Jour 3 - Badaling
Nous nous levons assez tôt et partons en métro vers la gare du nord (Xizhimen Beizhan) pour tenter de prendre le train vers la grande muraille. Il fait très gris ce matin mais toujours chaud et assez lourd.
En arrivant à la station de métro, nous prenons les couloirs souterrains en direction de la gare. Et là nous entendons crier un homme. Puis le même cri mais hurlé par une femme. Nous essayons de distinguer ce qu'ils crient mais impossible. Puis nous les voyons et comprenons que ce sont des rabatteurs vers la grande muraille. Sachant cela, nos oreilles se débouchent et nous comprenons que leur cri est en fait la destination qu'ils vendent : Badaling. Nous faisons comprendre que nous ne sommes pas intéressés et continuons notre route mais ils insistent un peu. Nous accélérons le pas et nous retrouvons sur le parvis de la gare. Et là stupeur, elle semble fermée.
Nous observons plus attentivement le bâtiment et remarquons une salle avec des guichets avec une entrée séparée. Nous y allons et nous présentons au guichet „english“. La chinoise de l'autre côté de la vitre ne parle que quelques mots d'anglais et nous fait comprendre qu'il n'y a plus de billets pour Badaling pour la journée. Nous savions que les billets n'étaient vendus que sur place pour le jour même mais nous pensions que les billets étaient vendus après chaque départ pour le train suivant (infos du routard). Nous mettons l'information de côté et retirons les billets achetés en avance sur Ctrip (trip.com) pour le reste du séjour. C'est un peu long mais il n'y a pas grand monde et comme ça nous sommes tranquilles.
Nous ressortons de la salle et nous asseyons devant la gare. L'ambiance y est particulière. Il y a un parvis assez grand. Entre la sortie du métro et la gare, une partie de la place fait un peu no man's land, avec ses barrières et les militaires en faction. Il faut absolument traverser cette zone pour accéder à la gare et c'est dans cette zone que nous nous asseyons sur une marche pour faire le point.
Je suis dépitée. Je sais que nous revenons à Beijing en fin de séjour mais ce sera les vacances de début octobre des chinois. Aucune chance d'y aller en train à ce moment-là. Il reste l'option des circuits à la journée proposés dans beaucoup d'hébergements. Mais la grande muraille sera alors surchargée et ce ne sera sans doute pas très agréable voire carrément oppressant. Je suis vraiment dépitée. P essaie de me remonter le moral et m'assure qu'on ira en revenant en fin de séjour, que l'affluence ne sera pas si terrible si on choisit un autre site. Mais je suis têtue et j'avais repéré que l'on pouvait descendre en luge d'été de la muraille au bas du site à Badaling, ça me tentait vraiment beaucoup.
Une chinoise s'assoit à côté de nous et nous pose quelques questions, presque timidement. Puis elle nous explique qu'ils sont un groupe à partir à Badaling en minibus et qu'ils cherchent d'autres personnes pour le remplir. Nous demandons plus de précisions, horaire, heure et rendez-vous pour repartir. Et puis le tarif. Nous avions regardé le tarif de l'excursion proposé par l'hôtel et le tarif annoncé est bien moins cher. Je ne peux plus vous dire le prix exact mais vu notre situation, c'était très correct. On lui demande quelques minutes de réflexions. On décide rapidement de se lancer, on est au début du séjour, si on doit se faire avoir autant que ce soit tout de suite ! On se dit qu'au pire si ça ne se passe pas très bien, on en rira plus tard.
Nous lui signifions notre accord et elle nous demande de la suivre. On redescend dans les souterrains du métro et elle nous demande d'attendre à côté d'un couple et leur petit garçon. Nous ne sommes pas loin des rabatteurs qui crient. On comprend alors que la jeune fille qui était venue nous trouver est avec eux. On espère ne pas attendre trop longtemps au milieu de ces cris. Finalement 3 jeunes filles sont intéressées au bout d'un quart d'heure, ça n'aura pas été trop long.
Nous sortons des souterrains, traversons n'importe comment deux grosses avenues et un échangeur au pas de course et nous nous retrouvons devant le mini-bus. Nous nous installons tous et là stupeur, la jeune fille ferme la porte de l'extérieur et nous démarrons. Nous sommes seuls au milieu de chinois ne parlant pas un mot d'anglais... C'est parti ! Euh, en fait non, on se retrouve assez vite dans une circulation dense, nous passons par de grandes avenues puis montons sur une autoroute et nous roulons au pas dans les bouchons.


Les abords de la gare du nord
On mettra près de 3 heures pour arriver, observant d'autres portions de la grande muraille de temps en temps depuis l'autoroute la dernière demi-heure. On se rendra compte pendant le trajet qu'en fait il fait beau, le gris de Pékin n'était que de la pollution. Il y en aura encore un voile une fois arrivé à la grande muraille.
Le chauffeur nous dépose sur un parking au milieu de boutiques à 200 mètres de la gare de Badaling. Il veut nous encaisser la totalité de l'excursion de suite, nous voulons ne payer qu'une partie. Nous voulons être sûr qu'il nous ramène à Beijing et lui a peur que nous rentrions d'une autre manière. Les traducteurs des téléphones font des allers-retours. Tout le monde nous regarde. Finalement, le père de famille chinois s'en mêle et le chauffeur accepte que nous ne payions qu'un peu plus de la moitié de la somme due, le reste lui sera remis au moment du retour. On nous réécrit l'heure de rendez-vous sur un papier, on nous fait de grand signe pour nous indiquer que ce sera ici. Nous suivons la famille chinoise et les 3 jeunes filles puis arrivons sur la route principale. Je me repère sur mon smartphone et nous prenons la tête du groupe qui marche très doucement. Au bout d'un peu moins de 30 minutes à un bon rythme, nous arrivons sur le site.
Il y a beaucoup de monde, les parkings sont pleins. Il faut emprunter une allée avec boutiques, street food et fast food pour se rendre au guichet pour acheter les billets. On a un peu la sensation d'arriver à un parc d'attraction. Nous avons faim et tentons le KFC, pas bon du tout. P se rabat sur la street food mais pour l'instant je n'ose pas, j'aimerai y aller en douceur et éviter d'être malade.
Nous avons décidé de monter en téléphérique (pour gagner du temps et pour faire comme les chinois), de nous promener sur la muraille et redescendre à pied. Il y a un peu de monde en arrivant au téléphérique (à la fin du voyage, on aurait trouvé qu'il n'y avait personne). Ça avance vite, 15 minutes plus tard nous sommes sur la crête.

Il y a un monde fou autour de l'arrivée du téléphérique. Nous nous retrouvons assailli de demande de photographies et selfies. Sans compter ceux qui n'osent pas et se prennent en photo avec nous en arrière-plan. On arrive finalement à monter une portion raide de la crête vers une tour. A partir de là 80% des visiteurs font demi-tours, pareil de l'autre côté. On respire (dans la pollution) et nous pouvons enfin admirer la vue sans se faire déranger.









Vous remarquerez sur les photos, quelques panneaux d'interdictions et de règles de bon sens. Ce sera le cas sur beaucoup de sites touristiques, mais les conseils ou interdictions sont rarement respectés.

La portion de la grande muraille de Badaling est restaurée mais ne l'a pas été de manière très fidèle. Par contre la portion est assez longue, on peut s'y promener un moment, ce que nous faisons. Nous repartons dans l'autre direction pour redescendre vers les parkings, évitons la sortie du téléphérique et continuons notre balade sportive sur la grande muraille. Il n'y a pas de portions plates, ça monte ou descend, souvent de manière abrupte. Le sol est en pavé, ça ne doit pas être évident sous la pluie ou la neige.
Nous voyons la luge d'été qui permet de rejoindre le haut de la rue avec les boutiques. En fait c'est type toboggan sans vue, il est fermé mais du coup je n'ai pas de regret, je préfère descendre à pied. Nous arrivons finalement dans un fortin, lui aussi restauré, avec bars et terrasses. L'heure est bien avancée, nous ne monterons pas de l'autre côté de la petite vallée où il n'y a personne. Il faut que nous retournions à notre parking éloigné en marchant le long de la route.


Nous notons le soulagement de notre chauffeur quand nous arrivons. Il se dirige tout de suite vers nous d'un air décidé. Je lui sors le reste du prix convenu avant qu'il ne nous atteigne. Un grand sourire apparaît sur son visage. Nous comprendrons au fur et à mesure du voyage qu'une entente sur un prix et/ou une prestation équivaut à une parole donnée. Ne pas respecter sa parole c'est perdre la face, ce qui est terrible pour les chinois. Notre réaction de touristes qui viennent de débarquer n'a pas été très respectueuse, ce que nous regrettons.
Nous attendons les 3 jeunes filles qui sont en retard et retournons à la gare du nord de Beijing, toujours dans les bouchons et la pollution.

Nous arrivons assez tard et sommes fatigués. Nous reprenons le métro vers notre hôtel où nous prendrons l'apéritif dans la cour très agréable. Puis nous retournerons dans le restaurant qui a tant enchanté P hier soir. Après avoir également testé, je vous confirme que c'est très bon. Le restaurant se situe à l'angle de Deshengmen Inner Street et l'une des entrées du hutong où se situe la Red Lantern House.