7 semaines de rêve dans l’Ouest US sans randonner (ou si peu) fin mai-début juillet 2016
Je me lance donc sur cette 3e virée dans le Wild Wild West avec une question:
Est-il possible de s’éclater sans randonner (ou si peu) dans l’Ouest US ? YEP !😎 Et bien oui, on peut se faire rêver sans randonner ! Nous (plus très jeunes - 65 à 70 ans) :
- mon mari, JP, atteint d’une très méchante maladie, mais supportant bien un lourd traitement,
- moi, plus très gaillarde - l’ai-je vraiment été un jour ? pas sûr, en tous cas jamais grande randonneuse (j'ai abusé un peu en écrivant, mais les vraies randos remontent à tellement longtemps qu'il y a prescription).😉 - mon cousin et son épouse (ne vous étonnez pas de me voir les zapper dans le carnet : c’est pour ma sérénité😕).
Il suffira de s’adapter tout en admettant ses limites physiques. Les connaître, ses limites, c’est une chose; les admettre, c’est une autre histoire, et je l’apprendrai à mes dépens🤪 en cours de voyage, mais nous verrons ça plus tard. Quant à mon JP bien fatigué, il s’est avéré le plus vaillant de l’équipe.
Toujours aussi attirée par l’Ouest US (ouf, JP aussi !), j’avais quelques itinéraires sous le coude. Entre les nouvelles découvertes, les endroits que nous voulions approfondir, il y avait matière! Après moult réflexions, mon chéri et moi sommes tombés d’accord pour regrouper deux projets et rallonger le voyage. Après tout, nous avons le temps, et ça économise une traversée de l’Atlantique.
Ce sera une grande boucle LA/LA d’environ 10.000 km à travers pas moins de 8 états. Nous préférons rajouter une journée de plus et repartir de LA. Comme le vol est direct, nous savons par expérience qu’une journée de route nous fatigue moins que les longues escales, ce qui aurait été le cas si nous étions repartis de Vegas.
Du rêve hollywoodien à la folie de Vegas, en passant par - les régions les plus arides et parmi les plus chaudes de la planète dans la Vallée de la Mort, - les territoires indiens de l’Arizona (Monument Valley), - les Montagnes Rocheuses, et les pics enneigés du Colorado flirtant avec les 4000 m, - les Blacks Hills du Dakota du Sud, avec leurs collines sculptées et leurs « Badlands » (mauvaises terres), - le Wyoming dont nous avons rêvé de traverser à cheval les vastes plaines aux herbes sauvages, avec son merveilleux parc, le Yellowstone, - les roches flamboyantes de l’Utah, où l’on s’attend à chaque instant à voir surgir un indien emplumé.
Nous parcourrons des routes panoramiques parmi les plus belles d’Amérique du Nord, la Pacific Highway étant considérée quant à elle comme une des plus belles du monde. Partout, le vieux Far West sera présent avec ses villes cow boy et ses traces indiennes.
Comme nous savons que ce sera sûrement l’un de nos derniers vraiment grands voyages, je le veux topissime et je passerai des journées (des nuits parfois) à peaufiner l’itinéraire, glanant ici et là de précieuses informations et des conseils judicieux. Soyez-en remerciés mes cher(e)s confrères «forumers» de Roadtrippin et Voyage Forum.
Certaines étapes seront peut-être un peu longues, mais elles ne seront pas nombreuses. Nous aurons des plages de repos et nous pourrons prendre notre temps pour profiter de tout.
Nous avons prévu de sortir (un peu) des routes goudronnées et je préfère être sûre de notre véhicule. Nous louons donc un 4x4 chez Avis. J’ai obtenu un prix plus intéressant que toutes les simulations que j’avais faites sur la toile en les appelant directement. Au retour, il s’avère que des frais supplémentaires ont été facturés (une cinquantaine de dollars), et ils me seront remboursés rubis sur l’ongle sur simple appel téléphonique. Le Toyota Sequoia que nous récupérons à LA s’avèrera un compagnon sympa du début à la fin. Le pauvre aura bien mauvaise mine au retour. Comme en esthétique, voici la bête avant et après,
sauf que là, c’est l’inverse quant au résultat.Pour les réservations d’hôtel, j’ai procédé comme à mon habitude : lieu/prix/qualité, en croisant plusieurs sites une fois que j’ai retenu l’hôtel. Avec un impératif cette année : loger sur les parcs, ce qui nécessite de réserver un an avant pour certains d’entre eux (Yellowstone et Monument Valley par exemple) – pas question de me faire avoir encore une fois, surtout pour le Yellowstone qui est pris d’assaut très vite. Je ferai un post à part pour récapituler les hôtels. Ah, un tuyau aussi : en prenant la carte AARP(1), j’ai fait de substantielles économies, leur tarif étant bien plus intéressant que le simple tarif senior proposé par certains hôtels.
(1)Pour les non-résidents US, la carte est un peu plus chère et valable un an seulement, mais elle est amortie très vite quand on part longtemps, ça vaut vraiment le coup. On peut même avoir des réductions, entre autres, dans les boutiques de certains Visitor Centers (nous l’avons appris sur place).
Pour les repas de midi, ce sera pique-nique tous les jours; le soir resto ou repas dans la chambre dans certains cas. Avec une vraie bonne table de temps à autre, car il en existe aux USA, ne soyons pas sectaires !
Si le voyage a été un rêve, le retour me réservera une surprise bien désagréable. Allez, j’en glisse deux mots, ça défoule. Ceux qui avaient vu mon programme lors de la préparation savent que nous avions embarqué nos cousins tant ce voyage leur avait mis des étoiles dans les yeux…. Et comme ils ne connaissent que les voyages avec tour operator, mon cousin était emballé. Et bien, son épouse, une semaine après le retour, m’a signifié dans un sms digne d'une cour d’école primaire qu’elle ne veut plus me parler. Si si ! Elle m’a trouvée trop directive (c’est vrai, c’est moi qui pilote et qui organise !!!! et jusqu’à présent, personne ne s’en était plaint). Et dire que je pensais à un petit barbecue débriefing, avec échange de photos etc., j’en suis restée baba ! Ah, voilà pourquoi ils n’avaient pas le temps pour quelques jours à la plage ! Voyons Mimi, réfléchis un peu😕. Quand je pense aux dizaines de voyages que nous avons réalisés avec des amis depuis 1974. Des dizaines, et pas toujours avec les mêmes personnes : ça dépendait du lieu, de la durée et de la date.... Quand je relis les carnets qui à l’époque restaient manuscrits, je me dis mais quels beaux souvenirs 🙂! Et bien, sur ce coup, c’est une première. En plus, nous avons adapté notre projet pour leur faire découvrir des lieux que nous aurions zappés si nous avions été seuls, sans parler des fois où, à l’inverse, nous nous sommes limités. Si j’hésite entre être verte de rage😠 ou consternée par un tel comportement, en tous cas, je suis bien peinée, disappointed. Honnêtement, avec le recul, ni mon mari ni moi n’avons encore trouvé le comment du pourquoi. Il faut dire que j’aurais dû me méfier : une personne capable de se brouiller avec nombre de ses amis, du nord au sud de la France, normalement, ça craint. Je devais manquer à son palmarès. Et être aussi naïve😇 à mon âge, ça tient de la bêtise😕 et je me donnerais volontiers des gifles. Mais il me semblait qu’avec le temps, elle s’était bonifiée. J’avais déjà lu sur le forum des histoires d’amis qui sont rentrés fâchés et je me disais mais quel gâchis, comment est-ce possible ? Maintenant, je sais. A 65 ans !!!! Fort heureusement, nous avons pu profiter de notre magnifique périple, mais c’est comme si un voile gris l’avait recouvert au retour. Je vais me consoler en regardant les photos et m’en tenir là, en essayant d’oublier le reste.
Mais je parle, je parle… Bon, j’arrête de vous lasser avec mes états d’âme. Je vous entends bien là : «Tu arrêtes, le forum n’est pas le mur des lamentations, tu nous parles de ton voyage et tu vas voir un psy pour le reste !»😉 OK, OK, Voilà l’itinéraire tel qu’il a été réalisé…. Un peu différent de ce qui était prévu… comme d’habitude ! Le roadbook propose, les voyageurs s’adaptent.

J1 – 21 mai – Voyage et arrivée LA Inutile de préciser que tout est prêt et que l’excitation est à son comble, comme toujours😏. Ah la magie des voyages ! On garde toujours cette capacité enfantine à s’émerveiller, sauf qu’on n’ose plus sauter partout par peur de se faire débarquer pour comportement suspect. Le Toulouse-Paris est à l’heure, 7h10 pétantes. Le vol est un tout petit peu agité, mais rien de bien grave.
1h40 pour la correspondance : faut pas traîner, mais ça suffit. A chaque fois, j’ai un petit doute. A Roissy, nous découvrons le gros navion qui va nous emmener Outre-Atlantique. Vu de la salle d’embarquement, il est moins impressionnant que lorsque nous l’avions vu lors de ses vols d’essais à Toulouse, en rase-motte au-dessus de nos têtes, en bout de piste.

Je pensais être subjuguée par l’intérieur, mais la configuration en petite cabines séparées par des rideaux ne donne pas idée de la grandeur de l’habitacle. Les places sont plutôt larges. En vol, je réussirai même à passer côté hublot pour rejoindre ma place, ne voulant pas réveiller le jeune dormeur côté couloir… et croyez-moi, je ne suis pas une sylphide.
Ce jeune géant est peut-être bien sympathique, mais 12h de vol sans les chaussures, ça va pas le faire. JP s’arme de toute sa délicatesse pour lui susurrer discrètement à l’oreille de remettre ses baskets. C’est toujours un peu gênant ce genre de démarche, mais vraiment, le pouvoir de séduction de ce jeune homme se trouverait accru s’il désodorisait ses chaussures de temps à autre😛.
Les repas sont tout à fait corrects :
Salade du jardinier, vinaigrette au jus d’orange et coulis de tomate
Poulet sauce au citron, boulgour aux épices OU Tortellini à la ricotta et aux épinards, sauce crémée - Dessert
Champagne en apéritif.
Le voyage est quand même bien long, avec quelques turbulences.Il faut attendre d’être au-dessus de l’Utah pour voir autre chose que des nuages. Les photos ne donnent pas grand-chose…. 12.000 mètres, ça fait haut !
Mais nous arrivons à discerner quelques beaux paysages et à imaginer les roches rouges que nous verrons en fin de parcours dans quelques semaines.
L’arrivée à LA est abracadabrantesque.
Comme nos cousins viennent pour la première fois aux USA, pas possible de passer aux bornes automatiques – et pas question de se séparer : ils ne parlent pas un mot d’Anglais et semblent un peu perdus.L’attente est dingue. C’est qu’un A380, ça en contient du monde ! Entre les enfants qu’ils font passer en premier (pas que les bébés) et la lenteur des agents au contrôle, ça n’avance pas. A un moment, un grand policeman black bien baraqué, comme on en voit dans les films, fait passer un groupe de soi-disant VIP. Nous avons atterri à 13h et il est plus de 16h. Là, les esprits s’échauffent un peu et, la fatigue aidant, le troupeau (nous sommes comme des bestiaux parqués devant les guichets) manifeste un peu de mauvaise humeur (quels râleurs ces Français !). On nous incite vivement à rabaisser notre caquet – pas commode le Monsieur. On s’en mettrait presque au garde-à-vous, tentés par un «Yes Sir» tonitruant. Nous allons ensuite acheter des cartes SIM pour les téléphones – ça prend du temps aussi : pas facile de comprendre quelle est la meilleure solution. Notre choix s’est avéré nul et coûteux par rapport à l’année dernière.
Si j’ai une leçon à retenir (et si je peux me permettre, un conseil à donner) : surtout, régler ce problème avant de partir. Chacun trouvera ce qui lui convient auprès de son opérateur. Le nôtre - que je ne nommerai pas – ne proposait rien d’intéressant.
On arrive enfin à récupérer la voiture. Oups ! J’ai payé avec ma carte Gold (pour les assurances) et le conducteur est JP. Quant à moi, je n’ai pas mon permis de conduire. Erreur de débutant🤪 d’une voyageuse qui se croyait sinon confirmée du moins avisée et prévenue. C’est utile une check-list, n’est-ce-pas ? A condition de bien la vérifier au moment de partir😉. Grrrr ! Avis nous arrange ça sans problème et nous découvrons ce qui sera un peu notre deuxième maison dans les semaines à venir ! Une Toyota Sequoia géante…. Avec un marchepied pour que je puisse monter. Ceux qui m’ont déjà lue savent que moi, j’escalade ce genre de voiture vu ma taille. C’est parti dans les embouteillages pour rejoindre l’hôtel à Hollywood : le Coral Sands Motel, où nous arrivons à presque 19h. Vous savez compter : cela fait 6 heures que nous sommes à LA ! Il va sans dire que nous sommes KO debout. La visite à l’Observatoire Griffith où nous devions dîner avec des amis d’amis (ceux qui étaient avec nous au Canada et en Louisiane) passe à la trappe. Nous nous croiserons, à un jour près dans la Death Valley. Tant pis, nous ferons connaissance à Paris pour échanger nos souvenirs. Nous dînons au Burger du coin et filons au dodo.











C’est ici que l’on trouve les maisons qui ont servi de décor au clip de Mickael Jackson, Thriller (Sanders House au n° 1345),

Et Mad Men (Pinney House au n° 1355)
Un quartier bien tranquille.



Angels Flight Railway - 350 Sth Grand Avenue
Construit en 1901, c’est le plus petit funiculaire du monde; il a été classé au registre des monuments historiques en octobre 2000. Mais, mais... 😕il est fermé suite à un nouvel accident survenu il y a 2 ou 3 ans (?). Une pétition a été lancée pour faire accélérer les travaux (info Los Angeles Time, Oct 2016).
Il relie le centre historique et Bunker Hill.
«LE» marché où il faut aller pour trouver de bons produits. En cette fin de matinée, des odeurs bien savoureuses titillent nos narines. Il rappelle un peu le St Lawrence Market de Toronto.
L’immeuble a servi de décor à de nombreux films dont «Blade Runner» et plus récemment «The Artist».


Nous ne pouvons que le contempler de loin : le dimanche, il est fermé. Pour ceux qui seraient intéressés, la vue du 27e étage est superbe.



















de Margarita bien alcoolisées et d’un plat de spécialités locales.
Le guacamole est préparé à la demande devant chaque table.
Ce véritable gueuleton nous remet d'aplomb - que l'on se rassure, nous n'avons pas abusé des Margaritas - et nous pouvons donc continuer notre visite.

Le musée est minuscule, mais la visite (gratuite) est assez intéressante.
Comme c’est dimanche, le Pueblo est rempli de monde, essentiellement des familles d'origine latino-américaine. Il y règne une ambiance très bon enfant.
On assiste à des danses indiennes, mais rien à voir avec les danses que l’on a pu voir ailleurs dans les pow wow. Impossible de savoir quelle est l’origine de cette tribu.
On y rencontre de curieux personnages.

Construite en 1884, ce fut la toute première caserne de pompiers de la ville. Elle abrite un musée où on peut découvrir des équipements datant de fin 19e-début 20e.
Mais nous ne la verrons que de l’extérieur : le musée ferme à 15h.
La statue en bronze d’Antonio Aguila est en fait très récente puisqu’elle date de 2012.
Construite entre 1814 et 1822 par le franciscain Fray Luis Gil y Taboada (Mission fondée en 1784), il s'agit de la plus ancienne église de LA. Elle a été inscrite au registre des monuments historiques en 1962.
L’église a été construite en 1926 sur le site d'une maison en adobe ayant appartenu à Agustin Olvera (qui a donné son nom à la rue principale du Pueblo).






















Les avenues aux alentours ne sont en effet pas terribles.
De curieuses églises
Et bien sûr, un peu partout, l’empreinte du théâtre ou du cinéma d’antan.

On se promène un peu, mais.... Bof!
En fait, avec le recul, je pense que nous aurions préféré venir en journée pour visiter les musées du quartier.... mais of course, il aurait fallu une journée de plus.












(mais oui, c’est joli quand même), nous essaierons de voir autre chose dans Beverly.

L’intérieur (du moins l’entrée) ne casse pas trois pattes à un canard. Peut-être que si on pouvait voir certaines salles ce serait mieux ? Mais c’est pô possible.
Je suis sûre qu’elle vous dit quelque chose, cette petite maison. Non : celui qui a dit «dans la prairie» a tout faux ! Celle-là, elle est ailleurs. Et oui, c’est bien celle qui a servi de décor au tout premier film muet de Hansel et Gretel (1921).
Et pour rien au monde nous n’aurions osé en franchir le seuil !


Le ponton, construit entre 1908 et 1921, a servi maintes fois de décor naturel pour des films, séries TV et pubs.
La Grande Roue apparaît dans les années 90.


Nous l'avions vu à la va-vite en 2012, et nous tenions absolument à y revenir tant l’ambiance nous avait plu. Ville berceau (entre autres) du mouvement hippie (la beat generation) dans les années 50-60, elle ne pouvait que séduire les ex soixante huitards que nous sommes. Ah ! Les Doors et Jim Morrison!
Cette fois, nous prenons un peu plus de temps pour découvrir le circuit des Murals, où des noms célèbres ont pu exprimer leur talent. Célèbres pour ceux qui connaissent, d’accord ? En ce qui me concerne, j’avoue mon inculture crade, et me contenterai de les admirer, comme ailleurs. Parce que certes, je n’y connais rien, mais qu’est-ce que j’aime cet art, que l’on voit de plus en plus exploser dans les villes.

Ocean Front Walk
Sur la promenade, nous croisons beaucoup de monde. Mais pas notre hyperbodybuildé Schwarzy qui a délaissé la salle de muscu où il s’entraînait il y a belle lurette.



A l’entrée, on vous donne un plan de visite en Français. Oui Madame, en français !
Bien sûr, selon l’intérêt de chacun, cela vous prendra vous l’avez compris….. le temps que vous voudrez. Pour la modique somme de 6$/pers, vous pourrez vous régaler, comme nous, de cet édifice si bien conservé.
Malgré les nombreux séismes qui l’ont souvent mise à mal (celui de 1812, pas le plus récent bien sûr, a été particulièrement dévastateur) - oui, c’est vieux…. Mais avez-vous vu les infos ces derniers temps ? A quand le Big One en Californie ? Ça fait flipper....), bref, malgré les nombreux séismes, je disais, les restaurations ont su conserver à la mission sa splendeur d’antan.
Oh, je ne vais pas vous faire la visite en détail, rassurez-vous😉, mais sachez qu’on y apprend beaucoup de choses sur les premiers colons et les Amérindiens (ici, on est en terre Chumash).
L’église est magnifique, riche en couleurs.


Quant au jardin….. mmmm ! Ces bougainvillées, mais qu’ils sont beaux. Je les aime autant que les orchidées sauvages.




A l’intérieur, toujours cette architecture hispano-mauresque.

Et dans la cage d’escalier, les amateurs d’automatisme trouveront un étonnant et spectaculaire mécanisme de l’horloge de la tour. N’y connaissant pas grand-chose, je ne sais pas l’apprécier à sa juste valeur, je le trouve juste «Ah quand même!», mais JP est encore une fois scotché.
La journée est loin d’être finie et nous avons du pain sur la planche. D’ailleurs, en parlant de pain, peut-être serait-il temps de trouver un endroit pour pique-niquer ?
J’ai un endroit sympa sous le coude. Enfin, je croyais : en face du Stearns Wharf, qui est la plus ancienne jetée de la côte Ouest (1872).
Et, comme je sais être très nulle à mes heures, l’endroit ne comportait pas la moindre petite table pour pique-niquer, et c’est au cul de la voiture que nous avalons nos sandwiches.
Remarque, tant mieux, ça prendra moins de temps !










Et les gros nuages qui jouent à cache-cache avec nous depuis Santa Barbara….


Nous marchons un bon moment le long de la promenade aménagée pour contempler les éléphants de mer qui feignassent au soleil, faisant un raffût d'enfer et puant autant qu'ils le peuvent. Sont-ils drôles!
Des mâles se la jouent au plus fort.

Dommage : qu’est-ce qu’ils sont mignons, tout blancs, par rapport aux vieux mâles à moitié pelés.
Nous longeons la côte pour aller à notre hôtel, le Days Inn de San Simeon.
Il y a un restaurant juste à côté, le Big Sur Restaurant. Le dîner est une très bonne surprise. En plus, ils servent gratuitement une chowder soup des plus honorables.
Nous bénéficions d’un coucher de soleil magnifique: rouge couchant, demain beau temps: c'est vrai en Californie?
La photo n'est pas terrible, mais ça prouve que je ne mens pas.😉
Ils nous accordent une trêve le temps du pique-nique en bord de route et s’abattent sur nous au moment où nous entrons dans Kings Canyon.
Nous avions envie de découvrir ces géants de la planète que sont les séquoias. Leurs élégants cousins de Muir Wood près de San Francisco, les Red Woods, une branche dissidente de la famille, nous en avaient parlé en 2012. Mais vous aussi, dans vos carnets, vous en avez suffisamment parlé pour nous donner l’envie d’aller les voir. Donc en raccourci, si on est sous la pluie, c’est votre faute😉.
Nous récupérons le sésame qui nous ouvrira toutes les portes des parcs nationaux pendant notre voyage, le fameux Pass «America The Beautiful», et, surprise, le prix est le même qu’à l’époque : 80$.
Ce qui est curieux, c’est que malgré la pluie et la brume si basse, il règne ici comme une lumière. Un clair-obscur mystérieux. Je pense que cela est dû à la couleur des troncs qui illuminent les sous-bois bien dégagés.


Mais le séquoia est une essence qui résiste très bien au feu et d’ailleurs c’est le feu qui permet à la forêt de survivre. Les graines contenues dans leurs cônes ne peuvent s’échapper que sous l’effet d’une grande chaleur. Au début du XXe siècle, la survie de la forêt a été mise en péril par la politique de lutte contre les incendies qui à l’époque consistait à tout éteindre.
On s’attendrait à ce que les cônes de séquoias soient à leur image. Quand on voit ce cône ramassé dans Sequoia Park, on se dit que l'on peut faire de grandes choses avec des petits riens😉, car c’est grâce à ces tout petits machins que nous avons cette majestueuse forêt!
Ils résistent tellement bien, qu’ils se protègent entre eux. Parfois, lorsque deux séquoias sont très rapprochés, celui qui n’est pas sous la flamme est intact et celui qui l’a prise de plein fouet n’est brûlé que d’un côté.
Je ne vais quand même pas vous abreuver de chiffres : ce serait lassant, et puis, vous trouverez bien sur la toile. Bon, juste un peu alors : le 2e plus gros sequoia de la planète en tenant compte du volume de son tronc, le 3e en tenant compte du volume total (avec les branches). 81.5 m de haut et 10.4 m de diamètre. Avec ses 1500 (2000 ?) ans, il mérite tout le respect que d’aucuns ont pu porter au Général éponyme.
Le Christmas Nation’s Tree (l’Arbre de Noël de la Nation), comme on l’a surnommé en 1926, est considéré comme un monument dédié à tous les Américains morts pour leur patrie.
En regardant bien à droite de la photo ci-dessous, on voit un petit schtroumph bleu, ce qui permet d’avoir une idée de la taille de l’arbre dont on ne peut plus s’approcher.

Dans un premier temps utilisée par des fermiers lorsqu’ils rassemblaient leur bétail dans la montagne, elle fut ensuite le premier quartier général des rangers (en 1890).
Pour les puristes qui vont me dire mais le parc date de 1940!!!! Oui, oui, mais, avant, il y avait le General Grant NP.
L’intérieur de ce tronc servait autrefois d’étable pour les chevaux en cas de mauvais temps.

La pluie nous épargne le temps de décharger les bagages. Toutes les chambres du lodge sont à l’étage (un étage ½ même). Dur pour les bagages. La jeune femme de l’accueil, taillée comme une bûcheronne nous aide (aucune connotation péjorative : une belle jeune femme, immense, tout en muscles et en sourire).
Nous avons une grande suite avec deux chambres, immenses, chacune comprenant un grand lit et deux lits superposés, mais il y fait un froid de canard. Notre bûcheronne finira par trouver le mécanisme de régulation derrière les lits superposés qui sont dans l’une des chambres.
En défaisant notre lit, j’ai la surprise de trouver des cheveux sur les draps (pas un ou deux non, presqu’une mèche). Je fais changer les draps, bien sûr, et au moment de partir demain matin, on me rabattra gentiment 50$ sur la chambre pour le désagrément.
Le repas du soir et le petit-déjeuner sont compris dans le prix. Le dîner se prend dans la grande salle à manger au rez-de-chaussée : un buffet plutôt bien garni.
(photo prise le lendemain matin)
















Bien emmitouflés dans nos anoraks, nous partons en balade.
Notre mission ce matin est d'aller présenter nos salutations à un autre général, et pas des moindres, le General Sherman, l’organisme vivant le plus volumineux de la planète (1487m3)😮. Alors là, tant pis pour les chiffres :
- Pas le plus haut : 83.8m quand même (un immeuble d’une trentaine d’étage), le plus haut se trouvant dans le parc de Redwood (l’Hyperion, 115.7 m😮)
- Pas le plus gros en diamètre : 11.1 m au niveau du sol, le plus gros est au Mexique (le cyprès de Montezuma, 15 m)
- Une écorce épaisse de 1.20m
- La première branche commence à 40 m de haut et la plus grosse fait 2.1m de diamètre.
- Son âge : entre 2300 et 2700 ans.
Alors là, respect !



Non, pas le monsieur dont on devine le crâne et qui n’est autre que JP – je ne veux pas d’histoire à la maison ! Je parle de l’arbre.
Et on a compris que ce que l'on prenait pour des petits sapins à certains endroits étaient des séquoias au stade sapling. CQFD😉. Je frime: à vrai dire, jamais je ne m'en souviendrai😕. Le monarch me parle mieux, pas vous?
En repartant, nous sommes surpris par la taille d'une souche. Il semble qu'il n'y ait que des schtroumphs bleus dans ces forêts.















