Aujourd'hui, nous prenons la direction du Lesotho via la montée du fameux Sani Pass. Enfin, on espère pouvoir faire cette montée avec notre "4x4" de compétition 😕.
Nous nous arrêtons à Winterton pour faire le plein de courses.
Un peu plus loin, nous prenons quelques minutes pour assister à un match de hockey sur gazon de jeunes filles. Deux équipes, l'une composée intégralement de blanches, l'autre mixte. Le reflet d'un passé et d'un présent pas si composé que cela …
C'est pas le tout, mais le Lesotho nous attend. Par contre, c'est bizarre plus on approche de Sani Pass, plus la durée de trajet du GPS rallonge. T4A refuse obstinément de nous faire passer par Sani Pass et préconise de faire demi-tour pour rentrer au Lesotho par Caledon Poort. Est-ce prémonitoire ?!
Nous passons Underberg, puis Himeville, puis nous arrivons sur une piste d'abord roulable puis de plus en plus chaotique. Cà y est nous y sommes … Sani Pass commence, le Drakensberg en toile de fond.

Sur cette première portion jusqu'au poste frontière, notre "4x4" tient la route même si c'est parfois bumpy. Pour le moment, la garde au sol basse ne nous pose pas trop de problème.
Nous arrivons à la frontière. Le douanier, de son guichet, regarde notre voiture et nous dit que ce n'est pas un 4x4, que nous ne pouvons pas passer. Nous lui montrons les papiers de chez Hertz qui mentionne bien que c'est un 4x4. Il hésite, lit et relit le contrat, puis décide de venir voir le véhicule de plus près. Il en fait le tour plusieurs fois, la garde basse le dérange (et honnêtement nous aussi mais on fait genre on est confiant), il regarde les pneus (sur lesquels il est bien écrit que ce sont des pneus 4x4) … et après 15 mn décide de nous accorder le droit de passer la frontière et de monter Sani Pass.
Là, je dois dire qu'il y a eu un immense soulagement … mais c'est malgré tout inquiets et crispés que nous attaquons la fameuse piste. La "4x4" monte lentement, parfois difficilement mais passe les obstacles.
Nous nous accordons une petite pause sur une portion plane pour profiter des splendides paysages du Drakensberg.

Dans une partie très rocheuse, nous sommes coincés par la garde basse entre deux pierres. Pas de panique, on recule, on observe le terrain, on change de trajectoire, et on passe, non sans racler un peu.
Tout à coup, les fameux virages qui terminent la piste apparaissent face à nous. Là, je sens Monsieur très concentré, priant pour qu'on ne croise personne, car on ne pourrait pas redémarrer dans une telle pente. Moi je suis tellement crispée que j'en ai des crampes dans une partie charnue de mon anatomie que je serre très fort (comme si cela allait mieux faire avancer le "4x4").
Une grande respiration et c'est parti, on attaque les virages, les épingles façon Alpe d'Huez. A ce moment précis, je me remémore avoir lu que cette partie de piste est à un peu plus de 20% de pente, je me dis que l'on ne va pas y arriver … d'autant que j'aperçois un 4x4 (un vrai lui) qui descend.
Pitié pourvu qu'il se gare. Ce qu'il fait en nous apercevant. Il nous regarde avec un sourire d'encouragement mélangé à de l'étonnement de nous voir grimper avec ce véhicule.
Encore 5 virages, 4, 3 … zut encore un véhicule qui descend. Noooon, il s'arrête pas en plus !!!! Au dernier moment, il se gare sur le côté de la piste.
On continue, 2 virages, 1 virage, la frontière. YEEEESSSSS, nous l'avons fait. Deux énormes soupirs de soulagement retentissent dans l'habitacle.
Nous payons notre dû pour rentrer au Lesotho. Le douanier super sympa vient discuter avec nous, il connait quelques mots de français qu'il est tout heureux d'utiliser avec nous. A sa demande, nous lui apprenons à dire "bon voyage" "bonsoir".
Ce premier contact au Lesotho sera le reflet de ce que tout nos contacts seront au Lesotho, chaleureux, sincères, simples, souriants.
Puis nous regagnons notre hébergement pour la nuit, le Sani Mountain Lodge, qui est juste à côté, et qui est le plus haut bar d'Afrique.
