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Retour en Amérique Centrale: Guatemala et Honduras

Discussion started by Vaikeaiti on 2020-01-15

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Retour en Amérique Centrale: Guatemala et Honduras

Vaikeaiti · 2020-01-15

INTRO

Décidément nous sommes des inconditionnels de l' Amérique centrale où nous sommes allés maintes fois ( Guatemala il y a 12 ans environ, Panama ensuite, puis Nicaragua, Salvador, Costa Rica et cette année donc, le Honduras principalement même si nous passons quelques jours au Guatemala à l' arrivée et avant de quitter le pays, principalement sur la côte caribéenne. C' est avec notre ami R., à la tête d'une petite agence francophone de tourisme réceptif à San Salvador que nous avons fait nos deux derniers voyages, au Salvador et au Costa Rica, et c'est lui qui a imaginé ce circuit à partir de ses expériences personnelles. En effet, le Salvador étant un très petit pays, il a l' habitude d' organiser des voyages trans-frontières du genre Salvador / Nicaragua ou Salvador / Guatemala ou Salvador / Honduras. Cette fois ce sera Guatemala / Honduras; tout simplement parce que nous avons trouvé des billets d'avion à prix vraiment compétitifs - et vols directs en continuation - à partir de LAX vers Guatemala Ciudad. R. vient donc nous cueillir à l' aéroport international de Guatemala City ( ou GUA ) et nous repartirons de cette même capitale vers la Californie. Le Guatemala, comme je l' ai indiqué, nous y sommes allés une fois déjà il y a une douzaine d'années, un beau circuit laissant volontairement de côté la capitale pour se concentrer sur Antigua, le Peten, Tikal, et la partie ouest montagneuse autour de Chichicastenango. le tout centré sur la visite de centres archéologiques maya majeurs ( avec une incursion à Copan au Honduras comprise dans la prestation globale ). Une petite partie de notre séjour se passant au Guatemala, je parlerai des régions et endroits visités, mais sans m' étendre. L' idée générale est quand même de consacrer ce carnet au Honduras, pays aussi méconnu que le Salvador auquel j' ai consacré un carnet il y a 3 ans.

Le Honduras est un pays à faible visibilité touristique et de mauvaise réputation, montré du doigt comme le Salvador ou le Guatemala et mis à l' index pour son insécurité chronique. Bien sur le Honduras n' est pas Singapour mais on a tendance à exagérer et à dramatiser comme toujours Disons qu' il y a une façon de voyager dans ces pays d ' Amérique Centrale, des quartiers à éviter dans les capitales et des règles de vigilance élémentaire à respecter, comme dans beaucoup d'autres pays. Après quelques hésitations donc, va pour le Honduras, nous avons décidé avec R. d' y passer environ une semaine de découverte plus culturelle que balnéaire. L' un de ses amis honduriens, travaillant dans la police touristique, nous accompagne pendant la découverte des régions du Honduras visitées, de Omoa où il va nous rejoindre - rendez-vous à la forteresse - jusqu'à Santa Rosa de Copan. Nous repassons la frontière dans l' autre sens ensuite.

Vous allez penser, pourquoi le Honduras ? Justement parce qu'il est peu visité ( sauf les îles côté Caraïbes du genre Roatan qui - comme Cancun au Mexique - sont fréquentées par la jeunesse américaine et canadienne en quête de soleil et de sensations fortes ) et conserve une réelle authenticité.

UN PEU DE GEOGRAPHIE On sera surpris d' apprendre que le Honduras est le second plus grand pays d'Amérique centrale après le Nicaragua, de la taille de la Bulgarie. La côte caribéenne est immensément longue, s'étirant sur plus 750 kilomètres. Autre surprise de taille : le pays n' est pas - ou alors très peu - soumis aux tremblements de terre ni aux éruptions de volcans intempestives. Le relief du pays est tout à fait unique : en effet, les montagnes ne s'étendent pas du nord au sud, mais se chevauchent et se croisent dans tous les sens. Il existe un seul fleuve d'importance, le Rio Coco qui fait frontière avec le Nicaragua. Tiens, encore une surprise ! Le Honduras a davantage de forêts nuageuses et pluvieuses que le Costa Rica, champion du tourisme écolo dans l' Isthme. Le patrimoine naturel est donc riche et varié, et pourtant on ne peut pas parler de politique de conservation et de protection de l' environnement. Les gouvernements successifs sont plus intéressés par ce que peut rapporter la coupe intensive des arbres et la plantations de palmiers à huile africains, une véritable plaie partout en Amérique centrale, y compris dans le soit-disant vertueux Costa Rica ! L' agro-business américain et canadien est omniprésent et contrôle de larges étendues du territoire national. Les mauvaises habitudes perdurent donc, des écologistes ont été carrément assassinés dans le passé, l' écologie n' est pas au programme. Il faut dire qu'il y a des problèmes sociaux et économiques à régler d'urgence, et que l' écologie n' est pas l' urgence nationale.

La faune est la même que dans les pays avoisinants : jaguars, tapirs, paresseux, fourmiliers, singes, tatous, agoutis ( ou ' guatousas ' en espagnol ), coatis, pécaris, chauves-souris, cervidés, iguanes, reptiles de toutes sortes dont certains très venimeux comme le serpent-corail ( ou ' terciopelo ' ). Le lamantin est la star des eaux douces honduriennes. l' ara et le toucan sont les stars de la canopée.

UN PEU D'HISTOIRE

Je ne vais pas m' étendre plus que nécessaire sur l' histoire du Honduras, aussi catastrophique, chaotique et pleine de rebondissements et de drames divers que celle des pays limitrophes, et celle, plus généralement de la Grande Région allant du sud du Mexique au nord à la Colombie. Ce pays, le Honduras - mot qui signifie " profondeurs " en espagnol - fut découvert en 1502 par Christophe Colomb qui lui attribua ce nom, très probablement en raison de la profondeur des eaux aux abords de la côte. Les indigènes furent décimés par les colonisateurs espagnols et leurs richesses pillées. Contrairement aux pays voisins où fut créée une monoculture ( du café, de la canne à sucre et de l' élevage ), source de richesses et favorisant l' émergence d'une classe sociale aisée, le Honduras resta à l' écart de ce changement social, devenant par là un maillon faible soumis à des politiques étrangères centro - américaines et nord - américaines contradictoires, agressives et belliqueuses. Pedro de Alvarado - déjà " pacificateur " du Guatemala voisin - parviendra à conquérir le territoire en 1539 après avoir fait assassiner tous les opposants à la politique coloniale d'expansion, en particulier le lenca / maya Lempira, héros de son peuple indigène. Comayagua devient capitale du pays en 1540. On saute les siècles et on se retrouve au début du 19ème siècle en compagnie de Francisco Morazan, héros national et l' un des pères de l' Amérique centrale aux côté de Bolivar, et qui initia un projet grandiose d'union amérindienne. Libéral et laïc, il perdra la bataille contre les conservateurs, sera forcé à l' exil au Costa Rica, tentera le destin en revenant au Honduras où il finira exécuté en 1842. A partir de là, le pays sombre dans le chaos politique. L' anarchie et la révolution permanente amène au pouvoir des dictateurs nationalistes et conservateurs empêchant toute avancée sociale ou économique. En même temps, il faut lutter sans cesse contre les tentatives d'annexion territoriale des Anglais côté Caraïbes et des Américains dans toute la région. En 1880, alors que le pays est passé sous la coupe de libéraux tout aussi tyranniques que leurs opposants conservateurs, Tegucigalpa devient la nouvelle capitale, tout simplement parce que l'on a découvert des gisements d'argent et commencé à forer frénétiquement dans les environs de ce qui est à l' époque un gros village ! Et puis le président de l' époque a choisi Tegucigalpa contre Comayagua sur un coup de tête ! Le chaos continue. Les gouvernements, bousculés par les uns et les autres, tombent et changent sans cesse. On laisse s'installer d' énormes sociétés telles la United Fruit Company ou Cuyamel ou encore la Standard Fruit Company qui vont devenir des états dans l' Etat et soumettre le pays aux interêts puissants des pays étrangers voisins, en particulier les Etats-Unis. Le Honduras devient une république bananière où les compagnies bananières nomment les présidents, toujours conservateurs, dociles, soumis, corruptibles et vite corrompus. Les escarmouches entre pays voisins vont continuer pendant des décennies tandis que les riches conservateurs, l' Eglise Catholique et l' Armée tiennent le Honduras dans une main de fer et vont soutenir l' installation au pouvoir suprême de militaires reconvertis peu recommandables. Cependant, ils ne seront jamais aussi sanguinaires qu' au Nicaragua soumis et pillé par le dictateur Somoza pendant plus de 30 ans. " Nicaragua es mi finca ', avait-il coutume de dire !

Les civils reviennent au pouvoir en 1981, mais, c'est, hélas, pour le pire, car la CIA américaine choisit le Honduras comme terre d'entraînement pour les ' contras ' - ou brigades contre-révolutionnaires - dans la lutte sans merci contre les Sandinistas qui viennent de renverser Somoza au Nicaragua... et vont , à leur tour - et jusqu'à ce jour, hélas ! - mettre leur pays exsangue sous contrôle dictatorial. Pauvres Nicaraguayens, finalement plus à plaindre encore que leurs proches voisins ! Présidents - et partis - conservateurs et parfois libéraux se succèdent au pouvoir. La lutte contre l' insécurité - et contre les ' maras ', des gangs ayant fui les Etats-Unis sous l' ère Clinton pour se réfugier dans la région de San Pedro Sula - devient une priorité. Le libre-échange aussi. Il y aura encore des soubresauts politiques. Un coup d'état fomenté par l' armée en juin 2009 dépose le président Zelaya jugé trop social voire socialiste et trop engagé dans la lutte contre la criminalité et les narco-trafiquants qui gêne des gens de pouvoir car elle souligne combien le pays est gangrené par la corruption au niveau le plus élevé. Un comble ! Est nommé à sa place Sosa, un conservateur de centre-droit à l' échine plus souple et qui ne menace pas les interêts des grosses sociétés étrangères dans le pays. C' est lui qui changera de capitale. Des journalistes sont assassinés, les élections sont alors contestées par de nombreux pays.

C' est actuellement Juan Orlando Hernandez, ancien avocat, qui dirige le pays, et ce depuis janvier 2014. Les rapports du pays avec les Etats-Unis se sont fortement dégradés alors que le frère du président vient d'être arrêté aux Etats-Unis pour complicité avec les narco-trafiquants de son pays et pour blanchiment d'argent. Le président Trump, à sa manière brutale, exige une coopération du Honduras - et de son président - dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. En attendant des résultats concluants, le pays a été mis sur une liste noire.

ECONOMIE Le Honduras est l' un des pays les plus pauvres du monde : taux de chômage élevé, salaires bas, lois sociales quasi inexistantes, impôt sur le revenu inexistant, dépendance extrême aux aléas de la demande et de l' offre internationales sur le marché des matières premières ( argent, zinc, plomb, houille, cuivre ) et des produits agricoles, catastrophes naturelles telles l' ouragan Mitch en 1998 qui a mis l' économie du Honduras à genoux pour des années. Le Honduras est aussi un paradis fiscal pour les grosses entreprises nord-américaines et les industries de sous-traitance - ou ' maquilas ' - tenues par des Nord-Américains, des Chinois et des Coréens. Sous couvert de créer beaucoup d'emplois, pour des salaires de misère, les grosses sociétés étrangères sont exonérées d' impôt sur le revenu pour 30 ans. Scandaleux sans doute, mais c'est ainsi que vont les choses en Amérique Centrale !

LE HONDURAS UN PAYS METISSE

90% de la population est métissée , à la fois espagnole et amérindienne. Il y a aussi des Noirs, anciens esclaves venus de la Jamaïque et de Grand Cayman, des Garifunas aux racines amérindiennes ( caribes et africaines ) venus de l' île de St Vincent, des Blancs, des Turcs, Libanais et Syriens, des Asiatiques, des indigènes. Ces derniers ont beaucoup souffert au cours des siècles passés : 500 ans de tyrannie culturelle, économique et sociale et, à la clé, un génocide qui est reconnu désormais par la communauté internationale. Parmi les peuples indigènes, le plus remarquable est sans doute celui des Lencas qui sont plus de 100.000 actuellement. On les trouvera dans le département d' Intibuca, capitale La Esperanza, qui demeure le foyer actuel d'une culture lenca qui veut désormais s'affirmer. Egalement, les Chortis ( environ 5000 ) qui vivent dans les montagnes de l' Ouest, les Pipils proches de la frontière du Salvador ( et massacrés dans les année 30 ), les Jicaques ou Tolupanes qui sont, semble-t-il, originaires du Mexique, parlent une langue proche de celle des Sioux, et se rencontrent dans le département de Yoro, les Misquitos, les Pech et les Tawahkas qui peuplent la Mosquitie. Enfin il y a les Garifunas, métissés d'indigènes caribes des îles antillaises et de Noirs africains importés d'Afrique aux temps de l' esclavage par les Britanniques. A noter que les Français soutinrent les Garifunas dans leur dernière bataille contre les Anglais en 1795, non sans arrière-pensées politiques. Finalement ce furent les Anglais qui soumirent les Garifunas et décidèrent in fine de les déporter tous vers l' île de Roatan.

DETAILS PRATIQUES Le climat : janvier et février sont les mois idéaux pour visiter le Honduras, et, d'une manière générale, toute l' Amérique centrale. Températures agréables, voire fraîches le matin en montagne. Entre 13 et 26°. Plus chaudes sur la côte caribéenne dans le centre. Risques de mauvais temps malgré la ' bonne ' saison, côté atlantique.

ARGENT

La monnaie locale est le lempira, mais il est conseillé de se munir de dollars américains, surtout des petites coupures ( de 1, 5, 10, 20 ) et quelques grosses coupures ( 50 et 100 pour les hôtels en particulier ), et de changer au fur et à mesure. On peut changer dollars et euros dans les banques. Service lent, et queues. Eviter les distributeurs en extérieur. On peut aussi payer directement en USD les notes d' hôtels ou de B&B par exemple. Personnellement, je garde ma carte de crédit à portée au cas où mais je paie tout en dollars. C 'est notre ami R. qui nous sert de banque pour les quetzals au Guatemala et les lempiras au Honduras. Qui dit argent dit faire attention sans devenir paranoïaque ! Une vigilance permanente s'impose et il convient de ne pas grossièrement afficher son aisance financière - ou ses bijoux - dans la rue. Il faut être discret et respectueux des locaux, comme partout. Nous ne nous sommes jamais sentis en insécurité en Amérique centrale précédemment. Ce sera de même ici au Honduras sauf au centre -ville de Tegucigalpa. . HOTELS Attention ! Les lits doubles - ou matrimoniaux comme on dit ici - sont en 150 de large, c'est à dire étroits pour des couples. Il vaut mieux demander des lits jumeaux qui sont tous les deux en 140. Différence minime, il est préférable de le savoir avant de faire des réservations en ligne.

ROUTES : Très peu de signalisation, genre panneaux de limitation de vitesse. C 'est normalement 90 km/h sur la route, y compris les 4 voies qui ne sont pas tout le temps séparées en deux fois deux voies. Parc automobile en état correct, sans plus. Beaucoup de voitures et de bus déglingués. A noter que beaucoup de voitures sont achetées accidentées aux Etats-Unis et transportées par camion au Honduras ( idem dans les pays limitrophes ) pour y être réparées et revendues. Mon conseil : Ne pas conduire soi-même, ni louer de voiture au Honduras mais payer les services d' un chauffeur ( et guide à l' occasion ). Cela évite bien des soucis.

DOCUMENTATION PERSONNELLE Il existe un guide Petit Fûté 2019 du Guatemala. Rien en revanche en ce qui concerne le Honduras, oublié par la sphère touristique. Deux bonnes cartes routières à emporter : Guatemala National Geographic Honduras International Travel Maps On peut acheter les deux en ligne sur Amazon, ainsi que le ou les guides.

NOTRE PERIPLE

Guatemala - Honduras - Guatemala Le séjour de 10 jours tout compris pour deux ( incluant une location de voiture du genre SUV, une Nissan Morano ), toutes les visites, une longue excursion en lancha sur le Rio Dulce ( et vers Livingston ) au Guatemala caribéen nous a été facturé 2300 USD par notre ami R. On peut facilement rajouter à ce voyage la visite à Copan, et compter une nuit de plus sur place au Honduras. Plutôt en fin de séjour quand on se trouve du côté de Santa Rosa de Copan. Les nuits d'hôtel sont en sus. Compter environ 45 à 70 USD pour une chambre standard ou supérieure. Le prix moyen d'un repas est de 12 USD ( 10 euros ), sans entrée ni dessert ni fromage. Petits déjeuners roboratifs avec oeufs et haricots noirs pour ceux qui aiment. Ou alors crêpes et fruits. Yaourts et lait à acheter dans les supermarchés. Le Honduras n' est pas une destination aussi coûteuse que le Costa Rica, champion en la matière ( surtout quand il s'agit de visites de parcs nationaux ). Mais rien n' est donné tout de même. Les étrangers paient davantage dans les musées ou les parcs naturels que les nationaux, environ 3 fois plus.

Départ mercredi 15 janvier de PPT, Tahiti.

1er jour, mercredi 15 janvier

Vol PPT - LAX - sur Air France ( vol facturé 420 euros AR par personne et acheté en octobre ). Puis LAX -GUA sur Delta Airlines ( DL ), vol de nuit facturé 700 USD AR en First Class ( grosse promo ) , quittant LAX à 23 h 55 et atterrissant le lendemain matin 16 janvier à Guatemala City vers 7 heures avec une demi-heure de retard. Il faut dire que l' embarquement à Los Angeles ( Terminal Delta ) est assez chaotique et retardé par le nombre impressionnant de personnes plus ou moins âgées mais corpulentes et à mobilité réduite arrivant à l' enregistrement en fauteuil roulant ! Une spécialité de ces vols sur l' Amérique centrale ! Les fauteuils sont souvent poussés par des employés américains plus âgés et plus mal en point que ceux qu'ils poussent jusqu'à la porte de l' avion et aident à s'extirper de leur siège ... Les sourds qui aident les aveugles en quelque sorte !! A noter qu' une majorité de vols quittant la Californie pour le Mexique ou l' Amérique centrale en fin de journée sont en fait des vols de nuit, quittant les Etats-Unis entre 22H 30 et minuit.



Arrivée sur Ciudad de Guatemala 6 H45 du matin



Ciudad de Guatemala vue d'avion au petit matin

2ème jour : jeudi 16 janvier

Aéroport International - Guatemala City - Rio Dulce

R. nous attend, fidèle à l' heure dite. Personne dans l' aéroport à part le personnel, c'est le premier vol qui atterrit au petit matin; nous sommes sortis en 10 mn. Et nous allons prendre la route de Rio Dulce sur la côte caribéenne immédiatement. Mais avant cela il faut traverser toute la capitale et ce n' est pas une mince affaire ! Guate est une mégalopole de plus de 3 millions d'habitants, située sur de hauts plateaux à 1500 m d'altitude. C 'est la capitale du pays depuis la fin du 18ème siècle, après avoir remplacé Antigua, toute proche à 40 kms seulement, détruite par une éruption volcanique violente. C 'est une ville construite sans plan d'ensemble, et on s' y perd facilement même avec un GPS, sans parler des embouteillages qui bloquent la circulation pendant des heures matin et soir. Elle est en proie à de graves problèmes chroniques de pollution, pauvreté et violence, mais comme d'autres dans la région ou ailleurs dans le monde ( à Manille aux Philippines par exemple ). On peut se passer d'un séjour à Guatemala City qui n' est pas une ville renversante, lors d'un voyage dans le pays ; on peut aussi décider d'y passer deux jours / 1 nuit, et de visiter son centre historique par exemple, rénové récemment. Les derniers gouvernements prétendent faire des efforts et prendre la mesure des problèmes mais il n' ont pas de baguette magique ! Comment - alors que cela n' a jamais été fait - remédier sérieusement à l' abandon social d'une immense partie de la population par les pouvoirs publics? Et où trouver les fonds ? La corruption rampante ne permet généralement pas de faire aboutir les projets ambitieux, souvent financés par des fonds internationaux. Affaire à suivre donc ... Il ne faut sans doute pas rêver !

Nous nous retrouvons rapidement sur une route à 4 voies qui file vers l' est, dans un paysage très montagneux tout d'abord, avec vallées encaissées et mamelons en suite verdoyants. Puis les montagnes et collines laissent la place à une région de cultures : palmiers à huile, bananeraies, plantations d'ananas, prairies dédiées à l' élevage de vaches bien nourries par une herbe verte et haute, qui laisse penser qu'il pleut beaucoup dans la région. D 'ailleurs nous continuons sous la pluie pendant une heure, puis au plus près de Rio Dulce ( appellation qui concerne à la fois la rivière qui s' écoule du Lac Izabal et la bourgade située à la naissance du Rio Dulce et dont le nom officiel est Relleno - Fronteras ). Le temps est à la pluie. Nous avons réservé deux nuits à l' hôtel Tortugal inaccessible par la route, mais que l'on rejoint du village en ' lancha ' en 5 mn . Nous nous y installons rapidement puis reprenons un bateau pour une courte échappée vers le Castillo San Felipe construit par les Espagnols à l' entrée du lac pour protéger cette voie d'accès stratégique contre les pirates ainsi que contre des prétendants anglais, hollandais et français forcément malintentionnés !.







Retour à l' hôtel pour une soirée tranquille et une nuit moins agitée que la nuit presque blanche passée dans l' avion. La durée du vol entre LAX et GUA n ' est que de 4 heures 20 mn et on n' a pas vraiment le temps de se reposer.



Hôtel Tortugal

Il se remet à pleuvoir fort en début de soirée et il va pleuvoir sans arrêt toute la nuit. Espérons que notre remontée du Rio Dulce en lancha n' est pas compromise...

3 ème jour : vendredi 17 janvier

Vellena-Fronteras - Rio Dulce - Livingston - Rio Dulce - Vellena-Fronteras

Miraculeusement, la pluie cesse brutalement au petit matin. Le ciel uniformément gris commence à blanchir à l' horizon et quelques taches de bleu apparaissent. Il va faire plutôt beau, selon notre lanchero, et la température va remonter... Il a raison et nous avons de la chance car est prévue une remontée du Rio Dulce vers Livingston, une balade d' environ 60 kilomètres AR. La pluie aurait tout gâché, il aurait sans doute fallu annuler l' excursion.

Tortugal Hôtel Hôtel en bambou, avec marina, accessible uniquement en bateau du village ( 5 mn de traversée ). Nous avions une chambre supérieure à 80 dollars la nuit. Heureusement car les autres chambres n' étaient pas terribles. Insonorisation exécrable. Repaire d' Américains plutôt âgés en bateau et en goguette, très bruyants. Etablissement dans le style écolo-bobo à l' américaine qui agace à la longue. Petit déjeuner pas à la hauteur. Mauvais rapport qualité-prix.

Départ à 8 h 30. Nous allons couvrir le trajet aller en plus de 3 heures avec beaucoup d'arrêts, et de découverte-nature surtout dans la première partie, celle où nous logeons à l' hôtel Tortugal, proche du Castillo San Felipe qui garde l' entrée du lac. Nous allons naviguer vers la mer, c'est à dire dans l' autre sens. Le Rio Dulce est large et il s'évase encore plus sur une vingtaine de kilomètres pour devenir une étendue d'eau de grande largeur, avec des îles, certaines seulement îles aux oiseaux où se rassemble une avifaune riche et variée, et des bras secondaires, domaine d'une mangrove épaisse et luxuriante, et de vastes tapis de nénuphars sur lesquelles évoluent gracieusement des jacanas. Hormis ces derniers, on peut voir, par centaines, des hérons blancs et gris, des cormorans et surtout des pélicans qui évoluent non seulement sur le fleuve mais aussi aux abords de l' embouchure du fleuve, là où eau salée et eau douce se mélangent et où évoluent suffisamment de poissons pour nourrir tous ces oiseaux voraces. Sur les parties hautes des arbres poussant sur ces îlots, on aperçoit également des iguanes de belle taille, orangés ( des mâles ) et dont les arêtes dorsales sont hérissées de piquants redoutables. Ils prennent le soleil revenu après une nuit de pluie battante. Le fleuve , à cet endroit, a changé de couleur, et est devenu limoneux. La navigation est ralentie par des branches et des troncs d'arbres qui flottent parfois entre deux eaux. Au plus près du village de Vellena-Fronteras, les premières îles abritent de luxueuses et vastes retraites appartenant à de riches guatémaltèques et quelques américains aussi fortunés. On les reconnaît aux pelouses parfaitement entretenues et vertes, aux marinas privées et aux hangars à bateaux abritant des yachts de belle taille. L'une a un zoo privé avec singes et aras, une autre un héliport avec hélicoptère prêt à décoller. Notre lanchero nous apprend qu'il y a un aérodrome tout proche qui permet des liaisons rapides avec la capitale distante de 400 kilomètres. Peu à peu, le fleuve qui s'étalait à l'infini, se resserre et on entre dans une sorte de canyon, pas trop encaissé tout de même. Le fleuve serpente paresseusement entre des falaises de calcaire recouvertes de verdure et d'arbres au contact de l' eau, sur lesquels sont perchés des dizaines d'oiseaux.











On arrive vers midi à Livingston, ville de 8000 habitants qui sommeille un peu à l' embouchure du Rio Dulce. Ville typique de la côte caraïbe de tous ces pays d'Amérique Centrale, un peu oubliée par le pouvoir central qui regarde plutôt côté pacifique, multi-ethnique aussi. Les amérindiens côtoient les mayas dont la gent féminine a gardé et porte le costume traditionnel à savoir longue jupe et chemisier-caracot, et les Garifunas, issus d' anciens métissages entre les derniers indiens caraïbes et les esclaves ayant fui l' enfer des plantations ou ayant été déportés vers les îles honduriennes comme Roatan ou les côtes du Honduras et du Guatemala par les anglais quand leur présence devint inutile et encombrante. Livingston fut créée au début du 18ème siècle et connut une période d'abondance et de richesse en devenant le principal port guatémaltèque à exporter la richesse du pays, à savoir le café. Cette période est terminée et la ville vivote de la pêche et surtout du tourisme. Quelques jolis hôtels de style colonial et surtout une ambiance très caribe attirent des visiteurs toute l' année. On rajoutera au tableau un patrimoine architectural un peu délabré voire lépreux, beaucoup de petits restaurants Garifunas, une nourriture typée ( bananes plantain, riz coco, gâteaux coco ), des habitants souriants et aimables. Livingston est une agréable surprise, car la ville n' est pas considérée comme une destination touristique incontournable. Encore une erreur de jugement ! Car Livingston, c'est vraiment une autre facette du Guatemala. Elle mérite ses trois étoiles.

L'un des lavoirs publics municipaux









Au retour en lancha vers notre hôtel, nous allons nous arrêter déjeuner dans un restaurant de bord de fleuve, goûter la spécialité locale, à savoir une soupe de poissons et de petits crabes du fleuve agrémentée de crevettes d'estuaire, puis faire une seconde halte là où se trouvent des sources chaudes et soufrées en bord de fleuve. Nom de l' endroit : Agua Caliente. Bien nommé donc. Bref, nous avons beaucoup apprécié cette excursion tout à fait exceptionnelle par sa durée et les lieux parcourus et visités. Curieusement , la remontée du Rio Dulce est mal notée dans des guides du genre Petit Futé, on se demande pourquoi, seulement une étoile. Mauvaise appréciation car la balade vaut trois étoiles au moins uniquement pour le Rio Dulce en tant que tel. Le Rio Dulce et Livingston sont notre premier coup de coeur du voyage.

Nous arrivons à l' hôtel sous une pluie battante qui va durer une heure et se calmer rapidement. Climat typiquement tropical de ces régions avec une grosse averse en fin de journée. Tropical mais pas trop chaud. Et puis, heureuse surprise, pas de moustiques. Dans la nuit, une autre averse très violente, puis plus rien jusqu'au matin. On se réveille avec nuages et soleil, et chaleur revenue. La journée s'annonce prometteuse, elle le sera moins que prévu. Le ciel va se couvrir de nouveau mais sans qu'il pleuve comme sur la côte même.

4ème jour : samedi 18 janvier

Rio Dulce - Frontière du Honduras - Omoa - San Pedro Sula

Nous démarrons à huit heures, direction la frontière du Honduras, à environ 50 kilomètres de là. Peu de circulation, on roule facilement, et puis, alors que l'on se rapproche de la frontière, la route devient mauvaise. Elle est en réparation, il semble être question de la re-goudronner... En attendant, elle est truffée de nids-de-poule et le goudron a disparu par plaques sur des dizaines de mètres. Vraiment inattendu ! Paysage de collines et de prairies verdoyantes dédiées à l' élevage, mais aussi aux palmeraies et bananeraies à perte de vue le long de la route. Arrivée au poste-frontière qui, heureusement regroupe les deux douanes. Il y a peu de monde et nous passons tous les trois en dix minutes les formalités de sortie du Guatemala et d'entrée au Honduras. Coût du passage : 3 dollars américains par personne. ( il vaut mieux les avoir sous la main, cela va plus vite, en liquide et compte rond ). On repart sur une très belle route, lisse, refaite de neuf et bien signalisée. Quel changement ! La réfection des principaux axes routiers du pays est l' une des seules promesses présidentielles tenues à ce jour. Ceci étant, le réseau secondaire hondurien est abîmé et la circulation y est ralentie.

Notre première étape va être Omoa, village de pêcheurs et bourgade caraïbe qui vaut surtout par son imposante forteresse espagnole ou Castillo de San Fernando ( en l' honneur du Roi Ferdinand VI d'Espagne ), construite de 1752 à 1775. A l' époque, la mer venait lécher les murailles, ce qui n' est plus le cas aujourd'hui. Comme d'autres constructions militaires espagnoles de la Grande Région , la forteresse dut subir les assauts des anglais dont les plans étaient de contrôler toute la côte du Nicaragua au Mexique. Ils parvinrent à vaincre les Espagnols et à s'emparer de la forteresse mais furent vaincus lors d'une seconde attaque, cette fois par les espagnols bien décidés à reprendre cette place-forte. On dit que des trésors sont enfouis dans la mer aux abords du village, ce qui ne manque pas de susciter de l' interêt chez les chercheurs de trésors, d'autant qu'un butin de pièces d'or fut découvert en 1972. Omoa n' a pas d'étoiles dans les guides, elle en mérite deux ou trois pour son imposante forteresse. et puis nous y avons très bien déjeuné en bord de plage. Ce gros village est donc à découvrir et non à éviter, surtout quand on vient du Guatemala côté caraïbe, comme c'était notre cas. C 'est à Omoa que nous retrouvons Alexi, originaire de San Pedro Sula et policier dans la vie. Il a quelques jours de congé et vient découvrir son pays avec nous. D' ailleurs c'est lui qui va conduire la voiture à partir de maintenant. Sa présence sera rassurante, il veille sur nous. Et puis, réflexe professionnel oblige, il est déjà aller repérer l' endroit où se trouve notre prochain hôtel à San Pedro Sula. Et puis nous roulons portes verrouillées... comme tout le monde, semble-t-il.







Après déjeuner, nous prenons la route de San Pedro Sula où nous faisons étape. Pas de chance, nous sommes samedi et le musée est fermé. SPS est une ville moderne et vivante aux larges avenues fleuries, aux rues propres et bien tenues, du moins les axes principaux. C 'est la capitale industrielle et commerciale du pays. Fondée en 1536 par Pedro de Alvarado sous le nom de ' Villa de San Pedro de Puerto Caballos ', San Pedro Sula ( ' sula ' en dialecte local indigène signifie ' vallée des oiseaux ' ), ville coloniale par excellence, se développa rapidement pour devenir l' étape incontournable du transport passagers et marchandises vers l' Europe ainsi qu'un carrefour entre Guatemala et Nicaragua. Elle fut attaquée et détruite par les pirates, puis finit par renaître à la prospérité grâce à l' industrie bananière. Il ne reste rien de son passé colonial et pas grand chose de son passé archéologique excepté au Musée. Des fouilles ont montré qu'une civilisation ancienne, antérieure d 'un millénaire à celle découverte à Copan - existait sur le site de la ville actuelle, après découvertes de statues anthropomorphiques en basalte évoquant l' ère olmèque, la mère de toutes les civilisations en Amérique centrale. SPS est aujourd'hui un centre majeur de ' maquilas ' - ou industries de sous-traitance - sous contrôle principalement nord-américain. SPS vaut, à l' occasion, une visite d'une demi-journée pour son musée ( fermé le samedi et le dimanche, hélas ), ainsi que pour sa minuscule place centrale flanquée d'une cathédrale dans laquelle on admirera les fresques religieuses moderne de style populaire réaliste qu' est en train de réaliser un peintre local avec beaucoup de talent. Des immeubles en mauvais état, de piètre construction années 70 et sans grâce encadrent malheureusement la cathédrale et gâchent l' ensemble. SPS - comme la capitale Tegucigalpa - est marquée par sa mauvaise réputation en matière de sécurité. Qu' en penser ? Retour à l' hôtel pour la nuit.

Guanacaste Hotel : 55 dollars la nuit. Bien situé, dans un quartier tranquille. Construit comme comme un bunker ou une prison de haute sécurité, au choix. Du jamais vu dans le genre ! Chambre au calme. Bonne climatisation. Mais ensemble vieillot, style années 70. Les peintures sont d'origine, la salle de bain aussi et tout cela date terriblement. Et puis personnel indolent peu professionnel . Rien n' était prêt pour le petit déjeuner quand nous sommes arrivés en salle. Celle-ci, sur le toit, n' avait même pas été balayée le soir précédent. En fait, il n' y avait que nous quatre dans l' hôtel, plus le veilleur de nuit effondré et endormi. Nous avons donc petit-déjeuné en extérieur. Pas terrible donc... Etablissement à éviter. Je dirais même : SPS à éviter ! C 'est une perte de temps dans un itinéraire serré, il vaut mieux voir autre chose.

Et l' on passe à la page 2 du carnet.....

Retour en Amérique Centrale: Guatemala et Honduras

Max68 · 2020-01-18

Hello Moana,

Comme je savais que vous étiez dans le coin j'attendais avec impatience ton carnet 😛 Toujours bien documenté, ça fait une belle introduction 🙂 J'espère que la météo grisouille n'a pas durée ...

C'est que j'aimerais beaucoup retourner en Amérique Centrale, mais je n'arrive pas à me décider par où commencer, d'où, aussi, mon intérêt pour ton carnet 😉

Retour en Amérique Centrale: Guatemala et Honduras

Vaikeaiti · 2020-01-19

Suite de mon carnet : Retour en Amérique centrale , Guatemala et Honduras

Je continue mon carnet avec les photos de San Pedro Sula qui dépassaient le cadre des 20 photos imposé par le site. Les voici donc.





3ème jour : dimanche 19 janvier

San Pedro Sula - Lago Yojoa -Rio Lindo - Cataratas de Pulapanzhak - parque Eco-Arqueologico Los Naranjos - Parque Nacional Cerro Azul Meambar

Nous quittons SPS par une route à 4 voies large et impeccablement goudronnée, une sorte d'autoroute en fait car nous aurons à payer une somme modeste à un poste de péage. Des deux côtés de la route, en quittant SPS, ce ne sont que ' maquilas ' qui se succèdent les unes aux autres sur des kilomètres. C' est assez impressionnant ! Elles ont apporté une certaine prospérité à la ville, c' est indéniable, mais elles rapportent encore plus aux sociétés étrangères qui les ont installées là, au Honduras , grâce à des avantages fiscaux exagérés. Puis, les ' maquilas ' cèdent peu à peu la place aux plantations de canne à sucre, aux bananeraies, aux champs d'ananas, aux plantations de caféiers. On monte doucement mais surement en altitude pour atteindre les rives du lac Yojoa , d'origine volcanique, que l' on voit hélas de loin car il est bordé de grandes étendues de roseaux qui indiquent un état marécageux. La région est d'ailleurs très arrosée comme nous allons le voir, mais, après des averses courtes revient un soleil timide pendant un moment. Sans garantie bien sur, quand il n'est que midi !

Le lac se situe à 635 m d' altitude, coincé entre les montagnes de Santa Barbara et le Cerro Azul Meambar. Les berges du lac furent il y a très longtemps peuplées par les ancêtres des Lencas, une communauté indigène qui existe toujours à l' est du pays. Les ruines du site archéologique Los Naranjos témoignent d'un passé lointain dont il reste peu de traces actuellement. Il faut dire qu' il y a eu peu de fouilles effectuées sur le site à ce jour, et donc que les restes effectifs de cette ancienne civilisation sont peu visibles, engloutis sous une végétation luxuriante.

Premier arrêt aux chutes d'eau ( 45 m de hauteur ) impressionnantes de Pulapanzhak, les plus belles du pays. Il a beaucoup plu, il ne pleut pas quand nous y sommes, le débit d'eau est énorme. Des touristes locaux principalement, quelques américains et salvadoriens et nous.



Puis nous rejoignons le site archéologique Los Naranjos, un endroit aussi très arrosé dans la région. C 'est notre jour de chance, il a beaucoup plu à l' aube, mais maintenant nous pouvons admirer la végétation sous le soleil. Des gouttes continuent de tomber de la canopée, et on entend chanter et triller des dizaines d'oiseaux perchés trop haut pour qu' on les voie facilement quand ils sont sur les branches. Petit musée très instructif, et quelques artéfacts de belle facture, surtout des poteries.





Statue anthropomorphique olmèque trouvée sur le site de Los Naranjos



Les ancêtres des Lencas ont vécu là dès 800 AC, bien avant les communautés qui nous ont laissé les remarquables stèles de Copan. Los Naranjos était une ville importante à l' époque. Il ne reste de visible que 7 grands tumuli, dont le plus important atteint 20 m de hauteur. Sous ces tumuli se trouvent des pyramides, écroulées bien sur, construites par étages avec des plates-formes et des temples. Certains trouveront qu'il y a peu à voir, mais il y a beaucoup à apprendre, et la balade de 3 kms environ AR dans la forêt dense est particulièrement agréable. Mais il ne faut pas qu'il pleuve... ! Cette partie du Honduras subit les influences maritimes atlantiques, avec des nuages qui , au contact des montagnes, déversent de grosses quantités d'eau. On se trouve toujours dans la zone caribéenne même si la mer n' est pas toute proche.

Il est presque 14 heures et nous allons faire halte pour déjeuner dans un restaurant de bord de lac, appelé Estoraque. Nous choisissons le ' churrasco de res ' , un des rares plats sans friture. Service lent ( 45 mn ) mais c' est assez habituel ici au Honduras, pays où le personnel est mal organisé et mal formé dans le domaine de l' hôtellerie.

Dernier parcours d'une trentaine de kilomètres pour atteindre notre éco-hôtel Panacam situé à l' intérieur du parc national Cerro Azul Meambar. Bungalows et chambres dans bâtiments en bois en pleine nature. Entrée principale par le village La Guama au sud du lac. Compter 7 kms environ de mauvaise route, voire de piste caillouteuse, pentue et parfois un peu ravinée, mais on peut y aller en voiture normale. Un 4X4 n' est pas obligatoire. On s'installe aussi rapidement que possible, mais comme d'habitude, le personnel est lent et assez nonchalant. L' hôtel dépend de l' état et les revenus générés vont directement dans la rénovation des bâtiments de l' hôtel lui-même, et dans la préservation écologique du site. Tout cela est plutôt positif.

Hotel Panacam : 75 USD la nuit, pour deux personnes. Petit déjeuner ( tout à fait médiocre ) compris. Nous avons aussi dîné sur place, bien obligés car nous sommes en pleine nature. Assez cher, et un délai d'attente des plats ( de pâtes, donc rapides à préparer ) de 45 mn. Personnel pas à la hauteur et peu efficace là non plus. La direction est consciente du problème, mais y rémédier demandera du temps.

5ème jour : Lundi 20 janvier

Lago Yojoa - Cuevas de Taulabé -Comayagua

Nous allons aujourd'hui passer de l' ouest du pays au centre, une région dédiée à l' agriculture et à l' élevage, et un peu le Far West du Honduras. il suffit de voir les sombreros portés par les hommes ainsi que les petits magasins spécialisées - voire certains étals du marché central - dans la vente de selles à cheval et de chaussures de cowboys - comme au Texas - pour se rendre compte que l' on n' est plus en terre caraïbe. Cette région se compose des départements de Comayagua, Olancho et Yoro.

Départ vers 8 h 30 pour une heure de trajet avant d'atteindre notre première destination, à savoir les grottes ou cavernes de Taulabé qui furent découvertes par hasard lors du percement de la quatre-voies entre San Pedro Sula et Tegucigalpa la capitale. Seulement 300 mètres ont été aménagés, avec escaliers et lumières de couleur façon discothèque ( pas du meilleur effet d'ailleurs, des lumières blanches LED auraient été de meilleur goût ). On a déjà exploré 12 kms de cette cavité sans arriver à l' extrémité. Plus on descend, plus il fait chaud, ce qui n' est pas habituel. Cette particularité laisse penser qu' il y a des rivières et cavités thermales don t la température est élevée et réchauffe donc l' ensemble de la grotte. Il est possible que cette grotte à bouches multiples soit reliée au lac Yojoa, lui-même lac d'origine volcanique et où s'écoulent sans doute des sources chaudes. De belles formations rocheuses, stalactites et stalagmites bien sur. Visite déconseillée aux personnes claustrophobes, ou aux personnes souffrant d' insuffisance cardiaque ou respiratoire et de stress du à la descente sous terre.. A 30 m de profondeur, il ne reste plus que 19 % d'oxygène dans l' air, ce qui peut gêner la respiration. La visite - guidée en espagnol uniquement - dure une petite heure et est facturée 4 USD par personne. Guide parlant lentement et de façon très claire et articulée pour ceux qui ne pratiquent pas un espagnol courant.

Nous continuons vers Comayagua, à une quarantaine de kilomètres de là, ancienne capitale du pays, connue pour son riche patrimoine colonial et pourtant peu visitée par les touristes. Nous n' en verrons d'ailleurs que très peu pendant la demi- journée passée à parcourir les rues et places de cette ville. Elle est en plein changement, et en pleine rénovation : cathédrale, églises, anciennes maisons de colons, façades de petites maisons plus modestes, jardins intérieurs, place centrale, beaucoup d'endroits et de lieux ont été réhabilités ou le seront dans un proche futur. Comayagua est donc une destination incontournable et est le second coup de coeur de ce voyage.

La ville fut fondée en 1537 par Alonso de Caceres sur ordre du gouverneur du Yucatan, Don Francisco de Montejo, dans le but de créer une étape sure entre Antigua Guatemala et Leon au Nicaragua, à laquelle Comayagua ressemble beaucoup. ( Je vous renvoie à mon carnet sur le Nicaragua ). Elle s'appelait au départ Santa Maria de la Nueva Valladolid de Comayagua, ce dernier terme étant d'origine indigène nahuatl et signifiant ' abondance de nourriture '. Comayagua prit vite de l' importance pour rayonner et devenir un centre politique et religieux d'abord, mais aussi économique et culturel. Elle devint en 1821 la capitale officielle du pays. La fin du 19ème siècle fut, malgré cela, une période de troubles et de soubresauts politiques et militaires dans la grande tradition centro-américaine !

Nous rejoignons notre hôtel, situé à un peu plus d'un kilomètre du centre dès l' arrivée. Il n' y a personne et on nous permet de nous installer immédiatement. ` Puis nous allons vers le centre à la découverte des beautés architecturales de la ville.



Premier arrêt à l' Eglise La Merced, hélas fermée excepté avant et pendant les messes. Elle date du milieu du 16ème siècle et demeure le plus ancien édifice religieux en pierre et brique du Honduras, voire d'Amérique Centrale. Elle fut gravement endommagée lors du tremblement de terre de 1774, perdit l' une de ses tours et devint une sorte de co- cathédrale dès la construction de Santa Maria.

Iglesia de la Merced

Le centre-ville n' est pas immense et on fait une seconde halte à l' Eglise (et couvent ) de San Francisco, fondée en 1560. Elle est également fermée. Elle a aussi été détériorée par le tremblement de terre de 1774, a perdu sa coupole originelle, remplacée par une structure en bois. L' une de ses tours abrite l' une des plus anciennes cloches du pays fabriquée en Espagne en 1460.

Iglesia y Convento de San Francisco

Troisième halte un peu plus longue sur la jolie place centrale ( avec ses arbres, sa fontaine, son kiosque, et son arche érigée pour fêter l' indépendance du pays ) où se dresse la cathédrale Santa Maria, édifice rénové et peint en jaune, hélas transformée en reposoir pour des centaines de pigeons qui risquent à terme de salir rapidement une belle façade. Les travaux de construction de cet édifice imposant durèrent 36 ans, de 1685 à 1711 ! Elle est considérée comme la plus belle et la plus grande cathédrale du Honduras. L' intérieur a lui aussi été restauré, en particulier le maître-autel central en bois doré sculpté ainsi qu'un autre maître-autel dédié au Christ Noir. On notera également un chemin de croix datant du 18ème siècle, en plusieurs petits tableaux en relief qui ornent les murs latéraux de l' édifice. Et puis on ne peut quitter les lieux sans aller admirer l' horloge ( ' El Reloj ' ).



Il faut pour cela aller acheter les billets chez les soeurs à la cure paroissiale toute proche, et un guide apparaîtra avec la clé magique qui ouvre la porte de la tour au clocher où l'on découvrira, au second étage, la fameuse horloge. Tout ceci après avoir emprunté un escalier très étroit tandis qu'au dernier étage, on peut admirer les toits de la ville, ainsi que les montagnes environnantes.

Cette horloge a une histoire unique et prestigieuse : elle fut fabriquée par un atelier d' horlogers maures espagnols et placée tout d'abord à l' Alhambra de Grenade, puis offerte à la première cathédrale La Merced de Comayagua par le roi d'Espagne Philippe III après la conquête du Honduras et l' installation d'un neveu du roi comme évêque de la ville. Belle récompense pour quelqu'un qui souffrait sans doute d'avoir été envoyé si loin du pays natal ! Elle fut finalement déplacée de La Merced vers Santa Maria en 1711, à l' inauguration de cette dernière. Le cadran extérieur de l' horloge original se trouve au Musée Archéologique, celui que l'on voit sur le fronton de la cathédrale est une réplique. L' horloge demeure un objet rare et précieux qui marche parfaitement et souligne l' expertise des horlogers espagnols qui l ' ont conçue au début du second millénaire. C 'est bien sur la plus ancienne de tout le continent américain.

Catedral Santa Maria





Arche de l' Indépendance sur la place centrale

Pourquoi les églises sont-elles fermées dans la journée ? On peut légitimement se poser la question. Uniquement parce qu'il y a eu des vols d' objets religieux du genre ciboires, chandeliers, couronnes christiques et autres objets en argent massif, parfois agrémentés de perles fines et de pierres précieuses. Tout ce butin est transféré en douce au Guatemala pour y être fondu et revendu. Une catastrophe pour certains édifices religieux ! Bien sur, les objets volés sont très rarement retrouvés et la perte est donc immense.

Pause dans un petit restaurant sur un côté de la place nommé ' Ricas Pupusas Al Paso '. Il faudra encore attendre plus d'une demi-heure pour se faire servir après commande. L' indolence et le manque d'efficacité au travail côté fourneaux est décidément une constante dans ce pays !

On repart pour un tour dans une partie de la ville non encore explorée, pour voir- toujours de l' extérieur car elle est aussi fermée - l' Iglesia de la Caridad , construite comme les autres au 16ème siècle en l' honneur de Santa Lucia. Sa particularité fut de devenir le lieu de réunion et de prières des Noirs, métis et indigènes de la ville et de la région.

Et puis on termine la balade par le Musée Archéologique, installé dans une superbe maison du 16ème siècle, entièrement rénovée, avec ses parements de pierre apparente, et peinte en rouge. Au départ elle abritait les quartiers professionnels et privés du gouverneur espagnol, puis devint le lieu de résidence officielle du Président de la nouvelle République : la Caxa Real. C 'est l' Agence espagnole de Coopération Internationale qui est à la manoeuvre, a rénové ce magnifique bâtiment et, de façon générale, fournit les fonds nécessaires à la préservation du patrimoine de Comayagua.

Caxa Real

Une salle entière du Musée est dédiée au peuplement indigène maya de Yarumela, ancêtres des Lencas et qui ont rayonné dans toute la région et au delà. Le site ne semble pas être vraiment mis en valeur, comme c'est hélas, le cas en ce qui concerne l' archéologie au Honduras, surtout par manque de moyens financiers, même si de l' argent arrive de l' étranger pour mener à bien des missions scientifiques et culturelles diverses. Et pourtant.... Quand on voit les magnifiques exemples d'art rupestre, le raffinement artistique des poteries peintes et sculptées ainsi que d' autres objets exposés dans ce musée, on comprend que cette civilisation disparue a brillé surtout dans sa période dite classique entre 600 et 900 après JC.

Site de Yarumela ( d'après une photo )

Stèle finement sculptée





Snobé par la bourgeoisie de Comayagua, le président Sosa décida brusquement de déménager la Présidence de la capitale vers Tegucigalpa qui devint ipso facto dans la foulée, dans les années 1880, la nouvelle capitale politique du pays.



Retour à l' hôtel en fin d'après-midi. Repas dans un restaurant sur la place centrale prévu en soirée. On est entouré de tableaux, de bibelots, les pièces en sont encombrées ! Et j' oubliais les murs couverts de photos prises avec des personnalités politiques et militaires du Honduras et de l' étranger... Le temps n' est pas fantastique. Un peu de soleil, beaucoup de nuages, et un air tiède mais pas la grosse chaleur à laquelle on pouvait s'attendre. Il a même crachiné 5 mn alors que la région en plaine est vraiment sèche, comparée à la partie est du territoire que nous venons de quitter et où il pleut beaucoup en ce moment ! Espérons que la journée de demain dans la capitale sera plus ensoleillée !

HOTEL SANTA LUCIA Bon marché, mais assez sommaire. Lits effondrés et ressorts dans les côtes. Draps et couvertures trop petits pour des lits jumeaux en 140 cm. Le lit double dit matrimonial ici ne fait que 150 cm de large, sauf dans les hôtels de chaînes américaines et c'est bon à savoir.

Cette page est achevée, on continue vers la page 3...

Retour en Amérique Centrale: Guatemala et Honduras

Vaikeaiti · 2020-01-22

Suite de mon carnet : retour en Amérique Centrale, Guatemala et Honduras

7ème jour : Mardi 21 Janvier

Comayagua - Tegucigalpa

Départ à 8 heures pour la capitale, située à environ 80 kms de là. Route à 4 voies rapide et nous avons un premier panorama sur une ville de presque 1 million et demie d'habitants si l'on compte la grande agglomération, bâtie de bric et de broc, sans plan d'urbanisme et sans vision, polluée et dont les rues d'entrée dans la ville construite sur des collines et des vallons sont sales et couvertes de détritus. Mauvaise impression d'ensemble dès le départ. Aïe !!! Nous rejoignons le petit centre - ville historique où se trouvent les quelques édifices d'interêt, dont la cathédrale bien sur. Il faut se garer dans un parking payant pour pouvoir approcher la place centrale sur laquelle est érigée la cathédrale de San Miguel. En 5 mn nous sommes sur cette place, seuls touristes présents, très regardés, et suivis par les yeux de loup d' une faune interlope tout à fait inhabituelle. Première fois que l' on ressent une forme d' insécurité ambiante, mal définie mais réelle. Il faut avoir l' oeil ! Notre chauffeur Alexi, compagnon de route et exerçant dans la police touristique, retrouve un collègue en uniforme au centre de la place, ainsi que 4 autres policiers et policières, dont certains et certaines en stage. En quelques minutes, il est décidé que ces quatre policiers vont nous accompagner lors de notre balade dans le centre. Ils vont nous suivre, nous précéder et nous encadrer gentiment, y compris dans la cathédrale où curieusement, il y a très peu de monde. La cathédrale a été construite sur une période de 17 années et inaugurée en 1782. C 'est un bel édifice, aux formes harmonieuses, à l' intérieur sobre hormis le somptueux maître-autel , tout de bois sculpté et doré à la feuille.





Puis , sur les conseils d'une policière plus âgée, aimable et chaleureuse, nous décidons d'aller visiter l' ancien palais présidentiel, dédié désormais aux tâches administratives et aux réceptions de personnalités dans ses magnifiques salons. Nous allons y passer une heure environ avec un jeune guide enthousiaste, étudiant en médecine, mais aussi féru d'histoire et qui va nous raconter la vie des présidents, anciens militaires et dictateurs pour la plupart qui se sont succédés, parfois à la vitesse de l' éclair tant les coups d'état étaient courants ! Puis alors que nous nous apprêtons à passer un moment au Musée de l' Art - ou Galeria Nacional de Arte - nous apprenons que celui-ci est en totale rénovation interne et externe, de même que l' Eglise de la Merced qui le jouxte. C' était autrefois un seul ensemble religieux et il est logique d' avoir prévu une restauration d'ensemble. Déception ! Bon, ce genre de mésaventure est déjà arrivée. Il faut en prendre son parti et voir ailleurs. Mais, du coup, il ne reste plus beaucoup de choses dignes d'interêt... !



Un déjeuner rapide dans une galerie commerçante proche du centre va nous permettre d' organiser notre après-midi différemment. Nous décidons de partir vers les extérieurs, les plus proches d'abord, avec la Basilique de Supaya, située sur une colline qui domine la ville, visible à des kilomètres à la ronde de quatre côtés, construite récemment en 1958 et dédiée à la Vierge dont on vénère - surprise ! - une minuscule statuette de 6 centimètres de hauteur enfermée dans une châsse en cristal. L' édifice est immense et lumineux, possède de beaux vitraux, est un peu froid malgré tout. Il faudrait le visiter pendant la semaine sainte de début février sans doute. Nous avons remarqué à l' arrivée qu' au pied de la basilique se trouve une charmante petite église, la vraie, l' originale et l' ancienne, église de la Vierge de Suyapa, construite en 1747, et où se trouve une rare et précieuse icône du Christ offerte par le roi d'Espagne Felipe VI. Son intention était alors de récompenser la ville et ses habitants pour les richesses offertes au royaume espagnol sous forme de lingots d' argent extrait des mines. Celles-ci furent nombreuses dès la fin du 16ème siècle, sur les lieux mêmes où la capitale s'est développée de façon anarchique jusqu'à nos jours et jusque sur les contreforts de la montagne.







Milieu d'après-midi. On laisse ces lieux saints pour partir en excursion nature dans le parc national tout proche de La Tigra. Nous avons tous, au gré de nos premières lectures, noté qu'il y avait deux villages anciennement miniers et agrémentés de maisons coloniales basses, simples architecturalement, parfois dotées de varangues et qui ont été rénovées et sont en passe de l' être. Ils semblent valoir la visite et la balade en forêt. Testons !

Premier village : Santa Lucia En altitude, au milieu d' une forêt de pins et d'une végétation plus basse de forêt nuageuse typique de la Grande Région, du Honduras au Costa Rica. Ambiance tranquille, ruelles pentues, calme et sérénité, fraîcheur aussi tout à fait remarquable et insolite dans ce pays. Autour de 20 °, pas plus, et un crachin permanent pendant tout le temps de notre présence dans le village. En fait, on est dans le nuage...





Second village : Valle de Angeles Ambiance différente, certainement plus animé en fin de semaine avec ses restaurants et ses bars, mais aussi très agréable en semaine quand il y a peu de monde, uniquement les résidents. Nous sommes les seuls étrangers à part deux américains !



Cette double excursion est, à mon avis, incontournable si l' on se trouve dans la capitale pour une journée et même si l'on décide de laisser Tegucigalpa de côté. On n' imagine pas un endroit aussi plaisant si près d'une capitale aussi bruyante et laide...

8ème jour : Mercredi 22 janvier

Tegucigalpa - Comayagua - La Esperanza Intibuca - Gracias ( A Dios )

Nous allons aujourd'hui passer dans la région Occidente du pays, celle de l' authenticité indigène, et berceau des peuples maya et lenca. Nous suivons ce que l' on appelle la Route Lenca à partir de Comayagua où nous bifurquons cap à l' ouest. Les Lencas étaient à l' époque de la Conquista le groupe indigène le plus important, fier de ses coutumes et de son patrimoine culturel et naturel. La communauté lenca est forte actuellement de 100.000 personnes environ, a perpétué une tradition culinaire singulière et des rites tels les pactes d' amitié ou ' Guancascos ". Les Lencas vivent actuellement majoritairement dans un état de grande pauvreté et le gouvernement se penche sur le problème depuis peu en tentant, en particulier grâce à des organismes et des organisations humanitaires principalement espagnols travaillant avec le Ministère Hondurien du Tourisme, de promouvoir la région sur le plan touristique et d'améliorer le niveau de vie des habitants, laissés-pour-compte depuis si longtemps. On remarquera l' effort fait depuis quelque temps pour rénover des villes comme Gracias ou La Esperanza, dont les atouts et le potentiel touristiques sont évidents.

Durée du trajet jusqu'à La Esperanza : 3 heures en roulant bien. Arrivée à 11 heures dans cette petite ville perchée à 1980 mètres d'altitude et où il fait étonnamment frais, pas plus de 18° en fin de matinée. Nous avons enfin de la chance car il fait très beau et le temps semble se maintenir au beau ... quel changement ! La ville fut établie en 1848 sur un site indigène lancé nommé Eramani qui, en lenca, signifie " pays de la poterie ". Comme à chaque arrivée dans un lieu nouveau, nous cherchons la place centrale où se dresse l' église de la ville, puis nous allons déambuler un peu le nez au vent autour du marché central puis dans les rues et ruelles où s'alignent les petites maisons coloniales, un peu plus excentrées et plus calmes aussi, pour finir en haut d'un petit promontoire dédié à la Vierge et d'où l' on a un joli panorama de la ville enchâssée entre les montagnes verdoyantes.















On déjeune sur place puis on continue notre chemin vers Gracias.

Gracias est un endroit unique, première capitale coloniale pour toute l' Amérique Centrale, bâtie dans une vallée fertile de toute beauté à l' entrée du Parc de Celaque d'où émerge la plus haute montagne du pays couverte d'une forêt nuageuse. Le village / capitale fut fondé sur son site actuel par le capitaine Juan de Chavez en 1526. Puis, c'est en 1544 que l' Audiencia de Los Confines, une cour de justice, fut solennellement installée à Gracias, faisant du village un centre juridique de premier plan. Gloire éphémère, car cette cour fut finalement déplacée quatre ans plus tard vers Antigua, au Guatemala.

Fronton d'entrée sculpté de la première Cour de Justice aux armes de la Couronne d'Espagne

Nous allons d'abord au Fort San Cristobal, construit par les Espagnols au 19ème siècle pour consolider leurs positions militaires et mater toute tentative de révolte civile. Il ne fut en fait jamais utilisé militairement. S' y trouve enterré Juan Lindo, président du Honduras et du Salvador de 1847 à 1852. Vue panoramique sur la cité et sur la montagne Celaque. Trés belle lumière.

Castillo San Cristóbal

Balade dans la ville ensuite. Eglise San Sebastian récemment rénovée, datant du 18ème siècle, puis église San Marcos datant aussi du 18ème siècle, puis l' église de la Merced , la plus ancienne, inaugurée en 1654. Seules les deux premières étaient ouvertes. Celle de San Marcos était spécialement ornée et fleurie avant la fête et la procession de demain 23 janvier en l' honneur de San Marcos.

Eglise San Sebastian

Intérieur église San Sebastian

Puis on emprunte un peu toutes les rues et ruelles du centre. Architecture coloniale, rues en rénovation qui seront pavées de grosses pierres comme autrefois, et puis, - miracle ! - quelques rues déjà terminées et dont les poteaux chargés de centaines de fils électriques ont disparu. Nous avons déjà vu des restaurations urbaines qui englobent la mise sous terre des câbles électriques et téléphoniques, en particulier en Colombie, mais jamais encore en Amérique Centrale, sauf à San Salvador, la capitale du Salvador qui a subi un toilettage en règle et dont le centre-ville est méconnaissable par rapport à il y a ne serait-ce que cinq ans !

Suivez- moi en page 4....

Retour en Amérique Centrale: Guatemala et Honduras

Vaikeaiti · 2020-01-23

Page 4 : Suite de mon carnet : retour en Amérique centrale, Guatemala et Honduras

Et on commence par le reliquat de photos de notre dernière journée de voyage sur la Route Lenca. Celles de Gracias, Lempira.



Iglesia San Marcos

Statue de Lempira, héros du peuple Lenca

Iglesia de la Merced

Rue de Gracias entièrement rénovée sans poteaux ni fils électriques

Gracias est notre troisième coup de coeur du voyage et ce sera d'ailleurs le dernier.

LEMPIRA LE REBELLE : UN DESTIN SINGULIER ET TRAGIQUE

Tout commence avec la Conquista dans la région dans les années 1530. L' armée espagnole rencontre une résistance féroce de la part des indigènes et l'on appelle à la rescousse Pedro de Alvarado qui vient de conquérir le Guatemala et dont on pense qu'il est l' homme de la situation. La ville de Gracias est fondée, des villages tombent et sont soumis les uns après les autres, mais les colons continuent d'être assassinés et il faut trouver rapidement une parade : le gouverneur du Honduras, Francisco de Montejo arrange donc une rencontre piégée avec les chefs autochtones de la communauté lenca qui, à leur arrivée, sont faits prisonniers. Une traîtrise ! Tous sauf un, Lempira, qui, méfiant, avait refusé de se rendre à cette convocation. Lempira fait tout de suite de la résistance, s'allie avec d'autres communautés, attaque les colonies espagnoles qui contre-attaquent en assiégeant la forteresse naturelle où il s' est réfugié avec ses troupes dans la région proche de Gracias. Les mois passent, Lempira résiste, et puis arrive ce qui devait arriver : il finit par être tué d'un mauvais coup d'arquebuse par un soldat espagnol, alors qu'il venait de refuser avec hauteur et mépris un faux projet de paix. Dans la tradition de l' époque, on lui coupe alors la tête et on l' apporte au gouverneur à Siguatepeque. Cet épisode tragique marque la fin de la révolte et le début de la soumission des Lencas à l' ordre colonial. Cette dernière a été constante depuis lors, y compris depuis l' indépendance du pays et alors que les juntes ou présidents conservateurs qui se sont succédés n' ont montré aucune empathie ni commisération pour les Lencas ou d'ailleurs toute autre communauté indigène. C 'est paradoxalement le gouvernement espagnol, ancien colonisateur, qui a engagé des fonds importants depuis quelques années pour améliorer le cadre et le niveau de vie des Lencas et leur permettre de vivre plus dignement dans l' esprit de leurs traditions..

HOTEL GUANASCOS Petite hôtellerie bon marché. 64 USD pour deux avec petit déjeuner. Logement simple mais propre dans un beau jardin en hauteur d'où l'on domine la ville toute proche. Pas de climatisation mais elle n' était pas nécessaire. Il faisait 18°. Salle de bain fatiguée qui aurait besoin d'un coup de peinture et de rénovation. C 'est un peu toujours la même rengaine... Petit déjeuner correct. Personnel, comme toujours pas très professionnel et on attend longtemps entre la commande et le moment où l' assiette arrive sur la table...

9ème jour, jeudi 23 janvier

Gracias - La Campa - Gracias - Santa Rosa de Copan - Ocotepeque - Cucuyagua - Agua Calliente - Frontière entre Honduras et Guatemala - Entrée au Guatemala - Esquipulas - Chiquimula

Départ à 8 heures vers La Campa, un petit village situé à 16 kms de Gracias, accessible par une route non goudronnée mais facile à part quelques passages de gué peu profonds. Le village est connu pour sa céramique / poterie lenca et sa situation géographique près d'un canyon de verdure. Jolie église ancienne, datant de 1690. Toute proche, une encore plus ancienne chapelle , en rénovation, dont le maître-autel, fragilisé et pâli par le temps mais encore un peu doré, est très simple et très beau.







Maître-autel d'une chapelle du 17ème siècle en restauration









Il faut revenir vers Gracias et prendre la route de Santa Rosa de Copan, ville située à environ 80 kms de là. Belle route qui monte et descend au sein d'une nature sauvage et luxuriante. Le revêtement a été refait récemment sauf à certains endroits - on se demande pourquoi- et il faut alors faire attention aux nids-de-poule, trous et passages complément défoncés. Santa Rosa est la capitale du département de Copan et la plus grande ville à l'ouest avec ses 28.000 habitants. Les colons espagnols semblent s'y être installés vers la fin du 18ème siècle avec l' intention d'y planter du tabac dont l' usage s' était répandu en Europe à cette époque. Il y avait donc beaucoup d'argent à gagner, et relativement vite. La région est devenue un Far West économiquement prometteur comme quelques autres dans le pays. Il existe toujours une fabrique de cigares, datant de 1765, que l'on peut visiter. Le centre-ville a préservé une certaine ambiance coloniale, avec des rues tirées au cordeau comme les espagnols aimaient bâtir les villes. Pas de maisons cossues ni patriciennes, mais un ensemble architectural plutôt réussi de maisons basses et colorées. La cathédrale, sur place centrale, date de 1798 et a été restaurée en 1880. C 'est un très bel édifice aux formes harmonieuses.











En route maintenant pour la frontière guatémaltèque, avec un arrêt-déjeuner à Cucuyagua sur le chemin. le paysage est magnifique sous le soleil revenu. Les formalités de police et de douane se font très vite car il n' y a personne... ! Et nous rejoignons la première ville du Guatemala après le passage de frontière, Esquipulas, ville célèbre pour sa cathédrale et son Christ Noir, sculpté par un grand artiste portugais dans du bois d'acajou que l'on vient vénérer de très loin. Les attouchements des centaines de milliers de pèlerins lui ont donné une patine unique, mais désormais il est sous verre, hors d'atteinte de la ferveur tactile des pèlerins.





La ville et sa cathédrale sont les lieux privilégiés de l' un des plus grands pèlerinages catholiques du pays dont la renommée a dépassé les frontières du pays. Les pèlerins affluent aussi bien du Honduras que du Salvador ou du Nicaragua. Esquipulas est aussi la terre des Chorti, de race maya. Ils se réunissaient déjà dans les temps anciens sur ce lieu sacré pour honorer leurs dieux à certaines dates précises du calendrier lunaire.

Nous repartons pour notre dernier tronçon de route vers Chiquimula. Nous ne sommes plus en altitude comme lors des deux derniers jours, et la température est remontée à 30°. Notre hôtel se trouvant hors de la ville sur la route que nous avons empruntée, nous ne verrons pas Chiquimula aujourd'hui. Il n' y a de toute façon pas grand chose à y voir, en dehors d'un tout petit centre historique. On fait l' impasse.

GRAN CAPORAL HOTEL Hôtel immense dont les bâtiments sont répartis sur une vaste superficie. Chambre à 70 USD la nuit avec petit déjeuner. On nous loge dans une suite junior, mais le confort n' est pas terrible. Couleurs affreuses, mauvais goût. Il y a eu des dégâts des eaux et rien n' a été repeint. Le service de maintenance est inexistant. Inadmissible dans ce genre d' hôtel qui se veut en haut de l' échelle. Et puis la connexion Internet ne fonctionne pas en chambre. Il faut venir dans le hall de réception pour avoir un bon contact wifi... ! Personnel à peine aimable par dessus le marché.. Bref, vous l' aurez compris, il sera préférable de chercher un autre hôtel lors d'un séjour dans cette ville !

Rejoignez moi en page 6....

Retour en Amérique Centrale: Guatemala et Honduras

Vaikeaiti · 2020-01-25

Page 6 : Suite de mon carnet sur l' Amérique Centrale : Guatemala et Honduras

11ème jour : vendredi 24 janvier

Chiquimula - Estanzuela - San Cristobal Acasaguastlan - San Agustin Acasaguastlan - Guatemala City

C 'est notre dernier jour de séjour au Guatemala. Retour vers la capitale qui est à 170 kms environ. Nous allons faire trois courtes haltes avant de déjeuner et de rejoindre Guatemala avant la sortie des bureaux et les embouteillages qui s' ensuivent. Il nous faudra tout de même une heure environ de l' entrée de la ville jusqu'à l' hôtel que nous avons réservé tout près de l' aéroport.

Première halte à Estanzuela, petite ville où se trouve un Musée de Paléontologie, Archéologie et Géologie fondé par un ingénieur du pays Roberto Woolfolk Saravia. Le musée n' est pas grand, il est gratuit et en plus intéressant. On y trouve des squelettes d' animaux préhistoriques telle la baleine, le mammouth et un rare exemplaire de paresseux géant. Egalement des poteries ainsi que des pierres et stèles gravées.



Squelette d'un paresseux géant







Seconde halte : le village de San Cristobal, avec sa jolie église et sa place centrale colorée agrémentée d'une fontaine ( qui fonctionne... ! ) placée devant le bâtiment central de la mairie. On nous invite même à entrer dans la Mairie et à monter à l' étage pour profiter de la vue sur la place.











Troisième halte : le village de San Agustin, et sa place centrale au centre de laquelle se dresse un arbre immense. Il n' y a pas beaucoup de perspective mais on peut tout de même admirer la façade de la très ancienne église ( du 17ème siècle ) qui rappelle la période de la Conquista. Elle est plus coloniale que toutes celles que nous avons vues jusqu'à présent.





A noter que toutes ces églises situées sur une route de pèlerinage - ou Ruta Santa del Pelegrino - datent du 17ème siècle ou du 18ème siècle et démontrent l' importance de la religion dans ce pays depuis des siècles. Petite digression : Nous aurons aussi remarqué aussi bien au Guatemala qu' au Honduras l' essor des églises évangéliques, en particulier sur la côte caraïbe, forcément au détriment des religions plus traditionnelles et plus anciennes. Elles sont financées par de l' argent américain...

Retour ensuite vers la capitale où nous allons prendre nos quartiers pour la nuit. Départ samedi 25 à 8 heures pour LAX vol Delta, journée sur place jusqu'en soirée. Départ pour PPT à 23 h 30 vol AF, arrivée dimanche matin à 6 heures.

Je ferai très vite un rajout de Copan au Honduras, site archéologique maya majeur, où nous sommes allés il y a une dizaine d'années lors d'un premier voyage au Guatemala. Quelques photos également de ce lieu magique, car on ne peut pas visiter le Honduras sans passer du temps à Copan. Je conseille donc à tout visiteur au Honduras de prévoir Copan dans l' itinéraire de voyage prévu, voire d'y passer une nuit pour avoir du temps.

En revanche on peut sans rien rater éviter la capitale Tegucigalpa ainsi que San Pedro Sula, villes qui n' ont qu'un interêt culturel et touristique très limité. De plus ce sont deux villes réputée pour leur insécurité, à raison, semble-t-il, car placées sur la route du narco-trafic qui remonte vers les Etats-Unis. d'une part, et sujettes aux violences causées par les ' maras ', des gangs qui hantent certains quartiers et n' hésitent pas à se battre entre eux, ainsi qu'avec la police. A balles réelles bien sur, ce qui ne veut pas dire que l' on va se faire braquer au coin de la rue. Les problèmes existent surtout le soir à la nuit tombée et la nuit dans certains quartiers où, de toute façon, un touriste n' a rien à faire !

A ce propos, je peux certifier que jamais nous ne nous sommes sentis en état d' insécurité au Honduras sauf au centre-ville de Tegucigalpa. Un voyage bien préparé avec chauffeur ( à mon humble avis ) permet de profiter des atouts touristiques de ce pays méconnu et aux habitants sympathiques et attachants sans prendre de risques. Mon carnet est long : c'est voulu car on ne parle nulle part de la destination ! Petit coup de pouce au Honduras donc, pays méconnu d'Amérique Centrale.

ADDENDUM Copan est un lieu magique. C' est l' explorateur espagnol Diego Garcia de Palacios qui, le premier, en 1576, mentionne avec enthousiasme, l' existence des ruines maya de Copan dans une missive adressée au roi Philippe II. l faudra cependant attendre 1834 pour qu'une expédition scientifique soit menée par un certain colonel Juan Galindo. Puis, en 1891, le gouvernement hondurien de l' époque signe un accord avec l' Université de Harvard qui va envoyer des équipes d'experts, de professeurs et de scientifiques qui, au fil des décennies, et en particulier dans les années 70, mettront à jour les splendeurs du site telles que l' on peut les voir actuellement. Depuis 1980, le site archéologique de Copan est inscrit au patrimoine de l' Unesco. L' âge d'or de la civilisation maya est situé entre 250 et 900 PC avec l' apparition des premières dynasties royales. Les rois qui se succédèrent firent construire de magnifiques palais en pierres recouvertes de stucs aux couleurs vives, imposant des normes à la statuaire et à l' architecture qui témoignent d'une sophistication à la fois technique et esthétique exceptionnelle. Les experts ont mis à jour et comptabilisé plus de 4500 édifices dans la cité antique de Copan, ce qui a permis d' estimer le nombre des habitants dans la vallée à plus de 25.000 âmes dans les années 500 PC.

A voir en particulier --La Grande Place et son Jardin de Stèles au nord de la structure 4. Elles étaient peintes de couleurs vives, représentant d'un côté la figure du roi, et de l' autre, une série de glyphes donnant des indications sur la date de création et d'érection de la stèle et sur les raisons, politiques ou religieuses, ayant motivé cette oeuvre artistique nouvelle. -- Egalement, l' Acropolis, zone réservée au roi et à sa cour, et dont la structure 16 est le centre. Les constructions que l' on y trouve aujourd'hui datent du dernier roi de la dynastie, Yax Pasaj. En effet, à chaque avènement d'une nouvelle dynastie, on détruisait l' ancien temple pour en construire un nouveau, le roi décédé étant enseveli dans les fondations d'un temple ou d'une palais qu'il avait fait construire. -- Aussi l' escalier des hiéroglyphes, partie intégrante de la structure 26. -- Le jeu de balle qui fait référence dans toute cité maya. L' un des plus grands d'Amérique centrale, d'une longueur de 30 mètres environ et d'une largeur de 7 mètres. Il s'agissait d'un jeu violent où les perdants étaient sacrifiés en offrant aux dieux. -- Le templo Rosalila et ses sculptures représentant un oiseau céleste, le fameux quetzal dans la bouche duquel apparait la figure du roi-soleil.

Il faut compter environ 40 USD pour tout visiter. Compter en allant vite une demi-journée, en prenant son temps une journée entière. Des visites guidées sont possibles pour 30 USD supplémentaires.

















Et on continue avec une dernière page de photos principalement qui n' ont pas pu être rajoutées au bon moment faute de place . Suivez- moi...

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Vaikeaiti · 2020-01-28

Page 7 :Suite et fin de mon carnet : Retour en Amérique centrale : Guatemala et Honduras

Rio Dulce : Flore et faune

Mangrove dans l' un des bras du Rio Dulce habité par des familles de pêcheurs

Jardin de nénuphars en fleurs



Jacanas ( dotés de 3 larges doigts ) se déplaçant de nénuphar en nénuphar

Héron blanc

Aigrette blanche

Pélicans par centaines dans l' estuaire du Rio Dulce

Iguane orangé mâle sur l'un des îlots aux oiseaux

Carcasse de bateau pourrissant en bord de fleuve dans l' estuaire

Restaurant en bord de fleuve dans la partie canyon du Rio Dulce

LIVINGSTON







PARQUE ARQUEOLOGICO LOS NARANJOS



Pyramide d'époque lenca / maya ( hauteur maximale : 20 m ) telle qu'elles existaient à l' époque et actuellement enfouies sous la terre et la végétation de sept tumuli.

Parque Nacional Cerro Azul Breambar

Nids de cassiques cul-jaune typiques d'Amérique centrale et Amérique latine ( Brésil )

CERAMIQUES POLYCHROMES ET JADES DU SITE DE YARUMELA







GROTTES DE TAULABE



TEGUCIGALPA

Intervention acrobatique sur noeuds de fils électriques en folie ( centre-ville )



Billet de 1 lempira à l' effigie du héros mythique de la communauté indigène lenca

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Fanchg · 2020-02-21

Bonsoir Moana, J' ai lu avec grand interet votre récit sur l' Amérique centrale que nous connaissons un peu également. Nous cherchons pour un voyage prochain, avril, une voiture avec chauffeur en Amérique centrale, pour des raisons de sécurité. Nous aimerions cette fois aller au Guatemala ainsi qu' au Salvador et Honduras. Aurai tu des tuyaux, je vois que tu parles d' un certain "R" soit au départ du Salvador, du Honduras ou de Guatemala city? Merci d' avance de ta réponse. Cordialement. François.

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Siddharta38 · 2020-02-23

Bonjour,

Merci pour le partage de ce formidable voyage au coeur de l'Amérique centrale. Nous allons au Honduras à partir du 8 mars. Nous avons une question à propos des transports. Nous hésitons entre transport en commun et location de voiture. La sécurité au Honduras nous fais hésiter. Vous parlez de voiture avec chauffeur ? Ou trouver ce genre de service ? Avez vous pris un chauffeur sur chaque étape ? Pour tout le voyage ?

Merci à vous de votre retour d'expérience et vos conseils.

Roland

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Xrctn · 2020-03-05

Toujours aussi passionnant de lire tes carnets de voyage si bien écrits. Je me rends compte que je suis passé à côté de beaucoup de choses (c'est souvent mon cas d'ailleurs !) lors de mon passage dans ce petit pays. J'avais trouvé le Honduras si différent de ses voisins, il faut peut-être préciser qu'à l'époque (1980) il était, entre le El Salvador et le Nicaragua, un havre de paix et de tranquilité. Māuruuru

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Maitexu · 2020-03-07

Bonjour Moana et à tout ceux qui liront ce message

J'ai l'intention d'aller au Guatemala et de partir vers decembre il parait que c'est la meilleure periode. Je vais faire du repérage car je pense m'y installer. Je suis diplomée en civilisation précolombienne et je souhaiterai collaborer avec une agence francophone sur place. Penses tu que ce soit possible? au cours de ton voyage ou avec tes amis qui possedent une agence y aurait-il une opportunité? sais tu où je pourrais me renseigner?

Merci d'avance

Maritxu

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Vaikeaiti · 2020-03-07

Bonjour Marie-José,

Oui, décembre, janvier et février sont une période idéale pour aller en Amérique Centrale. Encore que nous ayons eu beaucoup de pluie côté caraïbe au Guatemala. C' est , parait-il, assez classique, et c'est identique au Honduras ou au Nicaragua ou au Costa Rica. En ce qui concerne l' installation au Guatemala, je ne suis pas vraiment compétent t pour te répondre. Va sur le site www. gouv.diplomatie.fr qui donne des indications. Les guides de voyage du style Petit Futé également. Notre ami français est installé à San Salvador. Dans ton cas, et avec ton expertise, je choisirai plutôt la Colombie. Je te renvoie à mon carnet sur ce pays, et en particulier à la partie qui traite du site archéologique pré-colombien fabuleux de San Agustin. Ce que l' on a pu voir au Honduras était modeste par rapport à ce que l'on a vu en Colombie. Des sites comme Los Naranjos n' ont pratiquement pas été fouillés, faute de stratégie culturelle et d'argent bien sur, le nerf de la guerre. Civilisation olmèque ancêtre de celle des Lencas, eux-mêmes sous-groupe de la grande civilisation maya.

Moana

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Maitexu · 2020-03-08

Merci beaucoup pour tes conseils sais tu si c'est cher la Colombie?

Merci

Maritxu

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Vaikeaiti · 2020-03-08

Bonjour Marie-José,

La Colombie est un pays très agréable à vivre, plein de ressources. Je te renvoie à mon carnet. Tu peux résider à Cartagena, la ville la plus emblématique du pays, et si belle, mais aussi Medellin ( rien à voir avec la ville que l' on connaissait du temps de Pablo Escobar.... ) ou Cali, ou d'autres encore...

Bonnes recherches

Moana

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Tute · 2020-04-27

Bonjour,

Je vous remercie vivement pour la narration très riche de votre séjour au Honduras. J'ai des origines honduriennes et je trouve que votre description est une bonne et belle photographie de ce qu'on peut visiter sur le parcours que vous avez fait.

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