Back to the discussion

in Entre deux voyages › Carnets de voyage

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Discussion started by Tomas3 on 2011-06-23

38 replies

English translation pending — showing the original.


La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-06-23

La grande traversée du Parc du Livradois-Forez(1)

L’axe Nord-Sud du Massif Forez et les Hautes Chaumes du Haut Forez peuvent être une excellente façon de débuter le parcours…

Vous laissez votre voiture et vous prenez le Train Express Régional en direction de Clermont-Ferrand- , pour gravir les premiers contreforts des Monts du Forez…

A Noirétable(800 mètres d’altitude) vous n’êtes plus qu’à 4 kms du fameux GR3 qui traverse du Nord au Sud le Parc du Livradois-Forez…

Ne pas oublier de faire des réserves d’eau et des provisions de bouche, vous ne trouverez plus de point de ravitaillement avant 28 kms…

Et là, le GR 3 une fois atteint, plus de goudron, plus de voitures, des mélèzes, des épicéas, des champs de myrtilles et de gentianes auxquels vous accéderez au fur et à mesure que vous prenez de l’altitude…

La crête des Monts du Forez a la particularité de vous permettre de découvrir en même temps le Puy de Sancy(à 170 kms) le Mont d’Or et le Puy de Dôme (à 120 kms)et, cerise sur le gâteau, le Mont Blanc et la chaîne des Alpes ( Bâle n’est qu’à 350 kms)…

Par temps clair, c’est un émerveillement…vous parvenez très vite sur les Hautes Chaumes, au milieu de troupeaux d’estive, et, à part quelques essaims sauvages égarés sur le parcours, deux ou trois randonneurs, une cavalière, vous avez l’impression d’être seul au monde…

L’impression est presque ‘aussi irréelle que dans le Parc du Vercors, avec un bon point, c’est que le parc du Livradois-Forez n’est pas encore ouvert au tourisme de masse…

C’est l’occasion de se ressourcer, même si vous êtes païen, à chaque calvaire croisé, à chaque crucifix égaré qui vous rappelle que vous êtes en terre romane...

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Raymond3 · 2011-06-23

Un grand courant d'air de fraîcheur s'annonce! Oui, les destinations exotiques sont magnifiques mais c'est presque comme si on n'y croyait pas. Finalement que fait un étranger quand il pense à la France? il se dit que c'est un magnifique terrain pour des découvertes plus exotiques les unes que les autres. Tomas, as tu regardé ton pays avec le regard d'un étranger descendu sur notre terra incognita?

La magie de la découverte tient au fait de décider que l'on part à pieds avec son viatique sur le dos. A pieds, tout va lentement et l'émerveillement n'est jamais très loin. On part ou on arrive quand on veut, ou quand on peut; les matins ne sont qu'émerveillements quand tout est neuf et que la nature n'attends que nous.

Mais restons entre nous sinon tu vas nous faire une telle pub que d'ici peu il y aura foule. Attention, les paysages oui, les naturels et autres créatures de rêve oui mais ne pas oublier la bonne cuisine du terroir; mais je suis persuadé que le tout est au menu. Alors je m'installe confortablement en espérant (esperar en espagnol: attendre avec juste ce qu'il faut de passion) la suite.

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Arrawak · 2011-06-23

😉Salut tomas Ouais, tu n'arrêtes jamais toi !!!!! fais gaffe quand même à force de trop marcher, tu risques la prothèse de hanche Mais je ri go le comme on dit chez moi. Dans le sud est. Belles photos, récit qui incite à aller visiter cette belle région. a plus tard et bonne journée Tomas Au fait, c'est fait, j'ai réservé pour Cap verdé donc au plaisir de s'y retrouver l'année prochaine. Mais je ne ferai pas de carnet sur VF, car là, avec toi, on a eu la totale !!!!!😉

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-06-24

La magie de la découverte tient au fait de décider que l'on part à pieds avec son viatique sur le dos. A pieds, tout va lentement et l'émerveillement n'est jamais très loin. On part ou on arrive quand on veut, ou quand on peut; les matins ne sont qu'émerveillements quand tout est neuf et que la nature n'attends que nous.

ola Raymondo,

eu ocho que nos somos otimos juntos...en français, dans le texte, tout-à-fait, mon cher Watson, c'est une excellente définition du voyage à pieds particulièrement... tu vas voir çà dans la grimpette entre Noirétable et le Col du Béal...

Noirétable-Le Col du Béal : 28 kms (2)

On pourrait croire que la longueur de l’étape est un challenge…En fait, le dénivelé n’est que de 600 mètres…certes, on peut prévoir une étape intermédiaire au Col de la Loge (1320 m), mais vous arrivez à midi sur un site certainement exceptionnel l’hiver, c’est une station de ski de fond….

Mais où l’été, tout est fermé et, casse-croûte pris sous l’auvent d’un loueur de matériel de ski(fermé, bien entendu…), comme il est une heure de l’après-midi, que le Col du Béal n’est qu’à 8,5 kms et à peine plus haut, 1430 mètres, vous décidez de boucler votre sac et de repartir…

Attention, il est prudent de réserver au Gîte-auberge du Col du Béal, Loïc, un habitant de la plaine de l’Allier, n’ouvre son gîte et son auberge que sur réservation…

Ce jour-là, fait exceptionnel, il avait reçu un groupe de jeunes retraités pour un déjeuner roboratif suivi d’une promenade digestive…sur les Hautes Chaumes…

Les braves retraités n’en étaient pas moins équipés comme pour un stage de survie…

Il recevait aussi trois cavaliers qui avaient choisi de faire le tour du Parc du Livradois-Forez mais dans le sens Sud-Nord…

Ulysse avait de la chance, le gîte était ouvert, les cuisines fonctionnaient aux plats régionaux (tartiflette de fourme d’Ambert) et aux pâtisseries locales(tartes aux myrtilles)

Ulysse partagerait sa table avec Marie-Jeanne, Yves et Jean, propriétaires de trois juments dociles de 17, 16 et 14 ans…

Et pendant que les mammifères supérieurs dégustaient leurs tartes aux myrtilles, les trois juments fourbues avaient la nuit entière pour dévorer en broutant leur pré d’altitude….

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-06-25

😉Salut tomas Ouais, tu n'arrêtes jamais toi !!!!! fais gaffe quand même à force de trop marcher, tu risques la prothèse de hanche

bonjour, Georges, tu sais, c'est pas difficile, je vois les Montagnes Bleues de ma fenêtre, le matin en me rasant...alors, à pied ou à cheval, comme elles me narguent quotidiennement , on a envie de filer sur ces crêtes...😉

Le tour du Parc du Livradois-Forez à cheval(3)

Marie-Jeanne, Yves et Jean, étaient partis d’Arlanc, au Sud d’Ambert et du Parc, pour un circuit équestre de huit jours…

Ils avaient construit leur itinéraire avec les conseils avisés de la fédération équestre départementale du Puy-de-Dôme et, curieusement, ne s’étaient pas attachés formellement à réserver des gîtes spécialisés…

C’était le cas ce soir, l’auberge-gîte du Col du Beal disposait de suffisamment de pré au tour du gîte, aménagé au cordeau de parcage, avec seaux d’eau à destination des chevaux, pour que nos trois cavaliers ne se fassent aucun souci quant à l’accueil de leurs montures…

Ils n’abusaient pas du portage, et dans les passages difficiles, n’hésitaient pas à mettre pied à terre, pour ne pas surcharger la bête, afin de gravir ou de descendre des passages rocailleux…

Ils passaient d’étape de 19 kms (Arlanc- Le Jas du Mas) (Le Jas du Mas- Le col du Beal) à des étapes de 37 kms (Le col du Beal-Cunlhat) sans se soucier de l’état des fers ou de la santé des chevaux…

Il faut dire que les Hautes Chaumes et les crêtes des Montagnes Bleues se prêtent magnifiquement aux circuits équestres…

Ils n’en étaient pas à leur première randonnée et, passionnés par leur sport, amoureux de leurs bêtes, ils n’avaient plus qu’à être difficiles sur la qualité ou la cuisson de la tartiflette à la fourme d’Ambert qu’il avait fallu réchauffer, voire sur la fraîcheur des myrtilles des tartes de leur hôte…

Yves, le plus ancien des cavaliers, ressemblait à ces moines-soldats ascétiques des croisades d’Urbain V ou de Clément VI, le pape de la Chaise-Dieu…

Son pantalon de cheval, qu’il ne quittait jamais, collait étrangement à ses jambes-brindilles… Ses harnachements de cuir reflétaient la qualité du bel ouvrage et contrastaient avec sa simplicité…

Inch’allah, Yves, à la revoyure sur ces chemins de tourbes et de landes, et méfiez-vous des essaims sauvages qui pourraient effrayer vos bêtes….

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-06-26

Du Col du Béal à Saint Anthème par les Hautes Chaumes(31 kms)(4)

Il faut dépasser les tours-radar de Pierre-sur-Haute*(1600 m) pour accéder aux Hautes Chaumes*…pays de landes et de tourbières niché entre 1400 et 1600 mètres d’altitude sur les crêtes des Montagnes Bleues(Les Monts du Forez)…

On change d’espace, de paysage et de temps….Un écrivain ambertois, Francois Graveline déclarait:

« les Hautes Chaumes sont l’un des derniers greniers du monde où l’homme redevient l’enfant de ses sortilèges et de ses tourments… »

Sans reprendre la poésie et la métaphore de Graveline, figurez vous un espace sur vingt kilomètres de distance où vous serez seul, de solitude obligé, d’arbres absents, seul avec les troupeaux d’estive* qui vous regardent passer avec curiosité….

Il ne s’agit pas de subir un orage, les jas ou jasseries, maisons de bergers, sont trop loin de la piste pour vous protéger en cas d’urgence…

Donc, il faut prévoir sa météo, partir entre deux grands cumulus que vous verrez se former sur le Puy de Sancy à 170 kms de là, calculer le temps que prendra la grande masse blanche et grise pour atteindre les barrières des Monts du Forez pour s’y déchainer…

Les lourdes masses rondes des sommets, que vous passez l’une après les autres, vous empêchent d’apprécier les distances…

Ce paysage de landes irlandaises sous un soleil provençal a un effet hypnotique:

« ce sont les sensations que l’on va cueillir là-haut. Remarquez, cela soigne pas mal de choses aussi… »

Disait un vieux cueilleur de « simples »….

Vous gagnerez les premiers contreforts de pins et de sapins de Baracuchet et ses tourbières* comme échappé d’un espace irréel et hors du temps…

Il vous faut désormais songer à redescendre dans la vallée de Saint Anthème* et ses réalités.

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-06-26

Saint Anthème, au cœur du pays de Gaspard des Montagnes (5)

Saint Anthème est un gros bourg endormi du Livradois, à 20 km d’Ambert et à 20 km de Montbrison dans la plaine du Forez…

Quand vous y descendez depuis le Col de Baracuchet(1256 m), après la Grande pierre de Bazanne, Et la tourbière de « 10.000 » ans (sic…)*, vous tombez sur le cimetière et la rue principale, vous avez l’impression d’un gros village mort au siècle dernier…

Il vous faut contourner l’église pour trouver un reste de vie et d’animation autour de la pharmacie et de l’Hotel des Voyageurs…

Ulysse, descendu de sa montagne pour la fête de la Musique, apprit que Saint Anthème l’avait fêtée trois jours plus tôt, cause de week-end…

Le petit bourg n’en serait que plus endormi…

L’hôtel des voyageurs, Logis de France des années soixante, garde le charme suranné des hôtels pour « voyageurs »…

Le menu-étape y a un goût de France profonde avec sa blanquette de veau à l’ancienne, il y a jusqu’à la crème-caramel qui est faite maison…pas de cuisine industrielle…Monsieur Colomb veille au grain en restant aux fourneaux, tandis que mère et fille sont en salle…

C’est un endroit charmant(non cité au Guide du Routard) où le voyageur peut préparer sa prochaine étape entre deux orages, avec les conseils avisés de Madame Colomb…

« il faudra remonter sur la montagne, au plus court, pour gagner le fameux GR3 des crêtes, celui qui court du Col de Baracuchet au Col de l’homme mort, pour prendre la direction de Montarcher… »

« là, vous aurez le choix de descendre sur la Chapelle en Lafaye ou sur Saint Bonnet le Château, si vous voulez retrouver un hôtel-étape… » Comme le déclarait Paul Bowles, ce qui fait le charme du voyage, c’est l’imprévu et l’improvisation: il reste encore 25 kilomètres de bois et de genêts dorés pour s’en apercevoir…

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Raymond3 · 2011-06-27

Bravo Ulysse, tu es dans l'esprit si ce n'est dans les pas de Stevenson. Le village et l'accueil hors du temps; des habitants qui ne seront jamais riches au sens commun du terme mais dont la richesse est toute dans la relation et le service à autrui. Il ne te manque que Modestine pour porter ton barda et bien entendu le sac de couchage, "sac à viande" que même Décathlon n'a pas su égaler. Juges en: "un sac par euphémisme.... seulement une sorte de long rouleau ou saucisson en bâche verte à l'extérieur et en fourrure de mouton bleue à l'intérieur... commode comme une valise, sec et chaud comme un lit... chambre à coucher spacieuse pour une seule personne et, à la rigueur pouvant servir pour deux..." Et oui, l'aventure à l'état brut mais, tout de même avec un peu d'aide extérieure sous la forme d'un modeste animal équipé 4 x 4, j'ai nommé Modestine, le compagnon de Stevenson, l'âne de tout voyageur qui se respecte au siècle dernier.

Enfin, une interrogation tout de même; que veux tu dire là?: "je vois les Montagnes Bleues de ma fenêtre, le matin en me rasant..." A quoi penses tu? Il me semble avoir déjà entendu ça!!! Mais à que bien sûr, c'est la saison ou éclosent les candidatures, ou les champignons? enfin je ne sais plus, tire moi de mon embarras! Non, reste sur tes chemins et laisse venir le temps et les choses.

Tu ne nous dit pas si tu rencontres du monde sur ton chemin; ça m'a l'air bien vide... et le temps qui menace. Vive la liberté mais elle a un prix et se fait payer comptant car la maison ne fait pas crédit. Buen Camino Ulysse y hasta luego.

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-06-27

Enfin, une interrogation tout de même; que veux tu dire là?: "je vois les Montagnes Bleues de ma fenêtre, le matin en me rasant..." A quoi penses tu? Il me semble avoir déjà entendu ça!!! Mais à que bien sûr, c'est la saison ou éclosent les candidatures, ou les champignons? enfin je ne sais plus, tire moi de mon embarras! Non, reste sur tes chemins et laisse venir le temps et les choses.

Tu ne nous dit pas si tu rencontres du monde sur ton chemin.

Ola raymondo,

tu sais bien que j'habite dans la Plaine du Forez, au pied des Montagnes bleues, qui me narguent été comme hiver...dès potron-minet...il n'y a pas de loup... ...j'ai pris l'habitude de les escalader de temps en temps en TER et de revenir à pied...c'est à la fois commode et tentant....

Où l’on rejoint le GR3 sur les crêtes des Montagnes Bleues(6)

Madame Colomb, l’hôtelière du relais des Voyageurs, fut la première à expliquer à Ulysse le moyen le plus court de rejoindre les crêtes et le GR3...

Il suffisait de gagner le hameau du Pinet derrière le Collège de l’Ance et de monter toujours à droite en direction du hameau des Chazots…*

Là, le GR3 n’était plus qu’à 300 mètres à travers bois…*

En fait, il y avait un petit 300 mètres de dénivellation entre le gros bourg de Saint Anthème et la Crête des Montagnes Bleues…

Après le GR3 se transforme en une longue allée au cœur des forêts de sapins et d’épicéas…. * Les rares villages traversés ont des airs autrichiens, pimpants et fleuris…Les fermes anciennes sont transformées en résidences secondaires ou de vacances…*

Les fermiers se font rares sur les Hauts…Ulysse croisa un de ces résidents*, pêcheur de truite dans des ruisseaux d’altitude et le brave homme, tout heureux de rompre la solitude de ces espaces d’altitude, n’eut de cesse de lui montrer la truite* qu’il venait de pêcher contre le vent du Sud…

« contre le vent du Nord, elles vous reniflent… »

Il avait pêché la veille une truite de 28 cm…(sic…)le ruisseau était pourtant invisible sous les joncs des marécages…quel talent, ce citadin résident-secondaire…

Il n’arrivait plus à quitter Ulysse, comme un de ces vieux des contes d’Alphonse Daudet…

« quand vous repasserez, n’oubliez pas de vous arrêter au hameau de Pelardy, c’est là que j’ai mon chalet, vous serez toujours le bienvenu… »

Le GR3 en avait encore après Ulysse, au moins jusqu’à la Chapelle en lafaye… Après, il faudrait penser à bifurquer sur le Chemin de Compostelle, en le prenant en revers, en direction de Marols…*

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Raymond3 · 2011-06-28

"tu sais bien que j'habite dans la Plaine du Forez, au pied des Montagnes bleues, qui me narguent été comme hiver...dès potron-minet...il n'y a pas de loup... ...j'ai pris l'habitude de les escalader de temps en temps en TER et de revenir à pied...c'est à la fois commode et tentant.... " Bravo pour la méthode, tu sais que j'ai pratiqué également ce mode de promenade lorsque je me préparai au Camino; le TER c'est formidable pour la ballade à la journée; dans notre beau pays on est toujours tiraillés entre le côté pratique bien paysan et ancré dans la terre, j'ai nommé les trains de voisinages, et le brillant, sur l'air de regardez, c'est moi qui roule le plus vite; et pourquoi pas "mon papa il est gendarme" du temps où nous étions à la maternelle ; et j'ai nommé le TGV. Le premier permet de se déplacer dans son environnement de proximité, le second permet à tout habitant de la capitale d'aller polluer la Bretagne ou le Pays Basque l'espace d'un week end. Dans le premier cas on prend son temps et on tisse des liens, dans le deuxième on "fait" tel pays ou tel autre... Bon je radote, t’es plus dans le coup papy ! pour enfoncer le clou, on fait le Concorde et c’est le contribuable qui paye, ou bien l’ A 380 et ça va être pareil, ou bien les super centrales nucléaires ! Bon, là j’ai atteint la limite et je me calme. Bref, pour ton TER local du Forez, à l’occasion, tu me feras un topo ; qui sait si je ne pourrai pas en profiter un jour ! Dis nous un peu qui est cette mère des voyageurs, quelle est son utilité ; est elle une borne sur le chemin de Compostelle ? Et ces chemins en sous-bois magnifiques, une invitation à la promenade.

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-06-28

Dis nous un peu qui est cette mère des voyageurs, quelle est son utilité ; est elle une borne sur le chemin de Compostelle ? Et ces chemins en sous-bois magnifiques, une invitation à la promenade.

Ola, Raymond, tu as visé juste, le GR3 croise pendant plusieurs dizaines de kilomètres le Compostelle en direction du Puy-en-Velay...tu vas pouvoir le découvrir dans les lignes qui vont suivre... Cette croix, je l'ai photographiée entre Saint Anthème et Férréol, sur un ancien chemin muletier, et la dédicace à une "mère des voyageurs", m'a paru complètement adaptée aux lieux, aux espaces, à l'altitude(1200 mètres)...

Où l’on chemine sur une voie romaine(7)

A l’embranchement de la Chapelle en Lafaye et de Montarcher, on quitte le GR3 pour emprunter en direction de Marols le chemin de Compostelle de Cluny au Puy-en-Velay…

Il faut le prendre « à rebrousse-poil » et lire les coquilles blanches sur fond bleu* en se retournant pour voir si on est dans le bon chemin…

Le pêcheur à la truite lui avait conseillé de se diriger vers Le Citre, il ne serait plus qu’à trois kilomètres de Marols…

Ulysse se souvenait de ce parcours qu’il avait suivi il y a quelques années pour rejoindre Le Puy-en-Velay et particulièrement de cette voie romaine « La Bollène »* sur laquelle grimpent les marcheurs…

Il s’amusait à repérer dans les éboulis du chemin les blocs de pierre taillés par la main de l’homme et à retrouver des pierres indiquant une direction ou une auberge quand il croisa deux « cheminants », accoutrés en « cheminants »…

Il leur souhaita « bon courage » et leur déclara en clin d’œil qu’ils marchaient sur une voie romaine… Les deux pèlerins répondirent de concert: « on est bien content de le savoir… »

Manifestement, leur recherche se limitait à avaler des kilomètres et surtout à gravir l’impressionnant dénivelé de Marols à Montarcher…

Leurs neurones, au niveau de leur état de fatigue, n’imprimaient plus que « miam-miam-dodo »(titre d’un guide de voyage célèbre du Chemin de Compostelle)

Ulysse retrouva Marols avec plaisir, son église-forte et son jardin de curé…

Il en profita pour saucissonner et faire respirer ses pieds: il avait déjà seize kilomètres dans les « pattes » depuis le matin et il ne voyait pas le bout de l’étape…

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-06-29

Et ces chemins en sous-bois magnifiques, une invitation à la promenade.

Ola Raymond,

tu as tout à fait raison à condition d'avoir son camel-pack ou ses bidons...mais ce jour-là, tout irait de travers...

Où Ulysse se rend compte, mais trop tard, qu’il a oublié ses réserves d’eau(8)

La fatigue accumulée des deux premières étapes de 28 et de 31 kms, la blanquette de veau et le vin gouleyant(Côte du Forez) de l’Auberge des Voyageurs, nul ne pourrait le dire…il avait commencé à oublier sa casquette chambre 205, il s’en était aperçu à temps, avait repris l’ascenseur…

Il n’avait pas vu qu’il laissait les quatre demi-bouteilles d’eau indispensable à l’étape, du moins le pensait-il, dans ses seize premiers kilomètres…Saint-Anthème-La Chapelle-en-Lafaye…

Ce n’est que dans l’abrupt montée de Chazots que, tâtant de la main les poches latérales de son sac à dos, qu’il s’aperçut de l’oubli…

L’eau est une ressource essentielle pour le randonneur, sans eau, la tendinite n’est jamais bien loin…

Sur sa carte, le GR3 s’étalait sur plus de seize kilomètres avec un minuscule hameau à 10 kms: le hameau de Ferréol…

Il fallait trouver une solution: la première fut, au sommet du dénivelé de 300 mètres depuis Saint-Anthème, au lieu-dit La Rochette, de repérer un « bâchât », lavoir ou abreuvoir en patois forézien, alimenté par un robinet d’eau fraîche…

Ulysse y plongea les mains pour boire…on ne sait jamais, il y avait seize kms et quatre heures de route…Il ferait les poubelles le long de la route pour dénicher une bouteille vide, il la remplirait à la prochaine source…

A Larzaller, à 500 m de Ferréol, une bouteille d’un litre et demi, propre et vide, à la marque d’un vin de pays, lui sembla convenir…

A Ferréol, 3 bâchas au choix pour la remplir…Certes l’affreuse bouteille gonflait un peu trop la poche latérale gauche du sac, l’eau aurait un arrière goût de piquette, mais il pourrait continuer sans crainte sa longue marche au creux des bois de Planons…

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Raymond3 · 2011-06-30

Hola Ulysse, Un coup la casquette, un coup les bouteilles d'eau! où as tu la tête? La belle aubergiste t'avait elle troublé l'esprit à ce point! En fait, la situation idylique de ta chambre, si j'en juge par la photo jointe, t'avait plongé au coeur d'un doux nirvana. Tu n'as pas dû être beaucoup dérangé par la circulation de la nuit. J'ai l'impression que le chemin est bien vide et ton esprit doit pouvoir s'évader sans difficulté; vers quels horizons et quelles nouvelles avantures? Profite à fond au jour le jour sans trop te préoccuper de tes futures courses. Raconte nous un peu comment tu es perçu, toi qui arrive sans bruit, sans engin pétaradant, portant tout ton équipement sur ton dos. Il y a t'il beaucoup de personnes à pratiquer le voyage à pieds? Je te livre quelques lignes d'un ouvrage passionnant "Marcher une philosophie", que tu as peut être lu! "On ne fait rien en marchant, rien que marcher. Mais de n'avoir rein à faire que de marcher permet de retrouver le pur sentiment d'être, de redécouvrir la simple joie d'exister, celle qui fait toute l'enfance..... L'enfant éternel, c'est celui qui n'a jamais rien vu d'aussi beau, parcequ'il ne compare pas." L'inverse de celui qui a tout vu et "fait" tous les pays et tous les lieux. Buen camino

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-07-03

"On ne fait rien en marchant, rien que marcher. Mais de n'avoir rein à faire que de marcher permet de retrouver le pur sentiment d'être, de redécouvrir la simple joie d'exister, celle qui fait toute l'enfance..... L'enfant éternel, c'est celui qui n'a jamais rien vu d'aussi beau, parcequ'il ne compare pas." L'inverse de celui qui a tout vu et "fait" tous les pays et tous les lieux. Buen camino

Ola Amigo,

eu acho que nos somos otimos juntos...elle est très vraie, cette réflexion, c'est d'ailleurs pour cette sensation, plus forte que tous les phéromones, que le randonneur randonne, que le marcheur marche...mais tu as oublié la nostalgie de l'"albergue"...

La désertification rurale et la « fermeture du bistrot de pays »…(9)

Quand vous marchez dans les pays méditerranéens, il n’est pas un village qui n’ait sa trattoria, son KAFE, son posada et autres dénominations, qui font le bonheur de la halte du randonneur…

Le pays du Livradois-Forez manque cruellement de bistrots…

Malgré l’animation intelligente des concepteurs du parc, les centres de documentation et de ressources, les « Tourbières » expliquées aux enfants et aussi aux adultes, un absent se fait durement sentir pour le randonneur au long cours: « le bistrot de village »…

Il n’a pas pour autant disparu, mais outre qu’il fait désormais fonction de boulangerie-dépôt de pains-dépôt de journaux et autres fonctions, ses ouvertures sont aussi aléatoires…

Plus de bistrot de 10 heures et son sandwich, plus de café-coca-verre d’eau à l’allemande en début d’après-midi…

Il est jusqu’aux auberges et aux gîtes qui, en plein mois de juin et donc en saison touristique, ont pris la désagréable habitude de n’ouvrir que sur appel téléphonique du client…

A la question que vous formulez:

vous êtes ouvert le samedi-dimanche et vous fermez la semaine?,

L’aimable aubergiste vous répond cette formule très « libérale » :

« je fais mon chiffre le week-end…je n’ai pas de temps à perdre en semaine derrière mon comptoir à attendre un éventuel client de passage… »

Mes trois cavaliers de rencontre étaient affolés par cette nouvelle philosophie… Le bonheur du randonneur en est affligé… Randonner en Livradois-forez est devenu une « ascèse » sans bistrot, mais les pêcheurs de truite, les bûcherons , les cow-boys des hautes Chaumes, les hôteliers restent cependant des hôtes accueillants et ouverts, prêts à se mettre en quatre pour vous renseigner et orienter votre randonnée...

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Raymond3 · 2011-07-03

"mais tu as oublié la nostalgie de l'"albergue"... "

Oui, surtout celles des petits villages de la meseta, là où le "touriste" se fait rare; la popote faite en commun, voire celle faite en prenant ce qu'il ya dans tous les sacs des pèlerins du jour; souvenir d'un super boulgui boulga dans ce village mort de Foncebadon, l'albergue étant nichée au sein de la petite église dressée vaillament au milieu d'un village totalement en ruine. Et puis ces arrêts dans les bistrots le matin quand les natifs du pays commencent à sortir alors que l'on a déjà dix bons kms dans les jambes; les tables sur le trottoir, le soleil qui commnece à chauffer, mais ce n'est pas encore la fournaise, et les doigts de pieds en éventail.... un concentré de simplicité et de bonheur. Comme ils doivent te manquer, ces petits bistrots de campagne.

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Raymond3 · 2011-07-03

Et j'oubliai, et ces amis d'un jour, devenus amis de toujours!

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-07-03

Oui, surtout celles des petits villages de la meseta, là où le "touriste" se fait rare;

Ola Amigo,

Me desculpe, mais là où "le touriste" se fait rare, on peut aussi se perdre, comme tu vas le voir dans les lignes qui suivent...

Comment se perdre dans la Gueule d’Enfer (10)

Pour le randonneur, le goudron est un pis-aller, c’est une façon d’aller d’un sentier à un autre, surtout pas de marcher…

D’ailleurs, les bords des routes sont de moins en moins gazonnés et le souffle de automobiles ou des 35 tonnes est un danger permanent…

Au-delà de Marols, si vous vous obstinez à vouloir quitter le Compostelle qui mène à Saint Jean Soleymieux et à Margerie-Chantagret, il faut prendre garde à ne pas improviser dans l’aversion du goudron…

Ulysse avait tiré un trait à vol d’oiseau sur sa carte au 1/50.000 qui rejoignait Marols-Chenereilles à saint Marcellin…et comme il ne voulait pas du goudron, dès Chabanne passé, il s’engagea dans un sentier en « double-pointillé » sur la carte IGN…

Il rejoindrait Chenereilles par le Vallon du Rau du Mont.

Mal lui en prit, la fatigue aidant, il avait déjà 20 kms dans les pattes depuis Saint Anthème, il prit à gauche une fourche de sentier alors qu’il aurait du prendre à droite…

Le sentier était charmant, sableux et ombragé à souhait, et ce n’est que trop tard qu’il s’aperçut qu’il menait à la « Gueule d’Enfer »…

En fait, ce sentier était un sentier de forestiers, il aurait du s’en douter aux branches fracassées et aux dépôts de troncs fraichement coupés…

Plus il s’enfonçait dans le sous-bois, plus le taillis devenait dense…il aurait suffi de vingt mètres de sentier pour franchir le vallon encaissé…

Chenereilles était sur les Hauts, inatteignable…

Erreur de carte n’arrête pas le pèlerin, ni le randonneur…Bidon vidé, Ulysse reprit le chemin en sens inverse, ajoutant deux kilomètres au compteur de l’étape, pour retrouver le goudron qu’il n’aurait jamais du quitter…

http://www.youtube.com/watch?v=IPNZeT_7OR4

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-07-04

Et j'oubliai, et ces amis d'un jour, devenus amis de toujours!

ola Amigo,

e bom ter senso de humor...somos so amigos...c'est sûr que les rencontres du chemin se transforment parfois en amitié...il faudrait pouvoir analyser ce phénomène...j'ai vu des accros au Compostelle rechercher cette sensation...je sais pas si c'est la sueur partagée ou les kilomètres qui provoquent çà, mais c'est une réalité...

Où l’on double le goudron jusqu’au Pont Romain(11)

Après l’épisode précédent de la « Gueule d’enfer », il s’agissait d’être vigilant…Une lecture attentive de la carte IGN devait cependant permettre d’éviter ce fameux goudron…

Sur ces flancs des Monts du Forez(Les Montagnes bleues), la civilisation industrielle n’est arrivée que tardivement…

Au sentier muletier d’origine a succédé le chemin vicinal goudronné qui , lui-même, a perdu de son importance et surtout de son entretien avec l’apparition de la route départementale…

Il ne faut pas le confondre avec les chemins des agriculteurs de montagne qui ne desservent que les champs…

A Apagneux, près d’Allérieux, les chemins vicinaux doublaient la départementale… Ce fut un bonheur de surmonter le monstre de goudron qui serpentait dans le vallon de Vallinches…

On atteindrait ainsi Vedrines, au lieu-dit « le pied de la Côte », sans avoir mis un pied sur le goudron…

Le challenge était réussi…C’était sans compter le passage des Gorges de la Mare, périlleux entre tous, sur la départementale, pour déboucher sur le Pont du Diable, une merveille de pont daté des XI et XII ème siècles, restauré par le Ministère de la Culture, et autres mécènes… Sans emploi depuis fort longtemps, vu son arcature étrange et son étroitesse…

Curiosité du randonneur et choc culturel: 500 mètres plus loin, débouchait le chantier de la nouvelle autoroute de desserte du Haut-Forez…

Les engins et les hommes s’affairaient à construire à dix siècles de distance, les mêmes ouvrages, ponts et routes…

Le petit pont du diable avait pourtant fière allure face aux monstres de béton armé de la future rocade…

http://www.youtube.com/watch?v=AQ1b23wrTi8

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Raymond3 · 2011-07-05

Qu'en est il du "goudron" et autres dérivés de la construction routière?

Mes nerfs sont mis à rude épreuve, moi qui ai transpiré année après année pour faire comprendre à nos jeunes qu'il y a bien longtemps qu'il n'y a plus de goudron sur les routes. Petite précision, le goudron est un sous produit de l'industrie du charbon, industrie réduite à sa plus simple expression depuis l'arrivée massive du pétrole; lequel donne en quantité un sous produit qui s'appelle le bitume; celui ci est utilisé sur la quasi totalité des routes. Et les routes asphaltées me direz vous? utilisation réelle mais confidentielle, confinée à des travaux de revêtements de trottoirs en ville et surtout d'étanchéité d'ouvrages d'art (avant la pose de la chaussée réelle) et de toitures terrasses dans certains cas; l'asphalte est un bitume naturel qui provient de la roche asphaltique que l'on trouve en France. L'asphalte utilisé sur chantier, c'est comme le paté d'alouette (tu connais sa composition: un cheval et une alouette), il y a un peu d'asphalte naturel et plein d'autres choses dont du bon bitume de base issu du pétrole). Quant au macadam, là on est quasi à l'âge de pierre et je ne l'évoquerai donc pas.

Après ce déluge de technologie, je te conseille de remettre en route le lien que tu nous a fait découvrir: http://www.youtube.com/watch?v=AQ1b23wrTi8 sublime.

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-07-05

Après ce déluge de technologie, je te conseille de remettre en route le lien que tu nous a fait découvrir: http://www.youtube.com/watch?v=AQ1b23wrTi8 sublime.

Ola, Amigo,

voce parece com alguem que eu conheco, voilà que je reconnais le personnage aux quarante huit mentions sur Google...merci pour cette leçon sur les matériaux enrobant, je te promet que je n'oublierai pas de faire désormais la distinction... et si l'on revenait sur des chemins où il n'y a pas de bitume...

« Les hautes chaumes sont l’un des grands greniers du monde où l’homme redevient l’enfant de ses sortilèges et de ses tourments… »(François Gravelines)

« je ne comprendrai jamais ces villages auvergnats qu’on voit perchés sur la montagne dans le vent et les hivers…ces paysages qui donnent des leçons d’au-delà…(Alexandre Vialatte in « Auvergne absolue »)…

On ne peut randonner en haute Auvergne sans croiser à chaque carrefour de routes ou de sentiers, à chaque embranchement, ces croix de bois, de fer ou de pierre, qui rappellent Auvergne romane et chrétienne…

Certes, le paysage urbain les a souvent déplacées par convenance, mais beaucoup persistent à demeurer aux détours des sentiers…

Elles rappellent les sentiers muletiers, les colporteurs, l’incroyable difficulté qu’il y avait à franchir les vallées entre Forez et Livradois, les hivers très longs, les estives dans les jasseries, très longues aussi…

De Jacques Lacarrière(1925-2003) un grand voyageur, les mots tirés de « chemin faisant »:

« Je suis à 1600 mètres sur le plateau de Pierre-sur-Haute, à la croix de Fossat… Juste derrière moi, le grand buron où vivent chaque été le vieux berger, sa femme et son fils…Et, tout autour, rien… Rien qu’une immensité à l’herbe rase, gonflée de mousse par endroit, là où coulent les rus, rien que ce dénuement des choses de la terre retournée à ses tons d’ocre terne, de vert fané… »

De Henri Pourrat: «L' Auvergne est une île lointaine, peinte en bistre sur un méridien numéroté… » (Les îles Auvergne)

http://www.youtube.com/watch?v=1-KlKIvjKFc

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Raymond3 · 2011-07-06

"merci pour cette leçon sur les matériaux enrobant, je te promet que je n'oublierai pas de faire désormais la distinction... et si l'on revenait sur des chemins où il n'y a pas de bitume... " oui et je préfère de loin ces chemins bucoliques pétris d'histoire. Que ces pays devaient être durs à nos anciens; les chemins parsemés de calvaires en disent long sur la souffrance de la vie de l'époque., mais aussi sur l'emprise de l'église... Pour s'en remettre, quelques notes locales: http://www.youtube.com/watch?v=tTd-N1Lxue0&feature=related

Bravo pour tes sélections musicales; une par jour et tu vas faire concurrence à Frédéric Lodéon; finalement une bonne méthode pour découvrir la musique classique.

Es tu dans le pays du Gaperon, ce délicieux fromage à l'ail et au poivre? A ne pas déguster avant un rendez vous galant sous peine de faire fuir la belle; sauf Henri IV qui était largement parfumé à l'ail et qui, dit on, avait beaucoup de succés auprès des dames! enfin, tout le monde n'est pas Henri IV qui veut

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-07-06

Pour s'en remettre, quelques notes locales: http://www.youtube.com/...&feature=related

ola amigo,

e bom ter senso de humor...de Smetana à Yvette Horner, tu nous fais faire le grand écart...mais ne dit-on pas que dans la perspective, les points de vue se rejoignent...d'ailleurs, tu vas voir que l'on trouve de tout sur le chemin auvergnat...

Où l’on attaque la grande traversée du Livradois-Forez par l’Ouest(13)

Ulysse avait bouclé la grande traversée Nord-Sud par les crêtes des Montagnes Bleues…il allait la reprendre par le côté occidental, en démarrant d’Issoire…

Il avait choisi Issoire-Brioude comme première étape parce que cet itinéraire chevauchait celui du Compostelle de Clermont à Murat…

C’était un bon souvenir et il rencontrerait peut-être des pèlerins… En fait, il ne rencontra que de magnifiques églises et abbayes romanes…Pas un pèlerin… L’étape sans pèlerin fut d’une grande monotonie…Évitant le « bitume », il doublait son itinéraire par des chemins creux et les concepteurs de l’itinéraire avaient multiplié les kilomètres…

Au bout de 24 kms, Ulysse, fourbu, choisit de terminer l’étape Arvant-Brioude en TER…il fallait se dépêcher s’il voulait visiter le tombeau de Saint Julien avant la fermeture de la basilique de Brioude…

Il ne le regretta pas : ce fut un festival de vierges en bois doré, parturiente (sic…) ou exceptionnelle, taillée dans de la lave noire…

Les reliques de Saint Julien dans leur châsse avaient un petit air orthodoxe et thessalonicien étrange(cf. le carnet « ascension du Mont Olympe)…Quant aux vitraux réalisés par un moine dominicain d’origine coréenne, ils étaient à comparer à cause de leur couleur aux vitraux de Soulages de Saint Philibert de Tournus ou de Conques…

En fait plus près de ceux de Chagall de la cathédrale Saint Étienne de Metz…ah! La couleur et la lumière…

L’étrange sol de Saint Julien, mosaïque de galets noirs et blancs de l’Allier, le jeu des couleurs des pierres et les enduits peints donnent à cette basilique un air de modernité…

Pourtant ces pierres datent du XI ème siècle…l’Auvergne romane est un plaisir du randonneur…

http://www.youtube.com/watch?v=IIcrgNtyX0U

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-07-07

Brioude, France profonde (14)

Si vous descendez à Brioude, à 12 kms de la limite Ouest du Parc du Livradois, choisissez l’Hôtel du Centre…

Ce petit hôtel, qui ne paye pas de mine à le bonheur d’être situé à la fois près de la maison du célèbre Mandrin*, mais surtout, par la rue de la Ganivelle(trace d’une porte du IX ème siècle, à deux pas de la basilique Saint Julien…

Si vous savez sourire à Madame Dumas, la propriétaire, elle vous donnera une chambre au troisième étage, où vous aurez vue sur les toits déjà provençaux de Brioude, mais aussi sur le clocher à arcatures romanes de la célèbre église…*

Madame Dumas est bourrue comme une auvergnate, mais a le métier chevillé au cœur et au corps, et le séjour dans son hôtel propret est un bonheur de France profonde…

Le soir, le bar vous accueille avec une forte odeur d’anis, et le matin, dès sept heures, la vaillante hôtelière est aux fourneaux…

Le prix de cet hôtel et le petit déjeuner concurrencent largement tous les gîtes d’étape du parcours…

Ne pas oublier de demander à votre hôtesse l’itinéraire pour rejoindre le Parc du Livradois-Forez et la Chaise-Dieu, votre prochaine étape, sinon vous contournerez Brioude et vous ajouterez deux kilomètres au compteur…

Prenez des forces avant l’étape suivante: 35 kilomètres et un dénivelé de 600 mètres. Peu de ravitaillement possible sur le Haut Plateau, quant aux auberges sur le parcours, nous y reviendrons page suivante…

On est vraiment en Auvergne profonde, mais ce n’est pas aussi fort que « l’auberge rouge »…

http://youtu.be/FSi-7lxTtcU

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Raymond3 · 2011-07-08

http://www.deezer.com/fr/music/l-arpeggiata-christina-pluhar-lucilla-galeazzi-marco-beasley/la-tarantella-antidotum-tarantulae-340722

nous ne sommes pas dans l'art roman auvergnat mais ça devrait bien aller avec tout de même.

Voir de plus près la tarantelle, ça donne des fourmis dans les jambes de ceux qui aiment la danse!

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-07-08


La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Raymond3 · 2011-07-09

De quoi, de quoi, pas de musique ce jour, le chemin t'aurait il coupé toute envie de te laisser bercer par les musiques de ton but pas si lointain que ça, si j'en crois ton road book. On va donc se trasporter directement à travers l'espace cybernétique et galactique jusqu'à La Chaise Dieu: http://www.youtube.com/watch?v=uFbWobut-nE Pour ceux qui n'apprécient pas trop, il y a d'autres horizons: http://www.youtube.com/watch?v=J_36x1_LKgg

Buen camino Ulysse

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Cléo40 · 2011-07-09

ça fait envie, toute cette fraicheur, surtout quand je pense à ce qui m'attend dès lundi matin : le désert espagnol ! Nous empruntons cette année le chemin catalan en partant de Montserrat. A suivre ! Bises sandrine

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-07-09

ça fait envie, toute cette fraicheur, surtout quand je pense à ce qui m'attend dès lundi matin : le désert espagnol ! Nous empruntons cette année le chemin catalan en partant de Montserrat. A suivre ! Bises sandrine

Ola Sandrine,

toujours fidèles à vos ruta espagnoles? j'ai préféré cette année la fraîcheur des Hauts plateaux du Livradois, surtout quand l'on sait qu'ils sont traversés par trois sentiers de Compostelle...façon comme une autre de se rappeler les sentiers parcourus...tu marches encore un peu avec moi sur la Chaise-Dieu? avant Montserrat...

Le grand vaisseau de pierres sur le plateau(16)

Vous partez de Brioude à 500 mètres d’altitude et vous montez pendant 35 kilomètres…. Certes, les épiceas et les sapins, la fraîcheur des sous-bois vous permettent d’oublier la raideur de la pente, mais pas sa longueur…

Vous avez quitté une vallée industrielle et encombrée, ici, vous n’êtes troublé que par le vol de quelques buses et quelques chiens de chasse enfermés qui ne comprennent pas votre passage…

Des scieries, des hameaux désertés, des masures à l’abandon, une vieille borne indiquant « chemin vicinal de Brioude à la Chaise-Dieu », quelques chapelles plus ou moins romanes vous rappellent que vous êtes sur le domaine de l’abbaye de la Chaise-Dieu…

Véritable empire chrétien entre le XI ème et le XIV ème siècles, cette abbaye bénédictine régna sur plus de quinze autres abbayes et plus de six cents prieurés au plus fort de son expansion…

Elle donna même un pape à Avignon, Clément VI, qui s’y fit enterrer…

A 6 kms de l’arrivée, elle commence à apparaître à 1080 m d’altitude, comme une grosse église incongrue dans ce paysage de forêts, de pâturages et de tourbières…

Au fur et à mesure que vous approchez, ses dimensions vous en imposent un peu plus… Elle règne désormais sur un village médiéval anciennement fortifié…

Le palais des abbés et celui du Cardinal de Rohan n’ont pas fait disparaitre les anciennes maisons fortes…

Et si vous choisissez la chambre 201 de l’Hotel Casa dei au pied des marches et du tympan, elle vous écrase de votre fenêtre…seules les galeries boisées incongrues et italianisantes de son deuxième niveau réchauffent un peu la facade de granit…

Vous aurez droit à sept heures aux cloches des moines.Le village dort encore, le soleil n’est pas encore levé derrière le bois de Lagonaz…

http://youtu.be/sYBDmVCiUF8

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Raymond3 · 2011-07-10

ça fait envie, toute cette fraicheur, surtout quand je pense à ce qui m'attend dès lundi matin : le désert espagnol ! Nous empruntons cette année le chemin catalan en partant de Montserrat. A suivre !

Vous ne partez pas au travail! alors ça ne peut être que du bonheur. Je donnerai cher pour être à votre place. Je me rattraperai sur votre road book, si vous en faites un.

Buen camino peregrinos

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-07-11

Vous ne partez pas au travail! alors ça ne peut être que du bonheur. Je donnerai cher pour être à votre place. Je me rattraperai sur votre road book, si vous en faites un.

Buen camino peregrinos

Ola amigo,

Si tu comptes sur un road-book de Sandrine et Manu, tu vas être déçu...ils sont bien trop occupés à écouter de la guitare-manouche et à boire des "cuba libre" pour rendre compte de leurs itinéraires...mais si tu es sympa avec eux, tu peux te retrouver à partager leurs "cuba libre" dans une petite maison au fond du Morvan...(ne le dis à personne...)

La Chaise-Dieu - Pontempeyrat (28 kms):

Chez Madame Faure, à la Casa Dei, logis de France, tout est excessif, même le petit déjeuner…Elle collectionne aussi bien des copies de Botero que des moulages de Niki de Saint Phalle… Elle collectionne même les poupées(sic…) Mais charmante comme une hôtesse dans la maison de Dieu (sic…)Casa Dei…

Elle vous racontera l’histoire de la route de Brioude à La Chaise-Dieu du temps où les pompes à essence fonctionnaient encore à la main et où les petites auberges proposant l’omelette aux cèpes proliféraient avant les excès de la réglementation européenne…

Elle vous racontera les saisons à la Chaise-Dieu et ses hivers froids et secs, mais avec un ciel si bleu…

Tout compte fait, elle vous indiquera le chemin de Bonneval, en direction de Pontempeyrat, en vous déclarant:

« vous verrez, vous aurez la surprise de vous croire en Forêt Noire… »

Elle n’avait pas tout-à-fait tort…Ulysse compta 6 véhicules en tout et pour tout en deux heures de temps, dont un étrange véhicule, façon roulotte de cow-boy montée sur pneus, tracté par un lourd cheval de trait et conduit par un huluberlu barbu…

Cet attelage allait bon train, puisqu’Ulysse ne put s’en défaire qu’à la bifurcation de Saint Victor sur Arlanc…le lourd attelage n’allait pas s’attaquer à une pente d’au moins 12%…

Arrivé à Beaumont, à douze kilomètres de la Chaise-Dieu, vous marchez sur un plateau à plus de 1000 mètres d’altitude fait de landes et de bois, où les agriculteurs de montagne sont en pleine fenaison…

C’est à qui retourne le foin fraîchement coupé, fanant au bruyant tracteur, c’est à qui roule la paille en rouleaux erratiques à travers champs… On sent de temps à autre cette odeur alcoolisée dont raffolent les vaches, odeur que prend le foin enrobé de plastique noir et pourrissant doucement…

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-07-11

Où l’on quitte le Puy-de-Dôme pour retrouver Loire et Haute-Loire(18)

Passé Jullianges, vous entrez en Haute-Loire…les fermes sont moins soignées…le fermier en Haute-Loire est un conservateur de matériel agricole…il ne se défait jamais de son matériel ou de son auto, même obsolètes��

Autour des bâtiments de ferme, on peut reconstruire l’histoire du matériel agricole des cinquante dernières années, voire de l’automobile des trente glorieuses…

De vieilles Juva 4 dorment à côté d’étonnants tubes Citroen ayant eu plusieurs vies… Là, une camionnette Renault repose en plein champ, l’axe de roues avant rompu…

Heureusement, la nature reprend vite ses droits et, comme dans les habitations abandonnées, elle envahit les parties creuses des engins…les roues disparaissent au profit de buissons d’orties, la cabine avant héberge quelques poules ou parfois les enfants de la ferme jouent avec ces monstres rouillés…

Il en est de même des étables…ce sont de véritables capharnaüm où la technologie la plus actuelle côtoie d’anciennes barattes métalliques…

L’hygiène de ces fermiers-collectionneurs fait parfois douter le randonneur-consommateur…Il est des relents d’ »esterichia coli » qui passent, terrassées vraisemblablement par la stérilisation de la Coopérative proche…

Bonheur du randonneur, les fermettes aménagées des résidents-citadins paraissent bien fades, lorsque l’on a partagé la vie d’un hameau de haute altitude, assis dans l’herbe sous la croix rituelle, non loin des abreuvoirs « tout aussi rituels » eux-aussi…

Quelques vieux fermiers lisent sous un noyer le quotidien du Puy-en-Velay…des fermières impotentes sont allées fleurir les tombes de leurs proches et reviennent du petit cimetière en claudiquant…

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Raymond3 · 2011-07-12

Pas de carte pour se situer et moi, le riverain des littoraux océaniques, m'y perd un peu. Où est ma géographie? N'as tu pas quelques images de ces musées vivants des matériels agricoles ? ça me rappelle les vieux matériels que l’on trouve sur le chemin de Compostelle en Galice, de vieilles charrues semblant sortir de la quasi préhistoire. As-tu fait le même constat dans ta traversée du Larzac ?

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-07-12

Pas de carte pour se situer et moi, le riverain des littoraux océaniques, m'y perd un peu. Où est ma géographie? N'as tu pas quelques images de ces musées vivants des matériels agricoles ? ça me rappelle les vieux matériels que l’on trouve sur le chemin de Compostelle en Galice, de vieilles charrues semblant sortir de la quasi préhistoire. As-tu fait le même constat dans ta traversée du Larzac ?

Ola Amigo,

Un haut plateau coincé entre deux plaines d'effondrement, les plaines du Forez(où coule la Loire) et la plaine de l'Allier(où coule, comme il se doit l'Allier) situé à mi-chemin de Lyon et de Clermont-Ferrand...tu situes mieux? Je n'ai pas osé prendre en photo ces reliques agricoles, à la fois choqué par cet éparpillement de vieilles ferrailles, et nostalgique de toutes ces carcasses de véhicules pleines d'histoire. Le Puy-de-Dôme et le Larzac sont beaucoup plus coquets, comme si les "paysans de la Haute-Loire" avaient chevillé une âme de "ferrailleurs..."

Suivre ou ne pas suivre le tracé du petit train touristique? (19)

A partir de Jullianges, vous croisez le tracé du petit train touristique du Haut Livradois, qui part d’Estivareilles et rejoint la Chaise-Dieu (Gare de Sembadel)

De loin en loin, des ponts, des tunnels, des ouvrages d’art plus ou moins bien entretenus…

Les maisons de garde-barrière ont l’air d’avoir été rachetées par des particuliers: elles prennent l’air de résidences secondaires…

Un âne, abandonné dans un pré, regrette avec force braiments que vous ne partagiez pas sa solitude…

Il faut ruser avec le « bitume » de la Départementale, doubler le parcours en traversant d’improbables hameaux peuplés de 83 et de 06...Les varois et les nicols désertent leur grande bleue les mois d’été et privilégient ces régions boisées et fraîches à quelques 400 kilomètres au Nord…

Ancolies, digitales, bleuets, coquelicots, ont repris leur place dans les champs et aux bords des chemins…les pratiques agricoles en matière de pesticide se faisant moins violentes…

Et puis voilà Craponne-sur-Arzon, gros village sur la route, son marché, sa tour de guet, ses petites rues médiévales, ici le temple et l’église se font face et font bon ménage…

Les croix de bois et de fer continuent à vous guider le long du chemin, rafistolées, reconstruites, déplacées…

L’imaginaire du randonneur se complaît à suivre ces sentiers de muletiers dont les croix rappellent le tracé…

Un grand cuisinier, originaire du Livradois, Pierre Gagnaire, confiait que son âme d’enfant était peuplée de petites églises et de ces croix propres à cette rude région… On ne peut s’empêcher de lire à livre ouvert l’histoire de ces contrées sauvages à l’ombre de leurs croix….

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-07-14

Pontempeyrat, au fond du vallon, caravanes, roots et compagnies(20)

Au départ, l’étape de la Chaise-Dieu-Pontempeyrat(28 kms) aurait du s’intituler La Chaise-Dieu-Usson-en-Forez(35 kms)…

Hélas, l 'hôtel Rival, à Usson, était fermé pour travaux…L’office de tourisme de Saint Bonnet le Château proposait en alternative un centre de formation pour « professionnels de la piste et de la scène », susceptible d’accueillir des randonneurs entre deux formations dans un village de caravanes…

Le prix était attractif: 20 euros la nuit, le dîner du soir en plus…Il ne fallait pas hésiter à raccourcir l’étape dans la certitude de trouver un gîte…

Au fond d’un vallon humide et verdoyant, sur les bords de la rivière l’Anse, dans les locaux d’une ancienne hôtellerie, une sorte de Woodstock moderne, subventionné par les collectivités régionales et locales, propose vivres et couverts dans une joyeuse fraternité…

Une compagnie résidente était sur le point de quitter les lieux, une autre troupe, plus nombreuse, était sur le point d’arriver dans le cadre du festival estival hebdomadaire…on ne serait que huit à table le soir, régisseur, cuisinier, randonneurs de passage, comédiens sur le départ…

Les fumeurs fumaient dans l’âtre monumentale de la cheminée, le rhum-arrangé du bar « fouriériste », où chacun notait sa consommation, favorisait un échange étrange entre randonneurs italiens et français, comédiennes amatrices de « land-art » et cuisinier parlant savamment des distinctions subtiles qu’il faut connaître entre la fourme d’Ambert et celle de Montbrison…

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-07-15

Pontempeyrat-la plaine du Forez(21)

On quitte Pontempeyrat dès l’aube, avant que le Centre ne reprenne vie…Les comédiens ne sont pas encore partis…

Il a fait 4° dans la petite caravane de « montreurs d’ours », mais les duvets sont efficaces.

On remonte sur le plateau en direction d’Usson-en-Forez, en évitant comme une peste la départementale…

On est tenté de suivre le tracé du chemin de fer touristique dont les grands viaducs enjambent les forêts d’épicéas…Il court le long du chemin jusqu’à Estivareilles sur plus de 20 kilomètres…

On serait tenté de le prendre s’il n’était pas aussi « touristique » et imprévisible, tant les fatigues des deux cents kilomètres parcourus commencent à peser…

Le fameux GR 3 que l’on avait suivi dans la première partie du Nord au Sud du Parc, n’est plus très loin…il file sur Apinac et Valprivas en direction du Puy en Velay pour s’enfoncer dans les gorges de la Loire…juste derrière Pravacher…

Usson est encore endormi quand on croise les premiers marchands-forains qui installent leur étals ou boivent leur premier café au bar de la place de l’église…

On est sur le point de quitter le Haut Plateau pour redescendre doucement vers la Plaine du Forez par Saint Bonnet le Château…

Plus que 30 kilomètres de rando avant la fin du parcours…On aura bouclé les deux tiers du Grand Tour du Plateau du Haut Livradois…Plus de 225 kilomètres en 7 étapes:hors du temps, loin des plaines abîmées par les routes et les autoroutes surchargées, le Plateau du Haut Livradois est une île sauvage, faite de bois, de landes et de tourbières…

Vous ne troublez que quelques biches, cerfs ou faons…parfois un lièvre au cul blanc… Les buses et les grands rapaces observent du haut de leurs vols circulaires ces étranges randonneurs égarés dans ces endroits si paisibles…

http://www.youtube.com/watch?v=fXJAM-BUcJs&feature=share

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Raymond3 · 2011-07-15

Ulysse aurait il rencontré une sirène pour terminer son périple en apothéose?

Sur le chemin du retour, Ulysse rencontre les Sirènes. Elles attirent les marins sur les récifs par leurs chants magnifiques puis les dévorent. Ulysse raconte…

« De mon poignard de bronze je divise un grand gâteau de cire. A pleines mains j’écrase et je pétris les morceaux. La cire est bientôt molle entre mes doigts puissants. De banc en banc, je vais boucher les oreilles de mes marins. Puis ils me lient les bras et les jambes et m’attachent debout au mât. Chacun retourne à sa place et bientôt les rames battent le flot qui blanchit sous les coups.

Soudain les fraîches voix des sirènes entonnent un chant :

« - Viens ici ! Viens à nous ! Ulysse si renommé ! Arrête ton navire : viens écouter nos voix ! Jamais un vaisseau n’a doublé notre cap sans écouter les doux airs qui sortent de nos lèvres. »

Elles chantaient ainsi et leurs voix admirables me remplissaient le coeur du désir d’écouter encore. Je fronçais les sourcils pour donner à mes marins l’ordre de me détacher.

Mais ils venaient resserrer mes liens et mettre un tour de plus. Nous passons et bientôt, l’on n’entend plus les cris ni les chants des sirènes. Mes braves marins se hâtent d’enlever la cire de leurs oreilles et de me détacher. L’île enfin disparaît. »

D’après Homère, L’Odyssée, chant XII. Buen camino Ulysse

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Tomas3 · 2011-07-22

Le mythe de Raimondo(22)

Les photos égarent parfois le lecteur vers des délires mythologiques… Ulysse marche d’île auvergnate en île auvergnate, le seul nectar qu’il respire est celui de l’ambroisie, cette fleur parasite contre laquelle luttent les agriculteurs…

Certes, dans un autre carnet( l’archipel des îles du Cap-Vert) le randonneur s’était mué en navigateur, passant d’île en île dans cet archipel aux dix îles, et, dans la dernière d’entre elles, il avait rencontré sa « muse », une magicienne celte égarée sous le I3 ème degré de longitude Ouest…

Alors plutôt CIRCE que Sirène, plutôt lothophage que Charibe ou Scylla…

Ulysse n’aurait nul besoin de cire d’abeille ni de mât ligoté pour résister aux séductions de cette ilienne…

Il l’a emmenée avec lui, négligé les prétendants du palais d’Ithaque, méprisé les oracles de la nymphe Clio, dans son palais Numide…

Circé partage désormais la vie d’Ulysse, les philtres aux myrtilles et aux gentianes…les omelettes aux cèpes et aux bolets….

Il reprendra ses vaisseaux pour d’autres aventures, avec Circé, il apprendra le lothophage et le dialecte des dieux, au moment où dans l’hémisphère Nord, les saisons basculent pour des ciels de pluie et des brumes glacées…

Les épicéas, les landes et les tourbières, il les oubliera pour des lagons de vert et d’azur, des salines de blancs et de nacres…

Au domaine des Muses, dans le jardin des Hespérides, il est un archipel que les Anciens ont désigné comme l’Atlantide, c’est l’archipel de CIRCE…

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Raymond3 · 2011-07-22

Magnifique fin de traversée où la légende d’Ulysse bouscule et s’imbrique dans ton voyage auvergnat, que je ne qualifierai pas encore de légende, sauf à t’envoyer directement au royaume des cieux ou d’ailleurs. Ulysse et son archipel méditerranéen, Circé et le sien qui se veut atlantique ; Ulysse le mythique, « l’ancien », et Ulysse qui découvre le monde, lui et les autres au pas du marcheur ou du pèlerin. Je ne sais plus trop qui est qui dans cette saga qui divague, musarde et se s’imbrique dans cette histoire de légende. Nous entrons dans le royaume du rêve, le domaine des Muses, le jardin des Hespérides.

La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez)

Bobcat · 2011-11-27

Allo Arrawak.... tu ne prends plus les mp..... ? Comment je te joins ???

VoyageForum — the largest community of French-speaking travellers.