Fabuleux GR 20 (juin-juillet 2014)
Mercredi 18 juin 2014 :
Après un agréable vol Nantes-Calvi, nous voici arrivés dans la capitale de la Balagne, à quelques kilomètres seulement de Calenzana, commune-départ du GR 20. A la sortie de l'aéroport, nous réalisons rapidement que la seule solution pour rejoindre le centre-ville de Calvi consiste à prendre un taxi. Nous appelons une compagnie locale et c'est une conductrice, à l'accent des Balkans prononcé, qui nous dépose sur le port, où nous choisissons un petit resto sur le quai Adolphe Landry, à l'ombre des parasols.

Sur les hauteurs, l'orage se fait entendre. Mais cet après-midi, il nous épargnera en se cantonnant aux sommets. C'est donc sous un franc soleil que nous flânons dans les rues commerçantes et que nous nous rendons en haut de la citadelle de Calvi, pour admirer le panorama et les montagnes corses qui semblent nous défier.

Des désagréments liés à mon appareil-photo et au retrait d'argent liquide viennent cependant ternir quelque peu cette première journée (Bertrand résoudra le problème le soir en désactivant le mode "retardateur"). Vers 17h, nous appelons le même taxi qui nous avait proposé de nous emmener au gîte municipal de Calenzana à un tarif intéressant. La douzaine de kilomètres à parcourir s'avère très sportive : les dépassements audacieux s'enchaînent, particulièrement lorsqu'il s'agit d'un véhicule à la couleur bleue pourtant très explicite. Nous arrivons entiers, prenons possession de notre chambre et allons nous informer à la maison du GR 20, notamment en ce qui concerne la météo pour les jours à venir.

En fin d'après-midi, nous allons faire un tour dans le village de Calenzana, buvons un verre avant de nous offrir une dernière bonne viande avant le grand départ.
Nous nous couchons vers 22h et programmons le réveil à 6h, pour être en forme pour cette première étape très montante et redoutée.Jeudi 19 juin 2014 :
Étape 1 : Calenzana - Ortu di u Piobbu Temps de marche : 6h30 Altitude minimale : 275 m Altitude maximale : 1550 m Dénivelé positif : 1360 m Dénivelé négatif : 60 m
Comme pour les Espagnols au Brésil (défaite contre le Chili et élimination de la Coupe du Monde), la nuit a été difficile : chaleur, ronflements et sûrement aussi un peu d'excitation à l'idée de savoir que ça y est, c'est le jour J. Nous nous levons à 5h45, prenons un bon petit déjeuner et nous lançons à l'attaque de ce mythe qu'est le GR 20. Pour ma part, je suis comme un gamin qui, le matin de Noël, descend les escaliers qui mènent au sapin. Impatient et les yeux grands ouverts. Nous atteignons le départ "officiel" du GR 20 un peu avant 7h30.
Au programme de cette première étape, de la montée, de la montée et encore de la montée... 6h30 de marche sont annoncées.
Rapidement, nous dominons Calenzana, puis le golfe de Calvi, qui s'éloigne tout de même petit à petit.
Je suis surpris par la présence de nombreux arbres morts sur ce premier versant, comme s'ils avaient été punis par la foudre. L'immensité des pins maritimes attire également mon œil.
Au fur et à mesure que nous montons et que nous nous éloignons du littoral, le ciel se couvre, présageant une fin d'étape humide.
Au promontoire d'Arghjova (820 mètres), nous croisons une personne qui a déjà fait le GR 20 deux ans auparavant, accompagné d'un novice en la matière. Nous nous suivrons jusqu'à mi-parcours.
Un peu plus loin, je me retourne et constate l'avancée de notre entreprise : le chemin que nous venons d'emprunter paraît de plus en plus étroit.
Pour le moment, nous avalons la pente, assez peu marquée, à un bon rythme, même si une pause de temps à autre est bienvenue.
L'arrivée à la Bocca u Saltu (1250 mètres) nous offre un premier panorama grandiose, véritable transition entre le paysage de plaine et celui de montagne.
La suite du parcours se complexifie. Le souffle se met à manquer, en raison de lacets serrés en forêt. Olivier, lui, est contrarié par de tenaces crampes aux cuisses.
Puis, la randonnée se transforme par endroits en petite escalade. Le tracé du sentier n'existe plus et nous devons parfois chercher le balisage du GR.
Pour corser un peu le parcours, la grêle s'invite, heureusement de façon éphémère. Il n'empêche que nous nous empressons de sortir nos k-ways, ponchos et autres sursacs pour laisser au sec nos vêtements et vivres.
7h30 après notre départ, nous apercevons enfin le refuge d'Ortu di u Piobbu.
Mais il nous faudra encore une heure de marche pour l'atteindre. En milieu d'après-midi, nous bouclons cette première étape tant redoutée.
Nous commençons par réserver le dîner et le petit déjeuner du lendemain, avant de faire une lessive douloureuse en raison de la température glaciale de l'eau, ce qui n'augure rien de très agréable pour la suite, à savoir la douche. Ensuite, nous nous installons sur l'aire de bivouac et prenons possession de nos deux tentes. Olivier dormira avec Samuel, Bertrand avec moi.
En fin d'après-midi, nous allons boire un verre au refuge et étudier l'étape du lendemain, avant de passer au dîner constitué d'une soupe de lentilles aux figatellus (saucisse) et d'un gâteau en guise de dessert.
En début de soirée, le soleil fait sa réapparition. Nous nous couchons en même temps que lui, vers 21h.


















La suite est facilement identifiable : l'ascension de la Bocca di Pisciaghja culminant à 1950 mètres d'altitude.
Celle-ci est compliquée, car le pourcentage est par moments élevé. De plus, quelques passages d'escalade viennent pimenter l'exercice.
La récompense est magnifique : la vue s'ouvre sur les plus hauts sommets corses, encore grandement enneigés. J'ai vraiment l'impression que nous basculons dans la haute montagne tant les paysages viennent brusquement de changer.
Les à-pics sont vraiment vertigineux.
Nous profitons d'avoir du réseau pour réserver une nuit réparatrice à l'hôtel d'Asco, arrivée de la troisième étape.
Puis nous continuons la montée jusqu'à 2020 mètres. D'ici, une énième fenêtre sur Calvi est ouverte.
Désormais, il ne s'agit plus vraiment de randonnée pédestre mais d'un véritable trek en montagne.
Les barres rocheuses à franchir se succèdent et nous doublons un jeune randonneur blessé à la cheville. Son frère et son oncle, qui l'accompagnent, porteront son sac jusqu'à la fin de l'étape, encore lointaine.
A midi, nous préparons un repas lyophilisé.

Un peu plus loin, nous franchissons notre premier mini-névé.
Nous rattrapons notre retard sur la fin de l'étape. A la Bocca Innuminata (1912 mètres), une très longue et cassante descente dans des éboulis nous attend jusqu'au refuge de Carrozzu.
Etant donné que nous n'avons pas de réservation pour cette nuit, Samuel et moi partons rapidement devant, dans le but de dépasser un maximum de loueurs de tentes potentiels.
Après un effort intense pour mes genoux, j'arrive vers 15h15 et me précipite vers l'accueil afin de louer le fameux sésame. Et je me dis que j'ai bien fait d'accélérer puisque quelques minutes après mon arrivée, les possibilités de bivouaquer s'amenuisent...
S'ensuit le rituel douche-lessive-rafraîchissement.
En fin d'après-midi, nous assistons à l'arrivée du blessé qui boite bas, en compagnie de son frère et de son oncle, lui aussi bien amoché suite à une chute dans les pierriers.
Après un dîner très moyen, nous discutons avec un groupe de neuf Belges puis avec Matthias et Marion, deux Suisses avec qui nous sympathiserons. La gardienne du refuge nous ayant fait miroiter le prêt de sa radio, nous écoutons la première mi-temps de France-Suisse sur mon téléphone, tout en assistant à un joli coucher de soleil.
Et vu l'écart à la mi-temps (3-0), nous décidons d'aller nous coucher.

















Cette arête constitue une ligne de partage des eaux, d'où le sentiment de chavirer à nouveau vers de nouveaux espaces.
Pour la première fois depuis notre départ, nous pouvons entrevoir un signe d'artificialisation, à savoir un village en fond de vallée.
Une grosse demi-heure plus tard, nous sommes agréablement surpris d'arriver à la Bocca Stagnu (2003 mètres), offrant une vue plongeante sur l'ancienne station de ski du Haut Asco, terme de cette étape.
La mauvaise nouvelle, c'est que Bertrand a perdu ses lunettes de soleil.
Nous décidons d'y pique-niquer afin de reprendre des forces avant d'enchaîner sur cette grosse descente.
Technique, cette fin d'étape réveille une douleur tenace au tendon de mon genou droit. La randonnée du jour se termine dans une forêt de vieux pins Laricio, variété endémique à la Corse et à l'Italie.
Nous arrivons à l'hôtel tant attendu vers 13h30. Nous commençons par nous rafraîchir : glaces pour Olivier et moi, boissons pour Samuel et Bertrand.
Les yeux écarquillés, nous découvrons nos chambres tout confort et nous empressons de prendre une douche chaude.
Le reste de l'après-midi, nous soufflons un peu sur nos "vrais" lits, prenons connaissance de nos mails et de l'étape suivante, à savoir celle du cirque de la solitude.













Nous commençons par remonter les pistes de l'ancienne station de ski, au pied desquelles quelques chalets subsistent.
Puis nous voici au cœur d'une cuvette d'origine glaciaire, où la verdure est reine et contraste avec les précédentes étapes très minérales.
Mais au fur et à mesure que nous nous approchons de la Bocca Tumasginesca (2183 mètres), le paysage change à nouveau, le blanc des névés occupant de plus en plus de place dans le paysage.
Il nous faudra d'ailleurs traverser plusieurs de ces plaques de neige pour parvenir à ce sommet, point de départ du redoutable cirque de la solitude.
Avant de nous attaquer à cette légende du GR 20, nous faisons une petite pause, le temps d'immortaliser le moment et le splendide panorama.
Comme attendu, la descente est très technique et beaucoup de mains courantes ont été installées pour limiter les risques de chute.

Rapidement, nous nous retrouvons bloqués derrière un groupe de trois Belges, dont l'une des randonneuses est littéralement tétanisée à la vue du précipice. Mais à force de persévérance, tout le monde parviendra à atteindre le fond de ce cirque.
La remontée demande encore plus d'attention et les bras sont bien plus sollicités. A un endroit, une échelle a même été installée pour franchir une paroi très escarpée.
Nous déjeunons peu avant la Bocca Minuta (2218 mètres) qui correspond à la "sortie" du cirque de la solitude.
Une demi-heure de marche nous suffit pour y parvenir. De là, une nouvelle vallée, très minérale, s'ouvre à nos yeux.























Nous passons tout d'abord devant les bergeries de Ballone, avant de traverser la forêt d'Albertacce.

La suite est plus délicate, le topoguide annonçant une montée très sévère jusqu'à la Bocca di Fuciale (1962 mètres).
Et pour épicer un peu le tout, le ciel s'assombrit et prend une tournure orageuse. Les premiers coups de tonnerre ne tardent pas à se faire entendre. Mais pour le moment, ils ne nous menacent pas directement. Nous nous arrêtons au niveau d'un torrent dans lequel nous trempons nos pieds dans une eau glaciale.
Le reste de la montée est nettement moins agréable. La pluie fait son apparition, mêlée de quelques grêlons. A aucun endroit nous ne pouvons nous abriter, c'est pourquoi nous décidons de pousser jusqu'au refuge de Ciottulu di i Mori, malgré une météo devenue franchement mauvaise.
A cela s'ajoute une douleur intense au genou droit. Je dois finir cette ascension sur une jambe, ne pouvant plus plier l'autre. L'arrivée au col est littéralement dantesque, de fortes bourrasques transformant chaque goutte de pluie en gifle. Le moral est bas. Je me dis qu'il me sera sûrement compliqué de finir le GR 20.
Bertrand est parti devant, Samuel et Olivier sont derrière moi. Je n'ai qu'une idée en tête : atteindre le refuge. Ça y est, je l'aperçois : aujourd'hui plus que jamais, il porte bien son nom.
Au moment où je m'en approche enfin sérieusement, un hélicoptère effectue son ravitaillement, exercice plus que difficile en raison des fortes rafales. La cargaison est déposée approximativement. Un garde-corps de la terrasse en fait les frais.

Progressivement, la pluie cesse. Le ciel commence même à s'éclaircir assez nettement, nous laissant penser à une fin d'après-midi meilleure.
Après une longue et pénible randonnée, nous arrivons sous le soleil aux bergeries qui viennent d'ouvrir leurs portes ce matin aux marcheurs. Ici, les chèvres sont reines.
Nous consacrons une partie de la fin de l'après-midi à la baignade dans les piscines naturelles situées à côté des bergeries. La très fraîche eau complique la tâche mais permet une bonne récupération, notamment pour le tendon de mon genou enflammé.
Nous finissons par une partie de cartes, avant d'aller déguster de délicieux cannellonis au brocciu.













L'occasion pour nous de nous désaltérer lors d'une petite pause rapide, la chaleur étant déjà bien présente à cette heure pourtant matinale.
Deuxième particularité : la suite s'effectue sous bois, sur un véritable sentier clairement identifiable, même si quelques bovins viennent parfois faire obstacle.
Troisième particularité : les deux premières heures de marche sont calmes, présentant peu de dénivelé positif. L'ascension de la Bocca San Petru (1452 mètres) vient cependant ajouter un peu de piment à ce début d'étape relativement fade, physiquement parlant.

Et jusqu'à la Bocca a Reta (1883 mètres), nous retrouvons les conditions auxquelles nous nous sommes habitués ces derniers jours, à savoir une longue montée présentant un pourcentage élevé. A tel point qu'arrivé au sommet, Olivier souhaite abandonner, lui aussi plombé par des genoux douloureux.

Ici, nous croisons plus de monde qu'à l'accoutumée, sûrement en raison de la proximité du col de Vergio qui rend le site assez rapidement accessible.




D'ici, nous apercevons le refuge de Manganu, La bergère me confie une mission : transmettre au gardien du refuge un petit paquet. Je l'accepte et nous pouvons conclure cette sixième étape.

A l'approche du refuge, nous franchissons la Bocca d'Acqua Ciarnente (1568 mètres), qui constitue la limite entre la Haute-Corse et la Corse-du-Sud.





















Après avoir passé un cirque, la pente se raidit et nous évoluons désormais dans les nuages.
C'est sûrement la raison pour laquelle nous commettons une erreur de parcours et sommes obligés d'effectuer un petit demi-tour pour récupérer le GR 20, et par la même occasion nos amis Suisses Matthias et Marion, plus rassurés de terminer l'étape en notre compagnie.
Nous terminons l'ascension de la Bocca a e Porte (2225 mètres), point culminant du GR 20, dans une froide atmosphère, le vent s'étant nettement levé.
Le passage de la brèche de Capitellu ajoute un côté dramatique à l'excursion.
En effet, la visibilité est quasiment nulle, et le névé à franchir, bien qu'équipé d'une main courante, présente une pente très abrupte. Et nous savons qu'une chute nous entraînerait 300 mètres en contrebas.
Un peu plus loin, Olivier tombe sur un passage en rappel et s'écorche bien les jambes. Aujourd'hui, l'étape ressemble plus à une galère qu'à une randonnée pédestre. L'unique but est de rejoindre le refuge suivant.
Nous nous arrêtons pique-niquer au-dessus du lac de Melu que nous prenons le temps d'observer entre deux nuages.

Peu avant la Bocca Muzzella (2206 mètres), nous surplombons le lac de Rinoso, encore en partie prisonnier des glaces.

Nous nous abritons sous nos tentes, nous reposons, donnons quelques nouvelles par téléphone et finissons par l'habituelle partie de cartes avec Matthias et Marion.












Rapidement, sur les crêtes, nous nous rendons compte que le vent souffle à nouveau très fort.

Lors de quelques passages très escarpés, nous ne pouvons qu'imaginer le précipice vertigineux et la beauté du paysage, décrits dans le topo-guide.






















Une fois la Punta Muratellu franchie, une très longue descente jusqu'à Vizzavona est annoncée, avec 1200 mètres de dénivelé négatif.


Nous croisons plusieurs trous d'eau, cascades et autres piscines naturelles. Le temps d'une petite pause, Bertrand et moi en profitons pour faire un petit saut dans le très frais cours d'eau.


Nous concluons ce GR 20 nord vers 14h30, à la gare de Vizzavona, où, en attendant l'ouverture du gîte d'étape que nous avions préalablement réservé, nous écrivons quelques cartes postales et passons quelques coups de fil.
En voyant l'état du gîte et notamment de la literie, nous décidons finalement de décommander pour aller nous installer au plus cossu hôtel Monte d'Oro, au col de Vizzavona.

















Après deux heures de marche, nous arrivons à la Bocca Palmente (1640 mètres), où nous faisons une petite halte.
Par la suite, nous passons devant les jolies bergeries d'Alzeta, toutes de rouge vêtues, puis 1h30 plus tard, devant celles d'E Scarpaceghje, où nous pique-niquons.
La fin d'étape est tranquille, excepté une dernière montée assez raide permettant d'atteindre le stade de neige d'E Capanelle, où se situe le gîte U Fugone, lieu de notre prochaine nuit en bivouac.
Nous y retrouvons nos amis Aixois, Robert, Myriam et Maryse, avec qui nous prenons le temps de discuter un peu.
Après une agréable douche chaude, nous appelons Bertrand et Olivier qui sont arrivés à Ajaccio et qui cherchent à se baigner.
Au dîner, nous jetons un œil au 1/8 de finale Brésil-Chili. Nous regagnons notre tente vers 21h30.













Jusqu'au col de Verde, le sentier ne présente pas de difficultés particulières. Nous mettons 4h pour y parvenir, ce qui nous semble long.
Sans se soucier de la suite de l'étape, nous commandons une entrecôte-frites au relais San Petru.
Pourtant, la fin du parcours est nettement plus compliquée, avec 2h de rude montée jusqu'à la Bocca d'Oru (1840 mètres). Tout d'abord, nous traversons une forêt de pins gigantesques.

Alors que nous en terminons avec cette ascension ardue, nous croisons deux randonneurs, dont l'un marche pieds nus, accompagnés d'un chien. Stupéfiant.
Le panorama s'ouvre sur la côte orientale de la Corse complètement ennuagée.

Un dernier effort et nous arrivons au refuge de Prati vers 15h, où les chevaux sont chez eux.

Au vu du faible remplissage du dortoir, nous décidons de le tester pour la nuit prochaine, d'autant plus qu'ici, le pliage de la tente est exigé.
Après nous être lavés, nous réfléchissons à la meilleure façon de coupler les deux prochaines étapes.
Robert nous indique que l'idéal est de choisir la variante passant par le Mont Incudine.
En soirée, nous discutons avec un groupe de trois Pyrénéens. Pourtant affûtés, ils nous avouent avoir sauté les étapes qu'ils jugeaient trop périlleuses en début de parcours.
Ils jugent également que le GR 20 est beaucoup plus compliqué et dangereux que le GR 10, qui traverse les Pyrénées.























Peu après avoir contourné quelques envahissants bovins, nous passons devant le refuge (privé) de Matalza, construit au milieu d'un plateau très vert où paissent chevaux, vaches et cochons en liberté.

Plusieurs agents de l'ONF (Office National des Forêts) sont également présents sur le site. Ils réalisent un enclos et progressent… à leur rythme.


Le sentier se transforme alors en une piste caillouteuse. Plus nous avançons dans l'ascension de la Bocca di Chiralba (1743 mètres), plus la vue s'ouvre sur un paysage de grandes collines herbeuses. Après un pique-nique rapide et alors que le ciel se charge au nord, nous reprenons notre marche sur la ligne de crête allant jusqu'à la Bocca Stazzunara (2025 mètres).
Les derniers hectomètres sont durs et la fatigue se fait ressentir, comme à chaque effort intense depuis quelques jours.


La fin de l'étape s'apparente à une longue et éprouvante descente jusqu'au refuge d'Asinau, qui se situe 500 mètres plus bas.

Après une énième douche froide, nous échangeons avec les trois Pyrénéens, deux randonneurs de Toulouse et Tours qui vont vers le nord et un couple de Parisiens qui double les étapes.



















Avec tous ces à-pics rocheux, ce passage me rappelle les premières étapes et me réconcilie quelque peu avec ce GR 20 sud, moins spectaculaire jusqu'ici.

Comme dans le cirque de la solitude dix jours plus tôt, plusieurs passages rocheux d'escalade parsèment le trajet. L'un d'entre eux est même équipé d'une main courante.

Puis, petit à petit, le col de Bavella se découvre, identifiable notamment grâce à la route qui le traverse. De nombreux cars de touristes y sont d'ailleurs stationnés.


Nous repartons vers 12h30 pour environ 1h30 de marche, que je termine exténué.

Je pourrais dormir en marchant tellement la fatigue est grande.
Après une ultime douche froide, une sieste s'impose. Pendant ce temps-là, Olivier nous annonce qu'il a réservé une voiture pour la fin du séjour et trouvé un hôtel à Porto-Vecchio. Samuel et moi rêvons déjà aux plages.
Nous prenons notre dernier dîner en refuge en compagnie de deux couples de Québécois.


















Pour cette conclusion, 5h de descente sont prévues. Et au bout, la délivrance.



Assez rapidement, nous pouvons apercevoir la mer qui semble nous tendre les bras. Pour en avoir un avant-goût moins iodé, nous nous arrêtons faire trempette dans le ruisseau de Punta Pinzuta, à mi-parcours.

L'unique côte du jour présente cependant quelques raides lacets, permettant d'atteindre la Bocca d'Usciolu (587 mètres), d'où la vue sur le village de Conca s'ouvre enfin.


Nous commandons une copieuse salade au gîte d'étape, où Olivier nous rejoint vers 14h. C'est avec plaisir que nous le retrouvons, mais aussi impatients de lui raconter la semaine qui vient de s'écouler...









