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http://perso.wanadoo.fr/alainjoly1/etude01.htm (super lien fourni par Kaou28😉)
Extrait tiré du livre "Littérature française et pensée hindoue des origines à 1950"
Jean Biès © Librairie C. Klincksieck
"Egale par sa superficie à l'Europe moins la Russie, peuplée de trois cent millions de dieux — un au kilomètre carré —, de six cent millions d'hommes, et de trois milliards de rats — cinq par habitant —, l'Inde-surgie-du-fond-des-âges-et-des-sages s'impose toujours plus à la conscience mondiale, l'Inde immémoriale préside à la régénérescence des cultures et des sagesses. Qui ne frémit aujourd'hui à ce monosyllabe lourd d'une telle charge de fabuleux et de rêve, d'un tel potentiel imaginatif, affectif et magique ?... L'Inde, avec ses jungles et ses temples d'or, ses déserts et ses fleuves, ses sommités géologiques, ses climats extrêmes, ses démesures, ses luxuriances ; l'Inde avec ses faunes et ses flores, sa poussière et ses cendres, ses chars de bois aux roues pleines, ses diversités ethniques et ses trois mille castes, ses mariages d'enfants, ses aphrodisiaques, ses bûchers allumés de l'amour des veuves, ses âçram et ses mouroirs ; l'Inde avec ses trente-deux sciences et ses soixante-quatre arts, ses huit cent cinquante langues et sa langue sacrée, le sanskrit — l'équivalent de douze fois le Thesaurus latin, langue de l'en-dedans révélée par l'en-haut, où tous les mots finissent en âme — ; l'Inde et les deux cent cinquante signes de son alphabet dévanâgâri, ses seize mille modes musicaux, ses épopées de cent mille vers, ses Ecritures — cinq à six fois la Bible — ; l'Inde avec ses innombrables sectes, ses aèdes errants et ses astrologues, ses ascètes « vêtus des quatre points cardinaux », ses princes rutilants de perles, ses délivrés-vivants, ses lépreux ; l'Inde avec ses sacrifices, ses rites d'hospitalité, ses danses, ses pèlerinages, ses hantises de souillure, ses initiations, ses extases, ses enfers et ses paradis ; l'Inde, disons-nous, patrie des pluriels unifiés, est bien certainement la terre la plus capable d'étonner, d'attirer, d'irriter, de séduire le marchand et le missionnaire, le poète, l'indianiste et le philosophe, l'homme enfin, quel qu'il soit, et plus spécialement, l'homo occidentalis du XXème siècle crépusculaire, qui s'interroge, se cherche et ne se connaît plus. "
Tout a fait bien resume par "L'Inde, cette harmonieuse anarchie" de Fabricia comme le note Yangguizi !