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in Thèmes › Voyager à pied (randonnée)

Tour du Dhaulagiri

Discussion started by Gazipach9 on 2013-11-20

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Tour du Dhaulagiri

Gazipach9 · 2013-11-20

Je publie aujourd'hui mon livre de bord concernant le trek du tour du Dhaulagiri en espérant qu'il puisse contribuer à la préparation de nouvelles aventures comme nous avons nous même été aidés au travers de ce forum. Le même texte avec les photos se trouve sur mon site (jeanfrancoisdeleval.com) Trek du Tour du Dhaulagiri

De Darbang à Marpha

Du 4 au 19 octobre 2013

Notre objectif:

Ce trek est en préparation depuis 2001, lorsque je descendais de Jomsom à Gorepani pour remonter pour la première fois vers le sanctuaire des Annapurna. Il y a 12 ans, l’imposante masse du Dhaulagiri faisant face aux profils dentelés des Annapurna, espacé par la vallée la plus profonde du monde, donnait des envies d’escapade : sortir des sentiers battus, déjà bien occupés. C’est un palier technique intéressant puisque la randonnée exige une plus grande autonomie que celle vécues au cours des précédents treks (Milam en octobre 2012 et Makalu inachevé en avril 2013), des bivouacs au-dessus de 5000m et la nécessité de chauffer l’eau avec un autre combustible que le bois.

Nous prévoyons d’effectuer le tour du Dhaulagiri en solo à partir du point terminal de la route, Darbang, puis, forts de notre acclimatation à l’altitude, rejoindre de l’autre côté de la vallée, le lac Tilicho – le lac le « plus haut » du monde, par le col du Mesokanto.

Préparation: Après les avatars du mois d’avril dans la région du Makalu (col bloqué par la neige), nous avons pris la résolution de partir à l’automne pour bénéficier des conditions météo les plus clémentes : la mousson d’été doit être passée et le froid hivernal en altitude être à venir.

Trajet : Nous préparons le trajet et les étapes à la lecture attentive du récit de Sébastien et Fabienne, 3 ans auparavant (http://www.blankpage.fr/voyages-et-treks/tour-du-dhaulagiri/)

Nous reportons leur trajet sur Google Earth et dans le GPS. Il sera la base de nos indications GPS.

Situation Sacs à dos: Nous prévoyons 7 jours d’autonomie en nourriture, soit 7 à 8 kg composés de jambon sec, saucisson, semoule, pain type wasa, comté, muesli, lait lyophilisé, chocolat, fruits secs, barres de céréales, palets bretons. La spiruline fait son entrée pour être testée (500g) : nous manquons toujours de vitamines en altitude et nous sommes rapidement en manque de fruits. Nous verrons si la cure comble ce manque.

Chaussures : LOWA - Tibet pro gtx

Sacs à dos : Osprey exos 58, Gregory Wander 70

Tente : Vaudé Power Lizard SUL 2 places

Réchaud : MSR XGK EX avec 900ml d’essence achetée à Pokhara

Matelas: Thermarest Néoair XLIT

Sacs de couchage: Valandré Bloody Mary

On embarque aussi 2 panchos qui serviront l’un à recouvrir les sacs à dos qui restent dehors la nuit et à protéger le sol de la tente légère mais fragile.

Je porte au départ 18kg en tout, avec l'essence et l'eau et Sylvie environ 14kg.

Accès: Nous avons pris un vol Malaysia, le moins cher au moment de l’achat mais qui fait faire un bon détour par Kuala Lumpur. C’est une bonne compagnie mais le voyage est un peu long à l’aller.

J1 :A Kathmandu, nous prenons nos TIMS et droits d’entrée dans le parc des Annapurna.

J2 : Bus Tourist de Kathmandu à Pokhara (faute d’avoir réservé, nous avons été serrés à côté du chauffeur). A Pokhara, l'apparition soudaine et irrélle du Macchapucchare, montagne sacrée, n'est pas pour nous rassurer. La mousson est bien toujours ancrée sur les himalaya alors qu'elle devait s'être évanouie depuis plusieurs semaines..

J3 : Bus de Pokhara à Beni à 7h le matin puis bus de Beni à Darbang. La route est effondrée vers Bablyachaur, nécessitant un changement de véhicule.

Agenda :

Altitude à l’étape

Altitude en fonction de la distance

Le trek au jour le jour

1er jour : De Darbang à Dharapani en 3 heures

Nous avons récupéré du voyage avec une bonne nuit. Le ciel est gris au réveil et une pluie fine tapisse les rues de Darbang. J’ai perdu mon kway dans le dernier bus hier après midi et la police m’avait promis de tout mettre en œuvre pour le récupérer alors que le bus était déjà reparti. Après un petit déjeuner copieux (milk tea, chapatis, omelette) la police nous fait prévenir que le Kway a été retrouvé ! Il nous sera très utile, précieux même, dans les jours qui suivent…

C’est une petite étape pour se mettre en jambes. Les sacs sont lourds et nous craignons les lombalgies… La pluie se tarit avant que nous ne sortions de Darbang. Il faut dés le départ, vers 10heures, longer la rive gauche de la Lyagdi khola. Nous longerons cette rivière jusqu’à sa source. Il fait bon, un peu plus de 20°C, et nous marchons sans difficulté sur un chemin bien tracé avec parfois déjà quelques éboulis.

Nous arrivons vers 13h et l’accueil est chaleureux à Dharapani. Nous profitons du soleil l’après midi pour la toilette et la lessive en compagnie des villageoises. Nous nous promenons dans ce beau village où poussent dans les jardins de grandes touffes de cannabis.

2ème jour : De Dharapani à Muri en 7 heures

Le temps reste gris mais il ne pleut pas. Après une première montée jusqu’à 1868m, nous descendons dans les rizières par des chemins gadouilleux pour éviter le détour par Phaliyagaon. Après la traversée d’un affluent, nous nous dirigeons vers une chute d’eau où nous prenons une douche délassante. Le chemin continue à monter sur le nouveau versant pour donner sur Muri à une altitude identique au point culminant de la journée.

Nous cherchons une maison hôte alors que la pluie commence à tomber. Après quelques hésitations, les villageois nous ouvrent une pièce sommaire mais propre et rapporte un lit d’on ne sait où. Nous sommes la curiosité des enfants et nous en profitons pour faire quelques photos. Le traditionnel dalbath nous sera servi le soir. Nous payons 1000Rs la chambre, les diner et petit déjeuner (chapatis, milk tea et omelettes)

3ème jour : De Muri à Boghara en 9 heures

Nous marchons à notre rythme, c'est-à-dire bien doucement. Le Dhaulagiri s’est dévoilé ce matin comme pour nous motiver.

Le temps reste doux et nous continuons à nous frayer dans les rizières. Le chemin disparait parfois complètement et nous nous embarquons dans une mauvaise direction. Le GPS indique bien un écart par rapport à l’itinéraire mais nous ne trouvons pas le bon chemin. Un paysan nous indique un pont en contre bas : nous sommes partis vers une vallée latérale… Nous le rejoignons en coupant à travers champs. Il nous faut parfois sauter prudemment les murets séparant les terrasses. Nous nous sommes mal engagés en commettant une telle erreur dans une région encore fort habitée… Qu’en aurait-il été à 5000m ? Cela nous inquiète.

Nous traversons de petits hameaux jusqu’à Naura. Nous y déjeunons dans une ferme accueillante après 4 heures de marche. Le soleil est toujours présent par intermittence. On nous indique qu’il faut 3 heures pour rejoindre Boghara.

Nous en mettrons près de 5 sur un chemin magnifique et vertigineux. La montée est rude sur 600m de dénivelé. Le temps est plus ensoleillé qu’hier mais nous voyons un bel arc-en-ciel sur le versant opposé.

Boghara est un beau village niché dans les rizières à 2000m d’altitude. La première maison nous offre l’hospitalité. Une poule couveuse est installée avec nous et défend son territoire. Nous nous battons avec une vache qui ne veut pas céder sa place au seul point d’eau pour faire nos toilettes et lessives .

Les enfants nombreux dans la maison font leurs devoirs avant le repas du soir.

4ème jour : de Boghara à Dobang en 9 heures Nous négocions gentiment avec le propriétaire qui nous demande 1750Rs dont 600Rs pour la chambre, aussi cher qu’à Kathmandu. C’est la preuve qu’il faut toujours demander les prix avant de s’installer…

Mais le ciel est totalement bleu ce matin et c’est bon pour le moral.

Montées et descentes nous épuisent et nous sommes heureux d’arriver à Phylankos kharka, une hutte où une femme nous prépare avec une grande gentillesse des nouilles chinoises qu’elle cuit avec des herbes délicieuses cueillies dans son jardin.

Un vieil homme qui vit avec elle nous indique qu’il faut 2.5 heures pour atteindre Dobang. Nous n’en mettrons que 3. Pas si mal !

Mais nous commençons à fatiguer en nous enfonçant dans une forêt humide, boueuse et tropicale. Dobang est une clairière sans activité agricole apparente. On nous propose une pièce au même prix que l’emplacement de la tente (400Rs). Nous choisissons la pièce pour gagner le temps du démontage demain matin. Le dalbath est à 300Rs, prix raisonnable à cette altitude. Nous passons une bonne soirée avec des convives un peu éméchés à l’alcool local.

5ème jour : De Dobang à Chauribang en 6 :30 heures

C’est une journée à marcher dans la boue et dans la forêt humide et tiède. Les passages difficiles se multiplient. Nous avançons en prenant bien garde de ne pas faire de faux pas. Nous avons tout notre temps. Nous nous arrêtons à 13h40 à Chauribang qui marque la fin de la forêt alors que nous avions prévu de monter jusqu’au camp des Italiens. Il reste théoriquement 3 heures et nous craignons autrement d’y arriver à la nuit tombée.

Nous nous installons à côté d’une cabane où on nous préparera l’éternel dalbath. Nous économisons ainsi nos provisions. Il est possible de s’installer sous un toit et sur la paille mais nous préférons tester nos équipements avant d’être dans des conditions plus difficiles, en particulier le réchaud. Il fonctionne parfaitement.

Le toilette se fait dans un torrent un peu chargé de terre car nous ne trouvons le filet d’eau de source (à l’entrée du site pourtant) qu’après quelques pérégrinations.6ème jour : De Chauribang au camp des Italiens en 4 heuresIl a plu une bonne partie de la nuit mais le ciel est bleu au réveil. C’est ce qui compte ! Nous rangeons la tente mouillée et les sacs de couchage humides.

Je commence la cure de spiruline ce matin (3 cuillères à soupe avec le thé). Dalbath le soir et chapati à la confiture d’orange au petit déjeuner ! Royal ! 1300Rs pour l’emplacement, diner et petit déjeuner.

Bien nous en a pris de nous arrêter à Chauribang ! Le chemin devient chaotique à la sortie de la forêt et sur la moraine. En fait, il n’y a bientôt plus de chemin car il a été emporté par une avalanche sur plusieurs centaines de mètres. (il y a deux mois nous dira-t-on au camp des Italiens). La progression s’apparente à de l’escalade à certains endroits. Nous devons même creuser dans la glace pour nous hisser dans un passage difficile.

Nous rencontrons les premiers trekkeurs depuis Dharapani. Ils arrivent en sens inverse alors que nous cherchons un passage pour traverser un torrent impétueux. Ils ont eu du beau temps en haut et cela nous rassure.

Nous nous égarons un peu dans les éboulis de l’avalanche avant de trouver l’extrémité du chemin. Un vieux short abandonné par terre était censé donner la direction à prendre…

Le Dhaulagiri se découvre majestueusement sur le côté. Nous nous en sommes bien rapprochés depuis la dernière fois que nous l’avons aperçu de Muri. Ca nous donne du courage pour continuer la montée !

En arrivant au camp des Italiens, une migraine légère s’est installée. Je prends du Dafalgan sans effet puis de l’Ibuprofène bien plus efficace. Nous sommes surpris d’y trouver deux groupes de trekkeurs avec leurs guides et porteurs. Ils font bien le tour en dans le même sens que nous et pourtant nous ne les avons pas vu dans la montée. Mystère. Ils marchent forcément plus vite que nous.

Le bain dans le torrent à côté du camp et le séchage au soleil sont un vrai moment de bonheur.

Les gérants du camp proposent un menu varié avec notamment d’excellents spaghetti, hasard ou volonté d’être à la hauteur du nom du lieu ? C’est encore une économie pour nos réserves et nous en profitons sans vergogne !

Le brouillard tombe avec la nuit et nous entendons de nombreuses avalanches qui nous mettent dans l’ambiance de la haute montagne. Il y en a tant qu’on pourrait croire qu’un orage se développe au dessus de nous.

7ème jour : Journée d’acclimatation au camp de base des Italiens

Il fait bon, 8°C entre les deux toits de la tente au réveil vers 6h. Le ciel est radieux et le panorama magnifique autour du camp. Nous sommes vraiment au pied du Dhaulagiri. C’est la première fois que nous nous rapprochons autant d’un tel monstre.

Les groupes sont partis vers le camp des Japonais lorsque nous revenons de la lessive. J’en profite pour installer une table et deux fauteuils pour notre confort avant l’arrivée d’éventuels nouveaux groupes…

Lors d’une promenade de reconnaissance, nous les voyons tels une colonie de fourmis à la queue leu leu en train de monter une énorme moraine en contre bas. Sylvie s’inquiète de la difficulté. Il est vrai que cette portion du trek est réputée difficile et dangereuse.

Quatre néozélandais et leurs porteurs et guides ainsi que deux jeunes tchèques autonomes se sont installés dans l’après midi.

Le ciel se couvre progressivement dans la soirée et la pluie se met à tomber dans la nuit.

8ème jour : Jour forcé d’acclimatation au camp des Italiens La pluie fine tombe toujours au réveil. Nous prenons notre petit déjeuner à 6 :30h comme nous l’avions commandé la veille en vue d’un départ vers 7:30h. Mais il continue de pleuvoir et le ciel est totalement bouché. On nous déconseille de partir. Les néozélandais décident, eux, de tenter leur chance. Nous restons avec les tchèques. La journée s’écoule avec lenteur sous la pluie. Les parties de Rummy* dans la tente font passer le temps.

*Sylvie a créé un jeu de Rummy cube (Okey en turc, car c'est là que nous l'avons découvert) avec des petits carrés de papier qui se rangent précieusement dans une boîte de Tictacs. Nous l'avons appelé, avec raison probablement, "le plus petit rummy du monde". Mine de rien, il a achevé avec succés son 3ème trek 9ème jour : du camp des Italiens au camp des Japonais en 6:30h

La température est tombée cette nuit à 0°C à l’extérieur. Le ciel s’est dégagé par la même occasion. Nous payons 7700Rs pour nos 2.5 jours. Nous retrouvons notre chemin qui descend brutalement vers le glacier puis nous attaquons la montée sur l’autre versant, tout aussi abrupte. Pour autant , nous ne nous sentons pas un instant en danger.

Les paysages sont grandioses et nous les découvrons sans cesse différents en progressant sur des chemins escarpés au pied des parois verticales. Nous dépassons une baraque cadenassée que nous avions pris, de loin, pour le camp des Japonais. Il s’agit plus probablement du camp des Français.

En quittant l’étroit couloir venteux qui donne sur le camp des Italiens, nous montons sur le glacier que nous ne quitterons qu’après le camp de base du Dhaulagiri. Nous arrivons au nouveau camp de base des Japonais vers 13 :45. Nouveau car il ne correspond pas à l’emplacement suggéré par les cartes. Nous retrouvons le couple tchèque et le jeune gardien d’une tente « hôtel ». Il propose un hébergement rustique depuis deux ans de septembre à novembre. ainsi qu’au CB du Dhaulagiri, tant qu’il y a quelqu’un sur place.

Après l’installation du campement, nous allons prendre un thé (100Rs*2). L’emplacement coute 300Rs. Nous préparons nos premiers repas.

10ème jour : du camp des Japonais à proximité du CB du Dhaulagiri en 7 :30h Nous nous rôdons à la répartition des travaux liés à l’autonomie. Pendant que Sylvie range la tente, je prépare le petit déjeuner (muesli+ lait + cappuccino). Mais nous ne partons qu’à 8h. La marche est alerte et nous profitons des paysages spectaculaires.

Le chemin est assez visible mais nous ne retrouvons pas le camp indiqué par Sébastien (28°44'44.65"N - 83°27'50.95"E). Les écarts entre le chemin est les points GPS doivent s’expliquer par le mouvement du glacier. Nous apercevons d’un surplomb sur le glacier un camp (toiles plastiques colorées) que nous interprétons comme le CB du Dhaulagiri. Nous voyons en même temps à mi distance notre couple tchèque parti plus tôt que nous ce matin. C’est peu après, vers 11h que nous perdons la trace du chemin.

Il nous semble impossible de rejoindre le campement bien visible mais sur la rive droite du glacier alors que nous sommes maintenant sur sa rive gauche. Nous retrouvons les tchèques qui ont tenté de le traverser à plusieurs endroits et sans succès. Je leur propose de suivre strictement mes points GPS. Il s’avère que ceux-ci nous permettent de traverser à un endroit totalement sûr. Il s’avère aussi que le camp vu plus avant n’est pas le CB du Dhaulagiri indiqué par le GPS, plus en amont d’un km environ. Nous retrouvons d’ailleurs les débris de l’ancien camp.

Nos amis tchèques préfèrent redescendre au nouveau camp. Nous nous installons à proximité de l’ancien camp à un emplacement qui nous paraît sûr.

Pendant que nous installons notre campement et que je vais chercher de l’eau dans une infractuosité du glacier, le ciel se couvre d’une couche nuageuse fort basse et nous craignons la neige.

La nuit tombe et nous nous sentons bien seuls dans cet environnement devenu lugubre avec les craquements du glacier et les avalanches incessantes. Nous nous calfeutrons dans la petite tente où nous tenons à peine assis pour un diner réconfortant. La neige se met à tomber.

11ème jour : Journée d’acclimatation forcée au CB Dhaulagiri

Il a neigé toute la nuit et cela continue de plus belle au petit matin. La neige s’accumule sur le toit. Les contacts du toit avec le sous-toit provoquent une condensation très désagréable. Nous ne nous pressons pas pour autant pour nous lever car nous savons que nous ne pourrons pas partir et que la journée sera longue.

Il fait rapidement chaud dans la tente, jusque 18°C alors qu’il fait doux dehors : 7°C. La neige tient bon pourtant. Les duvets, mouillés sur leurs couche extérieure avec la condensation de cette nuit, sèchent vite. C’est une excellente nouvelle.

Nous attendons dans la bonne humeur mais non sans appréhension. Les craquements du glacier et le tonnerre des avalanches est quasi continu. Etre totalement seuls dans cet univers minéral et hostile donne le sentiment d’être très petits. C’est bien l’ambiance que nous avons cherché, nous n’allons pas nous plaindre !

Nous profitons d’une accalmie pour partir faire un repérage à l’aide du GPS. Nous découvrons des cairns alignés près du campement. Nous sommes près du chemin ou d’un chemin abandonné depuis peu. Nous progressons vers l’amont en accord avec le GPS sur près d’un km. Nous sommes très probablement sur le bon chemin.

La neige recommence à tomber et nous nous calfeutrons dans la tente. La journée se termine une fois de plus avec des parties interminables de Rummy auxquelles je perds sans discontinuer.

12ème jour : Seconde journée au CB du Dhaulagiri La neige continue de tomber. Tout est maintenant recouvert d’une épaisse couche blanche. Il fait à peine froid dehors: 0°C. L’eau s’est infiltrée dans la tente mais nous arrivons à éponger sans difficulté. Nous ne voulons pas nous risquer sur un chemin incertain, sans visibilité et dans la neige.

La température monte vite jusqu’à 20°C dans la tente. Il fait presque trop chaud.

Le vent se lève par rafales dans l’après-midi et la neige et le grésil redoublent. Nous nous acclimatons bien en tous cas car il n’est plus question de mal de tête même s’il nous est difficile d’accomplir des efforts prolongés.

Nous avons suffisamment de nourriture pour tenir encore 5 jours au moins mais l’ennui se fait sentir au bout de la seconde journée d’attente. Il n’était pas possible de prévoir un aussi mauvais temps en octobre alors que la mousson devrait être terminée depuis près d’un mois.

Dans ces circonstances, nous envisageons l’avenir de la boucle sur le lac Tilicho de moins en moins probable.

13ème jour : du CB du Dhaulagiri jusqu’au camp des Deleval 😉en 9 h Il ne neige plus ce matin mais le brouillard entoure notre campement, nous empêchant de voir les parois montagneuses à proximité.

Nous nous apprêtons à partir quand nous voyons se rapprocher deux silhouettes par l’aval. Ce sont des guides qui explorent la possibilité de partir pour un groupe coincé au camp un km plus bas. Ils nous annoncent que la météo doit s’améliorer dans la journée. Ils ont eu une communication par téléphone satellite. Ca tombe bien car nous avions décidé de partir, de toutes façons, l’attente devenant intenable.

Nous suivons les cairns et le GPS. Nos traces d’avant-hier sont bien-sûr complètement effacées. Nous arrivons au bout de la vallée qui se sépare en deux. Nous ne trouvons plus de cairn et nous cherchons à rejoindre le prochain point GPS en suivant le ruisseau de gauche.

Le groupe, conduit par nos deux guides de ce matin, nous rejoint alors que nous cherchons notre chemin. Ils nous indiquent la direction : il faut progresser sur la crête séparant les deux vallées. Le groupe est composé d’allemands que nous avions rencontrés au camp des Italiens. Ils sont autant surpris que nous de se retrouver dans un endroit aussi abandonné…

C’est toujours sous un ciel bas et gris que nous décidons de nous arrêter. Nous ne pourrons pas dépasser la French pass dans la journée. Autant trouver un endroit sûr pour passer la nuit. Je descends dans la vallée de gauche pour trouver une surface à peu près plane et un peu plus protégée du vent, sans succès. Epuisé et manquant d’air, j’ai beaucoup de mal à remonter. Nous décidons de rester à côté du chemin en retirant et en tassant la neige pour y planter la tente.

Je fonds la neige avec le réchaud pour faire du thé. Nous nous sommes déshydratés aujourd’hui car l’eau n’était disponible que sous forme de neige que nous avons mangée en quantité insuffisante.

Nous sommes installés à 17 :30 et il fait 4°C dans la tente. Nous n’avons pas pu profiter de la vue sur la montagne aujourd’hui mais nous sommes sur le bon chemin et nous gardons toutes nos chances pour une bonne surprise demain. Notre installation à 5100m dans la neige nous aguerrit et c’est une expérience qui nous réjouit.

14ème jour : du camp des Deleval 😉 à Hidden Valley en 4 :20h

On se lève avec le jour et le ciel est limpide ce matin ! Un environnement extraordinaire nous entoure. Il nous éblouit d’autant plus que nous n’avons rien vu la veille. Il fait -11°C dehors et -4°C dans la tente. Le petit déjeuner attendra, nous profitons d’abord et sans retenue du spectacle. Le soleil illumine progressivement les cimes du Dhaulagiri puis ses glaciers. La lumière passe du jaune doré au blanc cru.

Les efforts des jours derniers se justifient d’un coup et les doutes s’évanouissent. Ici, l’imagination est dépassée par la réalité.

Les nuages arrivent vite et j’aperçois au loin, devant nous, le groupe de nos amis allemands en file indienne attaquer la French Pass (5362m). Nous partons vers 9h et nous essayons de marcher sur la neige sans rompre la couche de glace pour éviter d’enfoncer les pieds jusqu’aux chevilles. L’exercice est mal aisé et la montée en pente douce nous fatigue. Lorsque nous arrivons vers 10 :20h le brouillard nous entoure. Un vent glacé nous gifle le visage.

La Hidden Valley porte bien son nom : il nous faut amorcer la descente pour entrevoir un paysage sec et plat, surprenant à cette hauteur. Le vent souffle toujours et nous ne trouvons pas d’emplacement un peu protégé pour bivouaquer. Un petit torrent coule à proximité. Il ne faudra pas faire fondre de neige aujourd’hui pour manger.

Le temps se lève en soirée et nous permet d’apprécier ce lieu magique. Nous imaginons une nuit glaciale en perspective. Il n’en sera rien !

15ème jour : de Hidden Valley à Yak kharka en 8 :30h Nous nous levons trop tard à 6 :20 car le ciel est déjà chargé de nuages bas qui cachent partiellement les hautes montagnes autour de nous. Du Dhaulagiri, nous ne voyons que la cime. Il n’a pas fait assez froid pour libérer le ciel : -5°C à l’extérieur.

Nous partons vers 9h sans nous presser car nous pensons nous arrêter à un camp intermédiaire indiqué sur notre carte. La montée vers Dhampus Pass (5270m) est longue. Le temps se gâche avant 11h. Nous sommes pris dans un brouillard glacé dans un premier temps. La neige se met à tomber par rafales de plus en plus violentes. Les traces du chemin ne tardent pas à complètement s’effacer et nous serions perdus sans le GPS. La lecture en est rendue difficile. Nous rencontrons deux porteurs qui hésitent autant que nous.

Nous ne trouvons pas le camp intermédiaire. Il aurait été très difficile de toutes façons de planter la tente dans de telles conditions. Ce n’est qu’en arrivant face à la vallée de la Kali Gandaki que le temps se lève un peu pour nous faire entrevoir le massif des Annapurna dans un ciel très perturbé.

La vallée la plus profonde du monde s’ouvre devant nous.

Nous arrivons bien fatigués à Yak kharka et nous sommes heureux d’y trouver un sympathique jeune népalais qui nous offre du thé et une soupe aux tomates fraîches mémorable.

Au moins, ce soir, il ne neige pas pour planter la tente.

16ème jour : De Yak kharka à Marpha en 3 :30h

Le vent et la glace d’hier ont scarifié nos visages mal protégés. Nos lèvres ont doublé de volume. C’est le visage boursouflé que nous nous réveillons.

Il a encore une fois plus toute la nuit. De grands coups de vent secouent la tente. Quelques éclaircies nous permettent quand même d’apprécier la présence proche des Annapurna. Le point de vue ici est encore plus exceptionnel que celui de Poon hill plus éloigné et moins élevé.

Le dénivelé d’hier était important (1080m). Le dénivelé d’aujourd’hui le surpasse : 1500m. Le temps s’adoucit avec la descente mais nos pieds souffrent ; j’essaie de progresser en marche arrière pour éviter l’écrasement à répétition de mes orteils. Pendant ces exercices périlleux, Sylvie marche en crabe.

Nous arrivons à Marpha en longeant le grand monastère puis en plongeant dans les ruelles pour nous retrouver dans un monde policé par le tourisme. Le choc est rude. D’autant plus que nos visages brûlent par le manque de protection d’hier. Les pieds et les genoux quant à eux demandent grâce. Cela tombe bien car un grand choix de restaurants s’offre à nos yeux et notre odorat.

C’est dans cette débauche de luxe que s’arrête notre odyssée, au pays de la pomme et sous une pluie fine qui se remet de la partie : le mauvais temps ne nous abandonnera pas comme ça.

Comme il n’y a pas de moyen de transport en début d’après midi pour Beni, il ne nous reste plus qu’à choisir un guest house et entamer des parties de rummiy qui nous donneront la réputation des français aux petits papiers… Petits papiers qui nous ont sauvés de la déprim à 5000m quand la neige et le vent s’acharnait sur notre petite tente.

Retour :

Nous partons le lendemain à 7 :30 en bus pour Beni et ce n’est pas une sinécure. La pluie a ravagé la piste qui ressemble plus à certains endroits à un torrent de boue ou à de grosses mares insondables dans lesquelles il faut jeter de nombreux blocs de pierres pour pouvoir passer.

Nous nous précipitons d’un seul mouvement hors du bus en enjambant toutes sortes de colis et bidons alors le véhicule en pleine accélération patine et glisse dangereusement vers la paroi montagneuse. Nous avons plus de chance qu’une jeep qui s’écrasera 500m plus bas le même jour causant la mort de ses huit occupants.

Nous prenons un taxi à Beni pour Pokhara et c’est un grand soulagement de retrouver notre guest house et ses sympathiques propriétaires.

Enseignements :

Une liste semble incontournable pour éviter d’oublier d’emporter des produits aussi élémentaires que la crème solaire !

La tente ne pèse pas lourd, 1 kg, mais un séjour de plus de 5 jours est pesant pour le moral surtout dans des conditions météo difficiles. Rechercher pour quelques centaines de grammes un volume plus grand pour des treks de durée similaire ou plus long.

Nous avons emporté trop de nourriture car nous rapportons près de 2 kilos. On peut donc affiner la quantité nécessaire à 750g/2personnes.jour. en limitant aussi la spiruline dont l’effet n’a pas été démontré à 20g/j.personne pour une future expérience de plus long terme. Il n’est pas possible de considérer la spiruline comme un aliment du fait de son goût et de sa consistance (paillettes)

La quantité d'essence consommée n'excède pas 350ml pour 7 jours d'autonomie car nous avons rapporté 550ml environ. On peut donc compter 50ml/jour.2personnes avec une sécurité pour les prochains treks.

Les chaussures ont été parfaites concernant le confort et l’étanchéité dans des conditions difficiles (plusieurs jours dans l’eau et la boue puis la neige). La grande descente de Dampus pass à Marpha a laissé nos orteils en mauvais état. Le handicap aurait été important pour continuer vers le lac Tilicho avec sa montée et surtout sa descente abrupte de 5200 à 2700 m. Des sandales de marche ouvertes pourraient être une solution ?

La montée vers le lac Tilicho a été annulée. Ce sera l’occasion d’une nouvelle aventure, probablement par le trajet inverse et en couplant le trek à d’autres passages hors des sentiers battus car le chemin longeant la route de Marpha à Tatopani a bien changé depuis 2001. Faire la course avec ou cotoyer les véhicules à moteur de toutes sortes n’est vraiment engageant...

Le trek du tour du Dhaulagiri est en train de se métamorphoser : il est fort probable que des refuges seront installés tout au long du parcours d’ici peu pendant la haute saison de septembre à novembre. La seule rupture actuellement se situe dans Hidden Valley. L’offre est très limitée sur Camps des Italiens, Camps des Japonais, CB du Dhaulagiri et Yak Kharka mais elle existe. Les marges possibles sur les repas sont très importantes et le marché existe. L’esprit s’en trouvera modifié mais il restera encore une bonne marge pour sentir le vent de l’aventure.

Nous sommes prêts pour affronter des périodes plus longues d’autonomie (jusque 10j). En attendant, nous reviendrons sur le trek du Makalu en mai 2014 pour une visite à nos amis de Khandbari, Seduwa et Chyaksa danda et l'East pass pour chatouiller les 6000m.

Annexe : points GPS notés sur GE à partir du tracé effectué

Dharapani 28°27'10.46"N 83°22'32.49"E 28°27'13.84"N 83°22'25.59"E 28°27'18.61"N 83°22'20.13"E 28°27'31.30"N 83°22'12.13"E 28°28'10.04"N 83°21'34.87"E 28°29'11.93"N 83°20'43.39"E 28°29'50.02"N83°20'21.43"E pont 28°30'19.36"N 83°19'55.53"E douche à la chute d'eau 28°30'21.05"N 83°19'55.47"E 28°30'19.78"N 83°20'34.35"E 28°30'32.46"N 83°20'53.83"E Muri 28°30'58.27"N 83°20'41.22"E après ce pt erreur 28°31'0.27"N 83°20'41.97"E reprise bon trajet 28°31'43.09"N 83°21'10.50"E 28°31'23.93"N 83°21'27.94"E 28°31'17.34"N 83°21'39.39"E Naura 28°32'9.06"N 83°21'59.03"E 28°32'46.37"N 83°22'8.91"E 28°33'3.78"N 83°22'38.30"E Bhogara 28°33'52.14"N 83°22'45.56"E 28°34'5.83"N 83°23'3.40"E 28°34'17.79"N 83°23'0.74"E 28°34'32.90"N 83°23'7.50"E 28°35'17.13"N 83°23'5.08"E Dobang 28°36'10.15"N 83°23'14.98"E 28°36'55.59"N 83°23'27.06"E pt arrêt long 28°37'43.82"N83°23'33.42"E 28°38'9.61"N 83°24'0.73"E 28°38'48.55"N 83°24'17.39"E passage à gué 28°39'4.95"N 83°24'34.35"E Chauribang 28°39'20.35"N 83°24'30.80"E 28°39'47.99"N 83°24'58.30"E 28°40'31.48"N 83°25'40.21"E camp des italiens 28°41'30.34"N 83°26'13.92"E 28°41'50.41"N 83°26'24.15"E 28°42'30.42"N 83°26'16.49"E 28°44'2.85"N 83°26'49.13"E camp des japonais 28°44'22.87"N 83°27'15.03"E 28°44'23.98"N 83°27'44.49"E 28°44'47.98"N 83°28'17.13"E 28°44'52.47"N 83°28'41.76"E 368 28°44'53.14"N 83°29'0.97"E 369 28°44'53.20"N 83°29'15.04"E 28°44'49.94"N 83°29'45.94"E 28°44'51.69"N 83°30'4.13"E 28°44'50.14"N 83°30'12.13"E mauvais côté apparemment 28°44'47.48"N83°30'17.98"E 28°44'47.60"N 83°30'21.04"E 28°44'50.24"N 83°30'22.22"E 28°44'53.19"N 83°30'26.47"E prox ancien cb Dhaulagiri 28°44'57.02"N 83°30'29.49"E 28°45'4.14"N 83°30'35.92"E 28°45'12.67"N 83°30'43.05"E 28°45'19.59"N 83°30'47.76"E 28°45'27.22"N 83°30'53.37"E probable écart/ chemin 28°45'32.86"N 83°30'52.05"E 28°45'36.09"N 83°30'55.16"E vers la crête 28°45'40.01"N 83°30'55.87"E sur la crête 28°45'42.17"N 83°30'55.33"E Camp des Deleval 28°46'7.48"N 83°31'23.74"E 28°46'24.59"N 83°31'41.10"E 28°46'38.24"N 83°31'47.40"E French pass 28°46'55.45"N 83°31'52.29"E 28°47'0.30"N 83°31'59.41"E 28°47'21.19"N 83°32'34.56"E Hidden valley 28°47'44.89"N 83°33'14.39"E 28°47'51.90"N 83°33'27.64"E 28°47'51.76"N 83°33'34.53"E 28°47'46.73"N 83°33'49.46"E 28°47'46.25"N 83°34'7.96"E 373 28°47'48.70"N 83°34'32.94"E Dhampus pass 28°47'46.26"N 83°34'47.55"E 28°47'29.99"N 83°35'12.19"E 28°46'50.80"N 83°35'43.79"E 28°46'56.19"N 83°36'0.12"E 28°46'23.05"N 83°36'56.37"E 28°46'15.47"N 83°37'34.33"E 28°45'57.13"N 83°37'59.37"E 28°45'26.46"N 83°38'38.46"E Yak Kharka probable 28°45'20.60"N 83°39'3.43"E 28°45'39.24"N 83°39'33.99"E 28°45'27.36"N 83°40'1.43"E 28°45'11.14"N 83°40'10.23"E 28°45'8.10"N 83°40'33.30"E 28°45'4.12"N 83°40'51.58"E Marpha 28°45'11.08"N 83°41'11.70"E

Tour du Dhaulagiri

Willemspie · 2013-11-21

Notez que moi j'ai fait le (demi) tour Darbang - Marpha en 6 jours et 2 heures, le tour Darbang Tatopani en 8 jours. J'etais deja acclimatise. La plus grande difficulte: le froid. -10C a Hidden Valley, -7C au camp de base le matin.

Tour du Dhaulagiri

Djalma · 2013-11-21

Salut

Avant le 15 / 20 octobre c'est souvent pluvieux. A quelle période l'as-tu fait?Tu portais quelle charge? peux tu nous décrire tes étapes jusqu'à Marpha? T'as utilisé un GPS?

Tour du Dhaulagiri

Gazipach9 · 2013-11-21

Oui, on a vraiment pris notre temps! C'est, je crois, le gros avantage d'être indépendants. Je crois que je passerais encore plus de temps pour faire ce genre de ballade si suffisamment de temps est à disposition. Il ya des endroits où on peut rester pour le plaisir d'apprécier le spectacle, et d'y revenir, d'y revenir encore. Nous notre plus grnade difficulté n'a pas été le froid, bien au contraire, on l'aurait souhaité pour nous épargner les nuages bas et les précipitations très nombreuses...

Tour du Dhaulagiri

Gazipach9 · 2013-11-21

Bonsoir Djalma, du 4 ou 19 octobre, un peu tôt donc... on est bien d'accord mais j'étais coincé en France tout début novembre... je portais 18kg tout compris au démarrage et assez loin jusqu'au camp des Japonais. Après le poids a diminué progressivement jusqu'à environ 13-14kg. Qu'entends tu par décrire les étapes: j'ai donné les infos au jour le jour avec la synthèse dans les 3 tableaux joints plus la carte du tracé. Si je peux te donner des infos autrement structurées et si je peux les retrouver, ce sera avec plaisir J'ai utilisé un GPS Garmin Etrex.

Tour du Dhaulagiri

Djalma · 2013-11-21

Salut, J'ai bien lu ton compte rendu c'est intéressant.. 18 kg ça fait maintenant trop lourd pour moi depuis 2 ans je m'offre les services d'un porteur pour économiser mes genoux.. Je m'adressais à Willemspie qui a effectué le trajet en 6 jours jusqu'à Marpha et voulais connaitre ses étapes jour par jour pour voir ce qu'il est possible de faire et aussi savoir s'il portait la même charge que vous..Personnellement je n'aurais pas emporté autant de nourriture..

Tour du Dhaulagiri

Sbecker · 2013-11-21

Je me suis d'autant plus régalé à te lire que tout ça me rappelle des bons souvenirs 🙂. A travers les photos du blog, j'ai pu constater que vous avez effectivement eu tout de même des périodes avec un ciel bleu pour profiter des paysages. Un détail amusant: je me suis perdu aussi juste après Muri 😉.

Tour du Dhaulagiri

Gazipach9 · 2013-11-21

Merci Samuel!

Tour du Dhaulagiri

Julien92Sui · 2013-11-21

Merci beaucoup pour ce partage et tous le travail qu'il nécessite. Cela me sera fort utile pour l'année prochaine. ça me donne déjà très envie !

Tour du Dhaulagiri

Willemspie · 2013-11-22

Du 20 au 27 octobre, j'ai eu de la chance tres beau temps. Du 13 aU 16 octobre le temps a ete horrible au Nepal et il est notamment tombe 1 metre de neige sur les 2 cols de ce circuit. Heureusement des groupes avaient fait une bonne trace tout du long pour moi. Etapes Darbang Muri (normal comme journee) camp dans la foret au peu avant Dobhan (long, j'ai cherche longtemps un endroit convenable pour camper) camp dans la foret juste sous le camp des Italiens (normal, je n'aime pas rester aux camps organises, beaucoup de groupes et payant, en plus le camp des Italiens est dans le vent, 15 minutes plus bas excellent camping abrite dans les arbres) camp de base du Dhaulagiri (normal) Hidden Valley (court) camp sur la crete 1000 metres au dessus de Marpha (normal/lomg, j'aurais pu continuer a Marpha mais il ya un superbe endroit pour camper avec des vues superbes) lodge a Lete (normal) lodge a Tatopani (court).

Tour du Dhaulagiri

Djalma · 2013-11-22

Salut

O.k merci ça me donne des points de repères pour une prochaine fois. J'ai encore jamais fait ce tour du Dhaulagiri. tu avais trouvé des coéquipiers pour ce genre de trek, ça doit pas être facile!

Tour du Dhaulagiri

Willemspie · 2013-11-22

Je l'ai fait tous seul.

Tour du Dhaulagiri

Sjeanmarc · 2013-11-22

Super le récit mais c'est rude comme circuit ! Pour le retour de Marpha à Tatopani que j'ai fait en avril, j'en garde un très bon souvenir : pratiquement toujours sur l'autre rive par rapport à la piste donc tranquille, très peu de trekkers, belles vues sur le Dhaulagiri, l'Annapurna, ... Si on a le temps, je conseille plutôt ces 2 jours de marche qu'une journée en bus ou jeep.

Tour du Dhaulagiri

Djalma · 2013-11-22

Salut

Si on a le temps, je conseille plutôt ces 2 jours de marche qu'une journée en bus ou jeep.

De retour du Mustang j'ai fait Jomsom Pokhara en jeep ( pas d'avion cause Météo)...je ne sais pas si ya beaucoup de chemins alternatifs mais entre Jomsom et Ghasa on a croisé des dizaines et des dizaines de trekkers sur la piste ( faut aimer ça!!) sympa le tour des Annapurnas dans ces conditions! J'ai aussi fait à pied Muktinath Jomsom ( retour du Mustang) et là c'est pire!! des dizaines de trekkers et autant de jeeps pleines de touristes! Bonjour la poussière!

Tour du Dhaulagiri

Sjeanmarc · 2013-11-22

De Muktinah à Tatopani, pratiquement tout le trajet peut se faire en dehors de la piste. J'ai mis le détail avec les traces GPS sur mon blog (voir étapes 27-28-29-30-31) sur http://caminaire.com/tsum-valley-manaslu-annapurna/details-des-etapes/ Par ailleurs, le guide en anglais sur les chemins alternatifs est bien fait : http://www.nepal-dia.de/Trekking_the_Annapurna_Circuit_with_the_new_NATT_trails_111017.pdf

Certains guides continuent malgré tout à faire marcher leurs groupes sur la piste. J'ai vu des trekkers sur la piste alors que j'étais tranquille sur les nouveaux chemins. Pour les népalais, c'est souvent plus naturel car plus plat, moins long.

Muktinah - Kagbeni : très belle étape via Chongur, Jhong et Putak. Un petit goût de Mustang Kagbeni - Jomosom : le chemin alternatif rallonge pas mal et fait du coup une étape. Il traverse des villages peu fréquentés notamment Phaliak et Dhakarjong Jomosom - Tatopani : alors que la piste est rive droite, le chemin est pratiquement tout le temps rive gauche. Compte tenu que je logeais près de l'aéroport à Jomosom, j'ai pris un bout de piste pour rejoindre Marpha que je voulais traverser. Je suis revenu rive droite pour dormir à Tukuche (je recommande la Tukche Gueshouse aménagée dans un ancien comptoir sur la route du Tibet - joli patio, balcons en bois ouvragé, chambres propres avec douche chaude sur le toit). Ensuite superbe parcours rive gauche avec forêts, prairies, vues sur le Dhaulagiri, village de Sauru...). On rejoint momentanément la piste au niveau de Kalopani/Lete. Ensuite le sentier reste rive droite jusqu'à Ghasa mais sur la plupart du parcours à l'écart de la piste (au dessus après avoir franchi la rivière adjacente après Lete, à gauche de la piste sur tous les hameaux de Ghasa). De Ghasa à Tatopani, tout le parcours est rive gauche hors de la piste.

Tour du Dhaulagiri

Gazipach9 · 2013-11-22

Merci Jean-Marc, J'aurai toujours des difficultés à marcher en parallèle avec ou sur un chemin carrossable. C'est personnel et je l'explique par ma motivation d'aller où seuls mes pieds peuvent me mener. Cette route, à partir de Marpha à Tatopani, était très empruntée par des marcheurs de tous ordres. N'étaient ils donc pas informés qu'un beau chemin aurait pu leur éviter de se faire éclabousser de boue par les véhicules et de s'écarter rapidement pour ne pas se faire écraser? Le contraste était grand avec les journées de solitude minérale qui précédaient. Ceci dit, nous projetons de passer par le lac Tilicho une prochaine fois, et je verrai à trouver des chemins bien en retrait de la Kali Gandaki quitte à marcher bp plus. Ca doit pouvoir se combiner avec le cb nord de l'Annapurna par exemple.

Tour du Dhaulagiri

Willemspie · 2013-11-23

Si on veut pouvoir dire qu'on a fait le TOUR du Dhaulagiri, il faut au minimum marcher jusque Lete (passe le Dhaulagiri).

Tour du Dhaulagiri

Gazipach9 · 2013-11-23

Salut, Je suis juste parti avec ma femme mais nous formons une bonne équipe! Je pense que ça a été le plus dur de nos treks pour l'instant mais c'était prévu. Nous n'avons pas eu de difficulté réelle, sauf pour les nerfs de poireauter 2 jours à 4700m sous la neige et la descente quand même jusque Marpha: nos pieds s'en souviennent encore... Il vaut mieux effectivement avoir un GPS car le chemin disparait assez fréquemment. Bonne préparation!

Tour du Dhaulagiri

Djalma · 2013-11-24

Il vaut mieux effectivement avoir un GPS car le chemin disparait assez fréquemment.

Merci. Oui effectivement surtout en cas de chute de neige ..j'ai déjà connu ça ! par contre passer 2 jours ou même une seule journée au même endroit à ces altitudes et dans la neige j'ai jamais connu ça! La descente sur Marpha même très pentue par contre ne me posera pas de problème.

Tour du Dhaulagiri

Gazipach9 · 2013-11-24

Tu as les pieds très résistants ou un système de protection particulier? On a quand même plusieurs ongles qui vont sauter. Ce n'est pas bien grave mais sur le coup, même la couverture était en trop... On cherche une solution viable càd efficace pour les pieds mais aussi permettant une tenue correcte sur le chemin...

Tour du Dhaulagiri

Sbecker · 2013-11-25

Tu as les pieds très résistants ou un système de protection particulier? On a quand même plusieurs ongles qui vont sauter. Ce n'est pas bien grave mais sur le coup, même la couverture était en trop... On cherche une solution viable càd efficace pour les pieds mais aussi permettant une tenue correcte sur le chemin...

Qu'est ce qui vous est arrivé exactement ? Hématomes subungual ?

Tour du Dhaulagiri

Gazipach9 · 2013-11-25

Oui exactement cela: 8 ou 9/10 pour Sylvie et 3/10 pour moi, en partie ou totalement. Mais aujourd'hui, il n'y a plus de problème de douleur. Ca s'est produit spécifiquement dans la dernière descente, tout le reste de la marche s'était fait sans problème.

Tour du Dhaulagiri

Sbecker · 2013-11-25

Oui exactement cela: 8 ou 9/10 pour Sylvie et 3/10 pour moi, en partie ou totalement. Mais aujourd'hui, il n'y a plus de problème de douleur. Ca s'est produit spécifiquement dans la dernière descente, tout le reste de la marche s'était fait sans problème.

J'imagine qu'on vous a déjà sorti la réponse classique: vos chaussures ne sont probablement pas assez grandes. Vu de ma fenêtre, il y'a deux causes possibles à ce type d'hématome: 1) un choc violent au niveau du gros orteil contre une pierre 2) des contacts répétés du gros orteil sur l'avant de la chaussure

Le 1er cas se produit surtout pour les trailers. Le 2ieme pour les trailers et randonneurs. Les podos conseillent de tailler les ongles des pieds "courts et reguliers" pour limiter le phénomène.

Mais il faut aussi porter des chaussures adaptées en taille pour les descentes et donc légèrement plus grandes que ce que l'on prendrait s'il n'y avait pas ce paramètre à intégrer. "Normalement", je chausse du 46 mais je supporte très bien le 47 voire même le 48: il suffit juste que le talon ne se décolle pas.

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Gazipach9 · 2013-11-25

OK Merci samuel, On voit ça pour la prochaine fois. Je retiens que le talon ne doit pas se décoller.

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Kerguelen · 2013-12-01

Salut Jean-François,

Je suis rentré hier du Népal et je voie que tu a fait un compte rendu de tes aventures, je t'envoie donc quelques nouvelles directement sur le forum histoire de faire profiter tous le monde de mon retour d'expérience. Et bien pour moi ça a été un beau but météo au camp glacier ou camp des Japonais. Jusqu'au camp des Italiens pas de problème, aucun problème d'orientation malgré la carte souvent fausse (enfin le tracé est faux mais le font topo lui est bon) et plutôt plus rapide que les horaires trouvés sur le net. Darbang - Dharapani 2h30; Dharapani - Mudi 5h10; Mudi - Boghara 6h30; Boghara - Dobang 5h20; Dobang - Camp Italien 7h30; Camp Italien - Camp glacier (4200 m) 3h. Vu personne les 3 premiers jours. Le matin au départ de Boghara j'ai la surprise de rencontrer un Israélien arrivé dans la nuit après s'être perdu la veille. Il fera demi tour au camp des Italiens car il a déjà froids la nuit alors qu'il ne gèle pas encore. Je suis monté au camp glacier alors que des nuages arrivaient du sud, j'ai eu le temps de planter la tente et de trouver de l'eau avant qu'il se mette à neiger toute l'après midi et la nuit avec pas mal de vent. Au matin plus de vent, -3°C dans la tente, il fait beau une bonne trentaine de cm de neige. Je fait une petite ballade pour voir la suite et me rend vite compte que cette poudre sur la moraine cache beaucoup de piège car je m'enfonce parfois jusqu'à mi-cuisse et m'explose les tibias sur des blocs de rocher cachés. J'ai le temps d'aller chercher de l'eau dans la marre repérée heureusement la veille (car bien geler et recouverte de neige) avant que le ciel ce couvre et que le vent ne se lève. Vent très fort toute l'après midi et toute la nuit, -8°C dans la tente, comme le vent à tourné par rapport à la veille, je le prend de coté. Résultat un arceau ce fissure au niveau de la jointure de deux tronçons (réparation au Scotch américain). Nuit pas vraiment sereine le dos ou les pieds contre la toile pour soulager les arceaux. Le lendemain il fait beau vent faible mais après avoir pesé les pour et les contres je décide de redescendre car je me voie mal progresser dans ce terrain miné seul. Je remballe tout et descend, belle galère de retrouver le "sentier" avec cette neige, heureusement la neige grâce au vent c'est surtout déposé dans les creux et le sentier apparaît par intermittence par contre quand tu marche dans les parties enneigé tu ne sais pas si tu va t'enfoncer de 10 ou de 60 cm. Donc belle galère. En arrivant en bas de la vallée avant le passage difficile le temps ce gâte, la neige revient et c'est encore tout blanc. Je plante de nouveau la tente dans la ruine contre la cabane fermé "camp Suisse" et rebelote, vent et neige toute l'après midi heureusement je suis bien protégé du vent. Le lendemain matin grand beau et plus de vent, j'attends que le soleil fasse son travail pour faire fondre cette neige qui est bien présente jusque de l'autre coté de la moraine au camp des Italiens et plus bas. Je vois du monde ce balader sur la moraine au dessus du camp des Italiens et une équipe qui descend sur le "glacier". J'attends et vois apparaître 2h plus tard un guide népalais et plusieurs porteur d'un groupe de Français suivi de 5 Russes avec d'énorme sac qui profite de la trace. Je profite moi aussi de leur trace et des marches taillées par le guide pour rejoindre le camp des Italiens. A partir de ce moment la je vais croiser plein de groupe dans la descente jusqu'à Boghara. De Boghara je vais prendre des sentiers de l'autre coté de la vallée et descendre en une longue journée jusqu'à Darbang (8h).

Au final je pense que ma décision de faire demi tour était la bonne vu les conditions et surtout que des personnes rencontré à Beni et qui revenaient du tour des Annapurna m'ont dit qu'il était tombé 40-50 cm au Thorung La donc certainement la même chose dans la Hidden Valley. De plus les -8°C à 4200 m me faisait envisager les -12°C à -15°C là haut et avec mon duvet -6°C confort même si je n'ai pas eu froid à 4200 m au dessus ce n'aurait pas été la même chose. Sans parler de la tente pas faite pour affronter les vents aussi fort. Je suis déçu de ne pas avoir pu faire le trek en entier mais cela reste une bonne expérience et les paysage sont magnifiques.

J'ai aussi renoncer au lac Tilicho car pas envie de remonter jusqu'à Jomsom surtout que ça devais être gaver de neige au lac. Je suis donc partie faire la traversée de l'Helambu et des Lac Gosainkung au départ de Nagarkot car impossible de rejoindre en bus le Langtang ou Sundarijal à cause des grèves avant élection. Jolie trek, beau temps un peu de neige au Lauribina Pass et surtout une rencontre extraordinaire avec un Panda roux. Gilles

Tour du Dhaulagiri

Djalma · 2013-12-02

Salut

Merci pour toutes ces précieuses info sur le Dhaulagiri. C'est pas tjs facile de trouver le bon créneau pour la météo!

Tour du Dhaulagiri

Gazipach9 · 2013-12-02

Salut Gilles, Merci de tes nouvelles et désolé pour ton retour vers Dobang... mais tu t'en sors bien avec l'Helambu. C'est un endroit superbe! Tes précisions sur la météo ne sont pas engageantes car on espérait pouvoir s'affranchir du mauvais temps en novembre au moins... Il y a tjs un caractère aléatoire à nos ballades qu'il faut accepter et il faut avoir la sagesse de prendre les bonnes décisons comme tu as fait pour éviter les situations incontrôlables. Pas facile! A bientôt peut-être à KTM où on a été très heureux de passer une soirée avec toi ou sur les chemins...

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