Bonjour
Cela fait longtemps que je souhaitais communiquer au sujet de Gayatri et cette discussion m'en offre l'occasion. Je vais tenter de rester le plus objectif possible. Mais pour faire direct, il y règne une désorganisation que je me refuse de cautionner. Du coup, je risque évidemment de vous influencer de façon négative… J'ai d'autant plus de mal à écrire cela que malheureusement les enfants en seront les victimes indirectes.
Je m'explique. Je suis allé à Gayatri durant 4 semaines en septembre 2010. J'avais trouvé l'info grâce à Voyage forum. N'ayant pas d'expérience dans le domaine, je recherchais une assos à taille humaine. Rétrospectivement, c'était une erreur.
Tout d'abord, j'ai été alerté par des détails, auxquels j'aurais dû être attentif. D'abord, les mails de la présidente : bourrés de fautes, parfois incohérents, sans ponctuation… Je ne dis pas qu'il soit nécessaire d'être un as en orthographe, mais un tant soit peu de rigueur serait la bienvenue quand on a l'ambition de gérer des structures éducatives.
Par ailleurs, en ce qui concernait le logement, lorsque j'ai demandé confirmation pour l'habitation quelques mois après mon engagement par mail, la présidente semblait ne plus se souvenir de mes dates d'arrivée. Au pire, m'a-t-elle répondu, j'aurai un matelas par terre! Et effectivement, la maison était un peu le squat. Belle et accueillante de l'extérieur, elle était moisie et très sale à l'intérieur A l'image de l'assos, finalement! Cafards, souris et humidité étaient le lot. On est certes en Inde, mais par exemple le seule torchon à disposition pour la vaisselle était une vieux caleçon (du coup, j'en ai acheté), les draps transpiraient la moisissure. L'humidité était telle que le plafond gouttait et des morceaux de plâtres tombaient régulièrement sur les lits pendant la nuit. Cela pouvait être dangereux; mais lorsque j'en ai référé à la présidente (en France à ce moment-là), elle m'a répondu que tous les bénévoles avaient eu ce type d'expérience et que ce n'était pas grave. Si ce n'est que je passais plusieurs heures à nettoyer les gravats. Il faut d'ailleurs, savoir que l'on n'est pas couvert par une assurance, donc s'il y avait eu un accident cela aurait été pour moi. Que l'on soit deux ou douze, sur un lit ou par terre (avec matelas, tout de même) le prix de la location était le même.
Heureusement, la présidente n'était pas là lors de mon séjour et nous n'étions pas nombreux en tant que bénévoles et ceux avec qui j'ai séjourné étaient adorables.
J'aurais de nombreuses autres anecdotes mais, au sujet de la maison, j'arrête, car de plus, je crois que maintenant cette maison n'est plus celle de Gayatri.
En ce qui concerne, l'engagement auprès des enfants, je tiens à préciser que tout ce que je vais écrire ne les concerne pas. Ils sont adorables et méritent tout notre respect, amour et bienveillance. Ils sont super attachants et grâce à eux l'expérience est restée très belle et riche.
La présidente m'avait dit qu'il y avait tout sur place et de ne rien amener. Je n'aurais pas dû l'écouter. J'avais simplement apporté une vingtaine de stylos. Après les avoir donnés à un responsable de l'assos, je ne les ai plus jamais vus. Pourtant, ils auraient été bien utiles, car la plupart qu'il y avait là-bas étaient secs. Donc déjà au niveau matériel, nul. Peu de papier, de feutres, etc. On faisait les cours soit à l'extérieur sur des paillasses (en essayant de ne pas être trop au soleil et d'éviter le chien, gentil mais collant qui venait s'allonger au milieu) soit quand il pleuvait, souvent ce mois de septembre-là, l'intérieur dans une salle d'environ 15 m2, avec une trentaine de gamins. Du coup, les ordres de la présidente étaient parfois difficiles à respecter. Les ordres, c'est-à-dire :ne jamais faire de jeux, uniquement du travail, du travail et encore du travail. C'est-à-dire, tenter de formater des personnes à ne pas réfléchir et à apprendre bêtement par cœur (système qui a fait ses preuves). Cela dit, en désaccord avec ce type d'apprentissage, je m'y suis toujours conformé, idem de la part des autres bénévoles. Par ailleurs, cette exigence réclamait un véritable effort car il n'y a aucun programme ou suivi individualisé. Certes, il existe un cahier du bénévole où chacun note avec conscience les progressions des enfants, mais il reste assez inutile car très mal construit. Donc aucune structure et aucun objectif de progression. J'ai donc essayé de travailler avec les cahiers et livres des enfants, mais avec un sentiment d'inutilité. Si la répétition est le propre de l'apprentissage alors, j'ai bien tenu mon rôle…
Après que je sois parti, j'ai ensuite appris que la bénévole qui était responsable de Gayatri en l'absence de sa présidente avait été tout simplement renvoyée. Les raisons invoquées ont été très obscures. En tout cas, durant mon séjour, elle a fait preuve d'un dévouement incroyable, d'un sérieux quotidien et a appliqué les règles de la présidente à la lettre. Apparemment, elle était trop sérieuse… Je ne sais pas, si ce n'est que la décision a été prise salement et sans respect pour le travail qu'elle avait accompli. J'ai par la suite, reçu des mails très tendancieux contre cette personne et d'autres, courriers qui témoignaient une fois encore de la bêtise de ses gestionnaires.
Je voulais malgré tout cela parrainer un enfant. Je ne l'ai pas fait à cause du traitement des bénévoles. En réaction à mes hésitations, la comptable devait m'envoyer un bilan des comptes en novembre. Je l'attends toujours. A croire qu'ils n'ont pas besoin de parrains.
Lorsque je suis parti de l'assos, j'étais triste de quitter les enfants, mais je n'ai pas eu le sentiment de faire avancer quoi que ce soit. J'ai simplement contribué à une sorte de désorganisation dont les enfants tirent certainement des bénéfices, mais certainement pas autant que si cela avait été géré avec intelligence.
C'est étrange, car la présidente a de l'ambition. On pourrait même la comparer à un Robin des bois moderne. Preuve en est, son nouveau projet qui je crois a vu le jour dernièrement. Une école dans laquelle les riches Indiens paieraient une scolarité à leurs enfants tout en finançant (sans le savoir) celle des enfants du bidonville. J'espère que les donateurs ne sauront pas au courant de cette utilisation de leurs fonds, car je doute que ce type de roublardise soit appréciée. Il suffit d'aller cependant sur le site de Clo International School (eh oui, la dame doit être un peu mégalo)
http://cisdehradun.com/index.php pour juger : des papillons batifolent autour de jolies têtes blondes qui, attention, jouent au lieu de travailler. Si l'idée est de transformer les Indiens en gens propres sur eux, c'est gagné. Mais sont-ils assez naïfs pour tomber dans le panneau? Je n'y crois pas. Surtout que l'ambition est d'apporter une plus-value avec des cours de français; j'espère que ce n'est pas la présidente qui va les dispenser!
Bilan, je n'ai aucun conseil à donner à personne. Mais, pour moi toutes les approximations qui caractérisent Gayatri sont le fruit de la bêtise et la naïveté d'une personne qui n'a pas les épaules pour gérer des projets ambitieux.