Back to the discussion

in Entre deux voyages › Langues du monde

Pièges et difficultés du verbe "ouïr", tant chez l’homme que chez l’animal et la plante

Discussion started by DeCléricy on 2010-06-08

3 replies

English translation pending — showing the original.


Pièges et difficultés du verbe "ouïr", tant chez l’homme que chez l’animal et la plante

DeCléricy · 2010-06-08

Ouïr : écouter, entendre.

Raconte que j’ouïsse. J’en suis tout ouïe dira un poisson à un autre. Qu’un poisson tende l’ouïe pour ouïr nous semble tellement évident.

Pour une oie par contre, est-elle tout oie ou tout ouïe à l’écoute d’une truite? Vous admettrez avec moi que tendre l’ouïe pour une oie frise le burlesque.

J’oyais ou j’œillets entre fleurs? Même dilemme.

Et Louis(qui sent l’poissson), tend-il l’ouïe à Louise? Est-il tout oie à l’oie? Ouït-il à l’œillet? Hé hé! Pas évident.

Oyez! Oyez braves gens! Nous dirons : quand Louis tendit l’ouïe alors qu’il oyait un œillet à la main, l’oie ouïssait une truite tout ouïe tendue vers Louise tout ouïe à Louis.

Dès lors et quoique oui nous eûmes ouïs entre nous, fussions-nous oie comme truite tout ouïe, eussiez-vous l’ouïe fine d’un Louis oyant un œillet, vous admettrez avec moi que pour un sourd ya pas pôôblème.

DeCléricy

Pièges et difficultés du verbe "ouïr", tant chez l’homme que chez l’animal et la plante

Mguibentif · 2010-06-08

Ca me rappelle Raymond Devos :

"Il y a des verbes qui se conjuguent très irrégulièrement. Par exemple, le verbe "OUÏR". Le verbe ouïr, au présent, ça fait : J'ois... j'ois... Si au lieu de dire " j'entends ", je dis " j'ois ", les gens vont penser que ce que j'entends est joyeux... alors que ce que j'entends peut être particulièrement triste. Il faudrait préciser : " Dieu, que ce que j'ois est triste ! " J'ois... Tu ois... Tu ois mon chien qui aboie le soir au fond des bois ? Il oit... Oyons-nous ? Vous oyez... Ils oient. C'est bête ! L'oie oit. Elle oit, l'oie ! Ce que nous oyons, l'oie l'oit-elle ? Si au lieu de dire " l'oreille " on dit " l'ouïe ", alors : l'ouïe de l'oie a ouï. Pour peu que l'oie appartienne à Louis : " L'ouïe de l'oie de Louis a ouï. " " Ah oui ? Et qu'a ouï l'ouïe de l'oie de Louis ? " " Elle a ouï ce que toute oie oit... " " Et qu'oit toute oie ? " " Toute oie oit, quand mon chien aboie le soir au fond des bois, toute oie oit : ouah ! ouah ! Qu'elle oit, l'oie !... "

Au passé, ça fait : J'ouïs... J'ouïs ! Il n'y a vraiment pas de quoi !"

Pièges et difficultés du verbe "ouïr", tant chez l’homme que chez l’animal et la plante

Toucancilla · 2010-06-09

Bonjour,

Avec un tel verbiage, tu peux aisément prendre la suite de ce cher Raymond Devos, un expert dans ce genre d'exercice.

J'aime beaucoup ce genre d'humour !

J'ai reçu un jour son livre "Matière à rire" en cadeau, c'est une vrai merveille !

Pièges et difficultés du verbe "ouïr", tant chez l’homme que chez l’animal et la plante

4mursdeglace · 2010-06-10

Bonjour Mathilde,

Magistral ce Devos ! Et mention plus qu'honorable à DeCléricy !

J'ouïs, j'ouïs...ça se discute ! N'oubliez pas que pour bien s'ouïr , il aurait fallu qu'elles s'ouïssent en silence ! Quoiqu'en Suisse...😇

VoyageForum — the largest community of French-speaking travellers.