Bonsoir Anne
On n'a pas fini de passer pour des américains...
2ème jour à Araku
Après une excellente nuit nous partons en autoricshaw commandé par notre nouvel ami Ajaï, vers les plantations de café. Nous n'en n'avons jamais vues, nous regardons de tous nos yeux les paysages. Le trajet ne dure pas assez longtemps. Nous nous régalons. nous réalisons à quel point nous avions besoin de cette pause nature.



On s’arrête à l’une des nombreuses échoppes qui se trouvent le long de la route et attirent les touristes indiens. Se vend du café local en grain et moulu et des épices. on sait quoi ramener comme cadeaux.
On arrive devant un chemin qui serpente dans les caféiers. Des Indiennes s'y promènent, elles sont très souriantes, enjouées, demandent un selfie, on s'y prête sans problème, on discute un peu, elles viennent entre copines de Vizag. Are you america? Bon, là on ne s'étonne plus. No, Francia. Ça ne leur parle pas ce pays. On situe comme on peut en dessinant une carte de l'Europe dans l'air. Elles nous voient regarder d'un air désolé toutes les ordures qui jonchent le sol.Des bouteilles plastiques, des paquets de chips, des emballages de biscuits. Ce sont les touristes Indiens mal éduqués nous disent-elles.
On se dit au revoir, je peux observer les arbustes, les dupes, j'apprends qu'elles contiennent 2 grains de café.

Ajaï nous dit déjà de partir, c'est dingue comme les indiens visitent vite, en tout cas ceux que l'on a observés sur les sites touristiques, les temples...On dit qu'on veut continuer notre balade mais il nous propose de venir chez lui, lui aussi a une plantation de café, plus belle encore, on pourra la voir. Super, on y va.On arrive dans un petit hameau paisible, ici pas de détritus sur les sentiers.
Sa maison est très propre, il y a du riz qui sèche, il nous emmène sur la terrasse, nous offre un chaï, m'apporte une chaise qu'il installe en plein milieu. Seat! Je m'assois, l'impression d'être une princesse assise aux premières loges d'un magnifique spectacle. Je regarde l'horizon , les sommets, la végétation

mais comme je suis en plein soleil, je me mets contre un mur à l'ombre et me rebadigeonne de crème solaire. Ajaï a dû penser que c'était terminé, il reprend la chaise et la remet au rez de chaussée. On le suit, il nous présente son frère, sa belle-soeur, lui est célibataire.
Son frère lui demande d'où on vient. Il répond America. No, no on lui avait pourtant déjà dit qu'on était français.
Il nous emmène ensuite voir l'église que son grand père a contribué à bâtir. Lui même est chrétien. Il lui avait semblé évident que nous l'étions aussi. c'est d'ailleurs ce qu'on répond toujours car l'athéisme est une notion trop complexe à expliquer surtout avec notre niveau d'anglais.


Deux jeunes Indiens sont discrètement enlacés derrière cet arbre dont j'ai pas retenu le nom.

Il parait que de nombreux touristes indiens viennent ici pour se photographier devant l'église et l'arbre qui aurait des vertus auxquelles on n'a rien compris. Pour Noel les murs sont extérieurs sont peints. La porte de l'église est fermée. Dommage! Il nous demande si on veut visiter car il en a la clef. Oh oui, super! On s'attend à ce qu'il aille la chercher mais non, il nous fait faire une deuxième fois le tour de cette charmante église. Je lui demande s'il peut aller chercher la clef mais on ne comprend pas sa réponse, c'est assez confus. Il l'a mais il l'a pas et puis c'est fermé. Quoi? Bref, on insiste pas. On lui demande si on peut voir maintenant sa plantation comme convenu. Yes, yes, on repart ravis en autoricshaw, on aurait pu passer la journée à se laisser trimballer tranquillement ainsi. On réalise qu'on est déjà sur le chemin du retour. Et votre plantation alors, où est-elle? Vous l'avez déjà vue de ma terrasse. Ah... on s'est vraiment pas compris. Il est tellement gentil et prévenant et bienveillant qu'on ne dit rien, on est juste un peu frustrés.
Sur le chemin une autre église bien sommaire celle ci

Mon ami dit qu'il veut acheter du miel. On a vu de nombreuses ruches sur la route.

Il nous arrête devant un apiculteur. Séance dégustation pour mon ami qui goûte à toutes les variétés en se léchant les mains. Le gars fait couler directement sur les doigts son miel. Il parait qu'il est délicieux. Difficile de choisir celui qu'il va rapporter entre celui à la rose, à l'ail, au gingembre, à l'orange...

La veille j'avais dit qu'on avait envie de marcher, aussi quand on est de retour à Araku je demande où nous allons marcher. Avec son sourire désarmant il me dit qu'on déjà marché dans la plantation. Ah bon?! Ces quelques pas? On n'a vraiment pas les mêmes représentations, on n'est jamais assez précis dans nos demandes. Et comme il suivait en moto on pouvait pas en discuter avec lui. Et le chauffeur parlait très peu anglais. Bon tant pis, on se rattrapera cet a.midi. On se donne rdv avec le chauffeur à 14 h pour voir les waterfall et Kollaput. On m'a parlé de ce village qui fait de l'éco tourisme et j'avais envie de voir ça de près pour une autre fois. Difficile de se comprendre, il me dit que c'est bien trop loin, mais non c'est juste à 12 kms. En fait il comprenait Koraput. Je lui ai montré une affiche qui en fait la pub dans la rue. OK pour 14h. Ajaï ne viendra pas avec nous, il travaille. Il nous parle du marché du vendredi qui va bientôt fermer et qu'il faut absolument voir. Super, j'adore les marchés. Le long de la route quelques femmes tribales vendent des fruits et légumes.


Je pense que ce n'est que le début du marché et je marche d'un bon pas pour arriver avant le départ des femmes. Ajaï me crie que je marche beaucoup trop vite. Je ralentis, il me regarde très étonné. Je suis une very strong women alors que je suis une old women. (Il avait vu mon âge sur le passeport). Il me parle de la santé des étrangers par rapport à celle des Indiens.Il me dit que les étrangers sont tous strong. Que les Indiens qui ont les moyens mangent trop gras et sucré et qu'il y a trop de diabète et que les pauvres ne mangent pas assez pour des travaux très pénibles. Et qu'à 61 ans ils ne sont pas du tout comme nous.
L'après-midi on part vers Kollaput. Pour y aller, la route se transforme en chemin, le chemin en piste, . Déconseillé aux lombalgiques. A plusieurs reprises on a bien eu envie de descendre. Nous croisons des autoricshaws bondés, c'est le retour de marché. échanges d'immenses sourires.
Les paysages sont renversants. nos photos n'en rendent pas compte.
Scènes rurales




On ne peut pas ne pas voir des monceaux de déchets en plastique qui traînent partout.On s'arrête devant un cours d'eau .
de l'autre côté une allée bien entretenue mène à des bungalows.

On demande à visiter, pour une retraite au calme c'est l'idéal, je vois tout le potentiel de balades aux alentours.
On traîne, on s'extasie, on est comblé, et on repart. on s'attend à aller aux waterfall mais on se retrouve à Araku. On ne se comprend pas avec le chauffeur, il nous dit qu'on les a vues ces waterfall. Il fait allusion à la rivière proche des bungalows. ça nous fatigue d'essayer de se comprendre, on laisse tomber. La prochaine fois je montre les photos de ce que je veux voir, ce sera plus simple.
On lui demande de s'arrêter à la gare, on veut acheter des billets de train pour le retour à Vizag. Pas question de reprendre le bus.
Scène surréaliste au guichet. Quand on demande au vendeur un billet pour le train du lendemain, il s’approche de son micro, sa sono est à la limite et hurle un sabir inintelligible.On sursaute, on est à trente centimètres de lui, il n’y a personne d’autre. On réitère, lui de même, on s’interroge, on redemande et on finit par comprendre dans la saturation du haut parleur qu’il ne délivre les tickets que le lendemain matin. Pourquoi, on ne sait pas. Quand on y retournera le lendemain, il faudra y retourner à quinze heure, et le guichetier ne délivrera ses précieux billets qu’à seize.
Demain on ira visiter le musée du café et le tribal muséum.