[...]JOUR 9 - JEUDI 20 JUILLET
Cette fois, il n'est pas question de partir du Green Leaf en catimini. On charge nos affaires (qui sont encore trempés, heureusement que nous avons des sacs plastiques) dans la voiture avant d'aller déjeuner et on regarde un petit moment la pluie qui s'est remise à tomber avec la violence habituelle dans cette partie du monde. Il faut bien avouer qu'on tire également une certaine joie sadique à mater du coin de l'œil les mines déconfites de ceux qui vont partir en jungle … Je sais c'est pas gentil mais c'est marrant, chacun son tour d'en baver ! Une dernière photo de la Green Leaf's Team devant leur Toyota modèle Tiger (Nine hilare me glisse que je pourrais ainsi dire que j'ai vu un tigre à Khao Yaï) et nous les quittons.
On traverse Kanchanaburi en milieu d'après midi et on se rend directement au Tiger Temple, situé une quarantaine de km après la ville sur la route 323. Le prix de l'entrée a récemment augmenté à 300 Baths (6€) mais ici on sait à quoi servira cet argent : à clôturer une grande parcelle de jungle pour accueillir les tigres. Avant de voir les animaux, on croise nos premiers touristes- farangs du séjour, beaucoup sont habillés correctement mais pour une partie d'entre eux le fait qu'ils soient dans l'enceinte d'un temple ne les empêchent pas de porter mini-short, mini-jupe et autres brassières ultra fine… Première recnontre de ceux que nous allons de plus en plus voir au fur et à mesure que nous irons vers le Sud … Ouais, génial …On se dirige vers le fameux « canyon des tigres », que nous avions vu dans les documentaires à la télé et qui, pour être franc nous fait bien baver, en effet, à ma connaissance cet endroit est le seul au monde ou l'on peut caresser des tigres en liberté. Et les félins sont effectivement là, en pleine sieste, sous le regard bienveillant du moine qui les a recueilli il y a quelques années. La seule chose qui change par rapport à l'image que nous avions des lieux est la dizaine de jeunes Thaïs en T-shirt bleus visiblement là pour canaliser les touristes. Pour se faire prendre en photos avec les tigres, il suffit d'arriver, de passer son appareil photo à un des jeunes Thaïs et de suivre tranquillement celui qui vous prend par la main. Il vous emmène poser à côté des tigres (qui ne vous accordent aucun intérêt, totalement absorbé par leur sieste !) pendant que celui qui a votre appareil photo vous mitraille joyeusement ! Voyant que deux tigres sont en train de jouer dans la marre au fond de la carrière, je les désigne avec un sourire et celui qui a mon appareil va gentiment faire une série de clichés qui seront plus que satisfaisant, révélant même une recherche artistique avec de très gros plan de l'œil d'un des félins… Nous restons une bonne heure à admirer les tigres et à voir les gens arriver en groupe au rythme des songthéos (taxi collectif), se faire prendre en photos et repartir au bout d'une dizaine de minutes … Imperceptiblement le soleil s'est caché derrière de gros nuages et une soudaine rafale de vent vient tirer les gros chats de leur torpeur. Devinant que la pluie arrive, le moine décide d'arrêter les photos et de remmener les tigres dans leur cage mais avant qu'il n'en ait eut le temps l'orage éclate. Tandis que les humains tentent de s'abriter sous les parasols, (ou, pour certains de protéger leur matériel photo !) les tigres, bien réveillés maintenant, s'amusent joyeusement dans les flaques d'eau . De notre coté c'est la troisième journée consécutive on se retrouve trempés !! Quand la pluie se calme, le moine accompagné d'un des gars en bleu part en tenant un tigre en laisse. Au moment où il passe devant nous, le jeune nous fait signe de suivre. Je ne me pose pas de questions, je dis à Alex de me suivre et on fonce pendant que les autres se demandent encore ce qu'ils doivent faire. Le moine se retourne et me file la laisse dans les mains tout en me disant « Promène le comme tu le ferais avec un chiot ! » et je me retrouve en train de promener un tigre adulte en laisse avec Alex marchant de l'autre coté ! Ce sont ensuite les jeunes en bleu qui remontent les autres félins, le moine revenant lui-même chercher le dernier tigre ainsi que la vingtaine de personnes qui s'était fait coincer comme nous par l'orage. Essayez d'imaginer la scène, un petit moine tenant vaguement un gros tigre par le collier, tandis qu'autour, sans craintes, marche tranquillement un groupe de gens … Vraiment ce pays est étonnant … Si vous n'aviez jamais entendu parler de ce temple auparavant ou que, encore pire « on » vous a dit des horreurs sur ce lieu, laissez moi vous racontez comment ce qui était, il y a encore quelques années, un temple tout ce qu'il y a de plus classique est devenu le Tiger Temple. Tout à commencé le jour où des habitants du village voisin amenèrent deux bébés tigres dont les parents avaient été tués par les braconniers. La philosophie Bouddhiste étant altruiste, les moines décidèrent d'élever ces tigres. Ils le firent avec beaucoup de bon sens : jamais de viande rouge, seulement de la viande blanche, saignée et bouillie, pour enlever au maximum l'odeur de sang et le plus important, arriver à TOUJOURS faire croire à l'animal que l'homme est plus fort que lui... Pour arriver à nourrir les tigres et mener à bien leur projet de clôturer un morceau de jungle afin que les félins soient plus à l'aise, les moines eurent l'idée de faire payer le fait de pouvoir caresser les tigres. Encore une fois avec un sacré bon sens car le public n'a accès aux tigres QUE l'après midi, quand les félins ont bien mangé et ne pensent qu'a faire la sieste ! Malgré tout il arrive que les meilleures intentions soient mal comprises, surtout par ceux qui ne veulent pas comprendre, qui se font leur avis en passant 4 minutes 30 sur le site ou qui n'existent que par le dénigrement mais peu importe, cette après midi là, ce que NOUS avons vu entre le moine et "ses" tigres est de l'amour et rien d'autre
Le moine et un des tigres

On parcourt rapidement la quarantaine de km qui nous séparent encore du River Kwai Village Hotel où Arnaud nous avait réservé un bungalow flottant sur la rivière : un raftel. Aménagés de façon traditionnelle thaïe, avec du bois de teck partout, une terrasse qui donne directement sur la rivière Kwai, récemment rénovés, ils sont superbes, aussi bien extérieurement qu'intérieurement… Vraiment magnifique. Et quitte à devenir redondant j'ecrirais une fois encore que j'adore ce pays ou on peut passer une nuit dans une guest house à 300 Baths et la nuit suivante dans un raftel à plus de 3000 Baths …
Depuis le début de ce séjour nous avions réussi un sans faute, mais ce soir là nous faisons notre premier faux pas, un peu lassé de la voiture nous décidons naïvement d'aller manger au buffet du Resort. On se rend compte que notre erreur lorsqu'on se retrouve face aux plats de frites, de spaghettis bolognaise et de poulet rôti : « Damned de la bouffe pour farangs !!! » Les plats bien sur totalement insipide, je tente d'avoir de la sauce pimentée et je ne vous dit pas la tête des serveurs, le farang classique « pleure » parce que c'est trop épicé et d'un seul coup il y en avait un qui pleurait parce que ça ne l'était pas assez … Farang ting tong !!
En mangeant j'observe tous ces farangs qui veulent manger comme chez eux, boire comme chez eux et j'essaye désespérément de comprendre pourquoi ils ont parcouru 12 000 kms pour tenter de retrouver les mêmes choses que chez eux…
JOUR 10 - VENDREDI 21 JUILLET
Après le breakfast, où il est bien plus facile de trouver des saucisses que du riz, nous filons directement a la Lava Cave, une grotte avec des concrétions calcaires.
On paye les 200B/p pour rentrer dans notre 4 ème parc national et on visite les grottes dans des conditions dont je n'oserais même pas rêver en France : nous sommes seuls et je peux photographier ce que je veux comme je veux !
Pendant que je peaufine mes prises de vues, un groupe de 4/5 farangs emmené par un guide Thaï nous dépasse au pas de charge … A peine le temps de prendre 4/5 clichés qu'ils reviennent déjà et quittent la grotte … Ca c'est de la visite expéditive ! Vu le faible échange gazeux avec l'extérieur, l'air de la grotte est pas mal chargé en gaz carbonique et au bout d'un (bon) moment Krys et Alex ressentent de légères difficultés à respirer et préfèrent ressortir.
Je reste seul et "écoute le silence"… Quelle incroyable expérience … On perçoit d'abord un profond silence puis peu à peu l'oreille s'affûte et on distingue des bruits de plus en plus infimes, une goutte d'eau qui tombe, le cri d'une chauve-souris… Après un loooooong moment je fini par me résoudre à ressortir … JOUR 10 - VENDREDI 21 JUILLET
[...] Pour l'après midi j'ai prévu d'aller au parc d'Erawan voir les célèbres cascades qui, à cette époque, sont censées être superbe grâce à l'important débit d'eau. Evidement, la plus belle chute d'eau est la dernière, la 7 ème, celle qui est tout en haut, celle qui demande une bonne heure de crapahutage avant de se dévoiler !
Comme Krys a toujours ses problèmes d'asthme et que de l'avis général la montée est fatigante je propose aux filles de m'attendre en bas ce qu'elles acceptent … avec un certain soulagement ! Dans ces conditons je décide de monter directement à la 7 ème cascade, de ne photographier les autres chutes d'eau qu'en redescendant et j'attaque la montée avec les 10 kg du sac photos sur le dos, mon chapeau et mes godasses de marche. Je récolte de nombreux regards ébahis de la part de la plupart des gens que je croise, il faut dire qu'eux sont en maillot de bain et en tongs ! Je dépasse les cascades les une après les autres, je suis trempé par la transpiration qui ruissèle allègrement par tous les pores de ma peau lorsqu'un varan d'au moins 1mètre déguerpit juste devant moi ! Je marque un temps d'arrêt, singulièrement refroidit, qui dit varan dit reptiles et me rappel que malgré les maillots de bains croisés, je suis dans une jungle du Sud Est Asiatique et que je pourrais croiser d'autres reptiles, avec moins de pattes que les varans ceux là !
Si les 5 premières chutes sont faciles à atteindre, le parcours entre les 6 ème et 7 ème comporte des passages de quasi-escalade, des traversés de torrents et des montées sur des échelles de bambous. J'hallucine en pensant que des touristes passent ici en sandalettes, déjà que je trouve ça casse gueule avec l'équipement qui va bien, alors sauf si on est Thaï, passer là en tong… me semble limite sucidaire …
J'atteins la dernière cascade un poil trop tard, un groupe de jeunes Allemandes vennant de se mettre à l'eau au pied de la chute d'eau ( On se calme les garçons, par « jeunes » j'entends des gamines d'une douzaine d'années ! ) et n'ayant pas l'intention de photographier les frauleins j'attends patiemment qu'elles sortent de l'eau. Seulement, apparemment, quelqu'un, quelque part, a décidé que je finirais encore cette journée trempé car tandis que les Allemandes batifolent dans l'eau, les premières gouttes d'un orage commencent à tomber. Et là haut, pas de parasol ni de toit pour s'abriter … juste quelques arbres qui ne protègent rien du tout … Je réussis à mettre mon sac photo dans l'anfractuosité d'un rocher et j'attends stoïquement, planté sous l'eau, que l'orage passe… Si vraiment on cherchait à positiver on pourrait dire que la pluie est tiède mais comme je n'ai même pas de gel douche avec moi ça n'est d'aucun intérêt !
Coté matériel photo je commence à être mal à l'aise vu tout ce qu'il subit depuis quelques jours. Entre l'atmosphère très humide, les fréquents passages de la voiture climatisée à l'extérieur chaud ce qui est fortement déconseillé à cause de la formation de buée que ça provoque et les orages qu'on ramasse quotidiennement ce n'est vraiment pas l'idéal si on pense à la quantité d'électronique que les boîtiers numériques comportent et au fait qu'électronique et forte humidité fassent rarement bon ménage. Les filles repartent mais comme il pleut encore je ne peut toujours pas sortir l'appareil du sac… Je déplie le trépied pour être prêt en cas de courte accalmie et je continue à attendre… Mais ce sont maintenant 5 anglais qui débarquent et se mettent à grimper partout sur les rochers, du coup, lorsque la pluie s'arrête, je dois continuer à attendre car ces zozos prennent un malin plaisir à rester dans le champs tout en se foutant ouvertement de moi … Sanouk, Patrick, Sanouk … Je profite de leur passage derrière un gros rocher pour faire rapidement quelques photos puis je remballe le matos et commence à redescendre pour pouvoir photographier les 6 premières cascades avant qu'il ne leur prenne l'idée d'aller faire plouf-plouf dans les cascades inférieures et de me pourrir toutes les photos !LA 7ème cascade !

Je reussi à peu près à faire ce que je veux jusqu'à la première chute, la plus basse, où une dame avec les cheveux rouges flamboyant me rejoue le sketch du haut, elle se plante dans l'eau juste devant moi et se met à nettoyer ses sandalettes. Evidement, elle m'a vu mais s'en fout complètement. Je préfère ne rien dire et attendre encore une fois un loooooong quart d'heure qu'elle daigne finir son petit nettoyage… Quand je rejoins Krys et Alex à la voiture, il est 17h et je suis fourbu, trempé et inquiet pour ce qu'a subi le matos photo. Je me rappellerais longtemps des chutes d'eau d'Erawan ! Pour ce dernier soir sur la rivière Kwai, pas question de manger à nouveau à l'hôtel et nous prenons la voiture pour aller dans un petit resto à quelques kilomètres. On y mange Thai à un prix Thai, mais le retour est pénible car autant conduire le jour ne pose pas de gros problèmes autant la nuit c'est une autre histoire, entre les voitures aux phares qui éclairent n'importe ou, les mobylettes, les chiens et la pluie violente qui tombe à nouveau c'est carrément stressant …[...]