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Laponie/Finnmark: Traversée (avortée) jusqu'au cap Nord continental en ski/pulka
Bonjour
Merci pour le message
Quand les jours meilleurs reviendront ....
a suivre !
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Laponie/Finnmark: Traversée (avortée) jusqu'au cap Nord continental en ski/pulka
15/03
5h50, retour du vent et de la mauvaise visibilité mais la couche de nuage semble moins épaisse qu’en début de séjour. Rapidement après le départ nous sommes pris dans des rafales qui nous masquent entièrement la visibilité, même le skieur suivant est dur à distinguer. Nous ressortons le GPS.

Nous traversons une zone au relief un peu plus marqué que les jours précédents et les pièges rocheux ou neigeux ne manquent pas. Heureusement nous bénéficions de belles percées du soleil notamment dans les moments délicats.
En pleine tourmente, l’étrier tout neuf de ma peau de phoque casse et je dois retirer mes peaux en attendant une accalmie pour les réparer. L’exutoire d’un lac marque le début de 300 m de descente jusqu’à un fond de vallée très boisé, encaissé et protégé du vent qui donne directement sur Ifjord.


Après la descente un peu technique, la pause pique nique dans la forêt est fort agréable après toute la matinée passée en plein vent. Ifjord est désormais à quelques kilomètres mais au fond de notre vallée la neige est assez profonde et la rivière non gelée nous laisse à peine quelques mètres de banquette de neige skiable.

Une dure remontée nous fait sortir du lit de la rivière nous visons désormais la route quelques kilomètres devant nous. A 1,5 km d’Ifjord nous montons le camp au bord la route.
16/03 Nous comptons prendre le bus pour Mehamn dès ce lundi et à 8h nous sommes à la station service d’Ifjord.
Nous appelons la compagnie de bus mais pas de chance le standardiste nous dit que le chauffeur est déjà parti avec le petit bus et qu’il n y’aura plus de place pour nous. Le prochain bus est prévu pour mercredi dans 2 jours. Nous réservons nos places et pensons au programme du jour et du lendemain. Les lodges du camping d’Ifjord nous fond de l’œil. Sur la porte de la station service, un numéro permet de contacter le gérant. Après quelques mots au téléphone il arrive à notre rencontre et nous ouvre une lodge en nous précisant de ne pas fréquenter d’autre lieu que les montagnes : la Norvège vient de décider la mise en quarantaine pour 14 jours pour toute personne qui change de comté or Lakselv est dans un comté différent d’Ifjord.
L’après midi nous partons en ski en direction du fjord sous un ciel très menaçant et très photogénique.

Sur les rives du fjord la pêche ne donne rien.

Nous apercevons quelques phoques.

La soirée qui aurait dû être agréable dans cette cabane tout confort ne l’est pas. En France la situation a largement empiré et sur nos portables nous écoutons Macron qui annonce le confinement. Par ailleurs SAS et la Norvège invitent les touristes à rentrer dans leur pays d’origine. L’épidémie que nous avions oubliée depuis une semaine nous rattrape. Les messages des proches donnent deux sons de cloche : rentrer en France avant les complications aériennes, rester dans ce coin de bout du monde pour un certain temps. Dehors une énorme tempête balaye la forêt.
17/03 Décisions est prise de renter en France mais nous sommes à 100 km de Mehamn sans moyen de transport. Nous passons deux heures de la matinée à contacter le standard SAS pour changer nos billets mais personne ne répond. Comme il fait beau et que nous ne pourrons rien faire d’autre aujourd’hui nous partons en ski sur les hauteurs d’Ifjord.
La vue et l’éclairage sont magnifiques.

Nous passons l’après midi à nous zigzaguer entre les lacs et les crêtes.

Chaque apparition de la mer est splendide.

Laisser passer l’épidémie dans ces montagnes n’est peut être pas une idée si farfelue.


Le soir, le gérant nous offre le sauna et se veut rassurant : si le bus ne passe pas il nous emmènera lui-même à l’aéroport. Il a même appelé la compagnie de bus pour expliquer que nous cherchons à quitter la Norvège et qu’il faut nous aider. Nouvelle nuit dans la lodge du camping.
18/03 A midi le bus est là et le chauffeur accepte de faire le détour de 10 km jusqu’à l’aéroport de Mehamn spécialement pour nous.

Entre temps nous avons passé la matinée à joindre SAS sans succès. Le long de la côte désolée le trajet en bus est impressionnant. D’énormes chasse neige s’activent à repousser les congères dans les endroits exposés. Nous débarquons à l’aéroport vers 14h mais les guichets ouvrent à 18h. Nous nous baladons dans Mehamn.

Plein d’espoir en début de soirée nous abordons l’employée pour changer nos billets. Mauvaise pioche elle ne peut rien faire, nos billets ont été achetés sur le site internet de SAS or les petites liaisons entre Tromso et les villages du nord sont assurés par une autre compagnie : Wideroe. Elle nous renvoie vers le numéro d’urgence SAS que nous connaissons par cœur. Pas du tout rassurante elle nous dit même qu’ils reçoivent des directives régulièrement et que tout l’aérien norvégien peut cesser. Le coup de poker est tenté : nous contactons l’aéroport de Lakselv et nous tombons sur l’employé très aimable qui nous avait aidés lors de la perte des skis. Ce dernier accepte de changer notre premier tronçon de vol : demain à 5h45 nous serons dans l’avion pour Tromso. Il nous effectue le changement de billet sans frais supplémentaires toujours pour compenser le retard des skis… C’est une bonne nouvelle, à Tromso nous sommes certains de trouver un guichet SAS ouvert. Tant pis pour les jours de skis sur la terre la plus septentrionale d’Europe. Nuit tempétueuse à côté de l’aéroport. A 3h du matin le réveil et l’empaquetage des affaires sous des giboulées de neige et les rafales de vent n’est pas très agréable. Notre excédent de carburant (quasiment une semaine) est donné au conducteur de chasse neige, seul travailleur à cette heure là.
19/03 Dans la tourmente, le vol pour Tromso est impressionnant. Nostalgique, je reconnais l’île du cap nord insulaire atteinte en vélo en 2007. A l’aéroport de Tromso nous prenons conscience de ce que l’épidémie est en train de provoquer : tout est fermé et l’aéroport est désert. Au seul guichet ouvert pour toutes les compagnies on nous dit que nous arrivons après la bataille et que c’était il y a 3 jours qu’il aurait fallu rentrer… On nous renvoie au numéro SAS. Dépités nous nous en retournons à nos smartphones et le miracle se produit : quelqu’un décroche. Nous expliquons la situation, le standardiste nous garde en ligne pour voir ce qu’il peut faire. 45 longues minutes plus tard il nous reprend et nous annonce la nouvelle : à 21h ce soir nous prendrons un vol Tromso-Oslo, a 6h du matin le lendemain un vol Oslo-Copenhague et pour finir un vol Copenhague-Paris le tout sans frais. Victoire ! La visite de Tromso n’est pas très gaie. Tout est fermé drôle d’ambiance. A 21h nous décollons. La nuit dans l’aéroport d’Oslo est assez stressante : les immenses écrans montrent des vols quasiment tous annulés.

En plus nous n’avons qu’une heure d’escale à Copenhague et un retard serait bien embêtant
20/03 A 6h nous décollons pour Copenhague puis c’est le dernier vol pour Paris. Entre temps nous avons changé les billets de train pour rentrer dans la foulée sur Lyon. Les vols sont vides et les aéroports complètement désertiques. Il nous faut moins de 3 minutes pour embarquer et débarquer. A Roissy nous sommes soulagés d’autant que les bagages ont suivi. A Lyon nous retrouvons la voiture et filons se confiner sur Gap sans tarder 4 jours plus tôt que prévu.
Randonner dans le Finnmark Les reliefs dans cette partie du Finnmark se prêtent très bien à la randonnée à ski, les pentes raides sont rares et le travail perpétuel du vent rend la neige bien portante. Même dans les petites forêts la neige était tassée et skiante. Il faut quand même noter que l’absence de sommet caractéristique et de vallée marqués rend l’orientation assez difficile même par beau temps. Le GPS trouve toute son utilité et nous étions contents d’avoir soigné la saisie des way point au chaud en France. Il doit falloir être sacrément bon pour se passer de cet appareil ! La zone est vraiment un désert humain, en 8 jours nous n’avons pas croisé un seul skieur ni aperçu une quelconque activité humaine à l’exception de l’éleveur de renne le premier jour et de quelques vieilles traces de motoneige. A titre personnel j’ai trouvé ces plateaux beaucoup plus sauvages que le Sarek où l’on rencontre fréquemment d’autres voyageurs itinérants en ski. L’absence de refuge rajoute un peu d’isolement (et de stress quand la tempête se lève). La météo est évidement un peu capricieuse mais évoluer dans une tempête ou dans le jour blanc est une expérience en soit. Le mauvais temps a aussi l’avantage de rendre les belles journées encore plus fantastiques. De plus les éclairages pré et post tempête sont souvent magnifiques. Chaque apparition de l’océan est toujours un moment fort. De dizaines de boucles ou traversées sont possibles dans toute la zone de Kautokeino, Alta, Laskelv, Mehamn ou de la presqu’île de Varanger. La compagnie de bus Snelandia possède de nombreuses lignes parfois quotidiennes sur presque toutes les grandes routes. Le bus ne passe que si des passagers ont réservé. Il faut donc appeler 24h à l’avance d’autant que selon le nombre de passagers la taille du bus varie (du gros bus au petit Trafic). Presque toutes les petites villes sont desservies en avion depuis Tromso par la compagnie Wideroe. A noter également que pour un prix quasi similaire à l’avion, un bateau de la compagnie Hurtigruten dessert tout les villages côtier et permet un retour sur Tromso un peu plus en douceur que la voie aérienne.
Le trajet Nous avions prévue une traversée directe entre Lakselv et Mehamn sans passer par un village intermédiaire. Le premier tiers se déroulait dans des montagnes arrondies, le second sur un plateau parsemé de centaines de lac. Le dernier tiers se déroulait le long de la route que nous aurions longée à distance jusqu’à Mehamn. Du fait du retard des skis nous avons décidé d’effectuer en ski pulka uniquement la première partie pour mieux profiter de la presqu’île de Nordkinn. Finir les vacances sur les falaises du cap nord aurait été somptueux tant pour la vue que pour le symbole qu’elles représentent. Mais la situation en a décidé autrement. Nous avons effectué une traversée de 130 km entre Lakselv et Ifjord en 8 jours dont un passé entièrement sous tente. En tout, nous avons passé 1 nuit à l’hôtel, 9 sous tente, 1 en cabane, 2 en lodge et 1 en aéroport. Il restait 85 km pour aller au cap Nord et encore 20 km pour revenir sur Mehamn

Côté Matériel Rien de bien exceptionnel pour une randonnée nordique en ski. Pour les déplacements nous avons chacun une paire de skis nordiques plutôt étroits et pas très long montés en NNN et une pulka Snowsled. Nous n’avons pas enlevé les peaux de phoque du séjour. A noter que les chaussures Fisher BCX 6 sont vraiment d’une qualité médiocre : toutes les pièces qui pourraient casser le sont (fermeture éclair, élastique et zip divers) de plus toutes les zones de frottement sont usées ou carrément trouées…. Nous n’avons pas utilisé les crampons mais chacun avait sa paire en cas de pentes gelées. En plus nous avons un piolet pour 4 et 20 mètres de corde pour éventuellement assurer la traversée d’une rivière. Finalement nous sommes passés sur la plupart des cours d’eau sans se rendre compte que nous étions dessus… Pour le bivouac nous avons deux tentes (Moutain Hardwear Trango 4 et Hilleberg Tarra) en dôme à 4 arceaux. Elles nous ont toutes les deux parues très solides. Même par grand vent elles n’ont jamais trop bougé. La quantité et la texture de neige nous ont permis d’avoir des ancrages fiables à chaque bivouac. Les 3 pelles pour deux tentes ont bien servi. Nous avons chacun un matelas gonflable Therm a Rest Neo Xlite qui a parfaitement fait l’affaire même si prendre le repas dessus est un peu stressant tant ils paraissent fragiles. Nous avons en plus un matelas mousse pour 4 en cas de casses irréparables des gonflables. A refaire nous en prendrions d’avantage pour protéger les gonflables lors de la cuisine. Mon sac de couchage neuf de cette année, un Moutain Hardwear Lamina synthétique -34 a donné satisfaction. Je n’ai jamais eu froid et il semblait bien robuste. Il prend en revanche une place énorme dans la pulka. L’un de nous avait un sac en plume, sans surprise il a moins bien résisté à l’humidité des nuits consécutives en tentes que les trois autres en synthétiques. Cette année nous n’avons (malheureusement) pas emporté de bâche pour doubler le tapis de sol de la tente. Les températures relativement douces ont rendu la neige bien mouillante et le tapis de sol de la tente était tout le temps trempé. Pour les repas nous avons deux grandes popotes (>2 litres) et la cuisine été effectuée au gaz à l’intérieur de la tente avec les deux réchauds multi combustibles (un MSR et un Primus). Lors des journées froides le gaz même spécial hiver n’a pas très bien fonctionné, il fallait garder la bouteille au chaud. Le choix des réchauds est toujours délicat, le seul combustible qu’on est sûr de trouver n’importe où est l’essence mais c’est aussi le moins pratique à utiliser. Le gaz a fait l’affaire mais en cas de grand froid il aurait fallu réchauffer les bouteilles sur soi avant d’arriver au bivouac. A noter aussi que la cartouche hiver coûte 20 euros ce qui représente un certain budget lorsqu’il en faut une dizaine… Par ailleurs les cartouches vides sont aussi encombrantes que les pleines contrairement à des bouteilles en plastique d’essence qui peuvent se compacter. Nous avons trouvé de l’alcool à brûler en station service. Pour l’orientation, nous avons imprimé des captures d’écrans du site NorgesKart sur des feuilles A4 placées dans des pochettes plastiques. Les way point saisi dans le GPS été également reportés sur les feuilles papier. Nous avons utilisé un Garmin Etrex 30 qui a bien fait l’affaire, sa batterie était encore pleine en fin de séjour alors que nous l’avons allumé de longues heures. Le 2ème GPS de secours n’a pas servi mais semble quand même indispensable. L’oubli malheureux de la boussole a fortement contribué à l’usage intensif du GPS… C’était le voyage inaugural de la balise GPS Garmin Inreach Mini à communication bi directionnelle (possibilité d’envoyer et de recevoir des SMS). Cet outil s’est avéré très pratique pour recevoir la météo envoyée par un proche chaque jour. Cela permet d’organiser au mieux le planning du jour suivant en fonction des conditions. La formule sécurité coûte 20 euros par mois et permet l’envoi illimité de messages prédéfinis sur l’ordinateur avant le départ, de type « Tout va bien » « on est bloqué c’est la tempête » ou encore « peut-on avoir la météo ? ». 10 sms classiques sont prévus dans le forfait sinon compter 50 centimes par message en plus. Taper des sms avec l’interface de la balise est par contre assez fastidieux : les lettres sont à sélectionner une par une dans un immense alphabet qu’il faut faire défiler de 3 lettres par 3 lettres. La rédaction des messages prédéfinis avant le départ doit donc être bien soignée pour ne pas en avoir à en rédiger depuis la balise ! A chaque envoi de message, le destinataire est également informé de la position de l’expéditeur. La première utilisation a fait perdre 20 % de batterie (oubli d’extinction ?) ensuite elle a très bien tenu et a perdu 2% de sa charge en 10 jours.
Budget : Le voyage a coûté 770 euros par personne au départ de Paris avec notamment par personne : - 500 euros de vol - 200 euros de courses (nourriture et carburant) - 70 euros de camping et de bus

Nous traversons une zone au relief un peu plus marqué que les jours précédents et les pièges rocheux ou neigeux ne manquent pas. Heureusement nous bénéficions de belles percées du soleil notamment dans les moments délicats.

En pleine tourmente, l’étrier tout neuf de ma peau de phoque casse et je dois retirer mes peaux en attendant une accalmie pour les réparer. L’exutoire d’un lac marque le début de 300 m de descente jusqu’à un fond de vallée très boisé, encaissé et protégé du vent qui donne directement sur Ifjord.


Après la descente un peu technique, la pause pique nique dans la forêt est fort agréable après toute la matinée passée en plein vent. Ifjord est désormais à quelques kilomètres mais au fond de notre vallée la neige est assez profonde et la rivière non gelée nous laisse à peine quelques mètres de banquette de neige skiable.

Une dure remontée nous fait sortir du lit de la rivière nous visons désormais la route quelques kilomètres devant nous. A 1,5 km d’Ifjord nous montons le camp au bord la route.
16/03 Nous comptons prendre le bus pour Mehamn dès ce lundi et à 8h nous sommes à la station service d’Ifjord.
Nous appelons la compagnie de bus mais pas de chance le standardiste nous dit que le chauffeur est déjà parti avec le petit bus et qu’il n y’aura plus de place pour nous. Le prochain bus est prévu pour mercredi dans 2 jours. Nous réservons nos places et pensons au programme du jour et du lendemain. Les lodges du camping d’Ifjord nous fond de l’œil. Sur la porte de la station service, un numéro permet de contacter le gérant. Après quelques mots au téléphone il arrive à notre rencontre et nous ouvre une lodge en nous précisant de ne pas fréquenter d’autre lieu que les montagnes : la Norvège vient de décider la mise en quarantaine pour 14 jours pour toute personne qui change de comté or Lakselv est dans un comté différent d’Ifjord.
L’après midi nous partons en ski en direction du fjord sous un ciel très menaçant et très photogénique.

Sur les rives du fjord la pêche ne donne rien.

Nous apercevons quelques phoques.

La soirée qui aurait dû être agréable dans cette cabane tout confort ne l’est pas. En France la situation a largement empiré et sur nos portables nous écoutons Macron qui annonce le confinement. Par ailleurs SAS et la Norvège invitent les touristes à rentrer dans leur pays d’origine. L’épidémie que nous avions oubliée depuis une semaine nous rattrape. Les messages des proches donnent deux sons de cloche : rentrer en France avant les complications aériennes, rester dans ce coin de bout du monde pour un certain temps. Dehors une énorme tempête balaye la forêt.
17/03 Décisions est prise de renter en France mais nous sommes à 100 km de Mehamn sans moyen de transport. Nous passons deux heures de la matinée à contacter le standard SAS pour changer nos billets mais personne ne répond. Comme il fait beau et que nous ne pourrons rien faire d’autre aujourd’hui nous partons en ski sur les hauteurs d’Ifjord.

La vue et l’éclairage sont magnifiques.

Nous passons l’après midi à nous zigzaguer entre les lacs et les crêtes.

Chaque apparition de la mer est splendide.

Laisser passer l’épidémie dans ces montagnes n’est peut être pas une idée si farfelue.


Le soir, le gérant nous offre le sauna et se veut rassurant : si le bus ne passe pas il nous emmènera lui-même à l’aéroport. Il a même appelé la compagnie de bus pour expliquer que nous cherchons à quitter la Norvège et qu’il faut nous aider. Nouvelle nuit dans la lodge du camping.
18/03 A midi le bus est là et le chauffeur accepte de faire le détour de 10 km jusqu’à l’aéroport de Mehamn spécialement pour nous.

Entre temps nous avons passé la matinée à joindre SAS sans succès. Le long de la côte désolée le trajet en bus est impressionnant. D’énormes chasse neige s’activent à repousser les congères dans les endroits exposés. Nous débarquons à l’aéroport vers 14h mais les guichets ouvrent à 18h. Nous nous baladons dans Mehamn.

Plein d’espoir en début de soirée nous abordons l’employée pour changer nos billets. Mauvaise pioche elle ne peut rien faire, nos billets ont été achetés sur le site internet de SAS or les petites liaisons entre Tromso et les villages du nord sont assurés par une autre compagnie : Wideroe. Elle nous renvoie vers le numéro d’urgence SAS que nous connaissons par cœur. Pas du tout rassurante elle nous dit même qu’ils reçoivent des directives régulièrement et que tout l’aérien norvégien peut cesser. Le coup de poker est tenté : nous contactons l’aéroport de Lakselv et nous tombons sur l’employé très aimable qui nous avait aidés lors de la perte des skis. Ce dernier accepte de changer notre premier tronçon de vol : demain à 5h45 nous serons dans l’avion pour Tromso. Il nous effectue le changement de billet sans frais supplémentaires toujours pour compenser le retard des skis… C’est une bonne nouvelle, à Tromso nous sommes certains de trouver un guichet SAS ouvert. Tant pis pour les jours de skis sur la terre la plus septentrionale d’Europe. Nuit tempétueuse à côté de l’aéroport. A 3h du matin le réveil et l’empaquetage des affaires sous des giboulées de neige et les rafales de vent n’est pas très agréable. Notre excédent de carburant (quasiment une semaine) est donné au conducteur de chasse neige, seul travailleur à cette heure là.
19/03 Dans la tourmente, le vol pour Tromso est impressionnant. Nostalgique, je reconnais l’île du cap nord insulaire atteinte en vélo en 2007. A l’aéroport de Tromso nous prenons conscience de ce que l’épidémie est en train de provoquer : tout est fermé et l’aéroport est désert. Au seul guichet ouvert pour toutes les compagnies on nous dit que nous arrivons après la bataille et que c’était il y a 3 jours qu’il aurait fallu rentrer… On nous renvoie au numéro SAS. Dépités nous nous en retournons à nos smartphones et le miracle se produit : quelqu’un décroche. Nous expliquons la situation, le standardiste nous garde en ligne pour voir ce qu’il peut faire. 45 longues minutes plus tard il nous reprend et nous annonce la nouvelle : à 21h ce soir nous prendrons un vol Tromso-Oslo, a 6h du matin le lendemain un vol Oslo-Copenhague et pour finir un vol Copenhague-Paris le tout sans frais. Victoire ! La visite de Tromso n’est pas très gaie. Tout est fermé drôle d’ambiance. A 21h nous décollons. La nuit dans l’aéroport d’Oslo est assez stressante : les immenses écrans montrent des vols quasiment tous annulés.

En plus nous n’avons qu’une heure d’escale à Copenhague et un retard serait bien embêtant
20/03 A 6h nous décollons pour Copenhague puis c’est le dernier vol pour Paris. Entre temps nous avons changé les billets de train pour rentrer dans la foulée sur Lyon. Les vols sont vides et les aéroports complètement désertiques. Il nous faut moins de 3 minutes pour embarquer et débarquer. A Roissy nous sommes soulagés d’autant que les bagages ont suivi. A Lyon nous retrouvons la voiture et filons se confiner sur Gap sans tarder 4 jours plus tôt que prévu.
Randonner dans le Finnmark Les reliefs dans cette partie du Finnmark se prêtent très bien à la randonnée à ski, les pentes raides sont rares et le travail perpétuel du vent rend la neige bien portante. Même dans les petites forêts la neige était tassée et skiante. Il faut quand même noter que l’absence de sommet caractéristique et de vallée marqués rend l’orientation assez difficile même par beau temps. Le GPS trouve toute son utilité et nous étions contents d’avoir soigné la saisie des way point au chaud en France. Il doit falloir être sacrément bon pour se passer de cet appareil ! La zone est vraiment un désert humain, en 8 jours nous n’avons pas croisé un seul skieur ni aperçu une quelconque activité humaine à l’exception de l’éleveur de renne le premier jour et de quelques vieilles traces de motoneige. A titre personnel j’ai trouvé ces plateaux beaucoup plus sauvages que le Sarek où l’on rencontre fréquemment d’autres voyageurs itinérants en ski. L’absence de refuge rajoute un peu d’isolement (et de stress quand la tempête se lève). La météo est évidement un peu capricieuse mais évoluer dans une tempête ou dans le jour blanc est une expérience en soit. Le mauvais temps a aussi l’avantage de rendre les belles journées encore plus fantastiques. De plus les éclairages pré et post tempête sont souvent magnifiques. Chaque apparition de l’océan est toujours un moment fort. De dizaines de boucles ou traversées sont possibles dans toute la zone de Kautokeino, Alta, Laskelv, Mehamn ou de la presqu’île de Varanger. La compagnie de bus Snelandia possède de nombreuses lignes parfois quotidiennes sur presque toutes les grandes routes. Le bus ne passe que si des passagers ont réservé. Il faut donc appeler 24h à l’avance d’autant que selon le nombre de passagers la taille du bus varie (du gros bus au petit Trafic). Presque toutes les petites villes sont desservies en avion depuis Tromso par la compagnie Wideroe. A noter également que pour un prix quasi similaire à l’avion, un bateau de la compagnie Hurtigruten dessert tout les villages côtier et permet un retour sur Tromso un peu plus en douceur que la voie aérienne.
Le trajet Nous avions prévue une traversée directe entre Lakselv et Mehamn sans passer par un village intermédiaire. Le premier tiers se déroulait dans des montagnes arrondies, le second sur un plateau parsemé de centaines de lac. Le dernier tiers se déroulait le long de la route que nous aurions longée à distance jusqu’à Mehamn. Du fait du retard des skis nous avons décidé d’effectuer en ski pulka uniquement la première partie pour mieux profiter de la presqu’île de Nordkinn. Finir les vacances sur les falaises du cap nord aurait été somptueux tant pour la vue que pour le symbole qu’elles représentent. Mais la situation en a décidé autrement. Nous avons effectué une traversée de 130 km entre Lakselv et Ifjord en 8 jours dont un passé entièrement sous tente. En tout, nous avons passé 1 nuit à l’hôtel, 9 sous tente, 1 en cabane, 2 en lodge et 1 en aéroport. Il restait 85 km pour aller au cap Nord et encore 20 km pour revenir sur Mehamn

Côté Matériel Rien de bien exceptionnel pour une randonnée nordique en ski. Pour les déplacements nous avons chacun une paire de skis nordiques plutôt étroits et pas très long montés en NNN et une pulka Snowsled. Nous n’avons pas enlevé les peaux de phoque du séjour. A noter que les chaussures Fisher BCX 6 sont vraiment d’une qualité médiocre : toutes les pièces qui pourraient casser le sont (fermeture éclair, élastique et zip divers) de plus toutes les zones de frottement sont usées ou carrément trouées…. Nous n’avons pas utilisé les crampons mais chacun avait sa paire en cas de pentes gelées. En plus nous avons un piolet pour 4 et 20 mètres de corde pour éventuellement assurer la traversée d’une rivière. Finalement nous sommes passés sur la plupart des cours d’eau sans se rendre compte que nous étions dessus… Pour le bivouac nous avons deux tentes (Moutain Hardwear Trango 4 et Hilleberg Tarra) en dôme à 4 arceaux. Elles nous ont toutes les deux parues très solides. Même par grand vent elles n’ont jamais trop bougé. La quantité et la texture de neige nous ont permis d’avoir des ancrages fiables à chaque bivouac. Les 3 pelles pour deux tentes ont bien servi. Nous avons chacun un matelas gonflable Therm a Rest Neo Xlite qui a parfaitement fait l’affaire même si prendre le repas dessus est un peu stressant tant ils paraissent fragiles. Nous avons en plus un matelas mousse pour 4 en cas de casses irréparables des gonflables. A refaire nous en prendrions d’avantage pour protéger les gonflables lors de la cuisine. Mon sac de couchage neuf de cette année, un Moutain Hardwear Lamina synthétique -34 a donné satisfaction. Je n’ai jamais eu froid et il semblait bien robuste. Il prend en revanche une place énorme dans la pulka. L’un de nous avait un sac en plume, sans surprise il a moins bien résisté à l’humidité des nuits consécutives en tentes que les trois autres en synthétiques. Cette année nous n’avons (malheureusement) pas emporté de bâche pour doubler le tapis de sol de la tente. Les températures relativement douces ont rendu la neige bien mouillante et le tapis de sol de la tente était tout le temps trempé. Pour les repas nous avons deux grandes popotes (>2 litres) et la cuisine été effectuée au gaz à l’intérieur de la tente avec les deux réchauds multi combustibles (un MSR et un Primus). Lors des journées froides le gaz même spécial hiver n’a pas très bien fonctionné, il fallait garder la bouteille au chaud. Le choix des réchauds est toujours délicat, le seul combustible qu’on est sûr de trouver n’importe où est l’essence mais c’est aussi le moins pratique à utiliser. Le gaz a fait l’affaire mais en cas de grand froid il aurait fallu réchauffer les bouteilles sur soi avant d’arriver au bivouac. A noter aussi que la cartouche hiver coûte 20 euros ce qui représente un certain budget lorsqu’il en faut une dizaine… Par ailleurs les cartouches vides sont aussi encombrantes que les pleines contrairement à des bouteilles en plastique d’essence qui peuvent se compacter. Nous avons trouvé de l’alcool à brûler en station service. Pour l’orientation, nous avons imprimé des captures d’écrans du site NorgesKart sur des feuilles A4 placées dans des pochettes plastiques. Les way point saisi dans le GPS été également reportés sur les feuilles papier. Nous avons utilisé un Garmin Etrex 30 qui a bien fait l’affaire, sa batterie était encore pleine en fin de séjour alors que nous l’avons allumé de longues heures. Le 2ème GPS de secours n’a pas servi mais semble quand même indispensable. L’oubli malheureux de la boussole a fortement contribué à l’usage intensif du GPS… C’était le voyage inaugural de la balise GPS Garmin Inreach Mini à communication bi directionnelle (possibilité d’envoyer et de recevoir des SMS). Cet outil s’est avéré très pratique pour recevoir la météo envoyée par un proche chaque jour. Cela permet d’organiser au mieux le planning du jour suivant en fonction des conditions. La formule sécurité coûte 20 euros par mois et permet l’envoi illimité de messages prédéfinis sur l’ordinateur avant le départ, de type « Tout va bien » « on est bloqué c’est la tempête » ou encore « peut-on avoir la météo ? ». 10 sms classiques sont prévus dans le forfait sinon compter 50 centimes par message en plus. Taper des sms avec l’interface de la balise est par contre assez fastidieux : les lettres sont à sélectionner une par une dans un immense alphabet qu’il faut faire défiler de 3 lettres par 3 lettres. La rédaction des messages prédéfinis avant le départ doit donc être bien soignée pour ne pas en avoir à en rédiger depuis la balise ! A chaque envoi de message, le destinataire est également informé de la position de l’expéditeur. La première utilisation a fait perdre 20 % de batterie (oubli d’extinction ?) ensuite elle a très bien tenu et a perdu 2% de sa charge en 10 jours.
Budget : Le voyage a coûté 770 euros par personne au départ de Paris avec notamment par personne : - 500 euros de vol - 200 euros de courses (nourriture et carburant) - 70 euros de camping et de bus
Laponie/Finnmark: Traversée (avortée) jusqu'au cap Nord continental en ski/pulka
Fin d'année 2019, nous commençons à regarder une destination nordique qui convient à tous. Nous envisageons le nord du fjord d’Uummannaq au Groenland mais la banquise de décembre ne laisse pas présager une belle saison. Toujours au Groenland, nous laissons tomber les alpes de Stauning sur la côte Est, la logistique est trop chronophage et trop coûteuse. Reste le Spitzberg avec ses vols de la compagnie SAS Oslo-Longyearbyen très simple et assez bon marché pour une telle latitude. Nous envisageons une grande boucle dans le massif de Heer Land au sud de l’île mais les règles norvégiennes imposent d’être armé or la location d’un fusil est visiblement soumise à un petit test de prise en main de l’arme. Aucun de nous ne sachant se servir d’un fusil de manière convaincante nous délaissons cette destination.
Toujours à la recherche d’un coin qui allie mer et montagne nous regardons le nord de la Norvège avec notamment le Finnmark et son cap nord continental. Deux villages pourvus d’un aéroport permettent d’envisager une traversée de 250 km environ à travers des plateaux peu escarpés avec comme but ultime les falaises côtières qui marquent la fin du vieux continent.

Nous partirons à 4 la première quinzaine de mars pour relier les petites villes de Lakselv et Mehamn avec un crochet au cap nord continental (à ne pas confondre avec son jumeau insulaire bien plus touristique). Je suis le point commun des membres : un couple et un ami, eux ne se connaissent pas. Pour l’un d’entre nous ce sera la première randonnée en ski. Nous prenons les billets avec la compagnie SAS : Paris-Oslo-Tromso-Laskelv à l’aller et Mehman-Tromso-Stockholm-Paris au retour. Une journée de voyage sera nécessaire pour chaque trajet. Contrairement à beaucoup de massif norvégiens, cette partie du Finnmark ne dispose pas du réseau de cabane DNT ou d’itinéraires piquetés destinés aux skieurs. Nous préparons donc la traversée à notre convenance selon les vallées à emprunter et les rognons montagneux à contourner sur le Géoportail norvégien (très bien conçu) : NorgesKart. La météo est la principale inquiétude du séjour, les archives indiquent 2 jours de soleil en mars en moyenne à Mehamn contre 20 jours de neige et 15 jours avec des vents supérieurs à 40 km/h. L’influence du gulfstream rends les températures plutôt clémentes pour la latitude : entre 0 et -10°C en moyenne. Nous estimons que nos 16 jours de skis complets nous permettront de boucler la traversée sans courir après le temps mais nous n’excluons pas de prendre le bus en cours de route pour rattraper d’éventuels retards et s’offrir des journées en étoiles autour de la tente sur la presqu’île terminale. En décembre pendant les préparatifs nous regardons avec indifférence la Chine lointaine en proie à une espèce de maladie virale… Nous sommes 4 et cela nécessite un peu de logistique de camping. Nous avons bien une tente Trango 4 (4 places) mais en condition hivernale avec les gros duvets et toutes les affaires elle est trop petite pour contenir tout le monde. Nous souhaitons toute de même faire l’eau et le repas du soir ensemble. Les tipis pourraient être une option mais leur tenue aux vents sur les hauts plateaux nous effraie un peu. Les tentes mess d’expédition plus résistantes sont à 4000 euros ou plus. Nous choisissons donc l’option de partir avec la tente 4 places et une autre 2 place. Nous mangerons ensemble dans la grande tente et nous nous séparerons ensuite pour la nuit
29/2 et 01/03 C’est le dernier week end avant le départ. L’épidémie est en Europe et surtout en Italie. Nous réfléchissons aux différentes options : annuler, partir ou partir moins au nord en modifiant nos billets. Le standard SAS est déjà injoignable, les modifications sont payantes et aucun remboursement n’est prévu en cas d’annulation. Nous tentons.
06/03 C’est le départ. De la gare Part Dieu à Lyon atteinte en voiture depuis Gap nous prenons le train pour Roissy ou notre vol nous attend à 10h30.

A quatre nous avons 5 bagages : 3 sacs d’affaire, les 4 pulkas emboitées et une housse de ski avec les 4 paires. A 00h30 nous atterrissons à Laskelv mais les skis n’ont pas suivi, ils sont restés à Tromso. Ils arriveront demain à 18h. Détail insignifiant mais pas tant : le thermomètre s’est brisé en deux pendant le transport, nous n’aurons jamais la température. Sous le ciel étoilé nous montons le camp, reviennent alors les petits automatismes du camping hivernal. Les doutes et les craintes liés à l’épidémie s’envolent. Les vacances commencent.
07/03 C’est journée courses et ré-emballages. Lakselv est très bien pourvu en magasins : un Coop, un Rema 1000 et un Spar. Nous prenons 16 jours de bouffes notamment pour le midi et le matin. Tous les repas du soir viennent de France (pâtes cuissons rapide et semoule). Nous avons trois réchauds à essence dont deux compatibles gaz. A la station service nous achetons du gaz et nous trouvons de l’essence C à InterSport. Nous comptons faire fonctionner les deux réchauds gaz et garder l’essence en cas de casse. Les routes sont enneigées et toutes les liaisons sont donc effectuées à pied en tirant la pulka.

A 18h, le vol de Tromso atterri mais surprise il y a eu une erreur et nos skis n’ont pas été mis dedans, ils arriveront demain à 14h. L’employé est désolé et nous offre l’hôtel pour 4. Nuit à l’hôtel
08/03 Grasse matinée, petit déjeuner à rallonge et examen des cartes. Le retard pris nous inquiète, nous ne voulons pas passer notre temps à nous presser. Décision est prise d’effectuer en ski le premier tronçon de 130 km entre Laskelv et Ifjord puis de prendre le bus pour gagner Mehamn et faire des journées de rando sans la pulka. A l’aéroport, les skis sont bien là. L’employé toujours désolé nous propose de payer le taxi afin de nous avancer un peu sur notre itinéraire. Nous acceptons de bon cœur d’autant que les 10 premiers kilomètres de notre parcours longeaient la route. Nous sommes déposés à Caskilbekk au départ d’une piste de motoneige qui permet l’accès au plateau. Çà sent le départ!

Le vent est fort mais il fait plutôt beau et pas trop froid. C’est un plaisir de skier enfin après ces journées de voyage et d’attente. A mesure que nous nous élevons la vue sur la mer est de plus en plus belle.
A notre étonnement le fond de certaines baies est pris dans la banquise parfois sur une grande surface. La nuit nous rattrape vite et nous montons le camp sans sortir de la forêt de bouleau puisqu’elle nous abrite du vent. Un peu d’organisation est nécessaire pour prendre le repas confortablement à 4 dans la même tente. Par rapports aux années précédentes il est très agréable de se coucher sans craindre qu’un ours blanc de 500 kg ne saute dans la tente.
09/03 6h, une grosse neige mouillante tombe du ciel et il y a un fort vent mais nous tentons l’étape. Nous dépassons un village lapon d’où part une piste jalonnée de piquets. Dans le brouillard et le mauvais temps nous suivons les piquets. Ils semblent mener à une cabane qui est pointée sur la carte. En fin de matinée le soleil perce et le vent faiblit le ski devient agréable. Les gros nuages de tempêtes contrastent énormément avec le blanc du paysage. Nous distinguons la cabane et nous rencontrons un éleveur de rennes lapon en motoneige. Ce dernier, très sympathique, nous explique que l’année est incroyablement enneigée et que les rennes n’arrivent pas à trouver des crêtes dégarnies pour brouter. Nous en avons effectivement croisé beaucoup en nous demandant ce qu’ils pouvaient bien manger. La cabane est atteinte en début d’après midi. Elle est ouverte et nécessiterait un bon coup de ménage et de déneigement pour la rendre agréable mais comme il est encore tôt et qu’il fait beau nous poursuivons.

Nous remontons plein nord une sorte de vallée, la piste est toujours là avec ses piquets, l’orientation n’est donc pas un problème. Nous montons le camp en fin d’après midi. La température doit être à peine sous 0°C.

Cette année nous avons investi dans une balise Garmin Inreach Mini qui permet de recevoir et d’envoyer des SMS. Ainsi nous pouvons envoyer notre position et recevoir la météo : cette nuit et demain c’est tempête.
10/03 6h, réveil au son de la paroi de tente qui claque. Le vent est fort et la visibilité archi nulle, décision est prise de rester sous la tente. Nous nous recouchons un peu frustrés de ne pas pouvoir avancer après l’attente des skis. Dehors c’est la tempête, le vent balaye la neige qui s’infiltre partout notamment entre le double toit et la chambre de la tente mal colmatés la veille… Journée cartes et repos non sans penser à la cabane à quelques kilomètres de là….
11/03 5h30 le vent semble avoir faibli mais la visibilité reste très médiocre, nous partons pour l’étape du jour. Suivre les piquets est difficile alors qu’ils ne sont distants que d’une cinquantaine de mètre. Une heure après le départ c’est la déception les piquets ne poursuivent pas dans notre direction et nous quittons cette piste balisée avec regrets. La navigation s’effectue alors au GPS de point en point (préalablement saisis en France). Pour le skieur de tête, les cailloux qui dépassent permettent d’accrocher un cap mais parfois le sol blanc et le ciel se confondent créant une sensation de chute dans le vide.
Nous atteignons la vallée de la rivière Borserlva, le vent est alors très fort surtout qu’il nous vient légèrement de face. A cet endroit exposé il nous faut traverser la rivière et nous devons nous y reprendre plusieurs fois pour trouver un passage sûr. La pause pique- nique est écourtée mais la visibilité s’est améliorée. Vers 16h le vent tombe brutalement et tout semble calme. Nous profitons de ce répit pour planter la tente quand soudain le vent se lève de nouveau alors que la tente est à peine montée et que toute les pulkas sont encore ouvertes. En à peine TROIS minutes des puissantes rafales remplissent de neige toutes les pulkas. De plus le vent s’est inversé, la tente est donc montée avec l’entrée exposée en pleine bourrasque et l’abside se remplit sans cesse de neige. La rapidité avec laquelle le vent a cessé puis a repris dans une direction différente est vraiment incroyable : probablement à peine plus de 10 minutes. Nuit tempétueuse.
12/03 6h, réveil un peu dur toujours sous le bruit de vent. La visibilité est archi nulle : moins de 50 mètres. Le moral est au plus bas, nous sommes censés être dans la partie montagneuse du séjour et voilà 3 jours que la vue se limite à l’espace intérieur de la tente ou du skieur devant soit. Nous partons alors que le vent se calme puis tombe.
Sans vent, dans les nuages et le blanc du paysage suivre un cap est très compliqué. Le skieur de tête se fait souvent rappeler à l’ordre par ceux de derrière lorsqu’il dévie de son cap. Il faut garder le GPS allumé. Un léger vent se lève ce qui aide à garder une direction. Les yeux rivés sur la boussole du GPS, les vacances contemplatives prennent un drôle d’air : A15 2,7 km ; A16 4km ; A17 1.9 km…. Nous sommes pourtant dans une zone très sauvage, à 600 mètres d’altitude, à deux jours de tout qui doit être magnifique. Plusieurs heures s’écoulement sans croiser un seul caillou pour accrocher un cap. Heureusement que les corniches et autres barres rocheuses sont rares. Nous savons qu’en fin d’après midi une tempête est prévue, aussi à 16h le camp est monté sous des rafales un peu plus fortes que pendant la journée Cette nuit là, le vent souffle fort mais les tentes (en dôme à 4 arceaux) ne bronchent pas.
13/03 6h30, au bruit du vent nous savons qu’il a faibli et la luminosité laisse supposer des éclaircies. Nous sortons et découvrons le paysage incroyable qui nous entoure pour la première fois depuis 3 jours. Le camp en lui-même a complètement changé, des congères se sont formées entre les tentes et ont recouverte les pulkas. Les tentes sont presque ensevelies jusqu’à mi hauteur sur certains côtés.
Tout autour et à perte de vue des immenses étendues presque plates recouvertes de neige. Aucune trace d’autres couleurs que le blanc, nous avons l’impression d’être sur la calotte Antarctique. Pendant le démontage des tentes, le soleil dissipe les derniers nuages, il va faire beau !
L’étape est splendide malgré un léger vent. Nous suivons le lit d’une rivière bordé d’énormes congères, sur les hauteurs des collines, des rennes grattent la neige à la recherche des lichens.


En fin d’après midi le vent est fort mais sous le soleil couchant nous débouchons sur le bord terminal des hauts plateaux. La vue porte très loin puisque nous surplombons de 200 mètres le plateau inférieur que nous emprunterons les jours suivants. Malgré le froid, l’ambiance et les éclairages sont magnifiques.

Dans les bouleaux en fond de vallée, nous distinguons les contours de ce qui pourrait être une cabane. Quelques murs un peu raides à descendre nous conduisent dans la forêt. Nous sommes enfin à l’abri du vent, nous apercevons de nombreux lagopèdes et des traces de gloutons. Cette vallée protégée est un vrai havre de paix ! Nous approchons de la cabane plein d’espoir après 5 nuits ventées consécutives sous tente. La porte s’ouvre et dévoile une cabane pour randonneur, toute propre et avec poêle comme on fait qu’en Norvège. A la chaleur du feu nous faisons sécher toutes nos affaires en repensant à cette belle journée dans les collines du Finnmark.
La difficulté des derniers jours rendent cet endroit encore plus merveilleux et chaleureux. Si le monde s’écroule c’est ici qu’il faut être ! Il y a un thermomètre extérieur qui affiche -12°C. Pendant la soirée bien assis sur nos chaises, nous échafaudons la suite du séjour, Ifjord n’est plus qu’à deux grosses journées de ski et malgré le charme de la cabane nous décidons de poursuivre la route le lendemain. Une journée magique comme seule l’itinérance en ski peut en offrir se termine. Une grande aurore boréale malheureusement peu colorée à cause la lune encore très grosse ondule dans le ciel.
14/03 6h, belles éclaircies et toujours -12°C. L’étape s’annonce plutôt courte, nous visons une cabane repérée sur la carte à 8 km. Tantôt nous grimpons des petits rognons sous un beau soleil tantôt nous descendons dans des petits vallons remplis de bouleaux.
Nous repérons à la jumelle deux élans couchés dans les bouleaux. La cabane est atteinte aux alentours de midi mais elle est fermée. A 11 km à vol d’oiseau une deuxième cabane est indiquée et parait être un objectif atteignable même si il est déjà un peu tard. Il fait beau et nous évoluons dans des sortes de grandes plaines à peine vallonnées et un peu monotone à la longue.
Même par ce soleil nous utilisons le GPS, s’orienter sur ces plateaux n’est vraiment pas simple. Merci le progrès. Devant nous une ligne à haute tension semble ne jamais se rapprocher. Au fil de l’après midi la cabane est atteinte et nous espérons un bel abri chauffé…

Le miracle de la veille n’a pas lieu, la cabane est là mais entièrement recouverte de neige, seuls la cheminée et les contours du toit dépassent de la neige.
Tant pis, nous plantons la tente dans une belle ambiance froide avec au passage un petit exercice glacial : retendre les élastiques des arceaux.

Nous partirons à 4 la première quinzaine de mars pour relier les petites villes de Lakselv et Mehamn avec un crochet au cap nord continental (à ne pas confondre avec son jumeau insulaire bien plus touristique). Je suis le point commun des membres : un couple et un ami, eux ne se connaissent pas. Pour l’un d’entre nous ce sera la première randonnée en ski. Nous prenons les billets avec la compagnie SAS : Paris-Oslo-Tromso-Laskelv à l’aller et Mehman-Tromso-Stockholm-Paris au retour. Une journée de voyage sera nécessaire pour chaque trajet. Contrairement à beaucoup de massif norvégiens, cette partie du Finnmark ne dispose pas du réseau de cabane DNT ou d’itinéraires piquetés destinés aux skieurs. Nous préparons donc la traversée à notre convenance selon les vallées à emprunter et les rognons montagneux à contourner sur le Géoportail norvégien (très bien conçu) : NorgesKart. La météo est la principale inquiétude du séjour, les archives indiquent 2 jours de soleil en mars en moyenne à Mehamn contre 20 jours de neige et 15 jours avec des vents supérieurs à 40 km/h. L’influence du gulfstream rends les températures plutôt clémentes pour la latitude : entre 0 et -10°C en moyenne. Nous estimons que nos 16 jours de skis complets nous permettront de boucler la traversée sans courir après le temps mais nous n’excluons pas de prendre le bus en cours de route pour rattraper d’éventuels retards et s’offrir des journées en étoiles autour de la tente sur la presqu’île terminale. En décembre pendant les préparatifs nous regardons avec indifférence la Chine lointaine en proie à une espèce de maladie virale… Nous sommes 4 et cela nécessite un peu de logistique de camping. Nous avons bien une tente Trango 4 (4 places) mais en condition hivernale avec les gros duvets et toutes les affaires elle est trop petite pour contenir tout le monde. Nous souhaitons toute de même faire l’eau et le repas du soir ensemble. Les tipis pourraient être une option mais leur tenue aux vents sur les hauts plateaux nous effraie un peu. Les tentes mess d’expédition plus résistantes sont à 4000 euros ou plus. Nous choisissons donc l’option de partir avec la tente 4 places et une autre 2 place. Nous mangerons ensemble dans la grande tente et nous nous séparerons ensuite pour la nuit
29/2 et 01/03 C’est le dernier week end avant le départ. L’épidémie est en Europe et surtout en Italie. Nous réfléchissons aux différentes options : annuler, partir ou partir moins au nord en modifiant nos billets. Le standard SAS est déjà injoignable, les modifications sont payantes et aucun remboursement n’est prévu en cas d’annulation. Nous tentons.
06/03 C’est le départ. De la gare Part Dieu à Lyon atteinte en voiture depuis Gap nous prenons le train pour Roissy ou notre vol nous attend à 10h30.

A quatre nous avons 5 bagages : 3 sacs d’affaire, les 4 pulkas emboitées et une housse de ski avec les 4 paires. A 00h30 nous atterrissons à Laskelv mais les skis n’ont pas suivi, ils sont restés à Tromso. Ils arriveront demain à 18h. Détail insignifiant mais pas tant : le thermomètre s’est brisé en deux pendant le transport, nous n’aurons jamais la température. Sous le ciel étoilé nous montons le camp, reviennent alors les petits automatismes du camping hivernal. Les doutes et les craintes liés à l’épidémie s’envolent. Les vacances commencent.
07/03 C’est journée courses et ré-emballages. Lakselv est très bien pourvu en magasins : un Coop, un Rema 1000 et un Spar. Nous prenons 16 jours de bouffes notamment pour le midi et le matin. Tous les repas du soir viennent de France (pâtes cuissons rapide et semoule). Nous avons trois réchauds à essence dont deux compatibles gaz. A la station service nous achetons du gaz et nous trouvons de l’essence C à InterSport. Nous comptons faire fonctionner les deux réchauds gaz et garder l’essence en cas de casse. Les routes sont enneigées et toutes les liaisons sont donc effectuées à pied en tirant la pulka.

A 18h, le vol de Tromso atterri mais surprise il y a eu une erreur et nos skis n’ont pas été mis dedans, ils arriveront demain à 14h. L’employé est désolé et nous offre l’hôtel pour 4. Nuit à l’hôtel
08/03 Grasse matinée, petit déjeuner à rallonge et examen des cartes. Le retard pris nous inquiète, nous ne voulons pas passer notre temps à nous presser. Décision est prise d’effectuer en ski le premier tronçon de 130 km entre Laskelv et Ifjord puis de prendre le bus pour gagner Mehamn et faire des journées de rando sans la pulka. A l’aéroport, les skis sont bien là. L’employé toujours désolé nous propose de payer le taxi afin de nous avancer un peu sur notre itinéraire. Nous acceptons de bon cœur d’autant que les 10 premiers kilomètres de notre parcours longeaient la route. Nous sommes déposés à Caskilbekk au départ d’une piste de motoneige qui permet l’accès au plateau. Çà sent le départ!

Le vent est fort mais il fait plutôt beau et pas trop froid. C’est un plaisir de skier enfin après ces journées de voyage et d’attente. A mesure que nous nous élevons la vue sur la mer est de plus en plus belle.

A notre étonnement le fond de certaines baies est pris dans la banquise parfois sur une grande surface. La nuit nous rattrape vite et nous montons le camp sans sortir de la forêt de bouleau puisqu’elle nous abrite du vent. Un peu d’organisation est nécessaire pour prendre le repas confortablement à 4 dans la même tente. Par rapports aux années précédentes il est très agréable de se coucher sans craindre qu’un ours blanc de 500 kg ne saute dans la tente.
09/03 6h, une grosse neige mouillante tombe du ciel et il y a un fort vent mais nous tentons l’étape. Nous dépassons un village lapon d’où part une piste jalonnée de piquets. Dans le brouillard et le mauvais temps nous suivons les piquets. Ils semblent mener à une cabane qui est pointée sur la carte. En fin de matinée le soleil perce et le vent faiblit le ski devient agréable. Les gros nuages de tempêtes contrastent énormément avec le blanc du paysage. Nous distinguons la cabane et nous rencontrons un éleveur de rennes lapon en motoneige. Ce dernier, très sympathique, nous explique que l’année est incroyablement enneigée et que les rennes n’arrivent pas à trouver des crêtes dégarnies pour brouter. Nous en avons effectivement croisé beaucoup en nous demandant ce qu’ils pouvaient bien manger. La cabane est atteinte en début d’après midi. Elle est ouverte et nécessiterait un bon coup de ménage et de déneigement pour la rendre agréable mais comme il est encore tôt et qu’il fait beau nous poursuivons.

Nous remontons plein nord une sorte de vallée, la piste est toujours là avec ses piquets, l’orientation n’est donc pas un problème. Nous montons le camp en fin d’après midi. La température doit être à peine sous 0°C.

Cette année nous avons investi dans une balise Garmin Inreach Mini qui permet de recevoir et d’envoyer des SMS. Ainsi nous pouvons envoyer notre position et recevoir la météo : cette nuit et demain c’est tempête.
10/03 6h, réveil au son de la paroi de tente qui claque. Le vent est fort et la visibilité archi nulle, décision est prise de rester sous la tente. Nous nous recouchons un peu frustrés de ne pas pouvoir avancer après l’attente des skis. Dehors c’est la tempête, le vent balaye la neige qui s’infiltre partout notamment entre le double toit et la chambre de la tente mal colmatés la veille… Journée cartes et repos non sans penser à la cabane à quelques kilomètres de là….

11/03 5h30 le vent semble avoir faibli mais la visibilité reste très médiocre, nous partons pour l’étape du jour. Suivre les piquets est difficile alors qu’ils ne sont distants que d’une cinquantaine de mètre. Une heure après le départ c’est la déception les piquets ne poursuivent pas dans notre direction et nous quittons cette piste balisée avec regrets. La navigation s’effectue alors au GPS de point en point (préalablement saisis en France). Pour le skieur de tête, les cailloux qui dépassent permettent d’accrocher un cap mais parfois le sol blanc et le ciel se confondent créant une sensation de chute dans le vide.

Nous atteignons la vallée de la rivière Borserlva, le vent est alors très fort surtout qu’il nous vient légèrement de face. A cet endroit exposé il nous faut traverser la rivière et nous devons nous y reprendre plusieurs fois pour trouver un passage sûr. La pause pique- nique est écourtée mais la visibilité s’est améliorée. Vers 16h le vent tombe brutalement et tout semble calme. Nous profitons de ce répit pour planter la tente quand soudain le vent se lève de nouveau alors que la tente est à peine montée et que toute les pulkas sont encore ouvertes. En à peine TROIS minutes des puissantes rafales remplissent de neige toutes les pulkas. De plus le vent s’est inversé, la tente est donc montée avec l’entrée exposée en pleine bourrasque et l’abside se remplit sans cesse de neige. La rapidité avec laquelle le vent a cessé puis a repris dans une direction différente est vraiment incroyable : probablement à peine plus de 10 minutes. Nuit tempétueuse.
12/03 6h, réveil un peu dur toujours sous le bruit de vent. La visibilité est archi nulle : moins de 50 mètres. Le moral est au plus bas, nous sommes censés être dans la partie montagneuse du séjour et voilà 3 jours que la vue se limite à l’espace intérieur de la tente ou du skieur devant soit. Nous partons alors que le vent se calme puis tombe.

Sans vent, dans les nuages et le blanc du paysage suivre un cap est très compliqué. Le skieur de tête se fait souvent rappeler à l’ordre par ceux de derrière lorsqu’il dévie de son cap. Il faut garder le GPS allumé. Un léger vent se lève ce qui aide à garder une direction. Les yeux rivés sur la boussole du GPS, les vacances contemplatives prennent un drôle d’air : A15 2,7 km ; A16 4km ; A17 1.9 km…. Nous sommes pourtant dans une zone très sauvage, à 600 mètres d’altitude, à deux jours de tout qui doit être magnifique. Plusieurs heures s’écoulement sans croiser un seul caillou pour accrocher un cap. Heureusement que les corniches et autres barres rocheuses sont rares. Nous savons qu’en fin d’après midi une tempête est prévue, aussi à 16h le camp est monté sous des rafales un peu plus fortes que pendant la journée Cette nuit là, le vent souffle fort mais les tentes (en dôme à 4 arceaux) ne bronchent pas.
13/03 6h30, au bruit du vent nous savons qu’il a faibli et la luminosité laisse supposer des éclaircies. Nous sortons et découvrons le paysage incroyable qui nous entoure pour la première fois depuis 3 jours. Le camp en lui-même a complètement changé, des congères se sont formées entre les tentes et ont recouverte les pulkas. Les tentes sont presque ensevelies jusqu’à mi hauteur sur certains côtés.

Tout autour et à perte de vue des immenses étendues presque plates recouvertes de neige. Aucune trace d’autres couleurs que le blanc, nous avons l’impression d’être sur la calotte Antarctique. Pendant le démontage des tentes, le soleil dissipe les derniers nuages, il va faire beau !

L’étape est splendide malgré un léger vent. Nous suivons le lit d’une rivière bordé d’énormes congères, sur les hauteurs des collines, des rennes grattent la neige à la recherche des lichens.


En fin d’après midi le vent est fort mais sous le soleil couchant nous débouchons sur le bord terminal des hauts plateaux. La vue porte très loin puisque nous surplombons de 200 mètres le plateau inférieur que nous emprunterons les jours suivants. Malgré le froid, l’ambiance et les éclairages sont magnifiques.

Dans les bouleaux en fond de vallée, nous distinguons les contours de ce qui pourrait être une cabane. Quelques murs un peu raides à descendre nous conduisent dans la forêt. Nous sommes enfin à l’abri du vent, nous apercevons de nombreux lagopèdes et des traces de gloutons. Cette vallée protégée est un vrai havre de paix ! Nous approchons de la cabane plein d’espoir après 5 nuits ventées consécutives sous tente. La porte s’ouvre et dévoile une cabane pour randonneur, toute propre et avec poêle comme on fait qu’en Norvège. A la chaleur du feu nous faisons sécher toutes nos affaires en repensant à cette belle journée dans les collines du Finnmark.

La difficulté des derniers jours rendent cet endroit encore plus merveilleux et chaleureux. Si le monde s’écroule c’est ici qu’il faut être ! Il y a un thermomètre extérieur qui affiche -12°C. Pendant la soirée bien assis sur nos chaises, nous échafaudons la suite du séjour, Ifjord n’est plus qu’à deux grosses journées de ski et malgré le charme de la cabane nous décidons de poursuivre la route le lendemain. Une journée magique comme seule l’itinérance en ski peut en offrir se termine. Une grande aurore boréale malheureusement peu colorée à cause la lune encore très grosse ondule dans le ciel.
14/03 6h, belles éclaircies et toujours -12°C. L’étape s’annonce plutôt courte, nous visons une cabane repérée sur la carte à 8 km. Tantôt nous grimpons des petits rognons sous un beau soleil tantôt nous descendons dans des petits vallons remplis de bouleaux.

Nous repérons à la jumelle deux élans couchés dans les bouleaux. La cabane est atteinte aux alentours de midi mais elle est fermée. A 11 km à vol d’oiseau une deuxième cabane est indiquée et parait être un objectif atteignable même si il est déjà un peu tard. Il fait beau et nous évoluons dans des sortes de grandes plaines à peine vallonnées et un peu monotone à la longue.

Même par ce soleil nous utilisons le GPS, s’orienter sur ces plateaux n’est vraiment pas simple. Merci le progrès. Devant nous une ligne à haute tension semble ne jamais se rapprocher. Au fil de l’après midi la cabane est atteinte et nous espérons un bel abri chauffé…

Le miracle de la veille n’a pas lieu, la cabane est là mais entièrement recouverte de neige, seuls la cheminée et les contours du toit dépassent de la neige.

Tant pis, nous plantons la tente dans une belle ambiance froide avec au passage un petit exercice glacial : retendre les élastiques des arceaux.
Traversée en kayak Nanortalik-Narsarsuaq via le fjord Tasermiut
Merci pour le message, c'est sympa
Traversée en kayak Nanortalik-Narsarsuaq via le fjord Tasermiut
Merci à vous deux pour vos réponses.
Oui rien d'insurmontable mais bon, tout mis bout à bout ça commence à faire un peu lourd.
C'est sur en revanche que la région et le coin ont l'air grandiose. Dans tous les récits qu'on peut trouver les photos sont sublimes.
La résolution Google Earth est en plus très bonne sur la partie sud des alpes il doit y avoir de belles boucles à faire en ski nordique par les différents glaciers...
Non je n'ai pas le détail pour la caution : l'agence propose un package transfert + permis + loc de matériel éventuel
Traversée en kayak Nanortalik-Narsarsuaq via le fjord Tasermiut
la cinquantaine c'est pile l'âge des grands champion(nnes) d'ultra trail. Parfait pour les efforts modérés pendant de longues heures. ;)
Non la je suis dans le voyage d'hiver notamment les alpes de Stauning à 200 km à l'ouest ittoqqortoormiit mais bon il faut emmener la bouffe de France, avoir un permis pour entrer dans le parc qui impose du matériel que je n'ai pas (VHF, tel sat, balise PLB...), se faire transférer sur 200 km aller retour, poser quasiment une semaine rien que pour les trajets..... c'est un peu décourageant
Il y'a bien une agence à Constable Point capable de s'occuper de tout ça : Tangent Expedition (qui sont d'ailleurs très réactifs et sympa...) mais on sur des budgets énormes, il faudrait pouvoir partir 5 ou 6 semaines.
Peut être que en été c'est plus facile et l'île de Milne n'est pas dans le parc
Traversée en kayak Nanortalik-Narsarsuaq via le fjord Tasermiut
Tu peux aussi envisager de te rendre à Arsuk avec l'arctic Umiaq Line 150 km plus au nord ouest de Narsaq pour ensuite revenir en kayak au point de départ. Ils peuvent transporter des kayaks pour un supplément de 300 DKK. Les centaines d'îles minuscules ont l'air amusantes en kayak et il y'a des bœufs musqués à certains endroits...
Traversée en kayak Nanortalik-Narsarsuaq via le fjord Tasermiut
Bonjour
Merci pour le message c'est sympa.
Il y'a selon le GEUS, l'institut de géologie danois de géologie, contacté en juin 2019 un très fort risque d’effondrement imminent de tout un pan de montagne (nommée Skredfjeld) sur la rive nord du fjord Kangigleq. Avec création d'une vague pouvant submerger une grande zone qui s’étend du nord de l'île d'Upernivik jusqu'au nord de l'île Nugatsiaq (dont le village est d'ailleurs tjs abandonné depuis le tsunami de 2017).
Bon après c'est les probabilités et c'est une zone située à plus de 100 km d'Uummannaq...
La partie sud-est du fjord et la rive nord de la presque île de Nugssuaq semblent protégées...
Groenland 2019
Super voyage. Bien spécial a lire sachant quon sest suivi de qq jours dans le tasermiut. Beau temps vers nalu, Ca devait etre vraiment beau. Et magnifique le trek a disko ca a lair vraiment atypique meme si sy rendre est un peu risqué visiblement......
Traversée en kayak Nanortalik-Narsarsuaq via le fjord Tasermiut
Merci à tous pour vos messages, ça fait plaisir.
Non j'ai pas mis de photos ailleurs (j'en ai pas tellement plus à part des moins belles)
Je me demande si Jacky va chercher/trouver un repreneur, vu de l'extérieur ça à l'air de bien marcher ...
J'attends ton récit!!?
Traversée en kayak Nanortalik-Narsarsuaq via le fjord Tasermiut
Mardi 27 août
Nous remettons le kayak à l’eau et partons en direction de l’embouchure du fjord.

Il y a un petit vent de face qui nous ralentit bien. A 13h nous pique-niquons sur le cap Est du fjord. Nous devons traverser, mais les 5 km qui nous séparent de la rive opposée sont infranchissables par cette météo. Le vent de face est maintenant bien fort et la mer est couverte d’écume. Nous stoppons l’étape sur ce cap qui offre de beaux points de vue sur les iles des environs
Mercredi 28 août Toujours très nuageux mais le vent est tombé. La mer est calme. Nous traversons le fjord. Curieusement les kilomètres défilent plus vite que les autres jours. Peut être y a-t-il un courant invisible. Nous traversons rapidement les petites îles pour gagner le fjord Unartoq. Notre objectif est les sources chaudes sur l’île d’Unartoq. L’embouchure du fjord est soumise à la houle océanique et de belles vagues soulèvent le kayak avant de se briser sur les rochers. Elles créent une belle ambiance, pagayer des kilomètres de côtes aussi tourmentées ne doit pas être le même sport que dans les fjords encaissés. Heureusement, les vagues s’estompent rapidement à mesure que nous nous enfonçons dans le fjord. Après une traversée de 3 km nous touchons l’île en fin d’après midi bien fatigués par ces 30 km. La récompense est là: un ruisseau d’eau chaude qui sort des lichens et qui remplit une grande bassine rien que pour nous.
C’est d’autant plus plaisant que le vent est bien fort et le ciel très menaçant. Dans cette atmosphère humide et froide et après une semaine sans douche, entrer dans l’eau chaude est un vrai plaisir. Il manque quand même quelques degrés à l’eau pour ne pas être parcourus de petits frissons après une demi-heure d’immersion. Mais le fond brûlant est lui fort agréable.
Jeudi 29 août Grand ciel bleu, sur l’eau à 7h nous ramons vers le fjord de Lichteneau. Sans vent il nous faut 4h30 pour parcourir les 11 km qui nous séparent du cap c’est presque 2 fois moins vite que la veille. Cela ne fait même pas du 2.5 km/h ! Il doit y avoir un courant contraire cette fois-ci bien que ce dernier ne soit pas franchement visible. Toutes les îles et l’embouchure du fjord sont censées être une zone d’accumulation des icebergs en provenance de la côte Est. Certaines années, ils vont même jusqu’à bloquer l’accès au fjord mais nous ne voyons que de la mer bleue à l’horizon. Il n’y a pas UN iceberg. C'est un peu décevant, les icebergs c’est quand même LE pourquoi d’un voyage au Groenland en kayak !
Nous pénétrons dans le fjord que nous remontons jusqu’au village d’Ammasivik que nous atteignons à 15h sous un vent arrière très fort et une mer trop agitée. Nous filons au Pilersuisoq dont nous ignorons les horaires. Il fermait à 14h et il n’ouvrira demain qu’à10h. Il faut attendre nous n’avons pas le choix. Il fallait un petit couac horaire dans le voyage. Nous plantons la tente à l’extérieur de ce village qui mérite le détour : perdu au milieu du fjord une cinquantaine de personnes y réside. La vie doit y être quand même particulière…
Vendredi 30 août 9h50 nous sommes devant la porte du magasin avec …une dizaine d’autres locaux. Tout le monde attend l’ouverture. Nous achetons les vivres pour la dernière semaine de voyage et nous reprenons rapidement la mer car lorsqu’il fait beau, le réchauffement des fjords par le soleil crée un appel d’air avec l’air de la haute mer. Il en résulte, aux alentours de midi, un vent parfois un peu fort qui s’engouffre dans les fjords. Aujourd’hui il se lève vers 11h30 juste après la traversée de 5 km que nous avons donc effectuée « in extremis ». Le fjord est maintenant bien blanc d’écume. Nous atteignons les fermes Qagdlumiut, lieu de notre prochain portage : par un réseau de lacs reliés par des portions en terre de 500 m à 2 km nous devons rejoindre le fjord d’Igaliku 20 km plus loin. Pour ce portage, nous ne dégonflons pas le kayak puisqu’il nous servira fréquemment à traverser les petits lacs qui le ponctuent. Nous sommes par contre très chargés (nous venons de faire les courses) et tout transporter en un seul trajet est impossible. Nous portons donc d’abord les affaires puis revenons chercher le kayak. Nous commençons par 1,5 km à pied puis 2 km de kayak puis 2 km à pied. Nous essayons d’être efficaces dans les changements. Faire les aller-retour pénalise fortement la vitesse de progression globale: en 4h30 nous avons parcourus 5km….
Nous montons le camp sous le soleil sur les rives d’un grand lac que nous nous gardons pour demain. Au milieu des montagnes et sous un ciel sans aucun nuage la soirée est agréable.
Porter ainsi les affaires est quand même bien physique, entre les gros sacs, le kayak à bout de bras, les aller-retour à pied et les kilomètres qui ne défilent pas, la fatigue est généralisée à tous les membres du corps !
Samedi 31 août Réveil à 6h pour une journée complète de kayak et de portage. Tous les sommets sont dans la brume mais nous savons grâce à la météo captée à Ammasivik que la journée sera belle. Nous commençons par le grand lac dont nous atteignons rapidement le bout. Ici commence une enfilade de 5 petits lacs reliés par un ruisseau avant de finir dans l’immense lac de Qanisartut (long de plusieurs dizaines de kilomètres). Pour gagner du temps nous pagayons sans les combinaisons et en basket, il n’y a parfois même pas 500 m à ramer avant de reprendre la marche pour quelques centaines de mètres. A pied le terrain n’est pas évident, il y a des saules assez hauts qui masquent les trous des tourbières ou bien des éboulis glissants. Heureusement, désormais il fait beau. L’arrivée sur le lac marque la fin des « difficultés », nous mettons le kayak à l’eau pour 10 km. Pagayer sur ce lac est bien plus reposant que sur la mer, l’eau est plus chaude, le vent moins fort et on peut s’arrêter n’ importe où. Nous voilà aux fermes de Qanisartut où il nous reste un dernier portage de 2 km avant d’atteindre le fjord d’Igaliku sur la piste carrossable ils sont avalés sans problème. Nous ramons ensuite quelques kilomètres sur le fjord pour nous éloigner de l’embarcadère des fermes et nous stoppons l’étape sur une belle pelouse d’herbe parfaitement plate au dessus de la mer.
Le soir, malgré les nuages il fait doux et nous dégustons au coin du feu une morue tout juste pêchée.
Dimanche 1er septembre Première pluie et celle-ci a duré toute la nuit, le vent souffle très fort et le fjord est bien agité. Ce n’est même pas la peine d’essayer de prendre la mer. Nous trainons dans la tente puis partons à la pêche. A 10h les conditions sont un peu meilleures et nous tentons l’étape mais dès la sortie de notre petite baie des violentes vagues soulèvent le kayak et un vent très fort nous repousse dans notre anse. Nous nous ne faisons pas prier pour y retourner 10 minutes à peine après notre départ ! Nous remontons le camp au même endroit. Après le pique-nique et plusieurs heures de pêche à la morue, le vent s’estompe largement et le fjord se lisse. Nous retentons.
Aucune difficulté, la navigation est facile. L’ambiance est très belle le long de la côte bien déchiquetée : le ciel est noir et des bancs de brouillard enveloppent les montagnes mais sur la mer tout est calme. L’après midi est bien avancé lorsque nous nous lançons dans une traversée de 5 km. Le jour décline, le vent se lève, la pluie recommence et nous ramons de plus belle pour vite atteindre la côte opposée. Sous une bonne pluie nous montons le camp à côté d’un troupeau de vaches, en face du village d’Igaliku dont nous captons le réseau et au passage les sms météos des parents.
Lundi 2 septembre Temps très couvert mais sans la pluie qui était pourtant annoncée. Nous gagnons Igaliku après 2h de navigation. Au milieu de beaux pâturages bien verts et bien plats (pour le pays) les petites maisons colorées ont leur charme. Au niveau de la centrale de panneau solaire nous accostons pour un portage de 1,5 km ponctué d’un lac de la même distance.
Nous savons maintenant qu’en transportant en deux fois nos affaires le calcul est simple : 3 km = 3h d’effort.
Nous atteignons le fjord pour le pique-nique qui est savouré sous un soleil inespéré. Il y a un petit sentiment de satisfaction : Narsarsuaq n’est qu’à 18 km de kayak, dans un fjord bien protégée et sans portage, nous considérons alors la traversée bouclée. Il nous reste donc 4 jours complets à combler d’explorations diverses à pied ou en kayak. Sans hésitation nous mettons le cap sur le fjord Qooqqut et de son front glaciaire pour rattraper un peu le manque d’icebergs plus au sud. A l’entrée de la vallée Qooqqut Kua, nous montons un camp dans une ambiance étrange : le décor est très minéral, de hautes faces rocheuses branlantes entourent le fjord, le delta de la rivière est immense et draine de l’eau grisâtre dans le fjord dont l’eau bleue charrie des icebergs d’une blancheur éclatante.
Dans ce décor irréel nous installons la tente au sommet d’une grande moraine pour s’abriter d’éventuelles chutes de pierre en provenance des pentes qui nous surplombent. Nous dégustons au réchaud les moules du jour. Exceptionnellement, comme le sol est fait de gravier, nous cuisinons dans le auvent de la tente pour gagner en sécurité, alors que jusqu’ici (et comme toujours) la cuisine était effectuée dans la chambre intérieure. Dans cet espace exigu, les flammes lèchent les parois du double toit et finissent par y faire un trou mais l’incendie est évité. C’est la première fois après des centaines de séances de cuisine sous tente qu’un incident m’arrive. Pas sûr donc, qu’utiliser le réchaud dans le auvent soit plus sûr que dans la tente en elle-même.
Mardi 3 septembre Nous partons pour une journée repos : randonner avec de petits sacs le long de la rivière. L’objectif est les deux immenses glaciers (dont nous ignorons les noms) en pied d’éléphants qui ferment la vallée. Nous traversons une petite forêt de bouleaux qui dépassent les 3-4 mètres, il serait possible de monter dans certains. Beaucoup de portions le long des blocs du lit de la rivière rendent la marche un peu compliquée.

Nous finissons par déboucher dans une gravière immense et tellement plate que nous avons l’impression qu’un rouleau compresseur est passé. Devant nous, deux immenses murailles glaciaires en arc de cercle soulèvent des grosses moraines.
Il se met à pleuvoir mais comme l’endroit est absolument atypique nous poursuivons. Nous sommes bientôt arrêtés par un grand lac rempli d’icebergs : il est alimenté par un bras mort du glacier Qooqqup. La tente n’est qu’à 15 kilomètres mais il nous faut penser à rentrer, le terrain n’est pas vraiment des plus déroulant. Le soir le mauvais temps se lève franchement, il pleut et tout est pris dans la brume. Dans les éboulis masqués par le brouillard qui menacent la tente, un animal (sûrement un logopède) émet de curieux sons assez effrayants ce qui, à la tombée de la nuit, n’est pas très rassurant !
Mercredi 4 septembre La pluie a cessé mais le ciel est très menaçant. Nous reprenons la mer en direction de la muraille du glacier mais nous sommes vite arrêtés par une multitude de morceaux de glace. Il n’empêche que cela fait plaisir de naviguer dans les petits chenaux d’eau perdus au milieu des glaces flottantes. Enfin quelques icebergs !
Vers le milieu de la matinée, nous reprenons la direction de Narsarsuaq où notre ultime portage nous attend du port de la «ville» jusqu’à l’auberge de jeunesse.
Nous nous arrêtons au Blue Ice café où Jacky , le propriétaire, nous explique qu’il n’a jamais vu aussi peu d’icebergs depuis 23 ans sur place. La faute aux tempêtes de cet hiver qui les ont tous fait dériver au large. Nous montons le camp derrière l’auberge de jeunesse tout en se préparant à une randonnée de deux jours dans les montagnes environnantes. La nuit, une grande aurore boréale traverse tout le ciel mais la lumière de la lune étant très forte, la couleur verte est plutôt pâle.
Jeudi 5 septembre Nous partons à pied avec nos sacs dans la vallée de l’hôpital. Nous visons l’extrémité de la bande de rochers au-dessus de Narsarsuaq qui est quand même à 25 km à vol d’oiseau. Le début de la randonnée est facile puisqu’il s’effectue d’abord sur un chemin carrossable puis sur un bon sentier. Ensuite dans les montagnes, la marche se complique : éboulis, tourbières, dalles moutonnées et multiples montées/descentes morainiques ponctuent le parcours. Mais à mesure que l’altitude s’élève la vue est de plus en plus grandiose sur les montagnes qui émergent de l’inlandsis. Notre chemin croise celui de 3 lièvres arctiques vraiment pas farouches.
Nous montons le camp en début d’après midi afin de continuer sans les sacs vers le point culminant de toutes ces collines. Sur la carte et même visuellement il n’est pas loin mais il nous faut 2h30 pour atteindre la côte 1102 m. La vue est alors magnifique et il s’en suit une longue pause contemplative sur les grands méandres glaciaires qui dégueulent de l’inlandsis entre d’immenses montagnes. C’est grandiose.
Long retour au camp que nous atteignons en même temps que les premières gouttes.
Vendredi 6 septembre A 6h au réveil le bruit des gouttes n’incite pas vraiment à sortir du duvet. Nous pensons alors au long retour sur Narsarsuaq qui nous attend sous la pluie. Mais à peine sortis de la tente la pluie s’arête et nous devinons que la journée sera belle au vu des nombreuses percées de ciel bleu qui apparaissent. Plutôt que de rentrer directement nous visons les falaises surplombant le front du glacier Qooqqup que nous avons presque atteint en kayak il y a 3 jours. Après une succession de ressauts plus moins raides et hauts nous débouchons sur la mer 200 m au dessus de la muraille de glace.

Quelle vue ! Cette fois, lorsque nous reprenons la marche vers Narsarsuaq, il règne alors une triste ambiance de fin de vacances. Pendant ces deux jours de randos juste derrière la ville, dans une zone cartographiée au 1/100 000, pourvue de chemins dont les descriptions sont affichées partout dans Narsarsuaq (Blue Ice cafe et à l’auberge) nous n’avons pas croisé ni aperçu une seule personne… A l’auberge nous passons notre première nuit dans un lit depuis le début de séjour. C’est aussi l’occasion de faire une activité très rare au Groenland : la conversation avec d’autres touristes.
Samedi 7 septembre Nous «visitons» Narsarsuaq le matin en attendant le vol à 12h20 pour Reykjavik. Nous nous retrouvons à l’estuaire de la rivière qui est en fait la décharge…. Mais surtout nous scrutons le ciel et ses bans de brouillard qui accrochent certaines montagnes. A l’aéroport l’avion est bien affiché à l’heure et à 12h20 nous embarquons. Arriver et repartir du Groenland sans retard avec tous ses bagages est toujours une petite victoire. En Islande, sous une légère bruine, nous parcourons à pied les quelques kilomètres qui séparent l’aéroport de Reykjavik de notre hôtel Travel Inn situé juste à côté du terminal de bus.
Dimanche 8 septembre Lever à 4h, nous prenons le bus de 4h30 pour rejoindre Keflavik. Les vols pour la France et en général pour toute l’Europe sont très matinaux : entre 7h et 9h. A Roissy, une mauvaise surprise nous attend : nous retrouvons sur le tapis le kayak mais pas 2ème sac. Heureusement que cette perte (sur un vol direct et sans retard) à lieu au retour ! Sans notre bagage nous retournons à Lyon en TGV. Enfin à 22h30 me voila à Chorges (05). Demain à 8h, il faudra aller au travail.
Vendredi 13 septembre 5 jours après l’arrivée, le second bagage arrive à mon domicile par Chronopost.
Faire du kayak gonflable dans le sud du Groenland La région est très accueillante, beaucoup de vallées sont bien vertes avec des petits arbres (bouleau rampant ou saule) il y a d’ailleurs souvent des moutons en semi-liberté. Les endroits pâturés, au pied des immenses montagnes, contrastent énormément avec la mer ou le décor glaciaire et minéral des sommets. Même si forcément on retrouve moins l’ambiance polaire des régions plus au nord, les montagnes de la pointe sud sont fantastiques. Ce sont soit de grandes tours de granit d’une pureté incroyable qui dépassent les 1000 m soit de grandes faces complexes toutes écroulées mais tout aussi esthétiques. Pagayer au milieu de ces géantes est à coup sur une expérience remarquable. Avantage ou inconvénient selon les points de vue, l’engagement dans la zone est assez limité puisqu’elle est parsemée de nombreux petits villages ou de fermes isolées. Il est donc facile de se ravitailler ou de capter du réseau (et la météo) entre deux passages un peu plus sauvages. Rares sont les jours où nous n’avons pas croisé un bateau de pêche. Malgré notre départ tardif dans la saison nous avons bénéficié de températures très clémentes bien plus agréables qu’à Ilulissat aux mêmes dates. Cette fois ci nous ne grelottions pas aux pauses pique-nique et n’étions pas cloitrés dans la tente le soir. De nombreux repas du soir ont pu être pris dehors et cela était fort agréable. Déguster son poisson et ses moules au feu sur des plages sauvages complètement seul est toujours un moment fort.
Sur ce voyage, pas la peine de tirer des comparaisons entre les kayaks gonflables et les kayaks rigides : vu le nombre de portages et puisque nous faisions une traversée, le gonflable était quasiment la seule embarcation qui nous permettait d’envisager ce parcours. Aussi, en tant que kayakiste «intermédiaire», en présence de houle ou de vent, il est très plaisant de se savoir dans une embarcation insubmersible et facile à remettre à flot. De plus, pour 20 kg dans un seul et même sac ils sont très facilement transportables. Ce poids «plume» et cette compacité pour un biplace de randonnée sont vraiment les atouts de ce gonflable. La zone de Nanortalik se prête très bien au kayak gonflable puisque du Tasermiut via des portages pas si longs il est possible de s’échapper du fjord (et d’en revenir) pour explorer les différents fjords encore plus à l’Est et qui sur la carte semblent très intéressants et bien sauvages. C’était notre premier voyage en combinaison sèche, là aussi la comparaison entre ce vêtement et le couple: pantalon néoprène + blousons de kayak est inutile. Pagayer en combinaison c’est tout simplement un autre sport : on est toujours sec, on a moins froid aux pauses, les embarquements/débarquements sont grandement facilités et on se sent un peu moins vulnérables loin des côtes. Bref une fois la facture digérée, ce n’est que du bonheur. Nous avions des Crocs™ pour protéger la chaussette de la combinaison, à refaire nous les prendrions 3 à 4 pointures au dessus de notre taille afin de pouvoir mettre plusieurs grosses chaussettes en laine sans avoir le pied compressé. Le voyage a couté 1800 euros de Paris à Paris avec notamment 1300 euros d’avion, 200 euros de bateau, 300 euros de courses et d’hôtels.
Le parcours Nous avons parcouru 270 km en kayak/portage et marché 3 journées complètes dans les montagnes à la fin de séjour.

La navigation dans cette zone très encaissée n’est pas piégeuse. La plupart du temps nous étions à plus de 50 km de la mer ouverte et de ses tourments. Evidemment pour éviter les caprices éoliens de l’après midi nous attaquions tous les jours les étapes de kayak tôt le matin (vers 7h). Cela permet également d’avoir l’après midi ou les températures sont plus agréables pour faire d’autres activités (pêches, rando, cuisine…). La principale «règle» de sécurité est d’avoir une bonne marge de temps afin de ne jamais hésiter à stopper la navigation dès que les conditions se dégradent. Viser 15 kilomètres (à vol d’oiseaux) par jour en moyenne est très raisonnable, en gonflable cela représente environ 4h à 5h de navigation effective. Il n’est pas très fatiguant d’en effectuer 20 à 25 lorsque les conditions sont bonnes et donc de prendre de l’avance (ou de rattraper son retard) du à une mauvaise météo.

Il y a un petit vent de face qui nous ralentit bien. A 13h nous pique-niquons sur le cap Est du fjord. Nous devons traverser, mais les 5 km qui nous séparent de la rive opposée sont infranchissables par cette météo. Le vent de face est maintenant bien fort et la mer est couverte d’écume. Nous stoppons l’étape sur ce cap qui offre de beaux points de vue sur les iles des environs

Mercredi 28 août Toujours très nuageux mais le vent est tombé. La mer est calme. Nous traversons le fjord. Curieusement les kilomètres défilent plus vite que les autres jours. Peut être y a-t-il un courant invisible. Nous traversons rapidement les petites îles pour gagner le fjord Unartoq. Notre objectif est les sources chaudes sur l’île d’Unartoq. L’embouchure du fjord est soumise à la houle océanique et de belles vagues soulèvent le kayak avant de se briser sur les rochers. Elles créent une belle ambiance, pagayer des kilomètres de côtes aussi tourmentées ne doit pas être le même sport que dans les fjords encaissés. Heureusement, les vagues s’estompent rapidement à mesure que nous nous enfonçons dans le fjord. Après une traversée de 3 km nous touchons l’île en fin d’après midi bien fatigués par ces 30 km. La récompense est là: un ruisseau d’eau chaude qui sort des lichens et qui remplit une grande bassine rien que pour nous.

C’est d’autant plus plaisant que le vent est bien fort et le ciel très menaçant. Dans cette atmosphère humide et froide et après une semaine sans douche, entrer dans l’eau chaude est un vrai plaisir. Il manque quand même quelques degrés à l’eau pour ne pas être parcourus de petits frissons après une demi-heure d’immersion. Mais le fond brûlant est lui fort agréable.
Jeudi 29 août Grand ciel bleu, sur l’eau à 7h nous ramons vers le fjord de Lichteneau. Sans vent il nous faut 4h30 pour parcourir les 11 km qui nous séparent du cap c’est presque 2 fois moins vite que la veille. Cela ne fait même pas du 2.5 km/h ! Il doit y avoir un courant contraire cette fois-ci bien que ce dernier ne soit pas franchement visible. Toutes les îles et l’embouchure du fjord sont censées être une zone d’accumulation des icebergs en provenance de la côte Est. Certaines années, ils vont même jusqu’à bloquer l’accès au fjord mais nous ne voyons que de la mer bleue à l’horizon. Il n’y a pas UN iceberg. C'est un peu décevant, les icebergs c’est quand même LE pourquoi d’un voyage au Groenland en kayak !

Nous pénétrons dans le fjord que nous remontons jusqu’au village d’Ammasivik que nous atteignons à 15h sous un vent arrière très fort et une mer trop agitée. Nous filons au Pilersuisoq dont nous ignorons les horaires. Il fermait à 14h et il n’ouvrira demain qu’à10h. Il faut attendre nous n’avons pas le choix. Il fallait un petit couac horaire dans le voyage. Nous plantons la tente à l’extérieur de ce village qui mérite le détour : perdu au milieu du fjord une cinquantaine de personnes y réside. La vie doit y être quand même particulière…

Vendredi 30 août 9h50 nous sommes devant la porte du magasin avec …une dizaine d’autres locaux. Tout le monde attend l’ouverture. Nous achetons les vivres pour la dernière semaine de voyage et nous reprenons rapidement la mer car lorsqu’il fait beau, le réchauffement des fjords par le soleil crée un appel d’air avec l’air de la haute mer. Il en résulte, aux alentours de midi, un vent parfois un peu fort qui s’engouffre dans les fjords. Aujourd’hui il se lève vers 11h30 juste après la traversée de 5 km que nous avons donc effectuée « in extremis ». Le fjord est maintenant bien blanc d’écume. Nous atteignons les fermes Qagdlumiut, lieu de notre prochain portage : par un réseau de lacs reliés par des portions en terre de 500 m à 2 km nous devons rejoindre le fjord d’Igaliku 20 km plus loin. Pour ce portage, nous ne dégonflons pas le kayak puisqu’il nous servira fréquemment à traverser les petits lacs qui le ponctuent. Nous sommes par contre très chargés (nous venons de faire les courses) et tout transporter en un seul trajet est impossible. Nous portons donc d’abord les affaires puis revenons chercher le kayak. Nous commençons par 1,5 km à pied puis 2 km de kayak puis 2 km à pied. Nous essayons d’être efficaces dans les changements. Faire les aller-retour pénalise fortement la vitesse de progression globale: en 4h30 nous avons parcourus 5km….

Nous montons le camp sous le soleil sur les rives d’un grand lac que nous nous gardons pour demain. Au milieu des montagnes et sous un ciel sans aucun nuage la soirée est agréable.
Porter ainsi les affaires est quand même bien physique, entre les gros sacs, le kayak à bout de bras, les aller-retour à pied et les kilomètres qui ne défilent pas, la fatigue est généralisée à tous les membres du corps !Samedi 31 août Réveil à 6h pour une journée complète de kayak et de portage. Tous les sommets sont dans la brume mais nous savons grâce à la météo captée à Ammasivik que la journée sera belle. Nous commençons par le grand lac dont nous atteignons rapidement le bout. Ici commence une enfilade de 5 petits lacs reliés par un ruisseau avant de finir dans l’immense lac de Qanisartut (long de plusieurs dizaines de kilomètres). Pour gagner du temps nous pagayons sans les combinaisons et en basket, il n’y a parfois même pas 500 m à ramer avant de reprendre la marche pour quelques centaines de mètres. A pied le terrain n’est pas évident, il y a des saules assez hauts qui masquent les trous des tourbières ou bien des éboulis glissants. Heureusement, désormais il fait beau. L’arrivée sur le lac marque la fin des « difficultés », nous mettons le kayak à l’eau pour 10 km. Pagayer sur ce lac est bien plus reposant que sur la mer, l’eau est plus chaude, le vent moins fort et on peut s’arrêter n’ importe où. Nous voilà aux fermes de Qanisartut où il nous reste un dernier portage de 2 km avant d’atteindre le fjord d’Igaliku sur la piste carrossable ils sont avalés sans problème. Nous ramons ensuite quelques kilomètres sur le fjord pour nous éloigner de l’embarcadère des fermes et nous stoppons l’étape sur une belle pelouse d’herbe parfaitement plate au dessus de la mer.

Le soir, malgré les nuages il fait doux et nous dégustons au coin du feu une morue tout juste pêchée.
Dimanche 1er septembre Première pluie et celle-ci a duré toute la nuit, le vent souffle très fort et le fjord est bien agité. Ce n’est même pas la peine d’essayer de prendre la mer. Nous trainons dans la tente puis partons à la pêche. A 10h les conditions sont un peu meilleures et nous tentons l’étape mais dès la sortie de notre petite baie des violentes vagues soulèvent le kayak et un vent très fort nous repousse dans notre anse. Nous nous ne faisons pas prier pour y retourner 10 minutes à peine après notre départ ! Nous remontons le camp au même endroit. Après le pique-nique et plusieurs heures de pêche à la morue, le vent s’estompe largement et le fjord se lisse. Nous retentons.

Aucune difficulté, la navigation est facile. L’ambiance est très belle le long de la côte bien déchiquetée : le ciel est noir et des bancs de brouillard enveloppent les montagnes mais sur la mer tout est calme. L’après midi est bien avancé lorsque nous nous lançons dans une traversée de 5 km. Le jour décline, le vent se lève, la pluie recommence et nous ramons de plus belle pour vite atteindre la côte opposée. Sous une bonne pluie nous montons le camp à côté d’un troupeau de vaches, en face du village d’Igaliku dont nous captons le réseau et au passage les sms météos des parents.
Lundi 2 septembre Temps très couvert mais sans la pluie qui était pourtant annoncée. Nous gagnons Igaliku après 2h de navigation. Au milieu de beaux pâturages bien verts et bien plats (pour le pays) les petites maisons colorées ont leur charme. Au niveau de la centrale de panneau solaire nous accostons pour un portage de 1,5 km ponctué d’un lac de la même distance.

Nous savons maintenant qu’en transportant en deux fois nos affaires le calcul est simple : 3 km = 3h d’effort.

Nous atteignons le fjord pour le pique-nique qui est savouré sous un soleil inespéré. Il y a un petit sentiment de satisfaction : Narsarsuaq n’est qu’à 18 km de kayak, dans un fjord bien protégée et sans portage, nous considérons alors la traversée bouclée. Il nous reste donc 4 jours complets à combler d’explorations diverses à pied ou en kayak. Sans hésitation nous mettons le cap sur le fjord Qooqqut et de son front glaciaire pour rattraper un peu le manque d’icebergs plus au sud. A l’entrée de la vallée Qooqqut Kua, nous montons un camp dans une ambiance étrange : le décor est très minéral, de hautes faces rocheuses branlantes entourent le fjord, le delta de la rivière est immense et draine de l’eau grisâtre dans le fjord dont l’eau bleue charrie des icebergs d’une blancheur éclatante.

Dans ce décor irréel nous installons la tente au sommet d’une grande moraine pour s’abriter d’éventuelles chutes de pierre en provenance des pentes qui nous surplombent. Nous dégustons au réchaud les moules du jour. Exceptionnellement, comme le sol est fait de gravier, nous cuisinons dans le auvent de la tente pour gagner en sécurité, alors que jusqu’ici (et comme toujours) la cuisine était effectuée dans la chambre intérieure. Dans cet espace exigu, les flammes lèchent les parois du double toit et finissent par y faire un trou mais l’incendie est évité. C’est la première fois après des centaines de séances de cuisine sous tente qu’un incident m’arrive. Pas sûr donc, qu’utiliser le réchaud dans le auvent soit plus sûr que dans la tente en elle-même.
Mardi 3 septembre Nous partons pour une journée repos : randonner avec de petits sacs le long de la rivière. L’objectif est les deux immenses glaciers (dont nous ignorons les noms) en pied d’éléphants qui ferment la vallée. Nous traversons une petite forêt de bouleaux qui dépassent les 3-4 mètres, il serait possible de monter dans certains. Beaucoup de portions le long des blocs du lit de la rivière rendent la marche un peu compliquée.

Nous finissons par déboucher dans une gravière immense et tellement plate que nous avons l’impression qu’un rouleau compresseur est passé. Devant nous, deux immenses murailles glaciaires en arc de cercle soulèvent des grosses moraines.

Il se met à pleuvoir mais comme l’endroit est absolument atypique nous poursuivons. Nous sommes bientôt arrêtés par un grand lac rempli d’icebergs : il est alimenté par un bras mort du glacier Qooqqup. La tente n’est qu’à 15 kilomètres mais il nous faut penser à rentrer, le terrain n’est pas vraiment des plus déroulant. Le soir le mauvais temps se lève franchement, il pleut et tout est pris dans la brume. Dans les éboulis masqués par le brouillard qui menacent la tente, un animal (sûrement un logopède) émet de curieux sons assez effrayants ce qui, à la tombée de la nuit, n’est pas très rassurant !
Mercredi 4 septembre La pluie a cessé mais le ciel est très menaçant. Nous reprenons la mer en direction de la muraille du glacier mais nous sommes vite arrêtés par une multitude de morceaux de glace. Il n’empêche que cela fait plaisir de naviguer dans les petits chenaux d’eau perdus au milieu des glaces flottantes. Enfin quelques icebergs !

Vers le milieu de la matinée, nous reprenons la direction de Narsarsuaq où notre ultime portage nous attend du port de la «ville» jusqu’à l’auberge de jeunesse.

Nous nous arrêtons au Blue Ice café où Jacky , le propriétaire, nous explique qu’il n’a jamais vu aussi peu d’icebergs depuis 23 ans sur place. La faute aux tempêtes de cet hiver qui les ont tous fait dériver au large. Nous montons le camp derrière l’auberge de jeunesse tout en se préparant à une randonnée de deux jours dans les montagnes environnantes. La nuit, une grande aurore boréale traverse tout le ciel mais la lumière de la lune étant très forte, la couleur verte est plutôt pâle.
Jeudi 5 septembre Nous partons à pied avec nos sacs dans la vallée de l’hôpital. Nous visons l’extrémité de la bande de rochers au-dessus de Narsarsuaq qui est quand même à 25 km à vol d’oiseau. Le début de la randonnée est facile puisqu’il s’effectue d’abord sur un chemin carrossable puis sur un bon sentier. Ensuite dans les montagnes, la marche se complique : éboulis, tourbières, dalles moutonnées et multiples montées/descentes morainiques ponctuent le parcours. Mais à mesure que l’altitude s’élève la vue est de plus en plus grandiose sur les montagnes qui émergent de l’inlandsis. Notre chemin croise celui de 3 lièvres arctiques vraiment pas farouches.

Nous montons le camp en début d’après midi afin de continuer sans les sacs vers le point culminant de toutes ces collines. Sur la carte et même visuellement il n’est pas loin mais il nous faut 2h30 pour atteindre la côte 1102 m. La vue est alors magnifique et il s’en suit une longue pause contemplative sur les grands méandres glaciaires qui dégueulent de l’inlandsis entre d’immenses montagnes. C’est grandiose.

Long retour au camp que nous atteignons en même temps que les premières gouttes.
Vendredi 6 septembre A 6h au réveil le bruit des gouttes n’incite pas vraiment à sortir du duvet. Nous pensons alors au long retour sur Narsarsuaq qui nous attend sous la pluie. Mais à peine sortis de la tente la pluie s’arête et nous devinons que la journée sera belle au vu des nombreuses percées de ciel bleu qui apparaissent. Plutôt que de rentrer directement nous visons les falaises surplombant le front du glacier Qooqqup que nous avons presque atteint en kayak il y a 3 jours. Après une succession de ressauts plus moins raides et hauts nous débouchons sur la mer 200 m au dessus de la muraille de glace.

Quelle vue ! Cette fois, lorsque nous reprenons la marche vers Narsarsuaq, il règne alors une triste ambiance de fin de vacances. Pendant ces deux jours de randos juste derrière la ville, dans une zone cartographiée au 1/100 000, pourvue de chemins dont les descriptions sont affichées partout dans Narsarsuaq (Blue Ice cafe et à l’auberge) nous n’avons pas croisé ni aperçu une seule personne… A l’auberge nous passons notre première nuit dans un lit depuis le début de séjour. C’est aussi l’occasion de faire une activité très rare au Groenland : la conversation avec d’autres touristes.
Samedi 7 septembre Nous «visitons» Narsarsuaq le matin en attendant le vol à 12h20 pour Reykjavik. Nous nous retrouvons à l’estuaire de la rivière qui est en fait la décharge…. Mais surtout nous scrutons le ciel et ses bans de brouillard qui accrochent certaines montagnes. A l’aéroport l’avion est bien affiché à l’heure et à 12h20 nous embarquons. Arriver et repartir du Groenland sans retard avec tous ses bagages est toujours une petite victoire. En Islande, sous une légère bruine, nous parcourons à pied les quelques kilomètres qui séparent l’aéroport de Reykjavik de notre hôtel Travel Inn situé juste à côté du terminal de bus.
Dimanche 8 septembre Lever à 4h, nous prenons le bus de 4h30 pour rejoindre Keflavik. Les vols pour la France et en général pour toute l’Europe sont très matinaux : entre 7h et 9h. A Roissy, une mauvaise surprise nous attend : nous retrouvons sur le tapis le kayak mais pas 2ème sac. Heureusement que cette perte (sur un vol direct et sans retard) à lieu au retour ! Sans notre bagage nous retournons à Lyon en TGV. Enfin à 22h30 me voila à Chorges (05). Demain à 8h, il faudra aller au travail.
Vendredi 13 septembre 5 jours après l’arrivée, le second bagage arrive à mon domicile par Chronopost.
Faire du kayak gonflable dans le sud du Groenland La région est très accueillante, beaucoup de vallées sont bien vertes avec des petits arbres (bouleau rampant ou saule) il y a d’ailleurs souvent des moutons en semi-liberté. Les endroits pâturés, au pied des immenses montagnes, contrastent énormément avec la mer ou le décor glaciaire et minéral des sommets. Même si forcément on retrouve moins l’ambiance polaire des régions plus au nord, les montagnes de la pointe sud sont fantastiques. Ce sont soit de grandes tours de granit d’une pureté incroyable qui dépassent les 1000 m soit de grandes faces complexes toutes écroulées mais tout aussi esthétiques. Pagayer au milieu de ces géantes est à coup sur une expérience remarquable. Avantage ou inconvénient selon les points de vue, l’engagement dans la zone est assez limité puisqu’elle est parsemée de nombreux petits villages ou de fermes isolées. Il est donc facile de se ravitailler ou de capter du réseau (et la météo) entre deux passages un peu plus sauvages. Rares sont les jours où nous n’avons pas croisé un bateau de pêche. Malgré notre départ tardif dans la saison nous avons bénéficié de températures très clémentes bien plus agréables qu’à Ilulissat aux mêmes dates. Cette fois ci nous ne grelottions pas aux pauses pique-nique et n’étions pas cloitrés dans la tente le soir. De nombreux repas du soir ont pu être pris dehors et cela était fort agréable. Déguster son poisson et ses moules au feu sur des plages sauvages complètement seul est toujours un moment fort.
Sur ce voyage, pas la peine de tirer des comparaisons entre les kayaks gonflables et les kayaks rigides : vu le nombre de portages et puisque nous faisions une traversée, le gonflable était quasiment la seule embarcation qui nous permettait d’envisager ce parcours. Aussi, en tant que kayakiste «intermédiaire», en présence de houle ou de vent, il est très plaisant de se savoir dans une embarcation insubmersible et facile à remettre à flot. De plus, pour 20 kg dans un seul et même sac ils sont très facilement transportables. Ce poids «plume» et cette compacité pour un biplace de randonnée sont vraiment les atouts de ce gonflable. La zone de Nanortalik se prête très bien au kayak gonflable puisque du Tasermiut via des portages pas si longs il est possible de s’échapper du fjord (et d’en revenir) pour explorer les différents fjords encore plus à l’Est et qui sur la carte semblent très intéressants et bien sauvages. C’était notre premier voyage en combinaison sèche, là aussi la comparaison entre ce vêtement et le couple: pantalon néoprène + blousons de kayak est inutile. Pagayer en combinaison c’est tout simplement un autre sport : on est toujours sec, on a moins froid aux pauses, les embarquements/débarquements sont grandement facilités et on se sent un peu moins vulnérables loin des côtes. Bref une fois la facture digérée, ce n’est que du bonheur. Nous avions des Crocs™ pour protéger la chaussette de la combinaison, à refaire nous les prendrions 3 à 4 pointures au dessus de notre taille afin de pouvoir mettre plusieurs grosses chaussettes en laine sans avoir le pied compressé. Le voyage a couté 1800 euros de Paris à Paris avec notamment 1300 euros d’avion, 200 euros de bateau, 300 euros de courses et d’hôtels.
Le parcours Nous avons parcouru 270 km en kayak/portage et marché 3 journées complètes dans les montagnes à la fin de séjour.

La navigation dans cette zone très encaissée n’est pas piégeuse. La plupart du temps nous étions à plus de 50 km de la mer ouverte et de ses tourments. Evidemment pour éviter les caprices éoliens de l’après midi nous attaquions tous les jours les étapes de kayak tôt le matin (vers 7h). Cela permet également d’avoir l’après midi ou les températures sont plus agréables pour faire d’autres activités (pêches, rando, cuisine…). La principale «règle» de sécurité est d’avoir une bonne marge de temps afin de ne jamais hésiter à stopper la navigation dès que les conditions se dégradent. Viser 15 kilomètres (à vol d’oiseaux) par jour en moyenne est très raisonnable, en gonflable cela représente environ 4h à 5h de navigation effective. Il n’est pas très fatiguant d’en effectuer 20 à 25 lorsque les conditions sont bonnes et donc de prendre de l’avance (ou de rattraper son retard) du à une mauvaise météo.
Traversée en kayak Nanortalik-Narsarsuaq via le fjord Tasermiut
Un an après notre voyage en kayak gonflable à Disko au milieu des icebergs et des baleines nous sommes décidés pour retourner au Groenland. Dans ce pays grand comme quasiment 4 fois la France le choix de la « région » est un peu laborieux tant les possibilités sont nombreuses. Le fjord d’Uummannaq où je me suis rendu en hiver il y a 6 mois nous semble être formidable. Il y a un loueur (ce qui nous permettrait d’avoir un kayak rigide), des baleines, d’immenses montagnes et des icebergs en quantité. En revanche la zone est toujours sous le risque « imminent » d’un tsunami (pour une grande partie du nord du fjord). Nous craignons également l’immensité du fjord et son exposition au vent et à la houle avec en plus, selon le parcours de nombreuses traversées entre les îles dépassant les 10 km et nous ne sommes pas des kayakistes confirmés. Pour finir les températures à nos dates de congés (fin août et début septembre) risquent d’être déjà bien froides (-5/5°C) pour la pratique agréable d’un sport nautique.
Tout ceci considéré, nous continuons à imaginer des parcours avec Google Earth dans tout le pays mais les montagnes aux environs de Nanortalik sur la pointe sud du pays nous paraissent également vite idéales. Cette zone, bien desservie depuis Copenhague (vols directs !), possède de grands réseaux de fjords bien encaissés et donc protégés des caprices de la haute mer. Différents transferts en bateau proposés par la Disko Line permettent d’envisager des traversées plus ou moins longues entre les différents villages. Nous « dessinons » donc un parcours entre le village de Nanortalik et l’aéroport d’arrivée à Narsarsuaq.
Le fjord de Tasermiut apparait être le joyau du coin et ne pas s’y rendre serait bien dommage. Mais en aller-retour, visiter ce fjord nous ferait faire un détour de 140 km ! Le seul moyen d’y pagayer en restant dans les temps (15 jours de kayak) est de le parcourir en aller simple et donc de s’en échapper par la terre une fois au fond. La carte au 1/100 000e montre une vallée large et plate reliant le fond du fjord de Tasermiut à celui du Sondre Sermilik par un portage d’une petite vingtaine de kilomètres.
La traversée dans le sens Nanortalik>Narsarsuaq via le fjord de Tasermiut fait ainsi 240 km soit une bonne quinzaine de kilomètres obligatoires à effectuer pour les 15 jours de voyage. D’expérience cette distance est le compromis parfait entre les jours de rando, les jours d’avancée et la marge de sécurité. 3 portages jalonnent l’itinéraire pour un total de 30 km à effectuer à pied environ. Notre trajet passe par le village d’Ammasivik au kilomètre 160 où nous pourrons nous ravitailler. Nous ne sommes donc pas obligés d’emporter 15 jours de nourriture ce qui limite largement le poids et le volume des vivres à embarquer.
Le sud du Groenland présente également l’avantage d’avoir des températures clémentes même en septembre, pas d’ours polaire (surtout à la fin de l’été), des côtes très vertes qui contrastent avec la mer où les glaciers et de gros icebergs qui remontent depuis la côte Est le cap Farewell parfois jusqu’à Qaqortoq.
Le vol est donc réservé en mai pour la dernière semaine d’août et la première de septembre. Manque de chance, l’aller retour direct depuis Copenhague est hors de prix à nos dates mais en choisissant à l’aller un Copenhague- Narsarsuaq avec Air Greenland et un retour Narsarsuaq-Reykjavik avec Air Iceland le tarif devient plus raisonnable. C’est l’option que nous choisissons même si passer par Reykjavik complique un peu le voyage de retour sur Paris…. Depuis Narsarsuaq nous gagnerons Nanortalik en 6h de bateau. Ce trajet est réservé auprès de la Disko Line, 3 mois à l’avance, nous prenons les dernières places disponibles malgré des trajets presque quotidiens. Seulement 50 minutes séparent notre arrivée en avion et le départ du bateau mais normalement ce dernier attend les passagers… Nous prenons donc ce risque pour gagner du temps sur place. A Narsarsuaq, la présence de l’agence BlueIce tenue par un Français nous permettrait la location d’un kayak rigide mais avec 30 km de portage ce n’est pas envisageable c’est donc avec notre kayak gonflable biplace Gumotex Swing 2 que nous partons. C’est un kayak que je connais bien et avec lequel j’ai déjà effectué 2 voyages de plusieurs jours dans le grand Nord. Son seul véritable inconvénient est sa vitesse de croisière assez lente du fait de sa largeur importante et de son fond plat. Il est en revanche assez léger (14 kilos à vide) très très stable et comme tous les gonflables, facile à remettre à flot après un dessalage. C’est un kayak très robuste qui n’a d’ailleurs pas pris une ride en dépit de nombreux jours d’utilisation dans des conditions parfois rudes (gel, glace, transport en avion…) Pour un poids total de 20 kilos avec tous ses équipements : pagaies, pompe, jupes et gilets compris il remplit pile un sac de 150 l. Les autres 20 kilos que nous autorise la franchise bagage sont occupés par le matériel de camping (tente 3 saisons et duvet 0°C confort) et 8 kilos de nourriture (4 kilos de muesli maison, 3 kilos de semoule complète et 1 kilo de comté). Même si tout peut se procurer sur place, cette nourriture pratique en camping et goûteuse constitue tout de même un petit plus ! En vue du portage, tout est empaqueté dans un gros sac à dos de randonnée de100 litres qui pèse à lui seul 3 kilos à vide tout de même. Nous partons avec un réchaud multi combustible gaz/essence MSR ainsi qu’un second réchaud Trangia à alcool à brûler au cas où. Cette année, nous avons également investi dans des combinaisons étanches pour le confort et la sécurité. Du fait de leur volume et de leur poids nous n’osons pas les prendre comme « accessoire » de cabine, elles occupent donc la moitié de notre bagage à main. L’autre moitié est occupée par nos vêtements Nous partons à deux (nous sommes frères) et je connais un peu la région pour avoir déjà effectué un tour en kayak en 2015 du côté de Narsaq.
Mardi 20 août Réveil avec une petite boule au ventre après le boulot c’est le départ et un couac à une seule étape et tout le voyage tombe à l’eau. Mais la première partie s’effectue sans anicroches: Chorges (05)-parking de l’hôtel Ibis de Villeurbanne où nous laissons la voiture premier « portage » à pied de 3 km entre le parking et la gare de Lyon Part Dieu Lyon-Roissy en TGV Roissy-Copenhague en avion avec Air France et nous sommes à l’hôtel à Copenhague.
Mercredi 21 août A 12h nous décollons pour Narsarsuaq que nous atteignons à 13h après 5h d’avion. Ce vol direct est un plaisir par rapport à toutes les escales nécessaires pour se rendre à d’autres destinations du Groenland. Même pas fatigués par ce court voyage, nous embarquons à l’heure dans le bateau de la Disko Line. Et à 19h avec 45 minutes d’avance nous voilà au bout du pays, sur la pointe sud, à Nanortalik.
Il fait beau, doux et nous repérons à quelques encablures du port une collinette cachée pour installer la tente.

Le gros supermarché ferme à 18h mais un autre plus petit est toujours ouvert. Il ne nous manque pas grand-chose pour compléter nos vivres. Nous achetons des sauces, du salami, du beurre, des tortillas, des biscuits et un litre d’alcool à brûler. Nous prenons en tout 10 jours de vivres ce qui nous laisse un peu de marge pour atteindre Ammasivik situé à 160 km d’ici. Nous sommes donc presque prêts à partir mais nous n’avons pas trouvé de cartouche de gaz. La station essence nous permettrait de partir avec ce carburant mais nous voulons quand même tenter notre chance avec le gaz dans le gros magasin. C’est quand même plus pratique que l’essence à utiliser.
Jeudi 22 août A 7h, dès l’ouverture nous sommes au magasin et bonne pioche nous trouvons du gaz. Retour au port où nous gonflons le kayak.
Il a bien survécu au transport et à 9h nous pagayons en direction du fjord de Tasermiut sous un temps correct malgré un bon plafond nuageux. Comme constaté en bateau la veille, il n’y a pas un seul iceberg en vue. L’embouchure du fjord est pourtant une zone où beaucoup viennent se bloquer. C’est aussi un endroit où passent parfois des baleines de Minke et nous sommes aux aguets. Mais tandis que nous gagnons l’entrée du fjord aucun signe de vie animale n’est observé. Le fjord est très large et nous remontons sa rive Ouest puis, nous le traversons pour tenter de se protéger du petit vent arrière qui commence à se lever. A l’abri d’un cap, la pause midi est agréable, nous mangeons notre « ration » : deux tortillas avec du salami et du beurre puis une tasse de muesli.
Juste avant le village de Tasiusaq nous repérons un talus bien plat qui parait idéal pour le bivouac. Nous montons le camp vers 16h en face de nos premiers icebergs. La marée est basse et le coin est rempli de grosses moules. Nous en ramassons une pleine casserole. Le démarrage du réchaud est inquiétant, le gaz produit une minuscule flamme bleue avec laquelle nous mettons 1h15 pour faire bouillir 3 litres d’eau ! Nous essayons divers réglages et nettoyage mais rien n’y fait le réchaud ne tire pas. Nous nous servirons de l’alcool pour tout le reste du séjour…
Vendredi 23 août Nuit claire et beau temps à 6h au réveil. Nous reprenons notre route, les montagnes commencent à être spectaculaires notamment sur la rive Est où de grandes aiguilles de granit montent vers le ciel. A l’embouchure de la rivière Kuussuaq nous hésitons à nous arrêter : c’est ici qu’il faudrait franchir un isthme de 1 km pour rejoindre un grand lac dont l’extrémité Est est bordée de la forêt Qinngua. Cette forêt naturelle si particulière mérite apparemment une visite mais cela nous ferait faire un détour de 40 km. Les arbres n’étant pas la spécificité du pays nous décidons de tracer notre route.
Vers 13h nous atteignons la vallée de Qooromiut bordée d’une immense tour rocheuse : Ulamertorsuaq. C’est un bel endroit pour planter la tente et s’offrir une demi-journée de randonnée le long de la rivière qui coule dans la vallée.
La végétation est sublime, la toundra commence à se colorer de rouge et l’eau de la rivière est d’un bleu étincelant. Le ciel est noir et très menaçant mais il ne pleut pas, nous remontons la rive gauche de la rivière jusqu’à ce que l’heure nous rappelle. Nous constatons qu’au milieu des saules et des éboulis la progression n’est pas rapide ce qui nous laisse dubitatifs pour les 20 km du portage dans quelques jours. 23h30 quelque chose gratte vers les sacs stockés à l’extérieur de la tente. Je sors et partout où le faisceau de ma lampe éclaire, une paire d’yeux me fixe. Je compte 4 renards que j’effraie comme je peux jusqu’à leur terrier situé seulement à une centaine de mètres de la tente. 1h nouvelle visite du camp je sors à nouveau et la seule chose que je peux faire est d’obstruer pour la nuit l’entrée du terrier avec une pierre. 2h30 décidément la nuit va être longue, le terrier doit avoir plusieurs entrées puisque la pierre est toujours en place mais les renards toujours autour de la tente ! A coup de rame nous les repoussons à nouveau. Ils nous laisseront tranquilles.
Samedi 24 août La nuit n’a pas été reposante du tout. II y a un bon brouillard mais nous devinons que le ciel bleu n’est pas loin. Nous retirons la pierre du terrier et constatons effectivement un autre trou quelques mètres plus loin…Nous reprenons la mer et après 2 km nous sommes en vue de la célèbre montagne en forme de M : Nalumarsortoq.

Elle émerge du brouillard dans une forêt de pics tous plus beaux les uns que les autres. Nous regrettons de ne pas nous être arrêtés dans cette vallée hier. D’ailleurs de nombreuses tentes sont visibles, l’endroit est réputé. La météo n’incite pas à la randonnée et nous poursuivons en kayak vers le fond du fjord. Vers midi le temps se lève alors que nous atteignons la vallée de Klosterdalen. Au pied de l’immense face Ouest de la montagne Ketil nous montons la tente dans un endroit paradisiaque.


Il est encore tôt et nous partons à pied dans la vallée. Nous sommes vite entourés de hauts bouleaux qui nous dépassent largement. Visiblement il n’y a pas que dans la forêt de Qinngua qu’on peut voir de vrais arbres au Groenland. Battus par les vents leurs troncs sont très tortueux. De retour du camp, la marée est basse et nous ramassons des moules pour agrémenter notre semoule. La cuisine est faite au feu de bois sous le soleil couchant qui illumine les sommets de la rive opposés.
Dimanche 25 août Grand ciel bleu à 6h.
Au matin, le sommet de la montagne Ketil nous apparait pour la première fois et il est blanchi par la neige. Sa face de plus de 1400 m est vraiment impressionnante, dans presque toute sa diagonale, elle est balafrée par une grosse fissure type « âge de glace ». Le chargement du kayak est maintenant une routine. Sur le pont avant, le gros sac de rangement du kayak de 150 l qui contient le gros sac de randonnée de 100 l qui contient lui-même trois sacs étanches de 30 l : deux de nourritures et un d’outillage divers (popote, réchauds, outils, pharmacie…) Sur le pont arrière deux sacs étanches de 60 l contiennent les vêtements, les baskets, la tente et le gaz. Tout est attaché avec des sangles réglables fixées au kayak via la ligne de vie. C’est beaucoup plus pratique qu’avec les tendeurs que nous utilisions les années précédentes. A l’intérieur 2 autres petits bidons contiennent également de la nourriture, un troisième est rempli par les deux duvets. Les bidons sont un peu plus durs à caler et à remplir que les sacs qui sont plus souples. Mais ils ont l’avantage d’être hermétique à tout : eau et renards notamment et au fond du kayak il y a toujours un peu d’eau provenant de nos Crocs™ lors des embarquements. Le fond du fjord n’est plus très loin et l’immense muraille glaciaire qui le ferme commence à être bien nette. Pour la première fois du séjour nous naviguons sur une mer d’huile.
Nous sommes décidés à attaquer le portage dès aujourd’hui pour anticiper la difficulté que celui-ci pourrait représenter. Mais c’est quand même avec regrets que nous regardons les nombreuses pentes douces des montagnes de la rive Ouest qui doivent offrir des panoramas spectaculaires sur les versants à pics de la rive Est. Heureusement l’arrivée au fond du fjord nous console.
La muraille glaciaire est sublime, c’est un véritable mur de glace de 1000 m de haut et de 2 km de large qui descend presque jusqu’à la mer.
Le glacier Sermitsiaq est également grandiose avec toutes ses aiguilles qui jalonnent sa descente dans un lac. Il est 10h lorsque nous touchons la plage de la vallée Tillersuaq que nous allons devoir remonter à pied. Nous déchargeons toutes les affaires, plions le kayak et répartissons le tout dans les sacs à dos. Heureusement qu’il ne pleut pas ! 1h de rangement plus tard il faut se résigner tout ne tiendra pas dans les sacs à dos. Ce n’est pas la place qui manque mais le poids, les deux sacs à dos sont donnés pour 20 kg et nous les dépassons largement. Une rupture des bretelles serait bien compliquée à gérer. Nous devrons en plus des énormes sacs sur le dos porter les dernières bricoles à la main. Les sacs sont durs à soulever, leurs poids doit avoisiner les 30 kilos. Nous nous engageons dans la vallée, pour notre plus grand bonheur la végétation est très basse rendant la marche facile.
Le rythme s’installe : 15 à 20 minutes de marche avant que les épaules ne réclament une pause de 3 à 5 minutes. La vallée est très accueillante large, plate, très verte, avec sur les côtés des montagnes et des glaciers magnifiques.

Notre progression est plus rapide que nos estimations, sûrement aux alentours de 2.5 km/h et en début de soirée nous avons parcouru 12 km. Le coin est magnifique, une belle ambiance sauvage s’est installée. Nous sommes au col et nous distinguons à la fois les montagnes du Tasermiut et celles du Sondre Sermilik, c’est très beau.
Lundi 26 août 7 km nous séparent du fjord de Sondre Sermilik, nos sacs semblent plus lourds que la veille. Nous descendons le long de la rivière alternant les passages dans des saules un peu trop hauts, des tourbières peu commodes ou des gravières de la rivière.
Sur ces petits galets la marche se déroule bien. A chaque pas nous pensons tomber nez à nez avec des bœufs musqués. Quelques bêtes ont été introduites il y a 5 ans dans la vallée et nous rencontrons de nombreuses crottes et traces mais ils restent invisibles. L’arrivée sur le fjord est un grand moment. Le ciel ne pourrait pas être plus bleu lorsque nous débouchons sur une butte parfaitement plate qui surplombe le fjord d’une dizaine de mètres.

Un bivouac parfait. Il nous a fallu deux demi-journées pour effectuer le portage. Le dos bien fatigué nous partons pour le reste de l’après midi en randonnée sur le cap de la vallée Isortoq qui culmine à 500 m d’altitude.

La vue sur notre parcours à pied et les vallées environnantes est superbe.
Le repas du soir pris au coin du feu sur l’immense plage déserte de l’estuaire de la rivière est également un moment marquant du séjour.
Le vol est donc réservé en mai pour la dernière semaine d’août et la première de septembre. Manque de chance, l’aller retour direct depuis Copenhague est hors de prix à nos dates mais en choisissant à l’aller un Copenhague- Narsarsuaq avec Air Greenland et un retour Narsarsuaq-Reykjavik avec Air Iceland le tarif devient plus raisonnable. C’est l’option que nous choisissons même si passer par Reykjavik complique un peu le voyage de retour sur Paris…. Depuis Narsarsuaq nous gagnerons Nanortalik en 6h de bateau. Ce trajet est réservé auprès de la Disko Line, 3 mois à l’avance, nous prenons les dernières places disponibles malgré des trajets presque quotidiens. Seulement 50 minutes séparent notre arrivée en avion et le départ du bateau mais normalement ce dernier attend les passagers… Nous prenons donc ce risque pour gagner du temps sur place. A Narsarsuaq, la présence de l’agence BlueIce tenue par un Français nous permettrait la location d’un kayak rigide mais avec 30 km de portage ce n’est pas envisageable c’est donc avec notre kayak gonflable biplace Gumotex Swing 2 que nous partons. C’est un kayak que je connais bien et avec lequel j’ai déjà effectué 2 voyages de plusieurs jours dans le grand Nord. Son seul véritable inconvénient est sa vitesse de croisière assez lente du fait de sa largeur importante et de son fond plat. Il est en revanche assez léger (14 kilos à vide) très très stable et comme tous les gonflables, facile à remettre à flot après un dessalage. C’est un kayak très robuste qui n’a d’ailleurs pas pris une ride en dépit de nombreux jours d’utilisation dans des conditions parfois rudes (gel, glace, transport en avion…) Pour un poids total de 20 kilos avec tous ses équipements : pagaies, pompe, jupes et gilets compris il remplit pile un sac de 150 l. Les autres 20 kilos que nous autorise la franchise bagage sont occupés par le matériel de camping (tente 3 saisons et duvet 0°C confort) et 8 kilos de nourriture (4 kilos de muesli maison, 3 kilos de semoule complète et 1 kilo de comté). Même si tout peut se procurer sur place, cette nourriture pratique en camping et goûteuse constitue tout de même un petit plus ! En vue du portage, tout est empaqueté dans un gros sac à dos de randonnée de100 litres qui pèse à lui seul 3 kilos à vide tout de même. Nous partons avec un réchaud multi combustible gaz/essence MSR ainsi qu’un second réchaud Trangia à alcool à brûler au cas où. Cette année, nous avons également investi dans des combinaisons étanches pour le confort et la sécurité. Du fait de leur volume et de leur poids nous n’osons pas les prendre comme « accessoire » de cabine, elles occupent donc la moitié de notre bagage à main. L’autre moitié est occupée par nos vêtements Nous partons à deux (nous sommes frères) et je connais un peu la région pour avoir déjà effectué un tour en kayak en 2015 du côté de Narsaq.
Mardi 20 août Réveil avec une petite boule au ventre après le boulot c’est le départ et un couac à une seule étape et tout le voyage tombe à l’eau. Mais la première partie s’effectue sans anicroches: Chorges (05)-parking de l’hôtel Ibis de Villeurbanne où nous laissons la voiture premier « portage » à pied de 3 km entre le parking et la gare de Lyon Part Dieu Lyon-Roissy en TGV Roissy-Copenhague en avion avec Air France et nous sommes à l’hôtel à Copenhague.
Mercredi 21 août A 12h nous décollons pour Narsarsuaq que nous atteignons à 13h après 5h d’avion. Ce vol direct est un plaisir par rapport à toutes les escales nécessaires pour se rendre à d’autres destinations du Groenland. Même pas fatigués par ce court voyage, nous embarquons à l’heure dans le bateau de la Disko Line. Et à 19h avec 45 minutes d’avance nous voilà au bout du pays, sur la pointe sud, à Nanortalik.

Il fait beau, doux et nous repérons à quelques encablures du port une collinette cachée pour installer la tente.

Le gros supermarché ferme à 18h mais un autre plus petit est toujours ouvert. Il ne nous manque pas grand-chose pour compléter nos vivres. Nous achetons des sauces, du salami, du beurre, des tortillas, des biscuits et un litre d’alcool à brûler. Nous prenons en tout 10 jours de vivres ce qui nous laisse un peu de marge pour atteindre Ammasivik situé à 160 km d’ici. Nous sommes donc presque prêts à partir mais nous n’avons pas trouvé de cartouche de gaz. La station essence nous permettrait de partir avec ce carburant mais nous voulons quand même tenter notre chance avec le gaz dans le gros magasin. C’est quand même plus pratique que l’essence à utiliser.
Jeudi 22 août A 7h, dès l’ouverture nous sommes au magasin et bonne pioche nous trouvons du gaz. Retour au port où nous gonflons le kayak.

Il a bien survécu au transport et à 9h nous pagayons en direction du fjord de Tasermiut sous un temps correct malgré un bon plafond nuageux. Comme constaté en bateau la veille, il n’y a pas un seul iceberg en vue. L’embouchure du fjord est pourtant une zone où beaucoup viennent se bloquer. C’est aussi un endroit où passent parfois des baleines de Minke et nous sommes aux aguets. Mais tandis que nous gagnons l’entrée du fjord aucun signe de vie animale n’est observé. Le fjord est très large et nous remontons sa rive Ouest puis, nous le traversons pour tenter de se protéger du petit vent arrière qui commence à se lever. A l’abri d’un cap, la pause midi est agréable, nous mangeons notre « ration » : deux tortillas avec du salami et du beurre puis une tasse de muesli.

Juste avant le village de Tasiusaq nous repérons un talus bien plat qui parait idéal pour le bivouac. Nous montons le camp vers 16h en face de nos premiers icebergs. La marée est basse et le coin est rempli de grosses moules. Nous en ramassons une pleine casserole. Le démarrage du réchaud est inquiétant, le gaz produit une minuscule flamme bleue avec laquelle nous mettons 1h15 pour faire bouillir 3 litres d’eau ! Nous essayons divers réglages et nettoyage mais rien n’y fait le réchaud ne tire pas. Nous nous servirons de l’alcool pour tout le reste du séjour…

Vendredi 23 août Nuit claire et beau temps à 6h au réveil. Nous reprenons notre route, les montagnes commencent à être spectaculaires notamment sur la rive Est où de grandes aiguilles de granit montent vers le ciel. A l’embouchure de la rivière Kuussuaq nous hésitons à nous arrêter : c’est ici qu’il faudrait franchir un isthme de 1 km pour rejoindre un grand lac dont l’extrémité Est est bordée de la forêt Qinngua. Cette forêt naturelle si particulière mérite apparemment une visite mais cela nous ferait faire un détour de 40 km. Les arbres n’étant pas la spécificité du pays nous décidons de tracer notre route.

Vers 13h nous atteignons la vallée de Qooromiut bordée d’une immense tour rocheuse : Ulamertorsuaq. C’est un bel endroit pour planter la tente et s’offrir une demi-journée de randonnée le long de la rivière qui coule dans la vallée.

La végétation est sublime, la toundra commence à se colorer de rouge et l’eau de la rivière est d’un bleu étincelant. Le ciel est noir et très menaçant mais il ne pleut pas, nous remontons la rive gauche de la rivière jusqu’à ce que l’heure nous rappelle. Nous constatons qu’au milieu des saules et des éboulis la progression n’est pas rapide ce qui nous laisse dubitatifs pour les 20 km du portage dans quelques jours. 23h30 quelque chose gratte vers les sacs stockés à l’extérieur de la tente. Je sors et partout où le faisceau de ma lampe éclaire, une paire d’yeux me fixe. Je compte 4 renards que j’effraie comme je peux jusqu’à leur terrier situé seulement à une centaine de mètres de la tente. 1h nouvelle visite du camp je sors à nouveau et la seule chose que je peux faire est d’obstruer pour la nuit l’entrée du terrier avec une pierre. 2h30 décidément la nuit va être longue, le terrier doit avoir plusieurs entrées puisque la pierre est toujours en place mais les renards toujours autour de la tente ! A coup de rame nous les repoussons à nouveau. Ils nous laisseront tranquilles.
Samedi 24 août La nuit n’a pas été reposante du tout. II y a un bon brouillard mais nous devinons que le ciel bleu n’est pas loin. Nous retirons la pierre du terrier et constatons effectivement un autre trou quelques mètres plus loin…Nous reprenons la mer et après 2 km nous sommes en vue de la célèbre montagne en forme de M : Nalumarsortoq.

Elle émerge du brouillard dans une forêt de pics tous plus beaux les uns que les autres. Nous regrettons de ne pas nous être arrêtés dans cette vallée hier. D’ailleurs de nombreuses tentes sont visibles, l’endroit est réputé. La météo n’incite pas à la randonnée et nous poursuivons en kayak vers le fond du fjord. Vers midi le temps se lève alors que nous atteignons la vallée de Klosterdalen. Au pied de l’immense face Ouest de la montagne Ketil nous montons la tente dans un endroit paradisiaque.


Il est encore tôt et nous partons à pied dans la vallée. Nous sommes vite entourés de hauts bouleaux qui nous dépassent largement. Visiblement il n’y a pas que dans la forêt de Qinngua qu’on peut voir de vrais arbres au Groenland. Battus par les vents leurs troncs sont très tortueux. De retour du camp, la marée est basse et nous ramassons des moules pour agrémenter notre semoule. La cuisine est faite au feu de bois sous le soleil couchant qui illumine les sommets de la rive opposés.
Dimanche 25 août Grand ciel bleu à 6h.
Au matin, le sommet de la montagne Ketil nous apparait pour la première fois et il est blanchi par la neige. Sa face de plus de 1400 m est vraiment impressionnante, dans presque toute sa diagonale, elle est balafrée par une grosse fissure type « âge de glace ». Le chargement du kayak est maintenant une routine. Sur le pont avant, le gros sac de rangement du kayak de 150 l qui contient le gros sac de randonnée de 100 l qui contient lui-même trois sacs étanches de 30 l : deux de nourritures et un d’outillage divers (popote, réchauds, outils, pharmacie…) Sur le pont arrière deux sacs étanches de 60 l contiennent les vêtements, les baskets, la tente et le gaz. Tout est attaché avec des sangles réglables fixées au kayak via la ligne de vie. C’est beaucoup plus pratique qu’avec les tendeurs que nous utilisions les années précédentes. A l’intérieur 2 autres petits bidons contiennent également de la nourriture, un troisième est rempli par les deux duvets. Les bidons sont un peu plus durs à caler et à remplir que les sacs qui sont plus souples. Mais ils ont l’avantage d’être hermétique à tout : eau et renards notamment et au fond du kayak il y a toujours un peu d’eau provenant de nos Crocs™ lors des embarquements. Le fond du fjord n’est plus très loin et l’immense muraille glaciaire qui le ferme commence à être bien nette. Pour la première fois du séjour nous naviguons sur une mer d’huile.

Nous sommes décidés à attaquer le portage dès aujourd’hui pour anticiper la difficulté que celui-ci pourrait représenter. Mais c’est quand même avec regrets que nous regardons les nombreuses pentes douces des montagnes de la rive Ouest qui doivent offrir des panoramas spectaculaires sur les versants à pics de la rive Est. Heureusement l’arrivée au fond du fjord nous console.

La muraille glaciaire est sublime, c’est un véritable mur de glace de 1000 m de haut et de 2 km de large qui descend presque jusqu’à la mer.

Le glacier Sermitsiaq est également grandiose avec toutes ses aiguilles qui jalonnent sa descente dans un lac. Il est 10h lorsque nous touchons la plage de la vallée Tillersuaq que nous allons devoir remonter à pied. Nous déchargeons toutes les affaires, plions le kayak et répartissons le tout dans les sacs à dos. Heureusement qu’il ne pleut pas ! 1h de rangement plus tard il faut se résigner tout ne tiendra pas dans les sacs à dos. Ce n’est pas la place qui manque mais le poids, les deux sacs à dos sont donnés pour 20 kg et nous les dépassons largement. Une rupture des bretelles serait bien compliquée à gérer. Nous devrons en plus des énormes sacs sur le dos porter les dernières bricoles à la main. Les sacs sont durs à soulever, leurs poids doit avoisiner les 30 kilos. Nous nous engageons dans la vallée, pour notre plus grand bonheur la végétation est très basse rendant la marche facile.

Le rythme s’installe : 15 à 20 minutes de marche avant que les épaules ne réclament une pause de 3 à 5 minutes. La vallée est très accueillante large, plate, très verte, avec sur les côtés des montagnes et des glaciers magnifiques.

Notre progression est plus rapide que nos estimations, sûrement aux alentours de 2.5 km/h et en début de soirée nous avons parcouru 12 km. Le coin est magnifique, une belle ambiance sauvage s’est installée. Nous sommes au col et nous distinguons à la fois les montagnes du Tasermiut et celles du Sondre Sermilik, c’est très beau.

Lundi 26 août 7 km nous séparent du fjord de Sondre Sermilik, nos sacs semblent plus lourds que la veille. Nous descendons le long de la rivière alternant les passages dans des saules un peu trop hauts, des tourbières peu commodes ou des gravières de la rivière.

Sur ces petits galets la marche se déroule bien. A chaque pas nous pensons tomber nez à nez avec des bœufs musqués. Quelques bêtes ont été introduites il y a 5 ans dans la vallée et nous rencontrons de nombreuses crottes et traces mais ils restent invisibles. L’arrivée sur le fjord est un grand moment. Le ciel ne pourrait pas être plus bleu lorsque nous débouchons sur une butte parfaitement plate qui surplombe le fjord d’une dizaine de mètres.

Un bivouac parfait. Il nous a fallu deux demi-journées pour effectuer le portage. Le dos bien fatigué nous partons pour le reste de l’après midi en randonnée sur le cap de la vallée Isortoq qui culmine à 500 m d’altitude.

La vue sur notre parcours à pied et les vallées environnantes est superbe.

Le repas du soir pris au coin du feu sur l’immense plage déserte de l’estuaire de la rivière est également un moment marquant du séjour.
Kayaking in Greenland - Disko Bay: Tour of Arve Princess Island
Thanks for your message—so glad everything went well for you! Looks like the sun showed up for the meet-up. After a lot of hesitation, we ended up going to Nanortalik and the Tasermiut Fjord. Such a beautiful spot too! We were much less cold than in Disko last year!
Kayaking in Greenland - Disko Bay: Arve Princess Island circuit
Groenland en ski / pulka: fjord d'Uummannaq - péninsule de Nugssuaq
Oui il faudrait tester le sous sac en France, c'est peut être efficace mais en terme de confort ça doit être un peu limite...
En tout cas, 3 mois plus tard le SAV du fournisseur a bien fonctionné, le sac de couchage a été intégralement remboursé....
Kayaking in Greenland - Disko Bay: tour of Arve Princess Island
Neoprene gloves or even fleece ones can be enough.
Otherwise, for the bags, we had a bit over 120 liters of waterproof storage per person, and we were relatively comfortable. That included two 25-liter containers, which were quite handy—at least for sleeping bags and a change of clothes (you know they’ll stay safe and dry, no risk of holes or leaks).
Try to stack your gear in pyramids on the front and back decks. For example, two 60-liter bags with a third one between them, or three 60-liter bags with two on top. You might need to add extra straps (available from Gumotex) and bring extra bungee cords.
There’s a campsite in Ilulissat up on the hillside—from what I remember, the harbor area is really tight and enclosed, so I don’t think pitching a tent there would work. You could probably leave a tent without issues, but there are still a few stray dogs roaming around untied. That worried me the most. For three days, I’d still head toward the airport or a quieter spot. As for taxis, I’d say it’s like in France: about 10 € for a trip from the city center to the airport. I don’t see another way to do it with all the gear—unless you want to make a bunch of round trips...
You might be able to stash your travel bags near the airport in some rock piles...
This summer, yes—we just bought our tickets. We’re doing Nanortalik to Narsarsuaq in an inflatable at the end of August. Hopefully, the temperatures will be better than around Ilulissat since we’re heading back at the end of August/early September.
There’s a campsite in Ilulissat up on the hillside—from what I remember, the harbor area is really tight and enclosed, so I don’t think pitching a tent there would work. You could probably leave a tent without issues, but there are still a few stray dogs roaming around untied. That worried me the most. For three days, I’d still head toward the airport or a quieter spot. As for taxis, I’d say it’s like in France: about 10 € for a trip from the city center to the airport. I don’t see another way to do it with all the gear—unless you want to make a bunch of round trips...
You might be able to stash your travel bags near the airport in some rock piles...
This summer, yes—we just bought our tickets. We’re doing Nanortalik to Narsarsuaq in an inflatable at the end of August. Hopefully, the temperatures will be better than around Ilulissat since we’re heading back at the end of August/early September.
Kayaking in Greenland - Disko Bay: Tour of Arve Princess Island
Hi there,
No, in a dry suit I don’t think boots are useful. Personally, I bought a pair, but for my next trip, I’ll go with Crocs for kayaking and sneakers for hiking.
The issue with the skirts was the combined effect of the bags on deck, the waves, and the kayaker’s movement—when it’s windy, you’ve got to paddle harder!
Poggies, right? I find them really handy. Tying rope to your paddle must feel nice because frozen aluminum is *so* cold...
https://www.nootica.fr/canoe-kayak/equipement-du-kayakiste/gant-et-manchon/manchon/manchons-hiko-nylon.html?referer=gshopping&gclid=EAIaIQobChMI3fOB_63L4gIVhynTCh22nwigEAYYAyABEgLvwfD_BwE
For the bags, we had 30 L Decathlon dry bags as carry-on—they worked for both kayaking and hiking. In the hold, we had a big fabric travel bag that we stuffed into the bottom of the kayak during the trip. If you can leave it somewhere at your starting point, that could be really convenient...
Groenland en ski / pulka: fjord d'Uummannaq - péninsule de Nugssuaq
c'était un sac de couchage en plume : le thor de valandré
Kayak dans la baie du Prince-William en Alaska
Bonjour
Je n'ai jamais utilisé de GPS de smartphone donc je ne sais pas. Le premier prix Garmin genre etrex 20 est peut être plus fiable en terme de batterie et de résistance aux éclaboussures...
La carte est en vente ici
https://nostromoweb.fr/fr/cartes-randonnee/prince-william-sound-west/
pour les ours non je ne pense pas que cela est indispensable c’était juste pour dormir plus sereinement ...
Pierre
Je n'ai jamais utilisé de GPS de smartphone donc je ne sais pas. Le premier prix Garmin genre etrex 20 est peut être plus fiable en terme de batterie et de résistance aux éclaboussures...
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pour les ours non je ne pense pas que cela est indispensable c’était juste pour dormir plus sereinement ...
Pierre
Groenland en ski / pulka: fjord d'Uummannaq - péninsule de Nugssuaq
Merci pour vos messages.
Lors, ce voyage on n'avait pas de clôture électrique, la neige (surtout très légère et peu humide) isole de l’électricité. La chose qui touche le fil prend le jus que si elle repose sur quelque chose de conducteur (comme de la terre). Puis ça doit être en plus compliqué de gérer une batterie (de voiture) par ces températures.
On avait juste des détecteurs qui étaient juste censés nous réveiller. A 90 decibels peut être que ça peut en plus effrayer un animal mais de toute façon ils n'ont pas fonctionné (trop de faux positifs sous -20°C)
Le top serait d'avoir les deux systèmes, quelque chose qui empêche l'accès physique à la tente et autre chose pour être prévenu q'un animal rode...
Il y'a des alarmes avec des pétards pour à la fois réveiller et effrayer mais c'est interdit en avion...
Et pour la bouillotte, peut être qu'avec une petite bouteille métallique on pourrait faire quelque chose mais dans le duvet on pas spécialement froid











