Même pas vrai ! Tu vas être déçu...
Mais il y a eu une discussion que Jean-Michel connaît, car il y a participé, et dans laquelle je donne petit à petit plein d'infos, même des photos prises chez les autres (des très pauvres), et puis chez moi.
J'explique aussi et en partie les motivations qui m'ont poussé jusqu'ici, et surtout pourquoi j'y reste, même avec mon fusil toujours à portée de main.
Ca, ce n'est pas une blague, même s'il ne faut pas dramatiser non plus, je ne vis pas avec l’épée de "la dame aux cleps" au-dessus de ma tête. Mais ici on est toujours à la merci d'un muchacho qui, un samedi soir bien arrosé, ne supporte plus sa condition, car il a compris au travers des films et séries télévisées qu'il a vus, toute l'opulence de nos pays. Il a vu ça chez ses potes qui ont la télé, car lui n'a pas d'électricité. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais la télé sans électricité, ça marche moins bien, même à côté du barrage d'Itaipu. Et le muchacho sait qu'il est complètement illettré, il sait qu'il vit dans une cabane sans eau ni électricité, que sa vie ne changera pas, et qu'il aura toujours une vie de merde... Alors un soir de beuverie, tout d'un coup il en a marre, il pète un câble, prend le revolver de son père (tout le monde est armé ici) et va se faire son petit braquage chez ceux qui ont de l'argent, les étrangers, puisqu'un smicard est millionnaire comparé à lui.
Quand tu vis hors des villes comme moi, près des Guaranis de la campagne, tu vis avec les pauvres comme tu ne savais même pas que ça existait. Pour te faire un bon comparatif, les pauvres de Cuba sont très riches à côté des pauvres que je côtoie tous les jours.
Je vis dans un western, un vrai, sorti des villes rien n'a changé depuis Lucky Luke et les Dalton. Pas de frigo, pas de télé, pas de machine à laver (qui ne serviraient pas car pas d'eau courante et pas d'électricité), des latrines, on achète la bouffe au jour le jour pour la conserver avec la chaleur parfois supérieure à celle de Cuba ; bref question confort, on pourrait critiquer !
la seule différence étant que ceux qui vont a la ville y vont en voiture. A la campagne, on se déplace toujours à cheval, sur des chemins de terre rouge, il n'y a pas de routes. (7,30m de route au kilomètre carré au Paraguay, concentrés sur les grands axes, contre 1462m en France, soit 200 fois moins)
C'est tout cela qui fait le danger ici, et il ne faut ni l'exagérer ni le sous-estimer... Car ce que personne ne dit, c'est que 60% de la population habite en campagne profonde et vit de la sorte dans une ignorance et un illettrisme terrifiants. Au moins les Dalton, eux, ils avaient une école, même s'ils n'ont pas voulu y aller, mais on s'en fout, il y a des écrivains publics partout.
Mais ici, au moins on vit intensément au quotidien.
va jeter un coup d'oeil à la discussion
http://voyageforum.com/forum/ou_atterrir_en_amazonie_pour_une_randonnee_plusieurs_jours_D4292046-3/Essaie de tout lire, d'abord la discussion est sympa et finalement on en sait beaucoup plus sur le Paraguay après l'avoir lue.
Elodie, excuse-moi si ça te saoule, je sors du sujet...