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in Thèmes › Voyager à vélo

Déprime post vélo

Discussion started by Rhume on 2019-03-01

34 replies

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Déprime post vélo

Rhume · 2019-03-01

Bonjour,

Je voudrai savoir si certains d'entre vous, adeptes du voyage à vélo, on constaté de grandes fatigues quelques semaines après vos retours. Voilà ce que j'ai remarqué pour moi. Pendant la préparation, évidemment, je suis très en forme, et pendant le périple, je pense que c'est plutôt du domaine de l'euphorie (je précise que je suis un cycliste des congés payés, mes périples ne dépassent pas 3 semaines/1 mois, la gestion du corps est sans doute très différente pour les voyages au long cours). L'enchainement quotidien de longues étapes me parait facile, mon optimisme et l'envie d'avancer me portent, et on dirait que cela suffis pour que le corps s'adapte (tout est dans le "mental" comme dirait un vrai sportif). Je reviens de mes vacances hyper en forme, autant moralement que physiquement. Je me promet de continuer à faire énormément de vélo, mais évidemment, le quotidien me rattrape et ça s'avère impossible. C'est deux mois après que je me retrouve dans une fatigue très intense. J'en suis arrivé à me demander si c'est très sain pour moi de retenter ce genre d'expérience, si tout simplement, je ne dépasse pas mes limites, comme un toxicomane qui court surtout après les endorphines et gère mal le reste.

Avec cette belle lumière printanière, évidemment, le sédentaire que je suis commence à rêvasser de beaux itinéraires (mais aussi aux bonnes raisons d'y renoncer).

Déprime post vélo

Wegg · 2019-03-01

Je ressens les mêmes sensations que toi et j'appartiens également à la confrérie des "cycliste des congés payés". Toutefois, je pense qu'il ne faut pas tirer de conclusions hâtives et simplificatrices d'un état de forme général qui est la résultante de nombreux facteurs, toujours difficiles à parfaitement identifier. Et qui plus est, n'est jamais une ligne droite mais une sinusoïde dont l'amplitude varie dans le temps. D'une manière générale, deux mois après la reprise du boulot, la fatigue commence à se fait sentir et peut-être que le sevrage brutal de toute activité physique vient accentuer ce phénomène. En ce qui me concerne, comme je ne roulais pas assez entre mes randonnées "congés payés" par rapport à mes ambitions et mes envies, j'ai acheté un vélo d'appartement.

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Meg2 · 2019-03-01

je ressens un effet similaire, mais atténué par rapport à ce que vous décrivez car je ne force pas trop quand je voyage (rarement des étapes longues). C'est d'ailleurs ce qui m'a permis de bien profiter d'un voyage plus long, l'année où j'avais pris un semestre de congé sans solde.

J'en suis arrivé à me demander si c'est très sain pour moi de retenter ce genre d'expérience,

vous vous demandez si c'est très sain de reprendre le boulot après un voyage à vélo ? [:P]

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Pluton2070 · 2019-03-01

Difficile de répondre, il semblerait que tu coupes assez sèchement juste après tes voyages, elle est peut-être là la cause, ton corps avait pris l'habitude de l'effort et subitement tu le prives d'adrénaline, donc, comme à mes yeux tout semble lier, mental/psychisme/physique, t'es un peu comme en situation de burn-out. Dans mon cas, je sais que généralement avant un départ, je ne suis jamais affûté, voir même en léger sur-poids, du coup à la fin d'un voyage j'ai toujours le sentiment que quelques jours de plus ne m'auraient pas dérangé. Bon, ça ne réponds sans doute pas à ton questionnement, mais en attendant je te souhaite de superbes prochains voyages ;) Gilles

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Cbandiera · 2019-03-01

en effet claudio constate aussi ce phénomène, la fatigue accumulée lors des grosses bambées ressort des que l'activité cesse ca doit etre une histoire de stress et de cortisol (claudio a bien fait 8 ans de médecine) ('mais 8 fois la 1ere année)

essayer de continuer une activité physique légère (les coursiers appellent cela récuparation active) d'ailleurs chez les coureurs du tour de France les étapes de repos sont redoutées

Allez : soyons forts

Déprime post vélo

Rhume · 2019-03-01

Salut Wegg,

je suis rassuré de savoir que je ne suis pas le seul à connaitre les mêmes désagréments. Tu as raison sur le fait que je ne peux pas être sûr que ces passages de grande fatigue soient totalement liés à mes ballades à vélo. Les changements de saisons évidemment doivent jouer, et peut-être simplement les sensations sont différentes entre une baisse de forme liée à l'arrivée de l'hiver après un été sportif, et celle liée à l'arrivée de l'hiver après un été plus tranquille.

Pour ce qui est du vélo d'appartement (elliptique en ce qui me concerne), j'ai essayé un temps, mais n'arrive pas à m'y faire (une heure de temps en temps...ça va, mais quand même, il manque quelque chose d'essentiel pour faire plus). Quand je pouvais courir, ça allait beaucoup mieux .

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Rhume · 2019-03-01

Merci Meg de me rassurer aussi (je ne suis donc pas le seul). Oui, des étapes moins longues, c'est surement mieux pour la santé. Ca demande d'envisager son voyage un peu différemment (et partir plus longtemps, comme toi, pour avoir tout de même sa dose [:|]). Bref, un peu plus d'imagination pour organiser ses journées (ce que je sais mieux faire quand je ne pars pas à vélo). Je suis content que tu ai répondu juste après Wegg, car j'ai souvent une hésitation quand j'aperçois un des deux pseudos, d'où la grande utilité d'avoir un avatar (et je me suis toujours demandé, la photo du tien -vraiment très chouette- à été prise pendant un de tes voyages ?)

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Rhume · 2019-03-01

ton corps avait pris l'habitude de l'effort et subitement tu le prives d'adrénaline, donc, comme à mes yeux tout semble lier, mental/psychisme/physique, t'es un peu comme en situation de burn-out.

Oui, c'est ce que je soupçonne un peu aussi. Déprime liée au sevrage d'endorphines (quand au lien entre le physique et le "mental", il y a bien longtemps que je remarque que ça ne fait qu'un...maudite morale qui nous a inculqué le contraire...). Je te souhaite aussi de bon voyages (euh, tu comptes traverser la Manche à vélo avec ton tuba?)

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Rhume · 2019-03-01

Merci Claude de m'avoir rappelé ce mot :"bambée", ça fait bien depuis mon enfance que je ne l'avais pas entendu [:)]

Je vais essayer de m'intéresser un peu plus à la chimie (et les sportifs consciencieux font aussi attention à ce qu'ils mangent...je suis pas sûr que ma consommation de bière pendant mes périples soit très saine)..stress et cortisol qui repoussent la fatigue aux moments de repos prolongé ? Oui, ça doit être dur à gérer pour les coureurs du tour de France, la journée de repos... D'ailleurs, moi -même quand je pars à vélo, je me fait de temps en temps un jour tranquilloux, mais je remplace par 30 km de ballade à pied (besoin d'endorphines quand tu nous tiens !)

Déprime post vélo

Meg2 · 2019-03-01

avatar (et je me suis toujours demandé, la photo du tien -vraiment très chouette- à été prise pendant un de tes voyages ?)

oui, dans les monts Fan, au Tadjikistan

Ca demande d'envisager son voyage un peu différemment (et partir plus longtemps, comme toi, pour avoir tout de même sa dose [:|]).

je ne fais pas des étapes courtes parce que j'ai prévu de les faire courtes, simplement je reste très disponible pour me laisser distraire par toutes sortes de sollicitations (sites à visiter, rencontres, baignade, ...) et au final, je roule relativement peu, sauf "cas de force majeure" (train ou avion à attraper, contrainte de date de visa, ...). Il m'arrive aussi assez souvent de traîner ou de repasser sur un site à différentes heures de la journée, pour le voir sous différents éclairages. Même quand je ne pars pas longtemps. Pour "en avoir ma dose", il suffit qu'il y ait du dénivelé.

Déprime post vélo

Cbandiera · 2019-03-02

claudio lui essaye de gérer ce stress en se remémorant la bambée (rappel ; une bambée se conjugue en trois phases, avant pondant et après, et comme disait Georges, la meilleures c'est quand on monte l'escalier .. donc .. avant)

voici donc la phase trois du claudio (en plein dedans présentement ..) la voie verte du sud Léman ca donne un thème a ses bambées

https://youtu.be/kgXNkUiuLZo

Déprime post vélo

Piratelife · 2019-03-03

Je pense que la déprime post voyage, à vélo entre autres, n'est pas seulement un problème physique d'endorphines ou de moral psychologique, mais aussi une sorte de problème existentiel de la nature humaine qui fait que instinctivement, à la base, l'espèce humaine est une espèce nomade. Pendant des milliers d'années puisque la majeure partie de l'histoire humaine, on a été des nomades chasseurs-cueilleurs , et c'est certainement aussi la nostalgie du vagabondage tranquille qui pousse pas mal d'entre nous sur les routes , sur les mers ou ailleurs . De ce point de vue le métro-boulot-dodo et la vie sédentaire en général , apparaît comme plutôt anti-naturel , bloquant les instincts essentiels et les aspirations de vie libre et de changements , comme dans la vie tout est mouvement, tout bouges . Donc se cloîtrer entre quatre murs est plutôt artificiel et vu comme une contrainte par l'esprit qui aspire à une vie naturelle , plus en phase avec ses valeurs ou son intuition . Après, si certains vivent trop mal le retour à la vie dans une baraque , il reste l'option de changer de vie et de se créer une forme de nomadisme tranquille ou de voyage sans date limite retour , comme certains le font . Que ce soit a vélo , backpack ou autre. Donc se trouver un moyen de gagner sa vie sur la route ou d'une autre façon pour assurer sa subsistance et continuer dans le mouvement de ses rêves

Déprime post vélo

Rhume · 2019-03-03

Bonjour Piratelife,

Ce que tu dis donne à réfléchir. Mais ce dont je parle est plutôt de l'ordre de la fatigue physique intense, pas de vague à l'âme.

Pour ce qui est de la nostalgie de l'époque chasseurs/collecteurs, j'ai un peu du mal à croire à un simple héritage de "l'esprit", alors pour moi il faudrait qu'on le cherche dans le fonctionnement du corps (comment les habitudes de nos ancêtres pourraient être transmises autrement que par le fonctionnement de nos corps ?). Je ne vois pas comment ça pourrait être autrement que "une histoire d'endorphines", de cortisol, de stress etc... Le nomadisme est une chose, mais pour ce qui est de la sollicitation sportive, pas besoin de remonter au Paléolithique, la première moitié du vingtième siècle suffis. Nous sommes conçus pour l'endurance, tout le monde à remarqué un jour que la joie de vivre revient souvent après une petite ballade à pied, ou avoir sué à faire quelque corvée exigeante sur le plan cardio-vasculaire. Cette sédentarité a seulement quelques décennies.

J'avais déjà entendu à la radio quelque chose qui m'avait interpellé au sujet de notre héritage de chasseurs-cueilleurs, quelqu'un qui prétendait que le décalage du sommeil des adolescents datait de cette époque (ils étaient censés faire le guet la nuit pendant le sommeil des autres, du moins dans l'imagination de cet intervenant). Ca me paraissait un peu tiré par les cheveux, mais après tout, des centaines de milliers d'années d'une habitude laissent une empreinte corporelle, peut-être avait-il raison.

Dans mes retours de bambées à vélo, c'est sûr qu'il y a la nostalgie d'un mode de vie, comme tout retour de vacances ou de voyage (et je te donne entièrement raison sur le fait que des vacances immobiles ne me laissent aucun regret d'être rentré). Alors effectivement, je pense qu'il y a la nostalgie du nomadisme (héritée ou non de nos ancêtres), mais avec en plus une fatigue physique intense qui a mon avis concerne strictement le fonctionnement de mon corps.

Déprime post vélo

Rhume · 2019-03-03

avatar (et je me suis toujours demandé, la photo du tien -vraiment très chouette- à été prise pendant un de tes voyages ?)

oui, dans les monts Fan, au Tadjikistan

Ca demande d'envisager son voyage un peu différemment (et partir plus longtemps, comme toi, pour avoir tout de même sa dose [:|]).

je ne fais pas des étapes courtes parce que j'ai prévu de les faire courtes, simplement je reste très disponible pour me laisser distraire par toutes sortes de sollicitations (sites à visiter, rencontres, baignade, ...) et au final, je roule relativement peu, sauf "cas de force majeure" (train ou avion à attraper, contrainte de date de visa, ...). Il m'arrive aussi assez souvent de traîner ou de repasser sur un site à différentes heures de la journée, pour le voir sous différents éclairages. Même quand je ne pars pas longtemps. Pour "en avoir ma dose", il suffit qu'il y ait du dénivelé.

Je comprends alors que dans tes voyages, le vélo est une partie seulement du plaisir. C'est bien équilibré. Personnellement je n'ai pas assez d'expérience du voyage pour ça (commencé trop tard), mais je me suis déjà dit que le principal intérêt du vélo est d'aborder le reste d'une manière très sereine, et écologique au sens large.

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Rhume · 2019-03-03

@ Claude J'ai regardé quelques unes de tes vidéos. C'est chouette ce qui se fait dans ta région. Je me suis bien marré en voyant le cynique "parc d'éoliennes" de Cruas. Une fois, en passant avec une collègue, on plaisantait en se disant que c'était sans doute pour faire marcher la machine à café de la centrale.

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Viavelo17 · 2019-03-03

Pour combler le "vide" qui peut arriver après un voyage à vélo, je trouve très bien l'idée d'avoir un but/objectif à réaliser lors du retour. Évidement ça ne sera plus à vélo, mais au moins ça occupe l'esprit autrement qu'en ressassent son précédent voyage. Voilou ! ;-)

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Meg2 · 2019-03-03

Je comprends alors que dans tes voyages, le vélo est une partie seulement du plaisir. C'est bien équilibré.

oui, mais c'est un peu normal : j'ai pendant des années occupé un poste où le gros coup de bourre professionnel est en septembre, et je n'ai pas le choix de mes dates de congés, c'est mi-juillet à mi-août. Donc je tenais à revenir de vacances raisonnablement reposée.

je n'ai pas assez d'expérience du voyage pour ça (commencé trop tard)

avant d'être "vélo-nomade", j'avais pendant des années alterné des voyages touristiques sans vélo (sac-à-dos, ou camping-car, ou tourisme urbain, ...), et des randos à vélo un peu sportives, tous 2 de courtes durée. Il m'a suffi d'un voyage à vélo où j'ai relâché les contraintes de temps (c'est-à-dire de découpage en étapes) pour y prendre goût. Il n'est pas trop tard pour essayer !

Déprime post vélo

Lucbertrand · 2019-03-03

Bonjour Alain, d'abord je suis étonné de constater qu’après des voyages à vélo on ressent tous un petit passage à vide, physique ou moral. Pour ma part il est physique, depuis mon retour d'Argentine en décembre j'ai été cloué un mois par un mal de dos et j'ai attrapé la grippe. Je crois très fermement à cette association du corps et de l'esprit tendus ensemble vers un but pendant la réalisation d'un beau projet, avec tout ce que ça déclenche, endorphine, vélothérapie... Puis au retour on baisse la garde et boum.

J'aime beaucoup ce que dit Piratelife, je l'ai tellement ressenti, à plusieurs reprises je l'ai évoqué dans des récits. Cette impression de retrouver des sensations ou des aptitudes de nos ancêtres préhistoriques après plusieurs mois dans des conditions difficiles, ne plus sentir le chaud le froid, toujours aux aguets du temps et savoir que quelques soient les conditions on va partir. L’œil de l'homme préhistorique toujours tourné vers le ciel, très vite cela devient un réflexe dans les grandes bambées ( [;)] Claudio).

Les chasseurs cueilleurs aussi cela nous a laissé des traces parmi les plus belles. La gigantesque émotion à courir le cèpe, cueillir la myrtille ou à pêcher la truite. Cette dernière action de pêche à la truite peut impliquer des sentiments très paradoxaux. Cet instinct d'attraper qui déclenche un plaisir difficile à décrire lorsque la touche se produit dans un torrent sauvage. Puis une fois la truite hors de l'eau, notre côté homme moderne élevé à la protection de la nature, se trouver dans une immense anxiété afin de ne pas faire des blessure irrémédiables à la belle fario afin de la remettre à l'eau. Bien évidemment en pêchant à la mouche le risque pour la truite est faible.

Le nomadisme doit en effet être plus ou moins présent en chacun de nous. Pour moi je suis en état de nomadise quand je ne sais pas où je vais dormir alors que le soir vient, et le vélo est un instrument admirable permettant cet état. Une dernière remarque, pas d'âge limite pour se lancer, mais rester conscient et savoir renoncer au cas où, après cependant un peu avoir tiré sur la corde. J'ai commencé à voyager à vélo à 55 as, il y a 10 ans. Cependant se méfier du voyage de trop. Luc

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Wegg · 2019-03-03

[...] l'espèce humaine est une espèce nomade. Pendant des milliers d'années puisque la majeure partie de l'histoire humaine, on a été des nomades chasseurs-cueilleurs[...]

Ce n'est pas sérieux d'avancer des arguments aussi fumeux !

Déprime post vélo

Wegg · 2019-03-03

Il semble que cette vision caricaturale fasse florès*. Il ne faut pas oublier que plus de la moitié de ce qui est écrit sur le sujet de la Préhistoire, a fortiori dans les médias destinés au grand public, relève de pures spéculations. Pour mémoire, pendant longtemps on a clamé que les néandertaliens étaient les représentant d'une espèce distincte de la nôtre. Il a même été écrit et publié dans Nature en 2000 que d'après l'ADN fossile, aucune hybridation n'avait été possible. Or quelques années plus tard, il a été publié exactement le contraire et aujourd'hui, tout le monde s'accorde à dire que nous (les européens) avons une partie de notre patrimoine génétique héritée des néandertaliens. Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres ! L'ethnographie nous montre que les groupes humains ont des modèles d'organisation sociale très divers et qu'il existe une multitude de comportement spatial entre le sédentarisme et le nomadisme. L'homme préhistorique nomade est un fantasme partagé gravé dans l'inconscient collectif mais un fantasme même partagé n'est pas un argument sérieux et valable.

* J'ai employé cette expression pour faire allusion à l'homme du même nom découvert en Indonésie et dont l'existence est venue secouer l'arbre phylogénétique de l'humanité.

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Meg2 · 2019-03-03

Le nomadisme doit en effet être plus ou moins présent en chacun de nous.

pas forcément, il y a des gens casaniers et heureux de l'être, grand bien leur fasse. Cela ne les empêche aucunement d'aimer randonner, et chasser la truite ou le champignon. Pas besoin d'être "nomade" pour apprécier qu'on peut, au moins pendant quelques temps, s'affranchir des contraintes d'emploi du temps qui rythment de manière dense notre vie professionnelle + familiale. C'est d'ailleurs la principale raison pour laquelle je ne planifie plus mes étapes quand je voyage.

Sinon, pour en revenir à un autre aspect : de l'avis de tous mes médecins et kinés, la sédentarité, au sens de l'absence d'exercice physique régulier, n'est pas bonne pour notre organisme. Et ayant passé quelques mois très sédentaires après mon accident en 2017, je confirme ! La fatigue est alors d'une autre nature, nettement moins saine...

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Nomade743 · 2019-03-03

Il semble que cette vision caricaturale fasse florès*. Il ne faut pas oublier que plus de la moitié de ce qui est écrit sur le sujet de la Préhistoire, à fortiori dans les médias destinés au grand public, relève de pures spéculations. Pour mémoire, pendant longtemps on a clamé que les néandertaliens étaient les représentant d'une espèce distincte de la nôtre. Il a même été écrit et publié dans Nature en 2000 que d'après l'ADN fossile, aucune hybridation n'avait été possible. Or quelques années plus tard, il a été publié exactement le contraire et aujourd'hui, tout le monde s'accorde à dire que nous (les européens) avons une partie de notre patrimoine génétique héritée des néandertaliens. Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres ! L'ethnographie nous montre que les groupes humains ont des modèles d'organisation sociale très divers et qu'il existe une multitude de comportement spatial entre le sédentarisme et le nomadisme. L'homme préhistorique nomade est un fantasme partagé gravé dans l'inconscient collectif mais un fantasme même partagé n'est pas un argument sérieux et valable.

* J'ai employé cette expression pour faire allusion à l'homme du même nom découvert en Indonésie et dont l'existence est venue secouer l'arbre phylogénétique de l'humanité.

Entièrement d'accord. Je ne crois pas du tout à ce "gene nomade" , c'est l'abondance ou la faiblesse des ressources qui imposent sédentaires ou nomadisme. La ou la nourriture est abondante, hommes et animaux demeurent , lorsque la nourriture vient à manquer hommes et animaux vont la chercher ailleurs, c'est aussi simple que ça.

le soit disant nomadisme de l'homme préhistorique est une fable, d'ailleurs les fouilles d'abris sous roches montrent que les hommes y ont séjourné très longtemps.

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Piratelife · 2019-03-03

Quand je parle de nomadisme des chasseurs cueilleurs, il ne s'agit pas de fable ou de la caricature de l'homme préhistorique . Il suffit de se référer au mode de vie du Paléolithique qui est la plus grande période de l'histoire humaine, le néolithique avec l'agriculture et l'élevage étant très récent comparativement . Et pour ce qui est de ceux qui doutent que le nomadisme soit le mode de vie principal de toute l'histoire humaine , il n'y a pas besoin de se baser sur des hypothèses d'archéologue ou des fouilles du passé , . Les derniers peuples de chasseurs cueilleur nomades encore présents sur terre en temoignent, même si en effet ils sont pour beaucoup des survivants de la colonisation et du massacre par les Européens (des derniers siecles) un peu partout sur le globe . Mais au final la trace de peuples nomades et de peuples de la nature est encore très présente , il suffit d observer le mode de vie majoritaire qu ont connu la plupart des Amérindiens nord et sud, des aborigènes d'Australie , des bochimans du Kalahari , Hadzabe, et beaucoup d'autres peuples d'Afrique , ou meme des Massais , Touaregs , pour ce qui est des éleveurs, pasteur mongols nomades des steppes et bien d'autres . Donc oui le nomadisme est simplement une forme d'adaptation à l'environnement plutôt que d'imposer à l'environnement qu'il s'adapte à nous . Et ce n'est pas forcément un mode de survie a la base, mais choisi, parceque l'alimentation des nomades chasseurs cueilleurs est ou était beaucoup plus riche et diversifiée que l'alimentation des cultivateurs sédentaires, aux monocultures et à la vie beaucoup plus dure finalement , puisqu en étudiant des peuples de la nature encore vivants, on voit qu au final ils n'ont besoin que de très peu d'heures de travail par jour ou par semaine pour assurer leur subsistance. Bien sûr du fait que la plupart de ces peuples ont été chassé par les Occidentaux voulant les terres les plus riches et fertiles, ils survivent pour beaucoup parmi les derniers dans des déserts ou des terres ingrates où la vie est plus proche de la survie . En tout cas il n'y a pas besoin de théorie et d'aller très loin dans le passé pour voir que ce mode de vie a été très longtemps majoritaires dans une grande partie de la planète. Le monde moderne sédentaire tel qu'on le voit actuellement , est plutôt imposé par la mondialisation et par le modèle unique occidental ou des civilisations plus modernes en général

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Rhume · 2019-03-03

L'économie de chasse/cueillette n'est plus possible de nos jours, pour la plupart d'entre nous qui l'avons abandonné depuis longtemps, car nous sommes trop nombreux. Un territoire grand comme la France ne pouvait nourrir à la Préhistoire que quelques dizaines de milliers de personnes. Alors, je ne suis pas biologiste, mais je me demande si du fait de l'explosion démographique qui a quand même quelques millénaires, il est sérieux de considérer que nous sommes tous des descendants directs de ces gens peu nombreux...est-ce que l'Humanité ne s'est pas considérablement transformée depuis, et les "gènes" du nomadisme dilués dans le nombre ?

(Je ne pense pas non plus qu'il faille mettre tout sur le dos des "occidentaux", la sédentarité est apparue à peu près à la même époque un peu partout sur la planète, a quelques millénaires près, et ne sommes nous pas, d'ailleurs, encore à la fin de cette révolution ?).

Et puis il faut savoir ce que l'on entend par nomadisme. Si c'est avoir ses quartier d'été et ses quartiers d'hiver, on est loin de l'itinérance du cycliste qui change de campement tous les jours.

Déprime post vélo

Rhume · 2019-03-03

J'aime beaucoup ce que dit Piratelife, je l'ai tellement ressenti, à plusieurs reprises je l'ai évoqué dans des récits. Cette impression de retrouver des sensations ou des aptitudes de nos ancêtres préhistoriques après plusieurs mois dans des conditions difficiles, ne plus sentir le chaud le froid, toujours aux aguets du temps et savoir que quelques soient les conditions on va partir. L’œil de l'homme préhistorique toujours tourné vers le ciel, très vite cela devient un réflexe dans les grandes bambées ([;)] Claudio).

Les chasseurs cueilleurs aussi cela nous a laissé des traces parmi les plus belles. La gigantesque émotion à courir le cèpe, cueillir la myrtille ou à pêcher la truite. Cette dernière action de pêche à la truite peut impliquer des sentiments très paradoxaux. Cet instinct d'attraper qui déclenche un plaisir difficile à décrire lorsque la touche se produit dans un torrent sauvage.

Bonjour Luc,

Je côtoie au quotidien des gens qui sont passionnés par le ramassage de champignons, la cueillette de fruits sauvages pour les confitures, certains par la pêche. Au vu de la joie que ça a l'air de procurer, je regrette de ne pas avoir y avoir été éduqué. Tout ce que je connais des plaisirs de la nature, c'est un certain "inconfort" dont nous avons déjà parlé sur un autre fil, et que l'on retrouve dans l'itinérance à vélo (et que j'ai bien connu aussi d'une autre manière au boulot, car j'ai travaillé plus de 30 ans dehors par tous les temps). Mais j'ai plutôt l'impression que c'est un héritage de la génération de mes parents qui ont connu aussi une vie plus proche de la nature... par exemple aller à l'école à plusieurs kilomètres à pied en bravant toutes les météos, être sensible à ce moment particulier qu'est le crépuscule, marcher dans le noir en se focalisant sur le cris de la chouette etc.... Disons que ces sensations m'évoquent plus cette époque très proche.

Mais bien sûr, si on prend par exemple l'endurance extraordinaire dont est capable notre corps...courir des heures (ce que n'ont jamais essayé de faire mes parents), notre héritage est évidemment plus lointain (certains disent que ces facultés d'endurance remontent à l' époque, pour le coup très très éloignée, ou nous étions des charognards...je ne sais pas s'il faut prendre ça au sérieux).

quand je ne sais pas où je vais dormir alors que le soir vient, et le vélo est un instrument admirable permettant cet état.

Oui, j'aime aussi cette incertitude [:)]

d'abord je suis étonné de constater qu’après des voyages à vélo on ressent tous un petit passage à vide, physique ou moral. Pour ma part il est physique, depuis mon retour d'Argentine en décembre j'ai été cloué un mois par un mal de dos et j'ai attrapé la grippe. Je crois très fermement à cette association du corps et de l'esprit tendus ensemble vers un but pendant la réalisation d'un beau projet, avec tout ce que ça déclenche, endorphine, vélothérapie... Puis au retour on baisse la garde et boum.

Possible qu'il en soit ainsi aussi pour tous les mouvements de la vie, des hauts engendrent des bas, alors une aventure géniale des moments de grand abattement qu'il faut gérer au mieux. J'imagine que tu as dû te faire mal au dos pendant ton périple, mais que tu ne pouvais pas te permettre de te relâcher à ce moment là.

Déprime post vélo

Wegg · 2019-03-03

Mon intention n'était pas de lancer un débat sur les conditions de vie pendant la Préhistoire mais de souligner qu'en se référant à cette période on pouvait légitimer tous les comportements ou presque : - je suis chasseur : je tiens cela de mes ancêtres lointains ; - j'adore la viande : c'est normal car ... - je suis végétarien : il y a très longtemps en Afrique mes ancêtres ne mangeaient que des végétaux ; -j'adore faire du feu dans ma cheminée ; - et à l'infini : je suis charognard, cannibale, nudiste...[:)]

Déprime post vélo

Piratelife · 2019-03-04

Je ne cherche pas à cautionner la chasse par exemple, d'autant plus que je suis végétarien et contre la chasse "loisir", non vitale. Bref les seuls qui me paraissent un peu plus légitime à tuer des animaux sont justement les peuples de chasseurs-cueilleurs qui n'ont pas d'autre solution pour vivre et qui n'ont pas de supermarché où aller acheter leur nourriture [;)] . Je parlais avant tout du passé de nomade de l'espèce humaine en général , et je pense que c'est assez prouvé par beaucoup de choses présentes et passées

Déprime post vélo

Tioneb54 · 2019-03-04

Le retour à la "réalité" n'est pas toujours facile. Mais avec l'expérience, j'y fais face en continuant à rouler à vélo (vaut mieux pas que le retour se fasse juste avant l'hiver), en travaillant à l'écriture du compte rendu de mon voyage et en faisant la ou les vidéos (cela peut m'occuper plusieurs mois) et enfin en me projetant déjà dans le prochain voyage (j'en fais désormais 2 par an, un en hiver et un en été).

J'ai pris conscience que j'ai 2 vies très différentes: la vie "normale" et lorsque je suis en voyage à vélo. Et je l'accepte ainsi.

Ce qui m'arrive plutôt parfois c'est le stress avant de partir qui peut se traduire par des douleurs physiques: mal au genoux par exemple.

Autre réflexion, c'est plutôt l'inactivité qui est fatigante. Rien de plus crevant pour moi que de passer une journée à piétiner dans un musée, par exemple. Et quand, je suis en voyage à vélo, je ne dors pas plus que lorsque je ne fais rien de spécial.

Déprime post vélo

Cbandiera · 2019-03-04

3eme phase retour

http://cbandiera.free.fr/recits/2019-nord-isere/F/index.php

en cours ...

claudio

Déprime post vélo

Pluton2070 · 2019-03-04

"Je te souhaite aussi de bon voyages (euh, tu comptes traverser la Manche à vélo avec ton tuba?)" Non non, je ne sais pas nager ! avec toutes les manifestations en France en ce moment, je n'ai trouvé que ça pour me protéger des lacrimos ;) Gilles

Déprime post vélo

Rhume · 2019-03-05

Bonne idée Benoit de te lancer dans d'autres activités liées à ta passion quand tu reviens de tes périples. Personnellement, quelque soit le type de vacances, c'est ce que j'essaye de faire aussi. Comme de commencer à faire des projets dès les fêtes de fin d'années passées. Et puis on peut envisager aussi les choses banales du quotidien avec le recul d'un voyageur qui redécouvre sans cesse l'existence. La principale chose qui me donne souvent le blues quand je reviens de vacances, c'est plutôt l'ambiance de notre pays qui me donne illico l'envie de repartir. Mais pour ce qui est spécifiquement du vélo, c'est plus une fatigue physique qui me pose problèmes quelque semaines après le retour, que du blues.

Déprime post vélo

Nazcapioneer · 2019-03-05

salut Alain

j'ai moi aussi cette impression de fatigue mais je me suis rendu compte que c’était plutôt que je n'avais plus envie de prendre le vélo pour aller rouler juste pour rouler. malgré les paysages que l'on a ici dans le var, rouler toujours au mêmes endroits pour revenir chaque fois a la maison ça me donne pas envie. surtout de retour de mon voyage, par contre rouler en début d'année pour se préparer au prochain périple la j'ai envie.

en fin de compte il faudrait rouler pou toujours préparer le prochain voyage [;)].

olivier

Déprime post vélo

Tioneb54 · 2019-03-05

J’ai oublié une chose. Au retour d’un voyage, alors que physiquement je ne vois pas de grosses différences, j’adore reprendre mon VTT avec les copains et voir et leur montrer ma nouvelle forme.

Déprime post vélo

Rhume · 2019-03-08

salut Alain

j'ai moi aussi cette impression de fatigue mais je me suis rendu compte que c’était plutôt que je n'avais plus envie de prendre le vélo pour aller rouler juste pour rouler. malgré les paysages que l'on a ici dans le var, rouler toujours au mêmes endroits pour revenir chaque fois a la maison ça me donne pas envie. surtout de retour de mon voyage, par contre rouler en début d'année pour se préparer au prochain périple la j'ai envie.

en fin de compte il faudrait rouler pou toujours préparer le prochain voyage [;)].

olivier

Bonjour Olivier,

Ca me rassure de ne pas être le seul dans ce que tu évoques. En effet, je culpabilise de na pas aller régulièrement pédaler. Comme toi, si je ne suis pas dans la préparation d'un long périple, mon envie d'aller rouler s'éteint vite, je préfère consacrer mon temps à autre chose. D'ailleurs, je regrette de ne pas avoir un trajet quotidien pour aller travailler à bicyclette. Pendant quelques années je l'ai fait, et c'est ce qui m'a donné un jour l'envie de ne pas m'arrêter à mon boulot et d'aller beaucoup plus loin.

Bons préparatifs alors [:)]

Déprime post vélo

Rhume · 2019-03-08

J’ai oublié une chose. Au retour d’un voyage, alors que physiquement je ne vois pas de grosses différences, j’adore reprendre mon VTT avec les copains et voir et leur montrer ma nouvelle forme.

C'est vrai que ça fait du bien au retour de constater combien on est en forme.

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