Je m'y prends peut-être un peu tard pour vous faire part de mon expérience mais je pense qu'elle en vaut la peine.
J'ai passé deux semaines seule à Madère ce printemps (j'ai un peu plus de 28 ans, et ne me suis pas fait klaxonner...). Un excellent plan pour loger seule tout en faisant des connaissances et en se déplaçant sur l'île : loger en auberges de jeunesse (même à 50 ans !). Leur site n'est pas évident à trouver, le voilà :
http://juventude.gov-madeira.pt/IJM_C01.aspx?categ=Cat_ME_Centros_Apresentacao puis aller sous Centros de Juventude. C'est en portugais mais c'est compréhensible et il y a un descriptif en anglais. Il y a 4 auberges sur Madère et une à Porto Santo. A Funchal (=Quinta de Ribeira), ils ont des chambres à un lit avec salle de bains privée, ménage et lit fait tous les jours, pour 15 euros la nuit ! Ma fenêtre donnait sur une cour intérieure très tranquille et fleurie - l'AJ a d'autres chambres simples et doubles qui peuvent donner sur une rue bruyante - cuisine très propre et bien équipée à disposition, salon avec meubles recouverts de velours, WiFi gratuite, immense supermarché Pingo Doce et terminal de bus de la SAM - ceux qui vont à l'est et notamment à l'aéroport - à 200 mètres. Le luxe quoi ! Et le personnel est très sympa, serviable et souriant. Excellente occasion de pratiquer des bribes de portugais car l'anglais est souvent très basique et le français inconnu.
J'ai fait de la rando seule également, et je m'en suis félicitée, car je n'aurais pas supporté de faire partie de ces nombreux groupes qu'on croise ou qu'on essaie de dépasser sur les lévadas les plus populaires. Tout ou presque est accessible avec les bus de l'île, surtout si on passe quelques nuits dans les AJ "périphériques", pas besoin de voiture. Les bus sont fiables à 95 % - avis personnel - et permettent d'apprécier tranquillement le paysage tout en côtoyant la population locale. Evidemment ça prend plus de temps qu'en voiture. Mais les randos organisées sont horriblement chères par rapport au simple prix du bus, et pour ce que j'en ai vu et entendu, l'apport du guide est largement négligeable dans l'affaire. Seule on s'arrête quand on veut et où on veut, on se mange son casse-croûte dans des endroits superbes qui ne pourraient pas accueillir tout un groupe, et on trouve toujours quelqu'un pour discuter si on en a envie.
Pour ma part je me suis sentie en sécurité sur pratiquement tous les itinéraires que j'ai tirés du guide Rother, il y a du monde partout et si on se casse la cheville, qu'on soit en groupe ou seule ne change rien à l'accès des secours ! Il faut évidemment rester raisonnable et humble, il m'est arrivé une fois de renoncer en cours de route car je ne me sentais pas suffisamment en sécurité sur un parcours vertigineux et quelque peu humide. Mais là aussi, si je tombais dans le précipice, être accompagnée n'aurait rien changé à l'affaire... ou si peu. Par précaution, il faut bien sûr avoir enregistré le numéro des secours dans son portable et l'avoir à portée de main. Et jeter un coup d'oeil à la météo avant de partir. Mais cela n'est pas valable qu'à Madère.
Globalement mon impression sur la population de Funchal est mitigée, tout est tourné vers le tourisme rentable, mais on le ressent moins si on ne loge pas dans la zone hôtelière et qu'on ne mange pas autour de la marina ; et probablement aussi si on vient hors saison. L'office du tourisme n'est d'aucune utilité et l'accueil y est désagréable. Allez-y si vous avez une heure à perdre... Dans les villages par contre les gens sont nettement plus sympas. C'est une généralité malheureusement valable dans tous les pays elle aussi.
Bref, Madère a été pour moi une très belle expérience au niveau de la rando, de l'apprentissage de quelques rudiments de portugais, de la découverte de l'île et de la population locale en toute liberté, dans des conditions tout à fait confortables et accessibles financièrement. Un vrai petit plaisir quoi ! Mais toutefois sans ce sentiment qu'on ressent parfois de vouloir y retourner dès que possible.
Charlotte