Je dois corriger Gigi1234. Non on NE peut PAS "faire comme avec nos amis ici" car tout cubain peut se faire arrêter dans la rue pour être juste en votre compagnie. Seuls les détenteurs d'une carte officielle de guide touristique ou de pro en rapport avec le tourisme habilité à fréquenter des étrangers peut se promener librement avec vous dans la rue. ET j'ai déjà vu plusieurs fois mes amis cubain devoir présenter cette carte au flic interrogateur. C'est "pour protéger les touristes" de la mendicité selon la version officielle. Un peu vrai parfois. Certains ignorants à propos de cette ile pensent que c'est pour museler le peuple et l'empêcher de parler de sa condition. Tout faux, il n'est pas difficile de se parler en privé et longuement. C'est à mon avis surtout un bon moyen légal non officiel de bakchich supplémentaire pour la police locale en plus d'un levier supplémentaire de pression ou coercition sociale. Si votre accompagnateur peut payer les 5 ou 10 CUC (1 à 2/3 de salaire mensuel officiel), il est riche et a une "bonne raison ou excuse" de trainer avec vous. Sinon, c'est un mendiant et mise à l'écart (voire menotte-prison) si ce n'est un coup de bâton. A la campagne, les fils de militaires ou notables locaux profitent de leur notoriété ou "impunité" pour truster les places de guides non officiels (sans carte), pouvant promener les touristes "perdus" sans grand risque.
"Certains Cubains se font questionner par la police quand ils sont avec une étrangère, mais uniquement parce qu'ils sont connus par la police pour jineterisme de toute sorte. Si vos amis sont "clean", ils n'auront aucun problème.

PAS TOUT A FAIT. Désolé. Comme expliqué avant, TOUS "peuvent" se faire arrêtés en votre compagnie, sauf les détenteurs de la carte les y autorisant. Mais c'est bien plus compliqué. C'est cuba. Arrêtés par la police peut vouloir tout dire. Qu'ils sont des amateurs sans protection locale, ou bien qu'ils se sont déjà fait rappeler à l'ordre auparavant avec d'autres touristes et donc qu'ils en ont l'habitude. Chasser le Yuma est une activité secondaire qui concerne 90% des jeunes (15-30 ans) selon les dires d'une amie cubaine exilée. ET au contraire de l'affirmation pré-citée, les vrais grand(e)s pros ne se feront jamais arrété(e)s car leur petit business sera bien préparé et organisé sur leur terrain qu'ils/elles choisiront. Tout au mieux verrez-vous juste un regard de connivence du flic de quartier vous voyant passer en compagnie de l'ami(e) dont il connait tout déjà (y compris la famille et les revenus) depuis belle lurette.
"Notre" notion de jinetera/prostitution me fait doucement rigoler car j'ai tout connu dans les degrés de la "professionnalisation" (et surtout d'amateurisme) sur place et on peut dire que toute fille ou tout gars de l'ile qui va avec un étranger recherchera bien logiquement à un moment ou un autre à profiter d'une façon ou d'une autre des avantages matériels que cela peut apporter. C'est humain, on ferait tous pareil. Surtout dans cette "petite" ile "pénitentiaire", carrefour géo-stratégique historique en pleine "guerre économique" où baignent misère, opulence, grande intelligence, culture sensuelle et meurs très libérées. D'autant plus lorsque des sentiments pointent leur nez. Donc impossible, même pour les "pros" qui le sont souvent occasionnellement quelques années, de catégoriser ainsi les cubains à notre façon avec nos schémas. Ou alors c'est très simple, ce sont toutes des putes (hommes compris). Mais nous aussi alors, à notre façon je crois bien. Il faut arrêter de se poser cette question "pute ou non?". Notre écrasante supériorité financière transforme inéluctablement tout(e) cubain(e) intéressé par toi sur place, dans son ile, en "pute" selon notre définition, à partir du moment ou il/elle cherchera une gratification matérielle. Mais n'est-ce pas ce que nous faisons tous nous aussi en travaillant et certains en se mariant? C'est un autre sujet, pardon. Tout ça pour dire, il ne faut plus se poser la question. Et on peut tomber amoureux, oui, mais la grande majorité des expériences rapportées montrent qu'il ne faut surtout pas croire pouvoir jamais avancer dans cet amour au début. C'est un amour d'un ou plusieurs instants, comme un rêve, sans lendemains possibles. Particulièrement sur place. Les cas des cubain(e)s s'exilant avec leur amoureux/époux est encore plus complexe.
Vos danseurs(es) sont cubain(e)s, c'est tout. Ils ont faim. Ils aiment danser. Ils aiment baiser. Ils aiment aussi les étranger(e)s pour faire tout ça et surement sincèrement aussi parfois. Et c'est tout. Ils vivent au jour le jour. ET ont surement de bons moments avec vous. Pour ceux, et surtout celles, qui tiennent absolument à les distinguer, les "jineteros" (les pros) sont plus faciles a reconnaitre par leur look de jeune beau et leurs habits car ils sont très "à la mode" cubaine. genre caid mexicain pour moi (lol), T-shirt moulant, marque apparente, jean neuf, chaussures en cuir vernis stylées, grosse montre, bijoux, etc... Que des habits chers et c'est pourquoi on devine qu'ils fricotent avec des Yumas. Les vêtements sont trop chers à Cuba pour s'en offrir de tels avec seulement un salaire mensuel de $15. Tout ça est logique. Le non jinetero est habillé comme un pauvre ou un paysan. Certains jeunes auront quelques habits à la mode mais la panoplie sera moins variée. Idem pour les filles. En une semaine, on a le temps de juger la garde robe. D'ailleurs ne vous ont-ils pas invité à leur offrir un vêtement ou quelques billets pour se les acheter?
La police arrête tout le monde, pros ou non, sauf si protection pour quelques vrais pros dans certains quartiers. Ca marche beaucoup par quartier, surtout à La Havane où chaque grand hôtel devient carrément un territoire à part-entière avec ses luttes d'influences. Ce qui est bon à un endroit avec un(e)tel(lle) ne l'est plus 100m plus loin. S'ils/elles te disent qu'ils/elles peuvent sortir dans telle boite à touriste avec toi mais pas dans une autre, c'est un "pro" plus ou moins protégé ou un bien renseigné(e) avec quelques expériences déjà. Par exemple, le Vedado entre Le Nacional et le Salon Rojo du Capri, de par la clientèle étrangère très aisée qui y passe, est un spot très convoité, donc cher pour s'y établir, et donc très surveillé par la police en civil qui interpelle rapidement toute "nouvelle venue" et y défend donc surtout curieusement les intérêts du cours de la place.
Les cubains et cubaines qui ont leur première expérience avec un(e) Yuma n'y connaissent rien ou très peu et sont donc les plus vulnérables aux lois locales trop strictes mais très souvent négociables. Car la police cherche surtout un billet de 5 ou 10 CUC rapide. Mais parfois, surtout à la campagne, il y a des connards idéologues souvent abrutis qui appliquent vraiment la loi et emmerdent gravement leur compatriotes. Ceux là sont à fuir si le billet ne fonctionne pas.
La partie que j'ai mise en gras est tout à fait fausse. Il n'y a aucune loi qui interdise à un Cubain de se promener dans la rue avec un touriste, ni de le fréquenter. Mais quelqu'un qui se promène souvent avec plusieurs touristes différents sera évidemment soupconner de jineterisme (que ce soit pour la prostitution ou le marché noir, activités illégales de toutes sortes, etc) et se fera questionner par les autorités. Mais quelqu'un qui n'est pas connu se fera rarement questionner. Une des exception est à La Havana où les gens qui viennent des autres régions se font questionner pour connaitre leur motifs pour être à La Havana.
Et il faut distinguer se faire arrêter (notion qui implique qu'il y a arrestation effective et plainte officielle, avec ouverture d'enquête) et se faire questionner. Personne ne peut être arrêté simplement parce qu'il est avec des touristes, car ce n'est pas un acte criminel. Ils peuvent toutefois être arrêter et accusé de prostitution, commerce illégal, etc.