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in Entre deux voyages › Carnets de voyage

Into Africa

Discussion started by Voyajou on 2016-03-10

93 replies

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Into Africa

Voyajou · 2016-03-10

Traquer les castors. Vous avez lu Jack London et les écrivains chasseurs de Missoula, vous pensez tout connaître de la chasse aux castors ? J'étais comme vous ! Jusqu'au jour où il fallu chasser le castor en Afrique du Sud. Les frimas antarctiques parvenaient-ils jusque là ? Ou bien ma guide était-elle givrée ? D'autant que la chasse débuta dans les zones industrielles du Cap. Drôle de safari ! Voilà l'histoire. J'aime rouler, comme d'autres aiment marcher. Or ma Co, un peu lassée de passer la moitié de l'année comme un oiseau sur la branche, perchée dans un Land Rover et secouée comme un prunier, souhaitait une base. Elle redouble d'ingéniosité pour ne pas effaroucher le pigeon voyageur et sa dernière trouvaille est de poser le lit de la maison africaine... sur roulettes. Or roulettes, en anglais c'est castors ! D'usines en grossistes nous voilà donc en quête de castors. Celles-ci seraient de la bonne taille mais leur flanc blanc rappelle les cabriolets vintage (je n'ai pas l'intention de faire le tour du quartier dans cet appareil), les suivantes sont trop sophistiquées et leur crampons inadaptés au béton ciré. Le bon modèle trouvé, se pose la question des freins : sur deux roues ou sur quatre ? Je fais remarquer qu'avec seulement deux roues freinées, on risque l'embardée, voire le tête-à-queue.

Le sofa aux castors

Hips Woodstock est le nouveau quartier branché du Cap, mais dans cette usine reconvertie en fabrique de tendances, le hic c'est que les hipsters se nourrissent de salades et de jus non distillés. Par chance, dans l'atelier voisin, Rosetta sélectionne les meilleurs cafés du monde, les torréfie fraîchement elle-même et les sert moulu a mano. Le pur arabica du Nicaragua est un puissant anti-narcotique. Plus loin, les anciens moulins de la ville sont un autre lieu tendance. Je déniche dans une cave le seul brandy élaboré dans le Désert du Kalahari et si un aveugle ne l'en trouverait pas meilleur, pour un assoiffé de désert ce berceau change tout. Bouteille élancée, robe tirant au rooibos -ou est-ce le souvenir des dunes rouges?-, plutôt sec en bouche, 43° d'alcool, comme de Celsius au pays. Dès la première gorgée le soleil couchant sculpte les nuages gris en continents flamboyants.

Noir Il pleut rarement dans la vallée située immédiatement au nord des Swartberg Mountains et, ce matin, on comprend bien pourquoi. Les masses nuageuses prélevées sur l'Océan Indien se heurtent à un barrage infranchissable. Pour être noires, les Swartberg le sont, coiffées d'un niqab lourd qui, à mesure de notre progression, s'allégera en une mantille gris perle laissant entrevoir une arête, un renflement, puis s'effacera au col, dévoilant la beauté nue.

Quand la réalité dépasse la fiction Cape Town Films Studios est installé au bord de la N2. Là, sont reconstitués des galions plus grands que la petite mer censée les porter -le cinéma, ce leurre. De l'autre côté de la route s'étend Mitchells Plains, le plus peuplé des townships du Cap, cinq cent mille personnes en galère. Mais qui, aujourd'hui, serait intéressé par un film à ce sujet ?

L'arbre et les hommes (spleen) Mon voisin était vieux et malade. C'est ce qu'ont avancé les hommes pour le passer au scanner. Scanner fatal, voilà mon voisin découpé en tranches -il était trop vieux pour les planches. Les hommes, qui ramènent tout à eux, ont dispersé les rondelles de l'infortuné et, sur ses anneaux concentriques, ont reporté les dates de leurs péripéties, de la naissance de Richard III au centre du tronc à la fin de l'apartheid près de l'écorce. On voit bien que feu mon voisin, même couché, les dépasse. Lui et moi sommes des Common Yellowwood de l'Outeniqua et, bien que nous soyons communs (pas plus communs, en réalité, que les taxinomistes qui nous ont ainsi réduits) nous avons droit à notre réserve, dont je sors exceptionnellement aujourd'hui. De fait, nous sommes parqués et les hommes communs doivent payer un droit de visite à d'autres, habillés en vert, pour nous approcher. Ils ne viennent guère parce qu'il faut marcher et maintenant je m'ennuie. Mon voisin et moi étions contemporains, à une cinquantaine d'années près -que sont cinquante tours de soleil lorsqu'on est âgé de six siècles- et nous nous sommes payés du bon temps -j'ai le souvenir de Khoisans nous escaladant pour échapper aux éléphants- mais depuis quelques décennies ce n'est plus ça. Moi aussi j'aspire à la gloire posthume et je me demande si je ne vais pas demander un scanner à la tronçonneuse.

Évolution L'espèce a mis des siècles pour passer d'une existence nomade de chasseur-cueilleur à une vie sédentaire et cultivatrice -son dernier avatar étant la Culture. Imaginez pareille révolution à l'échelle d'une vie ! L'homme avait sa carte chez 4X4 MegaWorld et le voilà chez Builders (genre Casto local ou Le Roi Merlin désenchanté). Il troque sa clef à griffe contre une perceuse et sa pince-étau contre une scie circulaire. Renonce à la lampe torche pour des ampoules basse tension (il sent bien que la sienne baisse aussi), remplace la pelle à désensabler par une bêche, les rivets par les vis à bois. Par chance, la maison africaine est située dans le désert : il évitera l'affront de la tondeuse à gazon. La femme est au rayon graines (citrouilles blanches, rhubarbe, navets, betteraves, un coup à prendre racines) quand l'homme fait un malaise allée 17: au rayon peintures, il a vu la vie en rose.

Le Defender transformé en camionnette et le baroudeur en livreur

A trop s'épancher... … le cœur est tombé dans la vasque. C'est une manie en Afrique du Sud, plus grave qu'en Californie ou en Australie: il mettent des cœurs partout. De toutes les tailles et dans toutes les matières (métal, bois, ciment, fil de fer, parfois barbelé, grillage (tout un programme), céramique, tissu, perles...), seuls ou associés à une maxime définitive quand ce n'est pas à la croix des chrétiens. Mais c'est la première fois que j'en vois un formé de galets libres tapissant le fond du lavabo.

Haut les cœurs ! Toutes les familles de Steytlerville pavoisent dans la grand rue, jour et nuit, toute l'année, même celles qui résident dans le township. Une petite centaine d'oriflammes flottent sur le terre-plein central et chacune porte le blason d'une famille. Ceux des familles d'origine européenne ont le plus souvent un fond d'écusson tandis que ceux des familles xhosas sont portés par un bouclier de peau oblong et deux lances entrecroisées. Les motifs de bétail reviennent souvent mais aussi les haches, les symboles religieux ou de pouvoir et bien sûr les lions. Il y a même les Fitzhenry dont les armes feraient pâlir la famille royale d'Angleterre (d'autant que leurs voisins sont les Middleton). Certains ont ajouté une devise. En latin pour les familles venues d'Europe, Confido in deo, Alte volo, Suaviter ou Pro veritate, en xhosa pour les autres, Abantu basemlanjeni (Ceux de la rivière), Masihlangane simanyane (Unissons-nous) ou Sebenzima waphumelela (Durement gagné).

San sousi Quelques maisons précaires au bord d'une piste perdue. Les habitants sont absents et il n'est pas possible de lever ce doute : s'agit-il de Bushmen (Bochimans, en français) qui préfèrent l'appellation de San ? Premiers et derniers chasseurs-cueilleurs d'Afrique Australe, ils sont de plus en plus contraints à la sédentarisation. Y prendraient-ils goût au point de nommer le lieu « San sousi » ? Vais-je, moi aussi, devoir apposer une pancarte « Sam Suffy» ?

29, le jour le plus hot Les jours précédents, Nathan et Kashief ont creusé, à la main, une tranchée de quatre-vingt mètres de long, profonde de quarante centimètres et large d'autant, pour enfouir la ligne électrique qui alimente la pompe du forage. Elle serpentait en surface depuis toujours mais les normes parviennent désormais jusqu'ici. Nous partageons des rafraîchissements et je les fais rire en disant qu'ils s'en tirent bien car en Europe c'est à cinquante centimètres de profondeur qu'ils auraient dû creuser. Le câble passé sous gaine dans la matinée, ils doivent reboucher avant la nuit. Je parie qu'ils n'y parviendront pas. A l'heure du soleil meurtrier nous les trouvons profondément endormis à même le ciment d'un auvent. Chut. Nathan porte un ample bonnet rasta et la pilosité pour le retenir alors que Kashief est vêtu d'un bleu de travail local, pantalon coupé en bermuda, et coiffé d'une casquette de base ball. Chaque pelletée soulève un soupir de poussière et ils foulent le rebouchage en mesure, dansant dans leurs fausses Nike. L'Américain semble abattre plus de boulot que le Jamaïcain mais celui-ci a un sens consommé de l'économie de moyens. Le choc des pelles heurtant les pierres nous parvient plus souvent en mono qu'en stéréo. Par moment ils se redressent, remontent leurs Ray-Ban chinoises pour contempler ce qui est fait et affrontent du regard ce qui reste. Jusqu'au moment de la bascule. Alors, la joie d'en finir efface la fatigue. Il faudra pourtant revenir demain. La température était proche de 40° à l'ombre. Leur salaire journalier est de cent rands (env. six euros).

Un feu d'enfer L'Afrique du Sud subit la pire sécheresse depuis un siècle. Une des vallées désertiques des Swartberg Mountains est en feu depuis des jours. La nuit, la fumée éclairée par l'incendie fait une crinière rousse à la montagne. Ce soir, attisé par le vent antarctique, le feu a franchi la crête et dévale la pente vers le village. Vue de la maison, le panache de fumées rouges aidant, la progression forme comme des coulées de lave. Pompéi et pompier ont-ils la même racine ? Point de Canadairs ici, seulement des paysans et leurs citernes attelées aux tracteurs. Combien de tortues, de fourmis et de serpents carbonisés, combien de protéas calcinés, combien d'années faudra-t-il pour revivre ici ? Paradoxalement, c'est la partie opposée à Die Hel (l'Enfer) qui brûle : la Nature est inculte ! Sur le téléphone français je reçois un sms. Alerte Orange : en prévision d'orages, débranchez votre Live Box. Je brûlerais mille Box, comme des cierges, pour un orage ici. Einaudi frappe le piano comme on frappe le feu avec des couvertures. Au matin le vent s'est retourné et souffle un feu de forge vers Die Hel. L'incendie, porté par les protéas en fleurs et le fynbos desséché, devra parcourir les quarante kilomètres de la vallée pour rentrer chez lui. A moins que l'orage attendu demain ne lui coupe la retraite une bonne fois pour toutes et qu'on en termine avec ces histoires. Les bâtiments du Parc sont assiégés par les flammes, des plantations périphériques d'oliviers ont brûlé (l'olive grillée ça ne vaut rien) et quelques habitations sont menacées. Arrivent alors des hélicoptères jaunes vrombissants, un filin retenant une outre qu'ils remplissent en quelques secondes, en vol stationnaire au-dessus des étangs servant à l'irrigation, et larguent sur les foyers. Si le soleil pouvait rester couché sur l'horizon, l'oriental ou l'occidental, comme il lui plaira, et nous épargner sa parade zénithale.

Into Africa

Michel85200 · 2016-03-10

Outeniqua, Swartberg...

Voilà de quoi réver ! 🙂

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Ta24z · 2016-03-10

Aaah Die Hel, le Swartberg, Kruisrivier : probablement la plus belle région du pays...

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Atila · 2016-03-10

C'est donc ici que nous sommes invités à partager un bobotie ? 😉

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Emma78 · 2016-03-10

Y'a encore un tout p'tit peu de place dans le def et impossible de résister à l'appel du bobotie 🙂.

Africa nous revoilà

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Kate · 2016-03-11

Moi aussi j'aspire à la gloire posthume et je me demande si je ne vais pas demander un scanner à la tronçonneuse.

Du Voyou en tranches ?! 😕

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Atila · 2016-03-11

Il existe une variété d'arbres nommée la Voyou ?😮

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Kate · 2016-03-11

Au fait tu prends quoi comme morceau ? (moi j'ai déjà choisi 😇)

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Atila · 2016-03-11

Comme morceau de quoi ? De Voyou ? 😮

Anthropophage !!!!

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Rjulie95 · 2016-03-11

Toujours un plaisir de te lire Jean Luc, et ça commence avec deux photos 😛 J'espère que ça continuera 😇

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AirOne · 2016-03-12

Et c'est parti sur le chemin des baudets en route vers l'enfer ! 😮

Into Africa

Voyajou · 2016-03-20

Emma: Africa nous revoilà... Sais-tu que ma jolie voisine d'ici s'appelle Elma ? Michel: Outeniqua, Swartberg... Kar'Outen'( comme ils disent next door) : que du bon! Attila: ...invités à partager un bobotie ? And more... Kate: Du Voyou en tranches ?! Si je me frotte aux arbres, je ne suis pas de bois. Régis: Toujours un plaisir de te lire... Dit le photographe qui aime les mots. AirOne: Et c'est parti sur le chemin des baudets en route vers l'enfer! Plus facile qu'un bridle path au Lesotho, le Royaume du ciel Ta24z: probablement la plus belle région du pays... Tiens, un Karoo lover.

Merci de votre visite, je reviens...

Into Africa

Voyajou · 2016-03-20

Mignonne allons voir La rose des vents est le viatique du voyageur qui aime à s'égarer. Magnétique ou électronique, elle le ramène dans le droit chemin, lui qui n'avait d'yeux que pour les scintillantes roses des sables. Qui se jouait des cardinaux, orientant sa chambre mobile au gré des paysages et du vent. Emmuré, le voyageur ne joue plus, ce sont les cardinaux qui lui imposent leurs dogmes immuables : la façade nord brûlante, l'illusion de la fraîcheur au sud, le vent qui dévale la montagne et se vautre sur la terrasse intangible. Des bretons ont inventé une maison-dôme tournant sur son axe. Une révolution !



Boussole Un mois, deux saisons et quatre hémisphères (droit, gauche, nord et sud), voilà ce qu'il m'aura fallu pour faire le tour de Boussole, le dernier opus de Mathias Enard. Une érudition épuisante, prétexte à une histoire d'amour en pointillés. Une nuit de quatre cent pages dans laquelle je me suis souvent égaré, la faute à la boussole qui n'indique pas le cap. Boussole offerte par l'amante magnétique et facétieuse qui indique toujours l'est en place du nord, l'Orient, comme certaines roses des vents indiquaient, au Moyen Âge, la direction de Jérusalem.

Une anglaise dans le désert Jenny aimait les arbres, la peinture et les oiseaux. En peinture, elle avait une prédilection, avec une certaine réussite, pour les paysages qui l'enserraient. Au service des oiseaux elle déposait des graines ou des restes sur des plates-formes suspendues aux branches du ficus. Parfois il y en avait tant que l'arbre avait des ailes. Mais il n'a pas bougé et les oiseaux réclament. Est-on responsable de pareil legs? J'alimente en bon vieux pain une plate-forme suspendue par quatre filins formant une pyramide. Une colonne de fourmis grimpe à l'arbre, poursuit sur la bonne branche et emprunte les fils pour profiter du festin. Là, n'en déplaise à Bernard Werber, je prends leur intelligence en défaut : alors qu'il y a quatre voies d'accès elle empruntent indifféremment n'importe laquelle, à l'aller comme au retour, créant lors des croisements des ralentissements, des discussions -voire des pattes d'honneur-, des fourmillements, au final perdant en efficacité. Des cigales, en somme. Sur la plate-forme c'est évidemment une fourmilière, au grand plaisir des insectivores, et je soupçonne les granivores de faire une entorse à leur régime. Mais Jenny aimait aussi les plantes et les arbres et là, ça se corse. Est-il raisonnable d'aimer les arbres et de vivre dans le désert ? Et même en bordure d'une oasis ? Pendant des années elle a semé, collecté, oublié d'arroser quelques milliers de plantes -l'inventaire est en cours. Passent encore les végétaux adaptés à la rigueur des lieux, mais les caprices d'Anglaise qui décatissent sans teatime quotidien? Est-on responsable des arbres que les hommes ont planté ? Y a-t-il des plantes indésirables dans le désert ou chacune a-t-elle sa place ? Renu Karoo prône l'éradication de certaines, au motif qu'elles ne sont pas originaires de cet écosystème, et le semis ou la plantation d'espèces locales. Pourquoi, dans mon esprit, cette préconisation fait-elle écho à de sinistres théories ?

T'as quel âge L'homme domestiqué a rajeuni. Trop. Il a dix ans. Il dresse des barrages de pierres, édifie des digues de branchages et de terre, creuse des canaux, dévie des ruisseaux et détourne des rivières. Il régule les cours, c'est plus facile qu'à la Bourse. Les forages sont généreux, pour un peu il construirait des aqueducs et des terrasses. Il patauge, les mains dans une boue légère, pour colmater les brèches. Il s'achète une conduite, de gros diamètre, joue des coudes, sort des vannes, des T, des réductions, des arroseurs et des goutte-à-goutte. Il perfuse des plantes agonisantes. C'est un génie civil, il est tenté par Venise et rêve d'Amsterdam. Il a oublié de prendre sa casquette et le soleil tape dur.

Roots Voyager avec des racines, parlez-en donc aux arbres. S'ils en étaient capables, cela m'éviterait des transplantations. Voyager à la roots, n'y a t-il pas là antinomie ? Si l'expression désignait un voyage immobile, passe encore. En réalité, il semble s'agir de voyager à l'économie en avançant que c'est un choix alors que c'est, le plus souvent, une nécessité. Avec cette prétention : découvrir les racines des autres, voire s'en nourrir. Quelle impudence ! Sur les routes sans fin, la 66 ou son clone local la 62, il n'est pas rare de satisfaire sa faim avec une salade de beetroot.

Cantat(e) Avec Détroit, Bertrand Cantat gémit Droit dans le soleil. Des années que je dois me rendre à Detroit, des années que l'Afrique me retient. Les cloches de l'Église Réformée Hollandaise cristallisent imperceptiblement les heures. Des coqs, de bruyère ou de Barbarie, chantent dès cinq heures. A six, des cohortes d'ouvriers agricoles empruntent la piste et s'interpellent en riant ils repasseront au crépuscule, débandés et silencieux. Dans le lointain, des chiens font ce pour quoi, ici, ils sont élevés. Le soleil fait craquer les matériaux, le vent est un grand orgue et les ibis criards annoncent le soir dans un ciel de macramé, trop effiloché pour apporter la pluie.

Des galons et des rubans La ville la plus proche est à une heure et demie en voiture. Pour s'y rendre il y a le choix entre emprunter le Swartberg Pass, piste de pierres escarpée dégageant des points de vue à tomber (to die for) ou passer plus à l'est, par la vallée qui traverse la montagne dans le lit de la Groot River via Meiringspoort. L'une et l'autre rivalisant de beauté. Chaque semaine on attelle le char pour faire provision d'étoffes, de rubans et de galons (sans oublier quelques gallons, la qualité et le prix des vins d'ici poussent à la consolation), de viande d'autruche sans les plumes, d'épices et de fournitures diverses que l'époque prétend rendre indispensables.



Archis Un architecte londonien a édifié pour lui-même, il est donc inexcusable, une bâtisse blanche monumentale. Sous certains angles, et elle en a beaucoup, on ne voit qu'elle si c'était l'objectif, c'est réussi. Encore la municipalité a-t-elle réduit la hauteur du bâtiment en l'écrêtant de sept mètres, les prétentions de l'impétrant avec. Forteresse de béton échouée dans la plaine désertique, percée de meurtrières, on ne sait qui, de la montagne ou de l'église, l'étranger entendait défier. Le résultat est moche, m'as-tu-vu et la démarche aux antipodes (il aurait mieux fait de demeurer dans les siens) de la noblesse du métier. Kurt était architecte au Cap avant de prendre sa table à dessins et de s'installer ici, à dessein. Il construit dans le désert des maisons minérales, basses, vastes, sans autre limite avec les lieux qu'une feuille de silice des maisons invisibles dès qu'on s'en éloigne. Il répare aussi les outrages qu'inflige parfois la modernité à des maisons typiques du Karoo. Pas d'hésitation, nous allons travailler avec Kurt.

Le marin du désert Jan est un métis âgé pas si vieux que ça. C'est une brindille sèche, vêtu d'un polo marin rayé bleu et blanc, qui flotte comme une voile mal ajustée, et coiffé d'un bonnet sans pompon, pas de chance. Armé d'une brouette et d'une pelle il déplace les pierres du désert, et je suis son porteur d'eau. Je pense au poème de Julos Beaucarne, L'enfant qui voulait vider la mer avec une cuiller.

Aïe ! Les branches basses d'un bel acacia masquent une vue méritante. Je pourrais déplacer mon fauteuil mais étant sédentaire, j'entreprends de retrouver la vue. Machette et scie en main je me retrouve rapidement acacia inversé, la pointe des épines tournée vers l'intérieur. Le mec inadapté à l'environnement. Communier avec la nature, je veux bien, mais pas m'y frotter aussi étroitement. J'avais envisagé de recruter une girafe, elles sont friandes des feuilles d'acacia, mais gaulées comme elles sont elles ne broutent qu'aux cimes. Et comment briefer une girafe ? Une heure plus tard, en configuration hérisson, j'ai regagné mon fauteuil : je vois un pic de plus. Si le nomade est parfois transformé par les lieux, le sédentaire les transforme toujours.

Into Africa

Lacalo · 2016-03-20

Si le nomade est parfois transformé par les lieux, le sédentaire les transforme toujours

Belle image ! Et autre solution : déplacer les montagnes, il le peut le Voyou ? 😏

Toujours plaisir à te lire...

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Atila · 2016-03-20

. Machette et scie en main je me retrouve rapidement acacia inversé, la pointe des épines tournée vers l'intérieur.

Y a jamais la photo des trucs les plus intéressants dans tes carnets ! 😠

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AirOne · 2016-03-20

Aïe ! Les branches basses d'un bel acacia masquent une vue méritante. Je pourrais déplacer mon fauteuil mais étant sédentaire, j'entreprends de retrouver la vue. Machette et scie en main je me retrouve rapidement acacia inversé, la pointe des épines tournée vers l'intérieur. Le mec inadapté à l'environnement. Communier avec la nature, je veux bien, mais pas m'y frotter aussi étroitement. J'avais envisagé de recruter une girafe, elles sont friandes des feuilles d'acacia, mais gaulées comme elles sont elles ne broutent qu'aux cimes. Et comment briefer une girafe ?

Il est curieux que ce soit cette partie de ton texte qui me rapproche le plus de toi, moi, un breton sensible à l'architecture qui revient quasiment d'Amsterdam et projette un long week-end à Venise ( ou Rome ?) en contemplant sa mangeoire à piaf qui pendouille mollement au cerisier, mangeoire qui, soit dit en passant, il me serait bien désagréable de voir coloniser par les fourmis protectrices des pucerons dévoreurs de grillottes... Non, c'est bien cette agression vile et sournoise de l'acacia qui m'émeut, j'en sens encore la cuisante blessure dans mon cuir chevelu, quoique de moins en moins (chevelu). Et puis surtout, cet appel vibrant à la girafe, alliée toujours espérée mais jamais là quand il le faudrait, telle la cavalerie. L'acacia est fourbe mais la girafe se rit de nous.

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Voyajou · 2016-03-25

Et autre solution : déplacer les montagnes...

Comme tu m'en parles, hier, sur Skype, j'ai eu un long échange avec Hannibal LXIX, un gars de par chez toi, au nord du continent. Tu te souviens que son aïeul franchissait les montagnes à dos d'éléphant pour venir casser la gueule aux nôtres ? Figure-toi qu'il n'ont rien perdu de leur savoir-faire et que dans cet esprit de fraternité qui caractérise l'époque, nous avons décidé d'une alliance... sur le dos des montagnes. Demain, dès l'aube, il prendra la tête d'une caravane de mille et un éléphants et devrait atteindre le Karoo dans une demi-douzaine de lunes. Alors, nous déplacerons la montagne et je ferai la paix avec l'acacia.

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Voyajou · 2016-03-25

Y a jamais la photo des trucs les plus intéressants dans tes carnets ! 😠

Je ne peux rien te refuser. Voici trois des protagonistes, l'acacia, la machette et la scie. Le quatrième prend la photo. 😏

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Voyajou · 2016-03-25

Non, c'est bien cette agression vile et sournoise de l'acacia qui m'émeut, j'en sens encore la cuisante blessure dans mon cuir chevelu...

J'ai trouvé un remède souverain pour soulager les piqures d'acacia: un savon au baobab. C'est doux, un poil musqué, comme moi, et serait efficace contre les ajoncs et autres aubépines. Je t'en rapporte un.

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Lacalo · 2016-03-25

Demain, dès l'aube, il prendra la tête d'une caravane de mille et un éléphants et devrait atteindre le Karoo dans une demi-douzaine de lunes. Alors, nous déplacerons la montagne et je ferai la paix avec l'acacia.

Voilà un bien joli programme, et pacifique ! Et je serai peut être sur le dos d'un des éléphants...😏

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Voyajou · 2016-04-02

Car où... … l'ancre jusqu'alors flottante a raclé le fond, labouré le sable, crochetée par l'aloe ferox, épinglée par les acacias ou ensorcelée par une sirène, là où mouillait la mer dont il ne reste que le souvenir asséché, ce « garo » en langue khoisan qui lui a donné son nom, un garrot, et qui signifie « land of thirst », langue sèche, cet écosystème remarquable au point qu'ailleurs dans le pays on qualifie les régions semi-désertiques de «karroid», carotide palpitante, là d'où l'encre coule encore, c'est le Karoo.

Catch à quatre Parfois, le Breton desséché rampe vers l'Océan pour se réhydrater. Arrivé sur la plage il laisse la trace d'une tortue puis se laisse porter. Il pensera à se rincer pour ne pas finir marais salant dans le Karoo. La maison est juchée sur une dune abrupte, soixante dix mètres à l'aplomb de l'Océan Indien, et ce soir c'est catch à quatre, avec ce qu'il faut de chiqué. Dans le no man's land -ici c'en est réellement un- le plus disputé de la Planète et depuis le plus longtemps, le plus agité, le plus étroit et pour autant le mieux respecté, la terre et l'eau poursuivent leur round immémorial. Le soleil s'échauffe, rougit au bord du ring, en guettant les seaux d'eau que préparent les nuages tandis que la brume s'élève. Il est ailleurs, déjà dans le combat suivant, chevauchant les nuées pour conquérir l'Atlantique. Quant à la Lune, pourtant bodybuildée mais qui n'a guère d'influence ici où les marées sont faibles, elle se tient dans le coin opposé et allaite en douce l'Indien dans le dos du Râ Soleil. Nos hôtes sont des esthètes, des hédonistes et, peut-être, des humanistes. Sur des étagères, les bustes de Noirs à la peau bleue ou rouge et au crêpage irlandais côtoient deux oryx aux traits identiques, moulés dans la même terre, l'un blanc l'autre noir. Sur le mur d'en face, une cheminée assez large pour y cuire un impala entier, ou un espadon.

Aloe Non mais Aloe, t'es une plante et t'as pas d'eau ? Avec une tête d'artichaut ou de pouce-pied, en sabot de springbok, déguisées en pomme de pin ou faussaires maquillées en monnaie du Pape, gorgones aériennes ou aux pétales de rose, les aloès colonisent le jardin. Il y en a deux ou trois douzaines différentes: c'est l'Arche d'Aloe. Depuis que la mer les a plantées là, elles ne portent jamais de fleurs bleues -pourtant elles sont tendres, et même succulentes- mais toutes les nuances du rouge et du jaune, de pourpre et de parme, une assemblée ecclésiastique implorant le ciel.

Francolins Les sorciers avaient épuisé leurs sortilèges, et les sourciers leur noisetier. Le salut vint de la montagne, s'était-elle effacée ou les nuées l'avaient-elles surpassée, peu nous importait. Le bleu tourna au gris, puis au noir. L'orage conquérant fulminait et, soudain, quelques gouttes, aussi précieuses que la première gorgée, puis plus rien. Les cieux sont facétieux. Les hommes se turent, certains priaient, des paysans, et peut-être aussi les arbres et les animaux, à leur manière. Alors, des gouttes larges nous atteignirent à nouveau, éparses, puis plus denses mais sans mouiller vraiment -le supplice du Breton. Lentement, comme pour signifier qu'il faut donner du temps au mauvais temps -ici, c'est du beau-, ou parce que la pluie sait que si elle arrive trop vite elle ravinera plus qu'elle n'étanchera, longuement, chaque minute gagnée sur l'éternité, il pleut. La terre blonde et dure s'est fait une couleur brune, et amollie. Agitation aviaire au sol, plus une escadrille en vol. Les timides Francolins installés dans un buisson d'épineux dont ils ne bougent guère, trottinent en accéléré avec un sens qui nous échappe. Connaissent pas l'allure du galop ? Que cherchent-ils ? Que trouvent-ils ? Ils sont deux, forment-ils un couple ? L'une, au moins, est une femelle. En décembre, les volatiles couvaient et défendaient depuis trop longtemps une paire d'oeufs sur un nid sommaire installé à la va vite dans une coulée d'aloès, à portée de fronde de la terrasse. Couvaison dont nul n'a éclos. Depuis, ils restent le plus souvent prostrés sous le couvert. Dois-je envisager un soutien psychologique?

Des gens d'ici. L'étroite vallée de petite altitude, presque une faille, rassemble les conditions nécessaires à la culture du tabac, cette culture vivrière de l'esprit. La famille de Martli s'est installée ici il y a deux cent soixante quatre ans et elle incarne joliment la huitième génération, vive, affairée, efficace. Ils vivent de tabac, on ne fait pas qu'en mourir, de lait, d'autruches et de touristes mais Martli se demande si l'une de ses filles, elles n'ont pas dix ans, leur succédera. * Serge Blanco, qui ne l'est pas, Christian Blanc, Kenneth White et Mrs de Wit ont en commun un patronyme coloré. Si blanc est une couleur, comme noir en est une, alors que coloured en est l'absence. Mrs de Wit est une proche voisine qui ne parle que l'afrikaans. Dieu a rappelé son mari à la fin du siècle dernier et ce départ l'a contraint à vendre la ferme pour se retirer dans le village. Elle dit que ses jours ça va, mais que ses nuits... * Cette jeune femme est affectée à l'entretien d'une partie de la rue principale, toujours la même. Un tout petit segment et d'un seul côté. Personne ne prend soin comme elle ni de l'amont, ni de l'aval, ni de l'autre rive. Toute la matinée elle balaie doucement ce qui se trouve là et le déplace vers une poubelle mobile qui est un peu son chez soi : un sac à main y pend en bandoulière, ainsi que quelques effets. Souvent elle change de tenue. Hier c'était tutu d'étoile sur bas résille et coiffure relevée d'un bandeau noir, aujourd'hui c'est combinaison bleue ajustée et bonnet de laine. Elle fait des pauses clope fréquentes, le regard portant loin : rêve-t-elle d'un avenir meilleur ou, à défaut, d'un prince ? Je n'ose pas l'aborder pour en savoir plus. * Miss de V., vendéenne de souche immigrée de huitième génération, est une masseuse émérite. Elle exerce dans un local étroit à l'étrange enseigne d'un lapin en mosaïque et tente d'abord de me coller la colonne au sternum, j'expire, puis fait du petit bois de mes clavicules et décide de me décoller les omoplates -veut-elle m'icariser?-, je bande les muscles afférents pour ne pas décoller. La miss entreprend ensuite d'étirer les angles opposés du dos -d'accord le trapèze initial n'est pas parfait mais de là à le transformer en losange !- avant de s'intéresser à mon tour de cou, qu'elle étire. Je grandis mais n'oublie pas que nous sommes au pays des autruches. Un moment, la pression se relâche, j'entrouvre un œil soupçonneux le temps d'apercevoir ma tortionnaire préparer une huile aux herbes – j'ai choisi l'option aromathérapie- qui ne va pas manquer de me tomber sur le paletot. C'est l'heure du lunch et je soupçonne la belle de ne pas se satisfaire d'un light. Je me raidis, elle atterrit... enfin... ses mains palpent-roulent, massant la bête, l'essence pénétrant le persillé. J'espère qu'elle ne va pas me finir au braai. * Sur la clôture de cette très belle maison, un panneau vintage « Trespassers will be shot, survivors will be shot again ». Est-ce de l'humour local ? A voir le colosse blanc fiché de l'autre côté du barbelé, molosse hurlant, on peut en douter. Les trespassers d'aujourd'hui, descendants des trépassés d'hier, quand on ne prenait pas la peine d'apposer un panneau et qu'on tirait à vue sur les hommes noirs. * Cette séduisante cavalière professionnelle a des tâches de son et porte une queue de cheval baie. * Le mari de Kobie est ranger dans les parcs nationaux. Elle affirme craindre plus le rhinocéros noir que le rhinocéros blanc. Sachant qu'ils sont tous les deux gris, que le blanc fut ainsi nommé par erreur, et le noir par contraste. * La femme s'est abandonnée dans le sofa, ensorcelée par un musicien Burkinabé. Je vais motoriser les castors pour nourrir ses rêves.

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Atila · 2016-04-02

car où...

Je pense que la caisse de Romanée Conti te revient. 😉

Pour le jus de carottes, j'hésite encore entre Airone et Perju.

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AirOne · 2016-04-02

sachant qu'ils sont tous les deux gris, que le blanc fut ainsi nommé par erreur et le noir par contraste

C'est pourquoi, dit-on, que, ne trouvant pas sa place sur cet échiquier, le rhinocéros de Java s'est volatilisé.

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AirOne · 2016-04-02

car où...

Je pense que la caisse de Romanee Conti te revient. 😉

Pour le jus de carottes, j'hésite encore entre Airone et Perju.

Rhaaaaaaaa ! Je proteste et m'insurge ! Je suis le prime auteur du car où-karoo, n'en déplaise à Marcel ! À moi la Romanée !!!😠

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Atila · 2016-04-02

À moi la Romanée !!!😠

Bon ben rendez vous demain ici à 12 30 ... 😮

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AirOne · 2016-04-02

J'y serai ! 🤪

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Atila · 2016-04-02

C'est pas l'enthousiasme...😄

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Montagnard74 · 2016-04-02

sachant qu'ils sont tous les deux gris, que le blanc fut ainsi nommé par erreur et le noir par contraste

Notre guide ( érudit) à Mkhaya nous a expliqué que le rhino blanc, à la gueule plus carrée et plus sauvage, était appelé "Wild" et que cela a glissé en white.... Et que le noir l'a était par contraste.... Nous aurait-il fourvoyé ? 😛

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AirOne · 2016-04-03

sachant qu'ils sont tous les deux gris, que le blanc fut ainsi nommé par erreur et le noir par contraste

Notre guide ( érudit) à Mkhaya nous a expliqué que le rhino blanc, à la gueule plus carrée et plus sauvage, était appelé "Wild" et que cela a glissé en white.... Et que le noir l'a était par contraste.... Nous aurait-il fourvoyé ? 😛

Point du tout, c'est juste que le guide confond wide et wild, wide lipped rhino qui a donné white rhino, puis par contraste, non pas contraste de couleurs comme beaucoup le croient à tort, mais bien par contraste de forme, l'autre fut nommé "lack of wide lip rhino" ( littéralement, le rhino à qui manque la grosse lèvre), mais comme c'était un peu long, c'est devenu lack rhino, puis , comme ça ne voulait rien dire, black rhino et l' autre est tout simplement devenu white. C'est dingue non ?

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Montagnard74 · 2016-04-03

Et ben voilà ! 😏

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Michel85200 · 2016-04-03

Y a l'explication avec wide et white. Il y a l'autre explication. Les 1ers explorateurs sont tombés sur des rhinos qui etaient des rhinos blancs. Nommés ainsi car ils etaient recouverts de boue, d'argile blanche.

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AirOne · 2016-04-03

Oui, alors si tu vas par là Michel, il y a aussi l'explication dite "théorie Livingstone" : Le grand explorateur, alors qu'il venait de découvrir les chutes auxquelles il a donné le nom de cette reine qu'il admirait ( et dont il était, dit on, secrètement amoureux), le grand explorateur , donc, poursuivait son périple selon un itinéraire devenu classique, Chobe, Savuti , Moremi, et fut témoin, alors qu'il allait franchir la rivière Kwaï, d'un affrontement entre deux rhinocéros, un noir et un blanc selon la terminologie actuelle , mais qui à l'époque n'avaient pas de noms différents. Le blanc, une fois n'est pas coutume, à foutu une de ces pâtées au noir que je vous raconte même pas ! Enthousiasmé, Livingstone décida tout naturellement de le nommer Victor rhino ( en référence à cette reine qu'il aimait.... Il faut dire que la bougresse avait la mâchoire un poil carrée...), mais son assistant lui fit remarquer en rigolant que ça faisait penser à Torino, la ville italienne, or le Torino football club venait d'éliminer Manchester City de la champion's league, club dont Livingstone était fan. De rage, Livingstone décida de débaptiser le bestiau et de l'appeler tout bêtement " Kwaï rhino". Par la suite, dans les années 60, Hollywood sortît "le pont sur la rivière Kwaï", les africains se sentirent alors tout cons avec leur Kwaï rhino que le succès planétaire du film faisait ipso facto situer en Birmanie ! Ils le rebaptisent alors " white rhino" . Quand à l'autre qui avait curieusement hérité du nom de looser rhino, ce qui, vous en conviendrez, est assez lourd à porter, il fut rebaptisé dans la foulée " black rhino", et je peux vous dire que depuis ce jour, il bénit Hollywood !

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Montagnard74 · 2016-04-03

Et moi qui croyait que le pont était en Thaïlande....😛

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AirOne · 2016-04-03

Possible, la ligne de chemin de fer relie Rangoon et Bangkok😉, ça se joue à quelques km.

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Diamina · 2016-04-03

Un moment, la pression se relâche, j'entrouvre un œil soupçonneux le temps d'apercevoir ma tortionnaire préparer une huile aux herbes – j'ai choisi l'option aromathérapie- qui ne va pas manquer de me tomber sur le paletot. C'est l'heure du lunch et je soupçonne la belle de ne pas se satisfaire d'un light. Je me raidis, elle atterrit... enfin... ses mains palpent-roulent, massant la bête, l'essence pénétrant le persillé.

Ça me rappelle un massage à china town à New-york! Finalement, c'est partout pareil!!!!

J'espère qu'elle ne va pas me finir au braai.

T'as raison, ça a l'air mouvementé ici!!! Que ce soit pour le braii ou pour le touriste laqué le soucis est le même!!!😏

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Michel85200 · 2016-04-04

Ben voilà, 3éme explication...

V'là t'y pas qu'les choses se compliquent...

Et les zèbres...avec leurs rayures, ce seraient-y pas des joueurs de la Juve ?

Balle au centre ? 😏

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Montagnard74 · 2016-04-04

Non, on connaît tous LA grande question sur le zèbre : Est-il blanc à rayures noires ou noir à rayures blanches ? Encore une histoire de couleurs ..... 😠😛

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AirOne · 2016-04-04

Non, on connaît tous LA grande question sur le zèbre : Est-il blanc à rayures noires ou noir à rayures blanches ? Encore une histoire de couleurs ..... 😠😛

Oui, à ce sujet il y a une théorie quant à la dénomination des rhinocéros. Il est bien évident pour tout le monde que les zèbres ne sont rien d'autre que des chevaux. Des chavaux bai, alezan, noir, blanc, gris ou autre. Ce sont donc des chevaux, mais des chevaux peints ! Or les peintres sont les rhinocéros justement ! La tâche étant énorme, ils se la sont partagée, certains rhinos faisant les rayures blanches et les autres les noires, la dénomination a suivi tout naturellement. D'ailleurs, il en va de même pour les tigres : les rhinocéros de java, jaloux de l'oeuvre de leurs collègues africains, ont décidé de faire de même en Asie. Sauf que, voulant marquer l'opinion par un coup d'éclat, ils ont décidé de repeindre les lions, qui sont donc devenus les tigres...Las, les pauvres rhinos de java courent un risque bien plus grands que les africains à ainsi peindre et repeindre les lions pour en faire des tigres...c'est bien simple : ils ont presque tous disparu et la peinture des tigres s'en ressent, c'est pourquoi eux aussi ils disparaissent : ils se cachent de honte.

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Zabazou · 2016-04-04

Non, on connaît tous LA grande question sur le zèbre : Est-il blanc à rayures noires ou noir à rayures blanches ? Encore une histoire de couleurs ..... 😠😛

Oui, à ce sujet il y a une théorie quant à la dénomination des rhinocéros. Il est bien évident pour tout le monde que les zèbres ne sont rien d'autre que des chevaux. Des chavaux bai, alezan, noir, blanc, gris ou autre. Ce sont donc des chevaux, mais des chevaux peints ! Or les peintres sont les rhinocéros justement ! La tâche étant énorme, ils se la sont partagée, certains rhinos faisant les rayures blanches et les autres les noires, la dénomination a suivi tout naturellement. D'ailleurs, il en va de même pour les tigres : les rhinocéros de java, jaloux de l'oeuvre de leurs collègues africains, ont décidé de faire de même en Asie. Sauf que, voulant marquer l'opinion par un coup d'éclat, ils ont décidé de repeindre les lions, qui sont donc devenus les tigres...Las, les pauvres rhinos de java courent un risque bien plus grands que les africains à ainsi peindre et repeindre les lions pour en aire des tigres...c'est bien simple : ils ont presque tous disparu et la peinture des tigres s'en ressent, c'est pourquoi eux aussi ils disparaissent : ils se cachent de honte.

Je sens dans ce message la migraine qui monte !!! tant d'affirmations (ou suppositions) qui restent sans réponse. Et que vient faire "l'aire des tigres" dans ces propos, la fatigue ? (je rigole, je rigole) ...

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Voyajou · 2016-04-15

Attila, merci pour cette récompense: tu sais parler aux hommes. Je partagerai volontiers la Romanée Conti avec mes concurrents si tu la prends dans tes bagages et qu'ils viennent jusqu'ici (les concurrents 😉).

Dis donc, Montagnard, tu as mis le feu au lac ! J'étais, probablement, dans l'allégorie. Néanmoins, nos guides me semblent raccords comme les deux cornes d'un rhino gris. Graisse soit rendue à nos érudits véfiens pour leur éclairage.

AirOne, j'ai trouvé ton totem, c'est un oiseau: le Bec ouvert africain (African open bill), peu présent au Karoo mais commun au Botswana, au Zimbabwe et au Mozambique. Comme dans ma nouvelle vie africaine j'en suis réduit à nourrir les oiseaux: quelle est la fonction sociale du fiscal (fly)catcher ? Et comment expliquer que notre mille-pattes n'est ici qu'un centipede et que notre civette se transforme en civet ? Sur ce, je retourne à ma botanique...

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Voyajou · 2016-04-15

Boers, (Pat)agonie et renaissance Le film est en exclusivité mondiale dans seulement dix salles, dont dix en Afrique du Sud et une ici (la petite ville du Karoo s'enorgueillit d'un world class theatre). Où, ailleurs, l'histoire des Boers aurait-elle quelque audience ? Peut-être dans une ville d'exil comme Perth ? Au début du siècle dernier, lors d'une guerre sans merci ni s'il te plaît, les Anglais défirent les Boers, premiers européens à s'être incrustés sur des terres qu'ils déclarèrent ultérieurement terra nullius, comme les Anglais le firent en Australie. Guerre pendant laquelle furent établis les premiers camps de concentration, au sens vingtième du terme. En 1902, quelques centaines d'Afrikaners quittèrent l'Afrique du Sud pour la Patagonie argentine, non seulement pour échapper à la terreur mais aussi dans l'espoir d'y vivre comme ils vivaient ici, sans autre tutelle que celle de leur culture, de leurs cultures et de leur religion. Le documentaire évoque la nostalgie des derniers patagoniens parlant encore l'afrikaans. Dans mon finis terrae austral je relis En Patagonie de Bruce Chatwin. Patagonie terre d'élection sinon de rédemption de misanthropes et d'aventuriers venus du nord. Au fil de quatre vingt dix sept histoires courtes l'auteur relate ses rencontres avec des Anglais, des Américains, des Ecossais, des Allemands et un quarteron de Boers, les Indiens faisant partie des meubles. S'il n'a pas osé la centaine est-ce par égard pour les Cent du poète, publiés dix ans plus tôt? L'Afrique et L'Amérique du Sud portent les stigmates de leur séparation, emboîtées qu'elles étaient avant qu'une tectonique les écartèle (ce qu'il est convenu de nommer la dérive des continents, comme s'ils flottaient). Boers at the end of the world les rapproche, tant certains paysages et caractères sont semblables.

Archi-nul ? Depuis que l'architecte anglais est arrivé, comme un Prince hisserait les couleurs, les meurtrières restent éclairées toute la nuit. Dans un pays qui manque d'électricité pour sa production! Est-ce pour impressionner les indigènes ? Pour tenir les animaux sauvages à distance? A-t-il peur du noir? Sommes-nous en présence d'un lecteur insomniaque? Ou d'un Casanova? Habitué au fog, ignore t-il qu'ici les étoiles sont souveraines, et a-t-il la moindre idée de ce qu'est la pollution lumineuse? Une étoile filante fuse vers le pâté, aussitôt dissoute par les néons-épées. Je tente de prendre le contrôle de la Grande Ourse pour aplatir le ksar. Quelques jours plus tard... L'Anglais a croisé la femme sur la piste et l'a invitée à prendre un verre au château, avec son écuyer puisqu'elle en a un. Elle l'y traîne, renâclant. Ce qu'il apprend le désarçonne : l'architecte n'est pas l'Anglais mais son épouse, et ce n'est pas tout : elle est sud-africaine, expatriée à Londres. Ce soir, les meurtrières sont désarmées, une lumière douce fait des murs les contreforts de la montagne. Demain l'architecte et son mari retournent dans le brouillard, et nous retrouverons la nuit noire.

Willem, le Prince jardinier Willem est réputé pour son sérieux. Ce qui semble être la qualité principale, voire primordiale, attendue ici d'un employé. Il ne parle que l'afrikaans et moi guère, bonjour bonsoir et, maintenant, des balbutiements horticoles. J'ai toujours aimé ces rencontres où l'absence de mots communs fait la part belle aux autres langages, et mobilise l'intelligence de la situation. De ma tribune j'assiste à un match de tennis : temps morts, examen de la fourche pour aligner une dent, claquage des semelles pour en chasser les épines, retour aux vestiaires pour changer de pelle. C'est un joueur de fond de court inépuisable, capable de relancer sept heures d'affilée alors que la cour est plus vaste que tout Roland Garros, et que de toute évidence il n'est pas dopé. Sans compter que c'est lui qui ratisse entre les jeux et qu'il lui faudrait plusieurs vies de labeur pour gagner l'équivalent de la prime versée au vainqueur d'un seul tournoi. D'une cuiller il relève les cailloux, élague d'un lift de machette et d'un revers de mouchoir surprend une mouche insolente. Il abat son service sur un piquet qui en reste sur place et lobe parfois l'adversaire en contournant largement ce qu'il n'aime pas faire. Au fil des tailles, il a édifié une termitière géante de broussailles étayée par des branches d'acacias. Aujourd'hui, dans le petit matin calme et clair, il l'enflamme d'un rien. Une torchère craquante s'élève, le soleil pâlit et marque un temps d'arrêt. En quelques minutes, des semaines de travail partent en fumée.

Diversité, mais pas trop Dans cette petite ville, réputée pour sa richesse architecturale, trois siècles se superposent, se côtoient sans toujours se mélanger. Les colons pauvres s'éloignant du Cap et suspendant le Trek, qui était à la fois une fuite et une quête et pas encore l'exutoire de sédentaires gavés, édifièrent les premiers Karoo cottages de la vallée, suivis par les marchands et leurs massives Cape Dutch, poursuivis par les Anglais et leurs demeures victoriennes. À quoi s'ajoute -mais nul ne l'évoque, tâche honteuse, ou, à tout le moins indigne- le style de North End, édifiée à la hâte lorsque l'apartheid sembla le seul refuge aux dominants et que ceux dont la peau n'était pas blanche n'eurent d'autre choix que de s'y déplacer. Deux de ces styles évoluent encore, le premier et le dernier, celui-ci au gré du très lent enrichissement de ses habitants, celui-là sous l'impulsion de nouveaux arrivants conservateurs. La ville a aussi ses jardins. Les jardins précaires et ceux bénéficiant du flot descendu de la montagne. Les jardins des européens nostalgiques du vert, les jardins de ceux qui se sont acclimatés prenant en compte la rareté de l'eau, et les jardins des femmes de North End que je ne comprends pas encore. Chacun, avec les plantes d'ici, et en fonction de son sort, est, autant qu'un jardin, une résistance.

Sédentarium Au sud de la ville, le cimetière actuel de l'Eglise Réformée gît au pied de la montagne. Stèles de marbre noir ou blanc, mais jamais les deux pas de fleurs mais des allées envahies d'adventices. C'est là que reposent les Leroux, les Marais, les de Villiers et même les Terreblanche. À l'opposé, un chemin en dead end conduit au cimetière de North End. C'est une immense étendue entre le township et le désert, couverte de fleurs multicolores en plastique. Un Namaqualand au printemps perpétuel. À l'exception de quelques-unes, récentes, toutes les sépultures sont des renflements de sable et de pierres à divers stades d'érosion, parfois signalés d'une croix ou d'un nom. Le quartier des enfants est abondamment fleuri, rehaussé de bouteilles colorées et particulièrement soigné.

Olive Dans les oliveraies, c'est la saison de la récolte. Les femmes au visage d'olive noire, perchées sur des caisses, égrainent les fruits dans des seaux, ploc, ploc. Les hommes grimpent aux arbres et se faufilent dans la ramure, jetant bas les fruits d'en haut. Dans les plantations plus jeunes, les jambes se mêlent aux troncs et les visages sont couronnés de feuilles. D'un rang à l'autre, les arbres parlent aux arbres. Parfois, un homme quitte son rang et butine hors-saison, un tronc et quatre jambes.

Bribes La femme est une jardinière amoureuse et inspirée, obstinée quand ce n'est pas forcenée. En Bretagne, elle a converti une piscine en jardin potager; au menu, c'est fleur de nénuphar et cresson, parfois des cuisses de grenouille. Sur son cahier à karoos elle redessine le jardin anglais façon Lenôtre. Ce qui me ramène à la tapisserie, qu'il faut changer. Allons donc en parler en partageant un carroot-cake. * La musique amplifiée qu'affectionnent les jeunes Noirs, celle qui les anime en cette nuit de concert en plein-air, est sourde et syncopée. Réminiscence du tam-tam ? * Pour le nomade le problème, ici, est d'avoir un toit la nuit. Dès qu'il le quitte la voûte l'envoûte. Pour d'autres, ici, le problème est d'avoir un toit de tôle nue, brûlante. * À l'écart, certains habitants de North End ont créé des élevages de porcs familiaux. Dans un capharnaüm de tôles, de palettes et de plastique, des cochons roses, des cochons noirs et des roses à pois noir boivent les eaux de vaisselle et fouissent les déchets amenés ici à dos d'homme ou à bicyclette. * Le chat de Jenny est un horrible roux. Avant de s'en aller, elle l'a confié à des amis mais il vient ici le soir, silencieux, intrigué, hésitant. Il porte encore le collier qui lui permettait d'ouvrir une trappe ménagée dans une porte. La trappe est toujours là mais le collier est désactivé. La nuit, de rage, il tente de la forcer puis vient miauler à la fenêtre ouverte. Comment lui expliquer ? Et où sont les lions ? * L'entreprise de construction aurait pu être celle de Pieter Camfert, ça semblait comfortable. Ce sera celle de Piet Koot, qui coûte moins cher. * Ils ne saluent la Lune qu'une fois sur deux, le vendredi soir le plus proche de la nuit où elle est invisible, en organisant un New Moon Market. Dès dix-huit heures il faut envisager tripes et hot curry, chacun amenant de quoi éteindre le feu. La place entre les stands est pavoisée, et ce que le district compte de bons cuisiniers s'active gaiement.

La Lune Bien que Jean, je n'aime pas la Lune. C'est une emmerdeuse et une illuminée. Passe encore qu'elle précipite les naissances et qu'il faudrait semer en respectant son cycle alors qu'elle ne sait même pas compter jusqu'à trente et un, sans parler de neuf mois. Oublions les spéculations journalistico-astrologiques auxquelles il arrive que des présidents démocratiquement élus se réfèrent. Non, si je ne l'aime pas c'est qu'elle éclaire la nuit, comme le font les éclairages publics – quand la Lune sera-t-elle privatisée ?- et qu'à elle on ne peut nulle part échapper, mais c'est surtout parce qu'elle atténue la splendeur silencieuse des étoiles, elle qui n'est qu'un miroir.

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Atila · 2016-04-15

Je tente de prendre le contrôle de la Grande Ourse pour aplatir le ksar.

La licence poétique t'aura fait perdre le nord. Il n'y a pas de Grande Ourse au sud... 😮

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AirOne · 2016-04-15

Sur son cahier à karoos elle redessine le jardin anglais façon Lenôtre. Ce qui me ramène à la tapisserie, qu'il faut changer. Allons donc en parler en partageant un carroot-cake.

Les anglais en maillot blanc non pas à carreau mais à croix rouge inventèrent le rugby que les néo zélandais agrémentèrent du Haka, Haka que les gallois de rouge vêtus pourraient eux aussi pousser à l'unisson sans démériter : le haka rouge du poireau.

Le chat de Jenny est un horrible roux.

C'est un anglais, donc un cat, un cat roux.

La Lune Bien que Jean, je n'aime pas la Lune. C'est une emmerdeuse et une illuminée. Passe encore qu'elle précipite les naissances et qu'il faudrait semer en respectant son cycle alors qu'elle ne sait même pas compter jusqu'à trente et un, sans parler de neuf mois. Oublions les spéculations journalistico-astrologiques auxquelles il arrive que des présidents démocratiquement élus se réfèrent. Non, si je ne l'aime pas c'est qu'elle éclaire la nuit, comme le font les éclairages publics – quand la Lune sera-t-elle privatisée ?- et qu'à elle on ne peut nulle part échapper, mais c'est surtout parce qu'elle atténue la splendeur silencieuse des étoiles, elle qui n'est qu'un miroir.

Tu es dans la lune Jean, tu oublies que la nuit va sans lune, la lune n'est pas la nuit mais une pâle copie du jour, un reflet. La nuit sans lune n'est que pléonasme et, pour qui sait attendre, la lune aussi a sommeil et se couche. Alors revient la nuit brève et silencieuse , elle s'achève dans la pâleur de l'aube qui efface une à une tes étoiles et ta grande ourse , dans sa course folle elle t'a suivi jusque là pour disparaître, vaincue, dans le ciel du Karoo.

Tu me fais rêver.

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Voyajou · 2016-04-17

Que les astres t'illuminent, comme tu éclaires ma nuit noire ! Ainsi, le noir ne serait que l'absence de lumière ? Et pourquoi pas l'inverse ? Et qu'en est-il des trous noirs (Je ne parle pas de l'origine du monde) ? Toutes choses ne se définissent-elles que par contraste ? Et que la constellation de l'Oiseau de Paradis te protège, toi qui crois, sans la voir, que bien sûr la Grande Ourse est visible du sud de l'Afrique : il suffit d'orienter le miroir de la Lune.

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Voyajou · 2016-04-17

La licence poétique...

Tu es indulgente parce qu'il n'est pas exclu qu'une autre licence intervint ce soir là : la danse des cinq étoiles initialement alignées sur la bouteille de Brandy ! Quoi ? La Grande Ourse n'a pas cinq étoiles ?

Il n'y a pas de Grande Ourse au sud...

Même pas une Petite ? Il suffirait pourtant d'une poussière d'étoile pour pulvériser le plus insolent des palais.

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Lacalo · 2016-04-17

Dans l'hémisphère sud, vous avez la célèbre Croix du Sud dans son écrin, " la boite à bijoux" ... De quoi en faire rêver plus d'une...😇

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Atila · 2016-04-17

La croix ???

Aller vers le sud serait un chemin de croix ??? 😮

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Lacalo · 2016-04-17

Je vois qu'il y a des mots qu'il ne faut pas prononcer devant toi...😏

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Emma78 · 2016-04-17

La Lune

Il n'y a pas de plus beau fil que celui des fileuses de lune. Au matin, le soleil les ramasse sur les prés humides pour tisser sa chevelure. (A de Marville)

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Voyajou · 2016-05-03

Dans l'hémisphère sud, vous avez la célèbre Croix du Sud...

Nous avons des étoiles en masse... légère comme l'éther. Le nom que nous leur donnons leur importe peu, et pas plus à moi. Camus aurait écrit "Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde", mais les choses s'en moquent et le monde ne se réduit pas à l'Homme... mais à la Femme. 😉

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