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2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Discussion started by Jdakota on 2018-11-11

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2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-11

28 avril 2017

Arrivée à Glasgow au terme d’un voyage d’une journée, longue étape à Londres oblige. Il est 22h45 et le bureau de location de voitures Firefly ferme à 23h00. Le timing est serré, je le savais.

L’employé du guichet est un jeune mec sympa avec un accent écossais terrible. Il me donne les clés d’une Mercedes 250D en croyant me faire une bonne surprise. J’avais réservé un petit modèle compact et le paquebot qu’il me refile doit se situer à une dizaine de catégories au dessus. Je suis le dernier client de la journée et j’ai l’impression qu’il ne leur reste plus que ça. Le premier avantage est l’embrayage automatique. L’autre, que je constaterai plus tard, c’est la consommation très faible du moteur diesel. Le gros point noir, c’est la taille, assez peu adaptée aux minuscules « single track roads » des Highlands.

Débarquer de nuit dans un pays étranger est toujours compliqué. Et la conduite à gauche ne facilite pas l’adaptation. J’ai réservé pour la nuit à l’Erskine Hôtel qui se trouve à seulement quelques kilomètres de l’aéroport. Par chance la signalisation est bonne – ce qui n’est pas toujours le cas en Ecosse – et je trouve assez facilement le chemin de l’hôtel qui s’avère être en pleine campagne.

29 avril 2017

Après un petit déjeuner copieux à l'hôtel, départ de bon matin et direction Glencoe sous un ciel gris et bas. C’est on ne peut plus simple. Une fois l’Erskine Bridge traversé, il suffit de suivre la route 82 qui vous y mène tout droit. Ça commence par la traversée d’une zone urbaine assez peu intéressante, puis on arrive à proximité du Loch Lomond, dans la région des Trossachs. Ensuite, la route longe ce très long loch pendant plus de trente miles. La route est très étroite, collée à la falaise, et très fréquentée par toutes sortes de véhicules parmi lesquels d'imposants cars de touristes. Je mesure pour la première fois avec inquiétude les dimensions inquiétantes de mon véhicule et la longueur démesurée de son capot.

La route s’élargit en quittant le Loch et commence à s’élever. C’est à partir de Brige Of Orchy que le paysage devient plus rude, moins champêtre. Là commence l’Ecosse telle que je me l’imaginais. Des montagnes pelées, de la lande sauvage, des lochs cernés de tourbières infranchissables. Tout ce que je souhaitais découvrir.



Mon premier arrêt photo se situe autour de Lochan Na Achlaise. Le temps n’est pas encore dégagé mais des trouées de lumière donnent déjà du relief à ce paysage tourmenté. C’est la région de Rannnoch Moor.









De là, Glencoe n’est plus qu’à une petite demi heure de route. J’y arrive dans un épais brouillard pluvieux qui se dissipe néanmoins rapidement. Je décide d’aller me dégourdir les jambes du côté de Buachaile Etive Mar, la spectaculaire montagne pyramidale qui garde l’entrée du Glen. Partout, le sol est gorgé d’eau. Difficile de progresser afin de trouver des points de vues intéressants quand on ne veut pas se tremper les pieds.







Glencoe est une vallée assez courte traversée par une route pentue, étroite et sinueuse, que les grands bretons en week end adorent parcourir très vite aux volants de rutilantes décapotables sportives. Ils se prennent tous pour Daniel Craig, ma parole !





J'avise l'entrée d'un parking en bord de la route, juste avant de plonger dans la partie basse du Glen, et je décide de m'y ranger afin de profiter un peu du paysage. A l'entrée du petit chemin menant au parking, il y a un panneau indiquant « Hidden Hip ». Cela signifie qu'on se trouve juste en face une pente sévère et cachée, alors que le chemin du parking effectue un coude brusque vers la droite. Aujourd'hui, je le sais. Pas à l'époque. Ma position dans la voiture, le capot interminable de la Mercedes et mes quelques lacunes linguistiques font que je rate le chemin et que je file tout droit, dans le « hidden hip ».

« La route est droite mais la pente est forte », disait un ancien premier ministre. Il avait raison. Ca racle fort au dessous et sur le devant. Sur le moment, je ne comprends pas ce qui s'est passé. Ce n'est que lorsque je m'arrête quelques mètres plus bas sur le parking et que je descends que je réalise mon erreur. Je me penche sous le pare choc pour évaluer les dégâts qui sont heureusement assez peu importants.

Rien de cassé mais le plastique au niveau des entrées d'air est bien entamé. Merde et remerde ! Le genre d'incident qui vous casse le moral d'entrée. Et qui ne se réglera pas par des raffarinades. Pourtant, quand je me retourne et que je regarde le degré de la pente que j'ai dévalée, je me dis que ça aurait pu être bien pire. Et tout ça le jour de mon anniversaire ! On appelle ça l'ironie du sort...

Bon, on ne va pas rester là. Je poursuis vers le bas de la vallée, la plus belle partie avec ces couleurs arc-en-ciel qui courent sur le sol. Plus loin, un petit loch recouvre le bas du glen et on se dit que le propriétaire de cette maison (dernière photo) doit se sentir un peu seul durant les longues soirées d'hivers.











Je vais jeter un œil à la bunkhouse qui doit m'abriter ce soir. Celle-ci se trouve un peu avant le village de Glencoe et on y accède par une petite single track road qui trace son chemin en parallèle à la route principale. On me remet les codes d'accès à mon bungalow que je visite rapidement. Une grande pièce principale fait office de cuisine et de salle à manger, plusieurs cabines de douche et trois petits dortoirs de quatre ou cinq lits chacun pour l'heure inoccupés.

Pas grand chose à dire que le reste de cette journée. Une exploration tranquille des contours du loch Leven, tout proche. Assez long et pas inintéressant mais le ciel est un peu couvert et la lumière s'en trouve très affadie. Et mon accident de la mi-journée me reste dans la tête.



Au retour à l'hostel, je fais connaissance avec mes colocataires. Un couples de sexagénaires hollandais qui traversent les Highlands à pieds, une jeune marseillaise – Julia – qui passe une semaine en solo, et deux jeunes coréennes (du sud). On passe une soirée plutôt sympa.

30 avril 2017

Réveil sous un ciel radieux. J'ai décidé de retourner rapidement à Glasgow pour faire estimer les dommages causés à cette maudite Mercedes. Deux jeunes néerlandais qui dormaient dans une autre chambre me demandent si je peux les déposer au début de la rando « Hidden valley ». Ils sont venus passer quelque jours à Edimbourg, puis se sont laissé prendre au jeu et sont venus jusqu'ici en car. Bon, c'est sur mon chemin, alors pourquoi pas ? Avant cela, je les emmène acheter des sandwiches à Glencoe, puis je les dépose comme prévu.

Deux heures plus tard, je me retrouve chez Firefly, à l'aéroport. J'explique le cas à l'employé de faction. Il examine scrupuleusement les dégâts et les détails de mon contrat. La franchise est de 1500 euros et il s'avère que les dommages sont assez largement en dessous de cette somme. Bonne nouvelle, je vais pourvoir reprendre le cours du voyage l'esprit plus tranquille.

Retour sur Glencoe en début d'après midi. Je vais finir par la connaitre par cœur cette route. Après un déjeuner au village (fish and chips), je vais me balader dans la partie haute de Glencoe. Pas l'heure idéale pour la lumière.

Je suis quelques sentiers sans grande conviction.





J'avais repéré une ballade pour la fin de journée : Pap of Glencoe. Il s'agit de grimper au sommet d'une montagne qui garde l'entrée du Loch Leven.



Je vais en faire la première partie avant de faire demi tour. D'abord parce que que c'est super raide et que ça fait beaucoup pour une première rando, ensuite parce que je doute de pouvoir faire l'aller retour avant la nuit et que les éboulis de roches que l'on doit passer dans la première partie seraient extrêmement dangereux à pratiquer dans le noir. D'accident en renoncement, voilà un séjour qui commence bien mal !

Je vais finalement me contenter de faire le tour du loch Leven qui comporte de très beaux point de vue avant de retourner à la bunkhouse.








2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-11

1er mai 2017

Départ vers l'ouest sous un soleil qui ne me quittera quasiment plus de tout le séjour. J'ai d'ailleurs l'impression que celui ci ne débute vraiment qu'aujourd'hui.

Je longe le Loch Shiel jusqu'à Fort Williams, où tous les habitants semblent faire profession de bed and breakfast, la plupart étant déjà occupés. Puis à gauche toute, sur la célèbre route des iles, ainsi nommée car elle peut aussi bien vous mener à Skye, à Orban ou à Mull.

Ma première étape me mène à Glennfinan et son viaduc célèbre, du moins pour les fans du petit sorcier créé par JK Rowling. Les alentours ne sont pas non plus dénués d'intérêt.





Le viaduc est traversé tous les jours par un train d'époque, le « Jacobite Steam Train », qui figure le Poudlard express dans les films Harry Potter. C'est sur ce viaduc que se situe la scène de l'attaque des détraqueurs dans « Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban ». Une petite demi heure de marche sur un agréable sentier aménagé suffit pour atteindre un point de vue en surplomb du viaduc. Il y a foule pour le photographier. On s'arrache les meilleures places et on fait mine de ne pas remarquer ceux à qui on vient boucher le point de vue. C'est la guerre.





Je reprends la route peu avant que le train ne quitte Glenfinan. Ce sera l'occasion de le suivre durant une bonne partie de chemin menant à Mallaig. La route est magnifique, le paysage rude et sauvage. Tout ce que j'aime.



Soudain, au détour d'un virage, j'aperçois un site qui me semble familier. Je m'arrête. Oui, c'est bien ça : la petite île en bout de loch où est enterré Albus Dumbledore (toujours Harry Potter). Dire que quelques brasses dans l'eau froide suffiraient pour aller récupérer la baguette de sureau !



Peu avant d'arriver à Mallaig, je découvre une magnifique plage de sable banc en contrebas de la route. Quelques manœuvres approximatives et autres coups de klaxon plus tard, je me gare à proximité. Je ne suis pas en retard sur mon planning, je décide donc de faire quelques pas. Entre le sable blanc à s'en faire mal aux yeux et le turquoise de l'eau, on se croirait davantage sous les tropiques que sur les rivages britanniques.









Mallaig est une petite ville portuaire qui permet de gagner l’île de Skye via le ferry qui les relie. Bonne nouvelle, le tarif est beaucoup moins onéreux que celui annoncé dans le Routard.



Je réserve mon passage sur le prochain ferry puis je pars en quête d'un déjeuner rapide. Je monte à bord en début d'après midi. C'est un tout petit modèle, ce bateau. Pas de cale ni de salle abritée. On s'installe un étroit pont à l'air libre, juste au dessus des véhicules. Lorsque l'un d'entre eux décide de déclencher son alarme sous la légère houle qui accompagne le départ, c'est évidemment le mien. Je déteste cette Mercedes.



La traversée est courte. Une quarantaine de minutes. Le débarquement aussi vu la faible quantité de véhicules embarqués. Je m'engage dans mes premiers kilomètres sur l’île de Skye. Je roule en direction de Sligachan où j'ai réservé trois nuits à la bunkhouse du coin. L'endroit est désert lorsque j'y débarque, une demi heure plus tard. Je toque à la porte de l'hôtel mitoyen et le gérant me reçoit. Il me donne les codes de la porte d'entrée et de la chambre.

La bunkhouse est ultra confortable avec son salon aux épais canapés de cuir sombre et sa grande cuisine moderne. Les chambres sont plus banales, composées de trois lits superposés. Je pose mes affaires avant de faire quelques pas dans les environs. L'endroit est très isolé, au centre de la partie sud de l'île. En plus de l'hôtel, le village ne contient qu'un grand pub et un restaurant plus chic. Le pub passe pour posséder l'une des plus importantes collection de whisky du pays. Je m'en fous complètement.

Départ pour le lieu choisi pour le coucher de soleil. Ce sera Neist point, une spectaculaire petite péninsule coiffée d'un antique phare. L’endroit se situe au nord ouest de l’île. Je suis largement en avance donc je lambine. Je réalise cependant à quel point, sur cette île, il ne faut pas compter en distance mais en temps. Les vitesses autorisées sont très limitées et les routes étroites. Sans parler des moutons qui traversent sans regarder.

J'ai un peu de mal à trouver le chemin d'accès à partir de la route principale. Je passe deux ou trois fois devant sans le voir. De quoi s'arracher les cheveux. Je sais que je me répète mais les écossais ne sont définitivement pas les champions de la signalisation.

La single track road qui mène à Neist point est interminable et les moutons y pullulent, mais le site, propice aux variations photographiques, vaut bien ce petit effort.





Le point de vue classique se situe au sommet de la falaise vers la droite, mais plusieurs sentiers sillonnent le site et l'un d'entre eux permet de descendre au ceux de la péninsule pour des vues différentes.









Le soleil baisse peu à peu et la lumière se réchauffe. Je trouve deux français avec qui je passe un bon moment à regarder le soleil baisser. Ils logent dans une bunkhouse appelée « Skywalkers » où tout est décoré façon Star Wars. Je n'en reviens pas d'avoir raté ça.





Je repars peu avant le coucher du soleil. La route me parait encore plus longue au retour qu'à l'aller. J'arrive à la bunkhouse à la nuit tombée.

Douche rapide, puis dîner frugal composé d'une soupe de nouilles chinoises et de yaourt vanille. Je sens que je fais des envieux.

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

GGaillard · 2018-11-11

Chouette récit accompagné de bien belles photographies.

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-12

Merci. Sur le plan photographique, ce sera de mieux en mieux car les sites visités seront de plus en plus sauvages et photogéniques. Patrice

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

GGaillard · 2018-11-12

Le sujet oui mais aussi la compétence du preneur de vues

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Marati · 2018-11-12

Salut Patrice, Un immense merci pour ce partage d'une destination visitée en 2014 dans ton style d'écriture si attachant et avec des photos incroyables 😇 ! Tu as eu apparemment énormément de chance avec la météo, le soleil ou encore mieux ces cieux partiellement nuageux apportent de superbes contrastes. Mais encore faut-il savoir les capturer, et tu le fais parfaitement... Pourrais-tu donner des précisions sur ton matos photo ?

Dis-moi, je trouve les pâturages bien jaunes, et cela apporte une ambiance bien particulière, que j'adore, bien loin des clichés sur les paysages écossais. Est-ce la couleur normale en sortie d'hiver ou y avait-il une sécheresse à ce moment-là, si tant est que ça puisse exister l��-bas ?

Ce début de périple me fait regretter d'avoir fait l'impasse sur la route Fort William - Mallaig.

Vivement la suite, surtout sous le soleil qu'on n'aura pas vu durant 2 jours sur Skye !

PS : on a pensé 2 fois à toi cet été lors de notre dernier road-trip familial dans le Southwest. La première fois, c'est quand je n'ai pas réussi à prendre Picasso Face comme il faut (comme sur ton avatar), la faute à un flash flood récent qui m'empêchait de traverser le ruisseau en bordure de route (à moins que tu ne l'aies pris de la route au télé-obj) Et la seconde fois, c'est quand on a mangé 2 fois au Chuuck Aramaaa de St George, et où on s'est éclaté la panse, tellement on a aimé et il y avait de choix à un super tarif ! Merci du tuyau 😉 Guillaume

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Dolma · 2018-11-13

Sur un autre carnet, un lecteur dit avoir fait abstraction du texte pour ne "voir" que les photos.

J'ai, dans un premier temps, sur ton carnet, fait le contraire : abstraction des photos pour ne "voir" que le texte (oui je sais, j'ai plein de défauts : j'aime plus les mots que les images) et je dois dire que je suis impatiente de lire la suite de ton voyage qui non seulement me fait me souvenir mais est surtout raconté fort plaisamment...

Dans une deuxième temps, j'ai admiré tes photos ! J'ai moins de défauts alors ? Elles témoignent magnifiquement de l'étrange et exceptionnelle beauté de ce pays.

J'ai hâte de repartir vagabonder sur les mots -et les images- de ton carnet (même si je ne suis pas HarryPotterAddict🙂) !

Dolma

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-13

Hello et merci pur les compliments ! J'utilise depuis 8 ans un canon EOS 60D avec un excellent objectif Sigma18/35 art. J'attend avec impatience un canon 90D mais il tarde à arriver... Comme tu le verras par la suite, j'ai effectivement eu beaucoup de chance avec le climat (moins un 2018). Mais il faut dire que le mois de mai est traditionnellement le plus beau de l'année en Ecosse. Moins de pluie, davantage de soleil et pas de midges. La couleur brune des sols est due à la saison. Cela devient plus vers en été. je préfère les teintes brunes, plus mystérieuses et sauvages. Allez, à plus et n'oublions pas notre cri de ralliement : CHUCK ARAAAMAAAAAA !!! Patrice

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-13

2 mai 2017.

Le problème lorsqu'on dort en chambre commune comme dans une bunkhouse, c'est qu'on hésite à mettre son réveil à 5 heures pour profiter du lever de soleil. C'est pourquoi il est déjà un peu tard à mon goût quand je me lève. Je me retrouve pourtant seul dans la cuisine. Les occupants ne sont manifestement pas très matinaux, ce qui est curieux lorsqu'on sait qu'il s'agit majoritairement de randonneurs. Les anglais ne font décidément rien comme les autres !

Direction Old Man of Storr, l'une des plus populaires randonnées de l’île. Une demi-heure de route via Portree, la ville principale de l'ile, avant de se garer sur le petit parking encore presque vide. D'ici une heure ou deux il sera plein et de longues files de véhicules échoués s'étendront de part et d'autre de l'A855, qui, contrairement à ce que son appellation pourrait laisser croire, n'a vraiment rien d'une autoroute.

Le sentier est plutôt raide mais pas très long. Il me semble avoir vu ce site dans un épisode de Game Of Thrones. Ce qui n'est pas étonnant si l'on sait que l'Ecosse constitue, avec l'Islande, l'un des principaux réservoirs de décors de la série depuis ses débuts.



La lumière est moyennement intéressante. Il est déjà bien trop tard pour espérer réaliser de bons clichés. Bon, on se contentera d'une belle promenade.





Je poursuis mon ascension vers le nord jusqu'à passer un petit col qui laisse découvrir une partie de la côte nord-est de l'île.

Il y a foule sur le sentier lorsque je redescends. Les incontournables groupes de touristes asiatiques ne se donnent pas la peine d'aller jusqu'en haut. Une photo prise à mi-chemin leur suffira pour valider le déplacement et cocher la case sur leur programme. Et on voudrait nous faire croire que les hommes et les cultures seraient interchangeables...

Je poursuis vers le nord en longeant la côte. Petit arrêt à Kilt Rock. J'aime bien ce food truck.





Puis montée vers le Quiraing, une formation géologique d'origine volcanique qui occupe le nord de la péninsule de Trotternish. La route est sinueuse et étroite. On se croise avec d'infinies précautions. J'atteins le sommet rapidement. Les parkings situés de chaque côté du col sont pleins et le moindre « pull out » un peu accessible sur le bord de le route est occupé. Pas grave. Ce n'est qu'une virée de reconnaissance. Il est trop tard pour envisager une vraie rando et la lumière de midi ne permet pas de réaliser des photos intéressantes. Je reviendrai demain matin. Je redescends de l'autre côté jusqu'à la petite ville d'Idrigil, sur la côte ouest de la péninsule. C'est l'heure de la pause repas. Je poursuis jusqu'au port et je trouve un petit restaurant sympa en bord de mer.

Tout près de là se trouve le minuscule site méconnu de Fairy Glen, « la vallée enchantée » en français. Ça tombe bien, il est à mon programme. C'est plutôt joli et très reposant. L'idéal pour une balade digestive, voire une petite sieste dans l'herbe.



On pourrait croire que c'est artificiel, mais pas du tout. A part ces figures tracées au sol avec des pierres ou de la terre.







Retour vers Sligachan. Je n'ai pas de projet précis pour la fin de l'après-midi. A l'occasion d'une pause dans une gaz station, je demande à la caissière si elle connait un bel endroit pour le coucher de soleil. Elle me parle de Neist Point. Déjà fait. Autre chose ? Ça ne vous a pas suffi, s'étonne-t-elle ? Ben non, cocotte. Vu que le soleil se couche tous les soirs, j'aimerais autant varier les plaisirs en changeant de cadre. Elle n'a pas d'idée. Une très mauvaise recrue potentielle pour les agences de tourisme locales.

Je me repose un peu à la bunkhouse avant de repartir. A Glencoe, Julia m'avait parlé de la plage d'Egol. Elle se situe sur la partie sud de l'Ile. Pas très loin en distance, mais en temps, c'est autre chose... Sur le chemin, je fais une courte pause au bout du loch Ainort.



A partir de Broadford, il faut bifurquer vers le sud et emprunter une de ces maudites single track roads en priant pour ne pas emplafonner un mouton imprudent (contre les suicidaires, on ne peut strictement rien faire). Seconde étape au niveau du loch Slapin.Un bel endroit.



La route devient ensuite encore plus étroite jusqu’à l'arrivée à Egol. C'est un minuscule village d'où partent des petits bateaux qui conduisent des visiteurs à intervalles réguliers dans le magnifique et sauvage loch Coruisk.

Concernant la plage, je ne m'attendais pas à cela. C'est une étendue d'énormes de pierres lisses. Je ne suis pas vraiment séduit. Le ciel est un peu couvert depuis le milieu de l'après-midi et cela nuit forcément à mon appréciation des lieux.





On aperçoit au nord les Cuillins hills au sommet desquelles j'ai prévu de camper en fin de semaine, si le climat le permet.

Je prends le chemin du retour alors que le ciel commence à se découvrir. Le loch Slapin paraît d'autant plus avenant qu'à l'aller.



Un peu plus loin, je ne peux m'empêcher de stopper pour photographier ces simples bosquets transfigurés par la lumière dorée de cette fin de journée.





Revenu à Sligachan, je poursuis mon exploration photographique autour du vieux pont de pierre, bien décidé à profiter du moindre rayon de lumière jusqu'à ce que le soleil disparaisse derrière l'horizon. Une chance que les jours soient si longs en cette période de l'année.









Il y a quelques français à la bunkhouse ce soir. L'occasion d'une soirée passée à bavarder agréablement entre compatriotes ne se refuse pas.

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-13

Bonjour et merci ! La suite est disponible. La mise en ligne du texte est heureusement moins longue que celle des images 😕. Je profite d'une semaine d'arrêt de travail pour tenter de poster l'intégralité du carnet. Enjoy Patrice

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

JeffPrX · 2018-11-14

Superbes photos (mais les paysages s'y prêtent bien !!!) ! On parle d'y retourner... Nous y étions en juillet 2015 et nous avions eu très peu de pluie, par contre ils avaient eu 2 ou 3 mois de pluie avant et les camping étaient détrempés ! Christelle

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-14

3 mai 2017.

Je me lève plus tôt que le jour précédent. Je prends mon petit déjeuner en compagnie d'un jeune anglais qui vit en Nouvelle Zélande et qui me vante longuement les mérites paysagers de son pays d'adoption. Un jour, peut-être...

Je démarre en prenant le mauvais côté de la route dès la sortie du parking. Ce n'est pas ma première erreur de ce genre. Une petite troupe de photographes matinaux installée sur le pont me le fait comprendre à coup de gestes. Je regagne aussitôt le bon côté. Hilares, ils lèvent les pouces triomphalement à mon passage. J'adore l'humour british.

Un petit arrêt sur la route pour un cliché lointain du "Old Man" tant que la lumière dorée du petit matin est encore présente.



Je suis de retour au sommet du Quiraing. Pas de problème pour se garer à cette heure-ci. Je croise deux photographes qui reviennent déjà à leur voiture. Je les envie, forcément. J’aurais aimé me trouver là dès le lever du jour. Ce n’est que partie remise.

J'avance sur le sentier, à l’affût d'un spot que j'ai repéré sur internet. Il permet de mettre au premier plan un petit arbre accroché à la paroi. Étonnamment, celui-ci se trouve très proche du début du sentier.



Je continue en mode promenade, sans autre objectif que de profiter du lieu et du soleil.





Passé le flanc sud du Quiraing, on s'enfonce dans une sorte de défilé qui remonte vers le nord. Passé ce défile, on atteint un large plateau qui, d'un côté descend vers la mer, et de l'autre monte vers le sommet du Quiraing. Je choisis évidement cette seconde option. Les perspectives découvertes sont très graphiques.





Je regagne mon véhicule par le même chemin et je suis assez surpris du peu de temps passé sur cette rando. A peine trois heures, je dirais. Une dernière photo pour montrer à quel point l'orientation de la lumière est essentielle dans le plaisir pris le long d'une rando. Le plus beau des panoramas perd beaucoup de sa superbe lorsqu'on le découvre avec un soleil mal orienté.

Retour sur Sligachan pour une petite sieste. Je décide ensuite d'aller déjeuner au pub. Verdict : pas terrible.

Quoi faire cet après-midi ? Pourquoi ne pas sortir de l’île pour aller prendre un avant-goût des Highlands du nord ? J'ai lu que la petite ville de Plockton, juste au nord de Skye via le pont de Kyle of Lochash, était assez charmante. Ce sera ma première étape. Un vrai petit paradis. Je me promène une bonne heure dans ses ruelles de maisonnettes fleuries.





Je poursuis ma route vers le nord. J'hésite à m'engager sur la « Bealach Na Ba », la route escarpée qui traverse la péninsule d'Applecross d'est en ouest. Je préfère ne pas tenter le diable et gagner directement le loch Torridon. Les paysages traversés sont magnifiques.



Je poursuis ainsi jusqu'au Loch Maree dont je parcours la côte sud dans un sens et dans l'autre. Bon, au final c'est quand même une après-midi de voiture sans vraie rando et ça reste frustrant. On ne découvre vraiment une région qu'en l'arpentant avec ses pieds.





Sur le chemin du retour, je m'arrête au célébrissime Eileen Donan Castle. Vous l'avez forcément déjà vu sur les grands et petits écrans. Dans le film « Highlander », par exemple, ou il figure l'habitation de la famille McLeod.






2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-14

4 mai 2018.



Aujourd'hui, je me décide à entreprendre la vraie belle rando que j'avais en tête depuis le début du séjour. Je ne savais pas si le climat me le permettrait mais c'est le cas et je me sens suffisamment en forme pour l'entreprendre. Il s'agit d'aller camper au sommet d'une petite montagne appelée « Sgurr Na Stri ». Elle offre un superbe panorama sur les Cuillins et le loch Curuisk. Le sentier qui y mène part justement de Sligachan. C'est long (23 km) mais le dénivelé n'est pas énorme et le lever de soleil promet d'y être fabuleux.

Je me propose de partir après le déjeuner. Avant cela, je passe une matinée tranquille. D'abord, je retourne à Eilenn Donan Castle qui ne se trouve pas très loin du pont de Kyle of Lochash. J'hésite un moment à visiter le château, mais non. Je me contente flâner autour du site en prenant quelques photos.





Puis je retourne à Plockton que j'avais beaucoup apprécié la veille. Je pense y rester déjeuner mais il n'y a pas grand-chose et la terrasse du seul restaurant est pleine.



De retour à Sligachan. Je prépare mon sac sur le parking, puis je m'assure auprès des gérants du pub ou je viens à nouveau de (mal) manger que laisser ma voiture ici pour la nuit ne leur pose pas de problème. En partant, je croise deux jeunes qui aperçoivent la carte que je tiens et me demandent si je vais passer la nuit sur Sgurr na Stri. Eux l'ont fait il y a deux jours. Je leur demande quelques conseils, notamment sur la dernière partie de l'ascension qui est un peu plus compliquée.

La première partie de la marche est quasiment plate, un peu monotone, mais j'aime assez ce décor de montagnes pelées, même si le soleil tape bien.





La seconde partie consiste en une longue montée en deux phases séparées par un petit col. C'est assez raide mais pas tant que ça. C'est surtout le sac qui est lourd. Je déteste marcher avec un sac.







Avant de débuter la troisième partie de l'ascension, on arrive à un second col qui permet de basculer dans la zone est et d'admirer du haut le loch Coruisk, celui-là même que l'on peut visiter en bateau depuis Egol. On ne peut pas se tromper, il y a un énorme cairn qui marque l'endroit.

A partir de là, il n'y a plus de sentier. Il faut se diriger au jugé en travers de la pente vers Sgurr na Stri, puis s'engager franchement dans la montée finale. Il faut mieux viser les zones herbeuses et éviter les zones rocheuses, plus glissantes. C'est beaucoup plus raide maintenant car il n'y a pas vraiment moyen de serpenter le long de la montagne. De plus, il souffle un vent terrible, de plus en plus violent à mesure que je progresse dans la pente. J'en viens à me demander comment je vais pouvoir monter ma tente dans ces conditions.

J'arrive sur la partie finale sans vraiment m'en rendre compte. C'a été moins long et difficile que je ne m'y attendais. La première chose à faire, c'est de trouver un endroit pour planter ma tente. Un petit endroit qui soit à la fois abrité du vent et avec un sol pas trop gorgé d'eau. Je le trouve finalement, juste à l'aplomb du plus beau point de vue sur le loch Coriusk. Je pourrais presque prendre des photos de l'intérieur de la tente.

Miraculeusement, le vent s'est arrêté et c'est un réel soulagement.

La journée a été longue. Je grignote en regardant le soleil remonter vers la zone sud des Cuillins.



Les photos du sunset sont sans intérêt à cet endroit. En fait, c'est le sunrise qui m'a donné l'envie d'effectuer cette longue randonnée. Il vaut mieux qu'il y en ait un demain matin mais j'ai tellement pris l'habitude d'avoir un ciel bleu au-dessus de ma tête cette semaine que je n'ai aucune inquiétude à ce sujet. C’est le syndrome de l’enfant gâté !

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-14

Vous avez eu de la chance car juillet est traditionnellement très pluvieux. Et les midges, c'était comment ? J'y retournerai très certainement mais plutôt en automne pour profiter des rougeurs sur la lande. @+ Patrice

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Marati · 2018-11-14

En plus du reste, tu as réussi à caser dans une valise : tente, duvet et sac de couchage 😮 ?!? Chapeau ! La suite nous dira si c'était juste pour une nuit...

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

JeffPrX · 2018-11-15

Vous avez eu de la chance car juillet est traditionnellement très pluvieux. Et les midges, c'était comment ? J'y retournerai très certainement mais plutôt en automne pour profiter des rougeurs sur la lande. @+ Patrice

Ce n'était pas grand ciel bleu tous les jours mais la pluie ne nous a pas freinés dans nos visites ! Nous sommes bretons... Les midges nous ont un peu embêtés, surtout le soir, mais pas de gros nuages, et comme nous étions en camping-car nous avons toujours dîné à l'intérieur ! Notre carnet a été publié ici : https://voyageforum.com/discussion/ecosse-2015-pays-clans-glens-lochs-brumeux-d7148496-1/ Pas mal de lieux en communs mais tes photos sont plus lumineuses. Christelle

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-16

5 mai 2017

4h30. Le réveil sonne. Et il fait froid. Quelques pommes et biscuits en matière de petit déjeuner et je suis en quête d'un point de vue idéal pour saisir le sunrise. Je n'ai pas beaucoup de chemin à faire pour cela.



En attendant que le soleil passe l'horizon et dépose ses premières lueurs sur l'arrête des Cuillins, je me tourne vers l'autre côté pour saisir le ciel rougeoyant. Putain qu'il fait froid !



Ça commence par un léger liseré rouge qui se dépose sur les crêtes. Ça progresse lentement, à la manière dont le feu grignote les bords d'une feuille de papier.





De rouge, la lumière passe à l’orange. Le soleil grimpe doucement dans le ciel, juste derrière moi. Quel spectacle ! Le fait d'y être seul rehausse encore l'intensité de ces instants. Car comme le disait Pierre Desproges : "Il ne suffit pas d'être heureux, encore faut-il que les autres ne le soient pas !"😉.





Puis les couleurs se refroidissent lentement à mesure que l'astre brûlant prend de l'altitude et la montagne entière s'en retrouve progressivement éclairée.





La golden hour est terminée depuis belle lurette. Il est 8h30, j'ai replié ma tente et il est temps de redescendre.



La partie hors-piste est la plus sympa. J'y croise quelques cerfs en promenade. La suite est longue, très longue. Je vais mettre plus de quatre heures pour revenir à Sligachan. Je me rends immédiatement au pub pour dévorer un déjeuner. C'est toujours pas terrible mais on s'en contentera. Très content de cette rando et du bilan photographique. Et de la semaine entière également. Je sais déjà que je reviendrai dans les Highlands.

Commence alors le long retour en voiture vers Glasgow. Plus long encore que prévu puisque je rate l'embranchement vers le sud sur l'A87 et que je file au nord rejoindre les berges du loch Ness. Puis la fatigue me tombe dessus. Je stoppe sur un parking, le long du la route reliant Fort Augustus à Fort William, et je m'offre une longue sieste.

Je reprends la route 40 minutes plus tard. Je traverse Glencoe puis je remonte vers le nord avant de retrouver les interminables berges du loch Lomond. Ma première idée était de retourner à l'Erskine hôtel mais en traversant Dumbarton, une vingtaine de kilomètres avant Glasgow, je tombe sur un Premier Inn qui me fait de l’œil et je m'y arrête. Chambre vaste et super confortable. On est au milieu d'une zone commerciale, entouré par de petits restaurants colorés. Ça me rappelle un peu les States. J'adore.

Il est temps de faire le ménage. Nettoyer la voiture, trier le linge, virer les papiers inutiles, ranger la valise, ce genre de trucs...

6 mai 2017

Se lever, prendre son petit déjeuner au restaurant attenant à l'hôtel, charger les bagages, démarrer, passer l'Erskine bridge, faire le plein avant de gagner l'aéroport, puis rendre la voiture et se diriger vers le terminal en traînant la valise.

Et maintenant, je vous demande de rester très calme et de ne faire aucun bruit. Nous allons tenter une opération extrêmement délicate et, je ne vous mentirais pas, relativement risquée. Rien de moins qu'un déplacement dans l'espace et le temps.

Nous allons effectuer un saut d'un an dans le futur, agrémenté d'un déplacement spatial de 50 miles vers l'est.

Vous me suivez ? Prêts ? Alors fermez les yeux... ne respirez même plus.

C'est parti. ..

Vous êtes encore là ?

Incroyable ! Le continuum spatio-temporel a tenu le choc ! Nous revoici donc le 6 mai 2018 aux abords de l’aéroport d’Edimbourg.

Quittons à présent la zone aéroportuaire et gagnons le nord via le Queensferry bridge. Ce qui ne va pas sans quelques approximations. Je me retrouve tout d’abord à filer vers le sud, puis vers l’est… Quelques trois quarts d’heure - ponctués d’invectives furieuses à l’égard de la signalisation routière écossaise que je me garderais bien de reproduire ici - plus tard, je suis enfin sur la bonne route. Le soleil est radieux et la route est large. C’est donc avec une bonne moyenne que je progresse vers Inverness. La voiture que l’on m’a allouée, une Nissan micra, est plus petite et maniable que cette maudite Mercedes. Les « single track roads » des Highlands risquent de me poser moins de problème que la semaine... pardon, que l’année passée.

Arrivé à proximité de la capitale des Highlands, je contourne la ville pour piquer au sud et redescendre le long de la rive ouest du Loch Ness. Le but de mon périple journalier est Cannich, une minuscule bourgade qui constitue la porte d’entrée du Glen Affric.

J’avais longuement hésité entre deux idées : la première consistait à monter plus au nord pour atteindre Tongue et passer la journée du lendemain à longer la côte jusqu’à Lochinver; la seconde, moins longue, gagner le Glen Affric à l'ouest du loch Ness et profiter de la fin d’après-midi pour y faire une ballade. La deuxième option, le Glen Affric, sa vallée sauvage et ses pics environnants, constituaient pour moi une étape bien plus intéressante. Je ne suis pas un passionné de bords de mer, trop sages, sans mystère. Je leur préfère largement les landes, les déserts et les canyons perdus. Lorsque j’entends parler de côte sauvage entre La Baule et Pornic, je pouffe. Sauvage ? Quand il suffit de dix minutes de voiture pour trouver un glacier, une crêperie, voire un village vacances 😏?

J’arrive à Cannich vers 18h00 et je prends possession de mon Pod. Rien à voir avec les gadgets hightech et ultra-coûteux de la firme à la pomme. C’est une micro cabane de bois seulement meublée d'un matelas qui va surtout m’éviter de monter ma tente. Cela fait, je prends le chemin de Glen Affric. Une interminable sigle track road y mène. Mais le cœur n’y est pas car le ciel, si bleu tout au long du trajet depuis Edimbourg, s’est depuis recouvert d’une sombre couche nuageuse.





Le lieu est pourtant majestueux et les nombreux sentiers qu’il recèle doivent être forts agréables. Mais je me contente de quelques pas avant de repartir vers Cannich. Tant pis, je reviendrai au Glen Affric, de préférence en octobre quand la nature y flamboie des couleurs rouges de l’automne.





Un plat de lasagnes dans le seul resto ouvert du secteur conclura la journée. Mon Pod m’attend. Je vais dormir comme un Hobbit.


2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-16

J'ai une petite tente hyper légère et compacte achetée il y a qq années chez Dec... Et puis le duvet et le sac de couchage, si tu comptes bien, cela fait un élément 😉 ... Et ce n'est que pour une semaine donc assez peu de fringues à case dans la valise. Ça laisse de la place pour autre chose. J'ai fait pareil cette année aux states et la tente ne 'a jamais servi. Mais je préfère l'avoir, au cas où. @+ Patrice

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-16

Merci pour le lien vers le carnet. J'y trouverai peut-être des idées pour un futur voyage en Ecosse car je ne compte pas m'arrêter là. @+ Patrice

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Marati · 2018-11-16

Oups, mes doigts ont fourché : je voulais bien sûr parler du matelas et du sac de couchage...

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Libed3 · 2018-11-16

Yeah ! Super le voyage spacio temporel 😉 comme c'est chouette de pouvoir vous suivre encore merci

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-16

Tout petit matelas gonflable hyper léger là encore. J'ai tout prévu !

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-16

Merci et profite bien de la suite qui sera sauvage ou ne sera pas. 😄

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-18

7 mai 2018

J’avais prévu une longue balade matinale autour du Loch Affric mais le ciel est toujours plombé et je préfère gagner directement la région d’Assynt que j’ai choisi d’explorer dans les trois jours qui viennent. Le petit déjeuner se limitera à un café et des muffins acheté sur le chemin dans une gaz station.

La route n’est pas très longue avant d’arriver aux abords du Loch Assynt. Je fais une première pause sur les bords du loch, autour d’Ardwyk castle. Il n’en reste pas grand-chose mais le cadre est saisissant. Il souffle un vent glacial. Un vrai climat écossais. On a envie de balancer des troncs d’arbres rien que pour se réchauffer. Le séjour s’annonce bien différent de celui de 2017.



Je poursuis jusqu’à Lochinver. Sur la carte, cela semblait une petite ville. En réalité, c’est une simple rue. Et avec une seule face puisque le côté ouest est occupé par le front de mer. Quelques jolis cottages, cependant.



Comme il est encore beaucoup trop tôt pour prendre possession de ma clé, je décide de filer au nord de la péninsule, vers Old Man of Stoer. Dix kilomètres de single track road mènent au phare à l’abandon qui borde la péninsule à l’ouest. Pour info, la bâtisse est à louer. Avis aux misanthropes, amateurs de solitude extrême et de perpétuel crachin.



Pour la suite, il faut marcher. Le sol est particulièrement spongieux. On se trouve pourtant au sommet d’une falaise mais il est impossible de progresser sans s’y enfoncer jusqu’aux chevilles de temps en temps.

Il faut une bonne heure pour arriver à proximité du « Old Man ». Le ciel s’est un peu éclairci et la lumière est meilleure ici. Sympa mais pas inoubliable. De toute façon, c’est une ballade de seconde catégorie, de celles que je mets de côté pour les moments de creux.





Le ciel se recouvre sur le chemin du retour. Je décide de revenir par le chemin des écoliers, à savoir la petite route qui borde la péninsule par le nord en longeant la côte au plus près. On y découvre de belles vues dignes du romantisme sauvage des sœurs Brontë.



De retour à Lochinver, je prends possession de l’endroit qui constituera ma base d’opération pour les deux ou trois jours à venir. La bunkhouse est particulièrement agréable. Un grand salon confortable attenant à une cuisine bien équipée. Tout est propre. Les chambres sont constituées de deux lits superposés, donc limités à quatre occupants.







Une petite cafétéria occupe le rez-de-chaussée. Je décide d’aller y grignoter quelque chose. Mon choix se porte sur le Coronation chicken. C’est du poulet, ça devrait me convenir. Bon, en fait, pas tant que ça… C’est bien du poulet mais sous forme de sandwich froid et noyé dans une sauce épaisse et grasse.

Je remarque que le ciel commence à se découvrir à l’ouest. Cela laisse entrevoir la possibilité d’un beau coucher de soleil. Ça tombe bien, j’ai justement l’endroit idéal pour ça à proximité immédiate : le loch Druim Suadalaim. J’avais repéré ce très bel endroit sur photos et il ne se trouve qu’à quelques kilomètres.

J’emprunte la Cannisp road et je me gare sur le petit parking situé à l’embouchure du loch. Le soleil commence à peine à percer et les collines alentours s’éclairent doucement. Elles offrent un magnifique contraste avec le ciel plombé à l’est.



Il n’y a pas de sentier qui fasse le tour du loch. Pour progresser au plus près de l’eau, il faut marcher entre les tourbières en faisant gaffe de ne pas s’y enfoncer. Plus compliqué mais aussi beaucoup plus amusant. Quant au décor, c’est tout ce que j’aime.





Un type s’est installé tout près, en léger surplomb du loch, avec son trépied et son reflex pro. Il est la recherche de la photo parfaite. Il a trouvé son cadre et ne bougera pas de là pendant les deux prochaines heures.



Pas mon truc. J’aime trop fureter, explorer les moindres recoins. Je préfère faire mes photos à l’instinct, en fonction des cadres et des lumières que je rencontre. Du coup, je ne ferais jamais de photo parfaite, mais ce n’est pas grave. Parfois, la quantité vaut bien la qualité.

Le contraste entre les collines lointaines illuminées par le soleil de fin de journée et l’eau que le reflet des nuages sombres transforme en plomb. Tout simplement sublime.





La cadre embellit encore lorsque je tombe sur cette minuscule île couverte de pins calédoniens. Un parfait spot de fin de journée. C’est tellement beau que je la prends sous tous les angles.



Je poursuis vers l’est, au-delà des rives du loch, sur le sentier qui mène au Suilven. C’est la montagne dont le sommet est pris dans les nuages. La plus longue randonnée du secteur et l'une des plus belles. Je n'irais pas jusque-là ce soir.



Je rebrousse chemin. Les dernières lueurs du jour autorisent encore quelques beaux clichés.



De retour à la bunkhouse, je fais connaissance avec mes trois colocataires. Bonne surprise. Il s'agit de trois gars de Manchester super sympas venus randonner quelques jours dans le coin. A peu près de mon age. En plus, je connais un peu Manchester pour y avoir passé quelques jours l'année dernière. On passe une soirée cool en blablatant pendant que j'aspire mes nouilles chinoises lyophilisées.

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Marati · 2018-11-18

Lumière et contraste exceptionnels. C'est bluffant ! Je préfère aussi 20 photos des tiennes plutôt qu'une parfaite...

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-11-19

Thank you my friend 😎 ! Pour les lumières, l'idéal serait de ne sortir son appareil qu'à partir de 17h ou pas après 9h du matin. C'est ce que j'ai fait cet été au Nouveau Mexique où j'ai en plus bénéficié de ciels assez incroyables. @+ Patrice

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Marati · 2018-11-19

Chouette, peut-être un nouveau carnet a venir sur le Nouveau Mexique...😛

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-12-02

8 mai 2018

Réveil tranquille et sans stress. Comme prévu, le ciel est couvert. Aucun sunrise à immortaliser ce matin.

Je commence par me rendre sur l'A835 à Knockan crag. C'est une courte grimpette qui permet d'avoir un point de vue général sur la région d'Assynt. La vue dégagée que j'avais espérée n'est pas au rendez-vous mais c'est tout de même assez vivifiant.



Puis, sur les conseils de mes colocs, je me rends sous un crachin persistant aux abords des sables blancs d'Achmelvich. Ce n'est qu'à quelques kilomètres au nord de Lochinver.



Ballade tranquille sous un ciel qui ne donne aucun signe d'éclaircissement. C'est peut-être pour cela qu'elle ne m'emballe pas plus que ça. Et puis, comme je crois l'avoir déjà dit, je ne suis pas un grand amateur de bords de mer.

Retour à Lochinver. Il n'y a pas un grand choix de restaurants dans le coin. Je décide donc de me contenter de la cafétéria de l'auberge. Mauvaise pioche : le cheeseburger que je choisis s'avère être l'un des pires – que dis-je : le pire ! - que j'ai jamais eu le déshonneur d'avoir dans mon assiette. Le steak est un machin gris aplati qui déborde de deux bons centimètres autour du Bun. Il me rappelle vaguement la barbaque indigeste des cantines d'écoles de mon enfance. Pas de quoi devenir nostalgique pour autant...



Bon, le ciel tarde à se découvrir. J'avais prévu de gravir le Fidler, une colline à faible dénivelé vers le sud, tout au bout de la Badenscallie road. C'est donc cette direction que je prends. La route est incroyablement lente. C'est une single track road parmi les plus étroites qui longe la côte, s'en écartant parfois pour traverser quelques vallées perdues. C'est très beau et particulièrement sauvage mais je ne suis jamais tranquille sur ce type de route avec cette maudite conduite à gauche et cette falaise toujours trop proche. Ça gâche un peu la promenade.

En arrivant au croisement de Badagyle, je décide modifier quelque peu mes plans en bifurquant vers l'est, histoire d'aller reconnaître le terrain du côté de Stac Pollaidh. C'est une montagne pas très élevée mais plutôt raide avec une forme très caractéristique que j'ai prévu de grimper le lendemain..

Arrivé au parking, je me gare et je lève les yeux vers le sommet si reconnaissable, hérissé de roches dressées vers le ciel.



L'émotion est toujours présente lorsqu'on découvre pour la première fois un endroit sur lequel on a beaucoup lu et rêvé. J'avais prévu d'y passer la nuit du lendemain mais les prévisions météos sont telles que je vais devoir y renoncer. D'où l'idée qui me vient alors : pourquoi ne pas y monter dès maintenant ? D'autant qu'une trouée de ciel bleu commence à s'élargir vers l'ouest.

La montée est sévère, mais le ciel n'en finit plus de se dégager et me promet une vue dégagée depuis le sommet. Après une matinée de grisaille, ça met du baume au cœur.



Les points de vue s’enchaînent, offrant des perspectives différentes sur les montagnes alentours à mesure que je progresse en altitude. Ce n'est finalement pas si long que je le pensais, ni si difficile. Le dernier raidillon se situe sur la face nord, après que l'on ait contourné la montagne par l'est. Puis on débouche sur le col, niché entre les sommets de l'est et de l'ouest.



C'est la caractéristique de ces montagnes de la région d'Assynt que d'être précisément orientées sur une ligne est-ouest presque parfaite. Comme si on les avait tracées depuis le ciel avec une herse.



Il fait un vent à décorner les bœufs et Dieu sait que les bœufs sont sévèrement cornés en Ecosse ! Tant qu'à à sacrifier le lever du jour sur ces hauteurs, autant ne pas rater son coucher. Seulement voilà, elle est encore loin l'heure du sunset.

En attendant, j'explore les lieux. Je tente de grimper un peu vers le sommet ouest mais l'ascension est aussi périlleuse que complexe. Imaginez-vous progresser au milieu d'un labyrinthe vertical construit à l'aide de roches dressées. Le formidable site "walkinhighlands" classe cette ascension comme l'une des plus difficiles de Grande Bretagne. Le gros sac photo que j'ai sur le dos est par ailleurs très handicapant. C'est pourquoi j'abandonne assez vite pour me retourner vers le sommet est, moins élevé et beaucoup plus simple d'accès.



Contrairement à l'autre, celui-là est presque plat. On trouve à son sommet un petit plateau d'une vingtaine de mètres de longueur et, étonnamment, le vent y est considérablement moins violent alors que l'endroit est plus exposé. C'est même assez reposant et je vais pouvoir y attendre le coucher du soleil plus sereinement.



Durant ce long laps de temps, je vais recevoir plusieurs visites, dont un couple d'Anglais presque nonagénaires. Ils me confirment que le temps est exceptionnellement mauvais pour un mois de mai. Pas de bol.



Les heures s'étirent et le soleil commence à descendre vers l'horizon. La golden hour commence. Je redescends un peu le long du sentier pour bénéficier d'une lumière plus rasante.





Une fois le soleil passé derrière l'horizon, il est temps de redescendre vers le parking. Une petite quarantaine de minutes, pas davantage. C'est également le temps qu'il va me falloir pour revenir à Lochinver. Je décide de ne pas reprendre la même route qu'à l’aller mais de poursuivre vers l'est pour retrouver l'A835 et de remonter ensuite au nord. C'est plus long en miles mais surement beaucoup plus rapide en temps et surtout moins dangereux.

Quoique... La lumière de mes phares commence à me faire découvrir des cerfs sur le bord de la route, par groupe de deux ou trois tout d'abord, puis plus nombreux. J'arrête de les compter partir du trentième cerf croisé. Mais d'où sortent-ils ? C'est assez flippant et ça dissuade fortement d'appuyer sur le champignon.

J'arrive à la bunkhouse vers 22h45. Tout est éteint et silencieux. Les portes des chambres sont fermées. J'entre dans la mienne et - divine surprise ! - elle se révèle inoccupée. J'en serais cette nuit le seul occupant.

Douche rapide, nouilles chinoises, et au lit. Dans cet ordre.

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-12-02

9 mai 2018

Lever et bouclage de valise. Aujourd'hui, je change de point de chute. C'est une des trois journées pour lesquelles je n'ai rien réservé. Il fait gris, comme chaque matin depuis mon arrivée en Ecosse.

Faisant le pari d'une configuration climatique semblable à celle du jour précédent, je maintiens mon projet de rando sur le Fidler pour l'après-midi. En attendant, mon projet pour ce matin consiste à aller reconnaître le terrain, puis à trouver une chambre pour ce soir. Comme hier, je reprends la route côtière. Toujours aussi étroite.

Arrivé à Badagyle, je bifurque vers l'ouest et poursuit ma route vers Achiltibuie, minuscule village de forme allongée que je traverse en longeant la mer. Un peu plus loin, j'aperçois un panneau indiquant « Acheninve hostel ». Il s'agit d'une auberge très isolée en bord de mer dont le routard dit le plus grand bien mais qui est censée n'ouvrir qu'à la mi-mai.

Sous le coup d'une soudaine inspiration, je décide de m'y rendre à tout hasard. Située à quelques minutes seulement du sentier menant au Fidler, ce serait une étape idéale. Je me gare, puis je parcours en quelques minutes le chemin de terre qui mène à l'hostel. C'est une vieille bâtisse de pierre aux murs blanchis plantée face à la baie. Pas d'accès voiture mais c'est pas grave.





J'appelle et une femme d'une quarantaine d'années aux cheveux courts argentés sort de la seconde bâtisse. Elle me confirme que la Bunkhouse n'est pas encore ouverte mais propose de me louer une chambre pour 50 livres. Vendu. La chambre se situe à l'extrémité d'un dortoir situé à l'étage. Au rez de chaussée se trouve une cuisine assez vaste et bien équipée.



L'endroit est charmant et la situation des plus romanesques. La baie donne sur les Summer Isles au loin et le ciel au-dessus est d'un noir d'encre. On serait à peine surpris de voir accoster un drakkar vikings.

Je dépose mes affaires et reprends la route. Je contourne à nouveau la péninsule en sens inverse et regagne l'A835 en direction de Ullapool. C'est l'une des rares bourgades de la région qui mérite le qualificatif de ville. Un bon endroit pour la pause du midi.



Les rues sont assez fleuries. Il y a même un peu de monde pour les arpenter. Je jette mon dévolu sur un pub qui donne sur le port. Je commande le poulet mais le serveur se penche vers moi et me souffle à l'oreille que je risque de ne pas l'apprécier. Bon, alors ce sera le Fish & Chips. La valeur sûre.



Je traine un peu sur place avant de repartir vers Achininver. Il fait toujours gris et la pluie menace. Bon, on ne sait jamais, sur un malentendu...

Je me gare sur le petit parking qui marque le début du sentier. Un photographe amateur y est déjà installé. Très équipé, le gars. Il n'a pas prévu de monter cet après-midi mais cette nuit, pour capturer le lever du jour. Pourtant, d'après ce que j'ai vu, c'est plutôt un spot de sunset que de sunrise.

La randonnée n'est ni longue, ni compliquée. Du moins sur le papier. Mais je trouve tout de même le moyen de perdre le sentier dans la première montée, la plus raide. Je le retrouve un peu plus loin après une bonne vingtaine de minutes à errer sur la lande. Puis je me perds à nouveau en choisissant le mauvais embranchement. Y a des jours comme ça...

Après une demi-heure d'approximations et de pataugeage dans les tourbières, je retrouve un large sentier qui couronne le plateau. Cette fois, je ne le quitte plus. Il monte régulièrement vers le sommet. Les nuages gris passent en colonne au-dessus de moi et une bruine persistante m'accompagne depuis le départ. Mais la pente est douce et le ciel commence à se découvrir vers l'ouest. Exactement la même configuration que ces trois derniers jours !

Malgré un petit durcissement de la pente durant les dernières centaines de mètres, la ballade est facile et le point de vue de que l'on découvre en arrivant au sommet procure ce qu'on nomme « l'effet Whaou ! ». Le rapport difficulté/plaisir est ici extrêmement positif.



Mais quel vent ! Pire qu'hier, alors que je n'aurais pas cru ça possible. Et aucun endroit pour s'abriter, ne serait-ce que quelques instants. Et si l'on s'avance à l'aplomb du précipice, la poussée se situe pile dans votre dos. De quoi vous dissuader de trop vous avancer. Mais qu'importe, le soleil est de retour au dessus de moi et le spectacle est à la hauteur de mes attentes. Les perspectives sont fabuleuses et la lumière est belle.





J'aperçois Stac Pollaigh droit devant. Ces merveilleuses montagnes écossaises offrent des points de vues totalement différents à quelques centaines de mêtres de distance.



La redescente se fait sous un soleil déclinant en pleine face. Le sentier est beaucoup plus visible dans ce sens. Aucun risque de le perdre. Du coup, la descente est bien plus rapide que la montée.



Sur le parking, je retrouve le photographe qui prépare sa nuit. Il sort de sa voiture pour me saluer. Je lui souhaite autant de chance avec le ciel que j'en ai eu ce soir puis je regagne mon auberge déserte. Quoique, il y a un couple de cyclistes anglais dans une autre chambre au rez de chaussée; mais je ne les croiserai qu'au moment du petit déjeuner.

Repas dans la cuisine aux fenêtres de verre épais cinglées par le vent du large. Stevenson n'est pas loin... C'est vraiment l'endroit idéal pour une nuit écossaise. Demain, ce sera principalement une journée de route car je change de zone. Cap au sud vers le loch Torridon.

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Hastrubal · 2018-12-09

Wow!! Photos vraiment superbes, merci de partager!

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Rouquine38 · 2018-12-10

Merci à VF d'avoir mis ce carnet dans les suggestions de lecture. Je viens de le dévorer tellement les photos sont superbes et le récit captivant. D'ailleurs, c'est le "voyage spatio-temporel" qui m'a interpellé et ensuite... on ne peut plus s’arrêter... la suite 😉. En attendant, un grand merci... j'ai vraiment envie de réserver une semaine en Mai 😛.

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Mamina64 · 2018-12-11

+1 récit passionnant photos superbes Merci !

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-12-12

Merci. La suite et fin pour la semaine prochaine.

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-12-12

Salut et merci pour les compliments. Faut que je termine maintenant. La semaine prochaine sans doute.

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-12-12

Merci. A bientôt pour la suite sur les cimes.

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Frisco77 · 2018-12-12

Bonjour,

Je suis attentivement votre CR depuis le début et cela nous remémore notre voyage de juin 2018 et nous donne de nouvelles idées pour un prochain voyage en Ecosse.

Nous avions eu de la chance d'avoir un superbe temps, très chaud même, les locaux n'en revenaient pas.

Malgré cela vos photos sont magnifiques.

Vivement la suite.

JL

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-12-16

Merci de vos compliments et ravi de vous donner l'envie de repartir là bas. C'est d'ailleurs un peu pour ça qu'on fait ce genre de carnet. @+ Patrice

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-12-16

10 mai 2018

Le petit déjeuner me permet de faire connaissance avec les deux autres occupants de la bâtisse, deux sexagénaires britanniques qui parcourent la côte à vélo. Le cadre est plus hospitalier ce matin. Cet asile inattendu sera l'un des meilleurs souvenirs de ce séjour.





En contournant le loch Osgaig, on peut embrasser d'un regard mes deux sommets de ces derniers jours. On s'aperçoit nettement de la différence de déclinaison entre Stac Pollaidh (à gauche) et le Fidler (à droite).



Je traverse Ulapool et contourne le très long loch Broom avant de bifurquer au nord sur l'A832. Il y a ensuite un long col à franchir avant de redescendre vers Gruinard Bay et sa large plage de sable rose.





La pause du midi se fait à Gairloch, petite ville côtière. Je ne trouve qu'un restaurant mais très correct, à la sortie de la ville. Je poursuis la pause dans le coin café. Agréable sofa de cuir avec vue sur la baie.

C'est ensuite la descente le long du spectaculaire Loch Maree. Nouvelle pause pour une courte promenade aux abords du loch.

La route qui mène de Kinlochewe à Torridon est l'une des plus sauvages des highlands. On y longe le massif du spectaculaire Beinn Eighe, la plus haute montagne de ce secteur.

C'est enfin l'arrivée à Torridon. Il est encore trop tôt pour prendre possession de ma clé, j'opte donc pour un petit tour de reconnaissance dans les environs. Puis pour une ballade le long de la baie, dans ce que l'on nomme le port de Torridon, même si on serait bien en peine d'y trouver quoi que ce soit qui ressemble à un quai et où les bateaux brillent par leur absence. Cette petite île est par contre du plus bel effet.



Je termine par un crochet sur la route du sud pour un plan général. Le village, réduit à sa plus simple expression, se trouve au bas de la montagne, de l'autre côté de la baie.



La bunkhouse, au contraire, se révèle d'une taille étonnante. Un vrai petit village vacances, avec de confortables salons dignes d'un club med, une immense salle à manger et une cuisine dotée de six fours et de quatre frigos géants. Le grand luxe, mais toujours à petit prix, comme dirait Franck Provost...





Je dépose mes affaires dans la chambre et je file pour la ballade prévue ce soir : loch Coulin et loch Clair. Deux loch presque reliés posés devant beinn Eighe et dont on peut faire le tour par un sentier facile.



Là, je fais une grosse connerie. Je garde aux pieds les chaussures légères que je mets pour conduire et j'oublie dans le coffre mes pompes de rando.



Je m'en aperçois trop loin pour que l'idée de revenir en arrière me tente. Il n'y a plus qu'à espérer que le chemin reste sec !

Ben non, le chemin n'est pas sec. Loin de là, même. C'est pourquoi je dois me résoudre à faire demi-tour avant la moitié de la ballade. Mais le temps n'était pas non plus au diapason alors la déception n'est que partielle.



Repas du soir dans la salle à manger, puis je passe le reste de la soirée bien enfoncé dans un des fauteuils du grand salon entre une bonne bière locale et le dernier polar de Michael Connelly, par ailleurs passionnant.

11 mai 2018

J'hésite entre deux projets, entre deux sommets pour être plus précis. « Beinn Alligin », sur le flan nord-ouest du loch, ou « Maol Chean-dearg », sur le flanc nord mais dont le début du sentier nécessite presque une heure de voiture.

Après une discussion avec une des responsables de la bunkhouse (un drôle de personnage, j'en parlerais plus tard), je me fixe sur la seconde option. Le ciel est pas mal bouché et n'est censé que se dégrader au fil de la journée alors autant garder le meilleur pour le lendemain qui est censé être bien plus dégagé.

Sur le chemin, je passe près de la route menant au Belach na Ba. J'ai du temps devant moi alors je me dis, pourquoi pas ?

La route est incroyablement étroite. Parvenir au sommet est une sinécure et vous fait craindre de froisser votre carrosserie à chaque instant. Comme elle est pas mal empruntée, les espaces de dégagement sont constamment encombrés. Et il n'y a aucune vue depuis le col. Pour cela, il faudrait s'engager dans la descente, ce qui me demanderait beaucoup plus de temps et de sueurs froides que je ne suis prêt à engager dans cette histoire. Je fais demi-tour. La descente va s'avérer encore plus longue et compliquée que la montée. C'était une très mauvaise idée.

Je reprends mon chemin vers les coulags. Je me gare à proximité du sentier et je m'engage dans la très longue ascension vers Maol Chean-dearg. Le dénivelé est de près de 1000 mètres mais celui-ci est surtout concentré dans la seconde moitié de la randonnée. La première partie est relativement plate.

Je rate un embranchement et me retrouve face à un petit lac. Le détour n'est que de quelques centaine de mètres. J'en profite pour pique niquer sur la rive avant de rebrousser chemin et de retrouver le bon sentier.





A partir de là, la montée est sévère et quasi constante jusqu'à la fin. On peut la diviser en trois parties distinctes. La première mène à un col qui permet de redescendre à pieds vers le loch Torridon. Ce n'est pas mon objectif. Un autre sentier grimpe le long d'une crête abrupte. C'est celui-là qu'il faut emprunter. Le sol de nature crayeuse manque d'appuis et cette partie est assez délicate à franchir. On dérape pas mal et on recule presque autant qu'on progresse. Une véritable métaphore de l'existence... Puis on arrive au sommet de cette nouvelle butte et le sentier s'aplanit pour slalomer entre des roches blanchâtres.

Je croise une jeune anglaise aperçue à la bunkhouse ce matin. Elle me confirme que la dernière partie est la plus difficile, ce que je constate un peu plus tard en arrivant devant un gigantesque pierrier. Ici, pas de sentier, juste un empilement de roches en équilibre parfois précaire qu'il faut gravir sans créer d'éboulis sous lequel vous pourriez éventuellement vous retrouver.

Mais cela se révèle moins long que prévu. Une vingtaine de minutes, je dirais. Une demi-heure, tout au plus.



Le panorama que l'on découvre alors est très beau avec au premier plan le massif du Beinn Damh qui ressemble à un vieux volcan fatigué, mais la vue est malheureusement un peu gâchée par le brouillard et une pluie froide qui s'est déclenchée peu après mon arrivée. Pas si mal quand même grâce à cette lumière qui détache la chaine du Beinn Eighe en ombres chinoises. On se croirait au Mordor et on pourrait sans peine imaginer Sam et Frodon traverser la lande tout en bas.







Le retour va être très long mais sans pluie. Au final, une très belle ballade que j'aimerais bien refaire un jour sous des cieux plus cléments.

Je me commande des lasagnes à la boutiques/bar de la bunkhouse. Je l'agrémente d'une Belach Na Ba Beer avant de retrouver Michael Connelly et mon fauteuil préféré du grand salon pour la soirée. J'adore cet endroit.

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-12-21

12 mai 2018

Il fait un temps splendide ce matin. Le ciel est parfaitement dégagé ce qui est idéal pour monter au sommet de Beinn Alligin.

Je demande à la gardienne de la bunkhouse s’il reste un lit pour ce soir. Elle me répond entre deux chantonnements et ce n’est malheureusement pas le cas. Du coup, je me demande à voix haute si ce ne serait pas l’occasion de réaliser là-haut mon traditionnel bivouac de fin de séjour. L’idée lui parait « lovely » !

Pas question de commencer l’ascension avant le début de l’après-midi. Je prends la route du sud pour quelques clichés de repérage sur le trajet qui m’attend et que l’on peut voir presque intégralement sur les clichés suivants qui permettent de découvrir, au-dessus du loch, l’ensemble du massif de Beinn Alligin.





Puis je gagne le petit village côtier de Shieldaig, à quelques miles au sud. Il y a une minuscule épicerie dans laquelle je me ravitaille pour les 24 heures à venir. Sandwiches, fruits, yaourts, barres énergétiques… De quoi monter l’esprit tranquille. Je ne m’attarde pas car une course cycliste se prépare et je ne veux pas prendre le risque de me retrouver bloqué dans le bourg.

De retour à Torridon, je me restaure dans l’unique boutique/café/snack/coiffeur/postier/dentiste du village. Je choisis les « toasties », des sandwiches de pain de mie chauds, garnis de jambon, fromage et tomates. Simple et bon. Chez les British, faut pas prendre de risque, faut faire simple.

Tout cela m’amène aux alentours de midi. Je me rends donc sur le parking d’accès à Beinn Alligin, déjà bien rempli. Le temps de préparer mon sac – toujours trop lourd, et je me mets en marche.

Ça grimpe quasiment tout de suite et le sac ne facilite pas les choses. La première demi-heure me met déjà à rude épreuve.

Il y a une courte zone plus facile avant d’entrer dans le couloir qui permet de grimper entre les deux montagnes. D’ici, on distingue à la fois le couloir à gauche, et le sommet de Sgurr Mhor, à droite, qui constitue le point le plus élevé de mon périple.





Le couloir se divise en deux parties, l’une très raide et l’autre très très raide. On longe tout du long un minuscule ruisseau dont le son offre un petit réconfort psychologique. C’est la partie la plus longue et c’est vrai qu’elle parait interminable.

Le couloir débouche sur une sorte de faux plateau qui mène rapidement au premier sommet de la randonnée, « Tom Na Gruagaich ». 932 mètres. C’est l’occasion d’une pause bien méritée. Le point de vue est superlatif mais bizarrement assez peu photogénique. Trop large, trop vaste.





Pour continuer, il faut commencer par redescendre de l’autre côté, le long de la crête. Le début du sentier est assez compliqué à dénicher. C’est étroit et raide et certains passages se révèlent carrément dangereux lorsque vous portez un sac lourd susceptible de vous déséquilibrer. Faites gaffe si vous passez par là.

Un quart d’heure de descente, puis un second passé à suivre le chemin de crête qui mène à l’ascension du second sommet de Beinn Alligin : Sgrurr Mhor, 986 mètres. Un nom digne de la Terre du Milieu…

C’est aux abords de ce chemin de crête qui je compte planter ma tente. Inutile donc de balader mon sac avec moi pour monter à Sgurr Mhor. Je le planque dans un trou près du sentier et je me lance dans la dernière ascension.



Une petite demi-heure pour la boucler. Ça va beaucoup mieux sans poids supplémentaire sur les épaules. Rien à voir.

De là-haut, on se sent un peu sur le toit du monde. A l’ouest l’ile de Skye, à lest le massif du Liathach.





Légèrement en contrebas le sentier se poursuit vers les cornes d’Alligin que j’envisageais d’emprunter sur le chemin du retour. Quelques randonneurs en remontent d'ailleurs.



Il serait complètement complètement déraisonnable de s'y engager avec un sac aussi lourd. Ce sera donc un retour par le même chemin, même si cela implique de gravir le sentier qui redescend du Tom Na Gruanaich. Mais nous y repenserons demain matin. En attendant, profitons plutôt du paysage fantastique qui se déploie devant nos yeux et laissons le soleil se pencher un peu vers l’horizon.







Je réfléchis au point idéal pour saisir le coucher du soleil. J’avais tout d’abord songé à rester ici, mais je me remémore une immense photo saisissante affichée dans le grand salon de la bunkhouse. Elle a été prise de l’autre côté, sur la pente de Tom Na Gruanaich. J’opte pour cette solution qui me permettra de bouger un peu.

Je redescends donc, parcours une nouvelle fois le chemin de crête entre les deux sommets, puis remonte légèrement de l’autre côté. J’essaye de retrouver l’endroit d’où était prise cette photo sans y parvenir. Je finis par me fixer et j’attends que les cimes du Liathach se mettent à rougeoyer.



Je me dis que j’aurais mieux fait de rester au sommet de Sgrurr Mhor. Mauvais choix. Ça arrive. Ne boudons cependant pas notre plaisir devant cette fin de journée qui s’accommode idéalement avec la guitare de Mark Knopfler.





Pour finir, je retrouve mon sac et installe ma tente devant un ciel flamboyant. Je suis claqué.



13 mai 2018.

J’ai eu froid cette nuit. Au sortir de la tente, vers les 5 heures, le ciel est bouché. Il n’y aura pas de lever de soleil pour éclairer mon objectif. Du coup je remballe à toute vitesse avant de prendre le chemin du retour. Je n’ai pas récupéré. Je me sens déjà épuisé. Je sens que le retour va être laborieux.

La remontée vers Tom Na Gruanaich est compliquée mais se déroule sans réel problème. Juste un peu de confusion sur la fin du sentier. La descente du couloir est aussi interminable qu’à l’aller. Le poids du sac oblige à forcer sans cesse sur les genoux pour ne pas se laisser entraîner vers l’avant.

De retour au parking, je croise un large groupe de gens en partance pour le sommet. Je les reconnais. Ils logeaient à la bunkhouse en même temps que moi. Ils me demandent quelques conseils que je leur concède bien volontiers.

Je rêve d’un petit déjeuner complet. C’est au Torridon Inn que je vais le trouver. C’est un hôtel somptueux situé dans l’anse du Loch, à quelques kilomètres du village. Je crains que mon allure ne me barre la porte mais une pancarte me rassure dès l’entrée : « Bienvenue aux chaussures crottées ! », clame-t-elle. L’endroit est pourtant très classe et je le tarif finalement très raisonnable.

C’est ensuite la longue route vers Glasgow sous un soleil de retour. De passage aux abords d’Eileen Donan Castle, je me gare avant de m’accorder une longue sieste sur l’une des pelouses qui bordent le parking.

Seconde partie du trajet à travers la magnifique route 87 qui ramène vers Invergary et dont j’avais raté l’embranchement en 2017. Il y a encore de la neige plein les sommets. C’est rude et sauvage. On se croirait en Alaska.

Descente vers Fort Williams et retour à Glencoe. Là encore, beaucoup de neige. Rien à voir avec l’année dernière. Mes plans prévoyaient d’aller bivouaquer sur Stob Beinn a'Chrulaiste pour saisir le lever du soleil sur Glencoe, mais je sens que j’en ai assez fait pour cette année. Une pointe de regret cependant. Que cet endroit est beau…

Pour une autre fois, sans doute. Je n’ai aucun doute sur le fait que je reviendrai dans les Highlands un jour ou l’autre. En attendant, le Premier Inn de Dumbarton m’attend pour ma dernière nuit en Ecosse.

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Marati · 2018-12-22

Tes photos sont absolument fantastiques, irréelles. Mais j'ai surtout l'impression qu'on n'a pas visité le même pays... et je pense ne pas être le seul à avoir cette drôle d'impression.

Pour notre part, il est sûr qu'avec des enfants en bas âge, c'est compliqué d'être à tes heures sur les spots visités !

Mais ça donne surtout une furieuse envie de (re)découvrir cette fabuleuse région !!

Merci de détailler autant, car je sais qu'un jour ton carnet sera plagié 😉...

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Michel85200 · 2018-12-23

Super carnet plein d’infos ! Merci! D’autant que je retrouve un certain Marati Présent sur une partie de VF que je pratique plus Merci de faire un tel carnet

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Hullahop · 2018-12-24

Merci !! Merci pour tes magnifiques photos et ton partage qui m'ont fait rêver et inspirée. Je suis une fan d’Écosse et l'ai déjà visitée plusieurs fois, mais la magie de ce beau pays, c'est qu'il change selon les saisons. Tes efforts pour trouver le bon spot, la bonne lumière, préparer le cahier et le partager sont récompensés, car tu as régalé nos yeux !

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-12-24

Merci. Effectivement, je passe du temps en préparation mais ça permet de mieux profiter des sites car un bon éclairage fait toute la différence. Ravi si j'ai pu t'inspirer de nouveaux endroits à explorer. @+ Patrice

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-12-24

Merci à toi.

Super carnet plein d’infos !

Les carnets servent, ou devraient servir, à ça, je trouve. Susciter des vocations et donner de vraies infos sur de ballades confidentielles ou presque. Tout ce qui permet de sortir des sentiers battus. Heureusement, pour l'écosse, il y a l'indispensable "walkinghihlands". @+ Patrice

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-12-24

Merci des compliments. C'est vrai que je me consacre beaucoup à la photo dans ce type de voyage solo. Les bons sites au bon moment avec la bonne méteo. C'est presque une obsession. Merci à toi en tout cas d'avoir participé à animer ce carnet car le forum Grande Bretagne me parait aussi fréquenté que les tourbières écossaises😄. A bientôt et n'hésite pas à m'envoyer directement les liens vers tes futurs carnets. A bientôt Patrice

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Barney64 · 2018-12-24

Très chouette carnet, que j'ai dévoré avec grand plaisir ! Un style d'écriture qui me rappelle un peu le mien 🙂 Et de bien belles image ! 😎

J'attends la suite !

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Libed3 · 2018-12-24

Encore un grand merci pour ce magnifique voyage, j'en ai pris plein les yeux ! Et c'est vrai qu'il y a une belle ressemblance de style avec Barney64 dont j’apprécie aussi beaucoup ses carnets.

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Marati · 2018-12-25

Le site web walkhighlands, que je viens de découvrir, est incroyable, une vraie mine d'or. Avec une centaine de randos répertoriées dans chaque secteur, je comprends mieux toutes les possibilités de se faire plaisir. Ça donne presque le tournis... En plus, les traces gpx sont téléchargeables gratuitement. Tout est fait pour faciliter la vie des gens et les inciter à venir visiter.

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-12-25

merci je vais aller vérifier cette proximité de style. Joyeux Noël à toi @+ Patrice

2017/2018: comment j'ai effectué un voyage spatio-temporel en Écosse

Jdakota · 2018-12-25

Surtout penser à aller lire en bas de page les mini carnets et témoignages des randonneurs amateurs. Moi, c'est comme ça que j'ai sélectionné les randos à faire. Leurs photos sont généralement plus parlantes que celles du descriptif "officiel". Joyeux Noël à toi. @+ Patrice

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