Un automne à Souzdal
Le Kremlin et la cathédrale de la Nativité-de-la-Vierge
Ce qui attire le regard dès que l’on pénètre dans la ville en venant de Vladimir, ce sont les cinq bulbes bleus constellés d’or de la cathédrale de la Nativité-de-la-Vierge, qui dominent un vaste espace vert enserré dans un méandre de la Kamenka. C’est le kremlin de Souzdal, dont il ne reste plus que les vestiges de l’ancienne enceinte, matérialisés par un modeste talus de terre.
A l’intérieur du kremlin, trois édifices en pierre : la cathédrale, un clocher pyramidal et les appartements épiscopaux transformés en musée. Il y a aussi une église en bois du XVIIe siècle provenant d’un village des environs : l’église Saint-Nicolas.
C’est le prince de Kiev qui fit construire la cathédrale en 1225 en pierre de calcaire blanc. Suite à un effondrement, la partie supérieure dut être reconstruite en 1530. Elle est donc le témoin de deux traditions architecturales : la période pré-mongole sur le modèle de la cathédrale Saint-Dimitri à Vladimir et la période dite classique avec les cinq dômes à bulbes et le clocher octogonal « à chatior » (= pyramidal) situé à l écart. Il était en cours de restauration lors de notre visite. https://fr.wikipedia.org/wiki/Chatior
Du XIIIe siècl, e il reste dans la partie inférieure des murs, des colonnettes, des arcatures aveugles et des masques de femme d’inspiration orientale rappelant cet édifice est consacdré à la Vierge. A l’intérieur on est ébloui par les splendides fresques des XIIIe et XVIIe siècles qui recouvrent les murs, les piliers et la coupole et où domine un bleu intense. Un groupe de visiteurs russes écoute sagement un guide local devant l’imposante iconostase du XVIIe siècle à sept registres et aux incrustations d’argent doré. A droite de la porte on remarque la traditionnelle icône dédiée à l’église, en l’occurrence ici, la Nativité de la Vierge.
Cependant le joyau de la cathédrale, ce sont les Portes d’Or du XIIIe siècle, un sommet inestimable de l’art russe médiéval. Leurs énormes vantaux illustrent la vie du Christ et de la Vierge par des motifs réalisés selon la technique de la dorure au feu sur feuilles de cuivre niellé. De farouches lions tenant dans leur gueule des anneaux de cuivre semblent protéger ce lieu sacré.