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La Guadeloupe... En connaître un peu plus (reportage)

Discussion started by Wasav971 on 2011-04-08

7 replies

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La Guadeloupe... En connaître un peu plus (reportage)

Wasav971 · 2011-04-08

Bonjour à tous,

Ce n'est pas dans un but de recherche que je post ce méssage mais plutôt dans un but de partage, je souhaiterais vous faire découvrir (ou redécouvrir) un reportage sur la Guadeloupe qui m'a tapé dans l'œil...

Pourquoi ce reportage m'a-t-il tapé dans l'œil? Simplement parce qu'il ne s'axe pas (comme les multiples reportages le précédant) sur les richesses naturelles de la Guadeloupe, ses plages ou autres attributs... mais plutôt sur son histoire, sa culture, ses problèmes actuels ainsi que son patrimoine.

Tourné dans la période post-événementielle des mouvements de 2009, le tout fait dans un ton visant à tenir en haleine le spectateur, à l'informer, à lui permettre de se forger sa propre opinion sur la quéstion... le tout sans aucun parti pris (Rare pour des reportages socio-culturels) fait avec simplicité, bonne humeur et respect. Inutile de vous annoncer de quoi il s'agit, le journaliste a pensé à TOUT, en bref: à voir et à revoir!

Le sujet est annoncé! voilà le Reportage! L'intitulé: Guadeloupe, une colonie Française ? par John-paul Lepers. Pour le visionner en intégralité (1 heure), suivre le lien ci-dessous:

http://www.dailymotion.com/video/xdmg2c_guadeloupe-une-colonie-francaise-y_news

Bon visionnage et surtout, n'hésitez pas à laisser vos avis, ils m'intéressent.

La Guadeloupe... En connaître un peu plus (reportage)

Mimidesiles · 2011-04-09

Bonjour Wasav, Ce reportage est excellent et surtout le "ton" de John Paul Lepers qui sous des airs "innocents" arrive à faire sortir ce qu'il attend des gens. Si mes souvenirs sont bons, il a un entretien avec Domota: excellent! Côté culture , c'est un chanteur du groupe Soft qui nous guide dans les merveilleux sites de la Guadeloupe. J'ai beaucoup aimé ce reportage car il a le mérite de parler de la situation économique après 2009 sans stigmatiser, sans juger et avec beaucoup de recul et d'humanité. Ce journaliste -réalisateur (il me semble) est tout simplement excellent et ses rencontres sont toujours agréables car il va vers les gens sans préjuger. A voir sans modération😉 La question de départ est aussi "excellente" et présentée sans tabous par John Paul... Du coup tout le monde parle très librement.

Bonne continuation

😏Mimidesiles

La Guadeloupe... En connaître un peu plus (reportage)

Wasav971 · 2011-04-09

... Je n'aurais su dire mieux! Analyse très complète de votre part.

Cordialement, bonne continuation !

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Songhai73 · 2011-04-10

merci pour ce reportage très intéressant . voyageant souvent en Afrique et aux Antilles , je fais le parallèle entre les 2 ... dans les discussions souvent reviennent ces reproches , d'anciens esclavagistes , d'anciens colonisateurs ... , pour moi c'est très douloureux et si je peux le comprendre j'aimerais tellemment que l'on se tourne plutôt vers l'avenir . je fais , comme dans le reportage , ce paralèle avec l'Allemagne et je me souviens de ma grand-mère qui était choqué de constater les échanges que nous faisions à l'adolescence avec de jeunes Allemand , il y a eu un travail merveilleux entre villes Françaises et Allemandes et 50 ans après plus de rancoeur . je pense que la rancoeur n'est en effet plus entre noirs et blancs , mais plûtot entre riches et pauvres ... la profitassion , mot qui explique bien ce contexte ! quand je suis en Afrique je constate souvent ce fait , quand certains vivent dans de luxueuses demeures , conduisent de rutilant véhicules , d'autres vivent dans des cabanes et n'ont rien , leur couleur de peau est pourtant identique . mais je pense que chaque individu , peut se touner vers l'avenir et faire de son passé une force . merci encore pour ce lien et mes amitié à la Gwada . francia

La Guadeloupe... En connaître un peu plus (reportage)

Wasav971 · 2011-04-12

Bonjour, de rien c'est un plaisir de partager, je vous remercie pour votre long méssage ainsi que votre analyse des plus pertinentes.

Ensuite, je suis assez d'accord avec vous sur certains points... et un peu moins sur d'autres.

Lorsque vous faîtes un parallèle entre l'Afrique et la Guadeloupe, je ne me retrouve pas dans cette analyse.

Tout d'abord parce que ce sont deux cultures totalement différentes, la culture Caribéenne bien qu'ayant des similitudes avec la culture Africaine a tout de même de fortes singularités qui font des Caribbéens un peuple propre à lui-même avec un paradoxe identitaire qui se mêle à l'historique... Le principal souci dans la longue liste non-exhaustive de ceux qui incombent les Antilles est identitaire. Les Guadeloupéens ne savent pas réellement qui ils sont, ils savent plus ou moins qu'ils sont directement ou indirectement descendants des Africains pour la plupart mais personne ne le dira clairement, mis à part une éthnie émergeante en Guadeloupe depuis quelques années: les Rastafari, qui auparavant n'étaient pas très en "présents" en Guadeloupe. Du fait du tardif procéssus de décolonisation de la Guadeloupe, les Guadeloupéens ont tendance à voir réapparaître le spectre de cette dernière, certains principes limites de la métropole aidants. De plus, c'est quoi être "Antillais"? Parmis les réels Antillais on peut compter multitude de races et d'origines: Noirs, Métisses, Mulâtres, Chabins, Indiens Tamouls, Békés, et blancs pays sont des Guadeloupéens apparentière. Il est donc difficile d'affirmer son origine quand on ne sait pas si nos ancêtres étaient esclaves ou esclavagistes... Ce fort problème identitaire marque le peuple et est à l'origine, selon moi de la quasi totalité des problèmes sociaux ici, en Guadeloupe.

L'Afrique, quant à elle, bien que souffrante est à l'aise avec son histoire. Les Africains sont conscients que leurs ancêtres étaient ésclaves et qu'ils sont aujourd'hui des pays indépendants en partie car pour la plupart toujours régis par leurs ex états colonisateurs. Etre Africain est un symbole, cela veut réellement dire quelque chose. La seule réelle divergence concerne les Africains ayant la peau plus claire, les métisses issus d'un mélange avec l'Europe qui, eux, ont plus de mal à s'intégrer.

Se tourner vers l'avenir, je suis pour... mais je reste conscient que c'est quasiment impossible. Je citerai simplement un auteur que j'apprécie qui disait "On ne demande pas aux Juifs d'oublier Auschwitz?". L'esclavage est une chose que l'on a mis de côté, que l'on a camouflé et sur laquelle on a menti durant de longues années (surtout les années coloniales), ces mêmes années coloniales s'étant terminées fin 1946 aux Antilles et 1960 pour le Sénégal par éxemple, il est très difficile aujourd'hui de ne pas en parler, car ce sujet reste malgré lui d'actualité. Pourquoi d'actualité me direz-vous? Simplement parce que lorsque l'on étouffe un démon, tôt ou tard il refait surface, le seul moyen d'étouffer ce démon de l'ésclavage est de le combattre. Or, aujourd'hui, ce n'est pas ce que l'on fait. On continue à le camoufler... Au sens propre du terme même parfois! (Cf: Reportage, cimetière d'ésclave sous l'hotel du club Med ou la métaphore du monde nouveau qui écrase l'histoire réelle des Antilles...). En Afrique, les énormes problèmes actuels font que le débat principal prend une autre direction mais il est toujours là, enfoui sous une pile de châtiments infligés à l'Afrique...

Je suis également conscient qu'il est impossible d'avancer en vivant dans le passé, c'est pourquoi la Guadeloupe a tant de mal aujourd'hui. 55% de taux de chômage chez les jeunes, 35% en général... Certains vous diront que ces deux facteurs ne sont pas liés, mais moi je le crois, réellement. Le problème du racisme est également in facto une des conséquences réliée à cette principale cause. Et tant qu'il n'y aura pas de réel débat, je crois réellement que la Guadeloupe n'avancera pas, au contraire elle se dégradera... Je prédis le même problème en Afrique.

Au sujet du problème France - Allemagne, la période post-evenementielle a été basée sur la transparence! On en a parlé, re-parlé, des accords ont été pris, des comémorations faîtes... Rien de comparable n'a été fait avec l'ésclavage, et c'est bien dommage.

En ce qui concerne le conflit riches-pauvres, je partage totalement votre avis, les inégalités sont le meilleur moyen de dégrader un pays, voir un monde... alors que si l'on y regarde de plus près, notre société entière est basée sur ces dernières... Contradiction que j'ai du mal à saisir.

Merci encore, bonne continuation à vous.

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Songhai73 · 2011-04-12

bonjour jeune homme se tourner vers l'avenir ? c'est non seulement possible , mais obligatoire ! nous ne pouvons qu'avancer , donc autant le faire positivement , l'expérience douloureuse du passé , peut au contraire être une richesse ! si mes prochains voyages m'amènent de nouveau en Gwada , je te ferais signe , je suis beaucoup plus bavarde en direct que par le net ! 😉 cordialement francia

La Guadeloupe... En connaître un peu plus (reportage)

Williama · 2011-04-15

Au sujet du problème France - Allemagne, la période post-evenementielle a été basée sur la transparence! On en a parlé, re-parlé, des accords ont été pris, des comémorations faîtes... Rien de comparable n'a été fait avec l'ésclavage, et c'est bien dommage

Bonsoir,

Je ne crois pas que les choses se soient déroulées ainsi. Le rapprochement franco-allemand s'est fait par le haut entre Etats, Chefs d'Etat, à travers les instances Européennes et des cercles élitistes qui y trouvaient un intérêt réciproque. Dans le reste de la population française, l'Allemagne a été longtemps ignorée comme destination touristique , comme langue, culture etc... Dans l'imagerie populaire et les conversations, l'Allemagne n'était perçue jusque dans les années 80 qu'à travers ses exactions guerrières, sa rigidité voire "sa cruauté sans limite". Les films français drôles et moins drôles qui reflètent cette réalité ne manquent pas. Il suffisait d'un évènement anodin tel un match de foot au scénario sportif dramatique comme le France-Allemagne de Séville 82, pour voir resurgir en France tous les vieux poncifs et vielles rancoeurs anti-boches ...

L'Etat français a reconnu sa part de responsabilité pour la période esclavagiste mais l'exploitation de la culpabilité est sans fin ... J'aimerai bien pour ma part, que ceux aux Antilles qui exploitent idéologiquement et méthodiquement cette période douloureuse révèlent également quelques drames sanguinaires qui sont soigneusement enfouis pour ne pas écorner l'image lisse de l'esclave libéré ... comme celui du successeur du libérateur Toussaint Louverture : Jean-Jacques Déssalines qui se livra à un véritable génocide anti-blanc sur hommes, femmes et enfants dont on peut trouver certainement aussi quelques charniers près de plages idylliques ou de complexes hôtelliers ...

D'autre part, être descendant d'esclave ou d'esclavagiste n'est pas un label ou une tare que l'on se transmet de génération en génération à travers les siècles. La Guadeloupe est diverse dans sa population comme tu le soulignes très justement et on ne peut pas élever des stèles et pratiquer des commémorations partout et sans arrêt au risque d'exciter une haine et un ressentiment sans fin des uns envers les autres.

Voici une émission de la TV en Martinique qui donne une vision moins manichéenne des Antilles ou quand un cénacle d'intellectuels antillais notoires pétris par les idées d'Aimé Cesaire et se défendant de tout racisme ... se préoccupent de leur disparition probable par l'arrivée des hexagonaux de plus en plus nombreux sur leurs îles ... Le monde à l'envers en quelques sorte, car ce type de discours et de réflexe identitaire semblent d'habitude réservés aux seuls métropolitains blancs chez eux ... Passionnant, car à la fois au-delà de la pathologie sur l'esclavage et en plein dans la mondialisation ... http://www.dailymotion.com/video/x305gn_martinique-le-genocide-par-substitu_news

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Wasav971 · 2011-04-16

Bonsoir,

Je te remercie de ta réponse très pertinente et qui plus est très bien rédigée, cependant, il y a certains avis sur lesquels j'ai une opinion sommes toutes différente de la tienne.

Lorsque dans mon post, j'ai parlé de "transparence" post-événementielle, j'ai sous-entendu que c'est un sujet qui a été maintes fois traité contrairement au sujet de l'esclavage (aux Antilles Françaises) sur lequel on commence aujourd'hui à réellement réfléchir. Pour preuve, lorsque j'étais enfant et durant mon adolescence, mes parents considéraient mes ancêtres esclaves (ou esclavagistes peut-être) comme un sujet tabou, un douloureux vestige qui nous est imposé, un fardeau qui allait nous suivre avec lequel il faudrait composer... D'ailleurs, ils refusaient de s'informer et de m'informer par la même occasion sur ce passé qui était le mien. Bloqué entre le passé et l'avenir, il était difficile pour moi de me construire et de statuer sur ma réelle identité. Ma famille n'était pas un cas isolé, c'était la mentalité Antillaise de l'époque, c'était dans les moeurs, je te parle de la période où il était interdit de parler créole à la maison, cette période où on avait le droit de jouer avec nous fouets simplement les jours de carnaval..et encore! Cette même période où le séparatisme culturel et racial était omniprésent, je te parle également de cette once de temps où les noirs foncés étaient traités d'esclaves dans les cours d'école et subissaient les railleries, ce temps où les Antillais avaient peur de leur histoire. Ce n'est qu'aujourd'hui que, grâce à l'appui de certains intellectuels, grâce à des révoltes, grâce à une ouverture sur le monde (bonne et à la fois mauvaise) on arrive à peu près à être à l'aise avec cette histoire qui dérange. Le vécteur de ce débat selon moi est la population elle-même; j'explique: C'est ma génération qui est au coeur du débat aujourd'hui, cette même génération dont je t'ai narré le quotidien et l'enfance au-dessus, cette jeunesse bridée qui aujourd'hui cherche des réponses qu'elle n'a pas eu par le passé. Crois-tu réellement que les jeunes d'aujourd'hui de 15, 16 ans en ont quelque chose à faire du LKP, de l'ésclavage et de ce problème identitaire? Consciemment non. Inconsciemment, ils en ont le caractère, c'est du sang d'ésclave qui coule dans leurs veines, tant que l'on ne sera pas à l'aise avec cette histoire, les générations resteront les mêmes, les problèmes sociaux également. As-tu déjà entendu un membre du gouvernement actuel parler autrement que superficiellement des problèmes aux Antilles Françaises? de l'histoire des Antilles Françaises? Des énormes chantiers nécessaires dans les DOM? La France ne joue pas la transparence avec les Antilles simplement parce qu'elle n'en a pas l'utilité.

La réconciliation avec le peuple Allemand était nécessaire et quasiment obligatoire, comment faire d'un pays voisin puissant économiquement, militairement et structurellement un ennemi? Ce serait une pure ineptie que de croire que c'est sans intêret que cette démarche de reconciliation a été entreprise. Les hautes sphères ont été les vecteurs de cette réconciliation et l'ont accéléré, ce sont elles qui sont la réelle clé de ce type de problème je pense. Lorsqu'elles incitent les gens à changer de comportement, la majeur partie le fait. Aux Antilles, elles ne le font pas. Elles continuent de nier l'évidence parce que ça les arrange, pourquoi ne pas faire du 55% de chômage des jeunes en Guadeloupe un objéctif prioritaire pour 2011 puisque c'est je cite: L'année des Outre-mers? Simplement parce que ça les arrange. Le rapport est difficile à faire mais lorsque l'on y réfléchit de plus près, cela paraît tout de suite plus clair: 55% de taux de chômage, la majeur partie des jeunes vont s'inscrire au Pôle emploi, et sont donc en quelque sorte dépendants de l'état Français sans qui ils mourreraient de faim, l'autre partie, celle qui stagne, celle qui souffre ne passe pas son temps à la plage... elle cherche des solutions alternatives à la misère ambiante, est parquée dans des Ghettos (Les Ghettos en Guadeloupe n'ont rien à "envier" aux ghettos Français) se mélange à des peuples issus de l'immigration, des peuples encore plus pauvres, ajoutez à cela un modèle Américain vous obtenez de la délinquance. Quel intêret pour l'état Français d'entretenir une délinquance me diras-tu? Simplement dans un but de division; C'est là que ma génération intervient, cherchant à redorer en quelque sorte son blason ternie, ma génération en a marre de la mauvaise image qui lui colle à la peau, c'est donc tout naturellement qu'elle s'oppose à la jeunesse qui elle cherche à se faire entendre, à s'en sortir... par tous les moyens. Tu obtiens une division et une Guadeloupe divisée est beaucoup moins dangereuse qu'une Guadeloupe unie, elle reste donc sous contrôle de l'état qui peut tranquillement bénéficier des juteuses taxes, surplus et dividendes qu'il recupère de cette dernière. Pour info, pourquoi n'y a-t-il pas plus de 5 brigades anti-criminalité sur une île de 450 000 habitants sâchant qu'elle se classe parmi les régions avec le plus de délinquance en France en 2010, après la Guyane ? ... A méditer. C'est mon analyse vis-à-vis du problème, elle n'engage que moi mais je pense avoir fourni assez de détail pour qu'elle te soit compréhensible.

"L'éxploitation de la culpabilité est sans fin", je suis à moitié d'accord avec toi. Si tu as cette impression c'est parce qu'il y a des déviances, certains groupuscules en usent et re-usent pour faire valoir leurs opinions personnels et réclamations souvent limites et il se trouve malheureusement que ce sont eux les plus médiatisés, ils se drapent donc vite le statut de porte-parole de la Guadeloupe. Mais le LKP par éxemple n'est plus d'actualité aujourd'hui, il l'a été en 2009 parce qu'il était le héro malgré lui tombé à point dans un période où la Guadeloupe était en pleine souffrance, sur le point d'éxploser. C'est avec son verbe et sa parole modérée à l'époque qu'Eli Domota a su séduire des Guadeloupéens en plein doute à cet période, une fois qu'il a obtenu gain de cause, il a montré ses limites et ses opinions primaires et les gens se sont rendus compte qu'ils se sont fait bernés (cf: manifestation Décembre 2010 à Pointe-à-pitre - 5000 personnes présentes). Viens discuter avec un réel Guadeloupéen, la vraie Guadeloupe ne tient pas rigueur à la France de son passé ! La seule chose qu'ils reprochent à la France (et à juste titre selon moi) c'est surtout de ne pas en parler. Vivre dans le passé n'aurait rien de bénéfique, d'ailleurs nous ne le faisons pas! Mais vivre en adéquation avec son histoire, un peu à l'image de Bahia où la population est consciente de son passé, vit avec, en garde les traits principaux de caractère mais ne crée pas de problèmes majeurs!

"que ceux aux Antilles qui exploitent idéologiquement et méthodiquement cette période douloureuse" Comme je te l'ai dit plus haut, ces personnes ne sont plus d'actualité et elles sont représentatives de la Guadeloupe et de l'opinion Guadeloupéenne uniquement parce qu'elles sont médiatisées, et c'est dommage !

Comparer Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines n'est pas selon moi une bonne approche de la quéstion. La seule similitude que je trouve à ces deux personnages reste selon moi leur statut de dirigeant de révolutions. D'ailleurs ne crois-tu pas que par révolution, peut sous-entendre conflit, plus particulièrement guerre... le principe de la Guerre (aussi primaire soit il) n'est-il pas de répondre du tac au tac, de tuer ou d'être tué? Il faut en revenir aux faits, Toussaint Louverture était le combattant d'une force qui l'opprimait, il ne s'est pas livré (comme son adversaire) à une bataille coloniale mais plutôt à une défense sanglante face à l'oppréssion, ce qui selon moi reste inacceptable et horrible mais plus compréhensible que l'esclavage! Jean-Jacques Dessalines était un ésclave, en Republique dominicaine puis, suite à la révolution engagée par Toussaint Louverture, il s'est joint à la cause devenant un de ses lieutenants. Il a été le protagoniste d'une sanglante mutinerie contre les forces Napoléonistes. Il a ensuite batailler contre les Français puis est rallié de force à la cause, ce n'est qu'après une succéssion d'evenements qu'il a réussi à s'insurger et a fait massacrer les partisans d'un Haiti libre. Massacre horrible certes, mais à la base de l'indépendance d'Haiti qui a été le premier pays Caribbéen libre. Je trouve par ailleurs que c'est primaire de voir ces conflits comme un massacre des blancs fait par des noirs... C'est simplement des opprimés qui se sont révoltés contre les opprimants, en temps de guerre, tout est permis. C'est d'ailleurs ces types de mouvements là qui ont fait sortir les Caraibes de l'ésclavage, donc je suis d'accord avec toi sur le fond... ils méritent à juste titre de ne pas être camouflés, mais je ne les reconnais absolument pas comme des actes aussi "graves" que l'esclavage qui si l'on observe les motivations est la chose la plus horrible jamais faîte à un peuple avec le génocide. Il y a eu des massacres, mais ils ont été malheureusement nécessaires. Penser le contraire indique implicitement que l'on est contre l'indépendance de ces peuples, est-ce ton cas ?

"on ne peut pas élever des stèles et pratiquer des commémorations partout et sans arrêt au risque d'exciter une haine et un ressentiment sans fin des uns envers les autres. " Encore une fois, je te citerai la ville de Bahia, cette ville où il m'a été donné de voir l'un des plus beaux Carnavals de ma vie, rendant un hommage particulier à l'ésclavage, dans cette ville, le véstige de l'ésclavage est omniprésent et pourtant aucune animosité n'est présente! Elle est la preuve qu'histoire et futur peuvent s'entremêler et tirer une population vers le haut... Ne rien faire pour commémorer cela, le faire à moitié ou trop le faire ne peut que desservir à la Guadeloupe, il faut simplement trouver un juste milieu et ce juste milieu passe par la discussion.

Tu parles d'une vision Manichéenne, c'est vrai, je suis d'accord... Les esclavagistes ont des torts, les esclaves aussi... mais n'est-ce pas les esclavagistes les protagonistes? Alors qui, que, quoi blâmer? La soif de pouvoir de l'être humain? Je ne pense pas. Ces évènements devaient se passer. Il faut se rendre à l'évidence et l'accépter. On peut éssayer de comprendre, mais à quoi bon, dans une analyse lorsque vous ne parvenez pas à déterminer la cause pouvez-vous comprendre un problème ? L'esclavagisme est à mon sens incompréhensible. Seulement, on peut le commémorer pour le rendre un peu moins douloureux.

Je comprends votre assentiment vis-à-vis de ce problème, il ne vous touche pas directement. Vous avez donc un regard extérieur compréhensible, essayez simplement de vous mettre à la place d'un peuple, à travers mes yeux et mes descriptions. Et réfléchissez sur votre analyse...

Cordialement.

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