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D'une côte à l'autre des USA en Harley

Discussion started by Genevois on 2012-03-28

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D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-03-28

Le rêve américain. Notre rêve américain. Celui qui a valeur de mythe pour les passionnés de randonnées en 2-roues que nous sommes. 2-roues, oui, mais pas n'importe lesquelles. Celles de la machine qui fait vivre le mythe, celles qui font de leurs cavaliers des pionniers chevauchant leur monture au moteur de fonte, celles qui donne son sens au mot liberté : une Harley.

Une Harley qui va nous amener d'une côte à l'autre par le sud, le long du Golfe du Mexique et des côtes de Floride, de l'Alabama et du Mississipi, à travers les bayous de Louisiane, par la traversée du Texas en frôlant parfois le Rio Grande, puis les déserts du Nouveau-Mexique et de l'Arizona, les néons du Strip de Vegas avant la grande plongée sur la Cité des Anges.

Plus ou moins 5000 km de bitume et de poussière, comme une balade au son d'une bonne guitare, avec parfois quelques riffs rapides sur des tronçons d'Interstate pour garder le rythme.

Quel projet ! Certainement un peu insensé au départ, en mai dernier lors du rassemblement de Grimaud, puis réfléchi ensuite avec Gérard, un autre passionné comme nous. Ma cavalière d'épouse partageant ce plaisir de rouler, elle n'a pas eu besoin d'être convaincue. Moteur, on y va ! Gérard, lui, partira seul, avec la bénédiction des siens, conscients qu'il va réaliser un vieux fantasme.

Presque 10 mois à rêver de l'envol, à construire l'itinéraire, à choisir les "Scenic Drive", à étudier les courbes météorologiques pour éviter si possible toute mauvaise surprise. 10 mois passés si vite ...

Pour voler à destination des USA, nous avons opté pour Air Canada, via Montreal. Nous avions le choix avec deux compagnies US, Continental et United qui ont aussi des vols directs depuis Genève sur l’Amérique du Nord. Mais la canadienne offre de meilleures conditions de vol, confirmées une nouvelle fois. Dans le B767, nos jambes pouvaient se déplier entièrement, chaque siège était équipé d’un bon système de divertissement et l’équipage était efficace. Ce n’est pas la réputation des compagnies américaines, d’où notre choix. Seul bémol, les repas payants entre Montreal et Orlando, soit plus de 3 heures de vol. Mais c’est la règle pour les vols internes en AmNord.

Orlando, point de départ de l'aventure. Le magasin Eaglerider, spécialiste US dans la location de motos, est proche de l'hôtel booké sur le net, le Quality Inn Florida Mall. Outre la location de la machine, Eaglerider propose un "free pick-up" dans un hôtel de la ville pour autant qu'il soit à moins de 7 miles du magasin, ce qui est le cas pour nous. A l’heure comme prévu, un van nous conduit en à peine 5 minutes au magasin. Plusieurs clients sont déjà là pour prendre en charge leur machine. Le personnel est efficace : en même pas 15 minutes tout est prêt au niveau administratif. Nos motos sont devant, sur le parking, elles nous attendent. Deux magnifiques Electra-Glide noires, pour lesquelles un employé viendra nous expliquer quelques fonctions. 10 autres minutes et cette fois nous sommes parés.

Les trois sacoches sont largement suffisantes pour transférer nos affaires, tout est chargé. Nous enfourchons, quelle sensation ! Et quel poids surtout. Ma Dyna fait office de trottinette à côté de cet engin… Il faut vraiment veiller à l’équilibre sur la moto à l’arrêt, car si elle part sur le côté, tu ne la retiens pas. Notamment quand le passager monte. Dominique prend place à l’arrière, confortablement installée, presque sur un canapé. Sortir d’Orlando est facile, Eaglerider est sur un axe, en l’occurrence la US 441 qui traverse la ville du Nord au Sud. Nous avions printé notre itinéraire via Google Map, aucun souci pour trouver ensuite la 50 qui part en direction de l’ouest, puis la 27. Notre but : la US 19 North qui longe la côte ouest de la Floride direction Tallahassee. Il n’a pas fallu longtemps pour se familiariser à la machine et aux commandes. Surtout à celles de la radio qui diffuse déjà de la musique US après quelques centaines de mètres. Le volume à gauche, le changement de stations à droite. Country, Rock, Blues, hits US, la réception est exceptionnelle.



La conduite est facile tant les américains sont respectueux sur la route. Pas de coups de klaxons, les vitesses sont respectées, les routes bien indiquées. Un réel plaisir. Bon d’accord, le paysage de la Floride n’est pas des plus folichons, limite monotone, mais la musique, le plaisir de piloter la reine des Harley, sentir le vent de la vitesse, le ronronnement du moteur, comment ne pas être sur un nuage ? Même le long de la US 19, à 55 miles/heure, longue traînée de 150 miles en quasi ligne droite au milieu de la forêt sauvage de Floride. Quelques petites villes, des « bleds » plutôt loin de la modernité des grandes cités US, déjà un sentiment d’Amérique profonde. Fin d’après-midi, Tallahassee est en vue. Quelques belles propriétés fleurissent sur les côtés de la route, sous les arbres du sud et leurs branches si spéciales qu’on en dirait du coton usagé qui pend depuis les hauteurs. Comme toutes les villes, Tallahassee n’a pas vraiment de centre et nous ne nous rendons pas vraiment compte que nous roulons dans la ville, elle est si étendue.

Notre feuille de route sera suffisamment précise, en mileage, en temps et en indication pour trouver notre hôtel du soir, un autre Quality Inn, au nord de la ville sur la US 27 le long de North Monroe. La circulation est dense en cette fin d’après-midi, mais toujours facile. Devant l’hôtel de ville, nous voyons une manifestation d’Afro-américains qui protestent avec bruit contre la libération du meurtrier d’un jeune Noir en Floride. Mais la réunion se veut pacifique et n’entrave pas la circulation. Arrivés à l’hôtel, la piscine nous tend son bassin d’eau tiède. Pas fraîche, mais suffisamment agréable après une journée de route sous le chaud soleil de Floride. L’Electra Glide est vraiment confortable, ni mal aux fesses (pas encore…), ni au dos.

Un petit souci nous préoccupe : Gérard a deux témoins qui se sont allumés sur le tableau de bord : ceux de la batterie et du moteur. Surchauffe ? Réel problème ? Eaglerider Orlando est déjà fermé, nous ne pouvons les appeler. Nous reprendrons les motos pour aller manger ce soir, nous verrons si ces témoins seront encore allumés. Nous avons aussi pu voir que les brêles sont assez gourmandes, nous avons déjà dû faire 2 fois le plein. Là aussi, bien différent de chez nous. Il faut payer soit avec une carte de crédit, soit prépayer à la caisse avant de pouvoir obtenir de l’essence. Bien sûr, on vous rendra la monnaie de ce qui n’a pas été dans le réservoir…

Première journée, déjà magique. Incroyable le nombre de motos que nous avons croisées ! Et que des grosses, quasi pas une seule Sporster. Par contre, la grosse majorité des bikers ne portent aucun casque comme l’autorise la loi en Floride. C’est très tentant, mais un accident pourrait rapidement devenir dramatique, surtout à des milliers de kilomètres de chez soi. Nous serons sages et garderons nos casques. Rien ne dit que nous ne tenterons pas une petite « Ride » tête nue d’ici peu…

La météo s’annonce bonne demain. Direction Fort Walton Beach, le long de Golfe de Floride …

Deuxième jour. Celui où quelques convictions bien ancrées sont rapidement tombées, mais j’en parlerai un peu plus loin.

Départ de Tallahassee vers les 08h30. Difficile de partir plus tôt car le jour se lève plus tard que chez nous. Le blouson de cuir se supporte le matin, car la température est fraîche, d’ailleurs les motos étaient recouvertes de rosée. Notre itinéraire Google Map fait toujours office de GPS sur papier, avec Dominique comme référente. Bien installée à l’arrière, elle me guide à travers les rues de la ville pour tomber sur la US 319 qui part direction sud, puis vers l’ouest. Les premiers kilomètres ressemblent aux derniers d’hier, de longs bouts droits entre les arbres, toujours cette large tranchée dans la forêt.

Une espèce de brume enveloppe la nature environnante, sauf que ce n’est pas du brouillard mais de la fumée. Cela doit brûler quelque part et pas qu’un peu vu l’odeur et la densité. Cela nous rend un peu inquiets, la route sera-t-elle coupée plus loin ? Finalement non, même si cette fumée est restée présente pendant plusieurs kilomètres.



Sur ces longs bouts droits, le Cruise Control de la moto est un plaisir, permettant de soulager chaque bras. Encore un avantage de la E-Glide. Dès le village de Sopchoppy, la route se diversifie et passe enfin sur une seule voie, traverse des villages, emprunte des courbes et, cherry on the cake, la fumée a maintenant disparu pour laisser la place au ciel bleu. Peu avant Lanark Village, la mer fait son apparition, calme et même d’huile. Sable blanc, plages désertes le long du Golfe du Mexique, la saison n’a pas encore commencé, même si quelques familles font bronzette sur le sable. La radio de la moto continue à déverser sa musique US et c’est le moment de tomber notre première conviction : après un arrêt pour aller voir la mer de très près et faire quelques photos, nous posons les blousons vu la chaleur. La plupart des motards croisés roulent sans casque. Mmmmhhhh, c’est très tentant … Et nous succombons à ce plaisir impossible en Europe. Impossible pour des raisons légales et impossibles vu l’indiscipline des conducteurs du Vieux-Continent. Ici le risque est limité, l’Américain étant particulièrement attentif aux règles, tant de vitesse que de respect. Donc crème solaire, casquette pour Gérard et bandana pour moi. Dominique est surélevée à l’arrière de l’Electra-Glide et plus exposée au vent. Elle gardera donc son casque. Cette partie de la côte le long de l’US 319 est splendide, la vitesse est lente, 45miles/heure maxi, rythme balade. Contrairement au départ de Tallahassee, elle n’est plus à double voie, mais il s’agit maintenant d’une belle petite route côtière. Les maisons sont principalement sur pilotis, souvent avec une terrasse sur le toit, face à la mer. Le 4x4, voire le camping-car (version US) sous la maison. Nous sommes impressionnés par le nombre d’églises, plus nombreuses que les bars et restaurants. Eglises qui sont toutes superbes, souvent de style différent, mais toujours soignées. Impressionnés aussi par les belles propriétés qui bordent la route, maisons posées sous les arbres, pelouse soignée.



A Eastpoint, un pont enjambe un bras de mer pour atteindre Apalachicola, superbe petite bourgade. Nous nous arrêtons à la sortie de la ville pour boire un café (américain) sur une terrasse. Sur la route devant nous, c’est le défilé de la démesure américaine en matière de véhicule. 4x4 énormes aux V8 vrombissant, pick-up avec roues jumelées à l’arrière, camions qui transportent des mobilhomes imposants, camping-cars qui ont l’allure d’autocar et qui tractent encore un 4x4, les gros véhicules ne connaissent pas la crise ! Comme les motos, en nombre et en … bruit ! 90 % de Harley, aux USA on roule américain évidemment.

Mexico Beach est en vue et il est l’heure de se restaurer. A l’entrée de la ville, le Toucan’s Bar est attirant avec sa terrasse sur la plage. Deux autres motos sont devant l’établissement. Elles sont pilotées par deux Suisses-allemand rencontrés la veille à … Eaglerider Orlando ! Comme nous, ils roulent en direction de Los Angeles. Le monde est petit, des compatriotes qui mangent dans le même restaurant à Mexico Beach/Floride !

Au Toucan’s, c’est la deuxième conviction qui s’écroule : celle de manger léger à midi pour être plus à l’aise au guidon. Crevettes et poisson frits, avec justement des frites, le tout dans une proportion … euh … américaine. Quelques lourdeurs d’estomac en perspective pour le reste de la journée… Il reste de la route jusqu’à Fort Walton Beach, pas le temps d’envisager une baignade ou une bronzette sur le sable blanc. On se remet en selle, mais la route perd rapidement de son attrait. La US 319 s’est transformée en US 98 et s’est vu rajouter une voie de circulation pour (re)devenir une large route à deux pistes. La vitesse de croisière augmente, les bords de route sont moins intéressants.

Panama City est traversée et nous décidons de tirer sur la US 30 qui part en direction des plages de Panama City Beach. Les petits bleds style Mexico Beach ou Carabelle laissent la place à ce que j’appellerai Rimini-sur-Golfe-du-Mexique. Grands immeubles, boutiques et articles de plage partout, la station balnéaire de masse par excellence. Heureusement, à la fin mars, le site est encore peu fréquenté, mais j’imagine qu’en août, le monde doit être proportionnel à la chaleur. Par contre, la traversée en moto est assez agréable, vitesse lente, le long des plages, plus sympa que les 60 miles/heure de la 98. Nous irons le plus loin possible par ces petites routes de bord de mer. Vers Grayton Beach, les immeubles ont laissé place à de belles maisons, visiblement l’endroit est friqué !

C’est la fin des bords de mer, pas d’autres choix que de rejoindre la 98 pour avaler les derniers kilomètres avant Fort Walton Beach. Notre hôtel du jour, un motel Super 8 est directement sur la 98, sur Miracle Strip Way. Facile à trouver, nous y arrivons en fin d’après-midi. La chambre est propre et bien équipée, avec aussi une petite piscine qui sera la bienvenue après les heures de route sous la chaleur.

Une fois la baignade terminée, nous allons admirer un splendide coucher de soleil juste en face de l’hôtel, dans un petit parc qui donne directement sur une baie. Quelques personnes pêchent, d’autres viennent se balader ou encore prendre des photos du magnifique ciel coloré. Le moment est reposant. Un bon choix ce Super 8, pour le prix, pour la facilité d’accès et pour ce petit parc bienvenu. Pas besoin de reprendre la moto pour aller manger ce soir, il y a soit un Red Lobster en face, soit un resto chinois qui propose une formule buffet à 10 minutes à pieds.



Le voyage avance, nous avons franchi un fuseau horaire aujourd’hui, il y a désormais 7 heures de différence avec la maison. Cette portion de Floride était bien plus intéressante et nous conforte dans l’idée qu’il faut sortir des grands axes lorsque l’itinéraire et le temps le permettent. Nous tenterons le coup à chaque fois que c’est possible, tiens demain par exemple sur le trajet de la Nouvelle-Orléans !

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Charly81 · 2012-03-28

Bonjour, Vous racontez bien l'Amérique, celle que j'adore rencontrer à chacun de mes voyages Good trip😉 Charly

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Noelf6c · 2012-03-29

Super, ça me rappelle notre traversée Miami Seattle à deux, en 2008, ma femme et moi, avec chacun notre Electra louée à Miami🙂

On va suivre votre périple, qu'on avait fait en 2001 de Daytona à Las Vegas avec des Yamahas Wild Star 😎

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Artaxerxsès · 2012-03-29

Kwaaaaaaaaaa, daddy, on ne roule pas sans casque! Je vais tout rapporter à mummy! :D J'espère que tu as aimé Bourbon street (et ses giant bourbon-cokes! ^^). Le shop Harley de la NO est au bord du Mississipi, dans les galeries du French Market. C'est simple, tu vas dans le Vieux-Carré, tu descends vers St-Louis Church et Jackson Square et c'est là! Et n'oubliez pas d'aller manger à Popeyes! Le menu 6, avec le fried chicken (le spicy fried chicken est top aussi), les french fries et le biscuit, tout ça arrosé de sweat tea svp!

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-03-29

Le décalage horaire se fait encore sentir. Impossible de passer une bonne nuit entière. 5 heures du matin, les yeux grands ouverts à se demander comment meubler le temps jusqu’à l’heure officielle du lever et le petit déjeuner. Aujourd’hui ne fait pas exception. Alors on ouvre le notebook, on peaufine le texte, on classe les photos, on répète l’itinéraire du jour.

Le Super 8 de Fort Walton était juste parfait. Au départ, il n’y a qu’à reprendre la US98 qui passe devant le motel, direction ouest. Les premiers kilomètres jusqu’à Pensacola ne sont pas intéressants. Deux voies, beaucoup de circulation, les échoppes se succèdent sur le bord de la route, que ce soit les centres commerciaux ou les entreprises individuelles qui vendent tout et n’importe quoi. Et les églises bien sûr, en nombre comme depuis le début du voyage, les baptistes, les méthodistes, les classiques. A Pensacola, notre Google Map continue de faire des miracles pour nous mettre sur la bonne route. Un tout petit demi-tour seulement et vous voilà sur la FL292, une route à voie unique cette fois qui part vers le sud. Nous avons retenu la leçon des grands axes, alors nous cherchons les chemins de traverses. Et nous en avons trouvé un très bon ! Plutôt que de suivre la direction de Mobile/Alabama, nous prendrons plus au sud vers Fort Morgan au bout d’une presqu’île où un ferry rejoint le continent à travers la baie. Allez regarder sur une carte, vous comprendrez.



A chaque arrêt, notamment dans les stations d’essence, notre mauvais accent attire l’attention. « D’où venez-vous ? », la question revient sans arrêt. « De Suisse et nous allons jusqu’à L.A . ». La réponse fascine l’Américain, des Européens hors des lieux touristiques et qui traversent le pays !

La route de Pensacola à Fort Morgan est très belle, surtout la dernière partie avant l’arrivée au bout de la presqu’île sur la baie de Mobile. Nous sommes passés en Alabama et nous aurons la possibilité de vérifier aujourd’hui la signification du Sweet Home. Peu de monde, un bitume parfait, le grand soleil et des paysages magnifiques, soit dans les pins, soit en bord de plages au sable blanc et maisons colorées sur pilotis.



Arrivés à Fort Morgan par la AL180, le ferry est attendu dans 45 minutes. D’autres motards attendent la traversée, des retraités de Caroline du Nord, en Harley bien sûr. La discussion démarre, ils sont fascinés par notre voyage. Les motos montent en premier dans l’embarcation et là encore, le français que nous parlons entre nous attire la curiosité. Les gens viennent parler avec nous, nous posent plein de questions. L’Américain est curieux. 45 minutes de traversée, accompagnés par les mouettes et un soleil de plomb. Des plates-formes pétrolières meublent la baie et nous passons assez près de plusieurs d’entre elles.



De l’autre côté, nous sommes toujours en Alabama, sur Dolphin Island, qu’un grand pont relie au continent. Direction la AL188 qui va rejoindre quelques dizaines de kilomètres plus loin la US90 qui nous mènera à La Nouvelle-Orléans. Peu après l’intersection de la 188, Mary’s Place nous tend les bras pour le repas de midi. Plus qu’un restaurant, c’est presque un saloon sur le bord de la route. Tout en bois, drapeau américain devant, quelques 4x4 parqués, le parfait endroit pour se restaurer sur une petite route de campagne au fond de l’Alabama. Des familles, des vieux, tous casquette vissée sur la tête, peuplent l’endroit. Des habitués sans doute, en tous les cas pas des touristes, il n’en passe pas beaucoup dans le coin. Jusqu’à la 90, la route 188 sera juste magnifique, dans la campagne bien verte du sud des Etats-Unis. Belles maisons, jardins soignés, une propreté exemplaire et toujours ce soleil qui nous accompagne. C’est cela le Sweet Home Alabama, j’en comprends désormais le refrain qui trotte dans ma tête.

Retour sur la 90 et changement de décor. Nous voilà à nouveau sur une route à deux voies et aux vitesses bien plus rapides. Certes on avance, mais rien à voir sur cette portion, en tous les cas jusqu’à Biloxi. Biloxi, quel nom bizarre. Biloxi/Mississipi car nous avons encore une fois changé d’état. La route prend pendant plusieurs dizaines de kilomètres le bord de mer et sa plage. Sa plage et non ses plages. Car la plage accompagne la route, sans interruption, une bande de sable blanc longue de dizaines et dizaines de kilomètres aussi, parfois équipée pour le baigneur, parfois sauvage. La plage qui déborde régulièrement sur la route, sans doute l’effet des vents violents lors des tempêtes. Les bordures, la voie centrale, et même certaines pelouses sont quasi ensablées. Heureusement, le bitume est dégagé, je ne me verrais pas arriver à 55 miles/heure dans un banc de sable.

Quel contraste en roulant : à gauche le sable blanc et la mer, d’une couleur peu engageante, entre le violet et le brun, et à droite, les pelouses bien vertes et les demeures typiques du sud, avec leurs colonnes, leurs briques rouges ou encore leur parvis en bois. Le bord de mer, certainement l’endroit où le petit peuple de l’état du Mississipi n’a pas le droit de cité. Ca sent le billet vert par ici. Et toujours ce soleil qui frappe. Même avec la crème solaire, les bras et les mains ont pris un coup.

Peu avant d’entrer en Louisiane, toujours sur la 90, la route passe d’une autoroute où nous roulions à un bon 60 miles/heure à une petite route qui part sur la gauche. Le tout avec un panneau à peu près à hauteur de l’intersection. Heureusement que la route était déserte, car nous avons dû effectuer un freinage presque d’urgence avant de traverser les deux voies pour ne pas manquer la bifurcation. Nous voilà dans la dernière ligne droite pour New Orleans. Les premiers bayous apparaissent à droite comme à gauche. De nombreux bateaux parcours les canaux à travers les arbres ou les hautes herbes, pour la pêche sans doute. A la descente d’un pont surélevé, nous découvrons un paysage plat, presque désolant. La terre se fait toute petite pour laisser la place à l’eau. Quelques maisons sur pilotis, au milieu de nulle part, mais de quoi vivent les gens qui habitent ici ? Les tempêtes et ouragans doivent être rudes par là, rien pour se protéger, soit de la montée des eaux, soit des vents.



New Orleans est en vue. Presque heureusement, car les petites routes sont splendides, mais l’allure y est faible, d’autant plus avec l’attente du ferry. Une journée de 9 heures, pauses comprises, belle journée, mais dont nous sommes contents d’en voir le bout. Les indications de Google Map sont parfaites, nous entrons dans la ville sans hésitation, comme un véritable habitant de Louisiane. Une toute petite erreur et nous sommes remis sur le bon chemin par un homme qui cheminait sur le trottoir. Un Afro-américain vieux et édenté qui s’est fait un honneur de nous renseigner et qui a levé son pouce vers nous lorsqu’il a vu que nous partions dans le bon sens, sourire aux lèvres.



Nous trouvons très facilement notre hôtel, le Prytania Park où un parking accueillera nos E-Glide, encore une fois parfaites aujourd’hui. Nos chambres sont prêtes, une bonne douche s’impose avant de partir en ville. Une ligne de tram est juste à côté de l’hôtel sur St-Charles. 1$25, à payer au conducteur, facile. Un tram ? Ouais … qui date au moins de l’époque française de la ville ! Les bois sont patinés, entretenus, mais que dire des rails. Plus vraiment droit, usés par le passage du métal des roues, ça grince, ça balance et surtout ça fait son charme. Le cablecar nous pose à hauteur de Bourbon Street. A peine entrés dans la « drinking street » de N.O., nous sommes bien accueillis. Un orchestre sur le trottoir d’au moins quinze musiciens Blacks, trompettes, percussions, qui mettent l’ambiance au début du quartier. Certains et certaines dansent dans la rue avec le rythme entraînant. Tu t’arrêtes, tu écoutes, si tu aimes, tu glisses un petit billet vert dans une corbeille.



C’est le début d’une rue de folie. Les bars se succèdent aux bars. Quelques restos, quelques établissements réservés aux hommes. Bourbon Street est loin du puritanisme américain et des églises vues le long des routes. Les prédicateurs et autres extrêmistes de Dieu doivent en tomber les chaussettes. Contrairement à d’autres villes US, l’alcool peut être consommé dans la rue, pour autant que le gobelet soit en plastique. Donc tout le monde, et il y en a, se balade bière à la main. Les filles, à l’entrée des bars XXX haranguent le mâle en des tenues qui ne feraient pas tache au carnaval de Rio. Le tissu est minimum. L’ambiance est festive mais décontractée, pas d’agressivité. Il faut dire que les flics de N.O. sont là, voiture de patrouille plantée au milieu de la rue ou aux intersections.

La particularité des bars est que la musique qui y est jouée est Live. Donc, tu entres dans chacun d’entre eux, ta bière à la main, tu testes le groupe qui s’y produit, si tu aimes tu restes (et tu bois une autre bière), si le style ne te plaît pas, tu passes au suivant. L’entrée est libre, la consommation pas obligatoire, incroyable. Indépendamment de la gratuité, il y a autre chose qu’il faut souligner : la qualité musicale. Nous avons suivi 2-3 performances, c’est à tomber par terre. Un petit plus à un orchestre de soul au Fat Cats, chanteuse et chanteurs blacks, des cuivres impressionnants, une bonne basse, entre le gospel et la soul. La salle en délire dansaient, applaudissaient, une ambiance indescriptible. Et aussi, un certain Bryan Lee, chanteur blanc de blues, vraiment excellent. Un look à la ZZtop, mais la barbe bien plus courte, chapeau sur la tête, lunettes noires. Assis sur une chaise, pas d’autres mouvements que ses lèvres pour chanter et ses mains pour manier sa guitare. Mais un blues d’enfer, gratuit. Inouï, non ?



Quelques restos aussi, qui proposent les spécialités créoles ou cajuns. Un peu touristique forcément, mais bon. Nous testons chacun des plats différents, c’est épicé !

Bon, la journée a été longue, retour à l’hôtel par le cablecar pour une longue nuit. Demain, nous tenterons d’aller visiter le magasin Harley de N.O. Et oui, faut pas oublier notre passion, mais dans cette ville mythique du sud US ! Car demain, nous restons là, avant de repartir pour Lafayette à travers les bayous de Louisiane. La météo s’annonce pluvieuse, ça va être une sacré expérience aussi de rouler des heures sous la flotte !

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Charly81 · 2012-03-29

C'est bon de te lire , dans quelques jours je serais avec mon épouse à N.O. après avoir descendu toute la route depuis Chicago en passant par Nasville Memphis et le long du mississipi.river bien-sur! Nous en voiture j'ai pas de permis pour moto🏴‍☠️ Deplus avant de remonter vers Atlanta et apres N.O. on veut se perdre sur les routes en bord du golfe du mexique avec un arret à Gulf Shures😉 Continu à nous raconter l'amérique le long de ton voyage c'est super😏

D'une côte à l'autre des USA en Harley

PapJ59 · 2012-03-29

Hello la Suisse !!!

Et la suite... j'ai tout suivi jusqu'ici... mais la Louisiane m'intéresse encore plus (projet 2013).

C'est un chouette compte rendu, un peu différent car la moto amène une autre "ambiance".

Bonne continuation. Jean.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Zazabenji · 2012-03-29

Charly l'a bien dit, c'est bon de te lire.... Vivement le prochain Opus !

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-03-31

Journée de pause à La Nouvelle-Orléans avant de reprendre la route de l'Ouest. Lever donc tranquille, sans stress. Le temps est toujours au beau fixe. Nous avons prévu d'aller visiter le magasin Harley de N.O., situé à quelques kilomètres du centre, dans le quartier de Metairie. Mais avant cela, petit-déjeuner à l'hôtel. Parlons-en du Prytania Park. Idéalement placé à quelques minutes du quartier français, soit en tramway, soit à pieds, il offre des chambres très confortables dans un style ancien, briques rouges, parfois cheminée, parquet en bois, le tout à un prix défiant toute concurrence dans le centre de la ville : 79$ breakfast included ! Sans compter le parking gratuit. Bref une super adresse.

Pour aller chez Harley, nous consultons Google Map (décidément) qui nous fabrique un petit itinéraire. Direction l'Interstate 10 Ouest, sortie 232 et suivre Airline Drive, l'avenue sur laquelle se trouve la magasin. Facile. Facile oui, sauf qu'à un moment donné les autoroutes se croisent, se décroisent, s'entrecroisent et nous ratons la bonne sortie. Nous avons tout essayé pour reprendre la bonne voie, pas moyen. Donc retour sur l'Interstate 10, mais direction Est cette fois et on recommence. Deuxième essai transformé.

Nous arrivons au magasin et là encore c'est la démesure à l'américaine. Des dizaines de bécanes exposées, un énorme shop pour les habits, les pièces détachées, les gadgets, nous sommes comme des gosses dans un magasin de jouets. Je compare les prix de certains modèles avec ceux de la Suisse. 40 % moins cher ... Et pourtant pas moyen d'en faire importer une, sinon les revendeurs européens pourraient mettre la clé sous le paillasson.

Deux-trois achats plus tard, non pas d'une machine malheureusement, mais humblement de quelques habits, nous revenons sur l'hôtel, sans nous tromper cette fois, pour poser les motos au parking. Retour dans le quartier français avec le tramway et nous descendons Canal Street, une grande artère de cette partie de la ville, direction le Mississipi. Il est là ce fleuve mythique chargé d'histoire, sous nos yeux, charriant les eaux brunâtres de tout le sud des USA pour se diriger dans son delta. Des navires marchands passent, faisant le bonheur des touristes qui les mitraillent depuis les berges. Quelques bateaux à vapeur sont à quai, attendant des hordes de retraités qui vont partir en groupe naviguer sur le fleuve. Le cliché Louisiane dans toute sa splendeur.





Sur Decantur Street, une autre rue bien fréquentée, pas de bars, mais de nombreux artistes de rue. Petits jams improvisés, quelques acrobaties, de quoi divertir le visiteur, avec toujours la corbeille pour les billets. Les boutiques du French Market sont bien remplies et il y a même une enseigne ... Harley qui vend des habits griffés Voodoo, une spécialité du coin. Evidemment, une fois encore, on ne résistera pas à un t-shirt ou un pull à capuche à l'enseigne de Harley/Nouvelle-Orléans. Peut-être un peu aussi pour faire des envieux au retour, ils se reconnaîtront.

Nous partons ensuite à pied dans le quartier français, au hasard, prenant là à gauche, là à droite. Hormis Bourbon Street et le bord du fleuve, le quartier est tranquille. Point de commerce, de bar, voire même de restaurant. Par contre, de belles maisons et surtout des beaux balcons, souvent bien fleuris, contradiction avec le New Orleans downtown et ses gratte-ciels.



Toujours au hasard, nous tombons sur le Louis Amstrong Park, avec une statue du célèbre musicien. Au moment où nous revenons sur Canal Street, une averse se met à tomber. Une pluie intense durant 20 minutes, celle du genre qui vous trempe jusqu'aux os si vous n'avez pas d'abri rapidement. La même demain sur la route et on va moins rire.

La température n'a même pas baissé et le soleil est rapidement de retour. Nous revenons nous reposer un peu à l'hôtel, avant de ressortir ce soir pour profiter de la musique de Bourbon Street.

Avant l'ambiance de Bourbon, nous prenons le repas du soir près de l'hôtel sur la terrasse du Mia's, sur St-Charles. Au menu, restons local, de l'alligator aux épices cajuns. Outre l'aspect exotique du plat, il faut avouer qu'il n'y a rien de bien spécial. La viande n'a pas vraiment de goût et la consistance ressemble un peu au lapin. Mais les épices ont fait la différence et finalement le plat était relevé et bon.

Nous avions pris un pass journalier pour le tram, 3$ par personne, et nous l'amortissons jusqu'au bout pour retourner sur Bourbon.



D'autres groupes dans les bars, mais toujours la même folie dans les rues, surtout les femmes, de tous âges, de toutes origines et de toute corpulence (...). Elles dansent, se trémoussent (surtout le popotin), on sent que l'ambiance est au défoulement. Je n'ose pas imaginer lors du célèbre Mardi Gras... Visiblement la ville a connu un tournoi de basket junior d'importance nationale, des équipes sont là ce soir. Quelques géants qui dépassent la foule de quelques têtes. Est-ce la raison d'une présence policière accrue ? Des flics à cheval, des voitures de patrouille à tous les coins de rue, visiblement on affiche une certaine sécurité au NOPD.

Après avoir pénétré dans plusieurs bars pour écouter quelques morceaux, nous rentrons nous coucher, la route nous attend demain pour aller sur un autre lieu à consonnance francophone, Lafayette.

Sortir de N.O. n'est pas compliqué si on possède les bonnes indications. Bien sûr, il y a toujours la possibilité de prendre l'Interstate, mais nous voulons l'éviter le plus possible. Le long de Claiborne Avenue, sur la 90 Ouest, les maisons sont cossues et bien entretenues. Mais rapidement, comme souvent aux périphéries des villes américaines, nous retombons sur ces zones où les enseignes commerciales se succèdent les unes aux autres. Le hasard fait que nous repassons devant le magasin Harley sur Airline Drive, une avenue à plusieurs voies que l'on appellerait autouroute chez nous. Bien en dehors de la ville, voici enfin la campagne de Louisiane aux abords de la US 61, devenue maintenant une véritable autoroute, même ici. A un moment donné, nous voyons 2 voitures du Sheriff du comté en travers des 2 pistes, bloquant la circulation. Nous pensons à un accident. Que nenni ! Le trafic est bloqué pour permettre à un imposant convoi militaire d'entrer sur l'autoroute en toute liberté. Une fois tous les camions engagés sur la voie de droite, les policiers ouvrent de nouveau le passage aux civils. Il y a des feux le long de la 61, mais pas pour l'armée. Les camions ne ralentiront pas et passeront les carrefours à leur vitesse de croisière, certes pas bien élevée. Pendant ce temps-là, les autres véhicules, dont nous, se conformeront à la signalisation. Que ne ferait-on pas pour les Boys ...

Après la 61, nous prenons la LA20 Ouest, jolie petite route qui part en direction de Houma. Houma que nous ne traverserons pas puisque nous pouvons couper avant sur Gibson, dans le but de prendre la LA 182, direction Lafayette. La 182 a l'avantage d'être une petite route qui est parallèle à la US90, qui traverse les petites villes et on peut prendre le rythme balade. Seule la région de Morgan City, industrialisée à souhait, chantiers navals, métallurgie, avec les usines, chantiers et odeurs de métal grillé qui vont avec, est vraiment horrible. Mais heureusement, cela change rapidement. Premier coup de coeur : Patterson, une jolie bourgade aux belles maisons, bien soignées. Mais la palme du jour revient à Franklin. Maisons en bois blanc immaculé, avec leurs colonnes et leur parvis, pelouse bien verte tondue à l'anglaise, devanture fleurie, le tout bien sûr sous les arbres de Louisiane ...



Une véritable splendeur. Il ne manque que la chaise à bascule à côté de la porte d'entrée, avec une petite grand-mère noire qui tricoterait, et le tableau serait parfait. Nous sommes surpris par le fait que toutes ses maisons n'ont pas de barrière pour délimiter leur pelouse, jardin ou simplement leur terrain.



Franklin nous charme tellement que nous nous arrêtons chez Denny's, le meilleur poulet frit de Louisiane dit-il sur sa pancarte. Pas très fit, mais si c'est le meilleur de Louisiane, il serait dommage de rater ça.

Nous pourrions continuer sur la 90, mais la 182 est tellement agréable que nous la prenons le plus longtemps possible. Les faubourgs de Lafayette sont en en vue. Enfin, on ne voit rien, c'est un panneau qui nous annonce la ville pour dans quelques miles. Comme souvent, la ville est là, mais on ne s'en aperçoit pas. Nos si belles barres d'immeubles sont inconnues ici, la ville est donc étendue et il est difficile de se situer. Afin d'assurer, nous reprenons la 90, notre itinéraire a cette base pour nous montrer la voie jusqu'à notre hôtel. Ma guide de femme me trace le chemin depuis son strapontin dans mon dos. Elle a l'itinéraire Google Map en main, me donne les noms de rues, les numéros de route, les temps entre tel et tel point, bref un véritable GPS humain. Grâce à elle, nous traversons Lafayette sans problème pour nous retrouver dans le quartier de Scott, au nord de la ville où une chambre au Sleep Inn nous attend. Il a failli pleuvoir, le ciel s'est couvert, prêt à l'orage, mais finalement pas une goutte. Nous touchons du bois, la chance est de notre côté pour l'instant. Les prévisions pour les prochains jours tendent au beau.

Pas grand chose à se mettre sous la dent dans ce coin en bordure de l'Interstate 10. Un Burger King, un Wendy's, un Waffle House et un Taco Bell. And the Winner is ... Mexico ! Ce sera Taco Bell. Nous aurions pu reprendre les motos pour nous trouver une food moins fast, mais après des heures de route, on se satisfait facilement. Notre horloge biologique se stabilise, la fatigue se fait sentir en soirée et nous avons besoin de nous reposer.

Car dès demain, nous entamons la traversée du Texas.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-04-01

Sortir de Lafayette a à nouveau été facile. Nous prenons la direction d'Abbeville, vers le sud, le but étant de rejoindre la LA82 qui longe la côte de Louisiane en direction du Texas. En plus, la 82 est une petite route qui devrait être agréable à rouler.

Dans Abbeville, charmante petite bourgade aux belles maisons, notre itinéraire nous fait tourner en rond... Au moins, on aura visité la petite ville. Finalement, on trouve le bon chemin. Rapidement, les habitations se font rares. Nous avions vu sur la carte que les villes ou villages sont peu fréquents sur ce trajet. Nous sommes pris d'un doute pour le plein d'essence, car nos jauges sont déjà bien basses. Gérard voit un petit papy qui lave sa voiture devant sa propriété. Austin, c'est son prénom, veut nous offrir du Diesel, ça va pas la faire. Il nous dit aussi qu'il n'y aura pas de stations avant un bon bout et qu'en plus ce n'est pas certain que les seules qu'il y aura vendent de la Premium, soit plus de 91 octanes, ce qui est recommandé pour nos machines. Retour en arrière donc. Nous demandons un deuxième avis à un autre type, sur le bord de la route. Il ne peut nous répondre, mais il prend son portable et appelle un ami (c'est mieux que le 50/50). Là encore, pas de confirmation que nous trouverons notre bonheur. Cette fois pas le choix, il nous faut revenir sur nos pas pour faire le plein. Heureusement, nous trouverons une station après 10 minutes de route. Dire que nous avons failli manquer d'essence au pays qui en consomme le plus !!!

Depuis Pecan Island, pourtant bien sur la terre ferme, une longue ligne droite de plus de 100 km commence. La terre joue à cache-cache avec l'eau, tout n'est que marécages autour de nous. J'avais lu qu'il est parfois possible d'apercevoir des alligators dans le coin. J'avoue que j'y croyais moyennement, pensant plus à un fantasme d'un touriste égaré. A un moment donné, la route ne devient plus qu'une bande de bitume au milieu des eaux. Roseaux et herbes à perte de vue, nous sommes dans une Camargue version XXXL.



Et là, sur le bas côté, à quelques mètres de la route, notre premier alligator, dans l'eau, la tête immobile dépassant de la surface. Demi-tour, arrêt photo. Ce n'était donc pas un fantasme.



C'est samedi aujourd'hui et les familles sont à la pêche. Les 4x4 sont parqués sur le bord des routes et les lignes trempent dans l'eau des bayous. Avec les alligators à quelques mètres de la berge. Les alligators, car nous allons en voir régulièrement, dans l'eau, dans les herbes, mais heureusement jamais sur le bord de la route. Les pêcheurs sortent des poissons d'une sacré taille, identiques à des saumons. A part les alligators, il y a encore les serpents. Nous en verrons un écrasé sur la route d'une taille incroyable, au moins deux mètres, sans exagérer. Une sorte de Camargue XXXL, l'exotisme en plus.

Au bout de cette grande ligne droite se trouve le village de Créole, à l'intersection de la 82 et de la 27. Le premier restaurant aperçu depuis le départ d'Abbeville. Nous nous arrêterons donc pour y manger. Dans le canal en face de l'établissement, nous dénombrons au moins 4 alligators, dont un qui était sorti de l'eau pour se dorer au soleil. Nous pouvons l'approcher à 4-5 mètres, mais du haut de la route. Visiblement, ils craignent quand même l'homme et lorsque j'arrive trop près, il se réfugie dans l'eau brune du bayou. Bon, il faut dire que le restaurant de Créole en avait à son menu ...



Nous poursuivons sur la 82 jusqu'à Cameron, où un petit ferry franchit un bras de rivière qui rejoint le Golfe du Mexique à un grand lac intérieur. Nous nous demandons pourquoi il n'y a pas là un pont, surtout que depuis le départ, nous avons circulé sur des ouvrages imposants franchissant des étendues d'eau nettement supérieure. Les bateaux qui empruntent ce chenal sont de gros bâtiments, il aurait fallut bâtir haut. Est-ce la raison ? Bref, pour 1$ la traversée, on ne se pose même pas la question, mais il est vrai qu'il a fallu 25 minutes pour franchir 500 mètres. Dès Holly Beach, la mer est contigüe à la route. Holly Beach se voudrait une station balnéaire, mais l'eau est si peu encourageante, couleur café au lait, plage pas entretenue. Et pourtant, on n'y trouve des habitations de vacances, des campings pour les camping-cars américains, bref du tourisme.

Le Texas est en vue. A la descente d'un pont, voici le panneau qui annonce le changement d'Etat. Port Arthur, la première ville sur ce trajet, n'est plus qu'à quelques kilomètres. Adieu Louisiane et ses noms français : Abbeville, Verdunville, Meaux, Maurice, Lafayette ... Même si certaines origines lointaines sont encore bien francophones, nous ne sommes plus de la même famille, même pas cousin. Quelques anciens baragouinent peut-être encore quelques mots de français, mais les jeunes générations ne s'identifient plus à cette page de l'histoire.



Si certains Etats du centre des USA sont le grenier de l'Amérique, alors la côte texane, tout du moins sur la partie est, est sa cuve à pétrole. Port Arthur n'est que raffineries, citernes et autres usines liées à l'industrie pétrolifère. Il en résulte un paysage moche à souhait, fait de cheminées, de tuyaux et de ferraille. Certainement que le centre de la ville a d'autres atouts, mais la partie que nous traversons est à fuir.

Nous empruntons la 73, direction ouest, laquelle rejoindra l'Interstate 10 que nous devons prendre sur une trentaine de miles. Rouler sur l'Interstate n'est pas très agréable. 60 miles/heure, sur la voie de droite, avec les camions qui nous dépassent. Heureusement, le bitume est bon et les gros véhicules, quand ils le peuvent se décalent sur la troisième voie tout �� gauche pour nous éviter le déplacement d'air. Encore une preuve du respect que les Américains témoignent sur la route. Le Texas fait partie de ces Etats où le casque n'est pas obligatoire et les motards que nous croisons roulent désormais cheveux au vent. Cela ne nous tente pas plus que cela sur les voies à grande vitesse, nous attendrons plus tard, sur d'autres routes.

Notre but du jour est le Crystal Suites de Texas City, sur la 146. Nous le trouvons facilement, sur le bord de la route. Chambre très correcte, une petite piscine intérieure et surtout un coin buanderie pour laver notre linge sale. La réception vend de la lessive, fait de la monnaie pour les pièces à introduire dans la machine et le séchoir. En une heure, notre linge sale retrouve vigueur. Si le Crystal est surtout pratique, il n'en reste pas moins un hôtel de passage sur un grand axe. Donc peu de lieux pour manger autour, il nous faut reprendre la moto. C'est la raison des bas prix de l'établissement. En ville, la facture aurait été doublée, difficile de tout avoir. Bah, le but de ce road trip est la moto et le challenge, pas la bouffe ! Nous nous contenterons donc d'un truc simple. D'ici notre arrivée à L.A., nous aurons bien d'autres occasions de mieux manger.

Le truc simple ce soir, c'est la chaîne Denny's, un restaurant familial à la carte bien fournie et aux prix doux. D'entrée, la serveuse qui s'occupe de nous est très prévenante et aussi marrante. Nous commandons nos plats et Gérard est servi quelques minutes après nous. La cuisinière vient en personne s'excuser de ce désagrément. Je connais bien des bistrots de chez nous qui pourraient en prendre de la graine ...

Très bonne nuit dans ce Crystal Suites, avec des lits aussi larges que longs et très confortables. Au matin, après le petit-déjeuner, nous reprenons la 146 Sud pour entreprendre notre itinéraire du jour vers l'Ouest et San Antonio. La 146, puis la 6, la 35 et finalement la 71. Cette première partie du trajet n'a pas grand chose d'intéressant. Routes à deux pistes, peu de paysage autour, le seul avantage est que vu que nous sommes dimanche la circulation est inexistante. Tout va changer avec la TX111 qui part en diagonale vers San Antonio. Une superbe route qui traverse la campagne texane. Au début, ce ne sont que pâturages à perte de vue, mais rapidement la nature se diversifie, bois, cultures, enclos à vaches ou chevaux, nous voyons aussi nos premiers ranchs. En plus, cette 111 est une route à une voie, sans circulation.



Musique branchée sur une station rock, Cruise Control sur 60 Miles/heure et on apprécie la conduite relax. Aujourd'hui en t-shirt vu le soleil qui donne tout ce qu'il peut et évidemment sans casque. Quel sentiment de liberté. C'est aussi le printemps ici et tous les champs sont parsemés de fleurs. Cette campagne du Texas est splendide. A notre départ de ce matin, nous avions peur que cette portion du voyage soit ennuyeuse, et bien non. Malgré le fait que la 111 est une quasi ligne droite d'environ 120 kilomètres...



Nous faisons notre pause midi à Yaokum où nous nous arrêtons à "La Cabaña" qui comme son nom l'indique est un petit restaurant mexicain. Cela doit être bon, le sheriff du coin y mange, en uniforme, avec sa famille. Le Mexique se rapproche, la population latino augmente et remplace petit à petit les Afro-américains. Les hommes portent le chapeau et les bottes dans le coin, il faut dire que nous sommes au pays des cow-boys.



Pour atteindre San Antonio, il nous faut encore prendre la 97 et la 87, deux belles routes plus rapides, mais vraiment agréables à rouler toujours au milieu de la campagne.

Notre plan nous mène sans souci au Day's Inn au centre de la ville. Un petit hôtel avec une piscine bien accueillante en cette fin de journée. Le Riverwalk de San Antonio n'est qu'à quelques minutes à pied, nous sommes donc bien placés. Petite trempette, parties de carte au bord du bassin, c'est la décompression après une bonne journée de route. Ce soir, nous irons nous balader dans le centre -ville. San Antonio a la réputation d'être la ville la plus visitée du Texas et une des destinations favorites des USA. A vérifier tranquillement, puisque nous resterons ici demain aussi. Avec bien entendu, un petit tour au magasin Harley de la ville.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Charly81 · 2012-04-02

Vous avez une façon de raconter qui me plais de plus en plus. Des le Week-end prochain je pourrais vous suivre en direct puisque je serais de retour au pays de l'oncle Sam. J'arrive à Chicago et ma balade cette fois-ci me conduiras jusqu'à New Orleans. Si dans les resto le personnel aux U.S.A. est si entreprenant c'est parce que la plus grosse partie de leur rénumération est composé par le pourboire le tip comme ils disent alors s'ils sont vraiment sympa soyez pas peingre, ils vous en seront vraiment reconnaissant😉 bonne continuation à bientôt

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-04-02

J'espère que vous aurez de la chance avec la météo, il y a des alertes aux tornades dans le centre du pays, plus quelques sévères orages sur le Golfe du Mexique. Pour l'instant, on touche du bois, on évite la pluie, on est soit en avance, soit plus loin, grand beau à San Antonio. Il pourrait avoir de gros orages demain, on verra. Chicago-N.O. c'est la route du Blues ... Cela va être superbe. Pour les serveuses, nous doublons quasiment systématiquement la taxe... A +

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Charly81 · 2012-04-02

Sympa pour les serveuses. En effet, je suis un peu la météo sur mon parcour , pas terrible pour l'instant mais bon on croise les doigts d'autant plus que nous avons l'intention de nous reposer au bord du golfe du méxique vers Golf Shures en Alabama avant de remonter sur Atlanta pour prendre un vol retour. On verra bonne continuation à vous

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-04-03

San Antonio et son célèbre Riverwalk. Contrairement à beaucoup de villes américaines où Downtown est désert le soir, le centre de San Antonio est bien animé. Il y a un petit canal qui traverse le centre ville et la plupart des restaurants et bars y sont accolés. Du coup, plein de monde, musique, magasins, bref de l'animation. Nous allons donc y faire un tour à pied, d'autant plus que le Day's Inn n'est qu'à quelques minutes.





Qui dit fréquentation touristique dit aussi prix touristiques. Tout y est évidemment plus cher qu'ailleurs, mais bon un Riverwalk, cela se mérite et cela se paie. Gérard n'a pas faim ce soir, alors il rentre se reposer et nous croquons une petite salade en bord de canal. Le repas mexicain de midi a apporté son lot de calories, un peu de verdure nous suffira avant une bonne nuit.

Profiter de San Antonio avait-on dit... Depuis quelques jours, la E-Glide de Gérard nous la joue capricieuse. Des voyants du tableau de bord s'allumait et maintenant c'est le témoin de charge de la batterie qui descend en roulant. D'après Internet, il y a une agence Eaglerider à San Antonio, nous irons donc les voir. Mais d'abord, petite virée à l'agence Harley de Cowboy Alamo. Facile à trouver, il suffit de s'engager sur la I-35 Nord et de la quitter à la sortie 168, le magasin est sur la contre-allée, dans l'autre sens.



Magasin, entrepôt devrais-je dire tant l'agence est énorme. Motos exposées, habits, gadgets, c'est encore plus grand qu'à N.O. Nous achetons le t-shirt du lieu après avoir fouiné dans tous les coins, comme des gosses.

Eaglerider est à une quinzaine de minutes de là, par une autre Interstate. Mais à l'adresse donnée par internet, point d'agence. Un gars qui bosse dans le coin nous apprend qu'Eaglerider a fermé... en oubliant de mettre à jour son site internet visiblement. Nous retournons au magasin Harley qui fait rapidement un diagnostic : c'est le régulateur qui débloque, mais malheureusement ils n'en ont pas en stock. Le responsable de l'atelier est super serviable, il appelle Orlando et s'occupe de tout pour essayer de nous satisfaire. Mais visiblement, ce n'est pas si simple. Nous y restons au moins 2 heures, le temps qu'Eaglerider nous trouve une solution. Remplacer la moto, la réparer ? Il faut toutefois faire quelque chose, car dans les prochains jours, nous serons au fond du Texas, sans agence pour nous dépanner en cas de panne.

Finalement, Eaglerider nous rappelle et nous dit d'aller dans l'autre agence Harley de San Antonio, la Caliente, qui évidemment est à l'autre bout de la ville. Et ici, l'autre bout de la ville, c'est facilement 20-25 miles. Le gars de l'atelier nous donne le chemin en nous disant de prendre la I-410 East. Nous nous engageons donc sur cette Interstate, mais encore un souci, pas de I-410 East ! South ou West, mais pas East. Retour donc à l'agence, re-itinéraire, il s'était trompé, c'était West pas East... Donc re-départ, 20 minutes de route sur les autoroutes à 6 pistes qui traversent San Antonio et nous trouvons l'agence. L'atelier nous dit qu'ils ont la pièce en stock, mais qu'ils ne peuvent pas la changer aujourd'hui, il faudra revenir demain... Et ça continue ! Retour à l'hôtel pour poser les motos et enfin, nous allons faire un tour en ville. Gérard va faire des courses dans un mall à côté de l'hôtel, Dominique et moi retournons au Riverwalk faire une balade sous le soleil. En chemin, nous nous arrêtons à l'emplacement de Fort Alamo, où Davy Crockett a fait ce qu'il a pu pour résister à l'assaut des Mexicains (ou des Indiens, j'ai un doute du coup). Il s'agit d'un tout petit bâtiment historique, avec évidemment sa boutique de souvenirs pour dépenser quelques billets verts.



Vers 18h00, la piscine nous tend son bassin, avec la chaleur du jour, la trempette est bienvenue. Profitons du soleil, la météo nous annonce de la pluie pour demain matin. mais jusqu'à maintenant, nous avons su l'éviter, continuons de toucher du bois. Nous sommes dans l'eau et un couple de retraités se trouve sur le bord du bassin, à boire quelques bières. L'homme, casquette vissée sur la tête prouvant qu'il a servi dans la Marine US, nous apostrophe : "C'est vous qui conduisez des Harley ?". Et la discussion démarre. Alan vient du Kansas avec son épouse et passe un peu de bon temps dans le coin. Il a aussi une Harley et notre discussion va tourner autour des motos, de l'Europe, des prix, bref un échange très sympa. Alan insiste pour avoir nos adresses e-mail, il veut garder le contact. Le concept Harley est très différent aux USA. Autant les jeunes que les "vieux", les hommes que les femmes, conduisent des motos. En Europe, les pilotes de Harley sont minoritaires et vu comme des motards à part. Ici, c'est un mode de vie, une passion quotidienne, une identification à certaines idées de liberté.

Après notre discussion avec ce sympathique couple du Kansas, nous partons pour le Riverwalk pour nous restaurer. Nous trouverons un excellent restaurant mexicain, le Casa Rio, peu cher et qui propose une bonne nourriture. Avec en prime, le vin de la maison, un merlot un peu chaud en carafe. Cela nous changera du Diet Coke.

Le Day's Inn a été parfait pour cette nuit encore, comme le temps, puisqu'au lieu de la pluie annoncée, le ciel se découvre. Les motos sont chargées et nous partons vers la concession Harley Caliente le long de la 410. A 09h00, comme prévu nous sommes devant l'atelier pour réparer la moto de Gérard et pouvoir repartir tranquille. Comme toutes les concessions visitées jusqu'à présent, le magasin est juste impressionnant de grandeur et de choix. A l'image du pays ... Nous nous posons le temps de la réparation qui aura pris bien plus de temps que prévu... Tout au long de la matinée, nous sommes sûrs que la moto est entre de bonnes mains, que la réparation est bientôt terminée et que nous pourrons rapidement prendre la route. Vers 13h30, nous ne voyons toujours rien venir et nous allons voir un responsable pour voir ce qui se passe. Et c'est là qu'il nous apprend que la pièce à changer manque et qu'ils doivent la commander. En gros, ils ne l'auront pas avant demain matin ! Mais impossible de ne pas réparer, tous sont unanimes pour dire que si la pièce en question lâche, la moto reste sur le bord de la route. C'est un risque que nous ne pouvons pas prendre dans les prochains jours avec la traversée du sud du Texas où il n'y aura aucune agence Harley.

J'appelle donc Eaglerider à Orlando et leur expose le problème, avec un petit coup de gueule, puisqu'hier il nous a été dit que le magasin avait cette pièce. Apparemment, l'employé qui a répondu cela ne savait pas ce qu'avait réellement la bécane. Bon, notre trajet du jour sur Del Rio tombe à l'eau. Heureusement, il y a un hôtel à moins d'un mile et un employé nous y conduit. C'est un La Quinta Inn et ils ont des chambres, au moins cela. Nous négocierons avec Eaglerider une fois à L.A. le jour perdu, la nuit supplémentaire vu que notre logement à Del Rio avait été réservé. Il ne nous reste que la piscine et les cierges. La piscine pour nous rafraîchir et les cierges pour que la pièce dont nous avons besoin soit là demain matin. Pour rattraper le temps perdu, nous devrons rouler environ 6 heures, c'est faisable, crevant mais faisable. Reste plus qu'à espérer que nous pourrons nous mettre en route avant midi ...

D'un autre côté, nous branchons la télé dans notre refuge du jour et le nord du Texas est frappé d'orages et de tornades, a à peine 5 heures au nord de San Antonio. Nous pouvons voir un camion-remorque, US donc du lourd, s'envoler au coeur de la tornade, montant dans le ciel avant de retomber sur le sol. Un truc inouï. Alors à côté de cela, notre petite panne n'est pas si grave. Au moins, on se rappellera de cette partie du voyage ...

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Charly81 · 2012-04-04

J'ai pensé à vous ce matin en allant au boulot à 5h00 , aux infos ils disaient qu'il y avait des tornades qui frappaient le texas😕 j'espère pour vous que ça gacheras pas votre road trip, mais apparament les Harley c'est pas fiable à 100%!!!! pour moi J-4 avant mon départ pour les states bonne route🙂

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-04-06

Le coup de la panne, suite. La pièce défectueuse était censée être là à 09h00 dès l'ouverture, afin que nous puissions continuer notre route. A 10h00, toujours pas de nouvelle, alors nous appelons Caliente. La pièce n'est pas là, mais UPS n'est pas encore passé. A 11h00, toujours aucune nouvelle de UPS. J'appelle donc Eaglerider et sur un ton un peu moins diplomatique, je leur fais part de notre agacement puisque cela fait maintenant presque 2 jours que nous sommes bloqués à San Antonio. L'employé me rappelle un peu plus tard et me dit que la pièce est dans le camion UPS qui fait sa tournée et que tout devrait rentrer dans l'ordre rapidement.

A 14h00, après un petit repas, nous retournons à l'agence Caliente et la pièce n'est toujours pas arrivée. Je leur dis que selon Eaglerider, ce que nous attendons est dans le camion UPS et que cela devrait arriver. Le gars du service des réparations part alors à l'atelier et revient avec ...LA PIECE ! En gros, si nous n'étions pas venus, la pièce serait restée sur un étalage sans que personne ne s'en soucie. Pas très professionnel, même pas du tout, les gars de Caliente. Ceux de l'agence de Cowboy Alamo avait l'air bien plus débrouille. Moralité : si vous êtes dans la merde avec une Harley à San Antonio, n'allez pas chez Caliente.

A 15h30, la moto est enfin prête et nous reprenons la route. Nous avons prévu de sauter Del Rio pour reprendre du chemin et de poursuivre jusqu'à Sanderson où nous espérons arriver avant la nuit. 5 heures de route selon Google Map, cela devrait être faisable. Nous prenons la US 90 qui commence par une route à double piste où nous pouvons sans souci rouler à 70-75 miles/heure. Même lorsque la route passe sur une seule voie, les limitations restent élevées, nous profitons d'avancer. A la sortie de Uvalde, sur la route de Del Rio, nous voyons notre premier contrôle des Border Patrol. Un check-point avec policiers et chiens qui contrôlent tous les véhicules qui arrivent de l'ouest, soit dans l'autre sens. Tout au long de ce parcours, les Border Patrol sont souvent dans leur véhicule de patrouille verte et blanche, sur les bords des routes, le long des clotûres qui bordent les champs.

Il faut dire que le Mexique est à portée de pieds. Nous le frôlons même en traversant Del Rio. Pourtant il est bien là, ce Mexique. Sur les affiches publicitaires où l'espagnol est roi, avec les restaurants qui sont quasi tous mexicains, dans le type des gens qui n'ont rien des américains bien blancs originaires d'Irlande. Même le candidat au poste de Sheriff s'appelle Martinez. Martinez John, parce qu'il faut bien faire américain, mais ses amis l'appellent sans doute Juan. Dans cet extrême sud du Texas, le Mexique est omniprésent. Aussi sur la bande FM, où il devient difficile de trouver une radio proposant autre chose que de la musique latino ou des animateurs hispanophones.

Depuis Del Rio, le paysage se fait soudainement plus désertique. Fini les forêts d'arbustes et les champs de culture. Place à la rocaille, aux petits buissons épineux et aux cactus ras du sol. Les ponts qui enjambent ce qui devait être des rivières ne passent que sur des cailloux, les lits sont à sec. Fini aussi les habitations et la vie humaine. Pendant des miles et des miles, ce ne sera que ce paysage tout autour de nous, à perte de vue sur un horizon de 360 °. On pourrait y voir de la monotonie et pourtant la magie opère, un sentiment de liberté au milieu de nulle part, un dépaysement dans des paysages du Wild Wild West.



La 90 n'est qu'un couloir de bitume au milieu de rien, avec quelques camions ou voitures de temps à autre, mais sans âme qui vive sur ses bords. Et soudainement, un autre contrôle des Border Patrol, dans les 2 sens cette fois. Nous nous arrêtons et le policier nous demande si nous sommes Américains. Nous devons nous garer et montrer nos passeports. Le policier est aimable. Ironie du sort, il s'appelle Hernandez et est visiblement originaire du sud. Ses parents ont eu la chance de le mettre au monde du bon côté de la barrière qui sépare deux univers et maintenant le voilà à traquer "los imigrantes" qui sont pourtant ses cousins. On nous a souvent mis en garde contre la dangerosité du Mexique, "à cause de la drogue". Sans doute un effet de la paranoïa sécuritaire qui habite certains Américains. Ceux qui passent la frontière illégalement dans ce coin et qui marchent des dizaines de kilomètres dans ce désert hostile ne sont pas membres des cartels violents de Juarez ou d'ailleurs. Il s'agit sans doute de pauvres bougres qui fuient la misère du sud, avec pour but un travail dans ce qu'ils croient être l'eldorado américain devant leur nez. A chacun son rêve américain ...

Ce paysage désertique, mais pourtant encore bien vert en ce printemps, continue de nous accompagner. Au bas d'une descente, voilà que nous passons le Pecos, à l'Ouest duquel la justice peut être aléatoire.



D'autant plus que nous arrivons à Langtry, que nous passons au son des Gun's n' Roses à fond dans la stéréo. Pourvu que le juge Roy Bean ne nous condamne pas pour outrage à la tranquilité des lieux. Sanderson, notre but est encore à quelques dizaines de miles. Le soleil va comme nous vers l'Ouest et nous l'avons en pleine figure. Les derniers miles sont pénibles, car il nous aveugle de sa lumière et la route devient parfois difficile à suivre. Nous arrivons à Sanderson au moment où il se couche enfin.

Sanderson ou le bout du monde. Mais qui a bien pu avoir l'idée saugrenue de planter une ville dans ce trou perdu ? Nous nous posons au Budget Inn, un petit motel tenu par un Indien, pas un Comanche mais un Indien venu d'Inde il y a 26 ans. Comment a-t-il atteri ici ? Il est 20h15 et selon lui, les trois cafés du bled ferment à l'instant. Après avoir pris la rustique chambre qui nous est proposée, nous parcourons le village dans les deux sens. Le seul endroit où un semblant de vie est encore présente est la dernière station-service, à la sortie direction El Paso.

Ils n'y vendent pas d'essence à octane supérieure à 90, alors que nos motos ont besoin de 91. Et coup de chance, nous tombons sur deux équipages de Danois qui en sont à leur douzième voyage aux States. Ils ont avec eux un booster d'octane qui en comble le manque. Et la station en vend. Ouf, car il nous reste à peine 50 miles d'autonomie, même pas de quoi rejoindre la prochaine ville, Marathon/Texas. Cette station-service est aussi le seul endroit pour acheter un truc à manger et à boire. Quelques burritos et un six-pack de bière texane feront l'affaire ce soir. Repas frugal que nous prendrons devant nos chambres, sur une ta ble extérieure, un peu plus tard. Nous nous renseignons auprès de trois gars dans un pick-up si d'autres stations vendent de l'essence plus loin sur la route. Marathon aura des stations, mais sans garantie sur la qualité de l'essence proposée. Pensant que nous allons continuer à rouler dans la nuit, ils nous déconseillent de reprendre la route dans l'obscurité. Non pas à cause d'un danger dû à des hommes, mais à des animaux. De toutes tailles selon eux, du mulot à d'autres comme des biches ou des gros chiens. Et percuter un tel animal avec une moto signifierait un accident aux conséquences graves, loin de tout.

Sanderson, le bout du monde version Texas.

Malgré le côté rustique des lieux, la nuit est bonne. Au matin, j'ouvre ma porte pour tester la température et en face de moi, à une quinzaine de mètres, trois belles biches broutent le peu d'herbe qu'il reste devant le motel.



Je commence à comprendre pourquoi il ne faut pas circuler de nuit. Percuter une telle bête sur la route serait synomyme d'un sacré accident. La température est froide, nous devons sortir pull à capuche, blouson de cuir et gants. Ce matin, nous prenons la route tôt, le but du jour devrait être un des must du voyage : la boucle du Big Bend National Park via Presidio, le long du Rio Grande et de la frontière mexicaine.

Tout comme hier soir, le seul endroit où il y ait trace d'une vie humaine est la station-service au bout du village. A croire que les habitants de Sanderson se couchent tôt et se lèvent tard ! Nous prenons un café et quelques bricoles à manger avant de prendre le bitume.

Direction Marathon, où nous étions censés dormir sans le pépin de la moto de Gérard. Personne sur la route, mais par deux fois, des biches semblables à celles vues devant le motel nous sortent quelques dizaines de mètres devant la moto. Le paysage commence à être de plus en plus désertique, les arbres font cette fois place aux buissons épineux, les cactus se multiplient et l'herbe n'est plus que pierre et rocaille. Wild Wild West disait-on ?



A Marathon, nous faisons le plein à l'entrée du village, juste avant l'embranchement de la 385 qui descend vers le Big Bend. Nous en profitons pour recharger l'appareil photo pendant un café. Des policiers des Border Patrol prennent leur petit-déjeuner, le patron plaisante avec eux en espagnol. Peu après l'embranchement de la 385, il y a un check-point des Border Patrol. Mais uniquement pour ceux qui remontent du Big Bend. Vu que Gérard n'est plus en vue dans mon rétro, je fais demi-tour et je dois donc passer le contrôle. Le policier a bien vu que je venais de passer dans l'autre sens, mais le boulot, c'est le boulot. J'ai droit à la totale : passeport, raison et durée du séjour, etc... le tout avec une cordialité extrême.

Quelques dizaines de miles plus loin, voilà l'entrée du parc. C'est un parc national, l'entrée y est payante. Dès les premiers mètres, nous nous apercevons que la journée va être grandiose. Le paysage est extraordinaire, digne des meilleurs Western, entre la plaine désertique et les montagnes aux couleurs ocres.



A chaque virage, ce bon vieux Clint Eastwood, cigarillos au bec, pourrait apparaître à cheval avec sa bande de salopards. La vitesse est limitée à 45 miles/heure dans tout le parc et les routes sont parfaites, le rythme est sur balade.



Ce parc est également énorme en superficie, plusieurs routes le parcourent, les places de camping sont nombreuses. Il y aurait de quoi y passer plusieurs semaines pour les amoureux de randos et de nature.

A la sortie du parc, à Terlingua, nous prenons la 170 qui borde le Mexique et le Rio Grande. La route se fait plus étroite, les virages plus serrés, les montées plus rudes. A notre gauche, un filet d'eau au fond d'un lit de cailloux. Le Rio Grande usurpe son nom, il n'est ni Grande et n'est parfois même plus Rio, étant à sec. Mais le plus surprenant n'est pas la taille de ce ruisseau, mais le fait que le Mexique est sur l'autre berge, à quelques mètres, accessible à gué. Aucune protection, aucun barbelé ni mur, aucune patrouille des Border, rien. Le pays le plus protégé du monde est ici libre d'accès. Incroyable de penser que ce mince filet d'eau sépare deux mondes, opulence et misère.



Nous pensions manger à Lajitas, seul village entre Terlingua et Presidio, mais pas de café, ni de restaurant, juste un hôtel de luxe pour touristes fortunés qui viennent jouer sur un golf bien vert au milieu du désert. Toute cette route suit un canyon, au milieu des montagnes et la température est plutôt fournaise. Les photos sont splendides, le paysage est varié à chaque virage, un réel plaisir, le must prévu est un must concrétisé.

Presidio est en vue, il fait faim en ce milieu d'après-midi. Nous trouvons notre bonheur dans un petit resto mexicain qui nous sert le menu breakfast, vu que c'était notre choix. Le plein d'essence, un petit coup au car-wash pour ôter la poussière et les nombreux insectes collés sur le devant de la bécane et nous entamons la dernière ligne droite pour Marfa. 60 miles au milieu de nulle part, des plaines désertiques à perte de vue, devant et derrière. Nous passons rapidement le contrôle des Border Patrol juste d'arriver au village.

Notre repaire ce soir, encore du rustique, le Cosmico Camping qui propose des Tipis et des tentes, bien équipées, avec lits douillets, duvets, électricité. La douche se prend dans une cabane annexe, sous le soleil couchant. C'est très propre et original. L'avantage : nous pouvons rester dehors et pour boire quelques bières bien fraîches et pour manger les burgers que nous sommes allés chercher dans le village.



Au moement de nous coucher, la température extérieure a bien baissé. Il fait carrément froid. Y compris dans le tipi qui est perméable à l'air. Nous voyons sur le lit un espèce de radio réveil, nous essayons même d'y régler l'heure. Sans succès, puisque ce n'est pas un réveil du tout, mais un chauffe-lit ! Surprise, notre lit est chaud lorsque nous nous y mettons. Froid dehors, chaud dedans, c'est la classe ...



Espérons que la nuit sera à la hauteur de cette surprise. El Cosmico avertir ses clients que nous sommes dans un désert et qu'il faut parfois être prudent. Notamment le matin en mettant ses chaussures, un résident non désiré ayant pu y prendre refuge pendant la nuit. Encore un conseil qui s'ajoute au mythe du coin, un peu perdu dans le sud du Texas. La nuit a été bonne, le réveil dicté par les klaxons d'un train de marchandise, dont le chauffeur avait un peu la main lourde.

Nous entamons le dernier tiers du voyage, l'Ouest nous tend les bras, nous réservant sans doute encore de splendides routes. Ce soir, le stop sera El Paso, toujours au Texas.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

PapJ59 · 2012-04-06

Hello Laurent,

Grand bravo pour avoir rédigé toutes ces lignes ! on ne se lasse pas, c'est vivant, imagé, et les émotions ressenties sont bien présentes.

J'ai ressorti cette phrase qui résume parfaitement pourquoi on y revient !!!!

Fini aussi les habitations et la vie humaine. Pendant des miles et des miles, ce ne sera que ce paysage tout autour de nous, à perte de vue sur un horizon de 360 °. On pourrait y voir de la monotonie et pourtant la magie opère, un sentiment de liberté au milieu de nulle part, un dépaysement dans des paysages du Wild Wild West.

Merci à toi... mais j'attends la suite. Cordialement. Jean.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Charly81 · 2012-04-06

D'accord avec Pap sentiment de liberté , dépaysement ou tout semble serein c'est ça qui fait qu'on aime ce pays et comme une drogue, nous sommes toujours préssés d'y retouner. Vivement lundi que j'y suis soit à nouveau et a+ de vous lire :c'est super

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Babylon5 · 2012-04-07

Hello Lolito Une petite galère de temps en temps c'est pas grave, juste de quoi pimenter l'aventure. Et un peu de photos, c'est possible? Bises à vous deux Caro

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Olivier75015 · 2012-04-07

Salut et bonne balade made in US Mina & Olivier

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-04-07

Salut les amis,

Merci pour vos messages, je sais que vous n'êtes pas très moto, tant Olivier & Mina que les Follett's, mais je vous assure que c'est sans doute le meilleu moyen de parcourir ce pays (si la météo est avec nous, je vous l'accorde, ce qui est le cas jusqu'à maintenant).

Pour Caro, j'avoue humblement que je ne sais pas comment faire pour insérer des photos au milieu du texte sans passer par un programme annexe (Picasa ou tout autre...). Et vu que je suis avec mon petit Notebook et qu'en plus le soir, je passe déjà suffisamment de temps à rédiger, je n'ai pas le courage de bricoler les photos... Sorry about that !

Mais tu auras l'occasion de toutes les voir en juillet prochain ...

Bises à tous depuis Globe/Arizona.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-04-08

Le matin est frais au sud du Texas. Autant nous étions dans la fournaise hier le long du Rio Grande, autant ce matin nous supportons le pull à capuche et le blouson de cuir pour rouler. Cette étape du Cosmico était bien sympa, mi-hôtel, mi-camping, à pouvoir manger dehors. Avant de partir, nous prenons encore un café au Cosmico. Premier arrêt, pas bien loin, à la première station-service pour acheter un petit quelque chose à manger, de quoi tenir jusqu'à midi.

Nous prenons la direction de Fort Davis par la 17. L'arrivée dans ce haut lieu de la jeune histoire américaine, le village était un poste avancé de la conquête de l'Ouest servant à protéger les voyageurs sur la route d'El Paso, est magnifique. Les maisons du village sont en bois, avec une architecture qui a gardé le style western de son passé. Le fort lui-même peut être visité, mais il n'a évidemment rien à voir avec les monuments que nous avons en Europe. Nous continuons donc par la TX118, qui traverse les petites montagnes de Davis. En quelques miles, nous aurons eu plus de virages et de courbes que durant tout notre périple ! Une fois de plus, le paysage est splendide, le bleu du ciel contrastant avec les couleurs ocres des montagnes, brique de la terre et jaune des herbes déjà sèches.





Dès les montagnes passées, le paysage s'étend à perte de vue, la notion des Grands espaces, avec un G majuscule va prendre tout son sens pour le reste de la journée. Personne sur la route, pas un village, juste parfois quelques ranchs plantés dans la plaine, comme tombés là par hasard. L'Immensité, avec encore une fois une majsucule. A Kent, pas le choix, il nous faut prendre l'Interstate 10 West pour avancer un peu.



La vitesse augmente, la circulation aussi. Parfois, nous arrivons à dépasser les camions, mais ce sont souvent eux qui roulent un poil plus vite que nous. La concentration repasse au maximum, car à près de 80 miles/heure, l'erreur n'est pas permise en moto. Van Horn, notre sortie de l'Interstate. Van Horn et sa rue principale, car tout est concentré le long de sa large route. Tout, mais pas de nombreux restaurants. Nous trouvons un Mexicain ouvert et comme toujours la nourriture sera excellente et peu chère. Le Diet Coke, à volonté, accompagne quasi tous nos repas depuis notre départ. Jamais nous n'aurons bu autant de Coca, surtout que les serveuses remplissent nos verres à peine une fois finis.

Nous ressortons des grands axes en prenant la 54 Nord qui va à nouveau traverser des grandes plaines, dans ces paysages qui nous rappellent que nous sommes tout petit au milieu de cette nature. Là encore, plus de 50 miles sans village, sans habitation, juste la route, le soleil et les grandes plaines texanes, entourées de montagnes.



On dit toujours qu'on garde le meilleur pour la fin. Et bien là, non. La US 62/180 qui fonce vers El Paso est une rectiligne de plus de 100 miles, sans une courbe. A peine l'horizon a englouti la ligne droite qu'il se reprolonge au loin. Et l'allure est identique que sur l'Interstate. Difficile de résister à un arrêt. Un arrêt que nous ferons à Cornudas. Sur la carte, Cornudas est mentionné comme un village. Mais la seule construction de Cornudas, c'est le bar de May, une petite grand-mère qui tient un demi-saloon sur le bord de la route où passent les véhicules à toute allure. Les pieds des tables sont recouvertes d'un jean's et même de bottes, comme un demi corps. May en rit et nous dit : "Voilà ce qui arrive à ceux qui ne m'ont pas laissé de pourboire !". Nous hésitons à payer notre canette de Diet Coke plus chère, histoire de ne pas en avoir les jambes coupées.



Dernier effort pour rejoindre El Paso. 20 miles avant la ville, la route reprend quelques courbes, brisant la monotonie de la ligne droite. Notre itinéraire Google Map nous fait passer par le centre-ville pour rejoindre le Travelodge West où nous passerons la nuit. El Paso, ce n'est pas le Pérou, mais bien une ville frontière du Texas, sans attrait aucun. Il faut dire que juste de l'autre côté, c'est Juarez, ville tristement célèbre pour avoir un des plus haut taux de criminalité du Mexique. C'est clair que cela rebute le touriste friqué, conditionné sur la dangerosité du pays voisin.

Nous ne sommes pas sûrs de notre chemin, lorsqu'une belle Latina roule sur sa Harley, juste à côté de nous. Pas de casque, la tresse indienne au vent, lunettes de soleil, le débardeur permettant aux tatouages d'être exhibés, elle nous donne la bonne direction et à l'endroit même de la bifurcation recherchée, elle nous fait encore des grands signes pour nous indiquer le bon chemin.



Nous sortons d'El Paso par une large avenue, North Mesa, qui borde l'Interstate 10 West que nous prendrons demain. Il est loin le Texas rural traversé depuis 2-3 jours. Ici, tout n'est que zones commerciales, magasins sur magasins, fast food, motels, comme à l'orée de toutes les grandes villes US. Fini les grands espaces, si ce n'est dédiés au commerce. Cela nous conforte dans l'idée qu'à chaque fois que c'est possible, il faut sortir des grands axes. L'Amérique se visite par ses chemins de travers, ses petits bleds paumés, ses paysages grandioses. Bien sûr, pas mal de villes US sont mythiques, mais pour un road trip, rien ne vaut l'Amérique profonde, celle où les habitants font un signe de la main aux voyageurs itinérants, celle où la caissière de la station-service vous demande mais d'où vient donc cet accent bizarre.

Notre Travelodge sera parfait pour la nuit, hôtel fonctionnel, avec de quoi laver notre linge, et bon marché. Il est envahi par des familles mexicaines, dont les gosses peuplent la petite piscine. Vu la prolifération de commerces, pas besoin de toucher les motos pour sortir manger ce soir, tout est à portée de jambes. Surtout que May ne nous les a pas transformées en pieds de table !

El Paso, notre dernière étape du Texas. En étudiant le parcours avant notre départ de Genève, nous avions supposé que cet Etat serait sans doute le point faible du voyage, long et monotone. Il n'en a rien été. Des plaines fleuries entre Texas City et San Antonio, de cette ville au centre atypique pour une grande cité US, des paysages fantastiques dès Del Rio, de cette boucle sauvage du Big Bend, de cette nuit sous tente et tipi au Cosmico, le Texas a été riche en satisfaction. Place maintenant à la suite.

Il faut toujours manger son pain noir en premier. Ce matin, le pain noir, c'est 2 heures et demie d'Interstate 10 West pour traverser le Nouveau-Mexique. En sortant de El Paso, nous passons dessus ce bon vieux Rio Grande, qui a repris couleur et surtout largeur. Il ressemble enfin à un Rio. Mais la suite sera moins glamour. Un vent latéral assez violent vient perturber notre matinée. Il convient d'être vraiment prudent en pilotant, en tenant bien les poignées à en attraper des crampes dans les mains, à maintenir l'équilibre de la moto en la tenant un peu de travers. 2 heures de conduite éprouvante avec chaque fois l'appréhension lorsqu'un camion apparaît sur la voie de gauche dans le rétroviseur. Le ciel s'est couvert, devenant même assez menaçant, c'est du 50/50 pour la pluie. Nous renonçons à l'appel à un ami pour la confirmation et nous nous arrêtons prendre un café à une station-service pour nous réchauffer. Et petit miracle, ou fin du pain noir, dès notre départ, le vent cesse, les nuages joue à cache-cache avec le ciel bleu et la température remonte enfin un peu. La conduite devient soudainement plus facile.

A Lordsburg, nous sortons de l'I10 pour rejoindre la US70 qui va nous conduire en direction de Globe/Arizona. Nous faisons le plein des réservoirs, mais aussi des estomacs à un Denny's attenant à la station. Cela faisait plusieurs jours que le Hot Fudge Brownie nous alléchait, mais impossible de descendre ça après un repas. Un brownie bien épais (et gras) avec du chocolat chaud dessus et une petite (...) boule vanille pour le chaud-froid. Aucun doute, c'est un repas à part entière. Dominique n'est pas très sucrerie, elle prendra sagement une salade.

La 70 est assez quelconque jusqu'à l'entrée en Arizona. La traversée du Nouveau-Mexique a été ennuyeuse, les alentours n'étant pas à la hauteur de ce que nous avons pu voir jusque là. Bien sûr pas question de juger de l'intérêt d'un Etat américain lorsqu'on y a vu qu'une portion d'autoroute et un bout de route nationale. Mais dès l'Arizona, le paysage se fait collines et montagnes, végétation "western", routes à courbes, une nouvelle splendeur, notre pain blanc du jour. Visiblement, ce n'est pas pour rien qu'elle se proclame la "Old West Highway", titre mérité qui veut déjà tout dire. Nous y voyons d'autres cactus, en fleurs, que nous prenons en photo sur le bord de la route. Safford s'annonce, sa large avenue principale agréable, une jolie petite ville. Quelques kilomètres plus loin, Geronimo donne le ton. Nous pénétrons sur territoire Apache. A Bylas, une petite soif nous impose un stop. Sur le parking du Apache Market Center se tient une fête, sorte de tombola, au bénéfice de la communauté locale. Que ce soit les employés du magasin ou les participants à la fête, aucun n'est Blanc, mais bel et bien Indien.

Bylas n'a pas le standing des villages de Louisiane. Les voitures sont de vieux 4x4 déglingués, les maisons sont souvent des mobilhomes défraîchis ou des baraques en bois mal entretenue. Il règne un foutoir devant chaque habitation, comme si une réunion de brocanteurs s'y tenait. Les abords des routes aussi ont changé, les sacs plastique, bouteilles et autres canettes de soda y sont légion.

Visiblement, la communauté Apache n'a pas le souci de l'écologie ou de l'entretien de son environnement. Les priorités sont sans doute ailleurs, celles d'une minorité vivant une discrimination, un cloisonnement dans sa propre culture. Nous y voyons aussi bon nombre de panneaux visant à promouvoir la prévention contre la conduite en état d'ébriété, du jamais vu jusqu'alors. L'alcoolisme, un problème connu chez les communautés indiennes américaines. Encore une autre facette de l'Amérique et de ses soucis internes, voire de ses fantômes.

Peu après Bylas, nous voyons les premiers grands cactus, à plusieurs branches, ceux qui sont dans tous les décors dignes de ce nom des films de cow-boys.



Un dépaysement de plus, après les plages du Golfe du Mexique, les bayous de Louisiane et les différents paysages texans. Nous avons passé un nouveau fuseau horaire en arrivant à El Paso, nous voilà désormais 8 heures en retard de la vieille Europe. Globe est atteinte en milieu d'après-midi et nous nous posons au Day's Inn, visiblement tout neuf. Petite détente dans le spa extérieur de l'hôtel, dont l'eau est bien chaude et les bulles belle source de décontraction.

Pour le repas du soir, le Zen's Café en face de l'hôtel est juste parfait. Bonne nourriture, des portions pour une fois équilibrées et une serveuse sympa comme tout, qui aura largement mérité son pourboire. Et en plus, les clients des hôtels environnants ont droit à 20 % de rabais sur la facture. Petite promotion au tourisme, même si Globe ne doit pas être un haut lieu de fréquentation. Bref, si vous vous arrêtez un jour dans ce coin d'Arizona, le Day's Inn et le Zen sont recommandables.

Demain, grosse autre étape en perspective, puisque nous allons traverser l'Arizona pour finir à Kingman, tout à l'autre bout de l'Etat. Avec comme dessert suprême, un bon bout de la route 66, la King Road des Bikers.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Zazabenji · 2012-04-09

Salut les Zamis 😉

L'aventure américaine n'est, visiblement, pas de tout repos ... ce sont les aussi les joies du voyage ! On espère que tout roule maintenant et que vous poursuivez votre progression, vous rapprochant un peu plus chaque jour de l'autre côte.

Keep enjoying your trip and every day on this beautiful Land Read you soon !! Isa

D'une côte à l'autre des USA en Harley

PapJ59 · 2012-04-09

Salut Laurent,

Je te suis assidument depuis le début, et c'est encore et toujours un régal.

Ta façon de t'émerveiller et de décrire chaque instant, est tout à fait en phase de ce que j'ai vécu !!! et que je retrouverais bientôt.

Je ressors ta citation (c'est pour les "générations futures"....) qui résume notre fascination pour les US et les rencontres improbables:

On dit toujours qu'on garde le meilleur pour la fin. Et bien là, non. La US 62/180 qui fonce vers El Paso est une rectiligne de plus de 100 miles, sans une courbe. A peine l'horizon a englouti la ligne droite qu'il se reprolonge au loin. Et l'allure est identique que sur l'Interstate. Difficile de résister à un arrêt. Un arrêt que nous ferons à Cornudas. Sur la carte, Cornudas est mentionné comme un village. Mais la seule construction de Cornudas, c'est le bar de May, une petite grand-mère qui tient un demi-saloon sur le bord de la route où passent les véhicules à toute allure. Les pieds des tables sont recouvertes d'un jean's et même de bottes, comme un demi corps. May en rit et nous dit : "Voilà ce qui arrive à ceux qui ne m'ont pas laissé de pourboire !". Nous hésitons à payer notre canette de Diet Coke plus chère, histoire de ne pas en avoir les jambes coupées.

Bonne continuation. Jean.

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Charly81 · 2012-04-09

ça y est on est à Chicago au départ de la route 66 et je continue à vous suivre à l'autre bout de cette route enjoy😉

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Genevois · 2012-04-10

Salut amigo, Bonne route à toi, on a fait quelques miles sur la mythique en Arizona. Et là, c'est Viva Las Vegas ! Drive safe and keep in touch.

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Babylon5 · 2012-04-10

Hi Lolo, La follett n'est pas très moto, mais le Follett si, et il t'envie beaucoup. Remarque hier on était à St Emilion et il y avait un rassemblement de Harley, c'était impressionnant, ça m'a presque donné envie de faire un tour. Dommage pour les photos, mais bien sur que ça attendra le mois de juillet. En tous cas continuez de bien profiter et de faire tes commentaires c'est trop top. Et Dom, ça va? Pas trop marre d'être toujours derrière?

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Chrou54 · 2012-04-10

Bonjour à vous, Comme déjà dit par d'autres forumeurs, vous faites un fort beau récit de votre voyage. Cela fait rêver. Nous partons, ma femme et moi, dans un peu plus d'un mois pour le sud-ouest américain à moto. Premier voyage aux USA. Votre récit nous donne l'eau à la bouche et nous aide à patienter jusqu'au 21 mai, date de notre départ. Au retour, une carte avec votre itinéraire serait bien pratique car le détail des routes empruntées semble très recherché. Bonne continuation et bonne route. Christian

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Genevois · 2012-04-10

Comme tous les matins depuis que nous sommes dans l'Ouest, le temps est vraiment frais, donc vêtements de rigueur. Nous pensons partir vers les 08h30, mais nous réaliserons plus tard, dans les environs de Phoenix, que nous avons passé encore un fuseau horaire.La journée a donc commencé tôt. L'avantage est que les couleurs du matin sont magnifiques et qu'allant vers l'ouest, le soleil est dans le dos.

La route US60 qui part de Globe en direction de Superior est une vrai splendeur. La panoplie est vaste : montagnes, canyons, cactus géants. Puisqu'on parle de cactus, nous en repérons un sur le bord de la route à un moment donné. C'est le moment de la photo. Nous nous postons à son pied pour le cliché, sans nous rendre compte de la réelle taille de cette plante. Une fois la photo dans l'appareil, nous nous voyons tout petit. Il doit bien faire dans les 6 mètres de haut !



Arrivés à Florence Junction, nous rejoignons la plaine centrale de l'Arizona. Le moment de faire le plein à l'une des stations qui jalonnent la route. Nous demandons l'heure à un retraité qui prenait un café devant le commerce et après nous avoir répondu, il nous apostrophe sur nos origines, devinant que nous sommes européens. Un gars très sympa qui connaît la Suisse, car il a skié dans plusieurs stations des Alpes. Et pas les plus modestes. Il faut dire que cette partie de l'Arizona est le refuge des riches retraités qui se regroupent dans des quartiers aux belles villas, dont les complexes offrent un golf. Plusieurs femmes relativement âgées font le plein à cette station. Elles sont souvent refaites de la tête aux pieds, habillées comme des jeunettes en short court et t-shirt moulant, coiffure parfaite en ce dimanche de Pâques. Le billet vert est roi à l'Est de Phoenix.

L'arrivée sur Phoenix se fait toujours par la 60 qui devient une autoroute aux abords de la ville. Une autoroute de 3 à 7 pistes, avec des sorties tant à gauche qu'à droite. Peu de circulation en ce dimanche, notamment pas de camions et tant mieux. Du coup, la conduite sur ces voies en devient presque agréable. Nous passons d'abord devant l'aéroport de la ville avant de longer les quelques buildings de Phoenix Downtown. Direction l'Interstate 17 Nord qui trace en direction de Flagstaff et du Grand Canyon. Cette autoroute suit un tracé magnifique, partiellement valloné et jamais monotone. Là par contre, la circulation est plus dense. Les habitants de Phoenix semble quitter la ville pour aller dans les montagnes, où les activités sportives sont légion : randos, canyoning, canoë, il y a de quoi faire dans le quoi. Le soleil cogne fort, mais l'Arizona est en partie en altitude et le fond de l'air reste assez frais, pas question de rouler en t-shirt aujourd'hui.



A mi-distance de Flagstaff, il est temps de sortir de l'I17, pour rejoindre la 69 en direction de Prescott. A Mayer, petit bled par excellence, quelle n'est pas notre surprise de voir une agence Harley sur le bord de la route, et ouverte en plus, même un dimanche de Pâques. Donc, un petit arrêt s'impose. Une fois de plus, même si l'agence est plus modeste que celles visitées jusqu'alors, il y a bon nombre de motos exposées. A moitié prix de chez nous ... Nous achetons un t-shirt, au magnifique logo dans le dos, avant de reprendre la route. A partir de Prescott, c'est la 89 qui va nous guider jusqu'à l'Interstate 40, qui longe la partie sud du Grand Canyon. La 89 est redescendue des collines pour traverser des plaines et des forêts de pins. Jolie route, rapide, puisque nous y tenons un bon 75 miles/heure. Seul danger potentiel pour nous, les animaux qui pourraient traverser la route. Nous voyons régulièrement des cadavres de bêtes sur les abords des voies, des renards, des lièvres, parfois une biche.

L'interstate 40 West ne sera qu'un court intermède avant de pouvoir prendre la US66, la fameuse mythique qui rejoint Chicago à Los Angeles. La 66, le mythe des motards, mais surtout des fans de Harley. Peut-être parce que cette route incarne le rêve américain, certaines de ses valeurs. La route 66, mythique comme la Harley l'est aux USA. Le premier tronçon jusqu'à Seligman traverse les hautes plaines avant le Grand Canyon. Les herbes sont jaunes et sèches, véritable garde-manger pour les troupeaux de bovidés et de chevaux. Des plaines d'une superficie énorme, pour quelques têtes de bétail. Elles ont le choix du brin d'herbe les vaches du coin.

Seligman, petit village qui vit uniquement de l'exploitation du mythe 66. Tout y est 66.Le motel, les restaurants, les t-shirts, magnets, drapeaux, plaques, bref tout. Nous y prenons un léger repas et faisons l'erreur du jour. Malgré que les t-shirts et autres souvenirs soient bon marché, nous repoussons nos achats à Hackberry ou Kingman, ne voulant pas perdre de temps ici, alors qu'il nous reste encore de la route. Grossière, mais alors grossière erreur.



La route jusqu'à Hackberry continue à travers ses vastes hautes plaines, où il ne manque que les troupeaux de bisons pour revenir à l'époque de la conquête de l'Ouest. Rien n'a dû bouger ici depuis des lustres. Pas ou peu de présence humaine, mais des pâturages à perte de vue, entourés au loin par les contreforts du Grand Canyon ou des montagnes d'Arizona. Des montagnes au sommet parfois plat, où on pourrait s'attendre à voir une tribu d'Indiens à cheval, guettant les diligences passant dans la plaine. Un panneau nous apprend que nous sommes en territoire Mojave. Ceux qui vivent sur ces plateaux n'ont visiblement que l'élevage pour subsister. Les bovins, les chevaux sont présents dans les pâturages et ils en ont de la place ! La présence d'Indiens Mojave est moins marquée qu'à Bylas avec les Apache, la population étant plus mélangée et panachée.

A Hackeberry, il y a une sorte de petit musée sur le bord de la route. Vielles voitures, pompe à essence d'époque, vieilles affiches et plaques, bref, tout ce qui a pu être récolté tient dans cette boutique. Même le vieux chien qui ronfle devant l'entrée semble être du temps de l'âge d'or de la route. Mais malgré le charme des lieux, peu de choix pour les achats, en tous les cas bien moins qu'à Seligman. Et les prix ont doublé. Nous espérons du coup trouver notre bonheur à Kingman et nous nous contenterons de garnir notre collection de photos.



Retour sur la 66 qui va traverser rapidement quelques montagnes avant de plonger dans une grande ligne droite pour Kingman. Kingman où nous ne trouverons pas le choix de Seligman, d'autant plus que la quasi totalité des magasisn fêtent Pâques à la maison et pas au boulot. Bon, nous voilà marron. Et pas question de retourner à Seligman, il y a 60 miles d'Interstate rien que l'aller.



Nous nous posons au Day's Inn, le deuxième en direction de l'Ouest, car il y en a un premier vers l'aéroport. Les motels et autres petits hôtels se succèdent le long de la 66, il y a du choix en matière d'hébergement ici, bien que Kingman ne soit qu'une ville de transition vers Vegas ou le Grand Canyon, n'ayant rien à offrir aux voyageurs. En face du Day's Inn, le JB's restaurant, une chaîne qui n'a rien à voir avec les Denny's. Un resto qui sert de la bouffe de cantine, nous y mangeons sans plaisir. Premier et sans aucun doute dernier JB's de notre voyage, maisen ce dimanche de Pâques, il était difficile de trouver autre chose qu'un fast-food. A côté du JB's, le Sonic. Un Drive-In où il n'est pas possibe de commander autrement qu'en voiture. On se parque à des emplacements, les cartes sont affichées sur des panneaux, on y fait sa commande, on peut payer avec une carte de crédit, une jeune fille en patins à roulettes amène la commande oualors on la récupère à un guichet . Le Sonic a de bons desserts, alors on montre clairement notre statut d'étranger et la jeune serveuse est toute heureuse de nous aider. Nous aurons donc nos trois Sundaes. Elle nous demande notre origine et lorsqu'on répond Suisse, elle nous dit qu'elle a une amie de notre pays. Cette amie lui a appris des gros mots en français, mais elle n'ose pas nous les dire. Nous insistons un peu et elle nous sort timidement un "sa...ope" qui nous fait beaucoup rire !

L'hôtel est en face, quelques mètres à faire à pied pour aller nous coucher. Demain soir, ce sera Viva Las Vegas ! Rock n'Roll ! Le voyage tire à sa fin, car il nous reste deux étapes de route. Une assez courte pour rejoindre la capitale du jeu et une bien plus longue pour redescendre sur la Cité des Anges. On va en profiter jusqu'à la dernière seconde !

Première des deux dernières étapes donc. Direction Oatman, le long de la 66 Historic. Oatman est un petit village perdu dans les montagnes au sud-ouest de Kingman, un village qui n'a plus rien d'authentique et qui est entièrement voué au tourisme. Pourtant, malgré cet aspect assez commercial, Oatman n'est à éviter sous aucun prétexte. Tout d'abord parce que la route qui y mène depuis Kingman est époustouflante. Après une dizaine de miles d'approche, la route grimpe en virages serrés au coeur des montagnes. Le paysage est à la hauteur de l'attente, sauvage et magnifique, fait de roche de couleurs différentes suivant les ombres ou les points de vue. La montée depuis Kingman nous permet d'avoir une fois encore le soleil dans le dos, idéal pour les photos et la lumière. Notre E-Glide n'est pas la moto idéale pour ces petites routes de montagne. A vitesse réduite et avec ces virages courts, son poids est un handicap certain.



Dommage que les autorités locales permettent le parking le long de la route au milieu du village. Il y a pourtant des parkings aux extrêmités, mais l'endroit est bien fréquenté. Boutiques diverses, mais qui vendent quasi toutes les mêmes choses : t-shirts, bijoux, gadgets souvenirs. Néanmoins cela reste supportable, car le gros de la marchandise se trouve dans les commerces et ne déborde pas sur la rue. Outre ces produits mercantiles, on peut aussi voir de nombreux vestiges d'une certaine époque comme des vieilles voitures ou des affiches. Des ânes sont en liberté au milieu des touristes qui achètent quelques morceaux d'herbe séchée pour les nourrir et faire la photo qui va avec. Clou du spectacle, deux cow-boys se la jouent en duel au milieu de la rue avec des balles à blanc. Nous sommes quand même aux USA, il faut faire le spectacle. Malgré cette description pas très reluisante, Oatman est à voir et pas que pour sa route. Merci Fred pour le tuyau.



Après Oatman, nous reprenons la route et abandonnons rapidement la 66 pour bifurquer sur Mojave Valley, puis sur Bullhead City sur la 95. Malgré son nom assez barbare, Bullhead City est une ville très sympa le long de la Colorado River. La ville sur l'autre rive, Laughlin, est au Nevada et donc parsemée de casinos. Bullehead City a aménagé ses berges pour les plaisirs aquatiques. Plages, lieu de pique-nique, parcs pour les campings-cars, palmiers, l'accès à la rivière est privilégié. D'ailleurs, ce qui semble marcher le mieux ici, c'est la location de jet ski, il y en a partout. L'eau du Colorado semble claire, mais encore froide, peu de gens y trempent les pieds en ce début avril. Le débit est important et le courant est assez fort au milieu du cours d'eau. Au bout de la ville, un pont sur le Colorado marque la frontière avec le Nevada voisin. Le Nevada que nous entamerons par la traversée des montagnes Mohave, juste superbes, avant de plonger sur le désert du même nom. Une autre longue rectiligne de plusieurs dizaines de miles trace la voie jusqu'à Vegas. Après un début tranquille, l'ennemi du motard en balade se fait présent. Un assez fort vent latéral qui souffle en rafale et qui arrive parfois à destabiliser les 400 kilos de la moto. A part la petite ville de Searchlight, et on se demande bien ce qu'elle fait là cette bourgade, rien. Rien que du sable et de la poussière, des petits buissons, qui tourbillonent ensemble suivant la force du vent.



L'arrivée à Vegas est épique. Les 3 à 7 voies d'autoroute refont leur apparition, comme à Phoenix. Mais nous ne sommes plus dimanche et la circulation est bien présente. Ca dépasse à droite, à gauche, ça sort aussi parfois des deux côtés, les voies d'accès amènent leur flot de véhicules, il faut guetter les bonnes sorties, bref, conduire sur les autoroutes de Vegas n'est pas dénué de stress. Les Interstate 215 et 15, puis Flamingo Road et nous voilà arrivés sans encombre au Flamingo Hôtel, bien placé en face du Caesar, presque au milieu de Las Vegas Boulevard, surnommé le Strip.. Après avoir parqué la moto au garage gratuit de l'hôtel, nous allons prendre nos chambres, reservées par le net.

Une file digne d'un embarquement d'aéroport et près de 2 heures de queue pour avoir notre tour. Certes il y a du monde qui descend dans cet hôtel, mais sur les 15 ou 20 guichets disponibles, seuls 5 étaient vraiment occupés par des employés. Pas très pro, l'accueil au Flamingo ! Enfin, nous recevons nos clés, les couloirs sont interminables, la piaule est agréable. Cet hôtel est monstrueux, plusieurs milliers de chambre. Il a été un des premiers de Vegas et c'est sûr, il n'a pas le lustre des ses voisins, mais il reste abordable et surtout bien placé. Par contre, quelques services annexes ne sont pas fournis dans les chambres les moins chères. Pas de frigo, pas de cafetière, pas de Wifi gratuit. Pas grave, on est à Vegas bon sang, on ne va pas s'arrêter à si peu. Allez, une petite douche et c'est parti pour nous fondre dans la foule de la capitale du jeu.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-04-11

Bonjour Christian,

merci pour le message.

Pour les routes, il va être difficile de publier une carte, car souvent et suivant les Etats, nous avons prix de petites routes qui ne figureront pas sur des cartes au niveau national.

Le mieux est de reprendre le texte et d'avoir une carte des Etats ou alors Google Map, ce sera plus simple. Mais si vous voulez des détails sur des endroits par lesquels nous sommes passés, n'hésitez pas.

Bon voyage à vous, vous allez vous éclater, la conduite en moto ici, c'est un paradis.

Laurent

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Noelf6c · 2012-04-11

Bonjour, toujours superbe votre récit, qui ressemble vraiment beaucoup à celui que nous avions fait en 2001.(10 voyages moto depuis, dont un en Australie et 1 en Afrique du Sud il y a deux mois, quand on y goûte...)

Le prix des Harley est toujours surprenant, mais , après avoir demandé au vendeur, comme partout aux USA , le prix est affiché hors taxes, ce qui fait qu'au final, ça revient presque au même qu'en Europe, surtout quand on rajoute le transport.

Bonne fin de parcours.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Louiselette · 2012-04-11

génial !!😎😎😎😎

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Zazabenji · 2012-04-11

Salut Laurent

Je suis ton circuit sur Google map et devrais pouvoir partager cette carte avec les amateurs une fois votre circuit terminé. Tu pourras modifier si j'ai commis des erreurs ou omis des bifurcations, mais vues toutes les infos précises que tu mentionnes dans tes récits, je pense que la carte est assez proche de la réalité sur le terrain.

Bonne fin de Voyage, profite de ta Harley avant de retrouver sa petite soeur au pays...

Hasta Luego Amigo Bises à tous les 2

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-04-12

Aaahhhh Vegas ... ville mythique des USA au même titre que New York ou Miami. Evidemment, tous les fans et habitués des Etats-Unis y auront dépensé un peu de leurs sous, en parler ne constitue pas une surprise ou une découverte. Mais comment ne pas lui consacrer une partie de ce récit ?

Par quoi commencer ? Il y a tellement à dire, tant tout est démesuré.



Les hôtels. Si le Flamingo est un vieil établissement qui avait surtout été original à l'époque pour sa piscine, depuis, la course est à celui qui construira le truc le plus dément, évidemment avec chacun son thème choisi. Et là, le Flamingo n'est plus dans le coup, vu son âge. Le Caesar, voisin du Flamingo avait déjà fait fort avec son architecture romaine, toute en colonnes, statues, patios et autres rappels de l'époque de ce vieux Jules. Mais la palme de la démesure revient largement au Vénitien. Des canaux devant l'hôtel, sur lesquels on peut faire un tour en gondole, la reproduction du pont des Soupirs ou des fresques de peinture des célèbres artistes italiens de l'époque, le faste du Vénitien dépasse l'entendement.



Tous les citer est impossible, mais on pourrait encore parler du New York avec son pont de Brooklyn, l'Empire State Building, ses gratte-ciel, sa statue de la liberté ou encore son grand huit dans la cour intérieure de l'hôtel. Du Paris avec sa Tour Eiffel et l'architecture à la française, du Louxor en forme de pyramide, du Circus Circus qui a un vrai cirque juste avant son lobby, du Wynn et son lobby tout en fleurs véritables, du Treasure Island avec ses bâteaux de pirates, ... La liste est longue. Le jeu consiste évidemment à parcourir le Strip et pénétrer dans chacun d'entre eux pour pousser des "oohhhh" et/ou des "oouuuaaahhh".



Observer le va-et-vient des voitures de luxe devant les lobbies est un spectacle à lui tout seul. Limousines, Hummers customisés, voitures de sport, le luxe s'expose. Chaque hôtel qui se respecte a sa salle de spectacle et les plus grands s'y produisent. Evidemment, celui qui aura réussi à attirer les plus stars les plus connues gagne la mise. On est à Vegas.



Les gens. Las Vegas, la démesure est aussi dans les gens qui viennent y passer du temps. Certains viennent clairement s'y encanailler, filles comme garçons d'ailleurs. D'autres y claquer une partie de leur fortune, tout en montrant bien leur richesse. Que ces soit tôt le matin, dans la nuit ou à toute heure de la journée, les machines à sous et les tables de poker sont occupées. Les extravagances sont permises ici, elles seraient presque même recommandées. Ainsi, les filles sont souvent peu vêtues et exposent le maximum de peau possible, quelque soit la taille, S ou XXL. Tatouages à l'appui évidemment. Le t-shirt, la robe se veulent moulants et si possible le décolleté plongeant. Les Américaines sont totalement décomplexées et s'assument clairement. Les look sont parfois redoutables. Les retraité(e)s affichent leur taux d'expositions aux UV ou leur bronzage naturel, certainement acquis durant des parties de golf, belles toilettes et coiffure impeccable, surtout le soir. La foule est dense sur les trottoirs du Strip, il y a toujours quelque chose à y voir ou observer.

Dès notre arrivée, nous nous sommes plongés dans cet univers. Il est loin le Cosmico de Marfa ou le bout du monde de Sanderson. Dans la rue, nous avons croisé Elvis, Jack Sparrow ou encore le Joker de The Dark Knight, mais aussi ses immigrés latinos qui distribuent à la foule, homme, femme ou couple peu importe, des petites cartes style Panini , représentant des filles quasi nues avec leur numéro de portable, disponible en 20 minute d'après la pub. S'encanailler disait-on. L'amour à Vegas n'est pas que bague au doigt et Wedding Chapel.

Evidemment, nous n'avons pas pu nous empêcher de reprendre les motos pour parcourir Las Vegas Boulevard, de nuit, et dans les deux sens, pour profiter des néons de Vegas. Tiens, il y a un Harley-Davidson Café sur le Strip, un peu après le Paris direction nord. Pour ne pas être en reste, une reproduction de moto géante sort du mur et apporte sa touche d'originalité. Il se fait tard, Vegas continue de vivre, les trottoirs restent animés. Pour nous, c'est la fin d'une grande journée. Demain, suite de la découverte.



Bien sûr, il y a aussi une agence Harley à Vegas. Y aller fait partie de notre trip. Ce sera la plus grande visitée jusqu'ici, une exposition énorme. Au retour, petit crochet par le bout sud de Las Vegas Boulevard où se trouvent les chapelles pour les mariages express. Il est 10h30 du matin, un couple se dit oui presque au bord du trottoir, sous un autel à la vue de tous, pour le meilleur ou le pire, peut-être pour la vie. Belle robe, joli costume, deux témoins les accompagnent. Mariage rapide et peu intime avant de monter dans une limousine qui fait sans doute partie du package. Retour à l'hôtel pour poser les motos, après avoir fait encore une fois Las Vegas Boulevard du sud au nord.

Ce n'est pas les magasins de souvenirs qui manquent à Vegas. Nous allons en faire un peu le tour, à la recherche du cadeau à ramener pour nos proches. Le choix est tel qu'on hésite souvent, espérant trouver mieux ailleurs, et finalement il en devient dur de se décider. Plus qu'ailleurs, le principe de consommation est à l'extrême. Et sur le chemin de ces échoppes, il y a toujours quelque chose à voir. Pour midi, nous recroisons le Harley Davidson Café qui propose des plats américains aux portions pour motards affamés. Des motos suspendues à un rail parcourent le restaurant, l'excès, toujours l'excès, partout.

Nous continuons encore un peu nos achats avant de nous réfugier au frais d'un McDonald's . Oh non, ce n'est pas que nous avons faim. Mais le Wifi est payant à l'hôtel alors que le McDo propose un accès libre à tous ces fidèles clients. C'est l'occasion de consulter les mails, de vérifier la météo des 2 prochains jours, de poster la suite du récit sur VF. Petite pause dans une journée chaude et fatiguante. Mais ce soir, ce sera détente puisque nous allons voir le spectacle "Le Rêve" au Wynn Theater, joué par le Cirque du soleil. Billets achetés sur le net avant notre départ, nous les avons récupérés hier et nos places sont numérotées, pas de souci.

La salle du Wynn est extraordinaire. Ronde et en forme d'amphithéatre, la scène est une piscine géante avec un fond qui peut bouger suivant les acrobaties. Le Rêve semblait moins bien que Ô, mais ce dernier spectacle faisait relâche en cette période de Pâques. Le début de la représentation met l'ambiance direct. Explosion, feu, déluge d'eau qui tombe du plafond. On en reste scotché. La suite sera magie, danses, acrobaties, plongeons. Avec effets spéciaux, jeu de son et lumière. 1h15 qui passent à la vitesse de l'éclair tant le show est divertissant. On ne peut pas tout dévoiler, il faut le voir, mais le clou du spectacle est quand deux acteurs s'envolent en direction du plafond sur un trapèze. Ils sont bien à 25-30 mètres du sol, pile au dessus de la piscine qui a rabaissé son fond au plus profond. La suite se devine. Le premier lâche l'archet et descend d'une vitesse vertigineuse comme une flèche pendant que la foule pousse des cris de stupeur, voire de peur tout court. Le second va disparaître encore plus haut dans un nuage formé pour l'occasion. On ne le voit plus et on ne peut pas y croire. Non, il ne va pas le faire. Et bien oui, il apparaît soudain en chute libre, à pleine vitesse, pour pénétrer dans l'eau comme un missile. Démesure, même dans les spectacles.

Nous en aurons dépensé des sous ici, et ça sans jouer un seul penny dans les bandits manchots. Mais c'est Vegas. Viva Las Vegas comme dirait une bande de barbus rock n'roll.

Vegas, assurément un moment fort du voyage, même si la moto s'est reposée au garage couvert, surveillé et gratuit du Flamingo. Que d'images enregistrées depuis près de 3 semaines, que d'émotions ressenties. Tout ne restera pas imprimé, mais c'est sûr, une telle aventure ne s'oubliera pas.

Et vu que tout à une fin, demain c'est la dernière chevauchée, celle qui va nous amener à la Cité des Anges, celle qui était si loin il y a peu et qui maintenant va être le bout de notre route.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-04-14

Même hors taxe, le prix d'une Road King ou d'une Glide fait juste rêver ... On a rencontré des Danois qui avaient simplifié le problème. Ils en ont acheté une aux States, ils la laissent là et après 10 voyages, la moto ne leur coûte plus rien...

maintenant, je ne sais pas pour la France, mais pour la Suisse, il est possible d'en importer une, mais Harley impose une taxe d'importation si énorme que cela ne vaut pas le coup. Histoire de protéger les concessionnaires européens ...

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-04-14

Vu que l'étape s'annonce longue, le lever est assez tôt. Bien que le ciel soit encore bien bleu, le vent souffle à décorner un boeuf du crû. Nous n'avons pas le choix, nous devons entamer notre périple sur l'Interstate 15 W qui descend vers Los Angeles. Le vent va donner le ton rapidement, il souffle en rafale et cela devient rapidement très pénible sur la moto. Suivant sa force, il nous fait faire des écarts et il faut être attentif de bien tenir le guidon. Cela va nous conforter dans l'idée qu'il faut quitter cette autoroute au plus vite. Heureusement, on avait prévu le coup.



Avant de passer en Californie, à la frontière, l'Etat du Nevada propose un dernier casino, posé en bord d'Interstate, des fois que les conducteurs n'aient pas déjà tout claqué à Vegas. Un casino posé en plein désert, là où il n'y a rien d'autres que du sable et des arbustes. Peu après être entrés en Californie, nous prenons la sortie pour Nipton, avant de bifurquer pour Cima et Kelso. Ces petites routes traversent la fantastique réserve du parc national de Mojave. Aucune construction, que le désert et sa végétation, ses montagnes. Dommage, le temps est couvert et même froid, rendant les couleurs naturelles moins belles.

Cima, un village sur la carte. Mais une fois n'est pas coutume, il ne faut pas toujours s'y fier. La seule construction de Cima est un vieux mobilhome en bois qui est censé faire épicerie, café et restaurant. Le panneau "Closed" et l'état de semi-délabrement de cette construction nous indique que Cima semble désormais reclu à l'état de village-maison unique fantôme. Entre Cima et Kelso, nous avons droit à une forêt de Joshua Tree, arbre qui se fond magiquement dans ce paysage désertique. Pas étonnant que Bono et sa bande en aient fait la pochette et le titre d'un album qui a eu un succès planétaire. La séance photo sera prolongée ici, d'autant plus que le soleil a refait timidement son apparition.



Kelso, pas plus de bâtiment qu'à Cima, à la différence près qu'il s'agit d'une gare, bien vivante celle-là. Une gare, un petit restaurant, un bureau des Rangers qui renseignent sur les activités à faire dans le coin. Bref, un coin animé, mais toujours pas un village. Un train de marchandise est en attente sur les voies, nous pouvons photographier ses trois locomotives de l'Union Pacific, avec leur drapeau américain sur les flancs. Et après la photo, quoi de mieux qu'une bonne tarte aux mûres chaudes, faite maison ? Kelso, malgré son statut de gare mérite qu'on s'y mette à quai quelques minutes.

La route continue à descendre dans cette réserve de Mojave en direction de Amboy, toujours aussi superbe, avec des paysages époustouflants de beauté sauvage.



C'est tellement peu fréquenté dans le coin, que nous pouvons faire des photos couchés sur la route , droite à perte de vue, à prendre des positions pour nous la jouer un peu et surtout faire envie aux potes au cours des soirées photos qui s'annoncent.



A Amboy, nous rejoignons notre bonne vieille 66, que nous avions quittée à Oatman. Ce n'était qu'un au revoir, nous avions promis de nous retrouver. Et cette portion entre Amboy et Ludow vaut son pesant d'or tellement c'est beau. Il y a les sigles de la route peints sur le bitume. Et là aussi, la circulation est si importante (...) que nous arrivons à nous prendre en photo au beau milieu de la chaussée, avec le sigle comme sujet principal. De vrais gosses ... Un pick-up arrive en face, voit nos motos sur le bord de la route et nous à côté. Il s'arrête et nous demande si nous avons un souci. Non Monsieur, on se prend en photo avec cette 66 que vous avez tous les jours sous le nez, mais qui est un mythe pour nous. Rassuré, il lève un pouce vers le ciel, rigole un coup et nous souhaite une bonne journée. On peut ne pas être d'accord avec la politique étrangère hautaine, voire agressive des Américains, cette volonté d'être le Sheriff du monde avec les mensonges et l'hypocrisie qui vont avec, mais il faut reconnaître que ce peuple US est particulièrement accueillant, j'y reviendrai dans le bilan du voyage.



A Ludlow, après un plein d'essence, nous ne voulons toujours pas reprendre l'Interstate. Le vent souffle toujours en force et la 66 est encore là, à nous tendre les bras. Nous avons du mal à nous quitter. Mais les histoires d'amour finissent mal en général, car la portion de route entre Ludlow et Newberry Springs est un enfer. Nous qui la vénérions, cette 66 nous la joue capricieuse et fière. La route est une horreur. Bitume grossier, trous, bosses, aspérités, tout y est. Impossible de dépasser les 25-30 miles. Contrairement aux riches Américaines de l'Arizona, la 66 n'a pas eu son lifting ici. Et l'Interstate voisine, à quelques mètres seulement, n'arrange pas les choses puisque seuls les passionnés lui caressent le dos maintenant à cette 66. On en vient presque à regretter de ne pas rouler sur l'autoroute.

Newberry Springs, ce nom n'est connu que de quelques érudits. Mais le Bagdad Café ? Déja plus. Et bien il se trouve qu'il est à Newberry Springs. Un café comme on en voit des milliers en bord de route, mais celui-ci a eu la chance d'être célèbre via le film que tout le monde connaît. Du coup, les affaires sont florissantes, car les touristes en route entre L.A. et Vegas s'y arrêtent. On a même poussé le vice à créer une sortie sur l'Interstate pour ce bled. A notre arrivée, personne. On fait la photo de la célèbre caravane en alu, des lieux, de la route. A l'intérieur, nous sommes accueillis par une poignée de main, en français, s'il vous plaît, mais nous comprendrons rapidement pourquoi. On y vend des t-shirts et des pulls à capuche, très sympa d'ailleurs et pas plus chers qu'ailleurs, et on y mange. Cela reste quand même un café.





Alors que nous finissons nos burgers, quatre français arrivent. Ils sont en voiture, font un tour aux USA, car la plus jeune d'entre eux habite à Atlanta et montre le pays. Nos premiers francophones depuis 3 semaines. Et subitement, c'est l'avalanche. 2 cars de Français, 100 personnes qui rentrent toutes dans le café qui n'a que 7-8 petites tables. Toute le monde veut faire des photos, mais évidemment à 100 dans un espace qui peut en contenir 25, c'est assez dur. C'est avec cela que le Bagdad fait son beurre et pas en cacahuètes. Tous les jours, les tours-operator s'arrêtent ici et déversent leur flots de touristes qui ont 10-15 minutes pour faire une photo, boire un coca, acheter un souvenir et remonter dans le bus pour poursuivre sur Vegas. Pour parfaire le tableau, à chaque entrée d'un touriste, la patronne met la musique du film dans le Juke-Box. Etant arrivés en premier, on l'a entendue quelques fois, la fameuse chanson.

Nos motos parquées devant ont du succès. Voyant que nous parlons français, pas mal de gens viennent discuter avec nous, nous demandent des infos sur le trajet effectué, la moto, les prix. C'est notre moment de gloire, le Bagdad Café n'a qu'à bien se tenir. Mais il est temps de reprendre la route, car on le sait tous, la gloire est éphémère.

On ne pouvait pas se quitter comme cela, alors la 66 nous offre une bonne portion de route pour nos derniers kilomètres jusqu'à Daggett. Là, pas le choix, il faut reprendre l'Interstate direction Los Angeles. Le vent souffle toujours fort et ce n'est pas une partie de plaisir. La pluie aura essayé de nous piéger aujourd'hui. Déjà sur la 66 et dans le désert de Mojave. Les nuages noirs nous entouraient parfois et on a vu les trombes tomber pas loin à côté de nous. A un moment donné, nous avons même senti cette odeur caractéristique de l'eau sur le bitume chaud et à ce moment, nous avons bien crû qu'on ne passerait pas entre les gouttes. Et pourtant, elle nous aura épargné, malgré quelques alertes.



L'arrivée sur Los Angeles est assez redoutable. Au fur et à mesure que la ville approche, l'autoroute rajoute des pistes. Depuis Pasadena jusqu'à l'hôtel, nous aurons au minimum 4 et jusqu'à 7 voies, toutes bien occupées. Conduire sur les autoroutes US est bien différent, car chaque couloir est indépendant. Ainsi, si le trafic le permet, on peut très bien dépasser tout le monde depuis l'extrême droite. En moto, c'est particulièrement stressant puisque cela vient de tous les côtés et changer de piste nécessite une attention accrue. Par contre, une fois de plus, l'Américain, même des villes, est aimable. Il laisse passer si on le solliciite. Et lorsqu'il y a un bouchon, et à L.A. c'est dans la norme, les motos se faufilent entre les véhicules, lesquels s'écartent facilement pour laisser le passage. Relativement dangeureux, mais assez sport, voire grisant. La Californie est d'ailleurs le seul état où cette pratique est permise.



A l'aide de notre itinéraire, nous trouvons aisément notre hôtel, le La Quinta Inn de l'aéroport (LAX pour l'abréviation). Il a l'avantage d'être près des terminaux pour notre départ, avec une navette gratuite, et en même temps de l'agence Eaglerider où nous devrons rendre nos E-Glide. Un choix parfait, surtout avec le parking couvert où les motos reposent en sécurité. Assez eu de selle aujourd'hui, nous prendrons notre repas du soir au La Quinta qui propose une petite carte qui suffit amplement pour un dîner simple.

Le lendemain, c'est la journée de visite, surtout au vu de la météo. Car, elle n'est pas bonne cette météo et ce premier jour à Los Angeles sera le seul au sec. Elle a finalement réussi à nous avoir cette satanée pluie, pour notre dernier jour. Mais revenons à la journée consacrée à L.A. Première visite, Universal Studios. Aucun souci pour y aller à l'aide de l'itinéraire de Google Maps, toujours aussi efficace qu'un GPS Garmin. Bon, disons-le tout de suite, Universal est décevant, surtout par rapport au prix d'entrée. Les attractions ne sont pas vraiment terribles et sont finalement peu nombreuses. Pas la peine de détailler, mais nous regretterons presque d'avoir dépensé quelques centaines de dollars au total pour y passer quelques heures. En sortant d'Universal, nous partons pour Hollywood Boulevard. Pas facile de trouver une place de parking dans ce coin, même pour une moto, nous nous rabattons sur un parking payant et surveillé. Et c'est parti pour parcourir le boulevard à pied, faire les boutiques de souvenirs, les magasins, et évidemment checher des noms connus sur les étoiles qui peuplent les trottoirs. Devant le Chinese Theatre, tout est bloqué, le tapis rouge est installé. Apparemment, ce soir ce sera soirée de stars à L.A., la sécurité veille au grain que personne en franchisse les barrières.

Hollywood Boulevard draîne tant les jeunes paumés, les SDF que les touristes et les jeunes branchés friqués. Une faune bigarée qui cohabite sans aucun souci. Les achats seront encore assez nombreux pour les cadeaux à ramener. Retour à l'hôtel par une Interstate qui traverse Los Angeles Downtown, au milieu des immeubles. La ville est parsemée d'autoroutes, toutes aussi grandes les unes que les autres et il faut avoir un bon itinéraire pour s'en sortir sans se tromper. Et la plupart sont bien bouchées aux heures de pointe. Vu la taille et la superficie de la ville, la voiture est reine ici.



Nous allons d'ailleurs les tester une fois supplémentaire, lorsque de retour à l'hôtel, Dom se rend compte qu'elle a payé les derniers achats dans un magasin, mais que le sac contenant les futurs cadeaux est resté là-bas ... Bon ben, va falloir y retourner. Près d'une heure et demie de trajet pour faire un aller-retour sur Hollywood, toujours avec une circulation d'enfer. J'avoue que sur le moment, l'ambiance était un peu tendue...

Pour le soir, un petit resto mexicain, le Casa Gamino, se trouve près de l'hôtel à pied. Repas parfait, peu cher, avec un Cabernet Sauvignon en carafe de la maison bien sympa. Les prix des restos mexicains n'ont rien à voir avec ceux de chez nous. Et qualité et portion sont vraiment au rendez-vous.

Dernier jour à L.A., il pleut. On s'y attendait, la météo l'avait annoncé. Petite accalmie dans la matinée, le temps d'aller dans une agence Harley sur le chemin de Venice, le long de Lincoln Boulevard. Encore une agence énorme, avec du choix et des employés très sympas. Je profite d'y acheter un bouchon d'essence, hier je me suis rendu compte que lors du dernier plein, il était resté sur la colonne ... Derniers achats Harley, les sacs seront bien pleins.

Retour à l'hôtel, alors que la pluie fait son retour. Je m'aperçois que j'ai oublié mes lunettes au magasin, alors que j'essayais un t-shirt. Evidemment, les autres se moquent de moi, vu l'épisode d'hier à Hollywood. Je retourne donc à l'agence, pourtant distante d'à peine 15 minutes, mais c'est à ce moment que Dame nature décide de lâcher un orage d'enfer. Et un orage sur une Interstate, ça mouille ! Je récupère mes lunettes, mais la pluie descend à fond. J'enfile mes affaires de pluie et je me lance. Il n'y a que quelques miles à faire, mais avec une pluie pareille, cela relève de l'exploit. Des flaques se sont formées sur l'autoroute et lorsque les voitures me dépassent, l'eau projetée m'atteint jusqu'au visage ! Les véhicules soulèvent un rideau d'eau sur ce revêtement, entre cet espèce de brouillard et le pare-brise de la moto qui est trouble à cause de l'eau, la visibilité est proche du néant. Prudence, vitesse réduite et conduite sur la voie toute à droite et j'arriverai bien trempé, mais sans accident à l'hôtel. Et avec mes lunettes !

Il est temps de rendre nos E-Glide. Eaglerider est à 10 minutes de l'hôtel, facile donc d'y aller. Une fois sur place, nous contons nos mésaventures de San Antonio où nous sommes restés 3 jours sans pouvoir avancer. Un geste serait le bienvenu. Cela se réglera par l'abandon d'une partie de nos miles supplémentaires. Finalement, l'affaire se conclu à notre satisfaction, sans prise de tête, avec en prime un t-shirt chacun en cadeau. Voilà, c'est fait, 3 semaines de périple inoubliable, pour les paysages, les rencontres, l'expérience elle-même.

Retour à l'hôtel en taxi, payé par Eaglerider, et il sera temps de faire les sacs. Le réveil est programmé tôt demain matin, notre vol décolle à 08h00 de LAX pour Toronto. Mais avant cela, nous irons prendre notre dernier repas à la Casa Gamino.

Il sera ensuite le temps de tirer le bilan de ce splendide voyage, pour terminer ce récit. La suite dans le dernier épisode.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

PapJ59 · 2012-04-14

Hello Laurent,

Je ne peux pas m'empêcher de te citer (encore une fois...), tellement ça "sent le vrai" !!!!

Et cette portion entre Amboy et Ludow vaut son pesant d'or tellement c'est beau. Il y a les sigles de la route peints sur le bitume. Et là aussi, la circulation est si importante (...) que nous arrivons à nous prendre en photo au beau milieu de la chaussée, avec le sigle comme sujet principal. De vrais gosses ... Un pick-up arrive en face, voit nos motos sur le bord de la route et nous à côté. Il s'arrête et nous demande si nous avons un souci. Non Monsieur, on se prend en photo avec cette 66 que vous avez tous les jours sous le nez, mais qui est un mythe pour nous. Rassuré, il lève un pouce vers le ciel, rigole un coup et nous souhaite une bonne journée.

Au delà de tous les clichés.... c'est ça aussi l'Amérique de nos rêves ! des échanges spontanés et fugitifs dont on se souvient.

Dans l'attente du dernier bilan, cordialement. Jean.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-04-16

Un peu plus de 6000 km en 19 jours. Avalés sans vraiment s'en apercevoir, sans effort particulier, malgré la répétition des parcours quasi quotidiens. Avant de partir, nous aurions pu citer un slogan célèbre chez Tonton Sam : "Yes, we can". Trois semaines plus tard, ce serait plutôt : "Yes, we did it". Je ne vais pas revenir sur notre enthousiasme et le plaisir immense ressenti, cela semble largement transparaître des lignes précédentes. Reprenons par contre quelques thèmes, sans ordre particulier.



L'avion :

Air Canada était parfait, pour la place entre les sièges, pour le français parlé par l'équipage, pour ses nombreuses connexions aux USA, pour le système de divertissement individuel même sur des avions plus petits genre A319. En plus, en s'y prenant à l'avance, les tarifs sont assez avantageux. Les compagnies US ont assez mauvaise réputation sur la qualité du service, ceux qui les ont testées pourraient en parler.

Les motos :

Pour une virée aussi longue et dévoreuse de miles, la E-Glide est plus que recommandée pour ceux qui voyagent à deux. Le passager est confortablement installé et les rangements sont suffisants et verrouillés. La radio et le Cruise Control apportent clairement un plus pour rouler sur les longs bouts droits et les grandes distances. Sans passager, une Street Glide va très bien aussi. Une Road King et une Heritage seraient bien aussi, mais ni radio, ni Cruise Control, ni sacoches à fermeture. Par contre, elles ont Sissy Bar et porte-bagages.



Eaglerider :

Pour notre tour spécifique, nous sommes passés via une entreprise en Allemagne, dont le site internet est www.bikethebest.de. Le Coast to Coast était proposé à un prix exceptionnel, saison d'hiver oblige, mais les motos doivent arriver à Los Angeles avant le 15 avril. Dans le package, 2700 miles compris et 15 jours de location, chaque mile supplémentaire valant 0,39 $ et chaque jour en plus est rajouté à la facture. Il faut donc compter sur une surtaxe, car des miles, on en fait, à moins de faire le parcours uniquement sur Interstate. L'avantage de ce deal : pas de coût supplémentaire pour le One-Way. Malgré les extra-miles et les quelques jours rajoutés, cela vaut encore la peine.

Eaglerider, les locations y sont moins chères que dans les agences officielles Harley ou que chez des loueurs particuliers. L'accueil est convivial, sérieux, rapide, les motos sont en très bon état. Les nôtres étaient quasi neuves. Par contre, en cas de pépin, même minime, c'est vite la m... Eaglerider vous dirige systématiquement vers les agences Harley. Seul problème, ces agences en ont un peu rien à cirer des clients d'Eaglerider. Nous l'avons testé à San Antonio. En ce qui nous concerne, le problème n'était pas dû à Eaglerider, mais à un défaut connu sur les nouvelles générations d'E-Glide. Et si vous devez être dépannés, c'est Google qui rend service pour trouver un garage capable de vous remorquer jusqu'à l'agence Harley la plus proche. Je n'ose pas imaginer une panne sérieuse au fin fond d'un trou perdu comme il en existe tant aux USA. Donc pour résumé, Eaglerider c'est top, mais il ne faut pas avoir de souci avec la bécane. Mais ce principe n'est pas propre à Eaglerider, il s'applique à n'importe lequel des loueurs.

Par contre, il faut avouer qu'Eaglerider n'a pas été pingre lorsqu'il a fallu discuter de notre incident avec une de nos E-Glide. L'affaire s'est réglée sans prise de tête, dans le bureau de Los Angeles, par l'abandon d'une partie de nos miles supplémentaires en compensation. Au final, personne n'a été perdant.



La conduite :

Rien à voir avec l'Europe. L'Américain est en général très respectueux sur la route. Sauf à L.A. où les règles sont plus aléatoires. Les stops sont respectés, même sans circulation, les limitations de vitesse aussi. En tendant le bras pour changer de direction, l'automobiliste derrière soi freine et vous laisse passer. Le revêtement des routes est parfois assez moyen, notamment la qualité du bitume. Par contre, les routes sont bien larges, les panneaux sont nombreux et simples à comprendre vu la numérotation des routes. Il faut vraiment limiter au maximum la conduite sur les Interstate. Paysage souvent monotone, dangerosité due aux camions et à la vitesse, nous n'avons eu que rarement du plaisir à conduire là-dessus. Par contre, les routes annexes sont fabuleuses, avec peu de circulation, aucun stress, le temps d'admirer le paysage, de faire des arrêts photos. Il nous est arrivé de nous arrêter pour prendre un cliché pendant que le conducteur derrière attendait sagement que nous redémarrions. Impensable en Europe.

Le respect dont les Américains témoignent sur la route est impressionnant et rassurant. En 6000 km, nous n'avons jamais risqué l'accident.

Certains Etats permettent la conduite sans casque, à chacun d'évaluer le risque selon ses propres limites.



Les hôtels :

Nous avons privilégié des chaînes d'hôtels simples, mais fonctionnels et pratiques. Days Inn, La Quinta Inn, Super 8 ou encore Travelodge, une chambre ne dépassait pas les 60-65 $ la nuit, avec petit-déjeuner inclus, piscine et parfois laverie. Le site Hotels.com ou les sites propres à ces établissements sont pratiques pour des réservations on-line. Bien sûr, on peut trouver moins cher, mais avec une perte sur la qualité ou les prestations proposées dans les petits motels en bord de route. A réfléchir en fonction de son budget.

Les restos :

Alors évidemment, ce n'est pas la gastronomie à la française ou à l'italienne. Mais ce n'est pas non plus McDonald's tous les jours. Il faut avouer, parfois cela nous a dépanné. Mais on y vend aussi des salades, bien fraîches... Les restos mexicains sont de bonnes adresses, la chaîne de restos familiaux Denny's est très présente et présente une carte variée, les "saloons" de bord de route sont aussi de bons endroits pour s'arrêter, les steak-houses, bref il y a toujours du choix pour éviter les fast-foods.

Les règles ne sont pas les mêmes qu'en Europe. On peut manger un menu Breakfast à 3h. de l'après-midi. Pour les boissons, on ne paie que le premier verre et ensuite, on vous le remplit gratuitement. Pas l'alcool évidemment, mais les sodas et le café. Pour le pourboire, il ne faut pas oublier que c'est souvent la partie principale du salaire d'un serveur. De ce fait, les employés des restos sont souriants, aimables et attentionnés. La règle veut qu'on laisse entre 1et 2 fois le montant de la taxe, suivant la prestation fournie.



L'itinéraire :

Pour un Coast to Coast presque minuté pour arriver au bout dans les temps, nous avons priviliégié les réservations d'hôtels à l'avance avec un itinéraire prédifini. L'avantage : on a un but à atteindre en fin de journée, les étapes sont équilibrées, le budget peut être calculé, on peut choisir les meilleures options de logement. Désavantage : moins de flexibilité, décalage du programme en cas de pépin. Il convient de garder 1-2 jours tampon au cas où. Par contre, tous les hôtels pré-réservés pouvaient faire l'objet d'une annulation en cas de décalage du parcours. Peut-être que pour une boucle avec départ et arrivée au même point, on peut être plus libre dans le choix des arrêts.

Vu la longueur de l'itinéraire et les miles à parcourir, des jours de pause sont agréables, voire nécessaires. A chacun de décider où ces étapes doivent être prises. New Orleans, San Antonio et Las Vegas ont été des étapes parfaites, non seulement dans le timing du voyage, mais aussi pour l'intérêt de ces trois villes.

Les gens :

L'excellente surprise du voyage. Contrairement aux clichés, l'Américain est agréable, serviable, respectueux, poli, ouvert et curieux. Bref, de belles rencontres, beaucoup de contacts et une aide à chaque fois que cela est nécessaire, parfois sans demander quoi que ce soit. Il ne faut jamais hésiter à demander son chemin, une information, un coup de main, à engager la discussion. Les gens étaient ravis de nous aider, surtout en tant qu'étranger, et notre voyage leur paraissait, à eux aussi, extraordinaire.

Le peuple américain est à l'opposé de l'image que son pays donne sur la scène internationale, en tous les cas dans les relations de base. Ensuite, c'est vrai que nous n'avons jamais parlé politique.

Au fur et à mesure de l'avancée vers l'Ouest, la communauté afro-américaine, très présente jusqu'en Louisiane, a peu à peu laissé la place à la communauté latino.

L'insécurité :

Les USA, le pays des gangs, des actes violents, des tueries à l'arme à feu, etc... Bien sûr, cela existe. Mais nous avons vu l'autre Amérique, le pays où tu laisses ton casque sur la moto en allant manger, où tu oublies quelque chose dans un magasin et on te le met de côté, où personne ne vient toucher tes affaires. Aucun souci de ce côté là, même dans les villes. Ensuite, c'est certain qu'il y a sans doute des quartiers de La Nouvelle-Orléans ou de L.A. qu'il faut mieux éviter. Mais en dehors de cela, les USA sont bien plus sûrs que bien des pays européens.

Il s'agit également d'une société obsédée par la sécurité. Parfois à l'extrême, vu la peur que provoquait la frontière mexicaine au vu de ce qui se passe de l'autre côté, comme si s'approcher du Mexique vous mettait directement en danger. Mais ça, ça fait déjà partie de la politique ...

Conclusion :

Bref, voilà, que dire de plus ... Ce voyage a été une aventure extraordinaire. D'habitude, nous allons traîner notre sac à dos du côté de l'Asie, mais là, il faut reconnaître que non seulement nous en avons pris plein les yeux au niveau des paysages et des endroits traversés, mais le dépaysement a été complet, tant le fonctionnement de la société américaine est différent de la notre. Sans compter le plaisir tout personnel de la moto, même si un tel périple peut très bien se faire en voiture. J'avoue, j'ai déjà fouiné quelques itinéraires, juste comme ça, pour voir ... Chicago-New Orleans la route du Blues, une descente de la côte Ouest Seattle-Los Angeles, la région de l'Utah-Wyoming, il y en a des routes sur lesquelles se balader en moto ... C'est certain, l'expérience ne restera pas unique. J'imagine que ceux qui ont goûté à ça n'ont pas pu y résister une nouvelle fois ...



Allez, juste pour le plaisir : Coast to Coast, WE DID IT !!!

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Charly81 · 2012-04-16

J'adhère à tout ce que vous dites sur l'amérique, les américains, la conduite, la route et tout et tout J'ai pas mal de road trip dans ce pays notamment un coast to coast de Washington à LAX en passant par le nord et la 66. En ce moment je suis sur la route de la musique entre Chicago et New Orléans , ce soir je fais étape à Natchez dans le sud du Mississipi. A Chicago nous avons passé une super soirée dans un club de blues, à Nashville on ne savait plus ou donner de la tête dans brodway street la rue de la country à Memphis la musique on la sent partout, nous avons visité Graceland la maison du King et hier soir samedi nous avons écouté de belles formations rock dans Beale street fermé à la circulation tout les soirs. Du coup l'étape d'aujourd'hui nous a apparue reposante avec pour attraction principale le fleuve Mississipi que nous avons croisé plusieurs fois pendant notre route et de ma chambre d'hotel ce soir j'ai encore une belle vue sur le fleuve. Nous en profitons avant des demain soir nous replonger dans la musique à N.O.le Jazz!! C'est l'amérique😉

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Noelf6c · 2012-04-16

Superbe récit, bravo!

On a fait en 2009 une traversée Miami-Seattle en 3 semaines en autonome, chacun son Electra avec ma femme, sans rien réserver sauf les motos chez EG, top aussi, on a trouver à se loger tous les soirs sans souci. Et si vous aimez les coins perdus, la traversée du Kansas et du Nebraska vous ravira, on devait y être les deux seuls touristes de l'année 😉

D'une côte à l'autre des USA en Harley

PapJ59 · 2012-04-16

Bonjour Laurent,

Chapeau.... la conclusion est de la même veine que le récit !!!!

Un simple tuyau pour tes futurs voyages aux US:

Acheter chez Gallimard, collection bibliothèque du voyageur: Routes Mythiques des USA.

Super bouquin où, en particulier, ta zone de trip y figure !!! et bien d'autres....

Cordialement. Jean.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Phil89 · 2012-04-16

merci pour ce carnet de voyage très intéressant et passionnant a lire, j’espère pouvoir réalisé quelque chose d'équivalant un jour. cordialement 🙂

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-04-18

Voilà, cela fait maintenant quelques jours que nous sommes rentrés. Le jetlag nous punit encore un peu du plaisir ressenti durant trois semaines, les nuits deviennent jours dès 02h00 du mat'... Tout rentrera dans l'ordre d'ici peu.

Nous commençons à réaliser le côté extraordinaire de notre périple, les images reviennent en tête, les photos nous rappellent les anecdotes, les coups de coeur, les (rares) coups de gueule aussi.

Nous avons tout de même parcouru pas mal de chemins de la Planète Bleue, mais ce trip là restera gravé quelque part en nous, vu la satisfaction, le plaisir, le côté aventure.

Je profite de ce message pour en passer quelques-uns :

Charly81 : j'espère que ton trip est à la hauteur de tes attentes. Surtout note tout, tes tuyaux, tes infos pratiques, tes parcours, tes favoris, nul doute que cette route de la musique sera un jour la nôtre. Recontacte-moi à ton retour, par message privé, faut qu'on cause ...

Noël6fc : visiblement tu es un passionné. Ce serait cool si tu pouvais me fournir tes itinéraires US en gros, histoire que j'aie quelques idées pour nos prochains trips "on the road". Toute info bienvenue et merci beaucoup pour tes commentaires et encouragements.

Jean "PapJ59" : merci pour le tuyau du bouquin, je vais aller voir. Merci aussi pour tes commentaires, les citations que tu mentionnes, tes interventions.Tu as visiblement apprécié et de te lire, moi aussi.

Phil89 : les rêves peuvent se réaliser. Un peu de débrouille, un peu d'organisation, et on peut s'en tirer à bon compte. N'hésite pas, fonce, on ne vit qu'une fois.

Christian "Chrou54" : bon voyage à vous, vous allez vous éclater. Si tu as besoin d'infos pratiques et que je peux y répondre, n'hésite pas. Et toi aussi, donne un retour sur ton itinéraire, les tuyaux de chacun sont utiles.

Louise "Louiselette" : alors chère Louise, tu es dans quel coin ? Quelques infos pour des bikers en quête de rêve ?

Caro et les Follett's, Olive et Mina, Isa et sa tribu : on se connaît un peu plus, on a partagé pas mal sur des coins d'Asie, mais merci à vous tous de nous avoir suivis. Je sais que vous n'êtes pas trop moto, mais cela fait plaisir de vous avoir lu, sur VF ou en privé.

Ce forum est génial, quelle que soit la destination. On rencontre des passionnés, des gens ouverts, qui profitent de la vie. Des amitiés naissent, dommage qu'on ne peut pas se croiser autour d'un verre, d'un BBQ, de partager nos photos, tuyaux, etc...

Encore merci à tous, keep in touch sometimes !

Laurent et Dominique

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Charly81 · 2012-04-19

Pas de problème des mon retour je te recontacte et te donnerais mon itinéraire exact. Comme nous sommes en vacances mon épouse et moi, nous marchons souvent au feelling et aux rencontres . on découvre de chouettes choses. Par exemple à New Orléans malgres la pluie on a découvert pour midi un coin sympa pour déjeuner "cajun" avec un orchestre . Hier apres midi nous sommes tombés par hasard sur l'arrivée de plusieurs bateaux écoles venant du monde entier. La reception de chacun d'eux fut un vrai spectacle. Hier soir grâce à une rencontre on a découvert deux super boites de Jazz. Aujourd'hui on est au bord de la mer en Alabama. Le beau temps est revenu dans la journée et on a profité de la plage. Donc on a choisi un peu de bon temps à la plage sur le golfe du méxique avant notre remonté sur Atlanta ou on doit prendre l'avion de retour. Durant notre traversé Nord Sud nous avons passé de super soirée dans des clubs de: blues country, rock et jazz C'est sur il faudrait plus de temps pour en profiter un peu plus. Je vous laisse pour ce soir nous allons diner en bord de mer😉 A bientôt Charly

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Chrou54 · 2012-04-19

Bonjour Laurent, Bienvenue de ce côté de l'atlantique. Encore merci pour ton récit qui nous aura fait vivre vos aventures par le net interposé. Eh oui, pour nous le grand jour approche. Tout semble prêt, réservations d'hôtels, de moto, un max d'info du forum et d'ailleurs, pour le reste ce sera la découverte. Nous essayerons de partager notre route ici . Premier voyage aux USA mais aussi premier blog pour tenir la famille et les amis informés. Je ne crois pas arriver à la qualité de ton récit mais nous ferons notre possible. Bien à vous. Christian

D'une côte à l'autre des USA en Harley

PapJ59 · 2012-04-19

Bonjour Laurent,

merci pour le Clin d'oeil !

Et pour ton info, j'ai préparé pour Avril 2013 un trip Louisiane + villes du Sud (Memphis/Nashville) typé musiques (Jazz-Zydeco-Rock- Country- Blues) et histoire (Cajuns- plantations -M.Luther King- etc..).

Circuit sur 3sem de Houston à Atlanta.

Me contacter en MP/mail pour les fichiers, cartes, programme.

Bonne continuation. Jean.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Genevois · 2012-05-06

Christian,

N'oublie pas de me transmettre l'URL du blog (MP ou en post ouvert), que je puisse vous suivre !

Bonne route and ride safe !

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Bluequark · 2012-05-12

Un petit up pour que tout le monde profite des photos maintenant qu'elles sont insérées dans le texte.

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Zazabenji · 2012-05-14

Très bonne idée que ce petit Up pour nous faire profiter encore un peu plus du voyage.... Vivement le nôtre !! Merci Laurent pour le partage. Bravo à Dom pour les photos.

Isabelle

D'une côte à l'autre des USA en Harley

Pong · 2012-05-14

C'est vrai qu'avec des photos bien choisies, ça fait voyager encore plus ! et ça fait rêver...😇

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