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De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Discussion started by Kashtin on 2014-12-15

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De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Kashtin · 2014-12-15

Cinq ans déjà ont passé depuis notre dernière boucle à partir de Salt Lake City, pendant lesquels nous avons effectué trois voyages en Argentine et au Chili. Mais le besoin de revoir l’Ouest américain s’est fait de plus en plus pressant... Retour donc pour une nouvelle boucle à partir de Denver – après une première en 2005 – en passant par White Sands, Havasupai, Page, Snow Canyon, Escalante, Torrey, Moab, Bisti Badlands, Santa Fe, Great Sand Dunes, Crested Butte et les Rocky Mountains. Nous comptions surtout découvrir de nouveaux endroits – mais le temps nous en a parfois empêchés – et nous avons été gâtés sur deux sites encore très peu connus: King of Wings et Delta Pool. Bonne lecture...



La version avec photos et cartes se trouve ici: carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_184...

Index du carnet:

Roswell, White Sands, Sedona, Havasupai Page, Zion, Snow Canyon, Yant FLat Escalante, Zebra Slot, les « jours moins » s'enchaînent... Burr Trail Rd, Notom-Bullfrog Rd, The Tanks Hickman Bridge, Cathedral Valley Strike Valley Overlook, Waterpocket Fold via la Notom-Bullfrog Rd En route pour Moab... Little Wild Horse Canyon, Fisher Towers Moab... Arches NP, Fiery Furnace Moab, toujours... Marching Men, Tower Arch, Parallel Arch Delta Pool Shafer Trail, Musselman Arch, Potash Rd Bisti. Valley of Dreams, King of Wings Sur la route de Santa Fe Kasha-Katuwe Tent Rocks National Monument De Santa Fe à Great Sand Dunes via Taos De Great Sand Dunes à Crested Butte De Crested Butte à Glenwood Springs via le Kebler Pass Rocky Mountain National Park (1) Rocky Mountain NP, Trail Ridge Rd (2) Rocky Mountain NP (3) 18 juin, le départ Renseignements divers

J 1 – 14 mai

Vol sans problème Paris-Francfort sur Lufthansa, où nous retrouvons avec plaisir Angelo & Monika avec qui nous ferons les vols aller et retour. Après une escale de trois heures, l'avion décolle pour Denver avec une heure de retard, sans aucune explication...

Chez Dollar, où nous avons réservé un SUV via rentalcars.com, il n'y en a aucun digne de ce nom, malgré une heure passée sur le parking à chercher et à les inspecter les uns derrière les autres. Nous choisissons finalement un Kia Sorento, de faible garde au sol et qui nous semble juste en longueur pour dormir à l'aise, mais on fera avec. De toute façon il n'y a rien d'autre.

Retour au comptoir de Dollar. Là, la jeune femme qui s'occupe de notre dossier, lymphatique à l'extrême et qui visiblement rêve d'autres horizons, nous propose en insistant lourdement de payer pour prendre l'autoroute qui contourne Denver, car « sinon vous aurez une amende de 100 $ tous les 20 km ». Ça sent très fortement l'arnaque habituelle des loueurs qui tentent lorsqu'ils sont face à des Européens sur les rotules de leur fourguer tout et n'importe quoi en supplément, et nous refusons donc catégoriquement. Elle nous donne notre reçu et nous quittons l'aéroport en laissant 10 $ à une femme dans une guérite pour qu'elle soulève la barrière. Enfin dehors, ouf! Mais on verra au retour que malgré notre vigilance, notre lecture attentive du contrat, etc., certains sont passés maître dans l'art de l'escroquerie. (C'est sans compter avec ma pugnacité...)

Nous rejoignons Castle Rock et La Quinta Inn – très bien – aux alentours de 20 heures, sans avoir eu le temps de nous arrêter au Walmart d'Aurora. D'habitude nous passons la première nuit dans la ville d'arrivée, mais nous décidons de suivre Angelo & Monika qui préfèrent s'éloigner de Denver et descendre plus au sud, vers Colorado Springs. Nous nous couchons aux environs de 22 h 30, après vingt-cinq heures sans dormir.

J 2 – 15 mai

Nous quittons Angelo & Monika qui partent sur Santa Fe et que nous devons retrouver à Moab, début juin. Commence alors la longue descente vers Roswell et l'extrême sud du Nouveau-Mexique, 760 km de route monotone et sans grand intérêt, si l'on excepte quelques belles vues à l'est, sur les Spanish Peaks encore blancs de neige.

Au sud de Trinidad, le désert s'installe, et nous ne le quitterons qu'à l'ouest de Carrizozo. A perte de vue, une herbe rase et terne sous le ciel immense, un horizon que rien ne vient ponctuer. Parfois, un éparpillement de petites vaches noires, puis à nouveau la solitude... Paradoxalement, dans cet environnement desséché, c'est l'eau qui vient à l'esprit, c'est à la mer que l'on pense. La mer qui, autrefois – un autrefois très lointain, il y a 275 millions d'années –, recouvrait le sud de l'Arizona et du Nouveau-Mexique, et l'ouest du Texas. La mer qui, en s'évaporant, a laissé derrière elle cette longue étendue d'un blanc étincelant que l'on apercevra demain, au loin, White Sands, les dunes de gypse, minéral si rare car soluble dans l'eau. Mais cette terre ne connaît plus l'eau...

Nous nous installons au Best Western El Rancho Palacio de Roswell, excellent.

J 3 – 16 mai

J'ai toujours eu envie, si l'on descendait sur White Sands en passant par Roswell, de visiter son musée des Petits Hommes verts. Mais il n'a pas grand intérêt, entre une multitude d'articles plus ou moins fantaisistes et une animation digne de mes années de patronage. De plus, la fatigue aidant, même ce matin, j'ai oublié le Canon. Bon, ça nous aura au moins permis de faire une étape sur la route d'Alamogordo.

Alamogordo, à environ deux heures de là. Le Mexique n'est pas loin. Et la terrible Ciudad Juárez non plus, ville qualifiée par certains de « plus dangereuse au monde » – où entre 1990 et 2000 la vie des jeunes femmes ne tenait qu'à un fil. 4000 d'entre elles y ont été violées et assassinées. Désormais les meurtres sont toujours bien présents, mais c'est le cartel de la drogue qui a pris la relève. Bref, un lieu charmant, plein d'imprévus, que bizarrement on ne brûle pas de découvrir. Il y a beaucoup de Mexicains dans les rues et au motel – Super 8, très bien.

White Sands National Monument (5 $ l'entrée par personne), dans le bassin de Tularosa, à 15 miles à l'ouest d'Alamogordo et au nord du désert de Chihuahua. Phénomène géologique « unique au monde » si l'on en croit le National Park Service : www.nps.gov/whsa/index.htmd'une cinquantaine de kilomètres de long sur quinze de large. On part assez tard, toujours très fatigués. Le ciel est voilé, la lumière grise, et le gypse aussi.

La route est d'abord bitumée, puis laisse la place à une blancheur aveuglante. Le trail d'Alkali Flat se trouve tout au bout et fait une boucle de 8 miles. Le halo du soleil dispense une lumière blafarde, mais la chaleur, elle, est bien présente. (Pourquoi les dunes sont-elles blanches alors que les cristaux de gypse sont translucides? Tout simplement parce que le vent précipite les cristaux les uns contre les autres, ils se rayent, se brisent et s'amalgament, provoquant une diffraction de la lumière. )

Nous nous enregistrons à 16 h 30 et on s'apercevra assez vite que c'est déjà un peu tard étant donné notre état physique et la fatigue accumulée non seulement depuis de longs mois mais aussi depuis le départ.

Nous sommes seuls à aller de piquet rouge en piquet rouge, plantés au sommet des dunes, uniques points de repère pour délimiter le tracé. On imagine ce que ça donnerait si le vent se levait...



Cet environnement particulièrement hostile abrite une vie bien présente: 60 espèces de plantes dont cette verveine que l'on croise en chemin.... et 44 espèces de mammifères, 26 de reptiles, 6 d'amphibiens, une centaine d'espèces d'insectes et 210 d'oiseaux... Ça laisse rêveur. A croire que les dunes sont trouées comme du gruyère et que tout le monde se cache là-dessous pendant les heures du jour.

Les traces se croisent et se recroisent, notamment celles de scarabées longs et noirs, des Darkling Beetles – appelés aussi stinkbugs parce que lorsqu'ils sont dérangés ils distribuent généreusement quelques sprays d'un liquide à forte odeur de kérosène –, qui s'épuisent à essayer de grimper. Un pas en avant, trois en arrière... un en avant, quatre en arrière... un en avant, deux en arrière... La tache semble démesurée.



Nous sommes toujours seuls à crapahuter dans les dunes. Quand le soleil pointe le nez, la chaleur est immédiatement accablante, surtout dans les creux.

Au bout de deux heures à monter et descendre, on aperçoit quelques cabanes qui doivent se trouver à l'endroit où la boucle se referme et retourne au point de départ. On décide de faire demi-tour, il commence à être tard, même si les dunes sont superbes la lumière n'est pas belle, et l'énergie n'est pas au rendez-vous.



Une fois arrivés à la voiture, le soleil montre brièvement le bout de son nez...

Nous apercevons une file de voitures garées le long de la piste et tout un tas de gens dans les dunes, tournés vers l'ouest... En fait nous n'avions pas vu le panneau concernant la Golden Hour, mais ce soir une brume dorée voile l'horizon.

(Si on prévoit un passage par White Sands, il faut absolument consulter le site du parc (voir ci-dessus) si on ne veut pas se casser le nez, car il est bordé par une zone militaire où sont effectués quasi quotidiennement des tirs de missiles, ce qui en exige la fermeture momentanée. C'est la première chose que l'on voit en visitant le site Internet, dans un encadré rouge.)

J 4 - 17 mai

Aujourd'hui, 800 kilomètres nous attendent, entre Alamogordo, Nouveau-Mexique, et Sedona, Arizona. Jusqu'à Carrizozo, à une centaine de miles au nord, la circulation est assez dense et la route rectiligne. Le village, devenu célèbre depuis que J-P Trois14 a visité les lieux ;-), n'est pas aussi triste qu'on l'imaginait. Le vent et la poussière ne l'épargnent pas, mais il est presque pimpant avec ses arbres verts, comparé à certains autres de la région.

Au nord-ouest, à environ cinq miles, surprise : dans les étendues désolées de la vallée de Tularosa, un immense champ de lave aligne ses blocs de basalte au milieu desquels la végétation a trouvé refuge : yuccas, cholas, opuntias, echinocereus, verts et noirs mêlés. L'endroit se nomme Valley of Fires Recreation Area. Nous le traversons comme une flèche, la route est longue et ce n'est pas le moment de s'arrêter.

J'essaie de respecter les limites de vitesse, 50, 55, 65 miles à l'heure, bien que nous soyons seuls au monde, mais bien vite les bonnes résolutions tombent, excepté dans les agglomérations, où 15 miles c'est 15 miles.

La frontière de l'Arizona est enfin là, la terre devient plus rouge, nous pensons à Patrick ;-)

Une fois à Holbrook, la circulation est incessante jusqu'à Flagstaff, les énormes trucks foncent à tombeau ouvert, mais que dire de la bifurcation sur Sedona ! C'est à quoi doivent ressembler les retours de plage au mois d'août. Nous mettrons un temps fou à rejoindre le motel, le Sugarloaf Lodge, à West Sedona, où nous étions en 2007. La ville a explosé, nous ne reconnaissons plus rien.

Très grande et belle chambre n° 6, qui donne en partie sur l'arrière et la jolie piscine. Le propriétaire est un taiseux 100 %, mais ses sourires parcimonieux indiquent qu'il est malgré tout aimable. Nous nous souvenions très bien de lui... Un tour à côté au New Frontiers, supermarché bio extra, pour se composer de délicieuses salades et s'acheter quelques gâteries, et nous rejoignons nos pénates.

J 5 - 18 mai

Repos complet aujourd'hui et demain. Piscine pour moi le matin, ça n'a jamais dû m'arriver dans un motel aux Etats-Unis, tandis qu'Alain lit à l'ombre d'un parasol, puis petite balade à Chimney Rock Loop Hike. La route qui y mène, Coffee Pot Drive, part tout près du motel. Nous croisons en chemin une famille nombreuse de Gambel's Quails. La mère est suivie d'une bonne quinzaine de petits, qui courent dans tous les sens.

Une fois sur place, nous quittons le petit parking, empruntons le chemin et… trouvons évidemment le moyen de nous égarer ! Nous loupons le sentier qui fait le tour de la butte. En fait, c'est de ma faute, car en voyant un gros et grand tas de pierres cylindrique enserré dans un filet métallique au milieu du sentier, j'ai cru que c’était pour indiquer qu’il ne fallait pas passer par là. Or c'était un cairn moderne ;-).

Nous grimpons donc jusqu’au sommet, au pied de la « cheminée » ou plutôt des cheminées, d’où la vue est magnifique, puis nous errons ensuite un certain temps, passant des éboulis aux à-pics vertigineux puis aux buissons de manzanitas…, mais on finit par y arriver! Je veux dire arriver sur le chemin par lequel on était montés et qu'on a repris en sens inverse.



A Sedona, nous cherchons le supermarché Basha. Alain va se renseigner au Visitor Info, mais un couple d'Américains qui entend la question lui indique immédiatement le chemin et lui donne même une carte de réduction!...

J 6 - 19 mai

Le matin, Jordan Trail. Nous payons 5 $ pour nous garer sur le parking de terre. Le sentier démarre bien, mais ensuite il est très mal indiqué lorsqu'il rejoint la route – ce qui nous étonne de la part des Américains – et on a le choix entre traverser et se retrouver dans les broussailles, ou poursuivre sur une dizaine de mètres et être de nouveau devant un choix cornélien : car il y a deux départs entre de gros rondins.

Au bout d'un certain temps, on retourne sur nos pas, n'ayant pas envie de nous fourrer dans une nouvelle galère...(On a bien un GPS, mais il reste bien au chaud au fond du sac à dos ;-) Il nous sert surtout à retrouver éventuellement la voiture.)

Le soir, Shuerman Mountain. Superbe sentier qui monte au sommet de la colline puis continue sur un quart de mile pour dominer Cathedral Rock et toute la vallée à ses pieds.



J 7 – 20 mai

Nous quittons le Sugarloaf où nous étions si bien, ainsi que son propriétaire silencieux.

En remontant Oak Creek Canyon nous pique-niquons au bord de l'eau. Les pentes boisées sont abruptes et nous nous faisons la remarque que s'il y avait le feu, avec le vent incessant qui nous poursuit depuis le Nouveau-Mexique, ça pourrait être catastrophique. On ne croyait pas si bien dire, et la suite confirmera nos craintes...

Loooongue route, ou plutôt autoroute, pour Havasupai... Ça n'en finit pas... Sortie pour Seligman, sur la Route 66, puis bifurcation à droite sur la Route 18. Jusqu'au Hualapai Hilltop, il y a encore 100 km de route déserte, de longues lignes droites sur le plateau, entrecoupées de courbes qui sinuent à travers les collines de genévriers. Et, toujours, le ciel immense.

Avant d'arriver, on sent le gouffre du canyon, tout comme on sent la mer avant de la voir. Le vide est quasi palpable, il manque quelque chose au-dessous mais c'est pourtant au-dessus que cela se passe. Les voitures – vides – s'alignent les unes derrière les autres au pied de la paroi sur un bon kilomètre jusqu'au parking bondé, et là, miracle, à quelques mètres du départ du sentier, il y a juste une place pour nous entre deux 4 x 4. Nous sommes quasi seuls...

Le cheval du gardien qui habite une petite maison de bois plantée au bord du vide broute avec délicatesse le gravier poussiéreux.

Derrière lui s’ouvre, magnifique, le canyon du Colorado…



J 8 - 21 mai

Réveil à 5 h 30, après une nuit dans le silence du monde... Le Kio Sorento est finalement plus long que ce que nous pensions et nous avons relativement bien dormi, même si nos pieds touchaient la porte du coffre.

La vue est magnifique, mais il faut faire attention où on met les pieds durant toute la descente, très raide, car ce sont en partie des marches couvertes de gravier extrêmement glissant.

On arrive ensuite dans une vallée relativement plate avant d'entrer dans le canyon, splendide, qui vaut à lui tout seul de se rendre au village de Supai.

On commence à apercevoir les premiers peupliers, c'est bon signe...



Nous croisons maintenant régulièrement des trains de mules. Il ne fait pas bon être mule – ou cheval, il y en a également – par ici. Elles passent leurs journées à monter et descendre dans le canyon, croulant sous la charge, liées à la mule précédente par une corde et parfois harcelées et incendiées pour augmenter l’allure. Curieusement, ce sont les Supais les plus gros, pour ne pas dire obèses, les plus désagréables avec elles.

Un panneau, « Vous êtes presque arrivés », oui, sauf que ça n'en finit pas, le sentier se coule sous les peupliers, le long d'un petit canal de dérivation. C'est très agréable, d'accord, mais on commence à en avoir plein les baskets et on a hâte d'arriver.

Enfin, nous arrivons au village, dominé par deux monolithes, the Watchers, et entouré de plusieurs rangées de barbelé, sans doute pour que les bêtes ne prennent pas la poudre d'escampette.



Ah, mais il ne faut pas croire que c'est gagné, non, un chemin le contourne entièrement. Je demande à une Supai où se trouve le lodge et je n'ai pas le temps de finir de poser ma question qu'elle se met à me rouler des yeux de Nosferatu et à hurler je ne sais quoi... Bon, celle-ci est apparemment complètement à l'ouest...

Heureusement, le lodge est tout près. Nous entrons... Il n'y a personne... Au bout de quelques minutes, nous nous rendons compte qu’une femme est assise derrière le comptoir, juste au-dessous de nous, qui nous ignore totalement. Quand elle voit que nous l'avons repérée, sans nous dire bonjour ni même nous jeter un regard, elle nous dit, en pointant du doigt la pendule accrochée au mur derrière elle: « Check-in à 1 heure, il est 10 heures ! » Interloqués, nous lui demandons s'il n'y a pas une chambre de faite mais elle se contente de répondre : « Check-in à 1 heure, il est 10 heures ! » Nous nous asseyons dans les fauteuils de l'office, plutôt furieux d'un tel accueil, mais cinq minutes plus tard elle se lève et nous ordonne : « Outside ! Je vais chercher de l'argent! » Nous lui faisons répéter, croyant avoir mal entendu, et elle nous dit une nouvelle fois: « Outside! » Nous sommes hors de nous et partons en claquant la porte tellement fort que j'ai bien cru qu'elle sortait de ses gonds!

Une fois dehors, nous nous asseyons, bien décidés à attendre son retour, qui s'éternise, car en fait elle voulait juste qu'on s'en aille et a inventé un prétexte pour nous mettre dehors. Il faut savoir que le lodge ferme à 5 heures, que lorsqu'on vient de faire 16 km à pied on n'a pas envie de faire un aller-retour aux chutes avec les sacs sur le dos – ce qui représente quand même, pour les plus éloignées, 10 miles supplémentaires (16 km) et 4 pour Havasu –, puis revenir faire le check-in à 1 heure et repartir de nouveau pour les chutes! Donc nous attendons, et pendant ce temps un Supai d'une trentaine d'années, grand et mince – ce qui est rarissime et mérite d'être signalé –, passe et repasse, étonné que ce soit fermé. Puis la femme revient vers 11 heures en nous jetant un regard noir et, des fois qu'on n'aurait toujours pas compris, nous lance au passage : « Check-in: 1 heure !! » Heureusement, le même Supai entre peu après elle et ressort avec la formule magique: nous pouvons prendre la chambre ! Ouuuuuf ! Tandis qu'on attendait, deux jeunes Belges sont arrivés et ont trouvé porte close. Au bout d'un moment, ils ont choisi de repartir aux chutes et nous les retrouverons plus tard à Havasu Falls.

Nous faisons le check-in, tout de même 242 $ pour une seule nuit, en payant pour la première fois en vingt ans sur une réserve indienne des taxes, et des taxes sur les taxes :-(

Et sur ce, nous partons déposer les affaires dans notre chambre... Hmmmm... Le nid douillet s'annonce à la hauteur du prix de la chambre, soit 145 $ hors taxes...



Bon, c’est pas tout ça, mais on est venus pour voir les chutes, alors en route pour Havasu en passant d’abord par Navajo Falls. Evidemment, on commence par se perdre, en traversant la rivière et en partant sur la gauche, donc du mauvais côté. On a l'habitude... ;-)

Au bout d'un certain temps, quelque chose cloche, on ne rencontre absolument personne, et on se dit qu'on ferait bien de revenir sur nos pas. Mais de retour au petit pont, au lieu de le retraverser, on file tout droit sur la rive gauche de la rivière. Deux cents mètres plus loin, un jeune Supai, sur le pas de sa porte, nous regarde arriver. Avec un sourire jusqu'aux oreilles il nous lance : « Vous êtes perdus, non ? Ha ha! Comme tout le monde! » (Ouf, l'honneur est sauf!) Et il nous propose très aimablement de nous remettre sur le bon chemin.

Maintenant que nous avons quelques kilomètres supplémentaires dans les jambes, nous voilà repartis. Le chemin ressemble désormais à une piste forestière, large et argileuse. Les dégâts causés par la rupture du barrage en terre de Redlands, en 2008, sont encore bien visibles, l'eau a tout emporté sur son passage, les berges mais aussi des pans de falaise entiers et les arbres qui poussaient le long du Colorado. Le tout a un air de désolation, arbres morts enchevêtrés, certains encore en équilibre, suspendus entre terre rouge et ciel indigo, pourtant la relève semble assurée...

Le soleil tape maintenant très fort. Nous dépassons les premières chutes sans nous arrêter, elles ne nous tentent pas plus que ça. Ce mince ruban d'eau turquoise qui passe lentement devant nous, est-ce vraiment le Colorado, si tumultueux en amont, si déchaîné, si pressé d'aller se jeter dans la mer de Cortés en déposant généreusement au passage ses alluvions sur l'Isla Montague? Mais non! C'est le Havasu Creek! (Merci Alain-Pierre! 😉)



Enfin, voici Havasu Fall (il n'y en a plus qu'une), tant attendue... La chute, magnifique, se précipite du haut de la falaise dans une vasque d'eau turquoise. La première chose que l'on aperçoit ensuite c'est le monde, beaucoup de monde, dans l'eau, sur les rochers, sur le sable, au-dessus, au-dessous, dedans, derrière la chute... Les jeunes Belges sont là, eux aussi. Difficile de prendre des photos, il faut être attentif et saisir le moment où, miracle, il n'y a quasi plus personne dans l'objectif.



Sur les serviettes il n'y a pas que les hommes... ;-)

Pendant longtemps, un groupe d'une dizaine de personnes crient au pied du tourbillon d'écume blanche, un homme plonge, la chute l'avale, il disparaît, réapparaît un instant sur la roche, derrière. Une fille veut faire la même chose mais visiblement elle est coincée de l'autre côté, ne peut plus revenir, appelle... Moment d'angoisse chez ses copains, qui dure... Et puis la voilà, comme recrachée par la chute.

L'endroit a complètement changé si on le compare aux photos publiées il y a plusieurs années, les larges vasques en terrasses, par exemple, ont en partie disparu.

Bien plus tard, lorsque l'ombre prend possession des lieux, nous rentrons à Supai, je suis un peu déçue de ne pas avoir pu faire de photos comme je l'aurais voulu. L'endroit serait vraiment paradisiaque s'il était ignoré des hommes. C'est un mélange d'Agua Azul et de Misol-Ha, au Chiapas (Mexique), pour ceux qui connaissent, même si les berges mexicaines n'ont pas eu à subir de rupture de barrage...

Nous arrivons au lodge en même temps que les jeunes Belges, à 18 h 30, alors qu’eux n’ont pas encore pris possession de leur chambre. Or tout est fermé jusqu’à demain 8 heures! Pas de panique, nous leur proposons si besoin de partager notre charmant petit nid. ;-) Apercevant un écriteau, « manager », ils frappent à la porte. Elle s’entrouvre de 5 cm, laissant voir un énorme bras et échapper un grognement, puis se referme... Quelques minutes plus tard, comme ils sont toujours là, et nous avec, elle s’entrouvre à nouveau, et cette fois ce n’est plus le bras mais le visage d’une femme détestable, particulièrement antipathique, qui apparaît. Ils montrent leur réservation, insistent pour avoir la clef, qu'elle leur remet de mauvaise grâce en leur claquant immédiatement la porte au nez!

La porte de notre chambre est en ruine, la fenêtre à l'intérieur également. Je n'ai jamais vu un tel hébergement dans une réserve indienne, en général ils sont toujours haut de gamme et superbement décorés. Et tout cela, je me répète, pour 145 $ la nuit hors taxes! Auxquels s'ajoutent les droits d'entrée pour deux personnes sur la réserve: 70 $. Mais le plus beau c'est que les taxes (qui ne sont pourtant jamais appliquées par les autochtones sur les réserves car eux-mêmes n’y sont pas soumis) ont été ajoutées aux taxes locales et aux droits d'entrée. On ne s'en est aperçus que le lendemain soir. Heureusement, les habitants du village, excepté la première femme à qui nous avons demandé le chemin du lodge, étaient nettement plus aimables !

Le soir, extinction des feux à 8 heures, et à 8 heures 5 on était en plein rêve... Ça ne nous était encore jamais arrivé !



J 9 - 22 mai

5 heures, premières lueurs du jour. 5 h 30, départ au petit matin. Déjà les Supais s'activent... En passant près d'un abricotier qui, lui, est à l'intérieur de l'enceinte du village, nous trouvons quatre beaux abricots fraîchement tombés dans le sable du chemin. Ils se révéleront délicieux...

Nous avons mis trois heures et demie pour descendre, nous mettons quatre heures et quart pour remonter. Le canyon est toujours aussi beau. Nous croisons assez vite les premiers randonneurs, on se demande à quelle heure ils sont partis, probablement comme les trois jeunes qui ont quitté le hilltop, l'avant-veille, à 19 h 30 !

Au bout de trois heures environ, les premières mules nous dépassent, menées par des Supais, pas toujours sympa avec elles... Plusieurs montent des chevaux alors qu'eux-mêmes, comme je l'ai dit, sont obèses. Il ne fait pas bon être mule ou cheval dans ce coin-là, monter, descendre, monter, descendre, jour après jour, chargés comme... des mules!



En bas les chiens paressent sur leurs serviette de bain, dans la montée ils sont de corvée d’eau ;-)

On amorce maintenant les lacets serrés dans la falaise à pic pour rejoindre le hilltop..... doublés par les petites mules, qui grimpent avec persévérance.

Après dix miles de remontée, soit seize kilomètres, on commence à être sur les rotules, comme tous les jeunes qui arrivent après nous. Ça nous remonte le moral ;-)).

Les deux jeunes Belges avaient choisi de faire le chemin à dos de mule et ils ne nous ont pas dépassés. On les voit arriver environ trois quarts d'heure plus tard, frais comme des gardons et enchantés du voyage.

Nous reprenons la route...



A suivre...

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Itat · 2014-12-15

Hello Pascale

Voilà qui va occuper toute ma soirée 😉, je vais lire ça directement sur ton site.

A plus

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Trois14 · 2014-12-15

Hello Pascale et Alain

Quel plaisir de retrouver un nouveau carnet, un nouvel épisode de "Carnets d'Amériques... et d'ailleurs" ! Je ne savais pas que vous étiez enfin décidés à retourner au pays (heu 😇 ) !

On devrait se régaler, car vous nous avez depuis longtemps habitués à de très belles photos, et à un texte extrêmement plaisant à lire. Le début de ce carnet de voyage est manifestement de la même veine.

Quelles belles photographies d'oiseaux !

J'ai apprécié comme il se doit votre passage à Carrizozo, et votre jugement très acéré qui vous a finalement fait porter une appréciation élogieuse sur le village. On voit là les vrais connaisseurs ! Dire qu'on trouve encore des gens pour dénigrer Carrizozo !

Quant à White Sands, manifestement vous n'avez pas eu de chance, et c'est un peu dommage. Le soleil voilé ne rend pas complètement justice à cette région. Mais tu as su cependant tirer de magnifiques photos ce ces dunes, qui donnent envie de revenir patauger là dedans. La difficulté principale des photos de WS est la balance des blancs, si on ne veut pas que le sable blanc immaculé ne paraisse gris et fadasse. Tu as parfaitement réussi. Et quelle faune dans ce désert !

Enfin Havasupai. Je suis un peu peiné par votre légère déception. C'est pourtant vrai qu'elle est complètement légitime. Mais en général on revient à Havasupai comme on revient à une cérémonie religieuse. Il faut être bon public, et jouer le jeu. Oui, les habitants de Supai sont un peu (un peu seulement ?) lourdingues (au propre, comme au figuré d'ailleurs). Mais quand on le sait, c'est extrêmement amusant de les retrouver plus caricaturaux encore que ce qu'on croyait possible. Votre contact avec la gardienne du lodge m'a beaucoup amusé, et fait repenser à celui que j'ai connu ICI. Quasiment du copié-collé. Il ne m'étonnerait pas que nous ayons eu à faire à la même matrone. Je m'y croyais vraiment en vous lisant. Mais moi, cela m'avait beaucoup amusé et je jouais le jeu en cherchant à la piéger à ses propres excès. Les deux tours, visibles à l'entrée du village sont habituellement nommées "the Watchers", plutôt que les "Twin Sisters" (ou cela a changé récemment). Enfin le monde aux chutes, oui, c'est complètement vrai. Mais cela ne m'a jamais particulièrement gêné (hormis pour les photos) car je suis habituellement le premier à vouloir jouer dans cette eau merveilleuse. Et je ne m'étonne pas que d'autres aient la même idée. En fait, j'ai l'impression de retomber en enfance dans ces piscines/jacuzzis turquoises. Et j'espère bien y retourner encore (les occasions de rajeunir ne sont pas si fréquentes que cela dans la vie). Mais vous avez apprécié le canyon d'accès, effectivement très beau avec le soleil qui joue sur les parois.

On attend la suite avec impatience. Où avez vous été ensuite ?

A+

Jean-Pierre 3.14

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Kashtin · 2014-12-15

Hello Thibaud!

Bonne soirée, alors! 😉

Pascale

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Kashtin · 2014-12-15

Bonsoir Jean-Pierre,

On est contents d'avoir de tes nouvelles 🙂.

Juste une info, pour commencer, je suis seule à faire le carnet, photos et texte 😉, Alain repasse en général derrière moi mais il n'a pas encore eu le temps, alors il doit rester pas mal de "scories".)

Merci pour les compliments aux oiseaux, ils étaient très photogéniques!

Carrizozo est un pimpant village verdoyant, bien loin de la vilaine réputation qui le poursuit sur ce forum. Si si, c'est vrai! (Pour ceux qui en douteraient...)

Oui, on n'a pas eu de chance à White Sands, mais ça aurait pu être bien pire si le parc avait été fermé à cause de tirs de missiles (toujours la bouteille à moitié pleine 😉).

Quant à Havasupai, je me souviens que tu nous avais raconté votre entrevue avec la matrone du lodge, mais lorsqu'on te lit la similitude avec nous est frappante! Enfin, depuis elle a peaufiné les choses pour ne plus se faire avoir, puisqu'elle met tout le monde dehors pour aller chercher de l'argent. Je ne sais pas d'où je sors ce nom de Twin Sisters... Je vais les remplacer par les Watchers. Merci! 🙂

Où est-ce qu'on a été ensuite? On a pris la route pour Page via Flagstaff...

A bientôt!

Pascale

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Mokahlki · 2014-12-16

Hello Pascale 🙂

On l'attendait ce carnet et là il arrive pour Noël ! Je vais te suivre sur Carnetsdameriquesetdailleurs.fr pour profiter pleinement de tes belles photos :-)

Bises.

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Isap29 · 2014-12-16

Bonjour Pascale,

Cinq ans déjà ont passé depuis notre dernière boucle

Oui, mais te lire est un tel régal 🙂 et ta carte m'intéresse beaucoup car elle recouvre une partie de notre prochain voyage (2015) et tu annonces de nouvelles découvertes 😉 ; miam ! N'aurait-il pas été plus intéressant de faire un "one way" Phoenix-Denver ? (je constate que tu as toujours le chic pour trouver de superbes "bandeaux" mais le premier doit être photographié un peu plus au nord, non ?)

White Sands National Monument

Superbes photos comme d'habitude même si la météo ne vous était pas favorable. Petite question : tu parles de 5$ l'entrée (le site du NPS dit 3$), vous ne prenez pas le Pass ?

Havasupai

Ah, j'en rêve et espère recevoir rapidement notre sésame pour le lodge ; mais visiblement, il faudra batailler ferme une fois sur place 😠. Quelle plaie ce type de comportement ! (je me souviens bien du récit de JP 😉)

Ce mince ruban d'eau turquoise qui passe lentement devant nous, est-ce vraiment le Colorado

Tu es sure de ne pas confondre avec le Havasu Creek ? Le Colorado est un bon peu plus loin, en aval de Beaver Falls sauf erreur.

Êtes vous allés dans les magasins locaux ?

A bientôt pour la suite de vos aventures 😎.

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Kashtin · 2014-12-16

Hello Angelo!

On l'attendait ce carnet et là il arrive pour Noël !

Oui.. enfin... heu... c'est le début qui arrive 😉.

Et toi tu ne vas pas en faire? Ça aurait été drôle qu'on en fasse chacun un, même petit, sur nos rencontres respectives 🙂.

A bientôt! 😉

Pascale

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Kashtin · 2014-12-16

Bonjour Alain-Pierre!

Merci merci pour avoir répondu à mon interrogation 😉, j'ai rectifié illico!

N'aurait-il pas été plus intéressant de faire un "one way" Phoenix-Denver ?

Oui, sûrement, mais à l'origine on devait commencer par Taos et Santa Fe, sauf qu'après coup on a renoncé parce qu'on serait tombés pile sur le Santa Fe Century Bike Ride avec routes bloquées, etc. Du coup le tracé de notre parcours a un peu pris la tangente...

(je constate que tu as toujours le chic pour trouver de superbes "bandeaux" mais le premier doit être photographié un peu plus au nord, non ?)

Bien vu! 🙂 Wyoming.

Petite question : tu parles de 5$ l'entrée (le site du NPS dit 3$), vous ne prenez pas le Pass ?

Si, toujours, mais là je t'avoue qu'on n'a pas pensé une seule seconde qu'on pouvait prendre un pass à White Sands. On était complètement dans le cirage à ce moment-là.

Êtes vous allés dans les magasins locaux ?

A Supai tout était fermé quand on est rentrés des chutes, et le lendemain matin rien n'était ouvert. De toute façon on ne comptait pas faire d'achats en bas. La seule chose que j'aurais aimée c'était envoyer deux trois cartes de la poste avec le tampon du train de mules. Mon père m'en avait plusieurs fois parlé. Nous on a au moins celui de la réponse pour la réservation 🙂.

A bientôt,

Pascale

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Pong · 2014-12-16

Super ! Un carnet pour les nuits d'hiver ! 🙂 Merci pour le partage et les photos ensoleillées !... 😎

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Oliv2019 · 2014-12-16

Salut Pascale,

j'ai l'impression que vous avez commencé ce voyage sur les rotules et que les km des premiers jours ont fini de vous achever ! 😛

Pour Havasu, j'espère que l'endroit ne terminera pas comme à Saturnia en Italie (photo prise sur internet), sinon il va falloir viser le véritable hors saison pour une certaine quiétude ...



En tous cas très jolies photo et texte très agréable à lire avec une bonne pointe d'humour !

Merci et bon courage pour la suite

A ++

Olivier

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Mlefevre · 2014-12-16

Salut Pascale, Superbe début de carnet, j'aime bien tes photos de White Sand sans soleil finalement! J'apprécie aussi ta sollicitude pour les mules de Havasupaï et je crois bien que je n'irai jamais, ça me gâcherait mon plaisir... Bon courage pour la suite! Marie

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Kashtin · 2014-12-17

De rien! 🙂🙂

Pascale

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Kashtin · 2014-12-17

Salut Olivier,

Pour Havasu, j'espère que l'endroit ne terminera pas comme à Saturnia en Italie (photo prise sur internet), sinon il va falloir viser le véritable hors saison pour une certaine quiétude ...

A mon avis il n'y en a pas pour longtemps avant que Havasu ressemble à ta photo... En été, par exemple, ça ne devrait pas tarder...

En tous cas très jolies photo et texte très agréable à lire avec une bonne pointe d'humour !

Merci! 🙂

Pascale

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Kashtin · 2014-12-17

Salut Marie,

Superbe début de carnet, j'aime bien tes photos de White Sand sans soleil finalement!

Merci 🙂. J'aurais quand même bien aimé voir le gypse sous un grand soleil.

J'apprécie aussi ta sollicitude pour les mules de Havasupaï et je crois bien que je n'irai jamais, ça me gâcherait mon plaisir...

Pour tout dire, elles nous fendaient le cœur, quand on les voyait passer croulant sous la charge, l'air triste à mourir. D'ailleurs il doit bien y en avoir, de temps en temps, qui tombent et ne se relèvent plus 😕. Et j'imagine en plein cagnard, l'été... 🤪

@+, Pascale

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Calisson94 · 2014-12-17

Hello Pascale,

Je viens de passer un super moment avec ton début de carnet... Perso, j'ai beaucoup aimé tes photos des dunes, je trouve celle avec toutes les traces de scarabées fantastique .... Magnifiques aussi les photos d'oiseaux ... Attention, j'aime bien les autres photos aussi, hein !

Havasu, j'en rêve depuis un carnet automnal de Pong... Bon, maintenant, j'en rêve un petit peu moins !

Je suis curieuse et intéressée par ton retour concernant Snow canyon, j'envisage d'y passer en février, mais comme ce séjour va être super court, je me tâte encore....

A bientôt pour la suite....

Laure

PS : j'ai trouvé le lapin😉!

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Trois14 · 2014-12-17

Hello

Salut Olivier, Pour Havasu, j'espère que l'endroit ne terminera pas comme à Saturnia en Italie (photo prise sur internet), sinon il va falloir viser le véritable hors saison pour une certaine quiétude ... A mon avis il n'y en a pas pour longtemps avant que Havasu ressemble à ta photo... En été, par exemple, ça ne devrait pas tarder...

Non là, et sans plaisanter le moins du monde, je ne vous suis pas. Je trouve même que Olivier et toi y allez vraiment fort. Je ne suis pas du tout d'accord. Comme je l'ai écrit dans mon carnet référencé en signature, je persiste même à penser que c'est la plus belle rando, et un des plus beaux sites du SW USA.

D'abord le chemin d'accés (et de retour). Il est un peu rude (long), mais qu'est-ce qu'il est beau !

Le village de Supai, c'est indiscutable, est un peu bordélique, pas franchement propre (mais il en est de même par exemple de bien des hameaux au fond du cirque de Mafate, à la Réunion, et pourtant tous le monde a envie d'y retourner).

La population en bas, OK, bof! Mais on le sait avant d'y descendre, et c'est plus amusant qu'autre chose. En plus, ils sont chez eux. Ils vivent leur vie, et nous la notre.

Les prix ? oui, là je suis 100% d'accord avec vous.

Quant aux chutes turquoises ? Alors là, j'aime beaucoup. J'y ai été (toujours à pied), un certain nombre de fois, au printemps, en plein été, en automne. J'ai vu le profil des chutes changer dans le temps. Mais je les trouve toujours aussi merveilleuses, fascinantes même. Je m'y suis baigné sans retenue chaque fois que l'eau n'était pas trop froide. On n'y est en général pas seul (au moins au pied de Havasu Falls, car les autres chutes sont souvent désertes), mais cela ne m'a jamais gêné, au contraire. Plus on est de fous, plus on rit ! On est souvent heureux de partager avec des inconnus la magie du lieu, qui nous fait complètement oublier les inconvénients. Par ailleurs, en choisissant un peu son angle, ou l'heure, on peut aisément faire des photos sans personnages (c'est parfois dommage, car ceux-ci donnent l'échelle de la chute, gigantesque).

Il y a parfois du monde, OK, je vous suis sur ce point. Mais cela n'a rien à voir avec la photo d'Olivier. On a de la place, et les emplacements pour barboter ou jouer dans cette eau turquoise, sont nombreux. Et surtout pas de risque, ce ne sera jamais Saturnia (que je ne connais que par la vue d'Olivier). D'abord par la (relative) difficulté du trajet d'accès (retour surtout) qui freine les ardeurs, et ensuite par les capacités d'accueil du lodge et du camping, limitées. Et (sauf exception pour les givrés 😇 qui veulent faire l'AR dans la journée) on ne descend pas si on n'a pas pu réserver une place pour la nuit. Et c'est toujours complet, donc il n'y a pas plus de monde en été qu'en mi- saison.

Et que dire des chutes suivantes, Mooney d'abord, encore plus hautes, et Beavers que l'on rejoint par une rando mémorable, le long de la rivière turquoise, même si cela demande de passer plus de temps en bas.

Vous avez apprécié le magnifique canyon d'accès (je vous suis complètement dans vos remarques concernant les pauvres mules), et cela n'est pas étonnant. Mais ensuite en bas, l'accueil au lodge (et pourtant vous étiez prévenus 😉) et la chambre très sommaire, au rapport qualité prix désastreux (si on fait abstraction de son emplacement), vous ont probablement fortement irrités (il peut y avoir de quoi, mais c'est le prix à payer pour profiter de ce coin paradisiaque). Et cette déception, ajoutée peut-être à la fatigue des jours précédents, vous a définitivement mis en mauvaise disposition d'esprit pour la visite du site. On peut considérer cela comme un échec, et j'en suis vraiment navré.

Heureusement que nous ne réagissions pas tous pareil, car il n'y aurait alors aucun intérêt à voyager nous-mêmes, les livres suffiraient. Les avis de tous sont vraiment enrichissants, surtout quand ils sont contrastés ; car tes arguments sont indiscutables, même si habituellement les gens n'arrivent pas aux même conclusions.. Je pense que la très grande majorité des visiteurs d'Havasupai en reviennent éblouis, enchantés, et le placent en N°1 de leurs souvenirs de vacances (il suffit de lire les divers CR sur VF). D'ailleurs le site OUESTUSA, généralement considéré comme une référence, précise :

J’ignore à quoi peut ressembler le paradis mais nul doute que Havasupai en est un sur notre belle planète. Certes, ce ne sont pas les chutes d’eau qui manquent dans le southwest mais ces eaux turquoises et piscines naturelles au milieu des falaises rouges du Grand Canyon rendent ces paysages uniques et décuplent leur beauté.

Au fond, si tu as dégouté certains forumeurs de faire la visite du site, c'est peut-être très bien, car il est aujourd'hui particulièrement difficile de réserver un coucher en bas, vu le nombre de postulants.

Globalement cependant, ton opinion sur Havasupai est très instructive, car elle est inhabituelle, et met en valeur des points que beaucoup négligent. Ces "idolatres" (j'en suis) ne retiennent que la magie du lieu, et cela suffit à faire gober tout le reste.

En résumé je suis franchement déçu pour vous deux, car je sais que vous appréciez les paysages grandioses. Heureusement, mon petit doigt me dit que par la suite de ce voyage, vous vous rattraperez, en découvrant certains sites géniaux, et eux complètement déserts (à l'exception bien sûr du groupe d'amis qui randonnent avec vous).

Bon courage pour la suite du carnet.

à+

Jean-Pierre 3.14

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Oliv2019 · 2014-12-17

Heu Jean-Pierre.... Comment dire ... je n'ai jamais dit que j'étais déçu par Havasu. Je l'ai classé n°1 de nos visites en 2012 et je te rejoins complétement sur la beauté du site.

J'ai simplement fait un parallèle avec un site similaire (de très loin quand même) en Italie où les piscines naturelles sont bondées. C'est le cas aussi en Turquie à Pamukkale par exemple.

J'ESPERE simplement que Havasu ne terminera pas comme cela. Quand j'y suis allé en Avril, il y avait au maximum environ 15 personnes réparties sur les 2 premières chutes (Mooney et Havasu) donc je dis simplement qu'il doit y avoir des périodes plus propices si l'on souhaite profiter de la magnificence de ce site dans une certaine quiétude.

A ++

Olivier

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Kashtin · 2014-12-18

Bonjour Laure,

Merci 🙂. Je vois que les photos de dunes ont du succès 😉 et pourtant j'ai été bloquée dessus pendant perpète parce que justement je ne les aimais pas, je les trouvais trop grises.

je trouve celle avec toutes les traces de scarabées fantastique ....

Tu parles de celle avec la petite photo du scarabée en haut à droite, ou de celle des pas de l'homme avec les traces du scarabée en guirlandes?

Havasu, j'en rêve depuis un carnet automnal de Pong... Bon, maintenant, j'en rêve un petit peu moins !

Houlaaa! Je ne veux pas être une briseuse de rêves! 😮 😉 Chacun doit se faire son opinion, et encore une fois, la nature est magnifique, que ce soit dans le canyon ou le long du Havasu Creek.

Je suis curieuse et intéressée par ton retour concernant Snow canyon, j'envisage d'y passer en février, mais comme ce séjour va être super court, je me tâte encore....

Ne te tâte plus, Snow Canyon est une petite merveille 🙂.

A bientôt,

Pascale

De Denver à Denver: rencontres au cœur de l'Ouest

Kashtin · 2014-12-18

Bonjour Jean-Pierre,

Souviens-toi, on a déjà eu cette discussion au pays des Roches rouges 😉. Il ne faut pas te culpabiliser, il y a longtemps qu'on avait décidé d'aller un jour à Havasupai. Cela dit tu as été très présent avec nous durant ces vingt-quatre heures, mais parce que tu avais fait l'aller-retour dans la journée, y compris le tour de toutes les chutes. Alors oui, on a parlé de toi, on était très admiratifs, avaler cinquante kilomètres en une journée n'est pas à la portée de n'importe qui.

Et (sauf exception pour les givrés 😇 qui veulent faire l'AR dans la journée)on ne descend pas si on n'a pas pu réserver une place pour la nuit.

Au passage, les givrés 😉 ne sont plus autorisés à faire l'aller-retour dans la journée, les Supais l'ont interdit (puisqu'ils ne payent ni nuits sur place, ni frais d'entrée sur la réserve, ni taxes; on est peut-être au paradis mais il faut rester réaliste, hein 😉). C'est pour ça qu'on nous colle un macaron sur le sac à dos d'une couleur pour ceux qui sont au camping, d'une autre pour ceux qui sont au lodge. On s'est d'ailleurs fait contrôler.

et un des plus beaux sites du SW USA.

Disons qu'on a été plus époustouflés par la vingtaine d'heures passée à CBS et White Pocket, seuls au monde avec les lapins et les coyotes. Mais les chutes restent absolument magnifiques, et j'invite tous ceux qui le peuvent à y aller... en dormant au camping 🙂. (Je ne me souviens plus si tu as été au Chiapas, tu nous l'as dit mais j'ai oublié.)

Heureusement, mon petit doigt me dit que par la suite de ce voyage, vous vous rattraperez, en découvrant certains sites géniaux, et eux complètement déserts (à l'exception bien sûr du groupe d'amis qui randonnent avec vous).

Ah... ton petit doigt a vendu la mèche 😎...

A bientôt, Pascale

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