Il est des moments où l'on ne peut se réfréner de photographier
Il est de ces lieux dans le monde où l'on sait que la photo est inutile : tous ceux qui sont venus là ont fait la photo, et tous ceux qui y viendront la feront.
De plus le lieu est tellement magique et l'impression est tellement grande que l'on sait parfaitement que des professionnels sont venus, ont passé du temps pour attendre la bonne lumière, la bonne heure, la bonne journée, la bonne saison et qu'ils ont fait mille fois mieux que ce qu'on ne pourra jamais faire dans le court instant - pourtant magique - où on est là.
Mais rien à faire, c'est un pulsion irrésistible et irréfléchie qui nous fait aussi prendre la photo, que l'on soit photographe soi-même ou simple visiteur subjugué par le spectacle.
Dans le fracas du Salto Bosetti, une des 272 chutes des fameuses Iguaçu Falls, sur une grille supposée non glissante mais où il faut prendre garde du fait de la microscopique mousse entretenue à longueur d'année par la brume générée par l'eau qui se brise dans un bruit continu et assourdissant sur les rochers, les photographes se cntorsionnent, visent et tentent de ramener LA photo.
Le plus surprenant est que parfois, il arrivent à restituer un peu de l'impression formidable que l'on ressent face à ce spectacle stupéfiant de la nature.
