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Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
Discussion started by GeorgesOZ on 2010-07-22
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Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-22
L’atterrissage à Suvarnabhumi (j’adore la prononciation des annonces dans le hall: « Sù-wan-ná-phuum ») me surprend alors que je cherche encore désespérément à trouver le sommeil. C’est déjà le milieu de la matinée et je file aussi vite que possible en taxi à la gare routière de Mòó Chít, mais je ne peux prendre un bus pour Bâan Nâawk qu’en début d’après-midi. Je ne réussis pas vraiment à profiter des longues heures de bus pour dormir et récupérer un peu de la nuit inconfortable passée dans l’avion, mais tant pis, c’est un petit prix à payer pour retourner au « mùu bâan » (village) de Y, au cœur de l’Isàán.
J’espérais qu’on vienne me chercher à l’arrivée du bus car le village est encore à une bonne vingtaine de kilomètres de la ville et cela me coûterait quelques centaines de baht de taxi pour y aller. Je n’avais pu téléphoner à Y pour la prévenir de mon arrivée que l’espace d’une minute avant d’épuiser le crédit de mon portable. Je m’en veux pour mon imprévoyance, j’aurais pu vérifier mon crédit avant de partir ! Je suis tout de même étonné de constater que mon « comité d’accueil » à la descente du bus brille par son absence. Qu’à cela ne tienne, le couple du « Bo Ko So » (va-t-en savoir ce que cela veut dire !) vient gentiment à ma rescousse et appelle Y, qui n’est pas bien loin en fait, au marché. Quelques minutes plus tard, nous sommes en route vers le « mùu bâan », conduits par Sàámraan, un de ses neveux, et accompagnés de quelques membres de la famille qui ont profité de l’occasion pour faire un tour à la ville – ils n’ont la plupart pas grand-chose d’autre à faire de leur journée ! À partir de maintenant, je n’ai plus qu’à me laisser aller, Y et sa famille vont être à mes petits soins!
Y a hérité de la maison traditionnelle en bois sur pilotis de ses parents. Elle en avait déjà aménagé le rez-de-chaussée il y a quelques années pour en faire une grande chambre et pièce de séjour – cela ne ressemble plus de ce fait à une maison sur pilotis. Elle fait maintenant faire des travaux d’extension, son rêve étant d’avoir enfin une cuisine à elle et de ne plus avoir à cuisiner dans l’arrière-cour, dans la poussière et au milieu des détritus de toute sorte que la famille désinvolte laisse traîner. L’intérieur de sa maison et de celle de l’une de ses sœurs qui habite juste derrière est proprement tenu. Quant à l’extérieur, il faut bien le dire, le désordre ne semble gêner personne !
Il y a deux façons de procéder à de tels travaux : ou bien on improvise au fur et à mesure, ou bien on élabore et on fait des plans, ne serait-ce que pour avoir un concept de départ. Je suis personnellement un adepte de la deuxième approche, et j’avais fait des dessins assez précis, utilisant un logiciel pour examiner les volumes en 3D et optimiser l’agencement des diverses parties de la maison. Y avait été enthousiaste de mes efforts. Elle a fait commencer les travaux il y a peu, et je suis naturellement impatient de voir leur avancement.
Première constatation : le mur de la cuisine côté rue, déjà ébauché, est à un bon mètre de là où je le prévoyais. Bon, je ne m’attendais pas à ce qu’on respecte mes plans à quelques centimètres près … mais un mètre, c’est un tout autre concept ! Avec ce mur tel qu’on est en train de le bâtir, il faudra obligatoirement passer par la cuisine pour atteindre l’escalier extérieur, qu’on va construire derrière la cuisine, et accéder à l’étage. En plus, cela pose des problèmes d’esthétique que je ne vais pas détailler ici. Adieu donc, l’indépendance d’accès aux chambres de l’étage! Je fais part de mon souci à Y mais prends garde à ne pas le faire ouvertement devant les ouvriers pour ne pas porter atteinte à son autorité.
Autre constatation : la salle d’eau de l’étage est inutilement trop haute ce qui fait qu’on aura du mal à lui donner un toit qui s’intégrera avec la maison d’origine, dans ce style de toits multiples imbriqués les uns dans les autres qui est typique des constructions récentes dans la région (voyez la photo) et que je trouve tellement élégant. Mais que faire, maintenant que la structure en ciment a déjà été coulée ?
Ne se doutant pas le moins du monde que j’ai des réservations sur la construction, l’équipe est en plein travail. « Châang Phaawn », le maître des travaux, et les deux ouvriers sont des frères. Il y a aussi une ouvrière, probablement la femme de l’un d’eux. Ce n’est pas la première fois que je vois une femme participer à de gros travaux par ici. J’avais déjà vu l’une des sœurs de Y mélanger le ciment quand il avait fallu réparer le portail détruit par les eaux d’une saison des pluies précédente, et elle avait à peine une goutte de sueur après avoir travaillé sous un soleil écrasant, habillée comme pour une expédition populaire ! La femme de notre équipe s’occupe elle aussi de préparer le ciment et de l’apporter ainsi que les briques là où on maçonne. Comme la sœur de Y, et bien typique de l’Isàán, elle est elle aussi bien emmitouflée pour se protéger du soleil … même quand elle travaille à l’ombre. Avec la paire de gants qu’elle porte pour se protéger les mains, il ne lui manque plus qu’une paire de skis aux pieds et une piste enneigée ! À quand le jumelage « Isàán - Avoriaz» ?
J’admire le coffrage de l’escalier qu’on vient juste de couler. On ne le réaliserait probablement pas ainsi de par chez nous mais il est effectif. Plutôt que le décrire, je vais en fournir deux ou trois photos, elles parleront pour elles-mêmes. Un autre objet qui retient tout mon intérêt, c’est l’échelle faite de branches à peine équarries qui mène à l’étage, en attendant que l’escalier soit devenu praticable. Une merveille de rafistolage ! Les ouvriers n’ont même pas pu trouver des bouts de bois assez longs pour faire les montants de l’échelle d’un seul tenant – visez les raccords sur la photo ! Quelques clous bien placés sont censés assurer à l’échelle une solidité à toute épreuve. L’ennui, c’est qu’il faut faire attention à ne pas s’éventrer sur les clous qui dépassent, ni à se faire éjecter de l’échelle qui vibre, oscille et rebondit autant qu’elle peut pour protester contre son usage ! Un véritable casse-gueule !
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-23
En fin de matinée, nous avons sauté dans la voiture pour aller visiter les ruines khmères qui se trouvent assez proches du village. Le site tranche sur la verdure monotone de cette partie de l’Isàán. C’est un ensemble de trois temples construits de grès rose. La plateforme sur laquelle ils reposent ainsi que le mur qui le sépare d’un bassin périphérique sont en latérite. Comme à Angkor (je l’ai lu quelque part), le bassin symbolise peut-être les océans qui entourent le monde. Les traces de rénovation sont très discrètes et le tout est majestueux sans être énorme.
Ces ruines datent du 16-ème ou 17-ème siècle de l’ère bouddhiste, c.à.d. du 11-ème ou 12-ème siècle de l’ère chrétienne. Elles sont contemporaines des autres ruines khmères qui s’étalent du Cambodge jusqu’au cœur de l’Isàán vers le nord-ouest et qu’on commence à rencontrer à quelques heures à l’est de Bangkok. Elles démontrent l’étendue de l’empire khmer avant qu’il ne commence à s’effriter sous les avancées des Taï, arrivés relativement récemment dans la péninsule indochinoise. C’est par les Viet, eux résidents de très longue date dans la région, que cet empire a été érodé sur son flanc oriental.
Il n’y a dans les parages que deux hommes dont je ne suis pas trop sûr qu’ils fassent partie d’un quelconque service d’accueil touristique. Il y a bien un grand panneau descriptif du site et de l’histoire attenante, en thaï et en anglais, mais personne ne vient me demander de payer quoi que ce soit pour la visite. Je ne crois pas que ce soit parce que je suis accompagné d’une famille visiblement locale – de mon expérience, cela n’est pas une condition suffisante pour échapper à la « ponction pécuniaire du farang » - mais plutôt parce que nous sommes ici à l’écart des grands circuits touristiques. Quelques vaches broutant autour des ruines leur donnent un aspect curieux. Quel contraste entre la grandeur de l’empire khmer, tel que nous l’imaginons, et ses vestiges servant de pâturage au paisible bétail de l’Isàán ! Cela me remet en mémoire quelques lignes qu’Henri Mouhot avait écrites sur le Cambodge, qu’il avait visité vers 1863 ou 1864, et en particulier sur les ruines d’Angkor qu’il avait peut-être été le premier occidental à décrire. Dédaigné par les compagnies françaises et le Troisième Empire, ce botaniste français avait été commandité par les Britanniques (la Royal Geographical Society et la Zoological Society of London). Ces passages sont tirés du livre « Voyage dans les royaumes de Siam, de Cambodge, de Laos, et autres parties centrales de l’Indochine » :
« … des ruines si imposantes, fruit d’un travail tellement prodigieux, qu’à leur aspect on est saisi de la plus profonde admiration, et que l’on se demande ce qu’est devenu le peuple puissant, civilis�� et éclairé, auquel on pourrait attribuer ces œuvres gigantesques. »
« Peu de nations présentent un contraste aussi étonnant que le Cambodge entre la grandeur de leur passé, arrivée au point le plus culminant, et l’abjection de la barbarie actuelle. »
Mouhot ne mâche d’ailleurs pas ses mots quand il exprime ses sentiments sur les gens qu’il rencontre au Cambodge. Je cite :
« Tout ce que l’on peut dire du peuple actuel de la plaine du Cambodge, peuple cultivateur, qui montre encore un certain goût pour les arts dans les ornements de sculpture dont il décore les barques des riches et des puissants, c’est que, tant au physique qu’au moral, il n’a rien de caractéristique qu’un orgueil démesuré. »
Bien sûr, je ne peux pas le suivre dans son jugement sur la supposée barbarie du temps présent, ni sur l’orgueil démesuré des gens – qu’est-ce, entre parenthèses, qu’un « orgueil au physique » ? De toute façon, nous ne sommes pas ici au Cambodge. Mais je m’étonne de même, à voir ces ruines, qu’une telle grandeur ait pu disparaître pour ne faire place qu’à quelques vaches….
Avant de quitter Mouhot, il est amusant à utiliser du mignon terme de « talapoin » pour désigner les moines bouddhistes. D’où vient donc ce mot aux consonances parfaitement désuètes ?
Je m’approche du bassin d’eau, qui a recueilli les premières pluies de la saison. Un buffle se prélasse au milieu des lotus. Je l’envie, il fait tellement chaud ! Les frontons des temples sont magnifiques. L’un d’eux représente Vishnou, je pense, allongé dans sa somnolence bienveillante. La scène comporte d’autres personnages mais il faudrait être un expert pour comprendre de quel passage de la mythologie hindoue il s’agit. À l’intérieur, curieusement, un petit autel a été constitué de quelques fragments de la frise du temple, deux têtes de serpents-nagas encadrant, il me semble, une autre représentation de Vishnou couché et assoupi. Des bâtons d’encens, quelques fleurs et autres petits objets déposés devant ces vestiges témoignent d’un culte tout récent. Il n’y a plus d’hindous dans cette région, à ce que je sache, mais le bouddhisme, tout aussi vivante et sincère que soit sa pratique, n’est souvent que la couche supérieure d’un amalgame religieux ou spirituel où il n’est pas difficile de reconnaître le culte des ancêtres et celui des esprits - avez-vous vu en Thaïlande ces arbres entourés de ceintures colorées au pied desquels on dépose des fleurs ou des objets de consommation, bouteilles d’alcool et autres? Que l’on ne s’étonne donc pas que les divinités hindoues soient également honorées encore de nos jours. Ces lieux restent sacrés.
Entretemps, la famille s’est installée à l’ombre des arbres qui ornent un petit monticule pour se prélasser en grignotant quelques fruits et autres « khanòóm ». Avec quelques nattes déroulées sur le sol, l’espace de deux ou trois minutes, toute famille thaïe est experte en l’art du pique-nique improvisé. « Sabaï sabaï », on sait comment se la couler douce ! Je mettrais ma main au feu qu’il ne faudrait pas fouiller longtemps sous les deux ou trois autres monticules à peine esquissés sous la couverture végétale pour mettre à jour d’autres ruines….
De retour au village, je suis immédiatement concerné par la tournure qu’a prise l’escalier construit derrière la cuisine. Les ouvriers n’ont pas chômé, ils ont posé toute la balustrade autour de la terrasse à laquelle mène l’escalier, mais …. les deux balustres qui encadrent le haut de l’escalier sont bien trop proches l’un de l’autre. Je mesure - il n’y a qu’un « farang » pour avoir cette idée saugrenue de mesurer ! Le passage au débouché de l’escalier n’est que de 48 centimètres alors que la norme, en Europe en tout cas, serait un minimum de 70 centimètres ! Je sais, je sais, inutile de me le répéter ! Nous ne sommes pas en Europe. Rassurez-vous ! Je ne me fais aucune illusion, et je fermerais bien mes yeux sur quelques centimètres, mais là le défaut de construction est vraiment flagrant. Je fais plaisamment la remarque qu’il est bien heureux que les gens de l’Isàán soient généralement « phàáwm » (« sveltes, minces ») mais qu’il arrivera bien un jour où un visiteur farang plus « arrondi » ne pourra pas passer ! On rit ou sourit. Bon, au moins personne ne se fâche, c’est déjà ça d’acquis ! Mais je me dois tout de même d’insister un peu auprès de Y pour qu’elle prenne bien conscience du problème et agisse en conséquence.
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
Venissian · 2010-07-24
bravo, tout simplement magnifique.
ton recit est plein de vie, habitant au VN je suis en quelque sorte ton voisin et je connais bien l'asie du sud est pour confirmer tes dires.
mais es tu ecrivain de profession ?
vis tu au Mali ? tu me raconteras le Mali prochainement ?
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-24
Bonjour, et merci de tes bons mots!
Non, je ne suis pas écrivain de profession, et quant à Tin-Buktu et le Mali, je dois une explication. Je vérifiais hier mon profil et j’ai remarqué que le format en a pas mal changé. En tout cas, je ne pouvais plus voir le petit texte que j’y avais écrit, il y a longtemps, pour me présenter. J’ai eu la flemme de tout y remettre, et je me suis contenté de corriger mon lieu de résidence qui n’était plus d’actualité. Je n’ai pas vraiment d’adresse fixe ces jours-ci, et comme je ne pouvais pas trouver l’option « quelque part dans le monde », je me suis rabattu sur « Tin-Buktu », une paraphrase bien connue pour désigner un endroit mythique qui n’existe peut-être même pas !
Es-tu vraiment retraité à l’âge de 41 ans, et au VN? Il y en a qui ont de la chance !
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-24
L’affaire de l’escalier est passée en tête d’agenda. Je n’ai pas fini ma première tasse de café de la journée que « Châang Phaawn » vient me voir, accompagné de Y. Il veut m’informer de la solution qu’il a trouvée pour l’escalier. Il a tout simplement décidé de détruire une partie de la balustrade pour ménager un passage plus large au haut de l’escalier. J’admire l’esprit d’improvisation et la rapidité de l’action correctrice : un ouvrier a déjà abattu deux ou trois balustres –les coups de masse n’ont pas réussi à me tirer de mon sommeil ce matin - il est maintenant en train de scier les restes de l’armature d’acier (car ils étaient posés sur du ciment). Mais … n’aurait-il pas mieux valu « faire juste dès le départ » (selon le principe du « first time right », comme on dit en anglais), plutôt que d’avoir à détruire le travail de la veille ??? Pourquoi, comment (hélas !!!) ne pas comprendre que corriger est rarement aussi bien que construire correctement dès le départ ? Je l’ai déjà dit plus haut, il y a deux façons de procéder: ou bien on improvise au fur et à mesure, ou bien on fait des plans pour ne pas avoir de surprise. De toute évidence, nos ouvriers sont plutôt adeptes de la première école. Mais …. sachons fermer l’œil sur certains détails ! Je suis pragmatique et j’acquiesce. Il faut savoir accepter la culture locale, surtout si elle détermine des attitudes qui dans l’ensemble sont plutôt agréables.
Je constate peu après que le mur de la cuisine qui ne me plaisait pas a été également démoli et qu’on est en train de le reconstruire là où je le voulais en premier lieu. J’apprécie la flexibilité de ces gens, c’est le bon côté de l’improvisation! Bon, c’est bien, nous avons tous réussi à marquer nos positions respectives sans devenir trop pesants, et nous en restons sur des rapports amicaux ! Nous fraternisons avec les ouvriers, Y cajole même la femme-maçon de sa façon bien à elle. J’ai souvent trouvé que les Thaïs sont assez vite chaleureux les uns vis-à-vis des autres, mais il faut dire que Y l’est tout particulièrement. Devant son attitude positive et joyeuse, tous mes amis en sont tombés d’accord : «adorable ! » ; « charmante !» ; « une belle âme !», a même déclaré l’un d’eux. Quant à moi, je me contenterai de dire qu’elle est une très belle personne, tant au physique qu’au moral. Savez-vous quoi ? J’apprécie énormément les gens qui ont la bonne nature de pouvoir simplement dire ou entendre dire d’eux-mêmes qu’ils sont « gentils », sans penser pour autant que cela implique une forme de bêtise …. si vous voyez ce que je veux dire.
Allez, tout baigne donc dans l’huile ! Maintenant que les travaux semblent poursuivre une course plus sûre, nous pouvons faire un saut en ville pour faire un peu d’internet, visiter le marché etc.…. Chaque fois que je passe par Bâan Nâawk, je me dis qu’un jour il faudra bien que j’aille voir de plus près le « wát » (temple) qui se trouve en retrait derrière les arbres non loin de la gare routière, et qui me semble assez beau avec ses grands toits de tuiles rouges vernies rutilant au soleil. Il faudra aussi que je prenne un jour quelques photos du marché. Il y a une rue pleine de stands ambulants où, comme partout ailleurs, on peut acheter toutes formes de nourriture. Il y a aussi un marché couvert assez propre où se vendent la viande, les poissons, les épiceries etc. Je crois même avoir repéré quelques paquets de farine de blé, ce qui pourrait un jour me motiver à enseigner l’art des crêpes à ma famille Isàán. Mais pour ce qui est des photos, ce sont là de ces choses que l’on se promet de faire et qu’on n’arrive jamais à réaliser, je suis sûr que cela arrive également à vous, mes chers lecteurs ! Ce n’est pas qu’il y aurait le moindre problème à prendre des photos, mais il vaut mieux parfois se contenter d’apprécier le moment présent et ne pas vouloir mitrailler tout azimut et à tout prix.
C’est une petite ville propre et assez agréable. Elle n’est pas particulièrement jolie mais elle ne change pas beaucoup en cela de la plupart des villes (pas si nombreuses que ça, je dois l’avouer) que je connais en Thaïlande. Elle est peu fréquentée par les étrangers. Depuis que je la connais, je n’ai pas dû y voir en tout une douzaine de « farangs », et en tout cas jamais de groupes. Ce petit coin de l’Isàán n’est sans doute pas spectaculaire, heureusement peut-être, ça le préserve de changements trop rapides et souvent malheureux! Les éléphants n’ont pas encore étés lâchés dans le magasin de porcelaine, si vous me permettez cette image blessante …. blessante et injuste en tout cas pour les éléphants, les vrais ! La tranquillité et la gentillesse des gens de Bâan Nâawk n’ont pas de prix.
N’ayant pas les yeux dans mes poches, je remarque aussi qu’on voit de plus jolies femmes et filles en ville qu’au village, avec un brin de sophistication dans l’habillement et un teint de peau parfois bien plus clair. Je n’ai absolument rien d’un raciste, et ce n’est qu’une question de goût, le fait est que je trouve les peaux claires plus attrayantes et que les gens au village sont dans l’ensemble très tannés, travaux des champs obligent.

Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
TDMsolo · 2010-07-24
Bonjour Georges,
heureux de retrouver le plaisir de te lire... quel que soit le sujet c'est toujours passionnant !!! 😉
J'espère le plaisir de te revoir un de ces jours, ici, là ou ailleurs... je viens de lire ton post sur Sukhumvit (en janvier)... j'irai bien faire un tour à l'ABC en ta compagnie et celle de Y... 😎
Bon retour chez toi..... euhhhh....c'est où chez toi ??? 😄
Amicalement
René de Toulon
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
Venissian · 2010-07-24
bonjour
je suis effectivement retraite militaire et je vis au VN depuis 5 ans deja.
bon ecrivain ou pas ton recit est emouvant et donne envie d'aller voir ton projet en personne.
amicalement
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-24
Bonjour René ! Tu es bien rentré de ta tournée en Asie ?
Mes « jours tranquilles à Sukhumwit », ah oui ! avec mon ami Ivan. C’était il y a déjà une année de ça (j’avais poste quelques mois après). Nous aurons bien l’occasion d’aller faire un tour à l’ABC ensemble un de ces jours ! 😉😛
Où c’est chez moi ? À vrai dire, je n’en sais plus trop rien depuis que j’ai quitté Perth. Je pensais me retrouver à Singapour et j’ai dû changer de plans à la dernière minute. 😠😕 J’ai bien sûr des points de chute, mon petit coin « du côté de Bâan Nâawk », chez Y, par exemple, 😎 mais il faut aussi que je me trouve un boulot de temps en temps pour assurer les arrières….. Je cherche, je cherche…..
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-24
Merci de nouveau ! Et mes excuses pour t’avoir décu pour le Mali, hahaha ! J’espère que tu ne m’en voudras pas de m’être permis cette plaisanterie à vrai dire puérile (et oui, je reste gamin !). Pour mon projet (et celui de Y), ce sera avec plaisir.
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
SeniorCH · 2010-07-24
Bonsoir,
Je te retrouve avec grand plaisir, je viens de passer quelques mois en Chine, à Xi'an.
Danielle
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
Parvat · 2010-07-24
Excellent!!! Mille mercis, j'ai adoré! 🙂
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
Mékong · 2010-07-25
salut Georges
ravi de te lire de nouveau. Alors tu t`installes en Thailande ?
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
Venissian · 2010-07-25
sur cette discussion je vois que tu as beaucoup d'amis (baroudeurs).
bravo, c'est l'assurance d'une vie enrichissante.
amicalement
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-25
Bonjour Danielle,
Ca a du etre bon, plusieurs mois a Xi'an. J'imagine que ta maitrise du mandarin en a du marquer un coup!
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-25
Salut Fabienne!
Je suis toujours heureux de faire plaisir, hahaha! 🙂
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-25
Pas encore, pas encore, Eric! Mais je prevois pour mes vieux jours. Il y a du kilometrage au compteur, mais je crois pouvoir encore tirer pas mal de route du moteur!
Et toi, a Jakarta? Tu y es pour longtemps? Je connais bien cette ville, j'espere bien y retourner un de ces jours.
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-25
Oui Bruno, on se retrouve souvent en tres bonne compagnie sur ce forum! 🙂
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-25
Y me l’avait dit, nous sommes invités à aller visiter son amie Phaawn qui habite juste en dehors de Sisaket (« Sìí-sà-gàeht »). Donc, nous nous retrouvons en voiture peu après le petit déjeuner qui, soit dit en passant, n’a pas lieu à une heure bien précise. Les gens de l’Isàán mangent presque toujours ensemble, faire quelque chose indépendamment des autres semble presqu’impensable. Cependant, il n’y a pas non plus de contrainte à manger exactement en même temps. « On est libre de ses mouvements mais on fait les choses ensemble » est une bonne manière de résumer le comportement des gens, même si cela semble contradictoire. Grosso modo, tout le monde a mangé quelque chose bien avant le milieu de la matinée.
Je prends ma place habituelle dans la voiture, la place d’honneur à côté du conducteur. Comme d’habitude, c’est Sàámraan qui conduit. Il est plus âgé que les autres et toujours célibataire parce que, comme on me l’a expliqué, il s’occupe de ses parents et de son petit frère. C’est une explication comme une autre, en tout cas il conduit sûrement, et probablement à cause de sa maturité relative j’arrive mieux à tenir une conversation avec lui qu’avec les autres. Je me retourne et vois assises à côté de Y la jeune femme de Sòómsohng, un autre neveu, tenant son petit gamin sur les genoux, et une autre femme bien plus âgée qui a un visage très fin et a toujours un sourire doux sur les lèvres. Sur ses genoux, un autre bambin, les yeux tout écarquillés et pas trop rassuré de voir un « farang ». Je dois ressembler à un diable pour les tout petits ! Donc, une petite excursion en famille, rien de plus naturel.
Et nous voila en route pour Sisaket qui n’est pas exactement la porte d’à côté. Je rêvasse pendant les heures de route, voyant défiler les interminables paysages en fin de compte assez monotones du centre de l’Isàán. Quelqu’un a dit sur VF que cette partie de la Thaïlande « ne cassait pas une patte à un canard », contredisant en cela les quelques forumistes qui ne manquent aucune occasion pour nous en faire les éloges. Je dois admettre que je ne trouve pas personnellement les paysages spécialement remarquables. Ce n’est guère que du côté de Chayaphum, du côté ouest de l’Isàán, et sur les bords du Mékong au-delà de Loei que j’ai vu des paysages rendus véritablement intéressants par quelques reliefs. Je l’admets, je suis loin de tout avoir vu en Isàán, mais l’impression que j’en ai c’est que le plat et répétitif domine. Ce n’est cependant pas désagréable, loin de là : campagne et verdure à l’infini ; rizières parsemées d’arbres et de bosquets sur des centaines de kilomètres. Un gigantesque bol de riz.
Notre ami Mouhot les connaît bien, les montagnes qui bordent le « jangwát » (province ou district) de Chayaphum et s’étirent vers le nord jusqu’au Laos en passant par Loei. Il les a traversées lors de son quatrième et dernier voyage dans la région. Voyons ce qu’il en dit :
« Un grand nombre d’habitants de cette province , originaires du Laos, sont d’anciens captifs amenés de Vien-Chang après le soulèvement de cette province ».
… puis, traversant la province de Chayaphum :
« Dans ces montagnes, les Laotiens, font aux génies locaux des offrandes de pierres et de bâtons ».
… et enfin, parlant de ces montagnes menant à Loei :
« Tout ce versant oriental, à l’exception de quelques villages de sauvages à ventre noir [à cause de leurs tatouages] enclavés dans cet État, est habité par le même peuple, les Laos ou Laotiens à ventre blanc , qui s’appellent eux-mêmes Lao, et que les Siamois, les Chinois et tous les peuples environnants ne connaissent que sous ce nom ». (J’ai souligné ce qui est en italiques dans le texte).
Tiens ! On retrouve donc bien chez Mouhot cette affaire des habitants de l’Isàán étant, en grande proportion, d’origine laotienne. J’en avais parlé dans un poste précédent « Bangkok, Vientiane et Isan » (http://voyageforum.com/v.f?post=2365747;page=unread#unread). Pardonnons-lui, en passant, cet usage du mot « sauvage », il appartient à son époque.
Pourquoi ne pas continuer cette digression sur le monde Lao ? Mouhot nous décrit maintenant les gens :
« Les Laotiens ressemblent beaucoup aux Siamois ; une prononciation différente, une accentuation lente est la seule différence que je remarque dans leur langage. Les femmes portent les cheveux longs [à l’époque, au Siam c.à.d. en Thaïlande, les femmes avaient le crâne rasé à l’exception d’un toupet porté sur le sommet de la tête, beuuuuh !] et une jupe pendante, ce qui leur va bien quand elles sont jeunes et qu’elles sont peignées. Elles sont mieux que celles du bord du Ménam ; mais à un âge un peu avancé, leur chignon négligemment jeté sur une tempe ou l’autre et les goitres d’une grosseur énorme dont elles sont affectées les rendent d’une laideur repoussante ».
… et encore :
« L’habillement des Laotiens de ces montagnes diffère peu de celui des Siamois … Ils sont coiffés comme les Siamois. Les femmes sont généralement mieux que celles de ce dernier pays. Elles portent une seule jupe courte de coton et un morceau d’étoffe de soie sur la poitrine ; le plus souvent elles n’en ont point. Elles nouent leurs cheveux noirs en torchon derrière la tête. Les petites filles sont souvent fort gentilles, avec de petites figures chiffonnées et éveillées ; mais, avant qu’elles aient atteint l’âge de dix-huit ou vingt ans, leurs traits s’élargissent, leur corps se charge d’embonpoint ; à trente-cinq ans, ce sont de vraies sorcières, presque toutes affectées de goitres …. »
Je ne sais pas si les experts du Laos se reconnaîtront dans cette description ! Enfin, il en arrive au caractère des gens :
« Les Laotiens sont paisibles, soumis, patients, sobres, confiants, crédules, superstitieux, fidèles, simples et naïfs ».
Il y a là tellement d’épithètes qu’on pourrait se lancer dans une longue dissertation sur le bien fondé ou non de cette description à l’emporte-pièce. Pour ma part, pour autant que les gens de l’Isàán que je connais soient effectivement « d’affinité laotienne » (je surveille mes mots), je dirai oui à « paisibles, patients, confiants, superstitieux, fidèles, simples », quant au reste je ne sais.
Cette digression sur le Laos est certes longue, mais elle s’adresse également à cette partie (très importante numériquement parlant) de la population de l’Isàán à laquelle appartiennent Y, sa famille, tous ses amis et tous les gens que j’ai rencontrés en Isàán. Avant de lâcher Mouhot, je veux encore lui emprunter sa description du « khaen », cet instrument typique de l’Isàán mais aussi du Laos :
« Leur musique est très douce, harmonieuse et sentimentale ; il ne faut que trois personnes pour former un concert mélodieux. L’un joue d’un orgue en bambou, l’autre chante des romances avec l’accent d’un homme inspiré, le troisième frappe en cadence les lames d’un bois sonore dont les cliquetis font bon effet. L’orgue Lao est un assemblage de seize bambous fins et longs, maintenus dans un morceau de bois d’ébène, munis d’une embouchure où le souffle de l’exécutant, tour à tout expiré et aspiré, fait vibrer de petites languettes d’argent appliquées à une ouverture pratiquée à chaque bambou ; on obtient ainsi des sons harmonieux pendant que les doigts se promènent avec dextérité sur autant de petits trous qu’il y a de tuyaux. Leurs autres instruments ressemblent à ceux des Siamois ».
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
Alan · 2010-07-25
Salut " camarade " ..... content de te relire sur ton chemin, et plaisir à te voir reprendre des " discours " de Mouhot dont j'avais visité la tombe à Luang Prabang, il y a .... longtemps maintenant ... !😉
Et puis sympa sur ce fil de voir des pseudos " amis " te faire un coucou .... car chacun fait sa vie et donne une petite idée de ce qu'il devient, moi je suis actuellement en région parisienne pour " bosser " un peu aussi, et d'ailleurs si tu passes dans le coin tu as une chambre en pleine nature .....
A bientôt ....
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-25
Et bonjour a toi aussi! Comme tu dis, ca fait plaisir de se retrouver, c'est comme un petit club, ici 🙂. J'avais perdu tes traces depuis mes Jours tranquilles à Sukhumvit (Bangkok). Je passerai peut-etre encore a Paris dans les mois qui viennent, puisque je suis assez nomade ces temps-ci. Je ne manquerai pas de te faire signe!
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
Mékong · 2010-07-25
Si tu passes, je suis à Jak et dans le coin jusqu`au 31 aout.
Là j`habite dans un kost à Tebet. Comme je te l`avais dit, je cherchais du taf pour rester dans la region mais difficile. Du coup, j`ai un boulot qui m`attend à Lyon debut septembre et si tout va bien je serai de retour dans qq mois en Asie.
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-26
J’en étais à l’excursion vers Sisaket. Les routes sont en général très bonnes et la voiture est confortable, mais le trajet est long et il faut bien faire un arrêt pour nous détendre les jambes. Surprise, nous avons au moins une douzaine d’autres passagers à l’arrière de la voiture. Oh ! Pas une grosse surprise ! Je sais bien que tout se fait en famille en Thaïlande. Je n’ai pas eu l’occasion de poser la question, mais je me dis que l’invitation vaut peut-être bien pour toute la famille !
En route, j’entends à plusieurs reprises des commentaires sur le fait qu’on voit déjà des gens travailler dans les rizières par ici, où les pluies ont commencé plus tôt que dans notre district. Ce sujet est très proche du cœur de mes compagnons de voyage. On a en fait peine à imaginer à quel point riz et rizière sont profondément inscrits dans leur psyché. Il m’est arrivé de penser qu’après des millénaires de culture du riz (ils connaissaient probablement le riz longtemps avant de s’installer en Asie du Sud-est), les habitants de ces régions sont devenus des mutants dont le « secteur riz » du cerveau s’est particulièrement développé !
Le paysage est devenu plus fermé, avec des villages plus rapprochés les uns des autres, mais aussi plus boisé et plus distrayant. Quand nous nous engageons sur des routes plus petites, je reconnais le chemin qui mène au village d’un des frères de Y, dans le jangwát de Sisaket. Je comprends maintenant que toute la famille a profité de notre voyage pour rendre visite à ce frère.
Nous arrivons en milieu d’après-midi à sa maison. Il n’y a personne. Il est bien sûr parti travailler dans la rizière. Peu importe, toute la smala débarque et commence à s’installer. Toute une activité spontanée et tranquille s’enclenche autour de moi. On déplace les lits faits de lattes de bambou disposés au devant de la maison pour les mettre à l’ombre, histoire de s’asseoir et bavarder. Un jeune homme s’est mis à couper de l’herbe le long de la clôture et, à ma question, me répond que c’est pour donner à manger aux « khwaai », aux buffles dont je remarque maintenant l’enclos de l’autre côté de la rue. Y est partie avec une autre femme au marché pour acheter de quoi manger. Inutile, je me contente de poser la tête sur un coussin pour entamer une sieste bien agréable.
Le frère de Y arrive sur son scooter. Il est tout heureux de nous voir et va de l’un à l’autre pour un brin de discussion. Les rires fusent, sans éclats exagérés. J’aime beaucoup cette tranquillité, le « sabaï sabaï » joyeux de ces gens. Sa femme arrive elle aussi. Pour nous faire un « wâi » de salutation et d’accueil, elle s’est presqu’agenouillée sur le sol, je ne sais pas comment elle arrive à se déplacer d’une personne à l’autre! Sans doute marque-t-elle en se mettant aussi bas que possible son respect pour la famille de son mari. Je me rappelle avoir vu dans un aéroport il y a quelques mois (ce n’était pas en Thaïlande), dans le corridor conduisant à l’avion, une suite de trois posters illustrant le « wâi » et donnant la définition suivante de ce geste gracieux et révérencieux: « bienvenue – respect – gratitude ». Cela me paraît très juste. Les Thaïs sont certainement parmi les gens les plus courtois que je connaisse.
J’en profite pour citer quelques autres lignes de Mouhot, tirées du même livre sur ses voyages « dans les royaumes de Siam, de Cambodge, de Laos, et autres parties centrales de l’Indochine » :
« À Siam, tout inférieur rampe en tremblant devant son supérieur, et ce n’est qu’à genoux ou prosterné, et avec tous les signes de la soumission et du respect, qu’il reçoit ses ordres. La société toute entière est dans un état de prosternation permanente sur tous les degrés de l’échelle sociale. »
Je précise que je ne suis pas d’accord sur toute la ligne avec Mouhot. Pour commencer, il a fait ses observation il y a un siècle et demi déjà et il faut se demander si la société thaïe n’était pas plus servile à son époque qu’elle ne l’est de nos jours. D’autre part, si les comportements rapportés par Mouhot se sont prolongés jusqu’à nos jours, je pense qu’il faudrait ne pas juger trop vite, et qu’il faudrait essayer de comprendre l’attitude des gens et faire la part des choses. Il se peut bien que beaucoup de gens soient en fait heureux de marquer « respect et soumission », et que cela soit souvent récompensé par une bienveillance réelle de la part de ceux qui sont placés en position supérieure. D’autres qui ont plus d’expérience que moi avec la société thaïe pourront raffiner ce que j’essaie maladroitement d’exprimer (ou me contredire, libre à eux !).
Revenons à notre petite scène de famille. On s’active à la cuisine, une installation sous l’auvent de la maison que certains jugeraient précaire, faite de quelques planches et autres bouts de bois sur lesquels se balancent pots et gamelles, mais qui est en fait très pratique. Il y a autant d’espace qu’on veut pour se déplacer, on peut y être à plusieurs pour que le travail soit plus convivial, on est à l’abri s’il se met à pleuvoir et le feu de bois n’enfume pas toute la maison. Il y a vue sur les rizières juste de l’autre côté du chemin, sur les buffles dans le pré, et sur un voisinage on ne peut plus discret et reposant. J’ai l’impression permanente de faire du camping, ce qui n’est pas désagréable ! Les achats de Y au marché ont été de 40 ou 50 bahts pour quelques légumes et avec tout le reste de la nourriture, suffisante pour nourrir près d’une vingtaine de personnes, on ne doit pas dépasser 100 bahts de frais. Il est vrai que le riz vient tout droit de la rizière familiale et qu’on n’a pas eu à chercher loin les papayes du « sôm dtam » !


Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-26
Ce n'est pas evident pour trouver un boulot comme ca en voyage, je dois dire. Malheureusement, je ne pense pas avoir l'occasion de passer par JKT dans l'avenir immediat. Mais qui sait jamais?
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
Tokala · 2010-07-26
Bonjour Georges,
Contente de te lire à nouveau par ici, tes écrits sont toujours aussi agréable (et ceux-ci bien plus accessibles pour moi que ceux d'une certaine discussion sur les peuples asiatique 😉)
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-26
Tiens, un petit renard pointe son museau sur mon poste! 🙂
Je vais te faire un aveu, si tu me poses une colle sur ce que j’ai écrit il y a quelques mois sur les peuples de l’Asie, il y a des chances que je sèche ! 🤪
Autrement, ça se précise pour le Japon ?
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
Tokala · 2010-07-26
Oui j'avance bien dans mon étude du japonais ! Il faut dire que j'ai un collègue qui parle plutot bien japonais grace à sa femme qui vit au japon, et qui travaille tous les midis pour apprendre tous les kanjis, ça me motive bien pour avancer.
Mais avant le pays du soleil levant, direction l'ouest, au Québec et à New York...
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-27
Après le repas, nous partons pour la ville de Sisaket, toujours conduits par Sàámraan, pour rendre visite à notre amie Phaawn. Elle habite un village juste en dehors de la ville et nous faisons plusieurs détours avant de découvrir l’endroit. Elle nous a préparé un superbe repas de poissons (Y m’avait dit que Sisaket est réputé pour ses poissons).
Tiens, puisqu’on y est, ce serait peut-être une bonne idée de décrire un peu ce qu’on voit « sur la table » en Isàán, basé sur mon expérience limitée, bien sûr. Soyons clair, il n’y a ni table ni chaises : on s’assied sur des nattes étendues sur le sol. Plusieurs plats sont servis en même temps. Le concept « entrée, plat principal, dessert » n’existe pas. Et quoi encore ? « Fromage, café, cognac et cigare » ???? S’il y a de la viande, il n’y en a pas beaucoup et elle est coupée en petits morceaux. Il y a souvent du poisson, pêché au filet dans les rizières ou acheté au marché. Il y a presque toujours du « nám p(r)ík », de la sauce faite à partir d’une pâte de piments grillés au feu de bois et pilés. Parfois, on sert aussi une pâte brunâtre, peut-être une autre forme « nám p(r)ík » mais je n’en suis pas trop sûr (je ne connais pas encore tous les détails de la cuisine locale), que je trouve franchement dégueulasse – un arrière-goût que je situerais quelque part entre l’excrément et le vomi. Ne croyez pas que vous aimerez tout ce qu’on vous présentera ! Haricots longs, choux et autres légumes sont souvent mangés crûs. En plus des herbes utilisées dans les plats, on mange aussi des herbes fraîches dont certaines ont une amertume (« khòóm ») quasi médicinale. Le riz, toujours présent, vient sous deux formes différentes : il y a le riz blanc habituel, le « khâao suèý » ou « joli riz », celui que tout le monde connaît ; et le fameux riz gluant ou « khâao nìáao », typique de la culture Lao et qu’on présente toujours dans un « g(l)àawng» (« boîte ») en osier (voir photo). Du bout des doigts, on tire une boulette de « khâao nìáao » du « g(l)àawng», on la pétrit un peu et on la trempe dans le «nám p(r)ík» avant de manger avec l’un des nombreux plats. Les fruits font plutôt partie du grignotage fréquent en dehors des repas.
Pour les amateurs du « phàt thaï », je n’en ai jamais vu dans une maison en Isàán ! Pour autant que je sache, on mange du riz et non des nouilles à la maison, et on ne voit des baguettes « chinoises » que dans les restaurants et estaminets qui servent des nouilles. Le couvert de tout un chacun consiste en une petite assiette et une cuillère. On mange beaucoup avec les doigts. Je n’ai pas remarqué qu’il y ait quelque tabou que ce soit à utiliser la main gauche pour cela, ni d’ailleurs pour donner ou prendre quelque chose.
Par contre, seconde et dernière digression avant de revenir à Sisaket, un geste qui ne cadre pas du tout avec l’usage local, c’est de montrer ou d’indiquer quelque chose avec les pieds. Tout le monde sait que pointer les pieds vers quelqu’un, ou pire vers une effigie du Bouddha, est très mal vu en Thaïlande. Mais je me suis vu rabrouer par Y un jour où nous discutions de l’emplacement du mobilier et, ayant les mains occupées, j’avais pointé le pied vers un sofa. Si les Thaïs sont parmi les gens les plus « cool » de la planète, j’ai plus d’une fois remarqué leur promptitude à remettre sur le droit chemin, avec quelques mots bien placés, ceux dont les manières ne sont pas tout à fait correctes à leurs yeux.
Arrivés chez Phaawn, nous nous mettons donc de nouveau à manger, assis sur un lit de planches sous la maison. Une belle maison qui a été conçue et construite par le frère dans le style typique de la région, sur pilotis bien sûr, pour Phaawn et son autre sœur, une femme au visage agréable. Ce sont des gens aux traits fins, sympathiques et très souriants, est-il besoin de le dire ? Comme on nous explique qui est qui dans la maison, au moment où on parle de la fille aînée de Phaawn qui doit avoir dans les 16 ans, celle-ci pose cette question sur un ton espiègle : « suèý maí ? » qui nous fait rire. Veut-elle dire « suis-je jolie ? », ou bien, parlant d’elle-même à la troisième personne et prétendant par jeu et par coquetterie une forme de modestie : « est-elle jolie ? ». Voici bien un exemple de cette façon de parler sans usage de personnes, typique du thaï. Le concept est précis mais il reste cependant un certain flou. Elle n’a usé que de deux mots et il est impossible de traduire exactement ce qu’elle a voulu dire en français ! J’ai lu quelque part, d’ailleurs, que les Thaïs aiment bien le flou, ce n’est pas moi qui l’ai inventé. À noter, à propos, que l’emploi d’une personne grammaticale est plutôt emphatique en thaï, je dirais assez comme en italien ou en espagnol, et que les étrangers qui donnent systématiquement du « phòóm/ chán/dichán tralala, tralala » font très livresque.
La nuit est maintenant bien tombée. Nous sommes soudain envahis par une nuée d’insectes aux longues ailes, issus d’une éclosion proche et attirés par la lumière. Ils ne piquent pas mais sont insupportables tellement ils s’insèrent et se plaquent partout. J’ai même peur d’ouvrir la bouche et d’en avaler involontairement ! Ce sont des « malaeng mao », des « insectes ivres ». Phaawn va allumer un néon un peu plus loin pour les détourner de notre repas, puis se saisit d’un grand plateau pour vanner le riz, l’humecte d’eau et l’agite de ci, de là dans le tourbillon des insectes. Ils s’y collent par leurs longues ailes et il suffit de les balayer de la main pour les récolter dans une bassine d’eau. Il n’y a plus qu’à les passer au wok, autant que possible avec quelques herbes … et voilà ! Un plat supplémentaire pour notre dîner ! J’avoue ne pas en être particulièrement friand, surtout du fait qu’il faille leur enlever les ailes avant de les mettre à la bouche. C’est un travail fastidieux pour quelques milligrammes de nourriture ! Les ailes ne posent bien sûr aucun problème pour les deux crapauds, apparus entretemps sur la scène, qui font bombance en happant tout ce qu’ils peuvent autour de nous.
Je fais la réflexion que la vie si courte de ces insectes n’a pas beaucoup de sens, mais Y n’est pas d’accord. Et quand, amusé par le spectacle des crapauds, je dis d’eux qu’ils sont « nâa glìiat », laids, Y les déclare être « nâa rák », mignons. Y est une véritable « chaao naa », une vraie paysanne, hahaha ! Je me demande si le bouddhisme n’est pas aussi pour quelque chose dans sa perception factuelle et positive des choses de la nature.
L’étage de la maison est simplement mais confortablement installé. Les chambres sont séparées par des cloisons de contreplaqué ou par des rideaux. Nous nous installons devant la télévision et je réussis à éveiller en mes compagnons un intérêt à l’origine totalement inexistant pour la coupe du monde de football. En avant, Allemagne-Argentine ! Le match est magnifique et digne d’une finale. Quand il se termine, il est bien 11 heures passées mais pas question de nous coucher ! Phaawn est déterminée à nous faire goûter à la vie nocturne de Sisaket. Nous allons dans la discothèque « Nona », et nous mêlons à plusieurs centaines de gens du crû de styles variés. La bouteille de Johnny Walker ne coûte ici que 1,200 ou 1,300 bahts, et avec les boissons supplémentaires pour diluer le breuvage et les glaçons la note arrive à 1,700 bahts. Plusieurs chanteurs et chanteuses se succèdent sur la scène, certains notoirement médiocres. Y, habituée à la sophistication de la capitale, fait des moues dédaigneuses. Le public est acquis à la cause, cependant, et manifeste son enthousiasme pour les chanteurs, chanteuses et chansons probablement tous locaux. Je ne sais pas trop à quel genre de musique nous avons affaire. Une espèce de « màáw lam sîng » rappé ? On danse pas mal autour de nous, et l’espèce de sautillement frénétique des danseurs rappelle bien le « màáw lam » des villages.
La musique finit par s’améliorer nettement, les trois ou quatre verres de whisky déjà descendus y aidant sans doute, et nous dansons aussi à cœur joie. Je l’ai déjà dit ailleurs, mes compagnes sont d’excellentes danseuses. On me fait des signes d’approbation, j’aime bien danser style « màáw lam » et Y a toujours dit beaucoup de bien de mes performances, hahaha ! Deux ou trois hommes viennent trinquer avec moi, le seul « farang » dans les parages et repérable de loin, c’est sûr ! Sàámraan, lui, reste sobre et sur son premier verre. Heureusement, c’est lui qui conduit ! Nous sommes en fait tous raisonnables. Nous n’avons pas tapé trop fort sur la bouteille de Johnny Walker, il nous en reste encore les deux tiers quand nous rentrons nous coucher, vers 2 heures du matin.
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-28
Au petit déjeuner, on sert les restes de la veille. Ne croyez pas qu’on vous servira des céréales, ni des croissants au beurre ni de la confiture par ici! Mais devinez ce que je vois réapparaître sur la table: et oui, les « malaeng mao » ! Je les attendais, ceux-là, fichtegru ! Avec une telle délicatesse au menu, la journée commence vraiment bien! J’ai encore de la chance d’avoir mon petit service personnalisé : j’ai droit à une bonne tasse de café – ma petite femme connaît mes habitudes et prend bien soin de moi. Et heureusement, j’aime le riz et cela ne me fait aucun problème de manger du poisson très (et délicieusement) épicé le matin.
Nous ne tardons pas à prendre la route, car il faut récupérer le reste de la famille avant de rentrer à notre village près de Bâan Nâawk. Je suis content des bons moments passés ici et j’y reviendrai avec plaisir. De retour au village du frère de Y, il n’est bien sûr pas question de repartir immédiatement. Il faut d’abord manger ! Et ça ne tombe pas tout cuit du ciel. Donc, en avant la manœuvre, on se met spontanément à chercher quelque chose à manger ou à préparer la cuisine. Les hommes ont pris des filets pour aller pêcher dans la rizière. Y et sa belle-sœur sont parties chercher des champignons dans la forêt. Les enfants vont taper dans un ballon de football qui a expiré depuis belle lurette (cela me donne l’idée d’un petit cadeau pas cher pour la prochaine fois). Quant aux nourrissons, deux femmes les ont installés dans des hamacs suspendus aux arbres qu’elles balancent gentiment pour les endormir (les plus petits, pas les hamacs !). Il est fascinant de voir comment tous trouvent naturellement quelque chose à faire, avec le sens de la solidarité et du travail utile mais sans stress. Inutile, je me contente de …. ah , m^&%£ ! J’ai déjà placé cette phrase hier !
Mon impression générale est que les relations harmonieuses qui règnent au sein de la famille se retrouvent au niveau plus large des familles du village. On voit bien la même harmonie dans le voisinage des gens, et comme les gens travaillent ensemble dans les rizières. Il ne serait pas possible de faire autrement de toute façon puisque tous dépendent d’une gestion commune du terrain et des eaux. On pourrait se demander si la culture du riz n’est pas en fait à la source de cette harmonie. Enfin, tout est relié au « wát » et la bienveillance du bouddhisme semble perfuser le tissu social du village. On pourrait facilement être jaloux de cette harmonie sociale que connaissent les Thaïs, et je comprends pourquoi Y préfère vivre dans son village plutôt qu’à Bangkok. Mais j’idéalise encore, j’en suis conscient. En tout cas, il y aurait là de quoi faire une étude fascinante. Ethnologues et psychologues en herbe, êtes-vous à la recherche d’un sujet de doctorat ? J’en ai un à vous vendre ! Et je vous assure de mon patronage amical, vous n’aurez qu’à me payer mes allers-retours dans ce merveilleux pays de Siam !
Quelques autres lignes de Mouhot me semblent tout à fait appropriées dans ce contexte :
« Que le peuple, dans ce pays, serait heureux s’il ne croupissait pas dans l’esclavage le plus abject ! La nature féconde, cette excellente mère, le traite en enfant gâté : elle fait tout pour lui. Les arbres des forêts sont chargés de légumes et de fruits exquis ; les rivières, les lacs et les étangs abondent en poissons ; quelques bambous suffisent pour la construction d’une maison . Le débordement périodique des eaux se charge, dans la plaine, de rendre la terre d’une fertilité extraordinaire. Ici, l’homme n’a qu’à semer et planter ; il abandonne le soin du reste au soleil, et ne connaît ni ne sent le besoin de tous ces objets de luxe qui font partie de la vie de l’Européen ».
« La nature féconde, cette excellente mère »: je relève l’alexandrin (on l’entend d’instinct !). Mouhot est bien sûr de la même génération que Baudelaire. Les Fleurs du Mal sont parues en 1857, quelques années seulement avant le voyage de Mouhot. On n’écrit plus tellement ainsi de nos jours, dommage ! Allez, la prochaine fois que j’aurai une bonne bouteille devant moi, je lèverai mon verre en l’honneur de ce brave compatriote !
À part le fait que je n’imaginais pas de légumes poussant sur des arbres (mais c’est Mouhot, le botaniste, pas moi !), je veux exprimer ma réserve sur la référence à « l’esclavage le plus abject ». N’entrons pas dans ce genre de polémique, les amis, s’il vous plaît !
… et plus loin:
« Par l’insouciance que le peuple montre, il est aisé de reconnaître qu’il ne souffre pas de cette affreuse misère qu’on rencontre trop souvent, hélas ! dans nos grands centres de population. Quand son appétit est satisfait, et il ne faut pour cela qu’un bol de riz et un morceau de poisson assaisonné d’un peu de piment, le Siamois est gai et heureux, et s’endort sans souci du lendemain. C’est une autre espèce de lazzarone ».
On sent chez Mouhot l’héritier direct de la philosophie du « bon sauvage » encore régnante à son époque. Jean-Jacques Rousseau n’est pas bien loin, qui opposait « nature » à « culture » : la nature, ce qui est avant la culture, est un principe d’ordre et de simplicité ; « l’homme naturel » sait établir un parfait équilibre entre ses désirs et ce dont il dispose dans son environnement ; il se contente de ce qu’il a ; etc…. Bref, on voit d’où sortent les idées de Mouhot sur la bonne nature des autochtones qu’il projette ici sur une société étrangère et exotique, certes, mais loin d’être a l’état sauvage, est-il besoin de le dire ?! Il n’est d’ailleurs pas étonnant qu’il se soit beaucoup inspiré de Rousseau puisqu’il en partageait la passion pour la botanique. On reconnaît souvent cette condescendance des occidentaux vis-à-vis des autres cultures au 19-ème siècle (et plus récemment encore), sans qu’il n’y ait forcément de mauvaises intentions.
Pour en finir avec Mouhot, je regrette sa dernière phrase où il compare « le Siamois » (en botaniste, il est expert à classifier) à un mendiant des rues de Naples dénué de tout sens des responsabilités. Le terme « lazzarone » est péjoratif en italien.
Mais entretemps, à l’article des pêches miraculeuses, il y a déception : les hommes sont revenus de la rizière, et le frère de Y n’a que quatre petits poissons à nous montrer ! Cela fera maigre pour une vingtaine de personnes ! Y arrive tenant un sac plein de champignons et je ne sais trop quoi d’autre sous le bras. Elle s’est équipée pour les grandes chaleurs. Une fois n’est pas coutume, je vais en donner une photo, cela vaudra mieux que des mots. Ce qui m’étonne toujours, c’est que plus il fait chaud, plus les Thaïs se mettent des vêtements sur le dos !
En attendant que le repas soit près, on bavarde, on joue et on se prélasse. La bouteille de Johnny Walker restée aux deux tiers pleine de la veille n’est pas passée inaperçue et les verres circulent. Après le repas, c’est l’équipée de retour au village de Y où nous débarquons en fin d’après-midi, un peu las mais heureux d’avoir tous passé d’excellents moments du côté de Sisaket.


Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
Mékong · 2010-07-28
ton texte fait ressortir la serenité ambiante.
on peut parler de civilisation du riz en Asie du sud est / sud de la Chine......qu`en penses tu.
et Y est très jolie.😉
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-28
"on peut parler de civilisation du riz en Asie du sud est / sud de la Chine......qu`en penses tu. "
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Absolument. C'est un sujet qui me fascine et j'arriverai bien un jour a m'en occuper d'un peu plus pres. Il y a bien sur enormement de bonnes choses de dites et d'ecrites sur le sujet.
"et Y est très jolie"
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Merci (pour elle!). Elle est mignonne a craquer 🙂😉😛.
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-29
Et les travaux continuent. Le travail de maçonnage est maintenant très avancé et il ne reste que la salle d’eaux à l’étage à finir. A voir les murs s’élever, je m’inquiète qu’elle ne soit trop sombre. Qu’à cela, ne tienne, l’ouvrier va me faire sur demande une fenêtre supplémentaire, l’espace de 15 minutes. Il scie le bois à la longueur voulue, jette un dernier coup d’œil rapide vers le mur où il va placer la fenêtre, et en quelques coups de marteau finit le cadre de cette nouvelle fenêtre (voir photo). Il n’y a plus qu’à le mettre en place et monter les dernières rangées de briques. Encore un exemple de cette merveilleuse flexibilité que démontrent les ouvriers. J’imagine qu’une telle demande « en plein vol », en Europe, conduirait à des palabres sur la viabilité de la modification et sur l’impact sur les coûts, et peut-être même à une discussion sans fin sur le principe qu’il aurait fallu y penser plus tôt et qu’il faudrait savoir ce qu’on veut. Ici, non, c’est bien plus simple !
Les plâtriers sont arrivés pour décorer l’étage. C’est un couple et une fois de plus je vois une femme participer à ces travaux « de gros ». Elle connaît son affaire, son geste est calme et sûr et elle travaille méthodiquement. Son mari me fait la même très bonne impression. Des gens posés, souriants mais peu loquaces comme c’est souvent le cas en Isàán. Les tournisses et les écharpes sur lesquelles les planches des murs de la maison sont clouées - une charpenterie typique de la région - ont été recouvertes de contreplaqué. Cela laisse un vide de 8 centimètres entre les cloisons extérieure et intérieure et assure un minimum d’isolation. Ainsi, il sera possible d’installer l’air conditionné dans les deux doubles chambres et dans le salon qui ont été nouvellement aménagés à l’étage. Pour l’instant, on en est au stage du rebouchage des trous et de l’égalisation des surfaces au gypse. La peinture suivra, et enfin le ponçage et vernissage du plancher.
La vie au village a le rythme régulier et lent des climats chauds. Il y a peu de passage dans la rue pendant le gros de la journée mais en fin d’après-midi, quand la température devient plus supportable et que les couleurs commencent à perdre de leur violence, les gens se remettent à circuler et à s’affairer sans hâte. C’est le moment de se divertir au hasard de ce qui se passe dans la rue. Une camionnette chargée de quincaillerie passe lentement devant la maison. C’est un ferblantier qui annonce au bigophone que c’est maintenant, au tout début de la saison des pluies, le bon moment pour retaper les gouttières. Voilà quelque chose qui nous concerne ! Y lève les yeux : la gouttière est effectivement en piteux état sur tout un côté de sa maison.
Elle arrête la camionnette, explique son affaire. Il s’agit d’une entreprise familiale, homme, femme, deux fils, fille ou belle-fille. La femme estime au coup d’œil la longueur de gouttière qu’il nous faut, et nous n’avons qu’à choisir le gabarit qui nous convient parmi trois qualités différentes. Pour 10 mètres, la note s’élève à 1,900 bahts, pose comprise. Et en avant, on aligne les éléments, on les découpe et on les soude en pleine rue. L’homme, qui doit avoir la cinquantaine passée, monte sur le toit accompagné d’un de ses fils qui le retient par une corde fixée à un harnais de sécurité – c’est bien de voir que parfois (pas toujours !) les gens ont conscience des risques dans leur travail – et se met à décrocher la gouttière à remplacer. Il laisse tout simplement tomber les morceaux de zinc qu’il décroche, et gare à ne pas se trouver en dessous ! Je vois au moins une demi-douzaine de membres de la famille assis sous le porche de la deuxième maison, juste derrière celle de Y. Je frémis à la pensée qu’un enfant puisse s’approcher par curiosité du lieu du travail. Qui parlait du sens de la sécurité dans le travail ? Mais les résultats sont là : la nouvelle gouttière est en place et toute l’opération n’a pas duré plus d’une heure.
Puis c’est le tour d’une poissonnière. Les poissons sont vivants dans une grande bassine. Y en achète une bonne quantité, et fait un grand « wâi » car c’est pour faire « tham boon » (« faire mérite ») demain matin au wát. La marchande les pose sur la balance pour la pesée, frétillants dans un sac en plastique. Profitant des couleurs plus chaudes, douces et riches de la fin d’après-midi, je fais un tour jusqu’au bout de la rue. J’attire l’attention d’un groupe de gamins jouant pieds-nus et en profite pour faire quelques photos.
Le bout de la rue, là où commencent les rizières, est à peine à 200 mètres. Le village s’étend un peu plus de l’autre côté de la route qui le traverse mais reste d’une taille très modeste. Je ne crois pas qu’il y ait plus de 500 habitants en tout. J’ai lu quelque part que les Lao n’ont habituellement pas d’habitations isolées, et que l’une des raisons pour cela est que les gens ont peur des mauvais esprits qui errent la nuit dans la nature et se sentent plus rassurés de vivre les uns proches des autres. Je ne sais pas ce que vaut cette explication. Il est peut-être tout simplement agréable de vivre en compagnie les uns des autres.
Il faut aussi que je dise que si les maisons sont assez rapprochées les unes des autres, j’ai toujours été étonné de la discrétion du voisinage. On se parle souvent entre voisins, quand on est dans la rue par exemple, ou quand les gens se voient d’une maison à l’autre, mais je n’ai jamais vu de manifestations d’une curiosité indiscrète. Les gens sont les rois chez eux. « Liberté et communauté » semble être la formule qui s’applique par ici. Bon, eh ! Je suis un grand idéaliste et j’embellis peut-être un brin ! Je suis sûr que les frictions entre voisins ne sont pas inconnues non plus, comme partout ailleurs ….
Dans la douceur de la fin de journée, de la musique s’élève d’une maison voisine. C’est du « lûuk thûng », ce style de chansons si populaire mais que certains farangs trouvent plutôt guimauve, pour ne pas dire extrêmement mièvre. Tout le monde dans le village aime ça et en profite. Personnellement, j’adore ça (j’en ai parlé ailleurs). Les voix des chanteuses sont superbes et la langue magnifique (la plupart du temps, c’est du thaï et non du « phasàá Isàán »). On sent le cœur et l’émotivité à fleur de peau des Thaïs, et ça cadre parfaitement avec le reste. Super « sabaï sabaï »….
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-30
Je croyais aller de bonne heure « faire tham boon » au wát et m’étais donc levé en même temps que Y, bien avant 6 heures. Mais c’est plutôt vers 8 heures que nous y allons. Aujourd’hui, un marché s’est installé sur la place devant le wát, qui sert de place publique. J’y avais vu, il y a quelques mois, un spectacle de « màáw lam ». La nuit était tombée et l’air était délicieux. J’avais rejoint les quelques membres de la famille assis sur des nattes devant le wát, les enfants les plus petits étaient venus se loger près de moi. Une troupe de comédiens, visiblement familiale, habillés de vêtements plus ou moins traditionnels aux tons criards et maquillés à outrance, nous jouait une pièce où je n’avais strictement rien compris. S’agissait-il d’un jeune homme et d’une jeune femme tramant des amours consenties ou contrecarrées par les personnes plus âgées se partageant des rôles plus matures ? Je n’en suis même pas sûr. Peu importe, c’était divertissant. On passait de tirades et de réparties qui déclenchaient les rires du public – je me retournais pour voir les bonnes têtes des villageois captivés par la scène – au chant et à la danse.
C’est là, quand l’un des acteurs se mettait à chanter, que je retrouvais le « màáw lam », avec ses introductions plaintives (réminiscences personnelles de flamenco ….) se résolvant par la danse. Je l’ai toujours perçu comme ça, la tension est palpable et devient presqu’insoutenable, et se libère quand la musique permet enfin aux gens de danser. C’est une joie que je n’arriverai jamais à décrire pleinement. Sauf que là, il n’y avait que les acteurs qui dansaient, les spectateurs eux restaient assis. Le plus cocasse était un homme grand et très maigre, affublé d’une perruque ridicule qu’il s’était bien sûr arrangé à perdre pour découvrir un crâne chauve et déclencher les rires de l’audience, à la danse nerveuse et désarticulée. Je pensais à ces troupes de comédiens ambulants qui parcouraient la France jadis, telles que celle du Capitaine Fracasse. Avais-je vu l’équivalent thaï du Baron de Sigognac et d’Isabelle ?
J’imagine que la combinaison de sérieux et de burlesque allait droit au cœur des gens et suscitait des émotions diverses, faisant écho à ce qu’ils véhiculent comme bagage culturel, comme soucis et comme joies dans leur vie du fond des campagnes, simple mais non dénuée de richesse ni de complications. On dit du peuple Lao qu’il « habite des maisons sur pilotis, mange du riz gluant et chante et danse le « màáw lam » - on a oublié de dire qu’il mange des insectes ! C’est un théâtre traditionnel qui mériterait une étude approfondie. Nous étions loin de la forme « pop » du « màáw lam sîng » mais la filiation était évidente.
Le wát, devant nous …. un escalier mène à une grande salle « de plusieurs piliers » - c’est ainsi qu’on donne la taille d’un bâtiment car la distance entre les piliers (« sàó ») est assez standard. Deux moines sont assis sur une estrade surélevée d’une seule marche, entre les statues du Bouddha et autres objets rituels. Une douzaine de personnes leur font face, assises sur des nattes disposées sur le plancher. Nous faisons nos salutations et présentons la nourriture aux moines. La pièce principale de notre offrande, ce sont les poissons achetés la veille. Y les a cuits ce matin et ils sont joliment présentés, cela ferait honneur à un restaurant. Nous versons de l’eau potable et posons une grosse boulette de « khâao nìáao », sortie de son inévitable « g(l)àawng », dans les récipients appropriés de chacun des deux moines. Au risque de forcer l’interprétation, je vois là un geste significatif : à la maison, on boira plus tard dans la journée de la même eau et on mangera du même « khâao nìáao » que ceux que nous avons offerts aux moines pour « faire tham boon ». Une forme de consécration ?
On dit souvent, chez nous en Europe, que la religion est surtout une affaire de vieux. Pratiquement tous les Thaïs que je connais, quel que soit leur âge, sont des bouddhistes pieux, mais je ne vois ici que des gens d’un âge assez mûr. Y est une exception mais elle est particulièrement dévote, il faut le dire. Après la courte prière, sur fond de musique braillée par les haut-parleurs du marché (ça ne dérange personne), les moines se mettent à manger, puis Y ramasse les restes et va faire la vaisselle dans un autre coin du wát. Une vieille femme s’occupe de replier les nattes et de les ranger. Ces petits travaux font évidemment partie des bonnes actions qui apportent des mérites supplémentaires.
Les moines bavardent un peu avec les gens qui sont restés. L’un d’eux me montre le calendrier pour m’expliquer quelque chose. Il est très sympathique et fait des efforts pour parler lentement et clairement en thaï standard mais j’ai du mal à le comprendre, probablement parce qu’il parle dans un registre plus élevé que celui auquel je suis habitué. Je comprends tout de même qu’il y aura bientôt une cérémonie pour marquer l’avancement des travaux de construction du nouveau wát.
Je vais y jeter un coup d’œil, au nouveau wát, il est juste à côté. Il s’élance droit au ciel, plutôt gris et peu attrayant comme toute construction en ciment mais il n’en est encore qu’au gros-œuvre. Les travailleurs sur le toit me font de grands sourires et l’envie me prend d’aller les rejoindre. L’intérieur est vide, à part une forêt d’échafaudages, trois hamacs qui leur sont suspendus pour la sieste, et une échelle en bambou qui mène au toit. Alors là, un casse-gueule de première ! Les marches sont inégalement espacées et ne sont parfois que du fil-de-fer, ce n’est ni confortable ni rassurant. Il me faut plusieurs minutes pour arriver en haut.
La vue sur le village et les rizières environnantes est magnifique. Je vois en contrebas une femme hisser les charges jusqu’au toit, encore une femme occupée aux gros travaux ! Une belle jeune femme, d’ailleurs, je l’avais vue s’affairer en bas et avais remarqué sa silhouette plus grande que la moyenne et sa démarche souple, je voudrais bien dire féline mais je vais me le faire reprocher, hahaha !
Sur le chemin du retour, je me fais inviter par des voisins à « nâng lên » (« assis-jeu »), c’est-à-dire à les rejoindre se détendre sur une plateforme de planches, à l’ombre dans la cour de leur maison. L’homme me fait la remarque, quand je leur dis que je suis Français, que les Français ont tendance à être « phoong ph(l)úy » (« phoompúy »), c.à.d. plutôt rondelets. Je ne sais pas d’où il tient cela, en tout cas ce n’est pas en jugeant sur ma personne ! Petit brin de bavardage, « où est Y et que fait-elle », « quand repartons-nous pour Bangkok ? » etc. Leurs sourires chaleureux sont un baume sur le cœur.
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-31
Les travailleurs vont s’absenter pour quelques jours, le temps d’aller travailler dans leurs rizières respectives. En attendant que notre tour de faire « dam naa » (repiquer le riz) arrive, et en attendant la reprise des travaux de la maison, pourquoi ne pas faire un tour dans la capitale ? Nous allons en ville, prenons le bus pour Bangkok, et nous voici quelques heures plus tard, en début de soirée, dans le quartier d’On Nut (« àawn nút », « belle petite sœur » ou qqc dans le genre…), celui où vivait Y ces dernières années.
Installé à une table de plein air juste en bas de la station BTS, je commande un pichet de « bia Sìíng » bien fraîche pour 180 bahts et tue le temps à siroter ma bière et à admirer les jambes des trois filles qui font le service et dont les uniformes différents correspondent à la marque de bière qu’elles représentent. La verte – elle défend les couleurs de Heineken - a une chute de reins à faire damner le Vatican tout entier ! Notre ami René doit s’en souvenir, de cette charmante personne 😉 – s’il est encore à suivre ce récit ? – nous avions échangé quelques mots plaisants avec elle quand elle avait apporté notre bière.
Mais gardons ça sous silence, les amis ! Y revient de ses emplettes au magasin Lotus (« Lotát » !), pimpante et toute habillée de frais, le tout pour à peine 1000 bahts me dit-elle fièrement. La paire de souliers noirs qu’elle a dénichée sur le marché apporte une dernière touche d’élégance à son pantalon blanc qui lui arrive en dessous des genoux, mettant en valeur le joli galbe de ses mollets, et à son chemisier à rayures blanches et mauves. Elle est mignonne à croquer.
La bière finie, nous allons manger au Mukata (« mùúgàthá ») d’à côté. À condition de finir tout ce que nous prenons (sinon nous devons payer une « amende »), ça ne nous coûte que 100 bahts chacun (plus les boissons). Nous nous servons à volonté, c’est bon, l’ambiance est sympa et il y a de la musique live.
Ah, la vie pourrait être bien pire…..


Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
TDMsolo · 2010-07-31
Oui bien sûr que je me souviens de cette serveuse, souriante et d'une beauté à..... (je ne sais si le Vatican se serait damné en tous cas, perso, je refuse d'entrer dans les ordres tant que de telles beautés m'offriront leur sourire....................... et plus si affinités 😇😇😇 ) 😏
Même si je ne viens pas souvent sur le site, je suis toujours tes aventures, Georges, avec plaisirs !!! 😄
Je pense revenir en Thaïlande avant la fin de l'année, si tu es dans les parages, je t'offre un verre à On Nut ou ailleurs...
A bientôt
René
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-07-31
Aaaah! Ça fait plaisir d'avoir un bon public! 🙂
perso, je refuse d'entrer dans les ordres tant que de telles beautés m'offriront leur sourire....................... et plus si affinités
- --
J'ajouterai que si (perso) j'étais entré dans les ordres et si j'étais confronté à de si charmantes personnes, j'en avalerais tous les boutons de ma soutane !
A un de ces jours avec plaisir, l'ami!
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
Mékong · 2010-08-01
c`est elle sur la photo ? en effet elle est ravissante.
cet endroit se situe où à Bangkok?🙂😉
Sur ton récit, c`est très intéressant. Grace à tes talents d`ecriture, on s`immisce dans le quotidien de la vie d`un village.
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-08-01
La photo, tu parles de la derniere, celle de la "fille en vert"? Rien a voir avec Y, bien sur (mais j'en ai donne une photo auparavant).
On Nut est facile a trouver, il suffit de regarder les lignes BTS. Ah! J'en vois deja partir en chasse, hahaha!
Et merci pour l'appreciation de mon recit sur la vie au village. J'espere que mes lecteurs (peu nombreux au vu du compteur des lectures) ont ete frappes par la serenite, la bonne humeur, la gentillesse des gens etc.... Avez-vous remarque la floppee de superbes sourires sur les photos que j'ai fournies? Ca me fait toujours marrer (et braire) quand je lis ces remarques ailleurs du genre "la Thailande ne merite pas son nom de Pays du Sourire". Il est possible qu'on ne voit pas de si beaux et si frequents sourires a KSR (mais j'avoue ne jamais y avoir mis les pieds, donc je suis mauvais juge), ou a Phuket ou a Koh Samui etc etc.
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
TDMsolo · 2010-08-01
Il est possible qu'on ne voit pas de si beaux et si frequents sourires a KSR (mais j'avoue ne jamais y avoir mis les pieds, donc je suis mauvais juge), ou a Phuket ou a Koh Samui etc etc.
Salut Georges,
A KSR les sourires ne sont là que pour le commerce (je parle en général car il y a aussi des gens très agréables et sympas à KSR), à Phuket (plages), les seuls thaïs qui restent sont employés dans les commerces, Koh Samui je n'y suis pas encore aller et suis pas sûr de vouloir le faire...
Oui, sur tes photos, la gentillesse des gens se devine très bien par leur sourire mais dis moi Georges, j'ai regardé sur Google et je n'ai pas trouvé le village dont tu parles, Baan Naawk, 😕 c'est où ??? tu veux garder ces sourires pour toi tout seul ? 😛
Ciaoooooo, à très bientôt, bouges pas, j'arrive !!! (dans quelques mois) 😉
René de Toulon
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-08-02
Que voilà une bonne question ! 🙂 La question « où se trouve cet endroit ? » est d’ailleurs latente depuis le message d’Éric un peu plus haut.
« Où se trouve donc Bâan Nâawk ? ». On peut effectivement se poser la question, car si Google ne donne rien, sachant à quel point la Thaïlande a été systématiquement répertoriée depuis les décennies que la planète entière y court, il doit y avoir erreur !
S’agit-il peut-être d’un problème d’orthographe ? Ce serait une hypothèse justifiée, si on considère l’inconsistance avec laquelle la langue thaïe est rendue en lettres romanes. Peut-être faudrait-il essayer « Ban» au lieu de « Bâan », pour respecter la transcription « officielle » du RTGS, le Royal Thai General System - une infection, soit dit en passant, car il ne tient compte ni de la longueur ni de la tonalité des sons, ce qui serait la moindre des choses pour une langue tellement définie par sa phonétique – le GRTS, qu’il soit « royal », ou même « impérial » voire « céleste », est à mon humble avis une calamité d’une lamentable médiocrité (que l’on compare avec le système de transcription « pinyin » pour le mandarin, voilà un système qui tient la route !) – faudrait-il donc chercher « Ban Nâawk », ou « Ban Nok » peut-être, au risque de se perdre dans des pages consacrées à l’ornithologie ? 😉
Non, là n’est pas le problème. Je vais devoir passer aux aveux. La ville de Bâan Nâawk n’existe pas ! Boum, dzing, tralala ! Coup de théâtre ! Ou plutôt, elle existe mais je ne lui ai pas donné son vrai nom (ouh ! quel vilain cachotier !). En fait, « Bâan Nâawk » est un terme qui désigne la campagne. C’est un peu l’équivalent thaï de Trifouillis-les-Oies ou de Pétaouchnoque, ou l’équivalent de « in the sticks » en anglais. Je suis un peu étonné qu’aucun « expert » de la Thaïlande n’ait relevé ce détail, mais il est vrai que le compteur n’indique pas un très grand nombre de lectures. Par ailleurs, je me doute qu’un certain nombre des « experts » qui donnent leurs avis sur des expressions en thaï en fait se ruent auprès de leur « mia » ou « phan(r)aya » (« palaya ») ou « faen » pour leur poser la question du moment. Je ne suis pas injustement caustique, car il y a des forumistes dont j’admire les interventions quand il s’agit des « choses thaïes ».
Cependant, Bâan Nâawk a une existence plus tangible que Malgudi ou Macondo (clin d’œil littéraire pour les connaisseurs 😉). Mais croyez-vous que je vais en donner le vrai nom ? Ai-je envie d’y voir débarquer des cars de touristes, le jour peut-être où ma réputation sera faite et où des voyagistes organiseront des excursions pour visiter les lieux où « Georgesoz » a vécu et qu’il a si bien décrit dans ses textes (VF prendrait alors quelques galons de célébrité, hahaha !). J’ai visité la maison d’Hemingway à Key West …..
Non, je plaisante, bien sûr (dites que je déraille complètement, je ne vous en voudrai pas !).
À vrai dire, je n’ai pas à me faire trop de mouron pour Bâan Nâawk, et encore moins pour le village de Y. Je doute très fort que beaucoup de farangs veuillent jamais s’y arrêter. Imaginez : pas de plage, pas de bars, pas de filles faciles, pas de site archéologique incontournable, pas de parc naturel « national ». 😕 Mais ce genre d’endroit ne supporterait même pas, à mes yeux, la visite fortuite d’un petit groupe d’idiots « bien intentionnés ». Ça ferait tache sur le paysage, c’est le moins que l’on puisse dire. Combien d’endroits paradisiaques (ce mot si fréquent sur ce forum, et que je déteste 😠) ne sont plus paradisiaques depuis que tout le monde y va. Il faudra un jour que j’écrive mon passage à Koh Pha Ngaan en 1981 …… Les gens n’ont pas la moindre idée du paradis que c’était.
J’ai conscience d’être désagréable dans une telle (longue) réponse à ta question, René. Mais je sais que certains me comprendront.
Dis-moi, petit malin (si tu me permets 🙂😉), as-tu aussi cherché à trouver l’ABC, ce lieu de dépravation et de turpitude (mes paradis sentent souvent le soufre) dont je parlais dans mon poste sur Sukhumwit, il y a quelques mois ?
Ce n’est pas que je veuille garder tous ces beaux sourires pour moi, et j’aurais plaisir à mener des gens bien choisis à mon petit endroit de paradis si l’occasion se présentait (j’ai une bonne fibre sociale). Mais il ne servirait à rien de dire exactement où se trouvent mon Bâan Nâawk et mon ABC à moi, car ils ne signifieraient rien pour beaucoup de gens qui s’y aventureraient jamais. Je vais être philosophe. Bâan Nâawk et l’ABC se trouvent un peu partout. Les beaux sourires (et les belles filles, Éric ! 😉😛😎) se trouvent un peu partout. Il suffit de savoir les trouver et les « vivre ». Mais on aura beau dire à quel point la Thaïlande est un pays merveilleux – quand je n’y suis pas, il m’arrive d’en pleurer, je suis sérieux ! Il y aura toujours des gens pour ne pas pouvoir le voir.
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
Khunfred · 2010-08-02
Ca me rappelle les premières fois où j'allais à Chonnabot. Un village qui s'appelle "campagne", ça donne des quiproquos assez amusants.😉
Et encore, celui-là, on le trouve sur G. Earth, qui d'ailleurs est de plus en plus précis.
Plusieurs voyageurs m'ont demandé où se trouvaient tel ou tel village perdu de l'Issan: vos remarques sur les transcriptions phonétiques sont très exactes, et il est parfois impossible de les retrouver!
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-08-02
Je le vois très bien sur Google Earth aussi, "mon" village, mais je me garderai bien d'en donner la latitude ou la longitude. De toute façon, ce n'est pas grave, si mon texte a donné envie d'aller voir, n'importe quel village de l'Isaan fera bien l'affaire!
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
TDMsolo · 2010-08-03
Salut Georges,
c'est "portenaouaque" (porte naawk).... "n'importe quoi" en verlan !!! ;-)
te fâches pas, it's just a joke, je n'ai pas pu résister devant ce mauvais jeu de mots !!! (je voulais mettre un smiley mais y en a plus, d'où ki sont passés ?) ;-(
Merci pour l'explication... j'éviterai donc l'Isaan puisque tu veux pas qu'on y aille.... j'ferai comme tout le monde, j'irai à Pattaya.... ;-))
ou alors je vais attendre que tu sois célèbre et que des excursions soient organisées pour visiter les endroits où tu as vécu....
Je viens de faire la sieste, j'ai la bouche pâteuse, le soleil cogne dur.... j'essaie d'être drôle mais c'est pas terrible, tant pis, je poste quand même.... ;-).... et je vais aller boire un café !!!
Mes pensées les plus amicales, à bientôt Georges
René
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
TDMsolo · 2010-08-03
"Dis-moi, petit malin (si tu me permets 🙂😉), as-tu aussi cherché à trouver l’ABC, ce lieu de dépravation et de turpitude (mes paradis sentent souvent le soufre) dont je parlais dans mon poste sur Sukhumwit, il y a quelques mois ? "
Non mais j'avais l'intention de le faire en arrivant à Bangkok dans quelques mois.... 😮🤪😛..... 😉
tu dis plus loin que tu y mèneras des gens bien choisis, j'espère en faire partie un de ces jours.... 😎
(les smileys sont revenus) 🙂
Si je comprends bien, "Y" n'est pas non plus l'initiale du prénom de ton amie ??? 😮
Quel que soit son prénom, fais lui la bise, elle est charmante....
A bientôt, on the road !!!
René
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-08-03
Hmmmm, oui, je t'ai vu en meilleure forme questions blagues, c'est vrai!
Il ne m'appartient pas d'interdire l'acces de qui que ce soit ou que ce soit, je voulais simplement dire qu'il vaut mieux parfois (souvent?) ne pas monter crier sur les toits. Il n'est pas besoin de dire exactement ou c'etait pour raconter l'atmosphere sereine d'un village de l'Isaan.
Amicalement egalement
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande)
GeorgesOZ · 2010-08-03
Pas la bonne initiale? Haha! Oui, je suis un vrai cachotier! Mais merci pour la bise, ça la fera rire! Et puis, j'aime bien recevoir des gens que je considere comme des amis, je n'ai pas l'intention de vivre comme un reclus non plus!