8éme Jour,
Il est 7h30 (matinal, mais pas trop quand même), le temps est dégagé, nous préparons nos affaires, avalons quelques gâteaux secs garnis de pépites de chocolat en guise de déjeuner et sortons marcher dans l’omniprésente et presque oppressante forêt aux alentours. Nos hôtes nous demande avec beaucoup de politesse ou nous allons, on leur répond qu’on va faire une excursion en forêt et là.. Bam ! Ils se mettent à nous parler sur un ton fort sérieux. Mon Japonais plus que rudimentaire me permet de comprendre cependant un mot en particulier : « Kuma » (ours), hum.. je reste dubitatif quant à la teneur du discours qu’ils tentent de nous faire passer, tellement je suis surpris de ce qu’ils semblent nous dire (ils ne parlent pas anglais du tout) il y a beaucoup d’ours et ils ne veulent pas nous laisser partir en randonnée sans qu’on prenne une cloche avec nous. On comprend alors le but des cloches d’hier croisé sur le chemin montagneux de Narai à Yabuhara Ils nous fournissent donc deux cloches (dont une énorme qui pèse bien 1 kilo) et nous voilà finalement en route.
J’avais lu sur le net que le village de Kiso-Fukushima n’offre pas d’intérêt, personnellement je ne partage pas cette opinion, il y a un beau temple zen à visiter, beaucoup de ballades sur la journée à faire également qui partent vers des temples dans la montagne, sans parler des centres d’intérêts aux alentours, bref je pense qu’on peut y passer bien 3,4 jours sans s’ennuyer.
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Sur le début du chemin de randonnée, une pancarte nous met en garde clairement contre les ours et cela me rappelle un reportage que j’avais vu sur la surpopulation d’ours au Japon (c’est bien différent de nos 3,4 ours des Pyrénées qui se font abattre les uns après les autres). Nous entrons dans la forêt épaisse et plutôt sombre. Les chemins sont sinueux et étroit ce qui oblige à raser les buissons (et à se rapprocher d’éventuel ours aux aguets, qui probablement m’attendent quelques parts en embuscade), il fait vraiment beau et les rayons du soleil qui percent les cimes donne une lumière très contrastée, c’est vraiment plaisant de se balader ainsi. Nous décidons de faire une courte randonnée car on veut prendre un train assez tôt pour notre prochaine étape.
A la fin de notre ballade une dame d’un âge avancé nous aborde dans un bon anglais, on discute 5 minutes, visiblement on lui inspire confiance, et elle nous propose de nous emmener en ballade. Hors Japon je me serai méfié d’une telle proposition mais ici au pays du « Kawaï » (mignon, tout un état d’esprit le kawai) on peut y aller en toute confiance – D’autant que ce n’est pas mon 1r abordage étrange dans ce pays, lors de mon 1r voyage à Tokyo à la sortie du métro on m’avait proposé de venir faire des photos en 3D pour de la recherche Sony, mais cela est une autre histoire… -.
La vieille dame qui se prénomme Kayo nous emmène d’abord chez elle pour emporter à boire et une petite collation de quelques fruits. Nous la suivons amusé et intrigué par son parcours, elle est de gabarie plutôt petit, mais elle trotte bien. Elle nous fait faire une courte rando et une visite d’un temple zen, puisqu’on lui a dit qu’on ne veut pas partir trop tard du village. A 14h de retour chez elle, elle nous propose un repas, évidemment on accepte. Elle nous prépare donc un bon déjeuner de « soba » (nouille), elle nous joue même un peu de piano, on échange nos adresses.
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On retourne à notre Minshuku récupérer nos sacs, notre train est dans 15 minutes, la propriétaire de l’auberge nous emmène en voiture à la gare, et nous voilà en route pour Nagiso. 25 minutes plus tard nous y sommes, un bus peut nous mener en 20 minutes au village de Tsumago, objectif de la journée, mais nous décidons de faire les 4,3 kilomètres à pied pour faire encore un bout de la Nakasendo.
Les premiers cent mètres se font dans le village, à sa sortie il faut tourner à gauche sur une petite route de campagne qui monte un peu, sous le soleil et avec nos quelques 19 kilos de matériel, on ne peut éviter la petite goutte de sueur sur le front qui coule, qui coule. Le reste du chemin est plutôt agréable, malgré une pente douce montante ; on traverse de petits villages de campagne, il est 16h et les habitants rentrent des champs, certains nous demandent avec un large sourire ou nous allons, d’autres nous montrent leurs belles récoltes, apparemment peu de gens choisissent cette option, en effet nous ne croiserons aucun autre marcheur.
A mi-chemin je me retrouve finalement à porter les deux gros sacs de rando soit environ 24 kgs en tout, ça va terminer en beauté une belle journée de ballade, mais au moins ce soir je m’endormirai sans me faire prier. On arrive à la tombée du jour dans le petit village de Tsumago, on fait les 800 métres de la rue principale pour trouver l’office du tourisme dans lequel on demande la localisation de notre Minshuku. Une fois fait, nous faisons demi-tour, notre Minshuku est à l’entrée du village, nous sommes passé devant en arrivant, mais encore une fois ne lisant pas le Japonais... L’auberge est très bien, très propre, la salle de bain est privative ici aussi, au dîner nous faisons la connaissance des autres invités, 3 américaines, une Australienne et un Japonais.
Tsumago est un village qui ne vit désormais que par le tourisme, les magasins et le petit nombre de restaurants ferment vers 17h, donc si on ne dîne pas à son auberge, ben on ne dîne pas du tout. Après le dîner on profite de l’ambiance qui règne ici, pas de poteau électrique et les voitures sont interdites de se garer dans la rue principale, un vrai décor de cinéma..
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