Salut,
Je ne lis jamais les récits de voyage des autres cela ne m'intéresse pas.Je préfère les romans d'aventure écrits par de "vrais" écrivains. Par contre j'ai lu avec beaucoup d'intérêt les 3 parties de ton blog. Je n'ai personnellement pas fait un voyage aussi long. Seulement 7mois et demi d'une seule traite à l'âge de 20ans pour partir sur la route vers l'Inde et le Népal puis ensuite chaque année 2 voyages d'environ 1 mois chacun. En lisant tes réflexions je me suis retrouvé 30 ou 40 ans en arrière.. Même si je ne partage pas tous tes points de vue je suis d'accord avec toi sur bon nombre d'entre eux en particulier sur ce que tu exprimes quant tu parles de l'uniformisation des cultures. j'ai longtemps été attiré par les cultures "primitives" ( le terme n'est pas péjoratif!) animistes et chamaniques et le but de mes voyages était d'essayer de comprendre ces cultures de l'intérieur...
J'ai aussi remarqué que tu employais à maintes reprises le mot âme dans tes textes et cela m'a bien plu. Dans notre univers ( civilisation industrielle et matérialiste du monde occidental) ce mot est à mon avis devenu vide de sens; il est devenu une métaphore et ne s'emploie plus que poétiquement où comme l'a fait remarqué quelqu'un un peu plus haut, dans le contexte religieux et encore pas sûr qu'il soit prix au sérieux!... pas sûr que l'âme représente quelque chose de concret chez nos "religieux" du monde moderne. Pour ma part l'âme invisible à l'oeil et impalpable est une réalité tout comme l'est la matière qui nous entoure que nous pouvons palper, mesurer disséquer..
J'ai relevé certaine de tes citations que j'ai particulièrement aimées; si elles sont vraiment de toi je dis bravo!
Mais ce que l’on appelle souvent “l’intégration” représente en fait la désintégration des valeurs d’origine, en faveur de l’uniformisation des cultures.
Or, il est impossible de s’intégrer dans le rejet.
Ces indigènes mobilisent depuis des millénaires toute leur énergie, tout leur savoir, tout leur être pour laisser le monde tel qu’il est, pour le préserver. Alors que notre société change sans arrêt le monde et le brutalise pour l’adapter à la vision qu’elle a de l’avenir à court terme.
Le vrai voyage c’est ça : apprendre à aimer ce qui existe pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il donne à voir.
Le simple fait d’imaginer qu’il reste encore sur notre terre des endroits où la nature vit nu, sans masques et sans cicatrices me rend heureux.
J'ajouterais: le simple fait d'imaginer que ces peuples vont bientôt tous disparaître je le vis un peu comme un drame!
Tout comme le monde, le voyage ne peut être une marchandise.
Récemment, un ami me demandait quel pourrait être mon “modèle” de voyageur. Sans modèle, je pense que pour bien voyager il faut quitter nos amarres avec l’âme d’un enfant. Sans plan, avec naïveté, curiosité, en quête d’apprentissage. En s’intéressant à l’autre sans arrière pensée. Je ne me considère pas comme un voyageur. Plutôt comme un étudiant du Monde, quand je suis sur la route, je suis à l’école. Le Voyage m’apprend à apprendre.
Il y a un mal du vide qui est bien de notre temps. Peur du vide d’une présence, peur d’être seul(e), de la mort, peur du vide d’une journée, de douter. On craint d’avoir à faire face à sa solitude. On cherche au quotidien à la dissimuler par une agitation frénétique, qu’on aveugle par une consommation à outrance, des écrans, un planning etc. On s’alourdit d’un programme de vie pour se planquer derrière une organisation, pour ne pas avoir à affronter ce vide.
On cherche non pas à faire un "tour du monde" (quel orgueil!) mais à s’intéresser à l’histoire des Hommes. De là nait cette envie de non plus "juste" changer de lieu en se déplaçant de pays en pays, mais l’envie du Voyage et de goutter à son mode de vie unique.
Toi qui a beaucoup appris du voyage je te laisse méditer sur ce type de voyage encore différent..
http://www.tagtele.com/videos/voir/72352/