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in Thèmes › Voyager à pied (randonnée)

Le dilemme du marcheur

Discussion started by Natrilha on 2009-05-23

9 replies

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Le dilemme du marcheur

Natrilha · 2009-05-23

Bonjour à tous, J'ai fait le GR20 il y a quelques temps, et je suis en train d'écrire un texte sur cette expérience. Et dans mes notes je vois que les marcheurs parlent beaucoup sur le sentier (quand ça ne monte pas trop). Et qu'ils parlent de leur quotidien. Il me semble en effet que la marche est aussi un moment où on prend le temps d'être entre amis ou en famille, et qu'en quelque sorte, on rattrape le temps qu'on a pas pris à discuter durant l'année. Des longues discussions, à la fois sérieuses et désinvoltes, parfois très intimes ou très profondes, s'égrainent le long du GR. Ce qui attire mon attention c'est que presque tout le monde dit qu'il vient ici pour oublier ses problèmes, pour ne plus penser à rien, pour recharger les batteries et faire le vide. Pensez-vous que les deux choses soient contradictoires? Comment le vivez-vous? Je me dis qu'en papotant, on se vide, d'où la sensation d'être loin des soucis du quotidien. Y-a-t il un dilemme du marcheur qui consiste à aimer s'extraire du quotidien, mais à continuer à y penser (les gens disent qu'ils font le point) lorsqu'on est loin?

On peut d'ailleurs poser la question même quand on ne parle pas, car je me suis rendu compte qu'on marchant (seul) je repensais à des tas de choses qui s'étaient passées dans l'année. Je me repassais des scènes, des moments durs, des joies etc. Bref, je n'oublie rien sur le sentier Et pourtant... Merci de m'apporter vos lumères Bises aux accros de la nature!

Le dilemme du marcheur

Kelessuf · 2009-05-23

Bonjour,

"Ce qui attire mon attention c'est que presque tout le monde dit qu'il vient ici pour oublier ses problèmes, pour ne plus penser à rien, pour recharger les batteries et faire le vide."

C'est où "ici" ?

Marcher, c'est comme un long trajet en voiture : un moment de silence, où l'esprit vagabonde comme il l'entend. Cela peut être très terre-à-terre, comme plus métaphysique, comme rien du tout. Selon.

Le dilemme du marcheur

Maitairoa · 2009-05-23

... dans la randonnée comme en toute autre activité de loisir, il me semble qu'oublier ses problèmes n'a jamais été un but en soi, mais plutôt la conséquence du plaisir que l'on prend à l'exercice d'une activité que l'on a choisie pour ce qu'elle nous apporte, dont on ne peut réduire le bénéfice à "ne plus penser à rien" ...

... bien que l'inverse ne soit pas impossible non plus ! 😛 ... la randonnée est une de ces activités qui provoquent inévitablement le rapprochement (à deux ou à plusieurs) ou l'introspection, lorsqu'au quotidien on n'a pas la disponibilité de temps ou d'esprit pour les rechercher ...

... aucun dilemne dans tout ça ! 🙂

Le dilemme du marcheur

Rudarche · 2009-05-24

Juste une précision pour faire mon chiant, mais ne faudrait-il pas plutôt parler de paradoxe?😇

Le dilemme du marcheur

Registoubkal · 2009-05-24

Bonjour,

Je marche beaucoup en montagne. Je participe à des treks, des randos en groupes... C'est vrai que les gens papotent facilement et même si l'on parle de notre vie, de notre boulot, tout ça paraît loin. On se retrouve dans un autre environnement, on fait quand même le vide !

Je me souviens d'un trek dans le désert du Hoggar (sud algérien), nous étions un groupe de 5. Pendant quinze jours, en dormant à la belle étoile, sans se laver, en mangeant comme les touaregs, etc... Des conditions très rudimentaires... Nous étions loin de tout, loin de la "civilisation", loin du confort, et nous parlions de temps en temps de notre vie en France. Mais c'était comme si nous parlions d'un autre monde. On se sentait complètement déconnectés !

Le dilemme du marcheur

Eze · 2009-05-25

J'ai lu que le cerveau, à partir d'un "certain temps" de marche, lors d'une sortie, par exemple, produit une endorphine que l'on assimile souvent à une "pilule du bonheur". Je n'ai aucune connaissance de la mèdecine mais peut attester, comme vous le signalez, que la communication entre les personnes se fait plus facilement en marchant. J'irais même plus loin en disant que c'est en marchant, sac à dos ou pas, que mon épouse et moi avons abordé, traité et réglé quantité de problèmes matériels ou d'organisation de notre vie de tous les jours. La réaction aux questions posées se fait posément sans tension alors que lors d'un face à face l'on est davantage sur ses gardes... Quant à la réflexion intérieure en marchant, ce n'est pas le pèlerin que je suis (deux fois st jacques, une fois rome) qui vous contredira. Ce que vous écrivez est très exact. Des souvenirs enfouis conscients ou inconscients sont revenus à plusieurs reprises, des sujets qu'une vie professionnelle trépidante avaient enterrés !

Bonne continuation !

Le dilemme du marcheur

Karineka · 2009-05-25

Comme Eze, je trouve qu'il est plus facile de parler en marchant car on ne doit pas se regarder tout le temps dans les yeux. C'est bien quand on est timide, on "ose" beaucoup plus; Moi, en tout cas, je me confie beaucoup plus comme cela😉

Le dilemme du marcheur

Simon · 2009-05-25

J'ai lu que le cerveau, à partir d'un "certain temps" de marche, lors d'une sortie, par exemple, produit une endorphine que l'on assimile souvent à une "pilule du bonheur".

J'avais déjà entendu cela pour la course à pied, mais pour la marche, je ne savais pas... Je comprends mieux pourquoi je marche autant 🙂

Le dilemme du marcheur

Randoalp · 2009-05-26

Tout çà est exact... Il m'arrive de trouver des solutions, ou avoir des idées sur des sujets délicats, simplement en marchant... et le plus souvent sans le vouloir et sans y penser à l'avance.

Le slogan bien connu n'est il pas : "Un jour de sentier, huit jours de santé? ..."

Jean-Claude

Le dilemme du marcheur

Colibri14 · 2009-05-26

J'ai lu que le cerveau, à partir d'un "certain temps" de marche, lors d'une sortie, par exemple, produit une endorphine que l'on assimile souvent à une "pilule du bonheur". Je n'ai aucune connaissance de la mèdecine mais peut attester, comme vous le signalez, que la communication entre les personnes se fait plus facilement en marchant.

C'est tout à fait exact. Cette hormone s'appelle la dopamine. Le cerveau en fabrique en général quand on fait du sport ( et dans plein d'autres circonstances ). Sport étant ici à prendre au sens premier, c'est à dire le fait de " prendre du plaisir à faire bouger son corps " et non pas dans son acceptation moderne, à savoir rechercher la performance à tout prix, comme nous l'enseignent d'ailleurs la plupart des profs d'eps, au point de dégouter nombre de gamins du sport ...

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