À cause du connardevirus, l'immense majorité d'entre nous doit rester chez soi. Alors j'ai pensé: pourquoi ne pas faire un tour du monde (vu qu'on a des membres qui habitent partout dans le monde) sans mettre un pied dehors ?
L'idée est de poster une photo prise depuis chez vous, à la fenêtre (ce n'est pas un "concours photo", l'important c'est le témoignage.... Ceci dit si vous savez prendre de belles photos, n'hésitez pas non plus !). Accompagnez la photo d'un petit commentaire, une anecdote qui a pu avoir lieu dans votre rue, ou comment se passe le confinement dans votre quartier.
Ciao.
Version lombarde, ni ville ni campagne.
Vue est, prise de l'étage :

La partie pelée c'est le terrain de foot des jeunes Sikhs, très nombreux ici. Leur père travaille dans les étables des vaches qui produisent le grana padano. Habituellement il retentit de bruits mats de coups de pieds dans un ballon et de discussions nourries dans une langue où tout est incompréhensible sauf, cazzo, porco dio, puttana Eva, etc. On n'entend plus de ce coté là que le roucoulement idiot des tourterelles.
Vue ouest, toujours prise de l'étage :

Coté rue. Déserte, les voitures qui y passent en un jour se comptent sur les doigts d'une main. D'ordinaire ce sont les minutes quotidiennes sans voiture qui se comptent ainsi. Les voisins continuent à sortir leur bagnole du garage le matin, la laissent au soleil toute la journée, la rentrent le soir. Ce sont des maisons mitoyennes, avec perron à un rez de chaussée sur-élevé par un garage et des pièces de services. Là on se retrouve à l'heure du caffè d'apres repas, soleil de midi (on mange à midi pile) ou crépuscule et on crie d'un perron à l'autre pour s'entendre. Bilan des morts (hier soir, ça a été le tour de notre boucher dont nous ne verrons plus le visage rubicond et bonhomme. Et d'une nouvelle pensionnaire de la maison de retraite. Ce matin personne ne savait encore pour qui avait sonné le glas entendu). Pause de silence. Puis déconnades. Pendant ce temps, le merle ne sait plus après quelle merlette voleter.
On attend le parfum des tilleuls en fleur.
Catherine