Barrierfree
FR
7
Posts
2
Threads
2
Participated
Send a private message
Report this profile
Patrice Lamarche
Male
59 years
Sherbrooke, Canada – Province de Québec
canadienne

Travel interests

sports, spectacles, resto, bouffe et bons vins

Countries & travel experience

Je me présente, mon nom est Patrice Lamarche. En 1991, suite à un mauvais plongeon dans une piscine, je me suis fracturé la colonne vertébrale. La fracture sectionna ma moelle épinière au niveau C-4 et C-5, ce qui me laissa quadraplégique (tétraplégique) instantanément. Dans les semaines, les mois qui ont suivi, en plus d'être lourdement hypothéqué physiquement, j'étais anéanti mentalement aussi car tous mes rêves, aspirations venaient d'être relégués aux oubliettes. Je ne vivais plus, je survivais, me contentant d'affronter chaque nouvelle épreuve qui se dressait devant moi. Je me suis souvent poser les questions: Est-ce que je veux vraiment vivre ? (Il serait tellement facile de baisser les bras et me laisser aller lentement). La réponse était, à chaque fois, bien sûr que je veux vivre, mais pour quelle raison exactement ? Je n'en avais aucune espèce d'idée, mais je voulais vivre, d'ailleurs, j'ai toujours aimé la vie tout simplement.

Auparavant, je la vivais à 100 milles/heure. Maintenant, je la vis toujours 100 milles/heure, mais dans ma tête cette fois-ci. Après être aller deux ans à Montréal dans deux centres de réadaptation, je suis revenu vivre à Sherbrooke dans mon propre domicile. Après avoir apprivoisé ma nouvelle vie à domicile, il me manquait de challenge; je trouvais que je stagnais, Il me manquait de défis. À ce moment, j'ai consulté des gens (« professionnels »). Le premier me suggérais d'aller jouer au bingo et d'autres activités similaires. À ce moment, j'avais 30 ans. Jouer au bingo, comme passe-temps pour décompresser, pour certains, ça peut être excellent. Pour quelqu'un qui se cherche un défi, ni plus ni moins quelque chose qui nous « drive » dans la vie, ce n'est peut être pas le sommet à viser. Bref, ce n'était pas ma tasse de thé.

J'ai consulté une deuxième personne, qui après plusieurs discussions, me dit: ta situation n'est pas tellement différente de celle de plusieurs personnes comme toi, même si la vie semble s'être arrêtée momentanément, après un certain temps, on revient avec la même soif de vivre qu'auparavant. La personne m'a alors suggérée de retourner à l'université. Après avoir songé à sa suggestion, j'ai entrepris mes démarches pour retourner aux études. Je me suis, tout d'abord inscrit au certificat multidisciplinaire car je ne savais pas du tout dans quel domaine je voulais me diriger. Après quelques cours dans divers domaines, j'ai repris d'autres cours en administration. Je suis comptable agréé de formation et les trois cours qui ont suivis m'ont démontré que je n'avais plus tellement d'intérêts pour ce domaine. Après plusieurs cours, j'ai pris un cours en tourisme (cours complémentaire du Bac. en géographie). Puisqu'il n'offrait pas de formation en tourisme dans ma région, j'ai décidé de faire un certificat en Gestion du Développement Touristique avec l'université Laval à Québec. J'ai choisi de faire cette formation par internet car je ne voulais pas me déplacer. J'ai adoré cette façon de procéder. C'est beaucoup plus interactif que les anciens cours à distance, de plus ça nous permet d'apprivoiser les nouvelles technologies puisqu'aujourd'hui, de plus en plus de travail, se fait à partir de son domicile.

Depuis quelques années, les personnes âgées, celles qu'en anglais, on appelle « slow walker » ainsi que les personnes handicapées, représentent désormais, une partie non négligeable de la population à laquelle nous devons accorder une importance de plus en plus grande dans notre société. Plusieurs phénomènes expliquent ce fait. Le vieillissement de la population, l'amélioration des soins, l'avancée technologique, les valeurs ainsi que les perceptions en sont des exemples.

Si on recule de plusieurs siècles, la seule forme de tourisme qui existait, était le tourisme religieux. Les gens voyageaient d'un endroit à l'autre, pour écouter ou répandre la bonne nouvelle. Par la suite, il y a eu les poètes, les écrivains, les philosophes ainsi que plusieurs autres aristocrates. Ensuite, les gens se sont trouvés des raisons (défaites) pour voyager à travers le monde. De là, est né, le thermalisme. Expression qui, vous vous en doutez, vient du mot thermal. Les gens, à tort ou à raison, prétextaient de devoir aller dans des endroits où il faisait plus chaud pour des raisons de santé, principalement où il y avait des sources thermales.

Tout ça était passablement dispendieux, de sorte que le tourisme était réservé aux gens assez fortunés. Le tourisme était alors vu comme de la fainéantise. Donc des gens qui étaient perçues souvent comme riches et paresseux.

Par la suite, le tourisme n'a jamais été perçu comme prioritaire. Les gens préférant travailler tant qu'ils le pouvaient car n'oublions pas que les gens ne vivaient pas aussi longtemps qu'aujourd'hui. Lorsque les personnes atteignaient 60 ou 65 ans, elles étaient considérés comme vieilles et souvent trop hypothéquées pour être actifs dans la société.

La situation des personnes handicapées est quelque peu différente. Si on recule de quelques décennies, les personnes handicapées ne sortaient pas et ceux qui osaient sortir, on s'arrangeait pour ne pas les voir. C'était des infirmes ou encore des impotents. Ceux qui étaient chanceux étaient pris en charge par la parenté, les autres étaient institutionnalisés parmi les personnes séniles et les personnes âgées. Plus tard, les personnes handicapées ont commencé à se prendre en main et à revendiquer leurs places dans la société.

En 1993, une étude indépendante menée par une grande firme comptable (Touche Ross) concluait à l'époque, qu'uniquement le segment des personnes handicapées, représentait une part significative de la société et qu'économiquement parlant, il était devenu intéressant de s'en occuper au point de vu touristique.

Les choses évoluant très vite, bientôt 20 ans plus tard, le phénomène a progressé énormément et avec tous ces personnes qui arrivent à la retraite, une plus grande importance doit être accordée à ce segment. Aujourd'hui, plusieurs organismes ont été créés pour palier certains besoins mais il persiste toujours une méconnaissance de l'enjeu. Plusieurs écrivains en font allusion régulièrement dont Mme Candy Harrington, écrivaine (Barrier free travel et Accessible vacations). Dans un écrit fait par M. Scott Rains (STCRC 2008) sur les opportunités économiques du tourisme accessible, il conclu en disant: « … ce n'est plus une question de charité mais de la bonne gestion. »

Tout au long de mon certificat, je me suis concentré sur l'accessibilité des lieux touristiques. Plus particulièrement: l'accessibilité universelle. C'est à dire, que chaque personne, peu importe son ou ses besoins personnels, puissent jouir des mêmes privilèges que les autres. Après avoir fait moi même quelques voyages et d'innombrables sorties, je désire faire ma part pour faire connaître les bienfaits, pour toute personne, de ne pas rester isoler, de sortir, de voyager.

J'aimerais aussi profiter de l'occasion pour rappeler aux propriétaires de sites (magasin, restaurants, hôtels, etc.) qui comptent sur la fréquentation de leur domaine, l'importance d'être en mesure d'accueillir convenablement toutes les personnes, sans exception. La première étape étant bien sûr l'accessibilité physique des lieux, mais, il faut aussi être en mesure d'accueillir tout visiteur comme il se doit. C'est à dire que l'accueil doit être chaleureux et sincère.

En terminant, certains organismes sont à la recherche de gens bénévoles qui désirent aider des personnes ayant des besoins spéciaux, n'hésitez pas à communiquer soit chez Handi Apte (Mélissa Harvey au 819-562-8877) ou au Centre de réadaptation Estrie (CRE) (Emmanuelle Bombardier au 819-346-8411). Si vous avez quelconque question sur le sujet, que vous désiriez des suggestions ou des conseils sur différents voyages ou que vous vouliez partager des trucs ou des expériences, n'hésitez pas à m'écrire (patrice.lamarche.1@ulaval.ca).