Bonjour à tous,
Je ne partage que moyennement l'avis auquel je réponds.
S'il est vrai que les sandinistes ont instauré la démocratie au Nicaragua (en 1990, c'est la première fois qu'une transition démocratique avait lieu), il faut aussi relativiser ce qui a été fait durant les 11 ans de gouvernement révolutionnaire.
Si l'alphabétisation des adultes était bien faite (grâce à M. Orlando Pineda), la scolarisation des jeunes laissait beaucoup à désirer. J'ai travaillé dans ce domaine dans l'école d'un bidonville de Managua et c'était loin d'être le top, même avec peu de moyens. Ce qui était le plus difficile à digérer pour moi, c'était qu'aucune critique ne pouvait être formulée. Le système était organisé de telle manière que les dirigents n'avaient absolument pas conscience de ce qui se passait sur le terrain. Le mot d'ordre était : "Comandante, ordene!" (commendant, ordonnez!). Il en allait de même dans l'agriculture, le peu d'industrie, les services, la construction. J'ai des annecdotes à ne plus que savoir en faire. ça a été aussi un gros gâchis. Comme quoi, avant de désigner les erreurs et la bêtise d'autrui (les sandinistes accusent toujours les USA de la faillite de leur régime entre 1979 et 1990) il convient aussi et surtout de se poser des questions au sujet de nos propres erreurs.
Par la suite, ou en même temps, de nombreux dirigents sandinistes se sont corrompus comme à l'époque somoziste, comme si le système renaissait de ses cendres.
J'approuve ce que tu dis à propos des contras, des ventes d'armes ayant servi à leur financement, sans oublier les trafics de cocaïne organisés par le même gouvernement US.
Je parle de tout cela sur mon site
http://www.perso.ch/pveyratJ'espère que l'enthousiasme généré par le retour d'Ortega au pouvoir ne s'évanouira pas comme il y a 16 ans, ce serait dramatique pour les Nicaraguayens.
Philippe