Balade autour du Bassin d'Arcachon, du Cap Ferret à la Dune du Pilat

C’est ici que commence la balade, plus précisément sur la Presqu’île du Cap Ferret. Admirez ce panorama, sans aucun doute un des plus beaux du Bassin d'Arcachon : en toile de fond trône la célèbre Dune du Pilat, la plus haute montagne de sable d’Europe dont le sommet tutoie les 110 mètres. Rien que ça ! Et puis il y a ce plan d'eau, il s'étend entre les deux rives de l’entrée du Bassin , de belles eaux bleues animées en permanence par de forts courants. A marée montante les eaux salées de l’Océan Atlantique viennent à la rencontre des eaux douces de la Leyre (le cours d’eau qui est à l’origine de la formation du Bassin). Et Inversement, à marée descendante, la petite mer intérieure se vide en se diluant parmi les eaux océaniques. Quelques centaines de mètres plus loin, on parvient à La Pointe. Un nom de lieu qui à défaut d’être original signifie parfaitement où l’on se situe … C’est donc l’extrémité de la Presqu’île du Cap Ferret, la fin des terres (enfin des dunes de sable), une langue de terre sablonneuse coincée entre le paisible Bassin et les tumultes de l’Atlantique. L’avancée de sable est léchée, brassée, grignotée ou attaquée (selon la météo du moment) par des courants et des vagues qui s’entrecroisent.

Les vagues, certains en profitent, par temps calme, pour les surfer en bord de plage. Oh, la jolie « gamelle » … avec la planche qui s’envole ! J’ai été chanceux ce jour-là pour saisir ce mouvement, d’autant que c’était ma première prise photo et finalement la meilleure de la série. A vrai dire, la plupart des gens qui arrivent en ce lieu focalise leur regard vers la Dune du Pilat, on ne peut la rater. Elle est haute bien sûr (on l'a dit déjà) mais d’ici on remarque également qu’elle est large, elle s’étend en effet sur environ trois kilomètres de côte. Parmi les petits groupes de visiteurs /spectateurs, il y a toujours un connaisseur qui semble renseigner les autres, son index pointant le banc de sable d’Arguin ou encore l’ourlet blanc posé sur l’horizon formé par les vagues des « passes ». Ces fameuses passes, entre océan et bassin, avec leurs courants anarchiques si difficiles à naviguer pour les marins, ils sont d'ailleurs très redoutées par les pêcheurs locaux. Quant aux très nombreux plaisanciers du Bassin d’Arcachon, par prudence (et raison), ils sont rares à s’y aventurer et restent plus sagement sur les eaux bien plus calmes de leur mer intérieure. Pour vous faire partager le superbe panorama dont on bénéficie depuis La Pointe, je pourrai vous montrer une photo prise en été avec des vacanciers étendus en nombre sur cette plage … mais non, je préfère vous proposer une vue plus nature capturée au printemps. Le vent venait de balayer une partie des nuages chargés de pluie et commençait à faire sécher l’étendue de sable en donnant cet original aspect au graphisme particulièrement photogénique. Le relief du sable de La Pointe jusqu’à celui de la Dune du Pilat était ainsi souligné. Une belle atmosphère à partager, main dans la main et cheveux au vent en humant l’air iodé.

Indissociables des paysages des plages océanes, les blockhaus datant de la dernière guerre sont ici toujours présents … mais pour combien de temps encore ? Peu à peu, les assauts des vagues et des tempêtes les font disparaître. Sapés sur leur base, ils basculent et sont engloutis ensuite dans les sables mouvants. Et dire qu’ils ont résisté aux bombardements mais s’effacent maintenant par la seule action de l’érosion marine, la nature au final sait rependre ces droits ! Bien sûr, personne ne s’en plaindra car il faut reconnaître que ces carcasses de béton armé (c’est le cas de le dire !) ne sont pas vraiment esthétiques … sauf quand des artistes les embellissent avec leur tags très colorés, histoire de donner un peu de gaîté à ces symboles guerriers.


Voici une photo pleine de contrastes entre l’insouciance de ce farniente au soleil vécu par cette personne allongée sur le sable et l’arrière plan constitué par ce témoignage austère de la folie des guerres. Il n’y a pas que les blockhaus qui se trouvent emporté par l’érosion marine, parfois, lors des grandes marées et des tempêtes d’équinoxes, ce sont les dunes ainsi que des pans entiers de sable qui se trouvent happés par les flots.


Mais comme en témoigne cette photo, la puissance des vagues, ses remous et sa frange d'écume agitée de bulles deviennent en été une véritable source de plaisirs. Des baignades bienfaisantes qui s'apparentent à des séances de jacuzzi iodé, on ne peut imaginer plus naturel. Voici une autre image, bien plus paisible avec ces fleurs de dunes. Cela peut paraître surprenant, sur ce sol de sable balayé par les embruns salés, les liserons de dune parviennent à fleurir et apportent au printemps quelques jolies touches colorées.


Depuis le cordon dunaire qui longe l’océan mais également depuis une grande partie de cette extrémité de la Presqu’île, il attire immanquablement le regard des promeneurs. Normal, avec sa colonne blanche et rouge il domine un océan de verdure de ces 57 mètres de hauteur. Je veux évoquer ici le Phare du Cap Ferret. Sa situation est un peu particulière car au pied de ce phare, il n’y a ni port avec des alignements de bateaux de pêche ni une ambiance sonore faite de cris d’oiseaux marins mais juste le silence d’une agréable pinède. Même si ce n’est pas sa fonction première, le phare du Cap est un lieu de visite qu’il ne faut pas manquer, le panorama dont on bénéficie depuis sa lanterne est tout simplement à couper le souffle. Pour en profiter il faut bien sûr gravir les 248 marches de l’escalier en colimaçon, c’est seulement après cet effort que la récompense vous est offerte. Une vue panoramique s’étendant de l’ Océan Atlantique à la Dune du Pilat en balayant des yeux également la Pointe et les vagues qui l’assaillent.


Après ce travelling et l'observation de ce voilier et de ce kakak qui atteignent la pointe de sable, l’attention se porte maintenant vers la conche du Mimbeau, la presqu’île … de la Presqu’île du Cap Ferret. C’est cette langue de sable d’environ huit cents mètres située entre le Bassin et le village des pêcheurs du Ferret. Cette tour n’est pas seulement un remarquable belvédère pour admirer le paysage, c’est avant tout un phare dont le faisceau lumineux (un éclat rouge toutes les 5 secondes) est visible la nuit en mer jusqu’à 50 kilomètres. Depuis 1995, il est entièrement automatisé.

Il faut attendre le crépuscule pour voir sa lanterne s’allumer et pour observer le mouvement circulaire de son faisceau rouge. Lorsque l’atmosphère est un peu brumeuse, il est d’autant mieux visible. L’artifice de cette longue pose photo le montre ainsi en double !

Depuis des années, il attire régulièrement mon objectif photo … je possède donc une longue série de vues de ce phare pris ainsi sous plusieurs angles et en toutes les saisons. En voici un aperçu.

La tour verticale qui se noie parmi les troncs des pins ou encore en partie masquée par les mimosas fleuris en fin d’hiver.

Le phare vu depuis le Bassin avec une pinasse posée sur le sable … à marée basse. Une autre fois, j’ai capturé ce ciel rougeoyant lors d’un coucher de soleil, comme si la luminosité et cette teinte annonçaient la couleur … celle du faisceau lumineux pas encore allumé.

On le voit très distinctement depuis le sommet du phare, juste en contrebas du phare, au bord de la Conche du Mimbeau … le village des pêcheurs (et des ostréiculteurs) constitue l’étape suivante de ma balade. Un alignement de cabanes en bois au charme simple et quelques terrasses invitant à la dégustation de la spécialité locale, les fameuses huîtres. Il faut se laisser tenter, les huîtres sont à apprécier sur place avec un coup d’œil splendide sur le Bassin, la presqu’île du Mimbeau et la dune du Pilat (superbe à marée haute et sous les rayons d’un soleil de fin d’après-midi).

Les cabanes des ostréiculteurs ne sont pas toutes teinte bois. Certaines arborent des teintes jaune, rouge, blanche ou encore des ouvertures bleues, comme celle-ci, la « 70 ». Il en est de même pour les coloris des « Pinasses », les embarcations typiques du Bassin : allure effilée et fond plat particulièrement adaptés à la navigation et aux rivages du Bassin.

J’ai un penchant pour celle-ci avec sa coque rouge (et ses reflets), une belle harmonie avec le sommet du phare. Teinte orangée, L’ « Orange à mer » me plaît bien aussi … pas seulement pour le jeu de mot de son nom, amusant et bien trouvé !


Mais la plus originale est certainement cette pinasse aux couleurs rasta … des teintes et une évocation très cool mais il faut le reconnaître pas vraiment dans l’atmosphère habituelle du Ferret ; ici, les résidents secondaires ou les estivants sont plutôt tendance chic et arborent une décontraction … mesurée.
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L'impressionnante montagne de sable s'étend à perte de vue. Depuis une de ses crêtes, les rides dessinées par le vent à la surface du sable accentuent la perspective en serpentant vers le sommet.
Une silhouette humaine solitaire sur le sommet de la plus haute dune d'Europe !
Une cime qui culmine d'après les récentes mesures à précisément 110,19 mètres. Devant une telle vue, on ne peut s'empêcher de penser à l'immensité du désert. Un sommet, des crêtes et des vallons dunaires … et en premier plan le tracé d'une courbe comme une vague de sable.
Côté océan, s'étirent les sables d'Arguin puis vers l'horizon les vagues de l'Atlantique, ourlets d'écume dont la blancheur contraste avec le bleu des eaux marines.
Avec la quiétude de cette matinée d'avril, les cris des colonies de sternes de la réserve d'Arguin parviennent jusqu'à ce versant de dune. On ne peut imaginer plus belle ambiance sonore.
Côté bassin, la vue est imprenable sur la fameuse presqu'île du Cap Ferret située à quelques quatre kilomètres de la dune.
Un détail attire immanquablement le regard, le phare. Évidemment, c'est bien la fonction essentielle de cette haute colonne blanche dominée par sa lanterne rouge.
Voilà qu' Eole se réveille et sur une des crêtes de la dune, les grains particulièrement fins de cette montagne de sable se mettent en mouvement.
Etait-il bien raisonnable de tenter cette photo, quand on sait que les appareils photos détestent les poussières et encore plus les grains de sable ? Entre la protection du reflex et l'envie d'immortaliser ce vent de sable, c'est cette dernière qui l'a emporté.
Côté pinède, le versant de la dune est particulièrement pentu. Poussé par les vents du large le sable gagne sur la forêt, de 1 à 5 mètres selon les années et en plongeant le regard on aperçoit au pied de la dune quelques squelettes de pins, morts ensevelis sous le sable.
La dune avance vers l'intérieur des terres comme si elle voulait reprendre une partie du territoire cédé côté rivage sous l'assaut des vagues ...

A marée haute, lors des hauts coefficients ou des tempêtes, les vagues viennent lécher, grignoter ou saper le pied de la dune et ce sont à chaque fois des mètres cubes de sable qui sont engloutis par les flots !
Comme dans le désert, par endroits, une rare végétation parvient tout de même à pousser ! On s'en étonne, tant le milieu est ici hostile : un sol si aride composé uniquement de sable et de plus régulièrement balayé par des embruns salés. Cependant les oyats semblent s'y plaire. D'ailleurs, il rendent service au massif dunaire en participant à la stabilisation du sol.
J'apprécie l'aspect esthétique de ce versant surplombant l'étendue bleu marine avec ces quelques touffes végétales, ici et là, ondulant au gré de la brise marine.
Je veux parler des visiteurs … Ils sont près de 2 millions par an à venir fouler cette montagne de sable d'environ 3 kilomètres de long et ainsi ils profitent de ce belvédère unique sur le Bassin d'Arcachon et au loin sur l'horizon Atlantique.
Et cet intérêt, on le comprend parfaitement, ce site vaut vraiment le détour (comme cela est écrit dans tous les guides touristiques !).
En pleine saison estivale ou lors des week-ends printaniers très ensoleillés, les visiteurs arpentent chaque versants ponctuant de leurs silhouettes minuscules l'immensité sablonneuse ... qui n'est plus alors vraiment désertique !
En ce matin de début avril, ils arrivent mais ils ne sont pas encore très nombreux, juste quelques grappes humaines sur les crêtes.
Une dernière photo en visant le côté sud de la dune avant qu'il ne soit parcouru par la foule des randonneurs.
La lumière matinale, encore rasante, accentue le relief de la surface dunaire. Assurément un des meilleurs moments pour contempler et photographier ce lieu à nul autre pareil … en égoïste randonneur presque solitaire. Car vous l'avez compris, passé 10 heures du matin, il devient difficile de ressentir l'impression de désert avec le flot des visiteurs.
Le soir est également un moment privilégié où l'on peut contempler d'ici, de magnifiques couchers de soleil embrasant l'horizon marin.
La balade me mène à présent sur le rivage, au pied de la dune où j'assiste à une étonnante rencontre toute en contrastes.
L'écume blanche des vagues successives vient à la rencontre des ombres bien plus sombres de la silhouette de la dune. Deux guirlandes festonnées qui se font face mais deux tracés différents, l'un immobile celui des ombres, l'autre sans cesse en mouvement avec celui de l'écume.
Drôle d'aspect pour cette masse gélatineuse gisant sur le sable encore humide. Une imposante méduse est échouée. En observant sa disposition, cela pourrait faire penser avec (beaucoup) imagination aux traits d'un visage. Deux yeux, et une longue barbe … Une dernière photo en guise de clin d’œil en conclusion de ce paragraphe.



































