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>Toute l'actualité du grand ouest > Saint-Nazaire - mardi 19 février 2004 Un professeur pour premier de cordée - Saint-Nazaire mardi 19 février 2004 Il initie ses élèves à l'escalade et vient de gravir l'Aconcagua dans les Andes
Des élèves du lycée Boulloche qui suivent les cours d'escalade vont pouvoir profiter de l'expérience de leur professeur, Jean-Marie Homasson. Il vient de gravir le plus haut sommet des Andes. De quoi les motiver à préparer leur projet d'escalade dans les Pyrénées.
Le Mont-Blanc, le Mont-Rose, l'Elbrouz , le toubkal.. l'Eiger... Quelques-uns des sommets inscrits au palmarès de Jean-Marie Homasson, professeur d'éducation physique sportive au lycée Boulloche. « Normalement je me limite aux montagnes européennes pour des raisons d'emploi du temps », explique-t-il à peine redescendu d'un nouveau 7 000 mètres « décroché » le 1 er février dans les Andes. Soutenu par l'Éducation nationale et l'inspection académique, il a pu tenter et réussir l'ascension de l'Aconcagua (6 959 m), point culminant des Andes et des Amériques.
L'aventure a commencé le 18 janvier. De Buenos-Aires, avec deux équipiers, Jean-Marie Homasson a rejoint le parc national de l'Aconcagua. « Après une marche d'approche de 40 km, nous avons touché le camp de base à 4 200 m en transportant le matériel à dos de mule », commente-t-il. Et de poursuivre : « Dès le 25 janvier, nous atteignions le premier camp d'altitude. Là, il nous a fallu une période d'acclimatation, occasion de s'offrir un premier sommet à 5 100 m, le Bonete. »
Un sommet pyrénéen
Mais en montagne, la météo reste la principale préoccupation. « Il nous fallait choisir une bonne fenêtre météo compte tenu de la quantité de neige et de glace sur les parois, inhabituelle à cette saison ». Justement afin de tester les conditions d'escalade, « nous avons escaladé le camp Berlin et installé un deuxième camp d'altitude qui pourrait nous servir de refuge, en cas de très mauvais temps ». Toutes ces précautions prises, ils décident de partir le 1 er février à 4 heures du matin, « malgré un fort vent ». Au bout de plusieurs heures d'effort, l'Aconcagua est sous leurs pieds. « Au sommet, la visibilité était bonne, mais le vent, fort, et la température (- 28°) ne nous ont pas laissé grand temps pour admirer le paysage. Pris par le mal des montagnes et par la nécessité de descendre le plus rapidement possible, nous ne sommes restés que 10 à 15 minutes. »
Pendant toute la durée de l'expédition, Jean-Marie Homasson est resté en contact, via internet, avec le lycée Boulloche et avec ses élèves qui suivent les cours d'escalade. « Ils ont participé à l'élaboration de cette expédition qui entre dans le cadre du projet de l'établissement. D'autres professeurs, comme en histoire-géographie ou en sciences naturelles, s'y intègrent également. Ainsi, j'ai ramené des extraits de roches des Andes. »
Dès la fin des vacances, lycéens et professeur ne manqueront pas d'évoquer cette aventure.
« A travers une conférence et une projection de diapositives, je leur raconterai l'expédition, les techniques utilisées, les nuits à 5 000 m, la nourriture lyophilisée, les difficultés physiques. Une façon de leur donner le goût de l'effort. Mais surtout de leur permettre de préparer le projet d'escalade d'un sommet dans les Pyrénées dans le courant de l'année prochaine. »
Eric MARTIN.