Coup d'Etat en Thaïlande: presse locale (21 septembre 2006)
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😐
Bangkok, 21/09/06 1 am Par Malto C.
Si d aucuns doutaient encore ce matin que les militaires avaient pris en main la destinée du royaume, l apparition à la télévision des cinq généraux à la tête du coup d Etat qui a renversé le gouvernement Thaksin, dans la nuit du mardi 19 septembre 2006, a dû leur rappeler de bons souvenirs (ou mauvais, c est selon) ; celui d un temps que l on croyait pourtant révolu, où une junte militaire en chassait une autre quand elle ne tirait pas sur des étudiants en quête de démocratie.
Mais les 15 ans qui séparent le dernier putsch de 1991 n auront finalement été qu une parenthèse dans la fragile histoire démocratique de la Thaïlande, plus connue pour sa douceur de vivre et ses balades à dos d éléphant que ses révolutions manquées. Ce «petit» pays qui voulait devenir grand a rejoint ses voisins - birman, cambodgien, vietnamien, malaisien, laotien, singapourien ou indonésien - qui ont tous en commun une «certaine idée asiatique» de la démocratie et des droits fondamentaux de l homme.
Thaksin Shinawatra, richissime homme d affaires féru de pouvoir, qui a dirigé pendant près de six ans la destinée du royaume avec plus ou moins de succès, a assisté, impuissant, dans une chambre d un palace de New York, à sa chute. Triste fin pour cet homme trahi, probablement, par ceux qui, au sein de l Armée et de la Police, lui avaient juré allégeance et qui se sont finalement ralliés au général Sonthi Boonyaratkalin, le commandant-en-chef de la puissante Armée de Terre, à la tête du coup d Etat et proche du général Prem Tinsulanonda, le président du Conseil Privé du Roi.
Un roi qui, selon certains journalistes de la presse internationale, aurait été informé du Coup d Etat et ne s y serait pas opposé, ce que ne confirment pas les observateurs locaux. Le général Sonthi, souhaitant mettre un terme à la rumeur, a formellement démenti cet après-midi que le coup d Etat avait été fomenté avec l assentiment du roi. Il est toutefois possible que Sa Majesté Bhumibol Adulyadej, qui a accordé une audience aux auteurs du putsch hier soir, quelques heures après le coup de force, ait obtenue de la junte q elle réforme la Constitution et restitue le pouvoir au peuple dans les meilleurs délais.
La junte a affirmé aujourd'hui dans un communiqué qu un Premier ministre «démocratique» allait être désigné d ici à deux semaines et qu elle conserverait le pouvoir pour une période limitée, probablement un an, le temps de mettre en place les réformes politiques nécessaires à ses yeux. De bonnes intentions qui ne cachent pas toutefois l évidence que ces mesures seront prises hors du cadre démocratique et devraient renforcer le pouvoir de l armée. Pouvoir qu elle n aura finalement jamais quitté.
Dans les rues de la capitale thaïlandaise aujourd hui, tout le monde vaquait tranquillement à ses occupations, malgré la fermeture des banques et des institutions publiques. Les écoles rouvriront demain et il est impensable que les ambassades, dont la France, ne lèvent pas leurs recommandations à leurs ressortissants de rester chez eux et de ne pas sortir. Environ 10000 Français vivent en Thaïlande. Quant aux touristes étrangers, ils sont plusieurs dizaines de milliers actuellement dans les hôtels du royaume et aucune restriction n a été posée par la junte. Ils continuent, comme si de rien n était, à visiter ce merveilleux pays du sourire...
Bangkok, 21/09/06 1 am Par Malto C.
Si d aucuns doutaient encore ce matin que les militaires avaient pris en main la destinée du royaume, l apparition à la télévision des cinq généraux à la tête du coup d Etat qui a renversé le gouvernement Thaksin, dans la nuit du mardi 19 septembre 2006, a dû leur rappeler de bons souvenirs (ou mauvais, c est selon) ; celui d un temps que l on croyait pourtant révolu, où une junte militaire en chassait une autre quand elle ne tirait pas sur des étudiants en quête de démocratie.
Mais les 15 ans qui séparent le dernier putsch de 1991 n auront finalement été qu une parenthèse dans la fragile histoire démocratique de la Thaïlande, plus connue pour sa douceur de vivre et ses balades à dos d éléphant que ses révolutions manquées. Ce «petit» pays qui voulait devenir grand a rejoint ses voisins - birman, cambodgien, vietnamien, malaisien, laotien, singapourien ou indonésien - qui ont tous en commun une «certaine idée asiatique» de la démocratie et des droits fondamentaux de l homme.
Thaksin Shinawatra, richissime homme d affaires féru de pouvoir, qui a dirigé pendant près de six ans la destinée du royaume avec plus ou moins de succès, a assisté, impuissant, dans une chambre d un palace de New York, à sa chute. Triste fin pour cet homme trahi, probablement, par ceux qui, au sein de l Armée et de la Police, lui avaient juré allégeance et qui se sont finalement ralliés au général Sonthi Boonyaratkalin, le commandant-en-chef de la puissante Armée de Terre, à la tête du coup d Etat et proche du général Prem Tinsulanonda, le président du Conseil Privé du Roi.
Un roi qui, selon certains journalistes de la presse internationale, aurait été informé du Coup d Etat et ne s y serait pas opposé, ce que ne confirment pas les observateurs locaux. Le général Sonthi, souhaitant mettre un terme à la rumeur, a formellement démenti cet après-midi que le coup d Etat avait été fomenté avec l assentiment du roi. Il est toutefois possible que Sa Majesté Bhumibol Adulyadej, qui a accordé une audience aux auteurs du putsch hier soir, quelques heures après le coup de force, ait obtenue de la junte q elle réforme la Constitution et restitue le pouvoir au peuple dans les meilleurs délais.
La junte a affirmé aujourd'hui dans un communiqué qu un Premier ministre «démocratique» allait être désigné d ici à deux semaines et qu elle conserverait le pouvoir pour une période limitée, probablement un an, le temps de mettre en place les réformes politiques nécessaires à ses yeux. De bonnes intentions qui ne cachent pas toutefois l évidence que ces mesures seront prises hors du cadre démocratique et devraient renforcer le pouvoir de l armée. Pouvoir qu elle n aura finalement jamais quitté.
Dans les rues de la capitale thaïlandaise aujourd hui, tout le monde vaquait tranquillement à ses occupations, malgré la fermeture des banques et des institutions publiques. Les écoles rouvriront demain et il est impensable que les ambassades, dont la France, ne lèvent pas leurs recommandations à leurs ressortissants de rester chez eux et de ne pas sortir. Environ 10000 Français vivent en Thaïlande. Quant aux touristes étrangers, ils sont plusieurs dizaines de milliers actuellement dans les hôtels du royaume et aucune restriction n a été posée par la junte. Ils continuent, comme si de rien n était, à visiter ce merveilleux pays du sourire...