De l'art d'ennuyer en racontant ses voyages: manuel du parfait exploraseur
Entendu à la radio France Inter aujourd'hui Matthias Debureaux, journaliste indépendant, auteur du livre cité dans le titre (éditions Cavatines).
Petit livre, 40 pages pour 6€.
RÉSUMÉ DU LIVRE Bien des choses ont changé ces 30 dernières années. Voyager n'est plus un privilège ni un acte héroïque. Blogs et photos numériques ont supplanté les soirées diapo d'antan. Ainsi le récit de voyage reste un moyen très sûr d'assommer ses contemporains. Il confère plus que jamais une petite auréole, le nouveau jeu consistant à s'inventer un alibi pour ne plus faire figure de touriste et se mettre en valeur dans le rôle d'aventurier, d'ethnologue, de sportif ou d'humaniste. Prétendre aller sur les traces de Lawrence d'Arabie ne produit pas le même effet qu'une semaine de farniente dans un hôtel club en Egypte !
Je ne l'ai pas lu, mais l'angle est amusant, surtout pour les membres d'un forum de voyage. Une phrase entendue lors de l'émission : Quand vous vous rendez compte que votre vie est nulle, il vous reste le choix de vous suicider ou celui de voyager.
Un extrait : « Dramatisez et contez tout ce qui a « failli » vous arriver de manière à mettre en valeur les risques encourus durant votre long périple. Reprenez à votre compte et exagérez les mésaventures survenues à d’autres voyageurs ». (p. 23)
« Mettez en ligne votre journal de bord. Cela vous occupera pendant votre périple et permettra d’entamer les réjouissances bien avant votre retour. Racontez vos vacances avec votre cœur, sous la forme d’une petite rédaction scolaire. Misez d’abord sur un bon titre comme « Philou en balade », « les aventures de Seb et Béné » ou recyclez des titres de films comme Il était une fois en Amérique, Out of Africa… Soignez votre accroche comme un décollage : Ç’a y est, c’est le grand départ, après six mois de préparatifs pour ce tour du monde, le m’envole… » Le blog de voyage, c’est la soirée diapos qui dure six mois. » (p. 33)
« Faites tressaillir vos devises étrangères. Réglez distraitement votre boulangère avec des pièces d’un autre continent quand vous rentrez juste de voyage. Au restaurant, laissez des pourboires avec la même monnaie pour faire des économies. » (p. 39)
RÉSUMÉ DU LIVRE Bien des choses ont changé ces 30 dernières années. Voyager n'est plus un privilège ni un acte héroïque. Blogs et photos numériques ont supplanté les soirées diapo d'antan. Ainsi le récit de voyage reste un moyen très sûr d'assommer ses contemporains. Il confère plus que jamais une petite auréole, le nouveau jeu consistant à s'inventer un alibi pour ne plus faire figure de touriste et se mettre en valeur dans le rôle d'aventurier, d'ethnologue, de sportif ou d'humaniste. Prétendre aller sur les traces de Lawrence d'Arabie ne produit pas le même effet qu'une semaine de farniente dans un hôtel club en Egypte !
Je ne l'ai pas lu, mais l'angle est amusant, surtout pour les membres d'un forum de voyage. Une phrase entendue lors de l'émission : Quand vous vous rendez compte que votre vie est nulle, il vous reste le choix de vous suicider ou celui de voyager.
Un extrait : « Dramatisez et contez tout ce qui a « failli » vous arriver de manière à mettre en valeur les risques encourus durant votre long périple. Reprenez à votre compte et exagérez les mésaventures survenues à d’autres voyageurs ». (p. 23)
« Mettez en ligne votre journal de bord. Cela vous occupera pendant votre périple et permettra d’entamer les réjouissances bien avant votre retour. Racontez vos vacances avec votre cœur, sous la forme d’une petite rédaction scolaire. Misez d’abord sur un bon titre comme « Philou en balade », « les aventures de Seb et Béné » ou recyclez des titres de films comme Il était une fois en Amérique, Out of Africa… Soignez votre accroche comme un décollage : Ç’a y est, c’est le grand départ, après six mois de préparatifs pour ce tour du monde, le m’envole… » Le blog de voyage, c’est la soirée diapos qui dure six mois. » (p. 33)
« Faites tressaillir vos devises étrangères. Réglez distraitement votre boulangère avec des pièces d’un autre continent quand vous rentrez juste de voyage. Au restaurant, laissez des pourboires avec la même monnaie pour faire des économies. » (p. 39)