Discussions similar to: Musique images Niger
FR
Un journaliste nigérien tué dans l’explosion d’une mine à Niamey (Niger)
Sans commentaire. Une dépèche de l'APA, tombée ce matin à Niamey. La violence répond à la violence... 😠

APA – Niamey (Niger) - Le directeur général de la station privée « RM » (Radio et Musique) et également vice-président de la Maison de la presse du Niger, Mahamane Abdou dit Jeannot, a trouvé la mort dans la nuit de mardi à mercredi, lorsque son véhicule a sauté sur une mine, dans la périphérie de Niamey, la capitale nigérienne, a appris APA, de bonne source.

Selon des témoignages recueillis sur le lieu du drame, le véhicule du journaliste a pris feu lorsque celui-ci a roulé sur une mine, à quelques mètres de la centrale électrique de la société nigérienne d’électricité (NIGELEC), au sud de Niamey.

« Trois véhicules se suivaient aux environs de minuit et c’est le troisième qui a explosé, juste à côté de nous » a indiqué un des vigiles postés à la NIGELEC.

Deux personnes se trouvaient à bord de ce véhicule qui était conduit par le journaliste qui a trouvé la mort sur le coup, a ajouté la même source.

Le journaliste Mahamane Abdou rentrait chez lui au quartier« Koubia », dans la périphérie de la capitale, lorsque son véhicule a sauté sur la mine, a confié à APA, un des agents de la « RM », joint mercredi matin au téléphone.

Patron de la première radio privée du Niger, lancée en 1992, Mahamane Abdou était également un des responsables de l’association des promoteurs des radios privées du Niger (APRPN).

C’est la première fois qu’une mine explose dans la capitale depuis l’éclatement, il y a bientôt un an, de l’insécurité dans le nord du pays, suite aux attaques armées des rebelles du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ).

Aucune réaction officielle n’a été enregistrée sur l’explosion de cette mine dans la capitale nigérienne, a constaté mercredi matin APA.

Plusieurs cas d’explosion de mines ont été signalés ces derniers temps dans les villes et principaux axes routiers du Niger.

Les autorités du pays et les rebelles du MNJ s’accusent mutuellement de la pose de ces engins qui ont déjà tué de nombreuses personnes dont des civils.

DS/of/APA 09-01-2008
Open
Chanter pour les réfugiés touaregs (Mali, Niger, Algérie)
Album caritatif au profit des réfugiés dans le Sahara

Deux labels, l’un allemand (Glitterhouse) et l’autre français (Reaktion), s’unissent pour publier une compilation de musiques touarègues contemporaines : "Songs for Desert Refugees", accompagnée d'un livret documenté (en anglais). Les bénéfices de ses ventes vont à deux ONG activées dans l’aide aux réfugiés du désert : ETAR (sur Aguel'hoc) et TAMOUDRÉ (sur Tessalit, Kidal et la frontière algérienne). A part les gains, le but de cette compilation est aussi de faire découvrir de la bonne musique, de témoigner la richesse musicale du peuple touareg et de "casser quelques clichés hérités de la colonisation, comme celui de 'l'homme bleu du désert' (ou bien guerrier sanguinare et bandit de grand chemin)."

Selon les Nations Unies, depuis mi-janvier 2012, des dizaines de milliers de Touaregs, Sonraïs, Foulbés et Arabes ont fui les combats au Nord-Mali et se retrouvent dès lors dans des campements de réfugiés en Mauritanie, au Niger, en Algérie et au Burkina Faso, grâce, notamment, à l'aide des ONG (on estime jusqu'à 200.000 personnes et plus). Et des émeutes à Bamako, Kati et d'autres villes du sud, ont aussi forcé les Touaregs et Arabes y demeurant à s'enfuir. Cette compilation fait remarquer à cette tragédie des réfugiés au Mali ...

Afin de venir en aide aux réfugiés, douze groupes touaregs apportent gratuitement leur contribution pour compiler et sortir un album caritatif, présentant un superbe mélange de musique du désert, incluant des morceaux rares ou même inédits (7 sur 12). Et les meilleurs groupes touaregs du moment, les plus renommés sont là pour aider, qu'ils soient du Mali (Tinariwen, Tamikrest, Tartit, Terakraft, Tadalat, Amanar, Ibrahim Djo Experience), du Niger (Bombino, Toumast, Etran Finatwa) ou d'Algérie (Faris, Nabil Baly Othmani) : guitares électriques, rythmes hypnotiques et obsédants, battements des mains, trilles féminins, tout y est. La musique de cette compilation reflète ce que le désert représente pour eux : la joie et la beauté, la vie intense, la poésie et le calme, la fierté et la paix. Elle est dédiée "to all those who are working to make it so again." (cf. livret du cd). C'est à souhaiter ...

Cet album regroupe les vedettes de la scène musicale touarègue, les uniques Tinariwen, Tamikrest et Terakraft (leur "Nak Essanagh" est magnifique), tous avec des morceaux inédits. Mais l'album est aussi un showcase pour des groupes peu connus, tels que les jeunes Tadalat, un nouveau groupe d'Aguel'hoc (Mali), à classer parmi le genre new wave touareg, à côté de Tamikrest et Amanar. Très bonne guitare solo. Comme Tamikrest aussi, Tadalat parvient à intégrer la batterie, jusqu'ici plutôt une rareté parmi les groupes touaregs. Le groupe malien-français Ibrahim Djo Experience (avec le guitariste rythmique français Paul Salvagnac, depuis peu membre de Tamikrest) se présente très bluesy. Le morceau le plus enchantant peut-être, et qui vaut l'achat tout seul est "Tigrawahi Tikma" du Touareg nigérien, Bombino : plus de treize minutes de musique en live, formidable, les longues improvisations rock de Grateful Dead saluent. Le morceau final est présenté par le groupe traditionnel Tartit (5 femmes et 4 hommes tous venant de la région de Tombouctou) avec "Tihou Beyatene" (voix du désert), pris de leur deuxième album "Abacabok", qui nous conduit à une toute autre voie de la musique touarègue : la poésie chantée avec le tambour tindé, genre musical très répandu dans l'ensemble du monde touareg, soit dans les régions touarègues du nord (Ahaggar et Ajjer en Algérie), soit dans celles du sud (Adagh des Ifoghas et Azawagh au Mali). Rythme cyclique sur le tindé, musique en transe, hypnotique, enchanteur ...

Une compilation magnifique – passionnant et d'un charme envoûtant, à recommander vivement !

VIVE LE MALI !

Hery

Annexe :

Voici une petite liste de cds incontournables de la musique touarègue contemporaine du Mali et du Niger. Ouvrages musicaux à ne pas manquer dans une bonne collection de disques ...

Amanar (2009). Alghafiat. (c) Amanar. Amanar (2012). Remixed. Sahel Sounds. (téléchargement libre) Ibrahim Djo* (2007). Ibrahim Djo. Association Targuie. Ibrahim Djo (2008). Demo 2008. Association Targuie. Ibrahim Djo Experience (2011). Azeman. Targuie/Reaktion. Tadalat (2011). Aguel’hoc. Sahara Sounds. Tamikrest (2010). Adagh. Glitterhouse Rec. Tamikrest (2010). Sahara Campfire Sessions. Glitterhouse Rec. (vendu sur les concerts du groupe !) Tamikrest (2011). Toumastin. Glitterhouse Rec. Tamikrest (2013). Chatma. Glitterhouse Rec. Tartit (1997). Amazagh. Fonti Musicali. Tartit (2000). Ichichila. Desert Blues from Malian Tuareg. Network Medien. Tartit (2006). Abacabok. Crammed Discs. Terakraft (2007). Bismilla – The BKO Sessions. Tapsit. Terakraft (2009). Live 2008. Tapsit/Reaktion. Terakraft (2009). Akh Issudar. Independant. Terakraft (2011). Aratan N Azawad. Tapsit/World Village. Terakraft (2012). Kel Tamasheq. World Vill/harmonia mundi. Tinariwen (2004). Amassakoul. Wayward Rec. Tinariwen (2004). The Radio Tisdas Sessions. Emma Prod. Tinariwen (2007). Aman Iman: Water is Life. World Vill/harmonia mundi. Tinariwen (2009). Imidiwan : Companions. Pias UK/Independiente/rough trade. Tinariwen (2011). Live in Paris 2011. V2. Tinariwen (2011). Tassili. Wedge S.a.r.l.

Bombino (2010). Agamgam 2004. Reaktion. Bombino (2011). Agadez. Cumbancha. Bombino (2013). Nomad. Nonesuch Rec. Etran Finatawa** (2006). Introducing. World Music Network. Etran Finatawa (2008). Desert Crossroads. World Music Network. Etran Finatawa (2010). Tarkat Tajje/Let’s go ! Riverboat. Etran Finatawa (2013). The Sahara Sessions. Riverboat. Toumast (2006). Ishumar. Kraked/Village Vert. Toumast (2009). Amachal. Green United Music.

*groupe touareg-français, **groupe touareg-peul

Open
Traduction des chansons de Asa (chanteuse nigériane)
Bonjour à tous.

j'ai un bonheur immense et un gros souci. le bonheur c'est celui d'écouter au quotidien le premier album de ASA mais vu que je ne comprend pas yorouba, ce bonheur est incomplet. Alors s'il y'en a qui peuvent me rendre ce fier service, merci d'avance. j'ai croisé un beninois qui m'en a touché deux mots, mais il n'est vraiment disponible.

WEBMASTER : merci de ne pas déplacer ce post dans la rubrique musique.
Open
Recherche livres sur le Mali
Bonjour,

je suis très intéressé par les livres ci-après (en particulier l’ouvrage de Ligers) :

Ligers, Zacharie 1964-67. Les Sorko (Bozo). Maîtres du Niger. Etude ethnographique. 4 vols. Paris : Librairie des cinq continents.

Monteil, Charles 1933. La langue des Bozo. Population de pêcheurs du Niger. Paris : Larose.

Monteil, Charles 1971. Une cité soudanaise : Djenné. Métropole du delta central du Niger. Paris : éditions anthropos. (réimpression de l’édition du 1932)

Müller, Franz-Volker 1990. Flexibel aus Tradition. Strategien wirtschaftlichen und sozialen Handelns im mittleren Nigertal (Mali). München : Trickster. (allemand)

Sundström, Lars 1972. Ecology and symbiosis: Niger water folk. Uppsala. (anglais)

Zemp, Hugo 1971. Musique Dan. La musique dans la pensée et la vie sociale d’une société africaine. Paris : Mouton.

Merci !

hgb
Open
Retour du festival sur le Niger à Segou 2007
Voilà c'est passé les dates du 1er au 4 février 2007 pour ceux qui l'ont raté je raconte. C'est la 3ème édition, les deux autres fois je suis passée, soit juste après soit juste avant Cette fois ci. Je suis just in time. ce qui ne l'est pas c'est l'attestation du journal pour lequel je fais des chroniques en France, comme la direction l'a reçue le 1er, c'est trop tard pour l'accréditation, je vais devoir payer: 100 euros. Oui, vous avez bien lu. 100 euros. Pour les maliens, le pass est à 10 euros, pas donné non plus ! autrement dit que ce festival est fait pour les riches blancs et aussi les riches noirs mais quand même je n'en ai pas trop vu, et encore je vous parie que les riches noirs sont invités eux, en toute logique. Un truc sympa, je me suis inscrite sur le Net, l'organisation vous propose d'être logés chez l'habitant, je signe...ce sera la meilleure chose qui me sera arrivée à Segou. Du coup j'y suis restée 8 jours, dans la famille Diawara, je dormais à côté des poules et des chèvres mais j'avais le petit déj servi le matin et la gentillesse de toute la grande famille, les enfants, aux petits soins, qui va te puiser de l'eau quand tu veux te doucher, qui te conseille sur tout et qui t'attend le soir pour être sûre que tu es rentrée, car c'était au bout du monde, c'est super grand Ségou. Ensuite le chef de famille m'a fait visiter son collège, il est prof et ils appliquent une méthode bilingue pour intégrer les enfants qui arrivent sans parler le français. génial !vu des classes de 135 élèves! Revenons au festival : Si vous y allez ne payez rien! dans la journée tout est gratuit et sur l'esplanade vous aurez des tas de spectacles à voir, marionnettes, grandes personnes, défilés, groupes de musique, de danses, masques, expos etc, il ya aussi une course de pirogues, et les discours d'inauguration et de clôture avec toutes les huites. Ce sont les concerts du soir qui sont payants. Soit 3 concerts vendredi, samedi et dimanche. Là tu as intérêt à montrer patte blanche ou plutôt ton bracelet. Je n'ai jamais vu autant d'uniformes. Tu passes entre deux haies de policiers, soldats en armes SVP plus d'énormes baraques de miliciens qui font froid dans le dos rien que de les voir. Et pas aimables même avec ceux qui sont en règle... Concert de vendredi :Vieux Farka Touré, les Tinariwen, Oumou Sangaré, et d'autres pointures. Que des blancs partout dans l'assistance, ça s'arrange au bout de 2 heures quand ils font entrer ceux qi ne peuvent pas payer, du coup ambiance, ça danse bien. Samedi ça commence pas mal, puis il y a un groupe de nénéttes ivoiriennes qui s'incruste style la star Ac, à ce moment là on se retrouve sous un nuage de gaz lacrymo, tout le monde s'étouffe et s'enfuit, moi aussi dans un atmosphère d'émeute. Enfin ceux qui se trouvaient dans le nuage. Explication les centaines de jeunes qu'on ne laisse jamais entrer et qu'on retient dehors à coups de gestes musclés ont réagi et ont envoyé des pierres, les intellos de la matraque les ont aspergés de gaz et tout le monde en a profité... Dimanche: tout le monde est content, ministre président, directeur du festival c'est une réussite. Concert du soir, comme il se termine tôt on ne laisse entrer personne, c'est entre blancs qu'on entendra les chanteurs et joueurs de n'goni et autres? Beau concert. Dehors ça court de tous côtés, ils ont plus rien à perdre les lascars, c'est chaud.... le lendemain je trouve un BF dans une gargotte, il s'est fait tabasser à coups de ceinturons par 4 soldats qui l'ont jeté du haut de la digue il a perdu ses papiers...mais il ne s'en sent pas de porter plainte. Je reçois un mail de la direction du festival qui me remercie de ma présence....bonne aubaine je leur raconte un peu mon ressenti...ben j'avais qu'à rester car après les lacrymo c'était très bien que l'année prochaine ils vont demander à une société privée de faire la sécurité bla blal bla Voilà les affaires vous me direz que vous le saviez déjà que c'est kif qu'Essakane là je suis à Ouga j'attends le Fespaco je ne m'en lasse pas...

Zhara
Open
Vie à Niamey au Niger
Bonjour,

Je voudrais savoir comment c'est la vie à Niamey en famille... Coût de la vie, activités, ballades aux alentours, sécurité, école (primaire)...etc...

Merci!
Open
En route pour Agadez! (Aïr, Niger)
Salut à tous ! Voici une tranche de vie, une tranche d'attente entre Timia et Agadez. Trois semaines pour faire 220 km... C'est une bonne moyenne 😉 Sam

++++++++++++++++++++++++++++++

Ces jours là furent ceux d’une bien longue attente. Celle du véhicule qui doit nous conduire, Kader et moi, sur le chemin du retour vers El Meki. Attente qui n’aura pas duré moins de dix jours. Attente durant laquelle chaque jour nous emportons une natte, une théière et un peu de charbon sous un arbre en bordure de l’oued. Le thé est bouilli de multiples fois, puis on le fait copieusement mousser, avant de le servir. Le premier, le second et le troisième verre. L’attente file encore un peu, et puis on recommence. D’un bout à l’autre de la journée. Nous voyons le soleil se lever chaque matin, puis s’écraser à la nuit tombante sur le sommet des montagnes. La solitude et le silence se font de plus en plus présents dans cet îlot de verdure blotti au cœur de l’Aïr. Aucun contact avec l’extérieur n’est possible. La dernière ligne téléphonique a été coupée il y a deux ans. Depuis, plus rien. Seul le vent dans les feuillages vient parfois troubler la paix des lieux. Nous savons que l’attente pourrait durer un mois. Qu’importe. Je savoure la beauté des lieux. Le crépuscule fait naître des reliefs insoupçonnés, et les couleurs se multiplient à l’infini. Jaune, ocre, rouge, orangés… quelques taches vertes et le bleu pâle du ciel. L’harmonie est parfaite. Ces lieux sont magiques. Je me sens de plus en plus appartenir à cette terre aride, étouffante, où la liberté ne connaît pas de limites. Le désert a semé en moi une graine que le nomadisme arrose continuellement.

Soudain le bruit d’un moteur poussif déchire le silence. Un vieux Berliet, vestige de la colonisation, se traîne tel un amas de tôles cousues, cornées, pliées sur un châssis rouillé. Il est déjà peuplé d’hommes et de femmes, jardiniers ou bergères, d’enfants et de chèvres, juchés sur des sacs d’oignons, des ballots de paille et des fûts d’huile de palme. Il faut encore y loger une moto, deux cartons de poules, des pieux en bois, trois sacs de dattes et une dizaine de passagers. Malgré l’inconfort manifeste, chacun cherche à se nicher dans les bagages pour un voyage qui, finalement, ne durera pas.

Le camion pousse un dernier soupir cinq kilomètres après le départ, au beau milieu d’un vaste plateau noirci de basalte. Nous attendons d’abord à l’ombre du camion que le chauffeur et son mécanicien diagnostiquent la panne. Il y en aura visiblement pour longtemps. J'ai beau leur offrir mes services, je suis étranger, et par conséquent dispensé de travaux mécaniques pour aujourd'hui.

Je décide alors de m’éloigner à quelques centaines de mètres, sous un acacia m’offrant une ombre hésitante. J’aime désormais attendre. J’aime le désert. Je laisse mon esprit se perdre dans les cailloux, à la recherche d’un quelconque signe de vie, même des plus infimes. Dieu a créé le désert, infiniment vide, pour pouvoir y déambuler en paix dit un adage Touareg. Et moi, bête que je suis, je fouille l’horizon des yeux, espérant l’y trouver.

En fin de journée, constatant que le camion est aux trois quarts démonté sur la piste, je prépare du thé pour mes compagnons de route. Quelle surprise pour eux de se voir servir le thé par un blanc. De mémoire de touareg, cela ne s’est pas vu très souvent. Puis nous ingurgitons quelques louches de bouillie de mil, des dattes et du fromage. A la nuit tombée, voyant que le camion ne repartira pas, chacun écarte les cailloux pour y loger une natte et s’endormir. Il ne servirait à rien de retourner à Timia, pourtant distant de quelques kilomètres. Nous n’y trouverions ni mécanicien, ni véhicule de remplacement. Et puis le chemin à parcourir est devant nous.

Nous quittons les lieux à pieds le lendemain matin, pour le village suivant, distant d’une quinzaine de kilomètres. Là s’y trouve le camion d’une ONG locale qu’il nous sera permis d’utiliser pour poursuivre le voyage.

Nous nous écartons à tout moment de la piste pour rejoindre les campements des différents passagers. Les incohérents et laborieux zigzags du véhicule rendent ce périple épuisant. Le soleil, vertical et implacable, ne nous laisse pas le moindre repos. En attendant l’ombre salvatrice du crépuscule, chacun se camouffle de son mieux sous un épais turban de coton.

La nuit tombe à peine lorsque nous nous arrêtons au milieu d’un vaste plateau, entouré de sombres montagnes. Le feu est allumé, et le repas fait d’un gruau de mil, de dattes et de fromage rapidement préparé. Malgré la bonne humeur qui s’était installée parmi les passagers, les femmes ne mangent pas avec les hommes. C’est l’usage qui le veut. Chacun son feu. Et puis le marabout d’un village voisin vient accompagner la prière de la nuit. Je savoure la splendeur de cette mosquée aux murs de vent, dont le minaret imaginaire vient se perdre dans les étoiles. Aujourd’hui, le sol de notre couche est sablonneux. Un luxe, comparé aux cailloux des jours précédents.

A El Meki, il nous faudra de nouveau patienter une semaine avant de voir passer un camion en partance pour Agadez. De nouveau le thé, le silence et le vent agrémentent nos journées. L’environnement volcanique et caillouteux est certes moins poétique, mais les promenades sur les crêtes environnantes et les baignades dans la guelta ne manquent pas de charme. Il demeure pourtant bien difficile de pousser un Touareg à une promenade sans but. Les montagnes ne sont pas des cavernes qu'on explore ou des sommets qu'on atteint. Elles ne sont que des amies qui nous observent, des voisines bienveillantes que l'on ne saurait déranger.

La vie humaine est devenue presque contre-nature, dans un univers à ce point minéral. Comment survit-on sans eau ni végétation ? Où sont les cultures et les animaux ? Les puits ? Le marché est chétif. Autant que les enfants et le bétail. Chaque grain de maïs est compté, mangé ou troqué. Je laisse avant le départ quelques cadeaux à mes hôtes : une cassette et des piles, des fruits, quelques photos, et un baiser pour Fatimata, même si mes amis sont bien peu habitués à une telle débauche de sentiments.

Dès lors, le voyage se passe sans encombres. Une fois n’est pas coutume.

Il fait déjà nuit au moment où le camion pénètre sur la plaine précédent Agadez. Trente kilomètres avant notre arrivée, nous en voyons déjà les lumières. Tel un bateau secoué par les vagues de l’océan, l’impatience se lit dans tous les regards tournés vers le port. La croisière fut longue et agitée, et je me réjouis de ce retour à la civilisation. Du sommet du camion, je jouit encore quelques instants de la tiédeur du vent tentant d’arracher mon turban. Tout au fond de moi-même, je comprends qu’un peu de sable s’est déposé, pour probablement ne jamais repartir. Quelque chose a changé.
Open

You might also like