Discussions started by Blue439
4 results on this page.
More options
Many results are in French, the community’s main language. English translations are added over time.
Search results
Quarante ans après, retour en Sardaigne sur les traces de mon passé
Je pense que, pour des raisons instinctives d’auto-protection, l’être humain n’est pas conçu pour intégrer par défaut des notions comme «plus jamais», car de telles pensées nous renvoient à la fragilité et, somme toute, à la brièveté de notre existence sur cette Terre. Elles sont génératrices de mélancolie, voire de déprime, états que l’être humain en bonne santé est programmé pour écarter autant que possible de sa route, à telle enseigne que, lorsqu’un tel état s’installe, s’installe avec lui, bien souvent, la pathologie correspondante.
Tout cela pour dire que, lorsque nous nous trouvons devant un paysage, un spectacle, un événement merveilleux, magnifique, émouvant, nous ressentons instinctivement que ce à quoi nous assistons va nous laisser un souvenir, une émotion durables, mais, au moment de nous détourner à regret pour poursuivre notre chemin, nous ne nous disons pas «plus jamais je ne verrai cet endroit» ou «je viens de voir le Soleil se coucher sur Bagan pour la dernière fois de ma vie… Demain, je reprends l’avion pour la France et je ne reviendrai plus jamais ici».
La plupart d’entre nous ne sommes pas «construits» pour nous dire ce genre de chose. Nous sommes programmés pour voir plutôt le bon côté des choses, pour profiter de la vie et de l’instant présent, voire pour anticiper les joies que recèle l’avenir («je suis impatient qu’arrive tel moment, car c’est alors que je partirai faire ce merveilleux voyage…»), et ce n’est que lorsque l’on prend conscience qu’on est maintenant plus proche de la fin de sa vie que du début, que l’on se remémore parfois quelque souvenir poignant, en se disant «hélas ! plus jamais je ne reverrai cet endroit…». Et, bien souvent, c’est malheureusement vrai.
Étant à peu près normalement constitué, je ne suis pas spécialement plus enclin à la nostalgie que mon prochain. Néanmoins, ce fut bien la nostalgie qui, au printemps 2015, me poussa à retourner en Sardaigne, avec pour principal objectif le fait de «revoir une dernière fois la baie de Cala Garibaldi à Caprera».
Comme vous en avez sûrement déjà marre de ma philosophie de comptoir, je ne vais pas épiloguer —en tous cas, pas trop longtemps. Je dirai donc seulement que, sur l’île paradisiaque de Caprera, au nord-est de la Sardaigne, fut créé dans les années cinquante un village de cases tahitiennes du Club Méditerranée, comme on appelait à l’époque ce que les paresseux d’aujourd’hui écrivent Club Med, puisqu’il faut, toujours et partout, «faire court», débordés que nous sommes par les multiples fragments d’activités entrecoupés de SMS, qui nous conduisent à un train d’enfer vers le jour de notre mort, sans même que nous ayons pris le temps de profiter… du temps qui passe, justement.
Mais je m’égare, une fois de plus.
Village du Club Med, disais-je donc. Moi, jeune ado de 14 ans passionné de voile, j’y fis en famille plusieurs séjours de deux bons mois à chaque fois, et pendant plusieurs années. Il y eut aussi la Corse, la Toscane, la Sicile, mais Caprera et la Sardaigne me marquèrent particulièrement, peut-être parce que c’est là que je vécus mes instants sportifs les plus intenses, que j’appris à naviguer dans le gros temps avec un marin qui allait devenir, quelques années plus tard, skipper de la course autour du monde, et là que je devins, à 14 ans donc, le plus jeune moniteur de voile que le Club ait jamais connu. On imagine la fierté du gamin…
Or donc, au début de l’année 2015, par le plus grand des hasards, j’appris que l’exploitation du village de Caprera avait cessé depuis plusieurs années et que tout était abandonné, laissé en l’état, sans espoir d’y faire quoi que ce soit d’autre puisque le lieu était désormais inclus dans le périmètre d’un parc naturel. La seule option était de tout détruire afin de remettre les lieux dans l’état d’origine, et bien entendu, les fonds pour ce faire manquaient.
Donc, «mon» village de Caprera pourrissait depuis déjà sept ans, sa merveilleuse baie, avec sa petite île posée au milieu, abandonnée de tous.
L’idée me vint aussitôt… que dis-je, l’ardente nécessité se fit jour aussitôt en moi: je devais retourner à Caprera pour documenter photographiquement («en mode urbex», comme diraient les jeunes d’aujourd’hui) le coin de paradis où j’avais été si heureux et si insouciant, près d’un demi-siècle auparavant.
Il me restait des photos de l’époque, photos prises par ma mère ou achetées au photographe du village (en noir-et-blanc, dans ce dernier cas), et en combinant ce qu’elles me montraient, et ce que je découvrais en utilisant les ressources de l’internet, j’acquis la seule certitude qui m’importait: il ne devait pas être difficile d’accéder physiquement dans l’enceinte du village défunt. Par exemple, depuis la plage, seule une frêle barrière en plastique souple d’un mètre de haut en défendait l’accès. J’emporterais mon fidèle Leatherman, et mon non moins fidèle Laguiole, et s’il le fallait, je saurais me servir des deux pour commettre la violation de propriété privée que j’étais tout prêt à assumer dans l’intérêt du devoir de mémoire!
J’arrivai donc en Sardaigne, et plus précisément à l’aéroport d’Alghero (grand merci au passage à Kate, dont le très joli carnet de voyage sur cette ville et ses environs m’a donné l’idée d’écrire celui-ci !), un jour de semaine parfaitement banal (et choisi comme tel) à la fin d’avril 2015. Trop tôt dans la saison pour que les premiers vacanciers soient déjà là pour s’intéresser à mes activités, mais assez tard quand même pour être quasiment assuré d’une météo typiquement sarde : soleil et belle lumière… si ce n’est qu’en débarquant de Lyon, où il faisait grand soleil, ce fut la pluie qui m’accueillit!
Je ne demeurai pas à Alghero : pour moi, de tous temps, cette ville n’avait été qu’un aéroport. Je pris aussitôt la route, au volant de ma voiture de location, destination le port de Palau, sur la côte nord-est. En chemin, je fus frappé par la magnifique perspective qui s’ouvrait depuis la nationale sur la basilique Santa Trinità di Saccargia, presque oubliée au milieu de la campagne, et dont la beauté sereine, mais aussi la triste décrépitude, me convainquirent de m’arrêter pour faire quelques photos, en profitant d’une miraculeuse éclaircie.
1. Une magnifique "casa cantoniera" abandonnée:
2 et 3. La basilique perdue au milieu des champs...


Tout cela pour dire que, lorsque nous nous trouvons devant un paysage, un spectacle, un événement merveilleux, magnifique, émouvant, nous ressentons instinctivement que ce à quoi nous assistons va nous laisser un souvenir, une émotion durables, mais, au moment de nous détourner à regret pour poursuivre notre chemin, nous ne nous disons pas «plus jamais je ne verrai cet endroit» ou «je viens de voir le Soleil se coucher sur Bagan pour la dernière fois de ma vie… Demain, je reprends l’avion pour la France et je ne reviendrai plus jamais ici».
La plupart d’entre nous ne sommes pas «construits» pour nous dire ce genre de chose. Nous sommes programmés pour voir plutôt le bon côté des choses, pour profiter de la vie et de l’instant présent, voire pour anticiper les joies que recèle l’avenir («je suis impatient qu’arrive tel moment, car c’est alors que je partirai faire ce merveilleux voyage…»), et ce n’est que lorsque l’on prend conscience qu’on est maintenant plus proche de la fin de sa vie que du début, que l’on se remémore parfois quelque souvenir poignant, en se disant «hélas ! plus jamais je ne reverrai cet endroit…». Et, bien souvent, c’est malheureusement vrai.
Étant à peu près normalement constitué, je ne suis pas spécialement plus enclin à la nostalgie que mon prochain. Néanmoins, ce fut bien la nostalgie qui, au printemps 2015, me poussa à retourner en Sardaigne, avec pour principal objectif le fait de «revoir une dernière fois la baie de Cala Garibaldi à Caprera».
Comme vous en avez sûrement déjà marre de ma philosophie de comptoir, je ne vais pas épiloguer —en tous cas, pas trop longtemps. Je dirai donc seulement que, sur l’île paradisiaque de Caprera, au nord-est de la Sardaigne, fut créé dans les années cinquante un village de cases tahitiennes du Club Méditerranée, comme on appelait à l’époque ce que les paresseux d’aujourd’hui écrivent Club Med, puisqu’il faut, toujours et partout, «faire court», débordés que nous sommes par les multiples fragments d’activités entrecoupés de SMS, qui nous conduisent à un train d’enfer vers le jour de notre mort, sans même que nous ayons pris le temps de profiter… du temps qui passe, justement.
Mais je m’égare, une fois de plus.
Village du Club Med, disais-je donc. Moi, jeune ado de 14 ans passionné de voile, j’y fis en famille plusieurs séjours de deux bons mois à chaque fois, et pendant plusieurs années. Il y eut aussi la Corse, la Toscane, la Sicile, mais Caprera et la Sardaigne me marquèrent particulièrement, peut-être parce que c’est là que je vécus mes instants sportifs les plus intenses, que j’appris à naviguer dans le gros temps avec un marin qui allait devenir, quelques années plus tard, skipper de la course autour du monde, et là que je devins, à 14 ans donc, le plus jeune moniteur de voile que le Club ait jamais connu. On imagine la fierté du gamin…
Or donc, au début de l’année 2015, par le plus grand des hasards, j’appris que l’exploitation du village de Caprera avait cessé depuis plusieurs années et que tout était abandonné, laissé en l’état, sans espoir d’y faire quoi que ce soit d’autre puisque le lieu était désormais inclus dans le périmètre d’un parc naturel. La seule option était de tout détruire afin de remettre les lieux dans l’état d’origine, et bien entendu, les fonds pour ce faire manquaient.
Donc, «mon» village de Caprera pourrissait depuis déjà sept ans, sa merveilleuse baie, avec sa petite île posée au milieu, abandonnée de tous.
L’idée me vint aussitôt… que dis-je, l’ardente nécessité se fit jour aussitôt en moi: je devais retourner à Caprera pour documenter photographiquement («en mode urbex», comme diraient les jeunes d’aujourd’hui) le coin de paradis où j’avais été si heureux et si insouciant, près d’un demi-siècle auparavant.
Il me restait des photos de l’époque, photos prises par ma mère ou achetées au photographe du village (en noir-et-blanc, dans ce dernier cas), et en combinant ce qu’elles me montraient, et ce que je découvrais en utilisant les ressources de l’internet, j’acquis la seule certitude qui m’importait: il ne devait pas être difficile d’accéder physiquement dans l’enceinte du village défunt. Par exemple, depuis la plage, seule une frêle barrière en plastique souple d’un mètre de haut en défendait l’accès. J’emporterais mon fidèle Leatherman, et mon non moins fidèle Laguiole, et s’il le fallait, je saurais me servir des deux pour commettre la violation de propriété privée que j’étais tout prêt à assumer dans l’intérêt du devoir de mémoire!
J’arrivai donc en Sardaigne, et plus précisément à l’aéroport d’Alghero (grand merci au passage à Kate, dont le très joli carnet de voyage sur cette ville et ses environs m’a donné l’idée d’écrire celui-ci !), un jour de semaine parfaitement banal (et choisi comme tel) à la fin d’avril 2015. Trop tôt dans la saison pour que les premiers vacanciers soient déjà là pour s’intéresser à mes activités, mais assez tard quand même pour être quasiment assuré d’une météo typiquement sarde : soleil et belle lumière… si ce n’est qu’en débarquant de Lyon, où il faisait grand soleil, ce fut la pluie qui m’accueillit!
Je ne demeurai pas à Alghero : pour moi, de tous temps, cette ville n’avait été qu’un aéroport. Je pris aussitôt la route, au volant de ma voiture de location, destination le port de Palau, sur la côte nord-est. En chemin, je fus frappé par la magnifique perspective qui s’ouvrait depuis la nationale sur la basilique Santa Trinità di Saccargia, presque oubliée au milieu de la campagne, et dont la beauté sereine, mais aussi la triste décrépitude, me convainquirent de m’arrêter pour faire quelques photos, en profitant d’une miraculeuse éclaircie.
1. Une magnifique "casa cantoniera" abandonnée:

2 et 3. La basilique perdue au milieu des champs...


Astrophoto et voie lactée
Bonjour à toutes et à tous,
Pendant les prochaines vacances d'été, j'aimerais m'essayer à la photographie astronomique, oh! bien modestement, tout simplement en photographiant la Voie lactée. Pas besoin de télescope ni de beaucoup de matériel spécialisé, même s'il est préférable d'en avoir quand même un peu... Le principal est de photographier dans un lieu le plus à l'abri possible de la pollution lumineuse, ce qui nous est interdit au voisinage des grandes métropoles dans ou près desquelles nous habitons souvent.
Je me suis déjà bien documenté sur ce sujet tout nouveau pour moi, mais je serai ravi de lire vos conseils, vos anecdotes, vos recommandations, et bien sûr d'admirer vos photos, si toutefois il se trouve sur VF des pratiquants de cette spécialité...
Merci d'avance à tout le monde !
Pendant les prochaines vacances d'été, j'aimerais m'essayer à la photographie astronomique, oh! bien modestement, tout simplement en photographiant la Voie lactée. Pas besoin de télescope ni de beaucoup de matériel spécialisé, même s'il est préférable d'en avoir quand même un peu... Le principal est de photographier dans un lieu le plus à l'abri possible de la pollution lumineuse, ce qui nous est interdit au voisinage des grandes métropoles dans ou près desquelles nous habitons souvent.
Je me suis déjà bien documenté sur ce sujet tout nouveau pour moi, mais je serai ravi de lire vos conseils, vos anecdotes, vos recommandations, et bien sûr d'admirer vos photos, si toutefois il se trouve sur VF des pratiquants de cette spécialité...
Merci d'avance à tout le monde !
Séjour sud Pérou + Tiahuanaco (Bolivie)
Bonjour,
Nous réfléchissons à un séjour centré sur le sud-Perou, mais je souhaite aussi visiter le site de Tiahuanaco en Bolivie, mes lectures de Robert Charroux quand j'étais ado ayant laissé des traces... 😉
Donc, imaginons que nous sommes à Cusco. De là, nous pourrions facilement aller à Puno en prenant le train Andean Explorer. Ensuite, de Puno, est-il selon votre expérience possible de louer une voiture pour aller en Bolivie, visiter Tiahuanaco et revenir le lendemain à Puno?
De retour à Puno, nous pourrions ensuite voir le lac Titicaca, puis retourner en avion à Cuzco.
Tout cela est-il faisable, selon vous?
Merci d'avance pour vos avis éclairés.
Nous réfléchissons à un séjour centré sur le sud-Perou, mais je souhaite aussi visiter le site de Tiahuanaco en Bolivie, mes lectures de Robert Charroux quand j'étais ado ayant laissé des traces... 😉
Donc, imaginons que nous sommes à Cusco. De là, nous pourrions facilement aller à Puno en prenant le train Andean Explorer. Ensuite, de Puno, est-il selon votre expérience possible de louer une voiture pour aller en Bolivie, visiter Tiahuanaco et revenir le lendemain à Puno?
De retour à Puno, nous pourrions ensuite voir le lac Titicaca, puis retourner en avion à Cuzco.
Tout cela est-il faisable, selon vous?
Merci d'avance pour vos avis éclairés.
Conduire en Turquie
Conduire en Turquie (par exemple au volant d'une voiture de location) est une expérience... disons, "enrichissante", même pour un conducteur français chevronné.
Je recommanderai comme pré-requis: une grande expérience de la conduite en général, de préférence acquise dans les années 70-80, des nerfs solides, une attention de tous les instants et un sens de l'improvisation développé.
Il faut d'abord comprendre qu'en Turquie, la signalisation horizontale ne sert à rien. Disons à la décharge des conducteurs turcs qu'elle est le plus souvent presque effacée, mais même quand elle est lisible, personne ne la respecte. Lignes continues, DOUBLES lignes continues, n'empêchent personne de dépasser quand ils en ont envie et, après trois semaines de fréquentation de diverses routes turques, je ne sais toujours pas qui a priorité sur les rond-points, tant il s'agit là d'un concept théorique: en pratique, c'est le plus fort qui passe, le plus déterminé, celui qui circule sur la route la plus importante (notion très relative!), et tout cela varie bien sûr d'un rond-point à l'autre, en dépit de certains vestiges de marquage qui laisseraient supposer que la priorité est comme en France, à ceux qui sont déjà engagés sur le rond-point.
Paradoxalement, les routes turques regorgent de ces panneaux octogonaux rouges qui, partout dans le monde, signifient "STOP" (en turc: "DUR"), mais leur usage est purement décoratif.
Il en va de même des limitations de vitesse (chacun fait à son gré), et de la signalisation verticale en général. On fera donc comme les autochtones et on ne s'embarrassera pas de ces détails. Vous comprenez pourquoi je disais qu'une expérience de la conduite en France dans les années 70 pouvait être utile? 😉
Venons-en enfin aux grands carrefours, réglés par des feux tricolores. Leur fonctionnement, complètement étourdissant au départ pour le touriste, est en fait fort bien fichu: le feu est vert; d'un coup, le voilà qui se met à clignoter, tout en restant vert... c'est pour vous dire qu'il s'apprête à passer à l'orange, puis au rouge. De même, à la fin du rouge, l'orange s'allume de nouveau en même temps que le rouge, pour vous prévenir d'un prochain passage au vert... Malin, non? Les Américains ont quelque chose de semblable, mais moins sophistiqué.
Eh bien, en Turquie, tout le monde s'en fiche, de cette signalisation! Il est très fréquent (genre: 10 fois par jour) de voir un conducteur passer franchement au rouge et traverser le carrefour, s'il pense (souhaitons qu'il ait raison!) que personne ne vient sans l'autre direction, ou qu'il aura le temps de passer! Ce genre de manœuvre est, bien entendu, parfaitement hallucinante pour un conducteur français.
Quant au stationnement, là aussi c'est le n'importe quoi érigé en système: on se gare où on veut, le long des rues, je long des petites routes, des grandes routes, des 4-voies et des autoroutes, avec la même désinvolture et la même absence d'égards pour les autres que quand, dans un parking en épi, on se gare bien à cheval sur deux emplacements, parce que c´est beaucoup plus simple que de faire attention où on met ses roues! Tout cela pour dire que conduire en Turquie est très, très différent de la conduite en France (surtout dans notre époque de "radarisation" forcenée). On n'atteint pas les sommets de l'Égypte (et du Caire en particulier), et d'ailleurs je n'ai jamais eu, ni même frôlé de peu, le moindre accident en trois semaines de conduite. Il y faut néanmoins des nerfs solides, et ne pas craindre de jeter (temporairement) à la poubelle toute notre admirable culpabilisation de conducteurs occidentaux, pour nous adapter aux coutumes locales.
Bonne conduite en Turquie, et restez prudents! 😇
Je recommanderai comme pré-requis: une grande expérience de la conduite en général, de préférence acquise dans les années 70-80, des nerfs solides, une attention de tous les instants et un sens de l'improvisation développé.
Il faut d'abord comprendre qu'en Turquie, la signalisation horizontale ne sert à rien. Disons à la décharge des conducteurs turcs qu'elle est le plus souvent presque effacée, mais même quand elle est lisible, personne ne la respecte. Lignes continues, DOUBLES lignes continues, n'empêchent personne de dépasser quand ils en ont envie et, après trois semaines de fréquentation de diverses routes turques, je ne sais toujours pas qui a priorité sur les rond-points, tant il s'agit là d'un concept théorique: en pratique, c'est le plus fort qui passe, le plus déterminé, celui qui circule sur la route la plus importante (notion très relative!), et tout cela varie bien sûr d'un rond-point à l'autre, en dépit de certains vestiges de marquage qui laisseraient supposer que la priorité est comme en France, à ceux qui sont déjà engagés sur le rond-point.
Paradoxalement, les routes turques regorgent de ces panneaux octogonaux rouges qui, partout dans le monde, signifient "STOP" (en turc: "DUR"), mais leur usage est purement décoratif.
Il en va de même des limitations de vitesse (chacun fait à son gré), et de la signalisation verticale en général. On fera donc comme les autochtones et on ne s'embarrassera pas de ces détails. Vous comprenez pourquoi je disais qu'une expérience de la conduite en France dans les années 70 pouvait être utile? 😉
Venons-en enfin aux grands carrefours, réglés par des feux tricolores. Leur fonctionnement, complètement étourdissant au départ pour le touriste, est en fait fort bien fichu: le feu est vert; d'un coup, le voilà qui se met à clignoter, tout en restant vert... c'est pour vous dire qu'il s'apprête à passer à l'orange, puis au rouge. De même, à la fin du rouge, l'orange s'allume de nouveau en même temps que le rouge, pour vous prévenir d'un prochain passage au vert... Malin, non? Les Américains ont quelque chose de semblable, mais moins sophistiqué.
Eh bien, en Turquie, tout le monde s'en fiche, de cette signalisation! Il est très fréquent (genre: 10 fois par jour) de voir un conducteur passer franchement au rouge et traverser le carrefour, s'il pense (souhaitons qu'il ait raison!) que personne ne vient sans l'autre direction, ou qu'il aura le temps de passer! Ce genre de manœuvre est, bien entendu, parfaitement hallucinante pour un conducteur français.
Quant au stationnement, là aussi c'est le n'importe quoi érigé en système: on se gare où on veut, le long des rues, je long des petites routes, des grandes routes, des 4-voies et des autoroutes, avec la même désinvolture et la même absence d'égards pour les autres que quand, dans un parking en épi, on se gare bien à cheval sur deux emplacements, parce que c´est beaucoup plus simple que de faire attention où on met ses roues! Tout cela pour dire que conduire en Turquie est très, très différent de la conduite en France (surtout dans notre époque de "radarisation" forcenée). On n'atteint pas les sommets de l'Égypte (et du Caire en particulier), et d'ailleurs je n'ai jamais eu, ni même frôlé de peu, le moindre accident en trois semaines de conduite. Il y faut néanmoins des nerfs solides, et ne pas craindre de jeter (temporairement) à la poubelle toute notre admirable culpabilisation de conducteurs occidentaux, pour nous adapter aux coutumes locales.
Bonne conduite en Turquie, et restez prudents! 😇











