Bonsoir ,
Ce film est repassé à la télé sur la 5 je crois le 17/12/2012 .
Pour l' avoir regardé , et c' est vraiment éprouvant à maintes reprises par rapport à ces malheureux , je pense que tout être raisonnable (a fortiori européen habitué à un minimum de confort) qui n' y est pas contraint par les nécessités de son existence s' abstiendra de s' embarquer dans cette galère !
Le mag
tous les temps forts du 05 au 11 mai 2012
Mardi 8 mai 2012 à 15.05 Les Routes de l'impossible Congo : le rafiot de l'enfer
Documentaire

Il faut s’armer de courage et ne pas avoir d'autre choix pour embarquer à bord du Gbemani, transporteur de fret et de personnes assurant la ligne Kinshasa-Kisangani.
© Tony Comiti Productions
En République démocratique du Congo, un bateau sans âge assure de façon dantesque la ligne Kinshasa-Kisangani sur l’un des plus dangereux fleuves au monde. Entassés comme du bétail, des centaines de passagers courent un péril permanent tout au long de la traversée. Ce documentaire, extrait de la série Les Routes de l’impossible, a été plusieurs fois primé.
Il n’existe plus de route pour assurer la liaison entre Kinshasa, la capitale, et Kisangani, la troisième ville de la République démocratique du Congo. Seuls les plus fortunés ont la possibilité de se payer le luxe d’un billet d’avion. Alors, pour le reste de la population, le fleuve Congo est devenu l’unique itinéraire. Pour 40 euros, l’équivalent d’un mois de salaire, les Congolais choisissent l’option la plus économique. Ils empruntent cette longue voie de 1 700 kilomètres, souvent dans l’espoir de retrouver des membres de leur famille ou pour tenter leur chance dans des mines de diamants situées au nord du pays. Ce documentaire entraîne le téléspectateur à bord du Gbemani, un bidonville flottant, transporteur de fret et de personnes en partance depuis le port de Kinshasa. Sur le pont, 800 « clients » de tous âges attendent depuis un interminable mois, dans des conditions d’hygiène déplorables, que le Gbemani largue les amarres, destination Kisangani. Le ravitaillement est compromis tant que l’armateur refuse de payer un bakchich au livreur de carburant. A force de plaintes, des clients à bout de nerfs et épuisés finissent par le faire céder, débloquant une situation proche du chaos. Le Gbemani appareille enfin, mais le cauchemar ne fait que commencer. Dès les premières manœuvres, le danger est palpable. Les prières du capitaine, payé à la traversée, ne sont pas anodines. Chaque jour, il invoque le Seigneur pour ne rencontrer aucun incident sur son parcours.
Au cœur des ténèbres

Les passagers survivent dans une promiscuité insupportable.
© Tony Comiti Productions
La croisière est loin d’être idyllique : absence d’eau potable et de provisions, d’électricité, de cabines, de gilets ou de canaux de sauvetage, installation d’un vieux bidon en guise de pommeau de douche et des toilettes à l’arrière du bateau qui défient l’entendement… Les gens se retrouvent les uns sur les autres, à même le sol. Les moins chanceux jouent les funambules à quelques centimètres du vide. Le moindre déplacement sur le rafiot peut être fatal. Personne n’est à l’abri d’une chute ou d’un accident. Certains dorment sur les jonctions entre les différentes barges venues s’accrocher au Gbemani au fur et à mesure du voyage. De 800 hommes, femmes et enfants, le rafiot va passer progressivement à 2 000 âmes. De jour comme de nuit, les membres de l’équipage sont sur le qui-vive et naviguent à vue. La dernière carte date de la colonisation belge et il n’existe pas de balisage ni de panneaux de signalisation indiquant les obstacles. Le fleuve charrie de nombreuses épaves ou troncs d’arbres pouvant à tout moment éventrer la coque. Au cours de son périple, le Gbemani prend du retard. Rien ne lui est épargné : panne de moteur, enlisement dans le sable, colmatage de brèches avec trois fois rien, maladies… Mais le capitaine doit assurer le transport coûte que coûte, car les caisses du Gbemani sont vides et seulement 36 individus ont pour le moment payé leurs billets ! Derrière la misère humaine se révèlent cependant des moments forts de solidarité et d’émotion, notamment lorsqu’une mère met au monde un bébé dans des conditions rocambolesques. Le Gbemani a parcouru la moitié du chemin en douze jours, au lieu des six prévus. Les combats s’intensifiant dans la région, l’équipe du reportage va être débarquée par le commandant pour des raisons de sécurité. Le navire arrivera à destination dans un mois. Il a eu de la chance… car les naufrages ne sont pas rares sur ce type d’embarcation précaire et infernale.
Ariane Dadier