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50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Discussion started by Naps on 2013-12-20

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50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Naps · 2013-12-20

SECOND TOME, CHAPITRE XII - COUSIN ET TANTINE

La nuit des temps, la route des missionnaires, le cargo cult et la recette de l'humain à la pierrade.

- (Spéciale dédicace à 321, tu le voulais ce texte? Et ben le voilà! La suite arrive incessamment sous peu😎) -

Mars 2006... Nous voilà partis avec un visa de deux mois en poche, ce qui est vraiment un minimum pour ce qu’on voulait faire, et de Jakarta on avait pris un avion pour Jayapura la capitale de la Papouasie occupée. Pas le bateau, me dis-tu ? Ben non, déjà les Pelni (les seuls à faire ce trajet à peu près rapidement) il n’y en a pas tous les jours ce qui signifie que tu peux facilement te retrouver trois-quatre jours à attendre qu’il y en ait un qui pointe le bout de sa proue, et ensuite dans le meilleur des cas ça met une semaine pour faire le trajet, le calcul est vite fait. L’avion ne coûte guère plus cher que le bateau en "kelas ekonomi", et puis de toute façon y a pas le choix, on peut pas se permettre de perdre d’entrée dix jours sur un misérable visa qui n'en compte que soixante. Tu verras d’ailleurs par la suite que bien nous en avait pris... Une fois à Jayapura on s'était occupés d'obtenir une « surat jalan » (sorte de permis-laisser-passer, obligatoire pour sortir des villes), et bien sûr il avait fallu batailler avec les poulets pour ne pas la payer trop cher, classique, tristement classique (voir le chapitre IX). On avait aussi acheté de la bouffe et certains articles introuvables dans l’intérieur, parmi lesquels des médocs costauds anti-palu-malaria parce que crois pas mais c'est un risque très sérieux dès qu’on quitte les montagnes du centre. Pour finir il ne nous restait plus qu'à trouver un avion pour Wamena, ce qui ne fut pas si facile car il n’y avait plus qu’une compagnie qui effectuait le trajet et en plus certains de ses avions étaient bloqués au sol pour problèmes techniques. Quels problèmes? Oh rien de grave, des fenêtres qui avaient du jeu et menaçaient de s'envoler, des trains d’atterrissage qui ne fonctionnaient pas, quelques petits désagréments bénins en somme. Opiniâtres comme à l’accoutumée on avait quand même réussi à en dégotter un pour le lendemain, avec ou sans problèmes techniques allez savoir. Pourquoi encore l'avion ? Tout simplement parce que c'est ça ou se taper un bon 700 kilomètres à pied, ce qui écornerait notre visa au-delà des limites du raisonnable... Tu as consulté une carte et tu as vu une route ​? Oui, je te félicite, sur la carte il y en a une en effet, et elle y était déjà dans les années quatre-vingt-dix, mais ils ont oublié de préciser qu'elle était en construction. Faut croire qu'ils aiment bien se projeter dans le futur, même si à ce niveau-là ça relève carrément de la science-fiction parce qu'à mon humble avis cette route ne sera pas finie avant le siècle prochain, au bas mot (en 2013 elle ne l’était toujours pas, les travaux n'avancent pas à cause de deux obstacles naturels majeurs : la profondeur des poches des fonctionnaires en charge et l’étendue de leur incompétence). Cinq heures du mat’, en route ! Petit café à l'aéroport, cousin et tantine vont se faire enregistrer, je les suis cinq minutes plus tard. J’arrive au comptoir mais l’employée me dit que je dois prendre l’avion suivant. Et pourquoi donc s’il vous plaît ? Parce qu’il n y a plus de places dans celui qui part maintenant ! Meuh non, regarde mon ticket, j'ai un siège confirmé ! Elle s’en fout, elle a mis des sacs de riz à ma place et me dit, un sourire narquois aux lèvres, que j'aurais dû m'enregistrer plus tôt. Pardon ? L'enregistrement commence à six heures et il est six heures moins cinq, maintenant ça suffit, on arrête de rigoler et tu me donnes la carte d’embarquement ! Elle m'ignore et sort du comptoir, sans quitter son petit sourire ironique et bien sûr sans un mot d'excuse. Je la suis pas content en demandant des explications mais elle m'ignore de plus belle, elle commence à m’énerver celle-là. Une fois dans le bureau ça continue, toujours pas un mot mais un rictus à la commissure des lèvres qui en dit long. J’explose et je vire un coup de pied dans une chaise, et là pour le coup le sourire lui rentre dans la gorge. Espèce de #*$&^****, que je lui dis, tu as de la chance de pas être un homme !!! Des papous interviennent : calme-toi mister ! Me calmer ? Elle m’a viré de l’avion, ensuite même pas elle s’excuse ni ne dit quoique ce soit, et en plus elle se fout de moi, sale @%^* qu’elle est ! La petite fait un repli stratégique dans l’arrière-boutique, elle ne sourit plus et ma tension redescend un peu. Les papous me disent, à voix basse : tu sais, ils sont comme ça les indonésiens, quelqu'un leur glisse un billet et ils lui revendent ton siège... Soupir !!! Oui, je sais, ça va, j'ai compris, je prendrai le suivant ! Je vais mettre au courant cousin et tantine puis vais me reboire un café, que puis-je faire d’autre ? Au moment de l’enregistrement pour l’avion suivant, tiens, c'est bizarre, la fille n'est pas là, à sa place il y a un employé masculin et il me regarde d'un drôle d'air... Le vol s’effectue sans encombre, on vole à basse altitude et on peut admirer à loisir la forêt et les montagnes, ainsi que des petites volutes de fumée çà et là qui indiquent une présence humaine... Arrivé à Wamena les potes m'accueillent en grande pompe. J’avais oublié de leur dire où était le seul hôtel pas cher du coin mais ils connaissent la musique, ils l’ont trouvé en deux-deux et ont déjà réservé une chambre pour le naps. Ils sont accompagnés de papous qui espèrent qu’on va louer leurs services pour aller marcher. Les tarifs sont prohibitifs : 200000 roupies pour un guide qui parle anglais, 100000 pour un qui ne le parle pas. Merci les gars mais on va marcher sans guide, y en a franchement pas besoin vu que la vallée de la Baliem c'est pas la forêt impénétrable, ne vous inquietez pas, on va très bien s'y retrouver tout seuls comme des grands ! Ce qui est tout à fait vrai, on voit très bien, quand on arrive en avion, que les abords immédiats de ladite vallée ont été déforestés et qu’il est facile d'aller de bled en bled au départ de Wamena. Et aussi on ne le leur dit pas mais, et d'une leurs prix sont bien trop élevés, et de deux on veut faire travailler les gens des petits villages qui n’ont que très rarement l’occasion d’accompagner des touristes vu que tout le monde affrète les services des gars de Wamena qui leur sautent dessus dès leur descente d’avion, et de trois ces gars de Wamena ne connaissent que les abords immédiats de la vallée mais pour aller plus loin il faut de toute manière des gens du cru. Car on veut traverser la chaîne des montagnes centrales et continuer au-delà jusqu'à la côte sud, autant dire pas la porte ni la forêt à côté... Il est temps d'aller montrer patte blanche et surat jalan chez les flics, c'est pas qu’on les aime ces tordus mais c'est obligatoire et ils rigolent pas avec ça. Si tu me crois pas va lire les brillantissimes chapitre VIII et X du premier tome, tu verras de quoi il retourne et ce qui arrive aux étourdis qui ont oublié leur surat jalan. Ils nous regardent d’un œil un peu suspicieux vu tous les noms d’endroits où nous prévoyons de passer que mentionne notre permis, petit serrage de fesses et profil bas, pas qu’ils nous interdisent je ne sais quoi... Ouf, c'est passé, maintenant on peut aller se balader dans Wamena et profiter de notre dernier jour à manger pas trop mal et à pouvoir se doucher. Petits serrages de mains avec les quelques papys irréductibles du coin qui sont toujours « habillés » à l’ancienne, c'est à dire à poil avec un étui pénien pour tout vêtement, et dont le cheminement intérieur a dû être grosso modo comme suit : je m’en tape de toute ces drôles d'inventions, de ce métal, de ces avions et de cette religion bizarre que les faces de craie sont venus nous emmener, et je m’en tape aussi qu’ils aient dit qu’il fallait porter des vêtements, moi je suis né comme ça et je mourrai comme ça ! Perso je respecte cette attitude... Évidemment il y en a de moins en moins, aujourd'hui quasiment tout le monde porte des vêtements et de fait on assiste à la fin d'une époque. Ou dit plus joliment, avec cette verve poétique qui m'a rendu célèbre dans les salons à la mode, le soleil de leur civilisation a déjà glissé sous l'horizon, et ce à quoi l'on assiste de nos jours sont les derniers rayons qu'il darde au monde avant de disparaître complètement et à jamais. Les missionnaires y sont pour quelque chose, car ils ont été très actifs dans la région, mais il ne faut pas oublier non plus le rôle du gouvernement indonésien pour lequel il n'est pas convenable de se balader les fesses et la poitrine exposées aux regards ambiants et de ne pas avoir de religion. Est-ce un bien, ou est-ce un mal ? Va savoir, c'est difficile à dire car il y a du pour et du contre des deux cotés, mais en tout cas aucun des papous avec lesquels j'ai parlé de cet état de fait ne regrettait le bon vieux temps. Tous se disent heureux que les guerres tribales et le cannibalisme se soient arrêtés, et de pouvoir maintenant aller se promener dans le bled d'à côté sans avoir peur de finir en ragoût ou en méchoui, ou de se faire cribler de flèches. Certains occidentaux regrettent la disparition des cultures primordiales et souhaiteraient que perdurent ce qu’on a appelé les « Disneyland à ethnologues », histoire de pouvoir aller faire mumuse à prendre de belles photos ou à écrire de beaux livres sur la question des peuplades dites primitives, sauf que les papous, qui à mon avis sont quand même les premiers concernés, n'en font pas cas et disent tous carrément que ce qu’on appelle leur culture ancestrale ne valait pas un clou, qu’il y avait trop de magie noire, de violence etc., et que maintenant ils ont évolué et en sont bien contents. Ma foi, ils sont libres de leur choix, n'est-ce pas ? Pour en revenir aux papys, quand on leur serre la main c'est un vrai serrage de pinces, pas un truc visqueux comme le salaman indonésien où la main glisse rapidement dans la pogne de l’autre comme si on avait peur de se salir. Les papys papous, ils te chopent la mimine et te la lâchent plus pendant un moment tout en t'examinant, te scrutant et te détaillant, les yeux dans les yeux. Si tu en fais autant tu vas probablement ressentir qu'il y a un drôle de sentiment qui passe, j'en parle souvent car ça m'a vraiment impressionné : la rencontre entre un gars qui est né à l'âge de pierre (car les papous n’avaient pas découvert le secret des métaux, à l'époque tous leurs outils étaient en pierre), qui a été cannibale dans ses jeunes années et qui a vécu toute sa vie en contact étroit avec la nature, et un autre gars qui, lui, est né à l'époque des fusées spatiales, de la télé etc., et qui dès sa naissance a été coupé de la nature par la « civilisation » moderne matérialiste. Deux homo sapiens, donc deux représentants de la même espèce, et pourtant deux histoires personnelles si différentes, séparées par le contexte socioculturel bien sûr mais aussi par plusieurs millénaires d’histoire. Et tout ça qui passe, là, dans le regard, en quelques secondes, une sensation vraiment étrange et difficile à expliquer (je n'y arrive d’ailleurs pas comme je le voudrais) et qu’il faut ressentir par soi-même pour comprendre... J’avais déjà senti ça la première fois que j’étais passé à Wamena quelques années auparavant et avais assisté au festival de la vallée, et si tu as lu l’excellent chapitre X du premier tome tu auras remarqué que le passage ci-dessus en a été copié, oui, de nos jours on fait de la récupe avec tout... Wamena, c’est pas que c’est l’enfer, mais y a pas grand chose et donc après un bon repas, une bonne douche et un bon dodo il ne nous restait plus qu’à partir le lendemain matin. Les quinze premiers kilomètres se firent en transport local avec une bande de papous. Une route ? Oui, faut pas croire que les indos n’ont rien fait pour la Papouasie, ils ont quand même, en remerciement de tout l'or, le gaz, le pétrole, le cuivre et le bois qu’ils ont piqué et piquent encore à leurs légitimes propriétaires, goudronné quinze bornes, pas de la rigolade ! Goudronné c'est un bien grand mot remarque, une myriade de nids de poule ponctue le trajet... Le pick-up nous laisse là où finit son parcours, c’est à dire là où finit le goudron-gruyère, et c’est le début de la marche. Au début quelques papous qui étaient avec nous dans le véhicule nous accompagnent car ils vont dans la même direction, puis arrivés au croisement où nos routes se séparent ils nous font voir un pont suspendu sur la rivière qu’il va nous falloir traverser pour aller vers là où on veut aller. Naps, il fait comme le capitaine Haddock dans Tintin au Tibet : il part comme une flèche et caracole un instant dans le peloton de tête, avant de se faire rapidement rattraper et distancer, et de finir en peu glorieuse lanterne rouge. Je m’étais pourtant bien moqué du capitaine Haddock à l'époque où j’avais lu l’album... On passe le pont et on s’engage sur un sentier. C’est du facile, franchement je comprends pas ce qu’ils ont tous à prendre des guides pour ce type de parcours, le chemin à suivre est quand même évident. On passe par des petites huttes et des plantations où comme d'habitude il n’y a que les femmes qui travaillent, c’est qu’ils sont malins les papous, et à chaque fois salutations et petite conversation sont de rigueur. Parfois il faut enjamber des barrières, ou disons des amoncellements de bouts de bois, probablement mis là pour que les cochons, l'or de la Baliem, n'aillent pas batifoler trop loin et se perdent ou se fassent embarquer par les voisins. Parce que là ça finirait mal, ou comme ils avaient expliqué l’année où j’étais venu pour le festival : aux temps révolus d’avant les missionnaires, les guerres tribales démarraient toujours pour un ou plusieurs des trois motifs suivants, à savoir vol de terres, vol de cochons ou vol de femmes (est-ce si différent dans nos sociétés dites modernes, je laisse le soin de développer à d'autres)... On rencontre un papy et son étui pénien, et on s'engage dans une discute avec lui car il est très communicatif. Malheureusement il parle pas indo et nous on entrave rien à l'austronésien, très vite ça tourne au dialogue de sourds. On croit comprendre malgré tout qu’il échangerait bien son sac en écorce d’arbre tressée contre un de nos sacs à dos, mais même si le noken (ça s’appelle comme ça) est très beau nous déclinons l’offre... La fin de la journée s’annonce, il va falloir trouver où dormir. Le sentier bifurque et à quelques centaines de mètres sur la droite on voit un hameau, voilà qui fera une très bonne halte pour la nuit. On rencontre deux papous qui nous demandent où on va et qui nous proposent de dormir chez eux, ils habitent un peu plus loin. On les suit et arrive à lieu-dit où il y a deux huttes, chacune de part et d’autre du chemin, et ils nous en cèdent une pour notre usage personnel. On s'installe et on converse un peu, ils sont ma foi sympas. Le mobilier est réduit à sa plus simple expression, c'est-à-dire rien, et chacun étend, qui leur couverture de survie, qui son plastique, pour dormir au dessus de la paille et ne pas déranger les puces qui en ont fait leur résidence principale. Comme déjà dit dans le chapitre IX les papous ne sont pas très doués pour recevoir, et en conséquence personne ne nous propose de manger ou ne nous questionne au sujet de si on a des provisions qu'on voudrait cuisiner. Va savoir pourquoi on est un peu gênés et on ne demande rien, le repas du soir se composera donc de nouilles déshydratées crues, un régal aux dires des indos... Pas de feu, vu comme les murs en chaume sont isolés et vue l'altitude ça caillera dur cette nuit-là. On y survit, et le lendemain on tend au maître de maison 10000 roupies tête, ce qui est un prix plus que raisonnable en regard du standing proposé. Oui mais voilà, le monsieur, qui avait pourtant l’air si gentil hier soir, il veut 50000 par personne ! Cousin reste impassible comme à son habitude, tantine et naps s'énervent pour trois : quoi ? Tu rigoles ? Même à Wamena on a payé moins cher à l’hôtel, et pour une chambre avec l'électricité, un lit, des couvertures et une salle de bains ! On finit par payer ce qu’on avait estimé correct, mais hélas on se quitte un peu fâchés. C’est ma faute, j'aurais dû y penser, on est encore trop près de Wamena et il y a tellement de gros malins qui sont passés par là et on jeté l’argent par les fenêtres que les papous du coin nous prennent pour de riches fous qui n’ont pas la notion de l’argent, c'était à prévoir. Ça nous servira de leçon, et il est clair qu'à partir de la prochaine fois on négociera l’hébergement avant de l'accepter... La marche reprend et après deux ou trois heures j’arrive à un village (je dis « je » parce que ça faisait déjà belle lurette que mes deux loustics avaient distancé le capitaine Haddock), et découvre cousin en train de faire un feu au moyen de la perle de son attirail, un petit brûleur portatif high-tech. Un truc à manipuler avec précaution, ou, comme il dit lui-même : un jouet pour garçons ! On se fait quelques pâtes et c'est reparti. Tiens, on rencontre une occidentale, une australienne pour être précis, et si je signale le fait c'est parce que ce sera la seule face blanche qu’on verra en cinquante jours de voyage. Elle se fait une petite randonnée de quatre-cinq jours dans les environs de Wamena et est en compagnie de deux papous, l'un étant son mec et l'autre genre le porteur. Après les politesses et banalités d’usage on repart, et arrive à un petit pont après lequel ça va commencer à monter car il y a une colline à passer. Ça monte en effet mais j’aime mieux ça, car du coup Tintin et Tintine me distancent moins. On continue notre route et on rencontre pas mal de papous, tous assez étonnés de nous voir ici sans chaperon, ben vous avez pas de guide ? Ce sont des occasions de stopper cinq minutes et de tailler une bavette, et pour moi de reprendre mon souffle... Une fois tout en haut de la colline on arrive en vue de notre destination du jour, un village niché dans une vallée assez large. On y entre un peu avant le crépuscule et on avise un petit cours d’eau qui nous servira de débarbouilleur une fois qu’on sera installés. On nous indique le chef du village, et nous lui faisons nos hommages en tant qu’ambassadeurs du pays tricolore. Il y a une espèce de bâtiment « moderne » (je cite), c’est à dire pas une hutte mais plutôt une maison qu’on sait pas à quoi elle sert mais qu’il nous propose d’investir. Le palace est juste à côté de la cuisine et ce coup-ci on se fait à manger sans demander notre reste, la route ça creuse ! Les gens sont accueillants, on décide de passer une seconde nuit. Du coup on a l'occasion de discuter avec certains d'entre eux, et notamment avec le chef qui vient nous demander conseil car il a un gros problème. Tous les jours vers la même heure il sent comme des coups de couteau partout sur le corps et surtout dans le dos, ça fait déjà un bail que ça dure et aucun médicament n’y a rien fait. Évidemment ça fait très mal et ça le fatigue beaucoup, et évidemment aussi il ne peut quasiment plus rien faire comme travail physique. D'après lui il est victime du swangi (magie noire). Mais pourquoi quelqu'un vous voudrait-il du mal chef ? C’est que j’ai eu une embrouille rapport à une histoire de cochons avec les mecs du bled de l'autre côté de la rivière où c'est que les gens sont connus pour se livrer encore à des pratiques de sorcellerie car ils n’ont pas voulu se convertir au christianisme ! Je t'avais pas dit mais tantine est infirmière de formation, elle lui demande de nous faire voir ça. Il tombe sa chemise, et c’est vrai que son dos est constellé de dizaines de petites cicatrices qui ressembleraient bien à des coups de pointe de couteau. Tantine est perplexe, elle n’a jamais vu ça de sa vie surtout qu'en plus le chef dit que ces cicatrices sont apparues spontanément à l’époque où tout a commencé. Bon, on n’est pas des magiciens, tout ce qu’on peut faire c’est lui expliquer deux-trois parades connues contre ce type de problèmes et notamment, vu qu’il est chrétien, certains versets à réciter qui sont utilisés dans les exorcismes et ces sortes de choses, en espérant que ça marche... Reconnaissant, car il a bien vu qu’on compatissait sincèrement à son état, il nous fait une ristourne sur le loyer, et pour nous guider (parce qu'à partir de maintenant les choses vont se compliquer et il est impensable de continuer seuls vu qu’il va falloir passer la chaîne des montagnes centrales) il nous offre les services de deux de ses hommes de confiance, deux frères. L’un est petit et trapu, avec des bras qu’on dirait des vérins hydrauliques (pas ce genre de bras gonflés en salles de muscu, plutôt le genre développés à force de jouer de la machette), il est pas causant mais nonobstant ce fait très sympa. L’autre a fait ses études en ville, et hélas comme beaucoup de papous est revenu dans son village d'origine à la fin de celles-ci car il n'a pas trouvé de boulot à cause de son origine ethnique (et oui, on parle toujours du racisme des blancs mais je peux te dire qu’il n’est rien comparé à celui des asiates envers ceux qui ont la peau foncée et qu’ils traitent ouvertement de sous-race, de singes etc.), il parle très bien indonésien, est plus bavard que son frère mais tout aussi sympa, le compagnon de voyage idéal. Nous nous mîmes donc en route. Le plus jeune est bien équipé, doudoune et bottes en caoutchouc qu'il a dû ramener de la ville, son grand frère est un vrai montagnard en tee-shirt et pieds nus... Seulement naps, il avait un petit problème à son pied pourri. Je parle souvent de ce pied, et je vais donc t’expliquer succinctement de quoi il retourne : quand j’étais gamin je me suis pris un bus dans la face une fois que j'étais à vélo, et c’est le pied qui a pris. Les docs ont pu en sauver une partie, mais j’y ai laissé des plumes et ai été obligé de me faire réopérer plusieurs fois. La dernière en date c'était en 1995 et je m’étais fait raboter, entre autres, un bout d’os au niveau de l’endroit sous la plante où se trouve normalement le troisième orteil. Je sais pas ce que le chirurgien a traficoté mais depuis j’ai de temps en temps une petite infection pile là où il a raboté, je suppose qu’il avait pas dû faire son boulot très consciencieusement et que quelques petits bouts d’os ou de je ne sais quoi sont restés. C'est qu'il était pas content le monsieur, car j'avais refusé de payer le dépassement tarif sécu éhonté qu'il pratiquait et avais tourné les talons en disant que puisque c’était comme ça d’opération il n'y aurait point. Sa secrétaire m'avait rattrapé en me disant qu'on pouvait s'arranger, marchands de tapis qu'ils sont, et l'acte chirurgical avait finalement eu lieu, mais l'autre margoulin s'était un peu braqué contre mon insigne personne. Je m'en étais bien rendu compte quand il avait dû se fendre de sa visite post-opératoire et avait arraché le drain que j'avais au pied sans ménagement aucun, à tel point que l’infirmière lui avait dit d'y aller un peu plus doucement quand même. Une sale type qui ne pense qu'au pognon, et qui bien que venant d'une famille aisée et portant un nom à particule ne voit aucun obstacle moral à demander des rallonges faramineuses à qui veut avoir l'honneur d’être opéré par lui, même si la personne en question ne roule visiblement pas sur l'or (là je parle de naps, je sais pas si tu avais suivi). Il n'est hélas pas le seul sur cette planète à thésauriser ainsi et à ne vivre, ne penser et n'agir que pour l'argent, et ma foi, grand bien lui fasse. Quel dommage qu'il ne puisse rien emporter dans sa tombe, toutes mes condoléances anticipées ! Bref, en tout cas là ça faisait déjà deux jours que l’infection était repartie, super. Oah, au début je m’étais pas inquiété, ça faisait pas trop mal et c’était juste l'histoire d'un petit abcès et d'une petite goutte de pus à nettoyer en fin de journée, et puis d’habitude ce n'était guère qu’une question de quelques jours d’inconfort avant que l'infection ne se soigne d'elle-même... Sauf que ce jour-là, au bout de peut-être deux ou trois heures de marche dans la boue et la flotte (car c était bien détrempé), ça faisait trop mal et je m’arrêtai démouler un peu le pied pour voir où ça en était. Las ! Je constatai que la goutte avait fait des petits, ce n’était non plus une mais bien trois ou quatre gouttes que je pressais, et une fois l’opération menée à son terme je vis qu’il restait un trou de la taille d'une tête d'allumette sous mon peton. Pour être franc ça ne m’étonnait pas tant que ça, marcher les pieds trempés ça n’a jamais aidé les infections. Un coup de désinfectant et je repars... Je rejoins le reste du groupe et leur fais part de la chose, à ce stade-là je pensais encore que ça allait guérir assez vite. Du coup forcément ma moyenne, qui était déjà pas brillante, chute, surtout que ça monte dur. Je finis par arriver, en même temps que la voiture balai, au but de la journée : la « gua batu ». En français ça veut dire « la grotte en pierre », ce qui semble bien être un pléonasme mais comme dit un de mes livres de langues orientales : ce type de structure est couramment utilisé et introduit un élément de précision supplémentaire qui peut nous paraître superflu... Toujours est-il, et pour rester dans le littéraire, qu’à ce niveau c’est plus du pléonasme mais de l’euphémisme, personne chez nous n’appellerait ça une grotte car tout au plus s’agit-il d'un renfoncement dans un rocher sous lequel on peut, et sous lequel justement on va, dormir. Il faut espérer qu’il ne pleuve pas trop fort cette nuit parce que sinon on va rigoler, surtout que comme on est montés en altitude ça caille sévère. On fait deux feux, on mange puis on se blottit pour la nuit comme des petites marmottes, on doit sûrement être mignons à regarder... Coup de bol il ne pleuvra pas cette nuit-là et au matin, après un petit dej' nouilleux, on reprend la route, ou plutôt la pente. On est maintenant plus ou moins au sommet des montagnes, je ne sais pas à quelle altitude mais depuis hier la flore a changé, il n’y a plus que quelques arbres rachitiques et un genre de toundra au sol. En tout cas le sol est mouillé et boueux à souhait, mon infection va aimer... Au bout d'un moment y a quasiment plus de végétation et ça devient très caillouteux. La topographie est bizarre, c’est assez plat et on voit bien que ça ne va plus monter mais ça ne descend pas encore. Le plus jeune frère reste avec moi qui suis constamment à la traîne, pas par mauvaise volonté mais parce que ça fait vraiment mal cette affaire ! On se prend une bonne pluie et voilà, on est trempés jusqu'aux os, parfait. Vers la fin de la journée notre maison d’hôte n'est toujours pas en vue et on a perdu les autres. On contourne une falaise, descend un peu et essaie de suivre le sentier, oui mais quel sentier au fait ? Car des sentiers il y en a plusieurs maintenant, enfin ce sont pas vraiment pas des sentiers mais disons que comme qu’il n y a plus vraiment de végétation et que donc tout est pelé fatalement tout se ressemble et on ne sait pas très bien quelle direction prendre. Ça pleut, il y a plein de brouillard, le guide me dit qu’il va partir en avant pour essayer de retrouver les autres. Le petit souci étant qu’il ne connaît pas le chemin, il m'avoue n’être en fait jamais passé par là et ne pas savoir où se trouve la hutte où on est censés dormir, l'habitué du coin c'est son grand frère. Ah oui, parce que j’avais oublié de te dire mais les papous ont monté un abri là-haut, car cette route est un axe important entre les villages et il arrive que des locaux soient pris par la nuit, comme nous quoi ! Il me propose de prendre mon sac pour que j’aille plus vite. Normalement je n’aime pas que quelqu'un d’autre que mézigue le porte, mais là pour le coup la situation n'est pas mirobolante et c'est vrai qu’il faut que je marche plus rapide. Je lui passe mon fidèle compagnon de toutes ces années de voyage et ensemble ils partent dans l'horizon brumeux, bientôt je ne les vois plus. Je continue à avancer au hasard, il pleut comme vache aux toilettes et la nuit tombe. Je commence à me dire que j’ai fait une bêtise de lui laisser mon sac car il y a tout mon matos de survie dedans, matos qui dans le pire des cas m’aurait au moins permis de dormir au sec, de mangeouiller un peu et de faire un feu. Sauf que là c’est lui qui l’a et que s’il ne me retrouve pas d’ici peu je vais passer une sale nuit tout seul, trempé, grelottant de froid et sans rien pour me réchauffer... Je marche, tout en battant ma coulpe, à chaque minute qui passe la nuit prend un peu plus le pas sur le jour et bientôt on n'y verra goutte, l'affaire est très mal engagée. Soudain, alors que la lumière de l'espoir vacillait de concert avec les derniers rayons du soleil se fondant dans le crépuscule, je vois une ombre qui s'approche dans ma direction. Serait-ce le swangi qui vient se repaître de ma souffrance et m'annoncer ma fin proche ? Non, c'est le guide, il a trouvé la maison d’hôte, elle est vers là-bas. En effet, après quelques minutes je vois une lueur poindre dans la pénombre, on y est, ouf ! L’intérieur, c'est cosy comme on dit en franglais. Le sol est recouvert de végétaux et deux grosses branches faisant office de piliers en soutiennent une troisième qui culmine à deux mètres au-dessus de nos têtes en guise de faîte, faîte sur lequel plusieurs épaisseurs de grandes feuilles ont été plaquées pour protéger des éléments. Y a pas à dire, c'est du bon boulot, l'étanchéification est parfaite. Tu faisais des cabanes quand tu étais petit ? Si oui alors tu vois à quoi ressemble cette auberge de station d'altitude papoue, par contre si tu as passé ton enfance hypnotisé par la télé et les jeux vidéos il se peut que tu aies du mal à conceptualiser la chose et en ce cas vois-m'en fort désolé pour toi. À l’intérieur, un bon feu, de la bouffe qui chauffe, et toute l’équipe qui est quand même soulagée de pas avoir perdu le naps en route, pas que ça aurait été une grande perte mais quand même... Je me fais sécher, essore mes chaussettes et les place près du foyer (en faisant gaffe qu'elles ne gouttent pas dans la casserole, tu m'as pris pour qui ?), et pour ce qui est de mon infection je ferai pas de commentaires, demain ça va être du sport... Petit à petit ça va mieux, la peau et les vêtements sèchent, les muscles se relâchent, l'estomac se remplit de riz, et tout finit dans une bonne nuit au sommet de cette montagne dont nous ne savons même pas le nom. Au petit matin il fait frisquet, une assiette de nouilles pour réchauffer la carcasse et en avant. Tout de suite le pied me lance, mais pas la peine de m’étendre sur le sujet, j'ai pas envie de passer pour un geignard... On commence à descendre et la foret redémarre, si tout va bien ce soir on sera arrivés à bon port. Mais hélas tout va pas bien, les papous ont pavé le chemin. Enfin pavé n'est pas le terme exact, il s'agit en fait de rondins de bois placés perpendiculairement à la pente. D’après nos guides c'est pour faciliter la marche rapport à la boue, d’après naps il valait mieux la boue parce que ça lui fait encore plus mal de poser son infection sur ce sol inégal car cannelé. Cela dit on ne peut que saluer la performance technique, imagine-toi des centaines ou plus de grosse branches qui font comme un gigantesque escalier, au milieu de nulle part entouré de forêt. Ah tiens il pleut, super, la fête bat son plein... Je tempête, peste, renne, rougne, renâcle, j'en passe et des meilleures, contre ces papous qui n'ont rien d'autre à faire que de placer des handicaps en travers de ma route qui était déjà assez difficile comme ça quand soudain, au détour d'une courbe, je découvre l'avant-garde qui a installé un petit camp et est en train de faire la popote. Que voilà une bonne nouvelle, c'est vrai qu'on est à la mi-journée et qu'il commençait à faire faim ! On repart, je râle de plus belle mais tout vient à point à qui sait attendre, vers le milieu de l’après-midi on a eu la montagne et les rondins à l'usure et c'est le retour sur le plat. Par contre on n'a plus le temps de poursuivre jusqu'au village à cause de je te fais pas un dessin pour te dire qui, on va dormir sur la route et justement il y a quelques cases qui s'annoncent. L'une d'elle nous accueille et le feu y est allumé, on est bon. Il n'y a bien sûr pas de meubles mais mis à part ça c'est bien équipé, y a moyen d'accrocher les chaussettes et le reste au dessus de l’âtre. L'enclos pour les cochons occupe quasiment tout le rez-de-chaussée, laissant juste une bande de disons un mètre de large pour les humains, mais pas d’inquiétude car on est dans un duplex avec chambre au premier. Le repas du soir est animé car les voisins sont venus nous visiter, et ils doivent nous trouver sympathiques car du coup ils rentrent pas chez eux mais décident de passer la nuit avec nous. Ça ne nous ravit pas, car l'espace est plus qu’exigu, mais que dire ? On s'entasse à l’étage, il y règne une température agréable entre le feu et la chaleur humaine et bientôt on imite les cochons et s'endort. Je me réveille à chais pas quelle heure, avec une envie pressante. Le feu est éteint et les ténèbres règnent, la chambre est jonchée de corps humains, mon pied me fait mal, l’échelle est étroite et branlante et en bas les cochons veillent, il me faudra toute mon agilité et toute ma nyctalopie pour réussir à descendre, sortir, me soulager et remonter sans déclencher un cataclysme... Un peu avant le lever du jour ils nourrissent les bestiaux, et ce jour-là j'ai compris d’où venait l'expression « manger comme un cochon ». Ça se bat, ça couine, ça grogne et ça grouine dans tous les sens, à tout-va et de concert, un vrai récital mais peu m'importe, je sombre à nouveau dans les bras de Morphée... Au petit matin il fait beau, les auspices nous sont favorables. On n'est plus très loin du village, et en fait on pourrait même dire qu'hier soir on a dormi en banlieue. Sur le chemin on rencontre un papy qui, au vu de mon boitillement, me suggère de me faire porter. Piqué au vif dans ma fierté (dans mon orgueil dis-tu ? Boaf, la frontière est mince) je l'envoie promener en lui disant que je suis venu jusqu'ici sur mes deux quilles et que je finirai sur mes deux quilles. Un pont à passer, un « impôt » à payer pour celui qui s'occupe de sa maintenance (vu l’état de l'ouvrage on est en droit de penser qu'il doit pas maintenir tous les jours), un coup de marchandage parce qu'avec les impôts on n'a jamais été très copains, encore un peu de marche et nous y sommes, un joli village de montagne. On nous indique la case du chef et nous nous y rendons de ce pas. Le chef c'est le papy de ce matin, aïe, incident diplomatique en vue ? Heureusement non, il est pas rancunier et même nous accueille très bien. Il a une hutte inoccupée, nous voilà en place. Après une nuit nos deux frères-guides prennent congé et ils vont nous manquer, ils ont été parfaits, autant sur le plan humain que professionnel, et leur souvenir restera gravé à jamais dans nos mémoires ! Il est pas mal ce petit bled et on décide d'y passer quelques jours. Ça reposera mon pied et ça nous permettra de passer du temps avec les locaux, parce que franchir des montagnes et patauger dans la boue c'est bien, mais faut pas oublier le côté humain non plus. Et justement de ce côté-là c'est bien typique, et les étrangers de passage que nous sommes sont accueillis à bras ouverts. Il y a une piste d'atterrissage qui, je te rassure, n'est pas goudronnée mais gazonnée, et qui sert de terrain de jeux et de pâturage vu qu'elle n'a pas l'air très fréquentée. Qui dit piste dit aérodrome, et qui dit aérodrome dit tour de contrôle, allons voir, ça doit valoir le coup d’œil. Tout est dans le même bâtiment, c'est-à-dire une baraque en planche, avec à l’intérieur une table, une radio posée dessus, deux-trois chaises et une équipe de papous qui passe ses journées à commérer au micro avec les tours de contrôle des villages alentours. Allô, tour de contrôle village A, tu m'entends ? Ici tour de contrôle village B, oui, je t'entends cinq sur cinq ! Quel temps il fait chez vous ? Il fait nuageux mais je crois qu'il va bientôt pleuvoir ! Ah bon ? Chez nous il fait soleil ! Ici tour de contrôle village C à village A, ce week-end y a untel qui se marie, passe le message à sa famille ! Ici village A, bien reçu ! Maintenant que j'y pense, une radio ça marche avec une batterie, mais comment font-ils pour la recharger vu qu'il n'y a pas d'électricité? Va savoir, mais en tout cas ça leur fait un passe-temps, parce que figure-toi que dans le coin les divertissements sont une denrée plus que rare. Quoique, ces jours-ci y a cousin, tantine et naps, représentants de la tribu des occidentaux de leur état, ça rompt un peu la monotonie... Tout le monde porte des habits, pas d’étuis pénien ni de fesses à l'air, les missionnaires sont passés par là. Ils leur ont dit que c’était très vilain de se promener peu habillé, en oubliant que Jésus sur sa croix était pas exactement en tenue de ville, et ils leur ont fait bâtir une église, comme d'hab quoi. Par contre ils ont oublié de leur expliquer comment construire une petite dérivation-canalisation en bambou depuis la rivière voisine afin que le bled ait l'eau courante et qu'il n'y ait plus besoin d'en charrier des litres et des litres, et aussi comment faire une évacuation-cheminée pour la fumée des feux ménagers au lieu de les laisser refouler en empestant toute la hutte et en faisant tousser toute la famille. Ben oui, que veux-tu, on peut pas être à la fois à l’église et à la planification urbaine, c'est comme ça, et puis de toute façon leur mission c’était la collecte d’âmes et pas le génie civil... Le papy-chef est un personnage haut en couleurs qui tient son village d'une main de fer, la clope y est interdite (même si un dealer en vend sous le manteau, mais il a intérêt à numéroter ses abattis) et idem pour l'alcool, c'est pas un mal. Vu qu'on est voisins on discute souvent ensemble, et il nous apprend que la route par laquelle on est passés est appelée « la route des missionnaires » car c'est par là que sont arrivés les premiers blancs, qui étaient aussi accessoirement des missionnaires en mission de repêchage d’âmes pour leur hiérarchie. Il se rappelle plus bien quand c’était, en 61 ? Ou en 62 ? Ou peut-être en 63 ? On va dire au début des années soixante, mais faut dire à la décharge du chef qu'avant cette époque ils ne comptaient pas les années en suivant le calendrier des visages pâles. Chef, vous habitiez ici à l’époque ? Oui, j’étais encore jeune mais j’étais déjà le chef, et je me rappelle très bien quand ils ont débarqué ! Et ensuite, ils ont fait quoi les missis ? Ils sont restés ici et ils nous ont expliqué le Jésus et le bon Dieu et tout, et après deux ou trois ans comme on était tous convertis ils sont allés au village d’à côté ! Et ? Et ben au village d’à côté ils ont fini à la casserole, et du coup on leur a fait une guerre tribale parce qu'on avait pas apprécié qu'ils aient mangé nos missis, c'est vrai quoi, on les aimait bien nos missis ! Ah oui, ce sont les risques du métier, et puis on peut les comprendre remarque, en voyant ces types à la peau blanche ils ont eu envie de goûter. Maintenant que le sujet est lancé on peut passer à la question suivante, en jouant aux naïfs : mais chef, avant les gens ils étaient cannibales ici ? Bien sûr ! Ils faisaient avaler son extrait de naissance au type qui était sur le menu, ensuite ils le mettaient sur une grande pierre plate avec un feu en-dessous, le hachaient menu avec des petits oignons et se le bâffraient ! À la manière dont il te racontait ça avec force gestes il t'en mettait l'eau à la bouche dis, ses yeux brillaient et ça devait lui rappeler des souvenirs, ah le bon vieux temps, y a que ça de vrai ! Allez, encore une question, un peu insidieuse : et vous chef, vous étiez cannibale ? Moi ? Ah non, beurk, c'est dégoûtant ! Mon œil, et je suis poli, ils étaient tous anthropophages, lui était le chef tribal, tu penses un peu s'il faisait ceinture pendant que les autres s'empiffraient. Mais il doit penser que ça nous choquerait s'il l'avouait, et même si nous ne le sommes pas le moins du monde autant changer de sujet... J’espère que toi non plus tu n'es pas choqué mais tu sais, c’était un acte rituel auquel nos ancêtres en Europe se livraient eux aussi. La consommation de viande humaine n’était pas quotidienne et avait uniquement pour but, au retour d'une guerre les bras chargés de captifs, d'annihiler complètement ses adversaires et de prendre leur force, ou quelque chose d'approchant. En écrivant ces lignes je me dis que c'est dommage qu'on n'ait pas pensé à lui demander s'il y a eu du « cargo cult » (culte du cargo, en anglais dans le texte) par ici. T'as déjà entendu parler du cargo cult ? Non ​? Ça va, j'ai compris, j’étais presque au bout du chapitre mais tes désirs sont des ordres, je vais me fendre d'une rallonge... Pour commencer, représente-toi l’intérieur de la Papouasie à l’époque. Les papous ne vivaient pas à l'âge des cavernes, car ils dormaient déjà dans des huttes et connaissaient le feu, mais ils vivaient pour sûr à l'âge de pierre (tous leurs outils, haches, pointes de flèches, couteaux etc. étaient en pierre) et n'avaient pas découvert le principe de la roue, tu vois le tableau. Un beau jour v'là-t'y pas que surgissent de nulle part des humains bizarres, ils ont la peau blanche et des sortes de feuilles aux drôles de couleurs dont le matériau ressemble un peu à de l’écorce ou de la paille finement tressée recouvrent leur corps. Ils sont arrivés dans des grands oiseaux en métal, ce fameux métal mythique auquel les tribus qui vivent loin dans le nord près d'une grande étendue d'eau infinie ont parait-il accès. Ces blancs, ils sont incroyables, ils ont un stock inépuisable de métal, mais où ils ont trouvé tout ça ? Chais pas, ils parlent d'un Dieu aussi étrange qu'eux, un type ensanglanté sur une croix, et ils disent que notre animisme, notre magie noire, nos guerres tribales et nos étuis pénien c'est pas bien ! Leur Dieu fait pas très sérieux, mais il est clairement plus fort que nos Dieux-Esprits à nous, regarde tout ce métal, tous ces objets magiques... Ils racontent que ça vient de leur terre qui est dans la direction du soleil couchant et ils expliquent ça avec des mots comme usine, productivité, chaîne de montage, j'y comprends rien mais ce que je sais c'est que leur Dieu y est pour quelque chose, et que ces oiseaux magiques sont ses messagers qui emmènent des cadeaux aux humains ! Je crois que tu as raison, l'autre jour l'un d'eux parlait dans une boîte qui lui répondait, et après quelques jours un nouvel oiseau est arrivé ! Et si on faisait une statue en bois d'un de ces oiseaux et une boîte comme celle des blancs, peut-être qu'on pourrait demander à leur Dieu de nous envoyer des cadeaux à nous aussi ? Bonne idée, et si on prie bien comme il faut il va faire venir ses oiseaux pour nous ! Et voilà cher lecteur, le cargo cult est né. Enfin là j'ai transposé l'histoire dans le centre de la Papouasie mais pour être exact ce culte est né dans les îles de la région, et au début il ne s'agissait pas d'avions mais de bateaux car les premiers contacts avec les tribus côtières ont eu lieu par voie maritime, d’où le nom de cargo. Ensuite seulement sont venus les avions et les contacts avec les tribus de l’intérieur, mais le principe est le même. Histoires, légendes et miracles, comme toute religion qui se respecte quoi... À part ça, comme plus ou moins partout en Papouasie, ils ont de magnifiques arcs faits maison et cousin est intéressé. Naps aussi, et ce d'autant plus qu'il s'identifiait à Robin des Bois dans sa prime jeunesse, mais il en a déjà un qu'on lui avait offert dans le chapitre VIII du premier tome. Cousin se dégotte un modèle de voyage, c'est-à-dire la taille en-dessous du modèle classique qui est un peu encombrant, et le chef nous fait une démonstration d'archerie, nous prouvant que malgré son âge il a toujours bon pied bon œil. Tu l'aurais vu le papy, dès qu'il a eu l'arc en main il s'est mis à faire des bonds en poussant des cris, prêt à la guerre tribale, bon sang et atavisme ne sauraient mentir... Tantine m'a donné du pansement spécial, qui fait comme une seconde peau et permet aux plaies de mieux se refermer. Après quatre jours c'est toujours pas guéri (pour bien faire il aurait fallu faire un ou deux points de suture et pas poser le pied par terre pendant une bonne semaine, irréalisable dans les conditions présentes), mais ça va un peu mieux et il est temps de continuer notre chemin vers le sud de la route des missionnaires. Le chef nous présente un de ses adjoints, un grand papou taciturne que je sais pas pourquoi mais que je baptise instantanément parrain, qui sera notre guide. À ce qu'ils disent c'est un itineraire assez dangereux, car le sentier est très escarpé et très étroit avec un méchant dénivelé et la rivière en contrebas et qu'il faut passer quelques ponts très branlants. Ça a l'air de les inquiéter, mais si tu veux tout savoir nous ça ne nous préoccupe guère... Tu te demandes pourquoi je ne cite ni noms de personnes ni noms de lieux? C'est parce que durant les cinquante jours que dureront ce voyage on va rencontrer un commandant de la rébellion papoue, et même si j'imagine que peu, voire pas, d’indonésiens francophones liront le présent ouvrage n’empêche qu'au moins j'en dirai qui puisse permettre de l'identifier au mieux ça sera. Et puis crois pas, ils ont beaucoup d'espions mine de rien, même en Europe et je suis sérieux. Je connais un anglais qui est très proche des indépendantistes et qui m'a expliqué que le gouvernement indonésien surveille les sites internet en rapport avec le pays, et qu'ils ont des sbires à l’étranger qui espionnent les lieux et les gens impliqués dans le mouvement. Il en a même vu de ses yeux lors de réunions de l'organisation, mais les types se sont fait la malle quand ils se sont vus découverts (il valait mieux remarque). Trêve de paranoïa et en route, on est le matin du onzième jour ! (à suivre...) Le texte original et quelques photos sont sur mon blog, si le coeur vous en dit...

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Carassou · 2013-12-20

Bravo pour le style!!!!

La nostalgie des lieux m'a poussé a tout lire car j'y suis allée en 1979 par monts et vaux (j'étais jeune la marche à pied dans la boue ne me faisait pas peur) des papous fesses à l'air et étuis péniens nous accompagnaient pour porter nos packages. Notre trio progressait lentement et nous couchions chez les chefs, repas de patates douces et de racines de fougères. J'y suis retournée en 1995 cela avait déjà fort changé avec la colonisation des indonésiens dans la Vallée de la Baliem...

Merci encore d'avoir présenté ce récit sur VF et j'attends la suite bien sûr Cordialement à toi vrai routard ou aventurier?

Une vieille routarde qui parcourt encore le monde mais désormais loin des ces inconforts

Françoise 66 ans

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Mohamma2 · 2013-12-20

vivement que le bouquin sorte, je m'étais débouché une koenigsbacher pour boire tout en lisant (ou l'inverse), mais là à peine arrivé au moment où tu shootes dans la chaise j'ai déjà les yeux explosés !!! Alors, il sort quand ce foutu bouquin ??? Et toi 321, tu nous sors quand un p'tit livre ??

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Naps · 2013-12-20

Carassou: content que ca t'ait plu! Les repas, feuilles et patates douces, j'y pensais justement, et je me disais que j'avais oublie d'en parler. L'oubli sera repare dans le prochain chapitre, promis. Oui, tout change... Ca fait que 13 ans que je connais la Papouasie, et ca va pas en s'ameliorant. De nos jours les indonesiens sont partout et les papous sont devenus une minorite chez eux. Dans certains endroits remarque les indos sont utiles, docteurs dans les petits villages, maitres d'ecole, mais c'est une minorite, et puis malheureusement souvent ils ne leur apprennent pas grand chose a part la corruption a l'indonesienne. J'y etais la derniere fois en 2010 et je suis pas tres confiant pour le futur, et quant a la nouvelle generation papoue c'est un desastre, ils cumulent les mauvais cotes indonesiens et papous... Momo: le livre dont ce chapitre fera partie il est pas pret de sortir vu que c'est le tome 2, et que le tome 1 n'est toujours pas concretise. Enfin a ce que j'ai entendu dire, mais le repete pas, le tome 1 c'est pour bientot, inchaa'a l Laah bien sur... La koenigsbacher c'est quoi comme marque? La tu me decois Mo, fais toi plutot une bonne Carlsberg, ou une Tuborg, ou une Leffe, chais pas quoi!!!

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Facoalfr · 2013-12-21

Génial! J'attend le livre avec impatience. Merci pour tes récits sur VF et bravo pour le blog.

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Mohamma2 · 2013-12-21

Arrête de te moquer des bières que je bois, c'est toujours mieux que la pisse de rat qui est à ta disposition à Yogya j'ai nommé la pire bière de tous les temps la BIR BINTANG !!! Mais bon j'arrête de critiquer l'Indonésie parce que je ne sais plus où j'ai lu ça mais il paraît que le MOUSTACHE PATRIOT POWER a des espions à sa solde un eu partout 😛 J'ai surmonté mes yeux explosés pour lire la suite car tes récits sur la Papouasie sont mes préférés, et puis WANEMA - MERAUKE j'en ai toujours rêvé ! Surtout la côte sud en fait, mais le coin est très dur d'accès non ? On lit très peu de récits sur la côte sud ... et sur le haut-Sepik, et sur le sud de Nabire ... Bref on a l'impression que 99 % de la Papouasie reste très peu fréquentée des touristes ! En tout cas c'est un super récit, drôle et palpitant. J'attends la suite avec impatience parce qu'un sentier qui inquiète même les locaux bah moi j'y vais pas !!! Allez ...

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Naps · 2013-12-21

Facoalfr, merci, et si tu aimes ce style d'ecrits c'est clair qu'il y en a la pelle sur le blog... Mo, ouah, la bintang c'est sur que ca vaut bien ta biere pseudo germaine, mais vu que je bois pas ca me laisse de marbre... Il y a peu de gens qui voyagent en Papouasie en effet, c'est loin, on est limite a un visa de deux mois, leur lonely planet prefere ne donne guere d'infos etc., etc. Quoique les iles raja ampat ont gagne en popularite depuis l'emmission des survivants chais pas quoi... Apres y a les tours organises, notamment sur ces iles pour la plongee, et des fois je me dis qu'il doit y avoir plus de voyageurs en tour que de voyageurs independants comme nous. Le haut Sepik, c'est du cote PNG, et la faut rajouter deux parametres supplementaires qui sont les prix, et la violence dans les villes. C'etait sur ma liste fut un temps, mais apres mon trip PNG en 2010 j'ai laisse tomber, trop cher... Au sud de Nabire y a Enarotali et le lac Paniai, Yohan et Lara y etaient alle. Par contre il me semble qu'en ce moment la region est fermee aux etrangers, ou? La cote sud, y a des bateaux qui montent jusqu'a assez loin vers le centre et y a meme des perintis. Par contre des que tu t'eloignes du fleuve ca devient vite un peu inhospitalier, mangroves, marecages, sables mouvants, neuro palu, et cher vu que l'essence a l'epoque etait deja a 20000 rps le litre. Mais t'inquiete, avec cousin et tantine on avait pas paye des fortunes, on avait meme eu le perintis gratos. Tout ca, et plus, sera raconte dans les prochains chapitres, que j'espere pouvoir ecrire d'ici peu (ca va comme pub?). Et tu sais quoi Mo? Je vais passer mon premier Noel en famille depuis 1993. Mon beauf a deboule aujourd'hui, la kretek au bec dans la maison, le gros bide en avant, mais helas pas de moustache, tout se perd chez ces jeunes...

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Mékong · 2013-12-23

C'est un repaire malfamé par ici😉 ben sur le récit, on s'y croirait mais purée ça a du être sportif dans la végétation et la boue. Les cabanes dans les arbres....ça m'a rappelé des souvenirs d'enfance. en tout cas, on attend la suite et le livre🙂

je ne connaissais pas cette marque de bière Koenigbacher, ça sent bon l'Allemagne

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Naps · 2013-12-24

Ben en fait la on etait dans les montagnes donc au niveau vegetation ca allait encore, le plus mauvais c'etait la pluie et le froid. Quand ensuite on s'est retrouve dans la jungle de basse altitude ca a ete l'inverse, la pluie nous a moins derange, par contre la vegetation... Pour la biere, j'ai fait des recherches, apparemment c'est de la bonne vraie biere teutonne depuis 1689, pas de la rigolade donc et toutes mes excuse a Mo!

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Sundance · 2013-12-24

Bravo ! et j'ai tout lu. Je vais faire le tour de la Nouvelle Guinée avec mon bateau en février 2014. Je voudrais remonter les fleuves le plus loin possible. Je ziotte, sur google earth afin de repérer un peu les lieux. Mais si tu en connais un peu plus cela serait super d'amener ta lumière ;)

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Naps · 2013-12-25

Tu pourras pas faire le tour de la Nouvelle-Guinee en passant par les fleuves:-)) Tu feras ca dans quel sens? Du cote png tu peux faire un peu ce que tu veux et y a le Sepik qui est navigable sur un bon morceau, mais j'imagine que tu le sais deja. Par contre du cote indonesien c'est pas gagne parce qu'il va te falloir des autorisations (surat jalan). Si tu fais que longer les cotes ca va encore, par contre si tu veux t'enfoncer dans l'interieur via les fleuves il va te falloir preparer ca un peu a l'avance. Le eilanden au sud remonte assez loin et est facilement navigable, mais une fois de plus il te faudra la surat jalan (a mon avis ca serait difficile de passer sans te faire reperer, y a pas beaucoup de voiliers occidentaux qui passent dans le coin). Et tu devras redescendre par le meme chemin parce qu'arrive a un moment on bute sur les montagnes. C'est pareil de l'autre cote, par contre le memberamo etait ferme aux etrangers il y a quelques annees, je sais pas ce qu'il en est en 2013. En fait y a beaucoup de fleuves, le probleme c'est juste ces foutus papiers, quoique dans des coins paumes y a pas de flics et tu pourrais peut-etre passer a l'as. Fais gaffe sur la cote sud aux alentours de Timika si tu tentes sans papiers, parce qu'ils surveillent beaucoup rapport a la mine de freeport et tu te feras intercepter de sur (ils attendent les bateaux a l'embouchure du fleuve et les ranconnent. Qui? Ben les flics et l'armee bien sur!). Autre chose, la frontiere. Celle du nord est ouverte, par voie de terre et de mer, celle du sud est fermee par voie de terre et par mer je sais pas. La plupart des gens qui font ce trip passent par la cote nord, en venant de ou en allant vers les iles Salomon, Vanuatu etc. C'est un beau voyage en bateau, et puis de toute facon apres la Papouasie on peut pas faire grand chose si on n'a pas son bateau perso, trop d'iles, trop de mers, et pas assez de transports. Desole de pas pouvoir t'en dire plus, tu devrais aller jeter un oeil sur les sites specialises dans la voile autour du monde... Tu cherches pas un mousse?:-)

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Sundance · 2013-12-25

Merci de répondre avec autant de précision et rapidement ! Cela fait plusieurs fois que je vais en Indonésie en général et cela fera ma troisième incursion sur la Nouvelle Guinée (ex Yran Jaya). Mais, nous avons fait surtout les petites iles perdues les fois précédentes. Cette année, je voudrais m'occuper ;) de l'ile de Nouvelle Guinée dans son ensemble. Rentrer dans les terres en remontant les fleuves et cela sur une année environ. Au niveau des papiers, donc, je connais ;) et le bakchich aussi. Pour le moment, je ne m'en sort pas trop mal ;) Jamais payé ... enfin pour le moment. Mais, vraiment pénible... car parfois tous les jours quelqu'un venait à bord pour réclamer. Une fois, on nous à réclamer 200 litres d'essence ! etc. Mais tu dois connaitre cela très bien ! Pour répondre à tes questions: Pour le moment, je vais voir en fonction du vent, mais je ne sais pas encore dans quel sens je vais faire la NG. Nous devrions partir vers février 2014. Mais comme il y a d'autres choses sur le feu, la date risque de se modifier. En tapant sur le net depuis plusieurs années, je ne vois pas de bateau occidentaux qui ont fait cela. Donc, aucune info, sauf sur la partie sud de la PNG et jusqu'à Port Moresby. Oui, je peux prendre une mousse... bien fraîche ;) , mais je prends des mousses aussi ! Si tu es libre, pourquoi pas cela serait même top ! Même si j'ai bouclé les équipiers qui viennent à bord. Un de plus, ça va ;) ! Surtout si il amène de la mousse bien fraiche !

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Baaya · 2013-12-26

bonjour,

Merci pour ces beaux récits.

J'aimerais avoir ton avis, je souhaite me rendre en Papouasie, cet été, je voyage seule habituellement, mais on m'a fortement déconseillé de m'y rendre, une personne qui a vécu 4 ans en Nouvelle Calédonie. Elle considère que c'est dangereux pour moi.

D'ordinaire, je m'informe un peu mieux avant de partir, et je ne m'arrête pas sur un seul avis, mais là je dois reconnaitre qu'elle m'a fait peur.

Peux tu me donner quelques conseils

merci beaucoup

bonnes fêtes

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Mathews · 2013-12-26

Salut tout cela pourrait être intéressant si les paragraphes étaient plus aérés...or tout est malheureusement rassemblé en gros blocs ce qui nuit considérablement à la facilité de lecture.

Ensuite d'après ce que je comprends tu veux en faire un livre : quelques critiques suivent. Si c'est juste pour un carnet de voyage tu peux oublier ce que j'écris par la suite ( quoique..)

1-sur le style :il est un peu trop ampoulé à mon sens, un peu confus, on n'écrit jamais comme on pense. Et puis tu sembles zapper chaque étape du récit..ça manque un peu de rédaction un peu plus approfondie pour faire ressortir des thèmes en rapport avec le Voyage. Les étapes sont zappées ce qui nuit à la trame et la compréhension du texte. Par exemple pourquoi évoquer la rencontre avec une Australienne s'il n'y pas d'intérêt particulier à cette rencontre ?

Si tu souhaites mentionner une rencontre une Australienne, alors à ce moment-là il faut en faire ressortir le côté romanesque des choses : si tu as de bons rapports bien policés ça n'aura aucun intérêt pour les lecteurs. Si tu te disputes avec cette personne pour des problèmes d'incompréhension culturelle alors ça peut être intéressant.

Mais par pitié il faudrait aérer les paragraphes sinon la lecture en est considérablement alourdie.

Pour finir une "grotte de pierre" n'est pas forcément un pléonasme : on peut très bien creuser des cavités dans des parois calcaires ( karst )

2- conséquemment au 1) le récit / texte est trop débité comme on débite des étagères en 1 million d'exemplaires dans une usine en Chine pour Ikea.. 🙂 .

Je sais que concernant ce style littéraire( de débiter du texte , des faits de récits , de l'action) il me semble qu'il soit très à la mode chez les jeunes auteurs littéraires. C'est comme la technique du "stand-up" des humoristes ( genre Gad El Maleh et les autres ) qui sortent une "vanne" toutes les 5 secondes , le public n'a pas le temps trop de réfléchir et puis on passe à autre chose...

moi comme tout le monde ici la Papouasie ça me fait rêver je trouve que ta narration manque un peu de poésie, de "peinture littéraire" des lieux. C'est à dire qu'avec des mots choisis plus "littéraires" on peut décrire un lieu particulier.

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Naps · 2013-12-27

Sundance: je sais pas encore bien ce que je ferai en fevrier, on verra d'ici la et si on fait pas route ensemble je te souhaite bon voyage. Par contre si tu veux passer une annee sur place il va te falloir quitter le pays et rerentrer, ou alors il y a des regles pour les bateaux que je ne connais pas ?

Baaya: c'est difficile de te repondre, car ca peut craindre ou pas dependant de ce que tu fais. Je connais des femmes qui y sont allees seules et qui n'ont eu aucun probleme, et j'ai entendu parler d'autres qui en ont eu. Celles qui en ont eu ont commis des erreurs du genre suivre n'importe qui n'importe ou, ou dormir seule dans une case dans un village. Celles qui n'en ont pas eu ont suivi des regles simples de bons sens, regles qui s'appliquent aussi en France parce que mine de rien au niveau securite nottre pays est pas jojo non plus. Ceci dit la Papouasie de l'est est beaucoup plus dangereuse que la Papouasie indonesienne, et en Papouasie indonesenne si tu fais attention ou tu mets les pieds et suit les quelques regles ca devrait aller. L'ideal evidemment serait d'y aller avec un pote masculin...

Mathews: je te remercie pour tes conseils, et je suis d'accord avec toi au niveau du fait qu'il faudrait plus aerer les paragraphes (on me l'avait d'ailleurs deja dit). C'est juste une histoire de faire quelques "enter" pour aller a la ligne, et je ferai ca le jour ou ce texte aura sa version definitive ce qui est loin d'etre le cas aujourd'hui. Je te signale au passage que pour autant que je sache le karst est une pierre car il fait partie du regne mineral... En ce qui concerne l'australienne, t'as du lire en diagonale car j'ecris que si je signale le fait c'est parce qu'elle sera la seule face blanche qu'on verra en 50 jours que ce trip durera. Pour le reste je crois que t'as pas compris pourquoi j'ai ecrit tout ca... J'en ai rien a faire que le livre se vende ou pas, j'ai ecrit ca au depart pour mettre mes souvenirs sur papier et me marrer, et faire marrer mes potes. Tout ca dans un style pas conventionnel je l'admets, mais style dans lequel j'avais envie d'ecrire mes recits (j'ai ecrit des articles sur d'autres sujets, dans un style est bien plus serieux et acceptable pour les ferus de litterature, mais bon...). Certains m'ont suggere d'en faire un livre et voila. Et si ca se vend je serai quand meme content, car je compte utiliser l'integralite de l'argent pour un petit projet humanitaire qui me tient a coeur. J'ai ecrit quelques paragraphes pour ceux qui n'aimeraient pas le style que j'ai choisi, car je savais bien qu'il en heurterait plus d'un, et je te les reproduis ici:

"Ci-après tu vas trouver la table des matières, le préambule et l'intro, et je ne saurais trop t'en recommander une lecture attentive. Il est en effet d'une importance primordiale que tu puisses glaner une idée précise du type de littérature dans lequel tu t’apprêtes à t'aventurer, avant de t'enhardir à pousser plus avant. Si arrivé à ce stade tu n'accroches pas il ne faut surtout pas te faire violence, il y a pléthore d'autres auteurs assurément plus intéressants pour un connaisseur comme toi. Dans la foulée, et pour te prouver que je ne suis pas rancunier et que je ne te tiens pas rigueur de ta défection, je te recommande la biographie de Britney Spears et celle de Beyonce, de la bombe atomique."

"Je signale en passant que ce bouquin n'a aucune prétention littéraire, ni ethnologique, ni sociologique, ni anthropologique, ni même logique, c'est juste l'histoire d'un mec ordinaire et de sa vie dans des pays du bout du monde."

"Il m'arrive parfois d'utiliser du vocabulaire pas homologué au dico. Ce sont soit des expressions de ma région, soit des néologismes dont j'assume, et même revendique, la paternité, mais de là si vous êtes du genre pointilleux au niveau du bon usage de la langue française je vous suggère charitablement de passer votre chemin. De même en ce qui concerne la ponctuation, je souffre d’une allergie invalidante à toute forme d'autorité injustifiée, fût-elle littéraire, et j'estime avoir le droit d'écrire un peu comme je veux, ceux à qui cela ne convient pas pourront toujours se rabattre sur la sélection annuelle de Paris Match, très bonne pioche à mon avis."

"Malheureusement pour ceux qui s'attendraient à de vastes et pertinentes réflexions et considérations, fruits de longues et doctes années de recherche, sur les différences socioculturelles générées par les contextes économico-politico-climatico-religieux dans les structures sociétales, et, de là, à une analyse comparative des problèmes engendrés par les mêmes contextes et inhérents aux mêmes sociétés, comme dit plus haut la littérature avec un grand « L » c'est pas le genre de la maison."

"Une sale ville (...), moche, polluée et sale (oui, je sais, je frise le pléonasme et la redondance, et alors ? Je l'ai déjà dit, ici on court pas pour le prix qu’on court)."

"Le Pays Des Petits Hommes Moustachus, on y vient pour le voyage, bien sûr, mais on y vient aussi pour se divertir et rigoler un bon coup. Les récits sérieux, écrits par des gens sérieux pour des gens sérieux, du genre : « Cela faisait 358 jours que nous progressions à travers une jungle épaisse, obscure et mystérieuse, et chaque journée qui passait nous enfonçait un peu plus dans l'Inconnu, à la recherche du berceau de l'humanité et des sources du fleuve d'Hydromel. Nous avions déjà perdu trois guides, l'un happé par un boa de 49 mètres, l'autre succombant à une malaria fulgurante au prix d'une atroce agonie, et le troisième sacrifié pour sa chair car nous manquions de vivres. Les chances d'échapper à cet enfer vert s'amenuisaient à mesure que nous réalisions que nous ne reverrions peut-être plus jamais la lumière du soleil, la lueur de l'espoir vacillant dans nos têtes comme une lampe sur un bateau ivre », c'est pas le genre de la maison. Ici on peut, et on va, traiter de sujets sérieux, certes, et d'autres moins sérieux, certes aussi, mais on va le faire sur un ton badin et léger, je ne vois pas l’intérêt de trop se prendre au sérieux et figure-toi que j'ai écrit ce bouquin dans le but premier et avoué de me marrer, et de faire marrer les lecteurs (attention, je ne critique pas les livres de voyages sérieux, certains sont très bien faits et très intéressants, je voulais juste dire que chez les Petits Hommes Moustachus on aura une approche un peu... disons différente). Et quant aux : « Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil », y en aura pas non plus. La vie dans ces pays c'est comme partout, y a des haut et y a des bas, et les locaux c'est comme nous, y a les bons et y a les autres."

"Enfin, si tant est que tu décides de poursuivre ta lecture parce que comme dit plus haut y a pas d'obligation, tu peux aussi choisir de refermer ce livre et d'aller consulter le blog de l'UMP, ou celui de Johnny, mais tu sais pas ce que tu perds..."

Voila, j'espere avoir eclaire ta lanterne. En resume ce que je veux dire c'est que j'ai ecrit ca comme je le sentais et basta. Je travaille pas a la chaine pour faire du fric, j'ai couche mes souvenirs sur papier, dans un style qui va avec ma maniere d'etre et de parler, pour mes vieux jours. Ceux a qui ca plait pourront acheter le livre, ceux a qui ca ne plait pas pourront chercher d'autres livres de voyage, le choix ne manque pas. Ce que tu dis des jeunes auteurs en vogue dans les salons et des humoristes je connais pas, ca fait un bail que je vis plus en France et que j'en suis deconnecte. Desole que tu aies trouve ce recit pas interessant, fais une recherche sur le forum pour d'autres textes sur la Papouasie...

A tout le monde: au fait, en parlant de livres de recits de voyage, le membre Mekong vient de sortir le sien: Fragments De Voyages On peut en lire des extraits sur ce forum car il en a publie une partie, et le contacter si on veut acheter le livre...

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

321 · 2013-12-27

Spéciale dédicace à 321

Salut Naps,

Formidable la dédicace ! Ça en jette (enfin, je trouve...😎) !

Je rejoins Mo' pour le double aspect, drôle et palpitant, de ces récits. Ce qui fait que c'est appréciable de savoir qu'on en n'est qu'au onzième jour de celui-ci... D'ailleurs, si tes doigts tapoteurs de clavier ne sont pas aussi endoloris que le fut ton pied, ben nous on est prêts pour la suite (sans vouloir abuser de mon honorable statut de dédicataire bien sûr).

Je ne sais pas si tu as déjà lu ce bouquin : "Deux saisons à l'âge de pierre" de Peter Matthiessen. Il accompagne, en 1961, une expédition menée par le cinéaste Robert Gardner et qui passe six mois dans une zone de Baliem encore totalement inviolée des occidentaux (ça se passe donc bien en Papouasie futur-colonisée, et non pas en PNG comme je l'avais écrit dans le lien). En tout cas c'est totalement ahurissant (les guerres quasi quotidiennes, etc.). Et puis je trouve ça émouvant de savoir que ça se passait il y a 50 ans seulement... Le film, "Dead Birds", de Gardner donc (à ne pas confondre avec une fiction homonyme d'un certain Alex Turner), fut un temps disponible sur Youtube (dommage, il a tout récemment été supprimé suite à des réclamations de droits d'auteur).

A + 321

PS. Une question plus anecdotique, et à laquelle tu répondras si tu en as envie : dans la mesure où cette épopée date de 2006, écris-tu tout cela entièrement de mémoire ? Ou éventuellement à l'aide de quelques notes de l'époque? Ou peut-être encore l'avais-tu écrit à l'époque même ?

PS2. Rassure-moi, tu ne vas pas (tenter de) modifier ton style suite aux remarques (aux volontés ?) d'un seul lecteur ?

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321 · 2013-12-27

Et toi 321, tu nous sors quand un p'tit livre ??

Salut Mo' !

Jamais, mais j'ai de bonnes raisons ! Déjà, il faut être réaliste : pour ça il faut avoir du talent. Je veux dire : du vrai (ceci dit sans aucune fausse modestie). Je devine aussi d'avance les interminables remaniements que doivent exiger les éditeurs pour ce type de texte. Et ça, c'est hors de question. Mais surtout, dans mon cas, je n'en vois pas l'intérêt : pourquoi je tenterais d'éditer un livre qui atteindra, au mieux, quelques dizaines d'improbables lecteurs, alors qu'ici leur nombre est potentiellement énorme. Et enfin, plus accessoirement, j'aime privilégier la gratuité d'un maximum de choses.

Mais par contre il me semble que je pourrais te retourner la question en remplaçant "un" par "le", nan ?... Bon, si déjà on apprenait qu'il y a deux ou trois textes inédits sur le grill, ce serait pas mal du tout. Enfin, je dis ça je dis rien.

A + 321

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Sundance · 2013-12-27

Naps, pas de problème, on se recontacte d'ici là. Sinon, c'est la même chose pour les papiers. Mais je pensais jouer entre la partie Indonésienne et la PNG. Faire des allez/retour. En plus, pour les bateaux il faut un permis spécial. "Cruising permit" à faire 3 mois à l'avance avec la liste des personnes à bord et lister à l'avance tous les endroits ou nous devons faire escale. Ensuite, allez voir le représentant ou le chef du village afin d'avoir un tampon à chaque escale. C'est super le voyage en bateau dans ces régions !!! C'est, sans doute, la raison pour laquelle pas grand monde y va en bateau. Mais c'est ma maison que je balade...je n'ai pas d'ailleurs ;) Sinon, sur ton blog je trouve cela très bien le ton employé. C'est speed et du coup on est dans le vif du sujet à chaque instant. Cela est plus vivant. J'écris de temps en temps aussi, mais surtout pour faire marrer les copains. Impubliable :) Mais je me marre bien ! Bonne mousse !

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Baaya · 2013-12-27

Merci Naps pour ta réponse. J'y réfléchis, peut être avec un guide sérieux, je me renseigne.

Je continue à te lire, c'est intéressant.

bonne fête

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Mathews · 2013-12-27

Pour le reste je crois que t'as pas compris pourquoi j'ai ecrit tout ca... J'en ai rien a faire que le livre se vende ou pas, j'ai ecrit ca au depart pour mettre mes souvenirs sur papier et me marrer, et faire marrer mes potes. Tout ca dans un style pas conventionnel je l'admets, mais style dans lequel j'avais envie d'ecrire mes recits (j'ai ecrit des articles sur d'autres sujets, dans un style est bien plus serieux et acceptable pour les ferus de litterature, mais bon...).

d'accord mais ça va intéresser 3 personnes... si telle est ta satisfaction pourquoi-pas

Certains m'ont suggere d'en faire un livre et voila. Et si ca se vend je serai quand meme content, car je compte utiliser l'integralite de l'argent pour un petit projet humanitaire qui me tient a coeur. J'ai ecrit quelques paragraphes pour ceux qui n'aimeraient pas le style que j'ai choisi, car je savais bien qu'il en heurterait plus d'un, et je te les reproduis ici:

structuré et rédigé de cette manière, je comprends parfaitement que ça soit légitime sur un site comme VoyageForum Mais dans une logique d'édition mes excuses , c'est le risque de se planter en beauté... il vaut mieux qu'un type, certes détestable comme-moi, le fasse comprendre via un forum ( et je remercie encore une fois VoyageForum pour la liberté d'expression ) plutôt que d'aller vers des désillusions face au public... 😉

Il m'arrive parfois d'utiliser du vocabulaire pas homologué au dico. Ce sont soit des expressions de ma région, soit des néologismes dont j'assume, et même revendique, la paternité, mais de là si vous êtes du genre pointilleux au niveau du bon usage de la langue française je vous suggère charitablement de passer votre chemin.

pourquoi pas...c'est une démarche légitime qu'on peut encourager. Cependant il faut être capable de le faire avec brio... assembler les mots avec poésie et musicalité. pas facile de faire comme Jean Giono ou Marcel Pagnol 😛

Ceci dit bonne chance

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321 · 2013-12-27



il vaut mieux qu'un type, (…) comme-moi, le fasse comprendre

mieux vaut un type de mon espèce sur un forum qui tire un signal d'alarme pour faire prendre conscience des choses

Reste à savoir si Naps mesurera à sa juste valeur la chance d'avoir un gars comme toi qui, grâce à ses conseils préventifs pertinents, pourrait l'empêcher de plonger « vers de grosses désillusions » comme tu dis, voire dans une infernale dépression je dirais pour ma part...

Lui qui, avec ses écrits légendaires, recherche tellement le succès, la gloire, la célébrité...

Bref, heureusement que t'as pas connu l'époque sans les accents, ni les apostrophes, ni les majuscules. Tu en aurais fait des cauchemars dis-donc.

A + 321

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Mohamma2 · 2013-12-28

Pour ton livre tu peux taper dans l'auto-édition à la façon d'un fanzine pour limiter les frais. VF = des centaines de lecteurs potentiels mais tes textes méritent mieux que le support écran / forum un peu rebutant. Personnellement je n'ai jamais réussi à tout lire ! ... Surtout que tu as des photos superbes pour illustrer ! Enfin, je sens que je ne te convaincrai pas ! 😉 (De mon côté l'éditeur m'a ENCORE lâché... Je me suis lancé dans un sixième numéro ... 20 pages déjà ... !)

@Mathews : Je conçois que la présentation des textes de Naps puisse te rebuter (je lui ai fait la même remarque) mais lui demander de faire de la littérature c'est comme demander à un groupe punk de faire du Satriani ... L'énergie le rythme c'est un parti pris, les descriptions, les envolées lyriques ont tendance à ralentir le tout. Chacun voit midi à sa porte et tu as tout à fait le droit de critiquer et de ne pas aimer mais je ne comprends pas la démarche de demander à un gars comme Naps qu'il se mette à nous faire du Giono ... 😎

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Mékong · 2013-12-28

oui 100% d'accord avec ça il a un style inimitable

il a un paquet de belles photos, certaines très insolites et pour cause il est allé dans des endroits où bien peu se sont aventurés. un bouquin illustré, sans que ça prenne le pas sur le texte, aura encore plus de gueule. Enfin c'est juste mon avis hein🙂

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Naps · 2013-12-28

321: je suis bien d'accord avec toi en ce qui concerne les editeurs et la recherche du profit. Mais je rejoints Momo, ce que tu ecris meriterait d'etre mis sur papier. Pas pour l'argent, mais pour avoir un support plus agreable, parce que lire sur un ecran c'est pas trop ca. Tu n'es pas oblige de passer par les reseaux d'edition classiques, tu peux faire ca toi meme, comme Mekong, naps et peut etre Momo un de ces 4. Et si tu gagnes 3 sous tu peux les utiliser pour les necessiteux... Non, je n'avais pas pris de notes a l'epoque, tout est ecrit de memoire. Enfin dans le cas du texte present j'avais ecrit le debut un peu apres la fin du trip, et le reste je l'extirpe de ce qui me reste de neurones. Je n'ai malheureusement pas lu le livre dont tu parles, ne vivant pas en France il m'est impossible de me procurer ce type d'ouvrage. Changer mon style pour plaire a Pierre, Paul, Jaques ou Matthieu? Bin non te, comme on dit par chez moi!!! Comme tu le sais ce n'est pas la premiere fois que ce que j'ecris heurte une certaine caste de bien pensants a nuance salon de lecture, et comme tu le sais aussi je m'en fous bien pas mal. J'ai ecrit tout ca avant tout pour moi, si ca en fait rigoler certains tant mieux, et quant aux autres ils n'ont qu'a se rabattre sur des recits de voyage plus conventionnel genre mon voyage au pays des bisounours ou tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Dans le cas de ce monsieur qui me donne des conseils inestimables afin d'eviter une depression precoce, et qui a lui meme commis avec brio quelques recits sur ce forum, il ne lui reste plus qu'a aller en Papouasie et nous pondre un recit qui nous illuminera tous de par la brillance et la limpidite de sa plume.... Sundance: j'ai un peu reflechi au trip. Je pourrais me liberer mais ca serait pas sympa pour ma cops, notre fils a pas encore un an, tu vois ce que je veux dire. C'est bien dommage mais qui sait, peut etre l'an prochain. Par contre pour tes visas je crains que tu sois oblige de rester sur la cote nord, parce que sur la cote sud je sais pas si c'est possible de passer la frontiere, et meme si ca l'etait ca te forcerait a refaire une demande de visa a Port Moresby qui n'est pas exactement une villegiature. Momo: perd pas ton temps a expliquer des concepts qui le depassent a notre ami critique litteraire, tu as mieux a faire (au hasard ecrire de nouveaux chapitres;-)). Demander a quelqu'un de changer son style c'est a mon avis assez representatif d'une certaine mentalite, mentalite avec laquelle je n'accroche pas et c'est rien de le dire... Et puis comme tu sais je suis trop limite au niveau du cortex pour pouvoir apprecier ce type de conseils a leur juste valeur, c'est bien dommage mais que veux tu, on se refait pas. Ou alors je devrais lui faire lire les articles plus serieux que j'ai ecris et que je t'avais transmis? Mekong: pareil que pour Momo, perd pas ton temps. Il m'a dit poliment que ce j'ecris c'est de l'excrement, et je lui ai repondu poliment que son avis je me le mets a l'endroit d'ou sortent lesdits excrements. De toute facon on peut pas plaire a tout le monde, et surtout pas aux gens qui ont avale leur parapluie et oublie leur sens de l'humour. Un bouquin illustre, oui, mais faut voir les couts. Comme tu le sais ca grimpe vite des qu'il y a de la photo... Mathews: euh, non, rien...

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Sundance · 2013-12-28

Naps, je comprends bien. Mais cela peux se faire une autre fois, l'année prochaine ou dans 10 ans ;) Sinon, il y a youscribe ou il est possible de déposer son, ses livres en pdf. Et la personne qui le télécharge peux l'imprimer. Je viens d'en mettre un. Il y a un mois, rien ;) Mais faut en parler un peu... comme le mien c'est sur les confitures ;) ici ce n'est pas le bon spot ! ++

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Naps · 2013-12-29

Oui en effet, les confitures c'est pas le bon forum... Merci pour l'info sur youscribe, mais en fait je ferai pas d'edition electronique genre ebook. Sur mon blog tout est a dispo gratos, par contre pour l'edition papier la evidemment ca sera une autre histoire. Oah, j'arriverai bien a en vendre au moins 50:-)) Je viens de jeter un oeil sur internet, et d'apres le site indo de l'immigrasi on peut pas entrer le pays par la cote sud de la Papouasie a moins d'avoir fait un visa au prealable. Ensuite ca doit etre possible de se faire tamponner a Merauke. Mais dis, pourquoi tu t'emm... avec l'Indonesie? Avec un bateau tu as toute la Melanesie devant toi, PNG, Iles Salomon, Vanuatu... Pas de permis, pas de corruption, pas d'arnaques et compagnie, distances moins importantes etc. Et en PNG ma foi, c'est plus ou moins la meme qu'en Papouasie indo, sauf qu'ils sont honnetes ce qui n'est pas derangeant. Nouvelle Irelande, Nouvelle Bretagne, Bougainville, y a de quoi faire. En tout cas des que mon minot est un peu plus grand, et si tu passes dans le coin, je m'engage a bord!:-)

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Sundance · 2013-12-29

Un petit coup de faux rhum et des confitures. Re, C'est vrai ça, pourquoi je m'emmerde avec les papiers en Indo ! Je dois aimer les casse tête ;) Mais ensuite, je prends la direction du soleil levant, Vuanatu, Bismark etc et comme tu dis, il y a de quoi faire ! Je ne savais pas pour l'immigrasi qu'on ne pouvait pas y allez par la côte sud. Je viens de leur écrire... Et puis, si cela devient vraiment gonflant, les voiles sont là et go vers le levant. Mais, je voudrais bien faire ce que j'ai projeté, car gros boulot de préparation car multiples projets. On Verra, nom de mon ex bateau ;) et toujours au programme :) ! En attendant que le minot grandisse bien ;) je l'attends de pied ferme !

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Mathews · 2013-12-29

Reste à savoir si Naps mesurera à sa juste valeur la chance d'avoir un gars comme toi qui,

bonjour je voulais t'envoyer un MP mais apparemment c'est pas possible En tous cas on s'est tous fait avoir , bravo Naps j'applaudis des 2 mains 😉 😉 Tu est un champion

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321 · 2013-12-29

En tous cas on s'est tous fait avoir , bravo Naps j'applaudis des 2 mains 😉 😉 Tu est un champion

Bah, les seuls qui se sont peut-être fait avoir sont ceux qui n'ont pas eu le temps de lire l'intégralité de ton message précédent avant que tu ne sabres la moitié de son contenu, et dans lequel on pouvait lire encore d'autres réjouissances, comme par exemple une allusion sournoise à des lecteurs soi-disant "complaisants"...

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Naps · 2013-12-30

"En tous cas on s'est tous fait avoir , bravo Naps j'applaudis des 2 mains "

La j'avoue que je suis pas...

"Tu est un champion "

Le verbe etre a la deuxieme personne, "tu esT", bien vu la litterature, meme avec mon pauvre style minable j'ai jamais ose aller aussi loin... La "complaisance" de certains lecteurs, tiens, c'est marrant, je m'etonnais que ca n'ait pas ete mis sur le tapis. Apparemment ca l'a ete mais j'ai loupe l'episode, bon, tant pis...

Sundance: oui, vois combien de temps tu pourras supporter la corruption et la betise moustachues, et quand tu en auras eu assez tu pourras faire voile vers des contrees moins moustachues mais tout aussi interessantes. Suivant quand tu vas vers la PNG et les iles Bismarck peut etre que je pourrai joindre le trip, faudra voir ou en seront mes affaires et comment ca va evoluer avec le minot parce que bientot il va commencer a marcher et pourra aller a la creche... Tu as ecris a l'imigrasi? Et ils vont repondre? La cote sud, c'est pas un point de passage ou sont delivres les VAO. Par contre je pense que c'est possible de rentrer dans le pays en bateau et d'aller se faire tamponner a Merauke, mais a verifier bien sur. Le gros probleme c'est plutot que tu devrais faire ton visa indo a Port Moresby, chais pas si c'est bien indique d'aller dans cette ville avec ton bateau. A part si t'es arme peut etre...

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Sundance · 2013-12-30

Immagrasi, je ne sais pas si elle va me répondre, on verra ;) Sinon, il y a possibilité de la PNG d'envoyer le passeport à Port Moresby par un "messager" pour avoir le visa PNG en arrivant ailleurs que Port Moresby. Faut compter 1 semaine de délai. Cela reste une possibilité. (info de 2 ans) Sinon, je voudrais remonter le fleuve Urumbuwe, laissé le bateau, puis crapahuter pour rejoindre la vallée du Baliem. Mais il faut le "l'autorisation pass" de Jayapura... Une autre affaire encore :) Ensuite le Sepik en PNG. J'aime bien remonter les fleuves, je devrais en faire deux autres. Et puis bien sûr ensuite les îles Bismark et autres chapelets d'ilots pour me retrouver au Nord/Nord Est de la Nouvelle Calédonie et y aller. Plus facile pour le vent. Voilà un peu le programme. Mais, on garde le contact. J'ai ce projet global et ensuite de nombreux petits projets qui s'inscruste dedans, dont celui de vivre en autarcie à bord. On va prendre des poules pondeuses, plantation de légumes, construction d'un four, d'un réchaud local, etc. Vaste programme ;) ! ++

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Mohamma2 · 2013-12-30

" oui, vois combien de temps tu pourras supporter la corruption et la betise moustachues, et quand tu en auras eu assez tu pourras faire voile vers des contrees moins moustachues ..

Tu as mal regardé la photo de Sundance Naps !! 😎.. Sinon ça m'épate vos histoires, surtout Sundance, le bateau, l'autarcie, remonter le Sepik ... Je n'ose pas imaginer à quel point il faut s'être impliqué pour en arriver là ... Et puis la Papouasie aussi : le Kalimantan à côté ça m'a tout l'air d'être de la gnognotte, heureusement que c'est assez cher en un sens ...

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Naps · 2013-12-30

Ah zut, j'avais jamais zoome sur la photo. Maintenant je comprends mieux pourquoi Sundance tient tant a aller se depatouiller avec les indos:-) Au niveau des visas, a Jayapura on peut faire le visa PNG facile, et a Vanimo le visa indonesien tout aussi facile. Le fleuve que tu cites, jamais entendu parler, mais faut savoir que les fleuves ont beaucoup de noms diffferents (hollandais, indonesiens, papous), et que celui utilise par les locaux n'est pas necessairement celui qui est sur la carte. Par contre son embouchure est ou? Au nord ou au sud? Parce que l'histoire c'est que si par exemple tu remontes du sud, une fois que tu auras laisse ton bateau il te restera au minimum 15 jours de marche jusqu'a Wamena, voire plus suivant le tonnage de ton bateau et donc suivant ou tu le laisseras (le probleme etant que tu ne peux pas le laisser dans un bled trop paume). Et ca va grimper dur jusqu'a Wamena (je suis passe dans l'autre sens, en descendant, et deja rien que ca c'etait sportif, alors remonter...) Du cote nord je suis pas sur mais j'imagine que ca doit etre la meme, la Papouasie est divisee en deux par de hautes montagnes... Je vais demander des infos sur la cote nord et le Memberamo a un pote qui vit la bas (celui du recit Papouasie 2005) et je te tiens au courrant. En tout cas c'est bien ton projet d'autarcie, ton bateau fait quelle taille?

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Sundance · 2013-12-30

Yes, je me la joue moustachu aussi ;) ! Sinon, je suis impliqué car c'est surtout mon porte monnaie qui parle ! On a fait un semblant d'autarcie à 150 euros mensuel et par personne avec du riz, 64 kg de farine pour 3 mois, de l'huile, du lait condensé qui remplace bien la matière grasse pour faire des gâteaux.Des noix de coco. Du gaz en bouteille. Ca va en fait. On maigri un peu, mais ce n'est pas si mal. Pour ma part, je ne vais pas directement remonter un fleuve ou visiter une région, mais j'y vais lentement. Je tâte le terrain, je rencontre les gens, les moustachus et j'essaye ensuite d'allez de plus en plus loin. S'approprier et lire sur les visages, le comportement afin de savoir si la personne est sympa, belliqueuse etc...en quelques secondes ;) Nous nous sommes fait braquer sur une rivière par un tireur à l'arc et nous avons fait demi tour. Moitié par crainte et l'autre par respect de son territoire. Même sur une rivière, c'était quand même chez lui. Sinon Mohammad, il y a toujours un mec qui t'impressionne plus ! J'en connais quelques un avec des histoires et un mode de vie étonnant, surréaliste, mais ils ne sont pas derrière un ordi !;) Compromis, choix de vie....

50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie

Wolflarsen · 2014-01-01

Super Un récit qui se lit d'une traite avec plaisir. J'aurai quand même quelques reserves à faire sur le style haha non je déconne. J'ai d'abord essayé de le lire sur ton blog mais franchement le fond noir ça pique les yeux et sur un écran de téléphone c'est pas jouable, c'est un choix pour empêcher qu'on l'imprime c'est ça? Allez la suite

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Naps · 2014-01-02

Ah enfin te voila toi, la fete est complete!! Tu nous manquais, et puis l'Indonesie a besoin de toi car c'est bientot les elections. Tu votes pour qui? Joko le vendu aux lobbies? Roma Irama l'ex chanteur fan d'Elvis Presley, renomme pour ses 10000000 gonzesses, signe qu'il ferait un bon president? La suite de ce recit, je la commence peut etre ce soir si j'ai la peche. Sur le blog ben chais pas, perso il m'est plus facile de lire sur ce format que sur mon programme a la words, au point que pour relire le premier tome je vais faire ca depuis le blog. Mais ca doit pas empecher d'imprimer pour qui en a envie. Le probleme c'est qu'au niveau du fond, a part le noir je vois pas trop, si je le remplace par du blanc ca risque d'etre pire. Pour ce qui est de lire ca sur un telephone, le blog est optimise pour les mobiles, faut jjuste que tu te fendes d'un telephon avec ecran plus grand. Je peux t'indiquer un bon modele si ca te dit, et te le customiser gratos si tu passes me voir:-) Sundance, tu es ou en ce moment? Vu que tu es souvent sur internet j'imagine que tu vogues pas. Ce mois ci je sors de ma grotte et vais en Malaisie faire un nouveau visa, ca pourrait etre l'occase de se renconter et boire un coup ensemble, enfin si tu es dans le coin bien sur. On peut continuer en mp si tu veux...

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Sundance · 2014-01-02

je suis chez papa maman Paris et grande banlieue jusqu au 20 janvier 2014 et ensuite je retourne chez moi Philippines et ensuite Indo

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Wolflarsen · 2014-01-02

Eh oui plus on est de fous plus on riz. A propos le Noel en famille sympa? C'est quoi la dinde au marrons ala indonesia? Ceker jengkol? moi à Riau la fête au petit Jésus a été réduite à sa plus simple expression: Nasi uduk tehbotol youpiii Je retiens l'invitation mais pour le moment je viens d'avoir quelques mauvaises nouvelles qui, je le crains, vont me contraindre à exporter mes talents chez les rosbiff et les teutons pour quelques mois, je regarde les billets d'avion donc c'est pas encore tout à fait déterminé mais comme ca se présente je devrais ressortir de la mine de sel en Avril si tout va bien. Ce qui me fera revenir sur Jawa pour le début de la fièvre électorale (avec un telephone tout neuf et pourquoi pas un laptop soyons fous). Mon candidat mmmmhhh.... c'est un peu comme avoir à choisir entre une coloscopie et une sonde dans l'urètre, ne me dis pas que tu crois à une solution politique pour ce pays je te croirai pas ;p

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Naps · 2014-01-02

Sundance: ah, Papa et Maman, si j'avais encore les miens ca me ferait plaisir de passer les voir.... Je me demandais comment tu t'organisais et donc la tout est clair, ou du moins me semble t il, ton bateau est a l'abri aux Phils et en fevrier tu le recuperes et descends en Indo. Donc si mon raisonnement est juste ca veut dire que tu vas passer plus ou moins par Sulawesi nord, qui pourrait faire un bon point de ralliement si j'arrivais a me degager quelques semaines pour Raja Ampat. Parce qu'evidemment Sorong ca t'arrange pas vu que quand tu y seras tu auras quitte Raja Ampat. Je vais gamberger tout ca, et puis l'avantage de Raja Ampat c'est que tu peux me debarquer n'importe ou ou il y a un village et je me debrouille pour rejoindre Sorong et de la Java (plus facile de rentrer depuis Sorong que depuis Vanuatu ou PNG). L'enrolement minimum c'est combien de temps? A suivre... Wolf: le repas de Noel, ah ouais, pas mal.... Repas comme d'hab, riz, tempe et sambal, rien de special a part grand mere qui est allee a la messe. Autant pour un reveillon... Tu vas chez les rosbiffs et les germains? Les germains ca va encore, ils sont pas tres fantaisistes mais ils sont sympas, et puis ils ont une culture. Les rosbiffs par contre, tu vas te retrouver en terre barbare, numerote tes abattis!!! Une solution politique pour l'Indonesie? Y en a pas, tout comme y a pas de solution politique chez nous non plus. Il faudrait tout remettre a plat et changer les fondements meme du systeme, mais personne ne le fera car personne n'y a interet, on change pas une equipe qui gagne, pas vrai? Pour l'instant les indos surfent sur la vague de croissance asiatique, le niveau de vie grimpe, la classe dirigeante se remplit les poches, tout va bien dans le meilleur des mondes. Comme chez nous a une epoque en somme, et d'aucuns disent meme que l'Indonesie va devenir la 6eme puissance economique mondiale, ce dont je doute fort mais va savoir... Par contre faut qu'ils tiennent en respect les baltringues barbus, mais je pense qu'ils leur laisseront la bride au cou parce que si tu laisses faire les barbus adieu les sous et adieu la poule aux oeufs d'or... Ceci dit le fpi continue a faire des siennes. Tu as du entendre parler de l'histoire avec miss monde, mais les autorites ont ete fermes, ce qui prouve bien que quand ils veulent ils peuvent, non non les singes barbus, vous prendrez pas le ferry pour Bali et vous irez pas mettre votre zone et nous faire honte devant les cameras du monde entier. L'autre jour un se fait arreter par les flics pour defaut de casque. Le type refuse de payer l'amende, disant que son turban le protege plus que le casque vu que turban egale protection d'Allah. Ensuite il demande sa religion au flic, qui repond qu'il est musulman. Ah bon ca va, repond le primate, parce que si t'avais ete d'une autre religion je serais revenu ici avec mes potes et on t'aurait brule! Manque de pot toute la scene a ete enregistree en video par un portable (faut faire gaffe de nos jours, le monde a change depuis l'epoque du prophete) et mis en ligne sur youtube.. Pour en revenir aux elections, si tu te souviens d'une discussion pas si lointaine perso je choisis un candidat qui soit dur, un tegas vrai de vrai, qui latte ceux qui ont besoin d'etre latte comme faisait Suharto en son temps. Et c'est ni Roma ni Joko, mais pour garder ta terminologie medicale je dirai un candidat specialiste en chirurgie post traumatique ou en grands accidentes de la route. Helas ma voix ne sera pas decisive vu que j'ai pas le droit de voter, et puis de toute facon la politique est une farce, en Occident comme en Orient, regarde la classe politique francaise tous partis confondus... Par contre le debat politique vole haut, Joko s'est moque de Roma hier en disant que de nos jours meme les saltimbanques pouvaient se presenter aux elections, et que bientot les acrobates de cirque y participeront. Bon alors tu passes nous voir en avril? Le tempe et le sambal coulent a flot chez mere grand...

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Croquignol · 2014-01-02

Bonsoir ! Un petit mot pour dire que je me régale de lire les aventures de maître Naps. J'aime beaucoup le style justement, et je ferai partie des 50 de VF qui achèteront le bouquin s'il sort un jour 😉. Si d'ailleurs c'était édité (avec des photos, géniale idée !), ça me permettrait de m'envoyer l'intégralité du texte. Jusqu'à présent je me suis contentée de quelques chapitres de ci de là ; comme Muhammad, la lecture sur écran m'est trop inconfortable sur la durée. La bise à tous, je vous souhaite une belle année de voyages et de rencontres à venir 🙂.

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Wolflarsen · 2014-01-02

Madame me dit souvent qu'elle aimerait visiter ta région donc Avril ou Mai ca risque de se faire je pourrai en profiter pour venir gouter au sambal de mère grand Si je passe tu met ton plus beau t shirt prabowo presiden hein! <;)

PS je viens de mater la video du motard barbu ça vaut des points en effet, d'ailleurs sa fille à l'arrière (ou sa femme en age d'être sa fille) ne sait pas ou se mettre. Il dit quand même un truc très juste à propos de l'arnaque des SIM qui prouvent uniquement qu'on a eu les moyens de lacher un billet

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Mékong · 2014-01-02

Naps tu as le lien de la vidéo ?

Et vous avez vu à Aceh, les gens sont quand même descendus dans la rue malgré la fatwa des ulemas locaux interdisant tout rassemblement festif pour le nouvel an et Noel. D'année en année, là bas, ça devient compliqué pour la population avec cet étranglement progressif.

à+

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Wolflarsen · 2014-01-03

Salut Eric http://www.youtube.com/watch?v=QJ9Sn6uxcVY&hd=1

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Mohamma2 · 2014-01-03

Dans le genre taré il est plutôt sympa avec son vieux look de kiai de film de pencak des années 80 : "mon turban me protège mieux qu'un casque", "vous parlez du permis ? Mais le permis il s'achète dans toute l'Indonésie, vous le savez ça ?!"... jusqu'à ce qu'il sorte "si vous n'étiez pas des musulmans, je vous ferais tous exploser, je n'ai pas le courage de faire exploser les musulmans " ... 🤪 (note : tes potes Ben Laden et consorts ça ne les gêne pas cette bande de bajingan !!)

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Naps · 2014-01-03

Je n'avais pas vu la video, mais apres l'avoir fait je dois dire que pour une fois je suis assez d'accord. Bien sur pas avec le coup de pas musulman je te bombe, mais sur le reste. Ca m'a fait plaisir de voir ces ordures corrompues et malpolies de flics se faire insulter devant tout le monde, ca leur fera les pieds eux qui se croient tout permis, qui tutoient et rudoient tout le monde, qui extorquent la population et qui bien sur ne font jamais leur boulot. D'un autre cote cette video montre bien le sentiment d'impunite, helas justifie, du fpi, parce que n'importe qui d'autre qui aurait parle de la sorte aux poulets se serait fait coffrer et passer a tabac. Enfin tant qu'ils font pas un parti politique ca va. La petite disait rien, ben oui, elle connait bien le caractere du bonhomme vu qu'elle l'a a la maison 24 sur 24, et elle sait qu'il faut pas la ramener. A quand le port du turban obligatoire en Indo? Wolf: tu viens quand tu veux, et emmene Wolfette, comme ca ma cops aura quelqu'un avec qui parler et on la gavera pas a parler tout le temps en francais.

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Mékong · 2014-01-03

impossible de voir la vidéo, l'utilisateur l'a supprimée

sinon j'ai trouvé un excellent site sur l'Indo avec de bons articles de fond et plutôt critiques http://www.insideindonesia.org/ c'est en Anglais

bonne année à vous tous🙂

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Naps · 2014-01-04

Je suis alle y faire un tour, il est bien ce site. Enfin un peu triste aussi parce qu'il montre la realite des saletes quotidiennes du gouvernement indonesien (notamment l'article "after justice") mais bon, ainsi va ce beau pays... J'imagine qu'ils sont pas bases en Indo, parce qu'avec ce qu'ils ecrivent ils survivraient pas plus d'une semaine dans ce pays que l'Occident decrit comme une democratie. Remarque, faut dire qu'avec nous ils sont gentils les indos, ils nous laissent extraire leurs ressources naturelles a des prix defiant toute concurrence et il est donc normal qu'en retour on les laisse coloniser la Papouasie et s'assoir sur les droits de l'homme. Liberte egalite fraternite et charte des droits de l'homme, fiertes francaises oui mais pas pour tous les peuples... Buziness is buziness, et puis de toute facon faut bien qu'on ait des matieres premieres et des produits manufactures a vendre pas cher en Occident pour satisfaire la boulimie de consommation et de gaspillage de nos contemporains, et comme on dit on fait pas d'omelette sans casser d'oeufs. Tout va bien, sauf pour les oeufs bien sur mais ca ne semble guere deranger les cosommateurs d'omelettes...

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Jostretto · 2014-01-04

🙁 pas très gai ce dernier post, mais tellement réaliste, heureusement que l'humour existe !un petit salut de Bretagne où il pleut , et vente depuis plusieurs jours .🙂 Ici les soldes vont commencer à minuit, pour pouvoir consommer plus..... et plus vite, ....sans moi !

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Naps · 2014-01-04

Les bretons, ils z'ont plus de chapeaux ronds mais ils ont des bonnets rouges, continuez comme ca les breithz, que ca soit contre les taxes ou contre les centrales atomiques! En esperant que ca donne des idees et reveille un peu le reste du pays...

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Mékong · 2014-01-06

salut Gil

Après le doc choc Act of Killing, le devoir de mémoire commence à faire son chemin chez les jeunes générations, un article intéressant et qui fait espérer. http://www.insideindonesia.org/...ces-from-the-u... et celui là avec l'auteur du roman http://www.insideindonesia.org/weekly-articles/seeking-identity-seeking-indonesia

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