Ce parcours nous a permis de voyager à un rythme cool, ce dont je me félicite pour de multiples raisons. D’abord Cuba est un pays de sensations où, je pense, il faut prendre le temps de flâner, de sentir l’air du temps pour bien l’apprécier. A trop vouloir en faire, le risque est de passer son temps dans les transports – d’autant que les routes ne sont pas toujours tip-top – et de manquer l’essentiel. Ensuite, en cette période, il fait quand même bien chaud et même si ce n’est pas un obstacle au voyage, cette chaleur conduit à vivre à un rythme ralenti. A cette première contrainte s’ajoutent parfois des orages que le mieux est de laisser passer à l’abri. Tout ceci pour dire qu’un rythme cool, c’est parfait. En tous les cas, il nous a parfaitement convenu.
Avant le récit, un bref bilan : nous avons tous bien aimé Cuba et son côté hors du temps, ses vieilles voitures, l’omniprésence du cheval (partout en dehors de la Havane, le cheval sert à se déplacer que ce soit à califourchon ou avec des carrioles), ses paysages et ses habitants. Les Cubains sont vraiment chaleureux ; certes sans doute parfois de façon intéressée, mais ce n’en est pas moins bien agréable. Mon grand regret est de ne pas avoir su parler espagnol. Les quelques mots que nous avons essayé de baragouiner ont toujours été accueillis avec plaisir.
Quant aux jineteros et aux rabatteurs, il est vrai qu’on est souvent sollicité pour diverses prestations mais sans trop d’insistance. Il suffit de répondre par la négative avec le sourire pour avoir la paix. Certains carnets se plaignent que les touristes sont un peu pris pour des CUC sur pattes. Ce n’est pas totalement faux, mais le mieux est de le savoir et d’en prendre son parti… ou alors de ne pas aller à Cuba. Pour ceux qui ne connaissent pas, Cuba possède deux monnaies : la monnaie dite nationale, les pesos, celle utilisée par les Cubains dans la vie de tous les jours et les CUC ou pesos convertibles, alignés sur le dollar et utilisés par les touristes (et de plus en plus par les Cubains aussi pour pouvoir accéder à un nombre croissant de biens y compris de la vie courante). Il s’en trouve que les prestations facturées aux touristes, que ce soit les repas, les accès aux sites ou quoique ce soit, n’ont absolument rien à voir avec le niveau local de vie. Pour donner un exemple, un repas « touriste » revient au minimum à 8 CUC alors qu’une pizza achetée dans la rue coûte entre 5 et 15 pesos, soit entre 0,2 et 0,7 CUC. A cela s'ajoute l’omniprésence des pourboires, les petites pièces pour garder la voiture même quand ce n’est pas nécessaire, pour accéder à tel site… mais comme je l’ai dit, le mieux est de l’admettre au préalable et alors on passe un séjour agréable.
S’agissant des logements, sauf pour notre arrivée à la Havane et pour Jibacoa, j’avais retenu l’option « casas particulares ». C’est une très bonne solution : les casas sont propres et en générale confortables, les gens sont accueillants et en plus il est possible d’y prendre non seulement le petit-déjeuner mais aussi le dîner en se mettant au préalable d’accord sur le plat principal (classiquement poulet, poisson ou langouste, parfois porc) et l’heure du repas, élément appréciable vu le temps pour être servi dans un restaurant ou un paladare (restaurant privé). C’est de la cuisine familiale et, dans notre cas, toujours bien préparée et copieuse (parfois trop).
Une question revient de façon récurrente sur les forums : faut-il ou non réserver ? Nous avions retenu un mixte des deux : réservé pour Viñales, Trinidad et la dernière nuit à la Havane, libre pour Playa Girón, Santa Clara et ce qui devait être Remedios pour avoir un peu de souplesse dans le planning. Nous n’avons pas eu de difficultés pour trouver de la place mais en nous faisant aider par d’autres casas (celles qu’on avait a priori choisies étant pleines). Ceci dit les meilleures casas sont celles que j’avais réservées. Le hasard des disponibilités ont fait que c’était exactement celles recommandées par Enballade sur son blog :
http://tit-balades.over-blog.com/...resses-99098... . Je recommande aussi.
Dernier point pratique : la voiture. Nous l’avions louée sur novelacuba.com (Autoescape nous avait fait une contre-proposition qui n’avait rien à voir avec notre demande en ligne). Prise à la Havane rendue à la Havane. Le prestataire local était Cubacar. Pas de problème la voiture était bien là. Par contre, la voiture coréenne, ce n’est pas de la top qualité : deux roues crevées durant le voyage, des essuie-glaces de « mince » comme disent les enfants, une roue qui s’est dévissée, l’impression qu’elle pouvait tomber en morceaux…. Nous avons quand même réussi à la ramener entière à La Havane.
Un conseil avant de partir : si vous voulez faire du snorkeling, n’hésitez pas à prendre votre équipement. D’abord, la location est assez chère et si vous achetez l’entrée de gamme chez Décath, votre investissement sera vite amorti. Surtout, les locations s’arrêtent de bonne heure (17 heures), ce qui est bien dommage.