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Ko Pha Ngan (Thaïlande)

Discussion started by Novlang on 2011-02-26

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Ko Pha Ngan (Thaïlande)

Novlang · 2011-02-26

( Le paradis des « teufeurs » existe! Il persiste et résiste encore et toujours à la désapprobation des politiciens occidentaux, des grands shérifs qui sous prétexte de vouloir nous protéger de nous même, de sauver notre santé, bannissent et interdissent la fête que des millions d'êtres humains veulent faire. Est-ce qu'ils pensent à notre santé mentale? Pas le moins du monde! Ils espèrent juste que l'on sera de bons moutons effrayés capables de mettre un bulletin dans une urne, de cotiser assez pour payer leurs salaires et de consommer. Aller à la Full Moon Party est une façon de faire la révolution et de dire « merde » a tous les moralisateurs. A Ko Pha Ngan on se sent libre. Des gens des quatre coins du monde ont élu pour domicile cette charmante petite île, s'échappant de tout ce qui les empêchaient de s'épanouir chez eux pour se consacrer au moment présent, à la musique, à créer leur petit business, à vivre les pieds dans l'eau dans des paysages magnifiques et surtout à s'amuser, à partager de bons moments avec des gens qui ont soif de vivre.)

Nous quittons Ko Lanta, du moins le Family Resort le 12 février à midi, prenant, pour 650 baths chacun, un bateau qui mettra quatre heures pour rallier Phuket, un grand bordel (dans tous les sens du terme) où nous ne resterons que le temps d'une nuit et de perdre quelques parties de Puissance 4 face à de jolies thaïlandaises. 24 heures plus tard, nous nous asseyons dans un minibus, venant tout juste d'acheter nos billets pour Ko Pha Ngan (600 Baths, 15 euros). Nous allons mettre du temps à réaliser que ce taxi inconfortable, qui va durant quatre heure nous écraser les nerfs sciatiques et nous amener à Surat Thani, est en fait notre moyen de locomotion. Nous rêvions d'un grand bus moderne, spacieux. Nous avons le droit à un pauvre monospace rabaissé, sensible aux moindres défauts de la route. Douze passagers dans une boite à sardines qui souffrent en silence!

Arrivés dans la ville portuaire, nous déposons nos bagages dans une agence et partons diner. Au retour un gars nous presse : « Allez, dépêchez vous, nous partons au port maintenant! ». Le gars nous dépose face à un gros bateau qui ne part que dans trois heures, je comprendrai plus tard pourquoi ce type était si pressé de nous voir partir quand je m'apercevrai qu'il manque de l'argent dans ma banane, mon sac était pourtant cadenassé, ils ont du me voir faire le code. Ils n'ont pris ni mon passeport, ni ma carte de crédit, et m'ont même laissé un peu d'argent. Ils sont mignons... Jusqu'à présent je faisais confiance aux agences de voyage, elles proposent tous le temps de garder nos bagages et de les surveiller, ce temps est révolu. Malheureusement je n'ai pas noté son nom pour lui faire un peu de publicité, je n'avais pas traité directement avec elle. En Thaïlande, il y a des tonnes et des tonnes d'intermédiaires. Le comble, c'est que la veille, un pote m'a envoyé un message me disant que mes récits étaient bien beaux mais que je ne parlais jamais de mes galères. Je lui ai répondu que pour l'instant je les avais évitées et qu'elles avaient été clémentes avec moi, conneries! Il suffisait juste de l'évoquer pour qu'une apparaisse. Bruno, je ne te remercierai pas de m'avoir envoyé de l'énergie négative ! Tu dois bien rigoler là ! Oui je sais, le « nagual » est farceur !

Notre bateau décolle à 23 heure, nous nous installons sur notre couchette pour nous réveiller 7 heures plus tard à Thongsala, le port de Ko Pha Ngan. Nous prenons un taxi pour nous rendre vers Baan Tai, au Jungle Bar, afin de nous reposer quelques heures dans un des trois bungalows et passer notre première nuit sur l'île. Après une longue sieste, nous rejoignons Nathalie, une vieille copine tourangelle exilée à Ibiza. Elle loge sur le port, nous a trouvé une chambre propre pour 200 baths. Nous déménageons dés le lendemain. Nous resterons à la Yellow Guesthouse, pendant tout notre séjour. Le propriétaire s'appelle Jesse, il est anglais. Il vit en Thaïlande depuis trois ans et a parcouru tout le pays avant de s'installer ici. Il est le père d'un très beau petit métis. C'est un chic type, souriant, costaud, les cheveux rasés. Il passe tous les jours pour laver les sanitaires et se soucier de notre confort, il nous indique les endroits à ne manquer sous aucun prétexte. Dans la maison jaune, il y a une anglaise qui passe ses journées à s' entrainer à la boxe thaïe, trois hollandaises marrantes qui ne nous plaisent guère et un couple de fêtards canadiens.

Pour se déplacer sur l'île, il est plus pratique d'utiliser un engin motorisé. Nous louons deux 125cm3 pour 150 baths. Pour moins de 10 euros par jour nous avons une chambre et un moyen de locomotion, royal! Notre leitmotiv sera d'explorer l'ensemble des plages de Phangan, du nord au sud, d'est en ouest, de Haad Yao à Thong Nai Pan, de Haad Rin à Chaloklum... Nous partons en général le matin vers 11 heure pour rentrer à l'heure de l'apéro, sillonnons des routes montagneuses impressionnantes, des pistes de terre qui nous donnent l'impression de participer à un rallye-raid, les cheveux dans le vent, les lunettes de soleil bien calées pour contrer la poussière, les masques, tubas et appareils photos dans nos sacs étanches. Après être passés par Ko Phi Phi, les plages d'ici nous paraissent un peu plus banales mais nous ne boudons pas notre plaisir. Le décor est très varié, nous nous retrouvons tantôt en haut d'une crique ou encore assis sur du sable blanc, dans la jungle en train d'acheter un peu d'essence, dans un petit troquet au bord d'une route pour boire à la paille un shake à la banane, à proximité d'une chute d'eau.

Nos premières journées sont calmes, nous nous reposons et gardons nos forces pour le marathon de la Full Moon Party. Le mercredi, nous nous décidons enfin à sortir, il y a un concert du plus grand groupe de reggae thaï, Job 2 Do. Nous y allons avec deux locaux, des potes de Nathalie. L' endroit est sublime, au bord d'une plage. A notre grande surprise, il y a beaucoup de monde. C'est la pleine saison, les fêtards sont arrivés en force. La scène est haute, le son, de qualité. Il y a plein de petits stands qui vendent de la bouffe ou des fringues, un bar difficilement accessible où il ne s'y vend pas que de l'alcool. Le premier groupe joue un rock'n roll puissant, les musiciens sont bons, à l'aise. Le batteur fait des breaks dévastateurs, le guitariste branle son manche avec aisance, le chanteur a la voix cassé. Ils font l'unanimité en balançant « Rock'n Roll » de Led Zeppelin. Une dizaine de chevelus, rescapés des 70's, sautent dans tous les sens au premier rang. Ils sifflent, ils hurlent, brandissant fièrement leur bière au dessus de leur tête. Arrive le moment tant attendu, les « number one », comme disent les Thaïs, entrent en scène…. Un chanteur, une Ibanez blanche entre les mains, un bonnet ample sur la tête cachant d'épaisses dread-locks, qui semble tout droit sorti d'une vieille jacket d'un vinyle de Kingston, dont la voix n'a rien a envier à celles qui fleurissent des studios d'enregistrements jamaïquains, un bassiste à la coupe afro qui le grandi de dix centimètres, un guitariste solo qui utilise sa pédale wha-wha à la perfection, une section rythmique en place. Ils ont un son bien « roots » qui m'évoque Burning Spears, la réalisation est de très bonne qualité. Malgré une très bonne reprise des Pink Floyd, « An other brick in the wall » et quelques standards de notre cher et tendre Bob, je regrette de ne pas avoir assez entendu leurs propres compositions, ils faut bien donner à manger aux fauves. Juste le temps de réorganiser les balances, apparaît un groupe russe. Dans un esprit clubber mais musicalement comparable à Hilight Tribe , ils envoient un live electro « label rouge ». Le leader est aux percussions, il tape à une vitesse phénoménale, menant la troupe. Le chef d'orchestre, lui, est caché derrière son Mac, il equalise tous les instruments en direct, règle les réverbes des voix, rajoute des effets et des samples. Il y a un batteur, une joueuse de didgeridoo, un chanteur, une chanteuse et une danseuse pleine de grâce. Leur musique est un mixe de house et de trance. Ils sont bons, ils ont du charisme, tout le monde danse. C'est le bouquet final.

Le son s'arrête vers deux heure du matin, il y a une « jungle party » dans un autre coin de l'île, nous nous y dirigeons. Sur le chemin, Rico décide d'envoyer les gaz, histoire de se faire plaisir sur sa moto. Les thaïs, qui nous accompagnent et nous montrent le chemin, n'apprécient guère et se décident à prendre un autre chemin sans se préoccuper de lui. Je les abandonne, pensant qu'Éric nous attend un peu plus loin. En fait, il avait juste envie de faire un tour de l'île « by night ». Je ne le retrouve pas, je rentre à la maison. J'ai envie de me fumer une dernière cigarette avant de me coucher mais je n'ai plus de briquet, je descend pour aller m'en acheter un au « Seven-Eleven » ( des épiceries ouvertes 24 heures sur 24, il y en a partout en Thaïlande ). Au retour, à deux pas de chez moi, j'entends :

« Hey Vincent!!! » Je vois Sarah et toute la troupe de français que nous avons rencontrés au concert. «-Tu fais quoi là? - Bein... je vais me coucher. - T'es pas bien toi! Allez, viens à la Jungle! Dépêches toi! En plus j' suis un peu bourrée j'ai peur de conduire. - Ok, mets toi derrière, c'est parti! »

Je comptais aller me coucher tranquillement, j'étais décidé, et me voici, pour une histoire de briquet, en train de retourner faire la fête... Cette nuit là, je n'étais pas programmé pour dormir.

Vingt minutes plus tard, je me gare, paye les 300 baths de droit d'entrée et pénètre dans l'enceinte. Effectivement, nous sommes au cœur de la jungle, l'espace est bien aménagé, il y a un grand « dance-floor », beaucoup de monde, plusieurs « chill-out », un bar. C'est une teuf trance! Yes! A l'affiche, des dj russes qui balancent des galettes de psy-trance. Le son est énorme. Tout le monde danse d'une même façon tribale. Les filles sont belles, stylées, les mecs, torses-nus, tatoués. Les gens ont le sourire, communient, sauf peut-être ce type qui a l'air d'avoir pris trop de stéroïdes pour se gonfler les muscles et dont les mâchoires semblent bloquées, on dirait Hulk, en plus blanc que blanc, avec une calvitie. Il y a pas mal de français, des espagnols, des brésiliens, des argentins, des russes, des israéliens et des anglos-saxons... C'est génial de faire la fête avec le monde entier. Je rentre en taxi vers 11 heure, après la coupure de son, après avoir vu le soleil se lever doucement, après avoir fait connaissance avec quelques charmantes demoiselles. Je me sens bien, heureux d'avoir participé à une « teuf » digne de ce nom, d'avoir écouté de la musique de qualité, sans que des policiers viennent éteindre le son et confisquer le matériel des organisateurs. Il est temps d'aller me coucher.

Si nous le souhaitions, nous pourrions sortir tous les soir, mais nous préférons nous réveiller en forme pour enfourcher nos engins et partir sur les routes. Notre rythme de vie est sain, nous mangeons un bon petit déjeuner le matin, à base de fruits et de céréales, nos repas sont équilibrés. Je raffole du pad-thaï, ces nouilles sautées cuisinées avec des légumes, du poulet et des arachides. Nous buvons notre petite bière le soir et évitons de boire trop de ce whisky thaï qui fait mal au crâne.

La lune grossi de jour en jour, elle atteint sa taille maximale le 19 février, il est temps de se rendre à Haad Rin, la plage de la Full-Moon. C'est impressionnant, des milliers de gens se sont donnés rendez-vous pour célébrer la puissance de notre astre nocturne. L'excitation est a son comble, la foule est hypersensibilisée par l'énergie que déploie la lune, la cérémonie a commencée. Sur cette petite plage, il doit y avoir une dizaine de sound- systems. De la drum'n bass, du dub-step, de la house, de l'electro minimale, de la techno et bien sûr de la trance. Nous resterons toute la nuit devant le Zoom Bar, bercés par des dj's israéliens, faisant quelques longueurs de plage pour regarder le spectacle. Le meilleur moment est toujours quand le soleil se lève, danser sous un ciel rose est juste... magique. Certes, il y a toujours quelques têtes qui font mal à voir, mais c'est tellement plus agréable de voir tous ces sourires, ces déguisements fluorescents que la plupart des gens arborent, le visage des jolies filles à coté desquelles on danse. En plus ça évite de draguer ou de se faire piéger par un « lady-boy », car ils sont belles, c'est bluffant. Après la fête nous nous dirigeons dans un premier after, un petit bar dans lequel se joue de l'electro minimale, puis avec Rico, nous atterrissons dans un autre after trance. Nous n'en repartirons que le soir à 21 heure, passant la journée à danser sur le sable ou dans un univers de tentures psychédéliques, à boire des bières, à nous étaler comme des loques dans un hamac, le regard perdu entre le bleu du ciel et de la mer, les tympans caressés par une basse ronde et répétitive, discutant avec des espagnols et des françaises, admirant des mecs qui jonglent, rigolant de voir se russe tout sec, perché, sauter partout, rigolant, rigolant, rigolant... Nous prenons le bateau demain à midi, direction Bangkok, Rico rentre chez lui et moi je vais aller dans le nord... Il y a un temps pour tout, celui de la fête est passé... pour le moment.

Ko Pha Ngan (Thaïlande)

Hmh · 2011-02-27

La lune grossi de jour en jour, elle atteint sa taille maximale le 19 février

Bonjour Ton texte est sympa Petite précision, la pleine lune était le 18 février. Ce jour là est une importante fête bouddhiste en 2011, le Makha Bucha Day. A la fin du jour, les fidèles tenant une bougie allumée font trois fois le tour du temple. Cette fête est très suivie. A cette occasion les bouddhistes ne consomment pas d'alcool et il est interdit d'en vendre; raison pour laquelle la full moon a été reportée d'une journée. Mais je ne comprends toujours pas pourquoi les gens font 12000 km pour faire la teuf. Je n'ai pas lu ta vision de l'état de la plage au lever du soleil ...😇

Ko Pha Ngan (Thaïlande)

Novlang · 2011-02-27

Merci pour ton message et ta précision sur la datte de la pleine lune, je vais corriger cette phrase. C'est vrai que l'état de la plage est quelque peu chaotique au petit matin, c'est juste un vaste champ de détritus, j'avoue, ce n'est pas ce qui m'a le plus marqué. Je ne pense pas que les gens fassent 12000 km juste pour faire la fête, il y a tant de chose à voir et à faire dans le coin. Pour ma part, pendant mon voyage, j'essaye de ma concentrer sur la musique, de reporter et de filmer les évènements auxquels je participe, Phangan était une étape indispensable dans mon périple. Merci encore, ciao.

Ko Pha Ngan (Thaïlande)

MAN18 · 2011-07-05

Chacun fait ce qu'il lui plaît 😎

Mais de la à donner une connotation de révolte politique à ce qui n'est avant tout qu'une grande teuf avec alcool et paradis artificiels, je trouve que tu interprête cet "évènement" à ta manière. De la même façon, je ne crois pas que la découverte du pays soit la principale préoccupation de ces personnes...

Ko Pha Ngan (Thaïlande)

Novlang · 2011-07-06

Je comprends ton point de vue, et effectivement j' interprète cet évènement à ma manière. En fait, sur "voyageforum", cet article est un peu sorti de son contexte, il prend d'avantage de sens sur mon blog. Je me positionne en tant qu' acteur de la vie musicale, et la musique électronique, comme je l'entends, est un mouvement "underground", contestataire, qui a été littéralement détruit par des politiques qui ne connaissent rien au sujet. Donc oui, j'ai pu faire la fête comme j'aime, comme il y a quinze ans, sans me soucier de me dire que la gendarmerie m'attende à la sortie. J'y ai rencontré des gens sacrément intéressants, qui ont des idées bien arrêtées sur notre façon de vivre, notre vie de consommateur. Il y a aussi beaucoup de "touristes" sur Ko Pha Ngan, et même en si général on a tendance à retenir ceux qui ne respectent rien ( il y en a un paquet... ), je préfère m'attarder sur les personnes intéressantes, passionnées. La "full moon party", n'est pas l’évènement le plus intéressant sur l’île, il me semble que je parle aussi de "vrais" moments musicaux... Merci pour ta réaction constructive, ciao, Vincent.

Ko Pha Ngan (Thaïlande)

MAN18 · 2011-07-06

Avec ces précisions, ton propos devient plus clair.🙂 Je peux bien comprendre que certaines personnes rejettent le mode de vie occidental, qui malheureusement s'impose à travers la planète. On peut hélas le constater quand on voyage.😕

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