Nous avons laissé le feu s’éteindre au lieu de l’entretenir pour garder les loups à l’écart, comme on le faisait dans les livres d’aventures de notre enfance!. Malgré cela rien…un nuit tranquille, pas même, pour l’ambiance le hurlement du loup pour que l’on sait cependant proche.. Le lendemain, donc le troisième jour, nous avons encore entrevu nos loups depuis le canoe, mais jamais à terre !!! puis ils nous ont abandonné. P’t être bien que Thomas avait raison, p’être bien qu’ils ont perdu espoir, p’être bien aussi qu’ils sortaient de leur territoire de chasse et qu’ils ne voulaient pas empiéter sur celui de leurs voisins et risquer la confrontation. Pour moi le mystère du loup (du fossé) du Labrador reste entier😛.

jean-paul

Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"

Mlefevre · 2009-02-27

Quelle histoire étrange... J'adore! Je ne peux m'empêcher de penser que ces loups avaient peut-être quelques gènes de chien et recherchaient un peu de compagnie.

Une autre! Une autre!

Marie

Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"

Cochize · 2009-02-27

bonjour Marie,

voilà une théorie intéressante, peu orthodoxe même, que ni moi ni Thomas n'avions envisagée: des loups avec des gênes de chien dans le Nord canadien!!😇 mais pourquoi pas. Ces loups avaient peut être des hybrides naturels ''accidentels'' dans leur ascendance. Les biologistes en ont bien créé. P'être bien, après tout, qu'ils pensaient à autre chose qu'à un bon repas 😛

Y-a-t-il un "lupologue" sur ce forum?

Bientôt une autre petite histoire en remerciement.

jean-paul

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Kashtin · 2009-02-27

Bonjour Jean-Paul 🙂,

Je serais plus terre à terre que Marie et je pencherais plutôt pour l'hypothèse casse-croûte... Peut-être étaient-ils affamés, ou même avaient-ils simplement l'estomac creux, et vous représentiez des proies potentielles au cas où vous auriez été blessés, par exemple. Est-ce que l'homme ne serait-il pas aussi associé à de la nourriture laissée derrière lui? Mais tu dis qu'il n'y avait pas de traces autour de la tente...

Même si je sais que le loup n'attaque pas l'homme dans des conditions normales, je préfère que ça ait été vous qui dormiez sous la tente que moi, surtout sans feu 😛...

Pascale

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Mlefevre · 2009-02-28

voilà une théorie intéressante, peu orthodoxe même, que ni moi ni Thomas n'avions envisagée

Sans doute parce que vous n'êtes pas assez fleur bleue!

Marie

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Grisemote · 2009-03-01

Et si le loup était tout simplement curieux?????!!!!!

Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"

Cochize · 2009-03-05

Voici un autre petit récit … il est vrai que même dans la charge d’un grizzly on peut voir une certaine poésie, tout est dans le regard porté, n’est ce pas ?… En parlant de poésie : moi j’ai bien aimé le regard porté sur la Suède en hiver

Bulldozer silverback Quand nous installions nos tentes pour plusieurs semaines dans une haute vallée des montagnes du nord de la Colombie Britannique, c’était un peu comme si nous louions une maison dans un quartier résidentiel : nous avions envie d’en savoir un peu plus sur nos futurs voisins, ceux qui résidaient déjà dans le quartier afin de nous assurer de la compatibilité de nos comportements respectifs. Pour ne rien cacher, nous nous intéressions plus à certains voisins qu’à d’autres… A tort ou a raison, en pays de grizzly nous prenions certaines dispositions que nous ne prenions pas au pays des ours noirs.. Par exemple nous n’aurions pas installés nos tentes au village de Z… (récit précédent) si au lieu d’ours noirs nous avions eu des grizzlys comme voisins immédiats. Il reste en tous cas qu’un grizzly est potentiellement source de plus de conflits de voisinage qu’une chèvre des montagnes ou qu’un caribou. Tout le monde sera à peu près d’accord là-dessus. Donc, plutôt que de découvrir la première nuit ou un peu plus tard que nous squattions la résidence d’été d’une famille de ursus arctos horribilis, mieux valait faire une petite enquête préalable plutôt que de disserter sur l’écosystème et les interactions intempestives de l’homme et de la faune. En l’occurrence la procédure adoptée consistait à ‘’mailler’’ en hélicoptère la vallée et les sommets voisins en escomptant que, même si nous ne repérions pas d’emblée l’animal, le remue ménage que vous allions provoquer par le survol à basse altitude, allait le débusquer et le mettre en mouvement.

Ce jour là alors que nous suivons cette procédure, sorte de ‘commodo et incommodo’ à l’envers puisque NOUS sommes les intrus, notre attention est attirée par une sorte de sillon mouvant linéaire qui s’étire sous et devant notre aéronef dans la maigre végétation entre la grande forêt vers le bas et le domaine de pierriers vers le haut. Vous avez sûrement vu un de ces films dans lequel le héros, à pied ou en voiture, se réfugie à l’intérieur d’un champ de maîs (désolé impossible de trouver ce foutu tréma) en tentant d’échapper à ses poursuivants. Le ‘maîs’ donc ploie, se couche sous la charge du fuyard puis se redresse derrière lui. Et bien c’est à peu près ce qui se passe sous nos yeux sauf que nous avons affaire à une végétation différente, une variété de jeunes épinettes oû quelque chose comme çà, et que le fuyard que l’on entrevoit est un grizzly. Certains grizzlys dans une telle situation courent en zig-zag lit-on parfois, le nôtre n’a pas dû lire le bon livre ou alors il a sauté un chapitre, il fonce droit devant lui, apparemment sans se préoccuper des arbustes : un vrai bulldozer. Il doit certainement y avoir quelques arbustes qui ne se redresseront pas derrière lui!! Et lorsque le fauve jaillit du couvert de la végétation pour continuer droit sa charge au travers du pierrier, le pilote et moi-même ne pouvons retenir une exclamation : le spectacle est vraiment impressionnant. Quelle puissance… cet animal dégage !!. Regarde çà c’est un ‘’silverback’’ dit le pilote en le pointant du doigt et en relâchant la pression sur lui ce qui nous donne le temps de réfléchir. C’est vrai que son dos vu d’en haut paraît vraiment argenté !! Que faire maintenant de ce voisin encombrant. Nous ne sommes évidemment pas en mesure de le ‘’reloger’’ dans les règles de l’art comme le feraient les agents de la Wildlife Branch …. D’ailleurs nous ne sommes là que pour peu de temps. Bon, nous le bousculons quelque peu avec l’arrogance que nous donne notre positio n dominante. Probablement que sa pression artérielle grimpe quelque peu, la mienne aussi d’ailleurs. Que la donne change, que notre engin soit contraint de se poser et les rôles pourraient être inversés : lui le chasseur et nous les chassés. Les choses étant ce qu’elles sont nous réussissons cependant, par touches successives afin qu’il ne ‘’surchauffe’ pas et ne nous fasse pas un infarctus😛, à le pousser, dans une vallée voisine, en espérant que cette expérience, probablement quelque peu traumatisante et la présence quotidienne de l’hélicoptère autour de notre camp le gardera éloigné quelque temps. C’est apparemment ce qui se produit car nous n’avons pas revu bulldozer silverback pendant notre séjour. Cependant nous en avons entendu parler !!…. Alors que nous rendions visite, en hélicoptère, quelques jours plus tard dans leur cabane de bois ronds, à des responsables forestiers d’un district voisin, et qu’ après avoir fait le tour du sujet de notre visite, nous discutions de tout et de rien en buvant une Labatt, l’un d’entre eux nous signale qu’ils ont aperçu un grand grizzly mâle, un ‘’silverback’’ qu’ils n’avaient jamais aperçu auparavant. Heu !! ah ! oui un grizzly.. dans cette vallée😮😮. Tiens donc !! Il faudra que l’on fasse attention : les mâles solitaires peuvent pas mal voyager !! Sans le dire, mon collègue et moi, pensons bien sur à ‘’notre’’ silverback, est-il possible que, traumatisé par la poursuite de l’autre jour, il ait décidé de déménager plus loin que nous l’avions prévu nous-mêmes, à moins bien sûr… qu’il s’agisse d’un autre individu. Comment savoir? Si la Colombie Britannique est grande le monde, lui, est si petit. ..

jean-paul

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Mlefevre · 2009-03-06

Merci Cochize pour cette nouvelle histoire qui à l'heure d'une prise de conscience "écologique" parait un peu barbare, non? Je sais, je suis fleur bleue. Nul doute qu'à l'époque on se posait moins de questions qu'aujourd'hui, enfin... il me semble. J'espère quoi.... Tu crois qu'ils font encore ce genre de battue héliportée? Ne serait-ce pas plus simple de bien protéger le camp? Bien sûr je n'imagine pas bien de quoi est capable un grizzli...

Marie

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Kashtin · 2009-03-06

DU PIIIIIRE, Marie!!!!!! 😉😎 Un coup de patte et les griffes de 10 cm de long t'arrachent la tête 😮 🏴‍☠️... Donc moi je comprends bien qu'on fasse un petit tour en hélico pour "sécuriser" le terrain 😛.

Pascale

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Mlefevre · 2009-03-06

Brrrr!

Marie

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Cochize · 2009-03-15

bonsoir, c'est "moins pire" que les griffes d'un ours mais attention quand même aux javelinas

Voyageurs du désert d'Arizona : attention aux javelinas

Ceux qui sont passés à SEDONA en 2006-2007 ont pu voir, sous forme de statues grandeur nature, des familles de javelinas de toutes couleurs, décorés de toutes sortes de fleurs devant les boutiques de nombreux commerçants.

Les javelinas ces pécaris américains qui ont en commun avec les sangliers, auxquels ils ressemblent, d’être équipés d’une paire de canines aiguisées ( comme la pointe d’un javelot) peuvent causer de sérieuses blessures. En 2008 un touriste hollandais visitant le Arizona-Sonora Desert Museum près de Tucson a d’ailleurs été sérieusement blessé et a fait un séjour à l’hôpital. Les wash, ces cours d’eau intermittents, souvent encaissés et dont il faut diablement se méfier en saison de flash- floods, constituent au printemps, la plus belle saison dans le désert, un des lieux privilégiés pour en admirer la floraison. Ils peuvent aussi constituer des voies de circulation pour 4x4, voire de pénétration pour ceux qui espèrent voyager, à pied ou autrement, à l’abri des regards. Généralement il s’agit bien sûr de mouvements dans le sens sud-nord. J’ai raconté comment un hélicoptère de la Border Patrol m’y est tombé dessus à l’improviste, jaillissant de derrière une butte, tel un ‘’jack-in-the-box’’. Même asséchés ces ‘wash’ peuvent être jalonnés de couloirs discontinus de ‘palo verde’ et ‘ironwood’ (ces derniers en principe spécifiques au Sonora) formant des franges ombragées qu’affectionnent les javelinas quand le soleil brûle la peau des hommes et le cuir des animaux. Si d’aventure il vous prend envie d’y circuler soyez donc prêt y faire trois sortes de rencontres : des gens qui migrent du Sud au Nord, des fonctionnaires, certains maintenant à cheval, qui cherchent à les intercepter, des javelinas qui eux vont dans les deux sens, ne sont pas partie prenante dans le ‘jeu’ et exigent seulement à ne pas être dérangés dans leur sieste.

Voici le récit d’une brève rencontre avec les derniers de ces habitués dans un wash au sud ouest de Tucson Arizona.

Après avoir laissé le 4x4 un peu en arrière le wash étant devenu tout à fait impraticable, comme ci dessous

mon chien, mon épouse et moi longeons- dans cet ordre- un de ces cordons de verdure lorsque notre compagnon se met à aboyer furieusement la truffe au vent alors que même que nos narines, cependant moins performantes, frémissent sous l’impact d’un drôle d’odeur.. Comment dire… çà sent vraiment pas bon tout d’un coup…… certes moins fort que la moufette mais çà ‘’fouette’’ drôlement néanmoins.. Tout se passe alors en une matière de secondes; notre chien, se rue vers le rideau de verdure proche en aboyant… mais çà ne dure pas. Il ne fait pas le matamore bien longtemps, il a déjà fait demi-tour et… foutu bon sang il fonce maintenant vers nous la queue basse avec trois ou quatre javelinas qui le coursent et par la même occasion qui nous chargent, enfin c’est l’impression que cela donne car en fait nous nous trouvons par hazard devant eux et ils passent tout droit, pas très loin de nous, à la poursuite du chien qui s’échappe car…il coure plus vite. Nous le retrouverons un peu plus tard en l’appelant du Blazer.

J’ai appris plus tard qu’il valait mieux éviter de se promener avec son chien dans les lieux fréquentés par les javelinas… les chiens ayant souvent, c’est bien connu, la mauvaise habitude de se mêler ce qui ne les regarde pas. Et surtout peut –être, ils ressemblent à des coyotes et le coyote est un prédateur naturel des jeunes javelinas….

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Kashtin · 2009-03-15

Ah, je la guettais, cette histoire, Jean-Paul, et je ne suis pas déçue! 🙂

Nos amis de l'Arizona se sont perdus une seule fois en trente ans de crapahutage dans les canyons et les déserts, et ils nous avaient raconté comment, alors qu'ils avaient dû passer la nuit sur place, sans duvet ni quoi que ce soit pour dormir 😕, ils avaient "seulement" eu la visite des javelinas. D'après ce que tu dis, ils ne sont pas si inoffensifs que ça (contrairement à la représentation kitschissime 😎 de Sedona)...

Quant aux chiens, il vaut mieux éviter des tas d'endroits avec eux, par exemple ceux fréquentés par les ours ou les pumas... 😉

Au fait:

J’ai raconté comment un hélicoptère de la Border Patrol m’y est tombé dessus à l’improviste, jaillissant de derrière une butte, tel un ‘’jack-in-the-box’’.

J'a beau me creuser la tête, je ne vois pas de laquelle il s'agit... 😐

Pascale

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Cochize · 2009-03-15

c'était quelques années auparavant...et la frontière était cependant alors bien tranquille alors...

voici le copier-coller

vos papiers SVP pas loin de la Coronado National Forest, sud de l'Arizona, près de la frontière mexicaine en hiver. Pas tellement un endroit où les touristes se balladent pour admirer les cactus. Pour mon travail, mon épouse et moi roulons lentement avec notre petit Bronco sur le fond complètement à sec d'un d'un wash (arroyo) assez encaissé et bordé de hauteurs. Tout d'un coup, le choc: comme un obus, de derrière une butte surgit un hélicoptère qui monte en flèche puis se met en stationnaire un peu devant nous. Un haut parleur se met à hurler " border patrol, contrôle, veuillez arrêter votre véhicule, descendre et vous positionner devant le capot"

quelqu'un devait nous avoir repéré depuis un bon moment, nous roulions au fond du wash, donc à couvert, alors que le terrain ouvert était tout à fait carrossable en 4x4, qu'avions nous donc à cacher: des illégaux, de la drogue...?

gràce à nos passeports, visas et autres documents justificatifs de notre présence dans ces lieux, le contrôle au sol n'a pas duré plus d'une demie heure

cochize

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Cochize · 2009-03-17

bonjour,

Voici un petit récit qui concerne cette fois non pas des loups du Labrador mais des loups du Nord de la Colombie Britannique.

La super-meute et le loup qui ne pouvait plus la suivre

Un soir, un peu avant la tombée de la nuit, dans le nord de la Colombie Britannique, du camp accessible par 4x4 ou nous trouvions, nous voyons passer sur un col montagneux, un harde de caribous.

Le lendemain matin à l’aube, arrive une cohorte de véhicules de chasseurs, armés jusqu ‘aux dents, qui nous demandent si l’on avait vu les caribous. Deux ou trois d’entre nous répondons que bien sûr nous avons aperçu la harde, une belle harde d’ailleurs, une bonne centaine de têtes. Ils ont enfilé le col là bas… et nous leur pointons du doigt un col en direction opposée à celle du troupeau. Hops ! bon débarras et voilà faite la B.A . de la journée !. La dessus je monte en helico pour aller rejoindre des collègues partis tôt le matin et au bout d’un moment nous apercevons une paire de loups isolés qui semblent se traîner… Nous comprenons vite : à deux minutes (d’hélico) devant, nous tombons sur une impressionnante meute en course ; mais vraiment impressionnante. Les meutes de vingt têtes sont déjà considérées comme exceptionnelles et bien là, il y en avait bien plus. Une trentaine... peut-être . Peut –être avait-on affaire à une alliance de meutes ? une sorte de confédération ? Ni le pilote, pourtant familier de ces régions du Nord, ni moi-même ne savons si cela existe, une alliance de meutes. En tous cas jamais nous n’avions vu autant de loups ensemble. Des meutes d’une petite dizaine d’individus traquer des orignaux l’hiver sur la neige, oui….Des loups suivre mon canoe depuis la rive, oui… mais autant de loups jamais. Mais b… d … qu’est ce qui se passe, ? Cette charge là est diablement impressionnante.

La super meute, à l’évidence, donne la chasse à la harde caribous et notre paire de loups isolés ne parvient plus à suivre cette traque d’enfer. Droit devant, entre elle et les caribous, se trouvent chacun de leur côté, deux de mes collègues, à environ 10 km l’un de l’autre. Heureusement que l’on sait que les loups n’attaquent pas l’homme pensons nous, le pilote et moi-même sans le dire à voix haute. Oui mais une pareille meute, elle peut tout bouffer sur son passage, caribou, orignal et même un grizzly.. ben oui.. çà c’est déjà vu.. et un géologue çà c’est déjà vu ?..ben on sait pas trop…et de toutes manières ils ont leur marteau pour se défendre !! Et bien les meutes de loups, même si on en voit (des homos sapiens) qui vivent en symbiose avec, moi je dis qu’il vaut mieux pas se trouver sur leur course !!!! Bon nous avons mis les gaz, laissé la meute derrière nous et filé récupérer nos deux collègues sans analyser plus loin les risques.

Revenons en à nos loups à la traîne. On ne les a pas revus sur le vol de retour et pendant quelques jours RAS. Quelque temps plus tard, llors du repas du soir, un étudiant américain, stagiaire, demande à la ronde si quelqu’un sait à qui est ce chien qu’on voit rôder par ci par là, peut être à quelqu’un d’une équipe de recherche concurrente dans la vallée voisine ? bof! personne n’ a rien vu et la discussion passe à autre chose. Deux ou trois jours plus tard, le camp est vide, toute l’équipe est en montagne, ma femme est partie chercher le courrier à l’hydravion qui nous ravitaille périodiquement, elle rentre au camp et surprend …. en plein milieu des tentes, un grand loup efflanqué qui prend la fuite à son approche. Le pauvre ne devait plus avoir beaucoup de dents, une arthrose avancée, un problème cardiaque ou les trois à la fois et ne pouvant plus guère chasser s’était rabattu sur ce que la cuisine d’un camp de 20 personnes, rencontré près de l’itinéraire de sa meute pouvait lui fournir pour survivre. Apparemment il devait nous rendre visite quand le camp était vide. Nous l’avons revu, ou plutôt entrevu une fois ou deux et puis il a du mourir

p.s. rétrospectivement je ne regrette pas ma réaction de prudence…des accidents peuvent arriver comme en témoigne l’article récent joint extrait de "la Gazette des grands prédateurs"

Deux ans se sont écoulés entre la mort d’un étudiant dans le nord du Canada et un jugement prononcé début novembre 2007 par un jury populaire qui a déclaré les loups coupables de cette mort. L’enjeu de cette condamnation est la première attaque d’homme par le loup attestée en Amérique du Nord. Résumé des faits L’histoire se déroule près d’un camp situé à la limite nord de la province du Saskatchewan, Canada (Points North Landing), accessible par avion et principalement fréquenté par des trappeurs, des chasseurs et des mineurs (uranium, pétrole et gaz) et des chercheurs d’or et de diamants. Des loups venaient se nourrir sur une décharge proche du camp. Certains habitants les nourrissaient intentionnellement. Ces loups étaient vraisemblablement devenus moins peureux. En 2004, un loup seul a attaqué un homme. Ce dernier a été sauvé par l’intervention d’une autre personne. Le 8 novembre 2005, Kenton Carnegie, un étudiant en géologie, américain de 22 ans, est retrouvé mort dans cette région reculée. Il n’y a pas de témoins de sa mort. Il était parti pour une courte marche et avait prévu de rentrer vers 17 h. Ceux qui l’on retrouvé à la nuit juste tombée, vers 19 h, à moins d’un kilomètre du camp, rapportent avoir entendu des loups hurler, vu des yeux briller dans leurs lampes, des traces de loup autour du corps et des morsures sur le corps. Une autopsie a confirmé une mort par l’attaque d’un ou de plusieurs animaux. En première analyse, sans intervention d’experts, les loups sont mis en cause dans la mort de l’étudiant et la consommation d’une partie de son corps. Fin octobre 2007, un officier civil à instruit cette affaire et soumis le jugement à un jury comportant six membres. Les jurés ont eu à délibérer sur la responsabilité des loups et à proposer des pistes pour prévenir ce type de drame. Il y a eu débat sur la cause de la mort de Kenton L’attaque par un ours noir a été évoquée, notamment par Paul Paquet. Cet enseignant chercheur, spécialiste des carnivores d’Amérique du Nord, habitant dans le Saskatchewan a été mandaté pour expertiser cette affaire. A l’analyse des éléments, il écarte le grizzli et le puma, pense à un ours noir mais n’exclut pas le loup. Il insiste sur l’absence de preuve d’attaque d’homme par le loup et la très faible probabilité que cela survienne. Mark Mc Nay, expert de la famille Carnegie, ancien directeur du centre de recherche sur la faune en Alaska, a indiqué qu’aucune trace d’ours n’avait été repérée autour du corps et aucune présence de ces animaux n’a été notée dans la zone depuis un mois. La plupart des ours hibernent à cette date. Il pense que les loups ont tués Kenton. Des informations contradictoires peuvent être relevées à la lecture des articles disponibles sur Internet. Ainsi, la neige serait tombée au cours de la nuit qui a suivi le drame, effaçant les traces au moins artiellement. L’officier civil de la région nord relate pourtant avec précision la lecture des traces qui montre l’arrivée d’un premier loup seul, l’accélération de l’allure de Kenton jusqu’à la course, l’intervention des autres membres de la meute portant des coups à l’étudiant à quatre ou cinq reprises.D’autres articles mentionnent le fait que le corps aurait été traîné sur une cinquantaine de mètres dans les buissons et les petits arbres tombés, ce qui est peu probable de la part des loups, pas d’un ours… Les experts, notamment Paul Paquet, ont eu à s’exprimer à partir de l’analyse de documents et de photographies et n’ont pas pu réaliser une expertise de terrain. Entre le départ en promenade de Kenton et la découverte de son corps, il ne s’est déroulé que quelques heures. Il parait peu vraisemblable qu’un ours n’ait pas laissé un indice alors que les conditions de lecture des traces étaient apparemment convenables. Trois jours après le drame, deux des quatre loups de la meute présente sur le site ont été abattus. Les intestins de l’un des loups contenaient des restes humains. Beaucoup de dignité dans cette affaireLes loups ont très vraisemblablement tué Kenton. A travers le jugement de cette affaire, son père souhaitait notamment que les gens aient conscience du risque que les loups représentent. Avant ce drame, des experts et des politiques avaient dénoncés le type de décharge qui est au centre de l’affaire. Autour d’une décharge non close, la proximité entre les hommes et les loups représente une prise de risque qui était connue et qui avait été précédée d’au moins un accident grave. Cetype de situation n’est pas isolée en Amérique du Nord. La Colombie Britannique a pris des dispositions pour interdire ces situations dangereuses. Alors que cette affaire s’est déroulée sur deux ans, il n’y a eu aucune prise de position politique et aucune polémique. Dans les parcs nationaux nord-américains, le public est prévenu des dangers que représentent des grands prédateurs, notamment des ours. Des accidents surviennent. La société américaine, avec son histoire et sa culture, accepte ce rapport à la nature. Cette histoire semble actuellement difficilement transposable en Europe et en France en particulier. Il serait abusif de l’utiliser pour agiter le spectre de la peur du loup. Loup du Canada © Sylvain Macchi

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Mlefevre · 2009-03-17

Merci Cochize pour cette nouvelle histoire, toujours aussi passionnante. S'il y a un étologue dans la salle, j'aimerais bien savoir pourquoi le loup n'attaquerait pas l'homme, à la différence d'autres animaux sauvages. Sans doute parce qu'il le craint... Mais la frontière entre peur de l'homme et appétit vorace est sans doute assez ténue : que le loup se familiarise avec l'homme (décharges) ou que leur nombre leur donne un sentiment d'invulnérabilité et le danger doit pouvoir exister. Bizarre aussi cette "confédération" de loups. Comment est-ce que les dominants pouvaient "s'arranger entre eux"? Qu'est-ce qui détermine la taille "normale" d'une bande de loups?

C'est bien mystérieux tout ça!

Marie

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Cochize · 2009-03-17

ton analyse sur le danger en puissance présenté par les loups me semble réaliste. Bien sûr, l'hypothèse d'une alliance de meutes était de notre part spéculative, tant nous avions été frappé par le nombre d'animaux étirés sur une courte distance. Comme je le disais, ni le pilote qui avait déjà une longue expérience non pas des loups mais du pays en général, ni moi-même n'en avions jamais entendu parler. Peut être celà est-il possible, le temps d'une chasse lorsque les proies en vue dépassent largement les besoins de la seule meute et qu'il n'y a donc pas de réelle compétition sur cette chasse là?? En tous cas je n'ai jamais revu une telle chose par la suite. Ni lu quelque chose de pertinent sur le sujet. Je n'ai pas non plus, pour dire vrai, cherché à approfondir la question!!

jean-paul

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Kashtin · 2009-03-21

Oups! J'imagine qu'on ne doit pas se sentir très à l'aise dans ces moments-là...

Pascale🤪

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Grisemote · 2009-03-22

Toutes ces histoires d'aventurier fort bien narrées sont un vrai plaisir à lire!

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Grisemote · 2009-03-22

Lors d'un séjour "spécial loups" en lozère, il nous avait été dit que l'homme ne fait tout simplement pas parti du tableau de chasse du loup, déjà parcequ'il est bipède et non assimilé comme une proie qui elle, se déplace à 4 pattes. Cela dit, je me suis toujours demandée comment on avait bien pu savoir cela????!!!!

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Kashtin · 2009-03-22

Hello Sylvie!🙂

Ce n'était pas à Sainte-Lucie, les loups de Gérard Ménatory – ou plutôt de sa fille ou de ses successeurs puisqu'il est mort en 98?

Pascale

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Grisemote · 2009-03-22

Mais si Pascale, nous avons passé 4 jours avec eux, c'était sympa!

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Cochize · 2009-03-22

bonsoir,

pour revenir aux classiques: le récit d’une (très) brève rencontre avec un ours noir qui est probablement la plus insolite qui me soit survenue

Voie montante, voie descendante Dans les zônes montagneuses du Pacifique nord ouest l'industrie forestière (logging) exploite depuis toujours d'immenses forêts soit dit en passant d’une manière qui pendant des décennies a été un vrai massacre avant de devenir un peu plus respectueuse de l’environnement et plus attentive au long terme. Si vous avez vu des photos de forêts après les tempêtes récentes en France ou celles du Mont Saint Helens après l’explosion volcanique de 1980 vous avez une indication de ce à quoi ressemblaient certains secteurs. J’exagère à peine..

Au temps où se déroule cette histoire il fallait ouvrir l'accès à de nouvelles tranches d'exploitation en taillant des pistes à flanc de montages. L'exploitation terminée, ces pistes devaient parfois, pour différentes raisons, être condamnées. Les engins forestiers édifiaient alors soit un merlon de terre soit une barricade rustique, entrelac de troncs abandonnés, plus ou moins déchirés, plus ou moins fracassés, hâtivement poussés les uns contre les autres. En coupe ces barricades pouvaient avoir la forme d'un triangle de quelques 4 à 5 mètres de large et 2, 5 à 3 mètres de haut. Elles courraient du talus supérieur côté montagne à la bordure même du ravin de sorte qu'il était tout à fait impossible à un quelconque engin de les franchir et qu'un piéton n'avait souvent guère d'autre meilleur choix que de les escalader s'il voulait poursuivre son chemin....

Me voilà donc, marcheur solitaire, sac au dos, les pouces bien calés dans les bretelles, sur ''la voie montante'' devant une telle barricade. Elle me bouche non seulement le passage mais encore la vue de sorte que je ne vois rien de ce qui se trouve de l'autre côté. Avec précaution j'entreprends ''l'ascension'' de l'obstacle en essayant de poser le pied sur le bon tronc, de ne pas me tordre la cheville ou, pire, faire basculer des pièces de cet édifice incertain qui pourraient m'écraser. J'arrive au sommet et hisse mon visage au dessus du dernier tronc ce qui me permet d'avoir un aperçu de ce qui se passe de l'autre côté....HIC!!! 😮😮😮quelqu'un qui empruntait la voie descendante, vers la vallée alors que je cheminais vers la montagne avait eu la même idée que moi de sorte que nous nous trouvons face à face, mais alors littéralement face à face... nos deux ''visages'' à guère plus d'un ou deux mètres l'un de l'autre.. 😮 😮la tête de l'ours, je n'ai pas eu le temps de l'admirer; lequel de nous deux a été le plus surpris, je l'ignore toujours. Ce dont je suis sûr c'est que nous avons tous deux le même sursaut même si je me demande lequel d'entre nous a dégringolé le plus vite son côté de la barricade, pour ce qui me concerne, certainement sans les précautions prises en montant une minute plus tôt. Je crois bien avoir battu en retraite vers la vallée comme il a probablement décampé vers la montagne. Nos relations en sont restées là et nous ne sommes jamais revu... enfin je ne crois pas car il y avait pas mal d'ours dans la région et nos chemins se croisaient assez souvent....mais pas dans de telles circonstances.

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Kashtin · 2009-03-24

Je déguste.. je déguste... 🙂

J'imagine que poils et cheveux ont dû se dresser sur vos têtes!! Finalement, je remarque que la première réaction d'un ours surpris (en exceptant nourriture ou cubs) est souvent de détaler. Ça devrait me rassurer 😛.

Pascale

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Cochize · 2009-03-26

allez.... encore une histoire d'ours, banale celle là: une intrusion sur un lieu de pic-nique

Le déjeuner (raté) sur l’herbe Ce n’est pas le nom d’un tableau célèbre mais simplement le récit d’un jour de jeune lié à l’intrusion d’un ours

Les swamps, sortes de petites clairières au milieu de la forêt, zones humides herbeuses, que l’on trouve partout sur le bouclier de l’Est Canadien et même dans les cordillères de l’Ouest sont parfois, pour des raisons locales, mieux ventilées que la forêt dense qui les entourent. Quand cela est le cas les nuages de moustiques, mouches noires, maringoins, brulôts et autres frappe-a-bord ont tendance à y être moins denses et le voyageur peut choisir d’y faire sa pause lunch d’autant que on y trouve souvent des troncs d’arbres morts, blanchis par les intempéries qui font office de bancs. De plus on peut y faire du feu sans risques et produire, grâce à la mousse humide, des quantités massives de boucane capables de mettre en échec des armées d’insectes piqueurs de toutes sortes, si l’on n’a pas peur de prendre soi-même un délicat fumet de… viande fumée, préoccupation qui, dans certaines circonstances, passe au second plan. Elles constituent aussi de bons hélipads… Donc ce jour là, un groupe de trois hommes fait halte pour casser la croûte sur une de ces petites swamps, la taille d’un terrain de football. L’endroit est idéal : une petit îlot légèrement surélevé, suffisamment sec en plein milieu, bien pratique pour le feu nécessaire à la confection du thé brûlant que l’on a appris à l’apprécier, comme en Afrique, même par fortes chaleurs, le réchauffement dans l’eau bouillante des sachets de smoked meat dans une boite de conserve faisant office de casserole, et même la cuisson directement sur la flamme de saucisses et autres morceaux de viande, embrochés sur un rameau de bois vert fourchu et écorcé, et encore plein d'autres choses gourmandes que l'on a fourrées dans le packsack le matin au départ …. Après avoir marché plusieurs heures pour aiguiser l'appétit c'est donc un vrai festin qui s'annonce, une récompense bien méritée, pour tout dire un des meilleurs moments d'une journée de labeur... oui, sauf que...

Pendant que l’un des hommes prépare le festin après avoir posé près de lui le backpack -nourriture dont il a la charge les deux autres s’éloignent quelque peu de l’autre côté de la swamp, à l’intérieur du rideau forestier puis, soudain, entendant leur collègue hurler l’ours !!! l’ours !!! dont demi-tour et assistent alors à un spectacle de désolation.. Après qu’il ait eu ‘’dressé la table’’, disposé sandwichs, smoked meat, saucisses etc…, pain tranché, oranges bien alignés sur un tronc bien propre et pendant qu’il s’affairait autour de son feu le prospecteur n’a pas vu l’ours, auquel il tournait le dos, sortir de la forêt et peut-être ‘’par l’odeur alléché etc…’’ s’approcher du (projet de) pique- nique en marchant sur un arbre mort couché . Quand il a senti le tronc bouger derrière lui, notre homme s’est retourné faisant face à l’ours qui était déjà tout près du buffet, se demandant probablement par quelle extrémité il allait commencer !! Premier sursaut de surprise, gesticulations, vociférations mais la bête n’en a eu cure et a continué sur son idée de jouer les pique-assiettes. Ce n’est certes pas commun de voir un buffet dressé en pleine swamp et çà devait lui sembler une opportunité unique !! Que faire ?? pas le moindre caillou à lancer, le bear spray ?? pas en dotation au ceinturon . Restent les sandwichs, la smoked meat, les oranges le tout à portée de main. Autant de projectiles, certains, semble-t-il, gobés par l’animal comme l’aurait fait, fut un temps, un ours de Parc National ; mais çà ne suffit pas et notre homme, pour couvrir sa retraite, finit par lancer son sac à dos avec dedans, ce qui reste de provisions. C’est à cet instant que les deux collègues, dont je fais partie, arrivent à la rescousse en hurlant et gesticulant comme des déments ce qui met l’ours en fuite … de toutes manières il n’y avait plus grand chose à se mettre sous la dent… si ce n’est bien sûr le prospecteur lui-même. L’animal a quand même eu le réflexe d’emporter le sac à dos avec lui qui sera retrouvé un peu plus loin sans que l’on puisse y récupérer quoique ce soit de comestible !!!

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Mlefevre · 2009-03-26

Chouette, encore une histoire! Merci Cochize! Marie

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Kashtin · 2009-03-28

Hello Jean-Paul! 🙂

Je me suis encore régalée avec cette histoire! Cela dit, je n'aurais pas trop aimer me trouver à la place du cuisto!

J'ai bien détaillé sur la photo la façon de faire les brochettes avec les moyens du bord !

Pascale

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Grisemote · 2009-03-28

C'est original, on raconte d'habitude "l'histoire de l'homme qui a vu l'ours", et là nous avons celle de "l'homme qui n'avait pas vu l'ours"!

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Cochize · 2009-03-29

bonsoir,

Le prospecteur est comme je le disais, au même titre que le cowboy ou d'autres, un des personnages mythiques de l’ouest. On se lamente souvent du fait que les traditions se perdent ; en voici une du XIX ème siècle, le claim jumping, qui s’est maintenue au fil du temps, en dépit de tout. Elle mérite donc quelques lignes😉…

Preuve que ces histoires de claim jumping font partie eux aussi de la mémoire collective de l'Ouest: le clin d'oeil que les créateurs de la chaîne de restaurants CLAIM JUMPER ont adressé en lançant leur chaîne il y a une trentaine d'années.

Voila donc. Tous les amateurs de westerns savent ce que risquait le voleur de chevaux s’il était pris: la sanction était souvent la corde. Pendez les haut et court. Hang’em high 😕!! Bon !!! c’était comme çà Une autre tradition de l’ouest, moins connue des cinéphiles mais tout aussi radicale, s’est ‘malheureusement ‘ perdue : la pendaison des claim jumpers. Comme le salting dont je raconterai l’histoire une autre fois, cette coutume haute en couleur trouve son origine dans la grande ruée vers l’or, celle de Californie de 1949, celle dont il est question dans la fameuse rengaine ‘’ oh !! my darling ! oh ! my darling ! oh ! my darling Clementine😇 etc…’ En gros le salting c’est une escroquerie consistant à faire croire à un acheteur potentiel que de l’or ou un autre métal est présent dans les terrains mis en vente en y introduisant subrepticement des traces venues d’ailleurs. Et comme l’imagination des escrocs peine à trouver ses limites on ne peut pas croire toutes les astuces qu’ils étaient capables d’imaginer pour tromper le chaland. Rien que sur ce chapitre les anecdotes connues rempliraient des pages..

Revenons en aux claim jumpers. Les fortyniners (les participants à la grande ruée vers l’or de1849) détenteurs en titre de droits miniers étaient souvent victimes de claim jumpers c'est-à-dire d’individus qui s’appropriaient illégalement leurs droits de différentes manières. Quand ces individus étaient pris😠, l’auto proclamé jury populaire local les accompagnait jusqu’à l’arbre le plus proche où on leur passait le nœud. . Hang’em high 🤪 Bon !!! c’était comme çà. Ensuite tout le monde allait boire un coup au saloon😎 Le claim jumping, comme le salting a perduré… Il a parfois pris une forme plus col blanc où la production de faux documents permet à l’escroc de se faire passer (pendant un laps de temps) pour le détenteur légal des droits miniers… Mais d’autres formes plus spécifiques au métier sont également plus … colorées. Il faut savoir que staker un claim, c'est-à-dire acquérir les droits miniers sur une parcelle de terrain, impliquait selon la tradition et en forêt, la pose de piquets (posts) pour en marquer les limites. Souvent il s’agissait de petites épinettes ou autres arbres coupés et taillés à la hache à 1.5 m. et peintes à la bombe de peinture rouge. On y clouait une notice métallique portant les indications légales et on disposait d’un certain délai pour se rendre chez le Mining Recorder pour faire enregistrer le claim et devenir ainsi le détenteur légal des droits miniers. Dans le désert ou en montagne au dessus de la ligne des arbres, on construisait à l’aide de grosses pierres un petit monticule, un cairn, semblable à certaines de ces sculptures Innuit que l’on trouve dans les galeries d’arts et à l’intérieur duquel on enfouissait la même notice. Il existe depuis peu la possibilité de staker et d’enregistrer ses claims en ligne . C’est moins fatiguant, on ne risque pas de prendre froid en hiver ou un coup de chaleur en été, on ne risque pas non plus de se faire manger par les petites bêtes qui piquent, mais c’est sans poésie pour les old timers dont je suis. Du train où vont les choses bientôt on pourra aller à la pêche à la ligne… en ligne claim staking en hiver

Donc cette année là, alors que je me trouvais dans le nord de la Colombie Britannique l’annonce d’une découverte avait déclenché une vague de claim staking, une sorte de ruée vers le cuivre pour faire court. Quelques petits malins, peut-être admirateurs des Aventures des Pieds Nickelés de Forton, plutôt que de se fatiguer les jambes et s’épuiser les méninges à trouver les bons terrains avait décidé de suivre à la trace les professionnels d’une compagnie canadienne. Passant juste derrière eux ils arrachaient leurs posts, les remplaçaient par les leurs après quoi ils filaient sans délai chez le Mining Recorder!! Et hop !! le tour était joué😛… enfin c’est ce que croyaient ces Pieds Nickelés assez naifs pour penser que leurs petits arrangements passeraient longtemps inaperçus !!

Une variante du claim jumping, consistant plus simplement à aller chercher l’or là où les droits miniers ne vous appartiennent pas, aussi étonnant que celà puisse paraître, n’a pas tout à fait disparu. C’est plutôt amusant, mais on trouve apparemment encore de tels claim jumpers dans la région de la grande ruée vers l’or de 49 c'est-à-dire pas loin de Sacramento CA. C’est peut être un effet de la crise… au prix où est l’or !!. Quoiqu’il en soit, bravo à ceux qui peinent pour maintenir les grandes traditions et mythes de l’Ouest !! Mais ceux qui-il y a quelques semaines, en janvier 2009 dans le Placer county (çà ne s’invente pas)- ont été arrêtés par le Sheriff et mis en prison doivent être plutôt contents que la tradition de Hang’em high ait disparue.

Pour en savoir plus sur les claim jumpers du XXI siècle, gardiens d’une tradition méconnue et consulter la presse locale à ce sujet, il suffit de taper ‘’claim jumping foresthill

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Cochize · 2009-03-30

NO TRESPASSING

La presse nous apprend que GOOGLE fait actuellement l’objet de plusieurs poursuites judiciaires pour avoir dans le cadre du programme Street view fait circuler ses équipes sur des propriétés et routes privées en dépit de panneaux NO TRESPASSING Ceci me rappelle la mésaventure survenue à un ami et collègue qui, lui aussi avait cru que de tels panneaux étaient là juste pour la forme🙂.. Il faut dire qu’en France le signe PROPRIETE PRIVEE. DEFENSE D’ENTRER que l’on trouve parfois dans les campagnes, forêts, prairies et autres terrains joue rarement un rôle vraiment dissuasif. Même si cela est aussi vrai dans certaines régions rurales d’Amérique il est des cas où randonneurs ou autres promeneurs de l’Ouest seraient bien avisés de prêter d’avantage attention au signe. Surtout bien sûr si le panneau est comme celui-ci😛 :

Notez en passant que ce n’était pas le cas dans l’histoire qui suit😛.

Dans le Sud du Nouveau Mexique, tout près de Silver City, se trouve une des plus anciennes et plus importantes mines de cuivre à ciel ouvert des deux continents Américains, une sorte de gigantesque carrière. Ce sont les Indiens du coin, probablement des Apaches, qui ont montré aux Conquistadores le cuivre natif qui jonchait le sol à l'époque nous apprend-on lors des visites. Elle est connue sous le nom de Santa Rita du nom de l’ancien village, maintenant complètement disparu qui se trouvait à sa place au début du XXème siècle ou encore sous celui de El Chino. Pendant un temps cette mine a aussi produit des turquoises de première qualité. Les vastes terrains à perte de vue qui lui sont rattachés quoique à une bonne distance, sont entourés de barbelés jalonnés à intervalles rapprochés de panneaux NO TRESPASSING . On ne peut vraiment pas les manquer mais on peut bien sûr….les ignorer. C’est la choix qu’avait fait, un certain matin, un ami et collègue français en cela digne de la réputation d’indiscipline que nous attribue la rumeur internationale😊. Lui le géologue et le naturaliste, quelque chose l’intéressait de l’autre côté des barbelés. Il n’y avait rien, aucun édifice, aucune voiture, aucun cavalier, personne en vue. Il n’allait pas se laisser impressionner par un panneau qui n’était certainement pas destiné aux gens honnêtes comme lui🙂…De plus il voulait seulement aller un tout petit peu plus loin et il n’en avait pas pour bien longtemps.

Voilà donc notre homme qui enjambe la clôture et continue ses investigations naturalistes en terrain ‘posted’ comme l’on dit là bas😛. Il n’est pas allé bien loin en effet. Des vigiles devaient surveiller la propriété à l’aide de jumelles depuis des points hauts. Les voici qui rappliquent en 4x4 au travers de la rocaille, et qui interpellent mon ami dont l’accent français, digne de celui qu’affichent la plupart de nos hommes politiques, le trahit à peine a-t-il ouvert la bouche. Vous ne savez pas lire doivent-ils commencer par lui dire. Difficile de répondre à çà… difficile aussi de dire qu’il n’en comprend pas le sens. Pas besoin d’être ‘’fluent’’ pour comprendre. Mais qu’est ce que vous fichez là ? A çà la réponse est plus facile mais encore plus gênante😊😊. On n’est pas censé prospecter sur une propriété privée sans l’autorisation du propriétaire n’est ce pas ? Même en France d’ailleurs… Tout le monde se retrouve donc dans les bureaux de la mine et, devant le caractère suspect de l’individu, étranger sans son passeport en violation de la loi 😠 (je parle bien sûr de mon ami) le bureau du Sheriff du Comté Grant, est alerté. Mon ami va finir au trou du train où c’est parti😛... Bon… nous avions à ce moment là un bureau à Albuquerque et comme consultant à ce bureau, un collègue Américain connu dans le business et notamment de la direction de la mine, qui par chance se trouvait là ce jour là alors qu’il était souvent en déplacement. Mon collègue l’appelle bien entendu et les choses ont fini par s'arranger mais, vous l'imaginez, il n'était évidemment pas très fier😊😊 ce jour là

Donc rappelez vous : NO TRESPASSING, ç’est une formule mais çà peut aussi être bien plus qu’une formule.

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Kashtin · 2009-04-03

C'est noté! 😉 😎

J'imagine que le panneau et quand même humoristique, non? Même si c'est de l'humour de redneck... 😛

Pascale

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Cochize · 2009-04-03

j'espère aussi..😛.

En parlant de redneck, quand je parcourais les montagnes du Sud des Appalaches j’ai appris à me régaler de ce fameux humour redneck🙂 ainsi que des histoires d'hillbillies 🙂qui ressemblent un peu à ce que les Français appellent ‘histoires Belges’ avec souvent cependant un clin d’œil à l’Histoire bien particulier. Exemple : Macon Georgie ( ou n’importe quelle ville du Sud). Le journaliste d’un journal local est témoin de la scène suivante : un énorme pit bull attaque un enfant qui joue dans la rue (ce qui arrive malheureusement dans la réalité comme on le sait). Un passant vole à son secours et bien que mordu un peu partout, couvert de sang, terrasse finalement la bête en l’étranglant à main nues. Le journaliste l’en félicite le congratule, lui serre les mains, l’embrasse etc… et promet de faire un papier plein de louanges disant comment un Georgien a courageusement sauvé un enfant Georgien d’un fauve déchaîné. Le passant n’y voit pas d’inconvénient mais… ajoute-t-il, incidemment je ne suis pas du coin, j’habite en fait à Boston et suis ici de passage.

Le lendemain le journal titre ‘’ Un Bostonien tue sauvagement l’animal de compagnie d’une famille Georgienne’’😛

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Kashtin · 2009-04-03

😎😎😎

Remarque, je pense qu'on pourrait transposer l'histoire en France; tu remplaces "n'importe quelle ville du Sud" par "n'importe quelle ville de province" et Boston par Paris 😉. Comme quoi, les rednecks sont universels 😛...

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Cochize · 2009-04-12

bonjour

revoici une petite histoire qui n’est pas une reprise d’une fable de La Fontaine mais le simple récit d’un après midi d’été sur la côte Pacifique et avec une conclusion paisible

Ours, palourdes et dormeurs

La vie dans ‘’le bois’’ avait, parmi ses exigences, la patience .Lorsqu’un rendez-vous avait été fixé avec l’hélicoptère ou l’hydravion il fallait souvent savoir … attendre . Au pic de la saison d’été on devait parfois en partager l’usage et il y avait les imprévus, les urgences médicales de toutes sortes, l’épine fichée dans l’œil…, les accidents de tronçonneuse ou de hache maniées par des bras pas toujours expérimentés ou répondant à des têtes mal réveillées à l’heure de faire le feu pour le petit-déjeuner comme cela m’est arrivé, l’élingue d‘un camion de logging qui claque et entame la chair comme un coup de sabre et même une attaque d’ours sur un camp etc… des heures d'attente pour un départ en fin de journée

Donc ce jour là sur la côte Pacifique, nous avons atteint, assez en avance, le point de rendez-vous avec l’hydravion. C’est une belle journée d’été. La plage n’est pas de sable mais de galets, çà n’est certes pas les mers du Sud mais- chose assez rare- le ciel est si bleu et la température si confortable que c’est presque çà. Ce n’est pas très large non plus mais entre la ligne d’arbres et l’océan même à marée haute ce qui est le cas, il y a suffisamment de place pour se promener, admirer les bois flottés et faire une sieste. C’est intéressant le bois flotté, le ‘driftwood’. Abrasé par le frottement des galets et du sable, finement poli, patiné et sculpté par l’eau et le soleil, il acquiert des formes étranges et un ‘mimétisme’ étonnant, un peu comme les sédiments sculptés par le vent et les orages du désert, comme dans le Sud Ouest américain (voir par exemple les superbes photos de Kashtin en Utah….. et de krikri sur les hoodos de Bisti badlands). On peut y trouver une source d’inspiration infinie, les formes étranges semblant évoluer au gré de l’humeur et de l’imagination, ……Cela fait penser à Arcimboldo et à ses végétaux ou à Rorschach et à ses tâches d’encre. Un photographe devrait choisir le ‘mimétisme‘ des natures mortes pour thème d’une étude si ce n’est déjà fait. Il y a là un bel album en puissance. Ceci étant dit, le driftwood est déjà pour l’artiste une originale matière première (le site de Heather Jansch)

Le driftwood peut aussi acquérir un toucher incomparablement doux et nous…. à cet instant c’est plutôt ce que nous cherchions, un beau tronc bien lisse pour nous y adosser et y faire une petite sieste. Il est vrai qu’à certaines périodes, l’activité non-stop pouvait engendrer un niveau de fatigue latent de sorte que chaque occasion était bonne pour récupérer, pour ‘poser le corps’. Bref… en l’occurrence nous nous endormons sur la plage en toute sérénité sachant que l’approche de l’avion Beaver ne manquera pas de nous réveiller. Mais le Beaver est en retard, très en retard et notre sieste se prolonge…. Et l’océan se retire, la marée baisse. Nous ne nous en rendons pas compte tout se suite parce que… nous dormons. Mais d’autres ont leur horloge interne bien réglée pour qui marée basse signifie délices de palourdes et autres coquillages tout comme la saison du saumon signifie bombance… et ceux là sortent du bois, c’est le cas de le dire.. Lorsque malgré tout nous nous réveillons ils sont là, une paire à moins de vingt mètres, les autres éparpillés plus loin, occupés à fouiller la vase et à savourer leur gourmandise: les palourdes……Ils ne font pas attention à nous, tout comme les ours qui fouillent dans les poubelles à l’écart des camps de logging et cependant, là où ils vivent, ils ne doivent pas avoir souvent rencontré l’homme. Ce voisinage paisible, serein dure un court instant et puis nous nous levons doucement et nous éloignons gentiment vers l’autre extrémité de la crique.

cochize

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Krikri6792 · 2009-04-12

Bonjour Cochize,

Je clique à l'instant sur ta nouvelle histoire, prête à me régaler comme d'habitude ....et c'est vrai que la fin est bien paisible ! Je n'ai pas eu de mal à vous imaginer vous éclipsant doucement à votre réveil ! Merci pour cette bien jolie histoire !

Quelle ne fut pas ma surprise de me voir citée en gras dans ce récit (merci d'avoir apprécié les photos de Bisti). En faisant le lien avec ce que j'ai ressenti à Bisti, je comprends aisément ce que vous avez pu imaginer en contemplant le bois flotté au bord de cette plage !

J'attends la suivante !

Bonne continuation.

Christine.

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Kashtin · 2009-04-12

Hello Jean-Paul! 🙂

Je me demandais justement si tu avais une histoire en préparation 😉. Tout comme Krikri, je te remercie du compliment 🙂.

Je n'ai jamais pensé à Arcimboldo en ramassant du bois flotté ("autrefois", quand c'était encore possible, on est rentrés plusieurs fois à Paris avec un plein sac à dos), mais c'est une idée... La prochaine fois je le regarderai différemment (le bois flotté). Il y a eu une expo Arcimboldo à Paris il y a un an ou deux, au Musée du Luxembourg, je ne sais pas si tu l'as vue. C'était court mais ça méritait bien les deux heures d'attente 😕.

Bon, cela dit, je ne sais pas si j'aurais aimé voir que je m'étais endormi à proximité du restau des grizzlys 😉.

Pascale

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Cochize · 2009-04-13

Bon, cela dit, je ne sais pas si j'aurais aimé voir que je m'étais endormi à proximité du restau des grizzlys .

euh! ... moi non plus😛, mais ceux là n'étaient ''que des ours noirs'' moins impressionnants malgré tout

c'est vrai que lorsque l'on parle de côte Pacifique et d'ours en train d'extraire des palourdes ou de pêcher le saumon on pense d'abord aux grizzlys ( et à Vilcanota😉 bien sûr ) mais les noirs eux aussi sont d'éclectiques gastronomes et aiment bien le saumon, les coquillages, les crustacés... Pour être plus précis, ceux là n'étaient peut être pas intéressés que par les palourdes, il y a plein d'autres bonnes choses sur les plages tels que les petits crabes sous les roches...je n'ai pas vraiment vérifié leur 'plat du jour' avant de m'éloigner😉

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Cochize · 2009-04-17

voici donc la suivante sur un sujet très différent mais qui mérite bien, je crois, l’épithète insolite. Une sorte de bref face à face sur le Pacifique entre un avion et un troupeau d’orques ou killer whales

A l’école on apprend que lorsqu’il fait très chaud les performances d’un petit avion s’en ressentent avec l’altitude mais qui s’en souvient…. à moins bien sûr d’être pilote ou comme moi d’avoir essayé de franchir la cordillère intérieure de l’ile de Vancouver dans un petit hydravion Beaver un peu trop chargé un jour de canicule exceptionnelle

Ce jour de juillet nous avons embarqué, plusieurs personnes, dans le Beaver qui doit nous ramener de la côte Ouest de l’île à la côte Est, vers Campbell River en survolant le Strathcona Park et le Comox glacier. . C’est un itinéraire que le pilote connaît bien et sur lequel il m’a emmené maintes fois. La cordillère intérieure n’est pas très haute, autour de 2200 mètres et c’est habituellement un moment magnifique, surtout au printemps, lorsque l’on tutoie, juste au dessus ou juste à côté sommets enneigés et lacs turquoises, moins imposants et massifs que dans les Rocheuses certes, mais plus découpés et plus proches, formant un dédale pittoresque à l’intérieur duquel on peut choisir de s’insinuer, pour mieux appréhender les formes et couleurs du paysage, si on en a le temps😮.

Au plan des attraits naturels cette île condense d’ailleurs, à la porte de Vancouver incroyablement d’atouts: la côte ouverte, les fjords, la forêt, la montagne, la faune, marine ou terrestre. On y va même maintenant, sur la cote Ouest, sur un nouveau thème: le ‘’ winter storm watching’’ venez vous faire peur en contemplant le déchaînement des tempêtes d’hiver du Pacifique du surplomb de votre balcon ou de derrière votre baie vitrée, près du feu de bois de votre cheminée😛… Ce jour là, donc, ce n’est pas l’hiver mais l’été, canicule, charge et peut être autre chose font que la première tentative de franchir la barrière devant nous, est un échec : impossible de grimper assez haut. D..le pilote, reprend du champ et aborde de nouveau mais sur une courbe ascendante plus large, la paroi qu’il franchit habituellement sans difficulté. Même chose …c’est la même chose … échec complet .. On a pu admirer de plus près les formations rocheuses, certes mais quand à faire grimper le Beaver au dessus…impossible.

D.. déclare alors d’un ton sérieux, genre Commandant de bord d’avion de ligne, qu’il faut soit larguer un ou deux d’entre nous par-dessus bord😠, soit redescendre au niveau de l’océan, suivre la côte pour trouver un passage plus bas vers le Nord. Cette dernière solution nous paraissant plus raisonnable, il nous ramène au ras des flots. Il y a peu ou pas de vent, de modestes vagues mais ceci et, j’imagine, la dynamique de l’hélice font que les embruns ... embrument le cockpit. Diable, est-on à bord d’un avion ou d’un aéroglisseur 😕?. Je me rassure en me disant que si le moteur cale il devrait être facile d’amerrir, enfin à ce qu’il semble? Mais si nous perdons soudain encore de la puissance il nous restera peu de marge de manœuvre ? ne risque-t-on pas de toucher l’eau un peu brutalement? D.. a délibérément choisi de voler en rase- mottes ou plutôt en rase-vagues, il doit avoir ses raisons, semble parfaitement à l’aise et c’est lui le pilote…? Mais quand même, bon d… on est vraiment à ras des vagues et il faut faire marcher les essuie-glaces pour balayer les embruns ce qui fait que la visibilité n’est pas excellente mais tout va bien dit-il encore…

Soudain il pousse un juron ‘’ sh…killer whales ‘’ il tire sur le manche ce qui fait se redresser le Beaver et nous passons au dessus d’un pod de killer whales en plein batifolage. En dehors de l’aquarium de Vancouver je n’en avais jamais vu d’aussi près et jamais par la suite… …ouf !! à quoi tiennent les choses. Quel dommage en un sens, nous aurions pu passer à la postérité, peut-être dans le LARS (Livre des Accidents Rares et Stupides)😛. Imaginons aussi ce qu’aurait pu titrer le Vancouver Sun… quelque chose comme ‘’on their return flight to base they ram their Beaver into a pod of frolicking killer whales’’ (en rentrant à leur base ils percutent avec leur Beaver un troupeau d’orques en plein batifolage)🤪

Ce ‘presque accident me fait repenser à un danger peu connu des touristes, esquivé un jour de justesse en naviguant en zodiac dans un inlet de la côte ouest, grâce au passager avant faisant office de vigie. La région a, depuis des décennies, une forte industrie forestière. Parmi les milliers de troncs produits (logs), parfois tombant parfois directement dans l’océan ou autrefois rassemblés en radeaux, il y en a toujours quelques uns qui dérivent. Malheureusement il arrive que certains troncs alourdis par un long séjour dans l’eau basculent à la verticale et que, un peu comme un iceberg, seule affleure une toute petite surface celle de la section du tronc, autant dire que le tronc est quasiment invisible même dans les inlets oû par temps calme l’océan est d’huile. Si vous pagayez en kayak, le danger est minime, on ne va pas si vite, mais si vous pilotez seul un zodiac déjaugé il est facile d’imaginer le dégâts si vous passez dessus !!! cochize

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Mlefevre · 2009-04-18

Ah je retrouve avec plaisir une de tes nouvelles histoires! Que d'aventures palpitantes! Merci de nous les faire partager, même si j'aimerais que tu nous parles un peu plus de ton activité de géologue proprement dite. J'en profite -puisque tu parles de photos de Bisti prises par krikri- pour te demander si tu connais l'origine de ces "cracked eggs"?

Marie

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Cochize · 2009-04-21

bonjour, d'abord... j'ai apprécié la beauté glaciale et bleutée des photos nordiques avec des arches éphémères mais toutes aussi belles à voir que celles, malgré tout moins fragiles des déserts chauds du monde entier

Il est vrai que ''les cracked eggs'' et autres ‘’œufs de dinosaures’’ çà fouette l’imagination !

Si j’ai un peu travaillé sur la géologie du San Juan Basin, dans cette région du sud ouest et donc sur ce que l’on appelle les formations géologiques Fruitland et Kirtland (grès, argiles, charbons) qui sont présentes à Bisti (entre autres badlands), je n’ai jamais visité Bisti proprement dit ni la couche particulière des ‘’crackeg eggs’’ . De tels objets géologiques, comme tous les hoodoos, résultent en général de l’altération chimique et l’érosion mécanique différentielles de la couche de roche. Les cracked eggs en constituent les résidus, eux-mêmes en voie de démantèlement. Processus favorisé à l’altitude de Bisti par l’alternance de gels nocturnes et dégels diurnes en saison, propices à l'exfoliation. Cette couche pouvait bien sûr également présenter des hétérogénéités lithologiques et des structures sédimentaires internes locales pouvant avoir ‘’préformé’’ les futurs cracked eggs, poached eggs, eggs over easy, eggs sunny side up etc😛… avant que leur gangue ne subisse l’érosion mais le processus essentiel est bien tout simplement celui de l’érosion agissant sur des roches hétérogènes

Pendant que j’y suis : autres curiosités géologiques un peu dans le même registre, pour naturalistes curieux ( mais qu’est ce que c’est donc que ces trucs ?) D’autres curiosités géologiques, en fait parfois plus énigmatiques, sont constituées de boules, boulets de canon ou sphères encore bien plus grosses . Ce sont alors, en principe, des concrétions sédimentaires antérieures aux phénomènes d’érosion, plus dure que leur gangue ce qui fait qu’elles s’érodent moins vite. Parfois la gangue est totalement érodée et seules les boules subsistent. Parfois elles ont été déchaussées et l’on ne trouve que leur empreinte en creux. Parfois, comme ce sont des ‘’boules’’ et qu’elles peuvent dépasser la tonne, elles roulent loin de leur gisement initial et alors là, le passant, dubitatif, se gratte la tête ‘ qui a bien pu déposer ce truc dans le coin😮😮. La cause de la formation de ces ‘concrétions’’ fait parfois débat. Certaines fois l’ésotérisme ou '' l'archéologie politique'' s’en mêle (Serbie) et là on rigole bien. Peut être bien que ces boules témoignent d’une ancienne civilisation disparue, peut-être même bien de la visite d’une civilisation extra-terrestre !

Quelques exemples de ’boules de roches’’qui méritent, à mon avis, un click sur google -images à défaut d’une visite sur le terrain (on ne peut pas aller partout): Theodore Roosevelt NP. Bullion Creek badlands du Dakota du Nord Boules parfaitement sphériques sur hoodos des falaises près de Gallup



Pumpkin Patch de Anza Borrego en Californie Red Rock Coulée en Alberta ‘’Valle de la luna’’ Parc de Ischigualasto, San Juan, en Argentine….

Et ailleurs… notamment en Arkansas, Kansas, Missouri, Wyoming, Ohio, dans l’état de New York, Yukon…. J’en ai découvert moi- même un gisement non répertorié au Névada, près de Hawthorne et un autre en Irlande (d’un autre type d’ailleurs). Parfaitement sphériques, suffisamment en tous cas pour rouler sur le sol, de la taille d’une orange, les sphères de Hawthorne semblaient avoir été soigneusement alignées dans leur écrin argileux, dont elles se déchaussaient d’ailleurs très facilement, jonchant le sol aux alentours, vraiment curieux …. … en Serbie, Tchéquie, Slovaquie, Italie, Roumanie…. … . et en France à Saint André de Rosans, Hautes Alpes …. et pour plus d’informations : Google taper :irna.lautre.net/Tout-ce-que-la-nature-ne-peut-pasIV

Pendant que j'y suis (bis) : une autre curiosité géologique, à ma connaissance inconnue avant Google, pour ceux qui aiment déchiffrer les signes figés dans la roche par les caprices naturels😮 . Sur Google earth tapez : 50°0’38.20’’N 110°6’48.32’’W .... Les visages pâles du Mont Rushmore font pâle figure et sont loin derrière en taille

bonne journée

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Mlefevre · 2009-04-21

Merci Cochize pour cette réponse détaillée et illustrée. Si je devais reprendre des études, ce serait de la géologie : tu n'imagines pas ma frustration de ne pas comprendre les paysages que je parcours! Je n'hésiterai pas à l'avenir (si tu le permets) à faire appel à tes lumières!

Marie

PS :Est-ce toi qui as trouvé cette tête d'indien sur Google Earth?

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Cochize · 2009-04-21

bonsoir Marie,

il est vrai qu'une Nancéenne serait bien placée pour étudier la géologie (ENSG à Vandoeuvre) 🙂

la tête d'Indien, non ce n'est pas moi qui l'ai trouvée mais à l'instant présent je ne me souviens pas oû j'ai débusqué la référence😊, si ce n'est bien sûr que c'est sur le net, sur un site anglophone. en y réfléchissant celà devrait me revenir.

bonne soirée

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Kashtin · 2009-04-21

Bonsoir Jean-Paul 🙂,

Très bonne idée ces éclairages géologiques! Tu pourrais peut-être continuer en me disant d'où proviennent les Moqui Marbles. Je ne te dis pas notre émerveillement la première fois qu'on en a trouvé! Il y en avait partout (je tairai quand même l'endroit sur le forum car le ramassage en est interdit, mais alors on ne le savait pas 😊). On en a donc un petit échantillon avec des formes incroyables; elles font un bruit de métal lorsqu'on les frappe l'une contre l'autre. Les plus grosses sont comme des noix.

Les œufs "sunny side up" me rappellent que la première fois qu'on est allés dans l'Ouest canadien, on avait commandé des œufs à un petit déjeuner à l'est de Calgary. La serveuse nous demande comment on les veut et on lui répond "Sunny side up". Là-dessus elle se met à rire et elle nous gratifie d'un "Good guys!" plein d'indulgence 😉. Ensuite on les a commandés turnover 😛...

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Grisemote · 2009-04-22

Comme tous les autres, je suis toujours cette narration, ces anecdotes avec beaucoup de plaisir. Merci beaucoup!

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Cochize · 2009-04-22

en réponse sur les Moki marbles

Ces Moki marbles, concrétions ferrugineuses en milieu continental et gréseux à la différence des oolithes des ex-mines de fer de Lorraine sont encore un bel exemple d’ objets géologiques parfois qualifiés de ’’bizarres’’ . Les shamans des Indiens Moqui en faisaient parait-il grand usage. On en trouve d’ailleurs en vente, sur le web, sous le nom de ‘’shaman stones’’ . Je ne sais pas trop ce pour quoi c’est bon😊….. retour d’affection ou arthrose, ou maux d’estomac mais çà doit bien être bon pour quelque chose puisque le terme ….. est un slogan de vente… Ne rions pas trop puisque en France on peut trouver aussi, sur nos marchés du samedi, toutes sortes de ‘’pierres magiques’’, chacune spécifique d’un désordre donné.

Le Utah Geological Survey et le NPS ont pensé aux touristes qui s’interrogent sur des sujets tels que les Moqui marbles ou la palette de couleurs des grès et argiles. Je crois que, pour tous ceux qui lisent un peu l’Anglais et s'apprètent à découvrir ou redécouvrir le Sud Ouest ou sont simplement curieux, les meilleures réponses sont dans un livret de vulgarisation- qui me semble très facile à suivre- du Professeur Marjorie CHAN de l’Université de l’UTAH. Livret qui doit d’ailleurs- je suppose- être largement diffusé depuis 2003, notamment dans les boutiques des Parcs puisque le NPS a contribué à son édition; je ne me souviens cependant pas l’avoir vu en 2007 au Grand Canyon

Pour ceux qui veulent une réponse ultra courte sur le pourquoi des belles couleurs et qui se souviennent de leurs cours de chimie, çà n'est pas compliqué :quand c’est rouge c’est oxydéquand c’est gris c’est réduit.

Et voilà😉, intéressant pour le tourisme mais essentiel.... pour le prospecteur et le géologue des décennies passées

et pour ceux qui n’ont jamais fait d’Anglais, s’il y en a, … je le traduirais un de ces jours....s'il y a de la demande😉

Avec çà on comprend mieux ce qui se passe mais sans que celà nuise à la feérie et à l'enchantement comme dit le Nouveau Mexique 🙂 ?

bonne soirée

RAINBOW OF ROCKS Mysteries of sandstone colors and concretions in Colorado Plateau Canyon Country

Public Information Series 77 year 2002 Utah Geological Survey By Marjorie CHAN Professor, Department Geology and Geophysics The Unviversity of Utah and William PERRY

en ligne à : http://geology.utah.gov/online/pdf/pi-77.pdf

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Kashtin · 2009-04-23

Merci, Jean-Paul, pour cette très intéressante plaquette de M. Chan qui éclaire un peu (beaucoup) ma lanterne!! 🙂😉, et que je vais chercher lorsque je serai sur place, ce qui ne saurait tarder. Je garde le lien pour l'imprimer au cas où...

Pascale

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Cochize · 2009-04-25

bonjour,

aujourd'hui je retourne aux histoires de prospecteurs

Histoires de prospecteurs d’hier et d’aujourd’hui : le prospecteur‘’qui salait’’ les carottes Les prospecteurs, devenus dans certains cas des promoteurs d’un genre particulier, étaient alors comme d’autres promoteurs, généralement honnêtes mais quelquefois plus ou moins escrocs. Un technique d’escroquerie classique était le salage ou ‘’salting’’. Cette technique semble avoir pris naissance lors de la première grande ruée vers l’or, celle des fortyniners (1849) celle de ‘’Oh ! my darling… Oh!my darling Clementine..’’. Pour appâter l’acquéreur, obtenir un bon deal et ensuite souvent disparaître et aller exercer ses talents ailleurs, le petit malin ‘’salait’’ c'est-à-dire qu’il introduisait dans un terrain stérile des traces d’or faisant croire à l’acheteur qu’il était en bordure d’un gisement. La technique pouvait être plus ou moins sophistiquée, selon l’imagination du vendeur et Dieu sait que les escrocs n’en manquent pas. Peut être la plus connue était-elle celle qui consistait à remplacer les plombs de cartouches d’un fusil de chasse par de la poudre d’or et le décharger sur les parois des premiers mètres de galerie que l’on s’était donné la peine de creuser. La décharge apparaissait imprégnait les parois de traces d’or😛….le filon ne pouvait pas être loin’’ ah !!! si seulement j’avais les capitaux et pour financer la suite des recherches !! disait le vendeur. L’acheteur lui, les avait…

La technique du salage, héritée de l’histoire de l’Ouest, s’est pérennisée et adaptée aux époques et métaux différents. Dans les années 50 et 60 dans le sud ouest et notamment dans le SE Utah, là où l’on va maintenant admirer les fantaisies géologiques en rouge de la nature, c’était la ruée non pas vers l’or mais vers l’uranium. Les petits malins utilisaient toutes sortes de trucs pour tromper leurs acheteurs potentiels. Par exemple ils se procuraient des sources radioactives banales du commerce (telles que les capuchons de lampes à naphta type Coleman, riches en thorium et en garnissaient les bâtons de dynamite utilisés pour creuser leur galeries. L’explosion imprégnait les parois de radioactivité😛. L’acheteur visitant les travaux avec un appareil basique n’était pas capable de distinguer les différents types de radioactivités et était persuadé de la proximité d’un gisement d’uranium. Même histoire : ….le ‘’ filon’’ ne pouvait pas être loin’’ ah !!! si seulement j’avais les capitaux pour financer la suite des recherches !! disait le vendeur. L’acheteur lui, les avait…

Il y a bien longtemps, lors de mes recherches sur le cuivre j’ai eu affaire à deux reprises à des personnages qui s’étaient essayés au salage . L’un deux, Ralph un Canadien de Colombie Britannique, était devenu un prospecteur de haut de gamme. Il avait déjà acquis une certaine fortune en ayant participé à la découverte d’une mine d’or du côté de l’Australie et, en Californie, ou il résidait le plus souvent, était devenu propriétaire d’un ranch proche de celui d’une star hollywodienne . .Ce dont il était très fier.. Travaillant depuis un certain temps à l’expertise d’un petit gisement de cuivre dont il avait pris le contrôle et dont il espérait …faire un gros avec notre aide j’approchais de la conclusion que l’affaire n’allait pas nous mener loin. Ralph lui pensait, bien sûr qu’il fallait encore chercher, encore chercher…le gisement était certainement juste un peu plus loin…ou alors juste un peu plus en profondeur…encore un effort my friend Je venais de procéder à un premier examen rapide des dernières ‘’carottes’’ remontées : pas plus de cuivre que d’or au fond de mon jardin potager …. ’’On devrait peut –être refaire un examen et des analyses plus détaillées’’ me suggère Ralph un peu plus tard. ‘’OK retournons y’’ .. Stupeur… comment ai-je pu manquer çà….. sous le binoculaire de l’atelier mobile….plein de petites particules qui ne peuvent qu’être du cuivre… même si elles ont des formes un peu étranges, c’est à n’y rien comprendre. La lumière toute à l’heure ne devait pas être bonne ou alors j’avais trop bu du Saint Estèphe qu’il m’avait apporté.. Je prends un autre échantillon… mais c’est la même chose. Je commence à douter de moi. Je retourne aux échantillons des jours précédents … dans une boîte à côté. N.de D. c’est pareil… c’est pareil…Là je commence à sentir le coup fourré car çà .. ce n’est pas possible. Ces échantillons, je les ai examinés avec d’autres moyens…….Ralph a poussé le bouchon un peu trop loin dans son désir de me convaincre que l’on approchait d’un objectif hypothétique. Ce drôle là, pendant que j’étais au bureau s’était absent sous un prétexte quelconque, était retourné à l’atelier ; à l’aide d’une petite brosse aux brins de cuivre, il avait consciencieusement maquillé ‘’salé ‘’ les carottes en déposant des traces de métal😠😠 ….

Ma prochaine histoire racontera comment le ‘’salting’’ moderne peut générer un scandale digne de ceux que connaît Wall Street et comment: la réalité peut dépasser la fiction.

bonne journée🙂

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Grisemote · 2009-04-25

Ah, on se croit vraiment dans Lucky Luke, ou tous ces films qui se rapportent à la ruée vers l'or....

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