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Népal au fil des jours

Discussion started by Grosminet on 2004-09-28

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Népal au fil des jours

Grosminet · 2004-09-28

🤪mardi 28 septembre 2004, 12h23 Le Népal en partie paralysé par une grève générale décrétée par les maoïstes

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KATMANDOU (AFP) - Le Népal était en partie paralysé mardi par une grève générale de deux jours décrétée par la rébellion maoïste qui était moins suivie que d'habitude même si les rebelles ont, selon les autorités, perpétré des actes de violences pour faire pression sur la population.La plupart des commerces étaient fermés dans la capitale Katmandou et dans les autres villes de l'est du pays, et les bus assurant les liaisons longue-distance étaient à l'arrêt.

Toutefois selon la police, il y avait davantage de circulation à Katmandou que lors des précédentes grèves générales décrétées par la rébellion maoïste et les vendeurs de rue continuaient leurs activités.

Le gouvernement a menacé les fonctionnaires qui n'utiliseraient pas leur véhicule de fonction de le leur retirer.

Les grèves décrétées par les rebelles, en lutte armée depuis 1996 pour obtenir l'abolition de la monarchie, entraînent généralement une paralysie totale du pays et les véhicules en circulation sont détruits.

Des actes de violence, attribués à la rébellion, ont néanmoins été perpétrés dans la banlieue de la capitale et dans le centre, dans le but de faire pression sur la population pour que la grève générale soit suivie, selon les autorités.

Dans la matinée, une bombe artisanale a explosé devant une branche de la Banque Nepal-Bangladesh à Lalitpur brisant des fenêtres mais ne faisant ni victime ni dégât, a indiqué la police.

"Deux maoïstes qui circulaient dans un taxi se sont arrêtés à l'extérieur de la banque et le chauffeur a jeté un sac rempli d'explosif causant l'explosion. Les maoïstes ont essayé d'effrayer la population pour qu'elle observe la grève", a dit le chef de la police de Lalitpur, Thaneswore Devkota.

Dans le centre, district de Dhading, de présumés rebelles ont incendié dix véhicules d'un convoi de militants asiatiques en tournée depuis un mois dans le pays pour l'obtention du droit à la terre. Il n'y a pas eu de victime, a indiqué la police.

Ce premier jour de grève coïncide avec le deuxième jour des festivités en l'honneur de Kumari, une petite fille adorée comme une déesse, qui marquent le début des moissons. La guérilla a promis de ne pas gêner les festivités.

Les rebelles ont affirmé la semaine dernière avoir décrété cette grève pour protester contre la mort de deux de leurs dirigeants le 3 septembre dans le district de Siraha (sud-est) - ce que l'armée a nié.

La guérilla maoïste a accentué sa pression sur le gouvernement népalais depuis un mois avec un blocus de la capitale d'une semaine fin août et la fermeture forcée de 47 entreprises qui ont finalement rouvert plusieurs semaines après à l'issue de négociations.

En outre début septembre, la capitale a été le théâtre d'émeutes consécutives à l'annonce de la mort de 12 travailleurs népalais tués par leurs ravisseurs islamistes en Irak.

Quelque 10.000 personnes sont mortes depuis le début de la guerre civile en 1996.😉

Népal au fil des jours

Grosminet · 2004-09-28

Mardi, 28 septembre 2004 Publié le 2004-09-28 03:40:37 par Libre Opinion

Népal: Le Royaume himalayen paralysé par la grève maoïste.

Népal, le pays paralysé par la grève maoïste.

Selon « Kyodo News », mardi matin le 28 septembre 2004 une grève générale décrétée par les rebelles communistes pour deux jours contre le gouvernement en place paralyse la majeure du pays. Pour sa part, Reuters relate que cette grève « a fermé les portes de plus d’un tiers du Népal ». L’agence de presse souligne que c’est là le « tout dernier débrayage dans leur campagne en faveur d’une République communiste après le blocus du mois dernier… ». Dans Katmandou, bus et taxis ont déserté les rues. Sur 1.5 millions de Katmandouïtes peu se risque à défier la grève de peur de représailles de la part des rebelles alors que des patrouilles équipées d’armes automatiques sillonnent la capitale.

“Nous sommes ceux qui souffrons à chaque fois” confie Sabin Tamang, un paysan, au reporter de l’agence Reuters.

Les Maoïstes combattent pour remplacer la monarchie constitutionnelle par un régime communiste. Plus de 10.000 Népalais ont péri depuis le début de la révolte en 1996 dans ce pays qui compte parmi les 10 plus pauvres du monde.

La semaine dernière, la coallition au pouvoir a invite les Maoïstes à de nouvelles discussions de paix. Les Maoïstes ont néanmoins refuse l’offre arguant que l’administration en place préparait simultanément une offensive militaire.

Pour la BBC à Katmandou, Sushil Sharma, ce même mardi 28 septembre 2004, confirme toutes ces informations en précisant que les édifices publics restent ouverts en dépit d’une faible fréquentation.

Auparavant ce mois-ci quelque 50 sociétés et entreprises avaient, dit-il, baissé leur rideau à l’instigation des Maoïstes, puis ré - ouvert leurs portes après que le gouvernement népalais ait consenti à relâcher deux syndicalistes maoïstes.

Curieusement, Sushil Sharma donne un nombre différent de victimes de l’insurrection maoïste: 9000 contre 10.000 à la concurrence. D’autres sources font état de 11.000 morts. A vrai dire, nul ne sait exactement car les rebelles ne révèlent pas leurs pertes.

Népal au fil des jours

Grosminet · 2004-09-28

😠Mardi, 28 septembre 2004 Publié le 2004-09-28 03:12:58 par Libre Opinion

Népal: Les Maoïstes mettent le feu aux poudres.

Grève maoïste: Des véhicules incendiés, Katmandou sous protection de l'armée.

Selon « Nepal News » depuis Katmandou au Népal, on suspecte des rebelles maoïstes d’avoir mis le feu à une demi – douzaine de véhicules alors que commence aujourd’hui mardi 28 septembre 2004 une grève générale de deux jours dans l’Est du pays.

Cette grève a été décrétée par le commandement maoïste de la région Est du Népal pour protester contre la mort d’une demi –douzaine de Maoïstes dont deux cadres du comité central dans la région de Sihara au début du mois.

Lundi soir, à Manahari Khola sur le « Mahendra Highway », un groupe d’agitateurs non identifiés a incendié une camionnette “Tata” qui se rendait à Hetauda depuis Narayangarh.

Lundi dans la nuit encore, au cours d’un incident similaire, deux véhicules ont également été brûlés à Jugekhola dans la région de Dading. Ces véhicules participaient à la « Marche 2004 des Fermiers asiatiques » et étaient en route pour Katmandou depuis Pokhara.

Par ailleurs, deux camions de la société “Shrestha Transport” et un autocar ont subi le même sort dans la même nuit de lundi à mardi.

On ne déplore aucun blessé.

Mardi matin, le 28 septembre 2004, le centre de surveillance de la police de Katmandou a déclaré à Nepal News qu’aucune violence ne lui avait été rapportée dans la Vallée.

Le cours de la vie normale a été interrompu à Katmandou, Biratnagar, Janakpur, Birgunj et les autres grandes villes de l’Est et du Centre du pays en raison de la grève voulue par les Maoïstes. Les entreprises ont fermé leurs portes et les transports long-courriers

Mardi matin à Katmandou, les établissements scolaires restent fermés et seul un nombre réduit de véhicules circulait dans les rues de la capitale. L’armée gardait les principales intersections de la ville alors que les principaux centres commerciaux étaient eux aussi fermées.

Népal au fil des jours

Grosminet · 2004-09-29

😊Mardi, 28 septembre 2004 Publié le 2004-09-28 20:33:31 par Libre Opinion La Libre Parole

Népal: La grève maoïste et le dialogue des armes...

Le Népal est l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes.

D’après « Nepal News », en ligne en date du 28 septembre 2004, Christopher Warren, président de la Fédération internationale des journalistes, vient de déclarer à Katmandou que le Népal était l’un des endroits les plus dangereux dans le monde pour les journalistes.

S’adressant à la presse lors d’une réunion organisée par la Fédération des journalistes népalais, C. Warren a affirmé qu’au Népal les journalistes faisaient face à une situation terrifiante comparable à celle de l’Iraq et la Colombie. A ses dires, la Fédération internationale des journalistes examinent la possibilité de procurer un soutien aux familles des journalistes victimes ou à ceux qui ont été tués.

C. Warren a plus avant précisé qu’au cours d’une entrevue avec la FIJ et les journalistes népalais, le Premier ministre Sher Bahadur Deuba a promis d’examiner le cas des journalistes mis en détention par le gouvernement.

Auparavant, la FIJ avait organisé un atelier de trois jours sur le thème des droits de l’homme et des reporters face aux conflits en Asie du Sud – avec le concours de l’organisation allemande Friedrich Ebert Stiftung (FES) à Kathmandu, toutes deux ont appelé le gouvernement du Népal, les forces de sécurité népalaises et les rebelles du Parti Communiste népalais (Maoïste) à arrêter toutes les attaques contre les journalistes et les militants de la liberté d’expression.

Il a été aussi demandé au gouvernement népalais d’assurer la protection et la sécurité des journalistes et des militants de la liberté d’expression, de mettre un terme aux exécutions extra – judiciaires et prendre des initiatives crédibles en vue de mettre fin à la culture de l’impunité.

Plus de 30 militants des syndicats de presse, entre autres journalistes et spécialistes de pays comme l’Afghanistan, le Bangladesh, l’Inde, le Népal, le Pakistan et Ceylan ont pris part à cet atelier.

La réunion du « Comité pour la Paix » reste infructueuse.

Selon “Nepal News”, le 28 septembre 2004, la réunion très attendue, mardi, du comité pour la paix n’a apporté aucune réponse aux six questions posées par la direction du Parti communiste du Népal (Maoïste) la semaine dernière.

Le chef du Parti Communiste du Népal (Union Marxiste - Léniniste) a proposé que le gouvernement déclare un cessez-le-feu unilatéral dans le dessein de préparer le terrain favorable à des négociations de paix. Mais la réunion n’a pu décider d’aucune action future

Le Premier népalais Sher Bahadur Deuba a affirmé que le gouvernement allait continuer de discuter les déclarations des Maoïstes.

Vendredi dernier, Prachanda, le chef du Parti maoïste au Népal demandait au gouvernement s’il était prêt à accepter des élections en vue de réunir une assemblée constituante pour préparer une nouvelle Constitution et aussi à inviter les Nations unies ou tout autre organisation des droits de l’homme assez fiable pour jouer le rôle de médiateur dans les négociations proposées.

L’Armée royale népalaise nie exécuter ses prisonniers.

Sur « Nepal News », le 28 septembre 2004, l’Armée royale népalaise a réfuté les affirmations selon lesquelles elle aurait tué une demi douzaine de Maoïstes dont deux cadres du comité central à Siraha au début du mois après les avoir emmenés en détention.

Dans une déclaration publiée mardi le 28 septembre 2004, la direction des relations publiques de l’Armée royale népalaise a précisé que les cadres du comité central maoïste avaient été abattus lors d’échanges de coups de feu le 5 septembre dernier après que les rebelles aient attaqué les forces de l’ordre à la grenade.

L’Armée royale népalaise a en outre affirmé qu’elle n’avait aucune politique consistant à exécuter les gens après les avoir arrêtés. « Nous nous occupons des blessés, même en recourant à l’hélicoptère ».

Cette déclaration intervient alors que les Maoïstes ont fomenté une grève générale de 48 heures dans le centre et l’Est du pays pour protester contre l’exécution de ses camarades dont les deux membres du comité central de la région Est ici concernés.

Une dizaine de rebelles maoïstes tués ces deux derniers jours.

D’après “Nepal News”, le 28 septembre 2004, plus d’une dizaine de Maoïstes ont été abattus lors d’opérations de recherche menées par les forces de sécurité dans diverses parties du pays.

La télévision d’Etat népalaise, « Nepal Television », a relaté que quatre rebelles ont été tués à Suryapura dans la région de Rupandehi, trois autres à Sankhuwasabha et Morang, plus deux autres à Danusha et Kailali au cours de ces deux derniers jours.

Le Népal paralysé par la grève maoïste.

Olivier Da Lage pour Radio France internationale (RFI) couvre l’événement ce même 28 septembre 2004 dans une dépêche qui fait état de ce que « la guérilla maoïste a déclenché une grève générale pour obliger le roi à rouvrir les négociations avec elle ». Mais il n’est pas certain que le Roi du Népal ait jamais négocié quoi que ce soit avec qui que ce soit des insurgés depuis le début de l’insurrection…

L’habile analyste rfiste décèle finement les visées des Maoïstes qui sont « de susciter le mécontentement de la population à l’encontre du pouvoir, rendu responsable des difficultés économiques du Népal, et de mettre à bas la monarchie qui dirige le pays perché dans le massif himalayen ».

Certes, mais là encore il n’est pas absolument certain que le pays soit « perché dans le massif himalayen », les plaines sub-tropicales du Teraï, par exemple, paraissant bien loin de passer pour « perchées »… Mais, bon, les cocotiers des Maldives semblent haut perchés eu égard aux atolls où Dieu les a plantés pour prodiguer une ombre salutaire au cuir délicat de nos crânes d’œuf….

L’exigence d’une assemblée constituante.

Bien vu par ce commentateur émérite de RFI le fait que « les rebelles insistent pour que la convocation d’une assemblée constituante figure à l’ordre du jour de nouvelles négociations. C’est déjà sur ce point qu’avaient échoué les précédents pourparlers… l’ultimatum des maoïstes, qui demandaient la convocation sous trois jours d’une assemblée constituante, avait mis un terme à la négociation ».

Prachanda et Arnaud Montebourg, même combat ? Maintenant que David Assouline – l’égérie du NPS qui est la chose du vibrionnant député de Saône-et-Loire – est entré au Sénat, on peut s’attendre à tout.

Grève générale et affrontements meurtriers.

L’Agence France-Presse (AFP) depuis Katmandou, le 28 septembre 2004, annonce que « neuf rebelles maoïstes présumés ont été tués mardi dans des affrontements distincts avec les forces de l'ordre… »

La grand agence française fait assaut de précisions et l’on ne peut que s’en féliciter : « Huit rebelles présumés ont été tués dans quatre affrontements distincts, a indiqué la police qui n'a pas donné plus de détail sur les lieux ou les circonstances. Un neuvième a été tué alors qu'il tentait de forcer des commerçants à observer la grève dans le district de Ilam (Sud-est), a indiqué un responsable de la police locale Krishna Basnet. »

Si l’on veut bien croire les autorités népalaises, des actes de violence, attribués à la rébellion, ont été perpétrés dans la banlieue de la capitale et dans le centre, dans le but de faire pression sur la population pour que la grève générale soit suivie.

Cyberpresse a repris la dépêche au Canada. Vive le Canada !

La grève est observée plus par peur que par soutien.

Anjana Pasricha, à New Delhi, témoigne pour la Voix de l’Amérique et Channel New Asia s’en fait l’écho sur son site d’infos en ligne.

Yuvraj Ghimre, le directeur du magazine “Samay”, se confie à Anjana Pasricha : « Les Népalais observent la grève plus par peur des rebelles qu’en raison d’un soutien à leur cause ».

Pour l’homme de presse népalais, les rebelles s’inquiètent de ce qu’un gouvernement par intérim nommé par le Roi Gyanendra manque de la crédibilité nécessaire à la tenue de négociations portant sur le renversement de la monarchie.

Une bombe dans une banque à deux pas de Katmandou.

Selon Channel New Asia (avec l’AFP), le 28 septembre, un engin explosif a déchiqueté une banque à katmandou. L’explosion a fait trembler les vitres de la Nepal – Bangladesh Bank à Lalitpur .

Aucune victime n’est à déplorer.

Selon un fonctionnaire de l’administration locale, “Deux maoïstes qui circulaient dans un taxi se sont arrêtés à l'extérieur de la banque et le chauffeur a jeté un sac rempli d'explosif causant l'explosion. Nous pensons que le but était de faire exploser le taxi » a déclaré à l'AFP le chef de la police de Lalitpur, Thaneswore Devkota.

D’après la police locale, dans la région d’Ilam au sud-est du pays, la troupe a tué un militant maoïste qui menaçait des boutiquiers. Et dans la région de Dhading au centre du royaume les rebelles, croit-on, ont incendié une dizaine de véhicules. .

Pushpa Kamal Dahal, le supremo maoïste mieux connu sous le pseudonyme de « Prachanda » ou « Le Féroce » a maintenu vendredi dernier que les rebelles négocieraient seulement avec la certitude que les discussions ne seraient pas sabordées par le Roi Gyanendra, comme les deux fois précédentes.

Les Maoïstes népalais envisagent une “zone révolutionnaire”

Selon « Rediff.com » en Inde, le Népal a aujourd’hui averti l’Inde que les rebelles maoïstes du royaume himalayen prévoyaient de créer une ‘zone révolutionnaire’ avec l’aide des ultras indiens d’Andhra Pradesh, d’Orissa et du Bengale.

“Les rebelles maoïstes ne sont pas contre le monarque au Népal mais contre le gouvernement et prévoient de créer une zone révolutionnaire avec l’aide des ultras actifs en Andhra Pradesh, en Orissa et de la région de Coochbehar au Bengale occidental », a confié au Premier ministre du Bengale occidental le Consul général du Népal à Calcutta qui vient de quitter son poste.

Le 29 septembre 2004, le « Times of India » confirme la nouvelle divulguée à Calacutta par Yuba Raj Bhusal, consul général du Népal sur le départ. Les Naxalites indiens s’associeraient donc aux Maoïstes népalais dans leur entreprise.

Le Premier ministre de l’Etat indien du Bengale occidental, Buddhadeb Bhattacharjee, a exprimé son inquiétude sur le fait que les Maoïstes népalais étaient en contact constant avec les équipes bengalaises de la « Guerre du Peuple ». Leur plan est d’ouvrir un corridor avec l’Etat indien voisin du Bihar frontalier avec le Népal.

“Ils possèdent une forte assise dans l’Asie du Sud et sont en contact avec l’ISI » le ministre indien a-t-il ajouté avant de conclure « Nous sommes sur le qui vive et faisons tout ce qui est nécessaire pour les combattre dans notre Etat ».

Les Maoïstes respectent les fêtes en l’honneur de la Vierge Kumari.

Dans L’Express français, le 28 septembre 2004, une correspondance de l’AFP nous rappelle que « ce premier jour de grève coïncide avec le deuxième jour des festivités en l'honneur de Kumari, une petite fille adorée comme une déesse, qui marquent le début des moissons. La guérilla a promis de ne pas gêner les festivités. »

Faut-il le préciser la Kumari est une jeune déesse vierge qui perd sa divinité à son premier sang. Son palais, Kumari Ghar, est situé à Durbar Square juste aux côtés de l’ancien Palais royal, autrement dit au cœur du Katmandou touristique et à deux pas du commissariat central de la ville dont l’entrée fait face à la statue géante du dieu - singe Hanuman. La Kumari est un trait essentiel de la culture traditionnelle népalaise. La Kumari ne se marie jamais car elle porte malheur à son mari dont elle cause la mort.

Qui plus est la Kumari ne s’habille que de rouge ce qui en fait peut-être un parfait totem révolutionnaire aux yeux des Maoïstes ! C’est aujourd’hui sa fête et elle doit bénir le Roi du Népal.

Pour tout savoir sur les enfants – dieux au Népal, « Le regard de la Kumari » de Marie – Sophie Boulanger aux Presses de la Renaissance.

Népal au fil des jours

Grosminet · 2004-10-04

Dimanche, 03 octobre 2004 Publié le 2004-10-03 08:37:20 par Libre Opinion La Libre Parole

Népal: Des élections à la fin de l'année face aux atrocités maoïstes.

Des élections si les rebelles refusent les discussions.

Le Premier ministre népalais Sher Bahadur Deuba vient déclarer que son gouvernement tiendrait des élections générales d’ici al fin de l’année 2061 B.S. si les Maoïstes ne rejoignaient la table des négociations.

S’adressant dimanche à Pokhara à un programme organisé par la Fédération des Journalistes népalais, le Premier Deuba a précisé : « La première priorité pour le gouvernement reste de tenir des conversations de paix. Si les Maoïstes n’acceptent les pourparlers, nous n’allons pas suspendre la tenue des élections. Les élections prendront place à la fin de l’année civile népalaise ».

Le Premier népalais s’est alors attaché à revendiquer le fait que son gouvernement allait prendre toutes les mesures possibles pour entamer des discussions avec les Maoïstes. « Le gouvernement déploie de sérieux efforts en vue de pourparlers et je veux que les rebelles de leur côté arrête immédiatement toute violence et acceptent une solution négociée du problème ».

Premier ministre en fonction, Sher Bahadur Deuba est aussi président du Parti du Congrès (Démocratique) tout en présidant, par ailleurs, le comité pour la paix qui, la semaine dernière, a abordé la question du processus de paix en invitant formellement les rebelles à des conversations.

Si le Premier ministre népalais n’est pas enclin à favoriser une solution militaire, son gouvernement, dit-il, n’est pas non plus prêt à déclarer un cessez-le-feu unilatéral. Qu’à cela ne tienne, l’administration Deuba hésite encore à ne plus taxer les Maoïstes de « terroristes » et à lancer des avis de recherche contre eux. Quoi qu’il en soit, si l’on en croit « Nepal News », aujourd’hui le dimanche 3 octobre 2004, le Premier ministre népalais est opposé à une médiation étrangère tout autant qu’à la tenue de négociations en dehors du pays.

Népal au fil des jours

Grosminet · 2004-10-05

🙁Mardi, 05 octobre 2004 Publié le 2004-10-05 08:29:23 par Libre Opinion

Népal: 99.9% des Népalais aspirent à la paix.

99.9% des Népalais aspirent à la paix.Dénouer les nœuds qui étranglent la concorde.

Le vendredi 1er octobre 2004, le service d’information en ligne “Nepal News” reproduisait un éditorial de Sanjaya Dhakal publié dans le l’hebdomadaire népalais de langue anglaise Spotlight

« Parmi les appels et contre – appels des deux parties combattantes, les pourparlers de paix font néanmoins figure d’Arlésienne. Même si les spécialistes de ce conflit et les militants pacifistes clament que les négociations sont en perspective, tous s’accordent à penser que la démarche reste compliquée étant donné les réalités politiques et autres sur le terrain. »

Certes les pressions “internes comme externes” jouent mais dans quelle mesure exactement, l’éditorialiste népalais pose d’emblée la question. On sait que le Parti Communiste du Népal (Union Marxiste – Léniniste) y est favorable sans condition préalable alors que la coalition emmenée par le Premier Deuba renâcle face aux exigences des dits « Maoïstes » dont l’objectif principal avoué est bel et bien le renversement de la monarchie constitutionnelle au profit d’une « république communiste ». En un mot comme en dix, un nouveau Kampuchéa …

Sanjaya Dhakal pour Spotlight relève non sans à propos que les expériences passées ont montré que les discussions de paix pouvaient être menées à bien chaque fois que des efforts étaient déployés « sous la surface et sans plus de cérémonies en public »

Pourtant cette fois-ci, la troisième, le doute s’est emparé des esprits, en effet « l’imminence de négociations a par trop été claironnée au vu et au su de tous dans la presse et les média ».

C’est le moins que l’on puisse dire, les uns, Maoïstes, les autres, Ministres, se livrant à un dernier tango à Katmandou sur l’air bien connu de « Je t’aime moi non plus ». Serge Gainsbourg et Jane Birkin n’étaient-ils pas les héros des fameux chemins de Katmandou au début des années 70 quand les seules fumées qui s’élevaient dans le ciel de la Vallée ne consistaient qu’en volutes de chanvre, sésame tant enviée de paradis décrits abusivement comme « artificiels » Marie – Jeanne s’épanouissant librement à l’état naturel sur chaque carré d’herbe himalayen.

L’éditorialiste de reprendre les données historiques du problème.

Quand le 31 janvier 2003, le gouvernement népalais et les Maoïstes annoncèrent un cessez-le-feu mutuel ouvrant la voie à un deuxième tour de négociations, la nouvelle prit tout le monde par surprise.

De même, en août 2001, le Premier ministre de l’époque, c’était déjà Sher Bahadur Deuba, déclara un cessez-le-feu unilatéral avant même d’avoir prêté serment – une initiative à la quelle les Maoïstes répondirent prestement aussi.

Et de conclure logiquement qu’il est « difficile de dire que l’actuel brouhaha fait autour d’un troisième tour de pourparlers de paix va contribuer à sa concrétisation ».

Sur ce, une chose est claire pour cet analyste émérite. Les événements ont été relancés par la visite du Premier népalais en Inde la semaine dernière, New Delhi admettant que les Maoïstes présentent une menace commune aux deux pays voisins; mais également par les propositions que le président du Parti maoïste a avancées et auxquelles la coalition de M. Deuba a promis de répondre bientôt.

Questions et Réponses.

Certes le 24 septembre 2004, Prachanda alias “Le Féroce”, la tête du mouvement maoïste au Népal, publiait une déclaration en réponse à l’invitation du gouvernement à engager des discussions avec lui.

Il s’agissait de « créer les conditions favorables » à une rencontre entre les ennemis jurés, Maoïstes, d’un côté, et, de l’autre, Ministres royaux, depuis le début de l’insurrection le 13 février 1996.

« Le Féroce » en profita pour poser ses propres conditions sous forme de six questions auxquelles le chef des rebelles attend des « réponses satisfaisantes » avant de bouger le petit doigt.

Parmi ces questions se posent celles de savoir si le gouvernement est capable de restaurer le statu quo ante et donc la situation qui prévalait donc avant le 4 octobre 2002 ; si ce même gouvernement est à même de créer des conditions favorables à susciter la confiance du parlement en se défiant des intérêts du Palais et des généraux à la tête de l’armée royale ; si il s’engage à rendre le peuple souverain grâce à l’élection d’une assemblée constituante ; ou encore s’il veut « impliquer » les Nations unies ou d’autres organisations internationales des droits de l’homme dans les discussions de paix au lieu de mendier une assistance militaire auprès de son voisin indien ; s’il peut prouver par une exemple authentique son autorité sur l’Armée royale népalaise et s’il peut engager une action contre les coupables du meurtre de personnalités comme ce dirigeant de l’Union Marxiste – Léniniste (UML) Hem Hem Narayan Yadav.

Vision positive.

Pour les responsables politiques du pays, ces récentes questions du chef des Maoïstes, le « Féroce » Prachanda, ouvrent la porte à la tenue de négociations. Toutes les forces politiques semblent d’accord.

En face, Krishna Bahadur Mahara, porte – parole des Maoïstes a spécifié que les Maoïstes iraient s’asseoir à la table des pourparlers si la coalition au pouvoir répondaient de façon claire e t satisfaisante à leurs six questions.

Pour le Dr. Bishnu Raj Upreti, président des Amis de la Paix (Friends for Peace ou FFP). Comme pur d’autres spécialistes, les possibilités de discussions se sont accrues avec les derniers développements du conflit. Par ailleurs, répondra aux questions des Maoïstes permettraient de répondre à bon nombre de questions d’intérêt politique général : rapports entre le gouvernement et le Palais royal et position vis-à-vis de l’armée, par exemple.

Toutefois, comme les principales forces constitutionnelles restent encore à couteaux tires avec la moitié des partis politiques représentés au Parlement qui, eux, défilent dans les rues, il est plus aisé de parler de consensus que d’y parvenir concrètement eu égard la résolution du problème que pose l’insurrection maoïste.

Le rôle de l’Inde.

Comme le note le Dr. Upreti, le changement d’attitude de l’Inde pourrait avoir joué un rôle clef pour créer désormais un environnement convenable à des discussions de paix. « Je suis convaincu que les Maoïstes pourraient sincèrement vouloir prendre avantage de cette occasion », ce spécialiste de la question a-t-il déclaré.

La visite officielle que le Premier népalais a récemment effectuée en Inde a réussi à convaincre les dirigeants indiens que les Maoïstes posaient une réelle menace au Népal. Dès son retour de New Delhi, Sher Bahadur Deuba l’a tout de go stipulé à la presse en ces termes : « Je vais prendre des mesures pour que se tiennent des discussions. Si les Maoïstes ne les acceptent pas, nous aurons recours à la force ».

Le cours rapide des événements a aussi pris les Maoïstes par surprise.

Parallèlement, on a constaté un accroissement des activités des Maoïstes le long de la frontière entre l’Inde et le Népal. Une balle tirée par des Maoïstes a blessé une jeune indienne à Jhulaghat dans l’Etat d’Uttaranchal. Dans cette même région, on a vu de mystérieuses affiches menacer les dirigeants indiens de représailles physiques si l’Inde procurait une assistance militaire au Népal. Certains en vinrent à affirmer avec insistance mais sans preuve que les Maoïstes népalais entraînaient des réfugiés bhoutanais ainsi que des groupes extrémistes indiens redoutés (ULFA).

Ces actuels événements pourraient constituer de sinistres indicateurs des événements à venir.

Un manque d’harmonie dans la démarche.

Le présent gouvernement dirigé par le Premier Deuba s’est engage sur deux points de son programme électoral: les discussions de paix et la tenue d’élections.

Plus de trois mois après sa désignation, la coalition au pouvoir n’a encore rien réalisé qui lui permettent de parvenir à aucun de ses deux objectifs.

La coalition au pouvoir réunissant quatre formations politiques différentes, la diversité des opinions au sein du gouvernement peut être considérée comme normale. Quoi qu’il en soit, les différences entre les positions affichées par certains ministres font penser à une certaine faiblesse de l’administration en place. Par exemple, les uns sont pour le « secret » dans les pourparlers avec les Maoïstes, d’autres pour la « transparence ». Certains déclarent que le gouvernement a déjà répondu aux questions des Maoïstes alors que d’autres disent être encore en train de les examiner.

Pour un spécialiste: « De telles différences d’opinion parmi les ministres eux-mêmes n’envoient pas un bon message mais révèle de leur part confusion et inconsistance ».

Aux yeux de Shyam Shrestha, homme de gauche associé par le passé aux Maoïstes et actuel directeur du mensuel népalais Mulyakan, « L’Etat manque de clarté sur des questions comme l’assemblée constituante, lesquelles peuvent faire dérailler les discussions à tout moment si elles se concrétisent ».

Les enjeux pour l’Union Marxiste – Léniniste.

C’est pour l’Union Marxiste – Léniniste (UML) que les enjeux sont le plus importants dans le courant processus de paix. Parti au pouvoir, l’UML a fait de fréquents appels pour tenir des discussions de paix « à tout prix ». Ayant abandonné à mi-chemin les manifestations de rue contre la régression, ce Parti politique doit faire valoir les raisons qui plaident en sa faveur pour ce revirement. Et, en conséquence, il a besoin de ces discussions avec les Maoïstes pour apaiser ses cadres.

Le comité central de l’UML s’est récemment prononcé en faveur d’un cessez-le-feu unilatéral et a fait pression dans ce sens sur le gouvernement aux fins de créer les conditions favorables à des négociations avec les rebelles.

Pressions en faveur de la paix.

L’un des aspects les plus importants de la donne cette fois-ci est le volume de la pression qui s’exerce en faveur de la paix de la part du public et de la société civile.

As Shyam Shrestha says – “99.9 percent of the population yearns for peace. Neither the government nor the Maoists can afford to ignore their call.”

Comme le dit Shyam Shrestha: « 99.9% des Népalais aspirent à la paix. Ni le gouvernement ni les Maoïstes ne peuvent ce permettre d’ignorer leur appel ».

Le Dr Upreti, de son côté, estime que « Il y a une pression sans précédent du public en faveur des discussions de paix. C’est pourquoi les parties sont contraintes de se ranger du côté de la raison ».

De plus il n’y a pas que les Népalais pour pousser à la roue, la communauté internationale s’y met aussi. Récemment, le secrétaire d’Etat indien aux affaires étrangères, Shyam Saran, a révélé que l’Union indienne pensait qu’il ne pouvait y avoir de solution militaire au conflit népalais. De cette manière, le diplomate indien appelait conviait les deux parties à la négociation. De même, les Etats – Unis, le Royaume uni et l’Union européenne favorisent également une solution négociée du problème.

Cette pression exercée en faveur de la paix s’accroît tout autant par le fait de la détérioration des droits de l’homme. Selon la Commission nationale des Droits de l’Homme, jusqu’ici 10.264 Népalais ont d’ores et déjà perdu la vie en raison de ce conflit. Plus de 34.303 victimes ont été déplacés à l’intérieur du pays. La commission a enregistré quelque 1097 plaintes pour des “disparus” dont seulement 124 ont réapparu après avoir été privé de liberté par l’Etat népalais. Dans le même ordre d’idée, sur 280 « disparus » du fait des Maoïstes, seulement 27 ont refait surface.

A un moment où les deux grands voisins du Népal – l’Inde et la Chine – avancent vers la prospérité économique, le Népal reste confiné à son conflit interne. Reste en certain nombre de frictions entre les deux géants qui peuvent engendrer quelque instabilité pour le Népal.

Alors que les deux grands voisins goûtent les fruits de la réussite, à l’approche des fêtes de Dashain, les pauvres népalais doivent se contenter d’aspirer – à tout le moins – à une pose qui leur permettrait de profiter en paix des festivités annuelles. Or même cela leur semble encore un rêve distant.

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