4- Manali - Jispa : la route de l'impossible, 1° jour
30/08/16
Comme convenu, dès 5h du matin nous nous postons à la sortie de la ville. C'est le défilé des taxis collectifs qui font la route ce matin. Ils passent devant nous pour monter prendre des clients à Old Manali, puis repassent ensuite en direction de Leh. Mais toujours rien pour nous ! Personne ne s'arrête. Aïe aïe !... Finalement, en voilà un, c'est le bon ?
Ne pas se décourager
- Hello vous êtes notre taxi ?
- Non, mais c'est pour vous dire que la route va fermer à 6h, il y a un convoi militaire.
Ceux-là sont prioritaires, et ils n'en ont rien à f... si tu es à la bourre. L'angoisse monte, bien que le chauffeur nous affirme :
- Votre taxi est derrière moi, il va arriver. Faisons-lui confiance... dans 10 mn, il sera 6 heures.
Mais l'attente dure, dure... Enfin, c'est au moment où on s'apprête à abandonner la partie que notre minibus déboule, avec près de deux heures de retard.
- Ne vous inquiétez pas, on va passer quand même.
Ouf, c'est enfin parti pour ce qui va être un des plus grands moments de tous mes voyages !
Une route de l'impossible
Le paysage verdoyant de la région de Manali affiche la couleur : ici, il pleut beaucoup, la mousson vient butter contre les montagnes. Plus tu grimpes, plus ça dégringole, et plus les conditions de circulation se dégradent. Et là, quand c'est dégradé...
Notre équipage est composé de trois jeunes anglais routards pas bien réveillés, d'un américain un peu réservé qui revient des pays en "stan" -c'est lui qui va me donner envie d'y aller-, et d'un jeune anglais plus classe que les autres qui voyage en solo.

Les as de la route
Notre chauffeur maîtrise le parcours et le volant. Pendant ces deux jours, nous allons apprécier ses compétences à leur juste valeur ! Parce que ce trajet, particulièrement le premier col, est réservé à des pros, mais vraiment des pros de la route, plutôt bien rémunéré pour le nôtre, mais pas regardant sur la durée. Ici, les normes syndicales de conduite, ça n'existe pas.
Un b...l pas si désorganisé que ça !
La route, goudronnée au départ, finit rapidement par ne plus supporter l'altitude, le froid et l'humidité. Elle se dégrade vite. Et là, elle doit encaisser des convois de camions, bus, taxis collectifs et autres 4X4 qui se croisent ou tentent de se doubler. C'est là, dans ce qui est en apparence un vaste b... routier, qu'on découvre la tacite entente qui règne entre chauffeurs, surtout pour les dépassements. En premier, les 4X4, qui ont priorité sur les taxis collectifs comme nous, qui eux-mêmes ont priorité sur les minibus, puis les bus, et enfin, en bout de chaîne, les camions. Et personne ne râle, une forme de solidarité et le meilleur moyen pour que ça passe le plus efficacement possible.

Rothand pass
Une journée pour un seul col
Sûr, la montée est longue, elle dure, elle dure. Et pourtant, pas le temps de s'ennuyer, même pendant les attentes, juste parce que ça coince devant toi, mais tu sais pas où ni pour combien de temps. Et du temps, il nous en a fallu, on est parvenu au col en milieu d'après-midi.
Le Rohtang pass ne culmine qu'à 4000m, ça fait quand même 2200m de dénivelé, et c'est de loin le plus dur à franchir pour tout le monde. C'est aussi une barrière pour la mousson. Au-delà, après une descente encore humide mais bien plus courte que la montée, nous entrons en zone plus sèche et ensoleillée.
Au pied de la descente, on aperçoit l'entrée du tunnel qui bientôt permettra d'éviter le col avec joie pour les utilisateurs réguliers. Pour les autres, les voyageurs en quête de sensations, il faudra aller ailleurs.

Jispa, la pause est bien méritée. Les jeunes anglais réussissent à dénicher des litres de bière dans l'unique épicerie du hameau. La soirée se prolonge pour eux, j'ai quelques craintes pour la suite...
PS : à l'heure où j'écris ces lignes (confinement de mars 2020) le tunnel n'est toujours pas ouvert. Normalement, c'est pour cet été, mais avec la pandémie...

Fin de la descente

Hébergement sous tente, Jispa