Loopkin, tu pars le 8, n'est-ce pas ?
Dommage, on était partis pour bien se marrer. Ton dernier post me fait vraiment l'impression d'être tombé sur un jumeau apocryphe. (Attends, je cherche la définition dans le dictionnaire, le mot m'est venu comme çà).
Alors, çà marche ton voyage en Amérique du Sud ? Un an, c'est çà ? Et tu pars le 8 ? Dommage, vraiment…
Je suppose que tu n'as eu aucun problème avec l'espagnol. Très bien. De l'espagnol au portugais-brésilien, juste un pas à franchir (Fais un saut au Brésil, c'est un peu antinomique d'un autre message que je t'avais préparé, où je te conseillais de ne pas de disperser, mais le Brésil, tu verras, c'est vraiment géant), et alors, tu verras, et c'est une manière de répondre au sujet de ce fuseau, c'est génial, en même temps, entre l'espagnol et le portugais, la passerelle existe, simple d'apparence, et en même temps, du fait de la phonétique totalement différente des deux langues, osons même le terme, du spectre de fréquences fondamentalement NON connexe entre elles, tu as l'impression de débarquer, en passant d'un côté des chutes de l'Iguaçu à l'autre (l'Iguazu), sur UNE AUTRE PLANETE. Le problème, les premiers jours, c'est de ne pas sans arrêt mettre de l'espagnol dans ton portugais ou l'inverse. Sans compter le russe, qui, pour une raison qui m'échappe encore, vient en concurrence de l'espagnol. L'anglais, pas de problème, un monde à part, un monde en soi. Seul problème, LE COMPRENDRE, ce qui me fait toujours dire que la langue anglaise est une "allumeuse de réverbères" : facile en apparence, et imbitable (désolé pour cette vulgarité) dans la plupart des cas.
Anglais, espagnol, portugais, en voilà trois pour les Amériques, qui, conseil d'ami, dans un tour du monde, doivent se penser "pôle à pôle". OUI, c'est vrai, on voit toujours le tour du monde en circum-équatorial ou presque. A quand des relations de tours du monde circumpolaire sur ce forum. ALLEZ, à vos plumes les gars.
Ce qui m'amène au sujet "Africain". (Oui, qui dit circumpolaire, forcément, dit, d'un côté, de l'Alaska à la Terre de Feu -Antarctique optionnelle, et, de l'autre, du Cap Nord au Cap de Bonne Espérance, n'est-ce pas ?) Là, j'ai besoin de vos lumières. Réservoir majeur de grandes et petites langues dans ce monde où elles disparaissent à raison d'une par quinzaine par an, (n'est-ce pas Monsieur Hagège), on pourrait dire de l'Afrique : laisse tomber pour les langues, ils parlent tous, soit l'anglais, soit le français. J'ai peur que ce ne soit un peu juste. Comme Loopkin qui veut se mettre au quechua pour créer un contact différent avec les gens (je prends le mot gens de manière générique, c'est encore le plus cool, n'est-ce pas, sinon on s'arrache les cheveux pour faire politiquement correct, on essaye "autochtones", on le biffe, on tente "amérindiens", qu'on rature, on avance un "locaux", qu'on rejette aussitôt, que reste-t-il ? "sauvages" peut-être ? Super, "sauvages", mais alors j'en suis un, et le premier... Donc, pour l'instant, ce sera "gens", tout simplement). Donc, un petit conseil, différent de celui déjà présents sur ce faisceau, fuseau, thread, sujet, etc :
"Faites-vous plaisir, apprenez plutôt UNE LANGUE RARE ou deux qu'une langue majeure de plus."
En fait, si j'avais à faire un Tour du monde dans, mettons, un an ou deux avec les trois mômes (je me découvre un peu, c'est çà que tu voulais, hein, Loopkin ?), je leur confierais à chacun l'apprentissage d'une ou deux langues rares du parcours, çà nous en ferait six d'un coup d'un seul, comme çà. Faut bien que çà serve, d'avoir accepté de faire plaisir à feu Monsieur Debré, et, incidemment, à la belle de mes pensées et de mon paysage permanent, le sujet immuable d'un tableau toujours changeant que je déplace sans relâche des planches salées d'un caboulot de Tiuman aux massifs généreux d'un "Luco'" parfumé,
Vous l'avez compris, ce bloc de sujets -de qui est l'idée, d'ailleurs, de toi, Loopkin, Serge me dit à l'instant que tu es une star du forum, je suis rassuré, alors, il n'y a pas que moi qui te trouves géant, c'est bon, çà calme un peu le côté midinette, groupie, fan, adepte, disciple - je disais donc, ce bloc de sujets, sur les langues du Monde, IL EST ABSOLUMENT D'ENFER, IL ARRACHE un max'.
Alors, continuez, je vous lâche pas la grappe avant un bon moment, et même si Loopkin déserte à partir du 8, s'il le veut bien, je fais l'intérim ; tu veux bien, Loopkin, que je fasse l'intérim ? Ou alors, tiens, tu dois bien avoir un moyen de rester en contact, non ? Au jour d'aujourd'hui (tiens, au jour d'aujourd'hui, na sivodnichieveu dnia), avec toutes ces beautés de la techno, tu n'aurais pas trouvé un truc pour rester connecté au forum durant ton errance sud-américaine ? Allez, çà m'étonnerait. Bien sûr, tu as la ressource des cafés internet, je suis sûr que Cuzco en est pleine, mais ce n'est pas un peu glauque, çà, dis-moi ? Je me souviens, à Antigua Guatemala, où on s'est retrouvés quinze jours à attendre que le Môssieur qui avait mal garé l'hydravion qui s'était pris le motard de la police de l'aéroport (le même que celui où Saint Ex s'est planté méchamment, tu sais bien) de plein fouet, le Môssieur donc, finisse de réparer la gouverne de direction, qui n'avait pas trop goûté à ce contact rapproché avec l'autorité policière en goguette sur la route de service, à Antigua Guatemala donc, pour meubler, et voir un peu (qu'est-ce qu'on avait à voir, sinon les soucis qu'on tentait d'oublier, d'ailleurs) comment allaient nos p'tites affaires, on passait régulièrement une heure ou deux dans des cafés internet bourrés de touristes. Il y avait de quoi douter de l'intérêt des "Voyages", à voir tous ces bourlingueurs, armés d'un jus de fruit fraîchement pressé d'une main, d'un carnet de voyage en souffrance de l'autre, et d'un ordinateur de la troisième, construisant image divine après divin moment la pyramide de leur futur "récit d'un voyageur pas comme les autres"…. Bon sang, mais qu'est-ce qu'ils foutaient là, ces clampins, n'ai-je pu manquer de me dire ? Tout çà pour aboutir à l'un de ces récits de voyage devant alimenter la recherche effrénée d'un sponsor pour le voyage suivant, on prétend préparer un voyage, on ne prépare rien, on chasse le pigeon, oui, on est prêt à tous les compromis pour trois sous, à faire figurer "quand la défense avance, la paix progresse" ou un autre beau slogan comme çà sur son pavillon de misaine, de MISERE oui, pavillon de misère, de honte et de compromission.
Passez votre temps à apprendre une langue rare, les potes, pas à vous faire ch*** à la chasse aux sponsors.
Faites comme Nicolas Bouvier, cassez la tirelire, ou cassez une banque, une grosse de préférence, et gardez votre temps libre pour apprendre une langue rare, l'inuktitut, le maupiti, le marquisien, le pascuan, le tchoukte, allez-y, on s'y met tous ensemble, on se partage le boulot, vous savez quoi ? Comme il y en a une qui disparaît par quinzaine, çà fait donc une grosse vingtaine par an, eh bien, voilà ce qu'on va faire : On fait connaissance sur ce forum, çà OK. Ensuite, on se regroupe, car apprendre une langue tout seul, c'est trop hard. On se met par groupes de quatre par langue, çà devrait suffire pour converser. A quatre-vingt fanas délurés comme votre serviteur, vous savez quoi, je sais que çà tiendrait du miracle, 80 nouveaux gusses par an sur ce projet qui ne nécessite pas le premier fifrelin, et on se les sauve, ces langues. Pas garanti, mais si on n'essaie pas, l'inverse l'est, garanti, sur facture, et sur fond de fracture riches-pauvres, dominants-dominés, essentiellement. Alors… On se fait des "chats" avec le microphone incorporé qu'on a tous plus ou moins sur l'ordinateur, portable ou pas. Pour moi, faudra attendre que je récupère ma free box, pour l'instant, je me contente du bas débit, la phonie, ce sera pour plus tard. On se choisit, "of course", (désolé pour ce "of course", mais un mot d'anglais par ci par là, c'est pour moi un premier pas vers un nouveau genre d'esperanto, un esperanto instinctif, né de la richesse des emprunts d'une langue à l'autre, "nizachto", et puis, qu'on ne me bassine pas avec çà, mes potes américains remplissent leurs articles sur AOPA Pilot de mots ou d'expressions françaises, mis ou non en italique, d'ailleurs, ce qui prouve bien qu'ils se les réapproprient, estimant que la nuance, l'exotisme, la distanciation que leur apporte un mot comme "cliché" vaut toutes les traductions en mauvais amerloque du monde), on se choisit, disais-je, une vingtaine de langues archi-menacées. Tant qu'à faire, on les prend sur un parcours sympa, qui puisse se raccrocher à un concept de "Tour du Monde", et surtout, on les prend dans des branches différentes de l'arbre. Pourquoi ? Parce que, ce faisant, on augmente l'efficacité de la manip', même si on ne peut rien faire pour s'opposer, par notre expérience pathétique et dérisoire, à la disparition de ces vingt langues. Attendez, je m'explique, et mon explication, vous allez le voir, s'inscrit dans la logique de ce fuseau. La question initiale était "quelles langues apprendre pour un tour du monde". La réponse est : "des langues aussi différentes que possible sur le plan étymologique". Pourquoi ? Parce que, pour ce que j'en ai constaté, (et j'attends confirmation, faites part de votre propre expérience), alors que je baragouinais le russe, plus ou moins bien encore, j'ai eu la chance de bourlinguer dans une Europe des Balkans encore en paix. Eh bien, était-ce mon extrême jeunesse d'alors, ou l'horrible accent français que je devais, forcément n'avoir pas réussi à estomper complètement dans mon russe de cuisine, mais les gens, en Yougoslavie, ont été hyper sympas avec mon russe. Comprenant que je m'échinais à parler une langue slave alors que j'aurais pu me contenter d'un "youguenglish", (on parle du singlish à singapour, c'est bien çà, non ?), en fait, ils se sont mis à combattre contre leur aversion naturelle contre le russe (quoique, en Yougoslavie, en ce temps-là, l'antinomie n'était pas aussi prononcée que dans d'autres pays de l'Est), et ont fait à leur tour un pas vers moi en acceptant de converser en russe. Dans l'instant qui suivait, ils parlaient entre eux en serbo-croate, bien sûr. Et moi, dans la foulée, je me suis mis, naturellement, à les épier, et à chercher à aller, tout doucement, du russe vers le serbo-croate. Au début, çà donnait un galimatias pas possible, comme vous vous en doutez. Mais là, carrément émus, mes potes, (quand on est môme, on se fait des potes partout, les barrières s'effacent plus rapidement qu'on ne le croit), se sont mis à M'AIDER. Ils se sont piqués au jeu, et mis en tête de m'apprendre le serbo-croate, comme çà, pour le plaisir. Et là, dites-moi s'il vous est arrivé la même chose, mais tout s'est accéléré de manière démentielle, les mots sont petit à petit venus, non plus en russe, mais en serbo-croate, dont je ne connaissais rien au départ. Bon, je m'étais dit en partant, expérience intéressante, mais ce n'est pas çà qui va te faire faire des progrès en russe. Que nenni. Non seulement j'ai fait des progrès en russe, car certains mots en serbo-croates généraient en retour, une facilité d'assimilation de mots russes totalement nouveaux pour moi, et dont ils partageaient l'origine étymologique, mais SURTOUT, j'avais pris le coup. Les années suivantes, j'ai renouvelé l'expérience dans d'autres pays de l'Est, Tchécoslovaquie, Roumanie, Pologne, à raison d'une virée par an, pratiquement. Ah, la Pologne… Et les Polonaises. A ce jeu-là, je me demande si vous allez me croire, mais, au bout de trois petites semaines en Pologne, entraîné comme je l'étais devenu à "translater" d'une langue slave à l'autre, je me débrouillais sans problème. Aidé par la beauté et la gentillesse, toute platonique, mais bon, étais-je là pour çà, ou alors trop timide, des Polonaises aux yeux d'agate. Trois semaines, et je comprenais les Polonais parler entre eux, dans la rue, à la télévision. Cela tenait de la magie. Pas du tout, ce n'était que le prolongement des séjours précédents, d'un entraînement auquel je n'avais même pas songé, comme ce brave Zidane, qui, tapant le ballon dans les arrière-cours de la banlieue marseillaise, ne songeait peut-être pas qu'il serait un jour ce Zizou que tous révèrent, et à juste titre, permettez (car c'est dans la gêne que l'on reconnaît ses vrais amis, n'est-ce pas Zizou ?).
Vous allez dire : Il ne se mouche pas du pied, ce p'titpère, il se compare à Zizou. PAS DU TOUT, je VOUS compare à Zizou. En matière de langues étrangères, de "langues du monde" (beau titre, bravo), on est tous des Zizoux en puissance, il faut y croire, et c'est tout. Qui aurait dit qu'un jour, l'Homme, ce bipède déséquilibré, saurait faire de la bicyclette. Et comme me le disait Monsieur Giraud à propos du Vol en Montagne, l'une des disciplines les plus sévères qu'il m'eut été donné de découvrir (ptit clin d'œil à Loopkin) : "Vous voyez, Jeune Homme, au bout d'un moment, c'est comme la bicyclette, c'est acquis, çà ne s'oublie plus". Alors, pour les langues, foncez, et croyez-moi : c'est du vélo, çà paraît infaisable au départ, et puis, un jour, quand on s'y attend le moins, çà roule tout seul, et pour la vie, comme Zizou, que je vois d'ici, dans une trentaine d'années, toujours fringuant, émerveiller ses petits enfants d'une passe-reprise-volée-but dont je ne pense pas qu'il aura alors perdu le secret. A suivre
TROP LONG, comme dirait Serge…
Pardon, Pardon, Serge.
Non, là il a raison, Serge, j'accapare le forum p'tain d'nous autres... tiens, j'ai une idée, pour libérer un peu l'antenne, je vais passer "hors ligne" et loger la suite dans une page perso ; mais donnez-moi cinq minutes, les potes, OK ?
Cinq minutes, non, allez, dix minutes, OK ? 10 mn, çà vous va ? Rassurez-vous, j'ai toujours été en retard au moment de "rendre ma copie", il y a des chances que çà fasse pareil aujourd'hui…
Un fan' de Loopkin...
X***
http://seaplane.free.fr/languages.htm