Belza
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souriez vous êtes Heureux ....
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Elisa
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Colmar, France
peintre

Travel interests

la peinture , mais ça vous l'avez compris , la sculpture j'aime à façonner la terre glaise , les livres ( ça le ferait si j'emportais ma biblio ?) mes CD <Merci à Gilles qui me les met tous en mp3 ( ouf ) , la danse orientale , la moto (heu non pas en même temps) le tai-chi et le gi qong ( ça c'est pour crâner et vous dire que j'ai tout de même fait un jour du sport ...) mais bon , il faut que je m'y remette . J'aime la musique du monde et bien sûr sa cuisine , bref tout ce qui est Monde quoi ...J'aimerai bien apprendre la guitare en cours de route ( jusqu'à là je maîtrise parfaitement le DO et là j'en suis au DODO ...) Bon là je ne vois rien de plus ds l'immédiat , mais je vous promet de vous en dire plus la prochaine fois ...

Countries & travel experience

Je suis partie en Novembre 2004... Cinq ans an the road ...

D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours voulu voyager et un jour alors que j’allais avoir quarante-quatre ans ma vie a changé ! En quelques heures j’étais devenu un cliché, obsolète, extras-muros et l’homme que j’aimais depuis 25 ans, suffisant du très jeune amour qu’il s’offrait ! Mode apnée sabbatique, on respire, on reste zen ! Un an plus tard, j’ai vendu mes toiles, bourré mon sac à dos avec vingt kilos de choses pour la plupart inutiles (maquillages compris), j’ai fermé la porte et dis que je partais pour une grande balade de quelques années ! C’est comme ça que je suis devenue un gastéropode voyageur... En général je suis une touriste pendant un mois et demi, c’est à peu près le temps qu’il me faut pour « être » dans un pays. J’observe, je hume, j’écoute, je m’adapte, je prends possession du coin... Après, je me fonds dans le décor en devenant celle qui est venue d’ailleur mais qui fait partie désormais du paysage ... Il y a tant d’images chargées d’émotions fortes et belles, de bonheurs absolus, de fous rires, de pleurs, de fatigues, de colères aussi qui se bousculent dans ma mémoire et chacune d’elles est une histoire... Il y a eu l’Inde et mon amour pour Bundi (gros bourg de campagnes du sud du Rajasthan) né un soir alors que j’arrivais de Puskhar et de sa foire aux chameaux. J’ai posé mon sac dans la famille de Major qui m’a adopté pour un très très long moment. Ahh il me faudrait des vies pour décrire la lumière de Bundi, ses maisons chargées de tant d’histoires, ses légendes, ses gens tous incroyablement magnifique, mais les mots seraient de ceux qu’il faut vivre tout simplement. Je me suis laissé bercer dans la douceur de leurs bonheurs qu’ils aiment tant partager. Ils m’ont appris (chacun à sa manière), l’histoire des Radjputes, les traditions, la philosophie hindoue, leurs craintes, leurs joies, leur vie ainsi que les rudiments du Hindi et de l’Anglais que je confondais et aujourd’hui c’est non sans fierté que je sais faire (enfin) la différence entre six O’clock et Sex Time (ouf) !

Il y a eu la guerre des fauteuils (dont j’ai été l’enjeu) qui a tenu Bundi en haleine pendant près de deux ans ! Deux conccurents dans leurs shop de jus de fruit frais glace, coca pizza infecte se battaient à augmenter la hauteur de leurs fauteuils pour que les gens puissent voir leur principale attraction (moi) sans échanger une seule insulte, juste avec l’ humour et mon préféré a fini par changer son fauteuil et puis toute sa déco... J’ai eu l’invitation officielle du Maharadjah pour prendre le thé au Palais des Fleurs ! Comme j’ai aimé prendre un tchaï avec ceux de mon quartier et pour descendre jusqu'au centre-ville alors qu’il ne faut que quelques minutes je mettais deux heures !! Les promenades jusqu’au lac, le marché et le chic qu’ont les paysannes d’être dans le ton avec leurs marchandises posées à même le sol (rose pour la mamie qui vend les aubergines et oignons rouges, ocre pour celle qui vend des haricots) fushia pour celles qui travaillent dans les champs de moutardes). Il y a eu les fêtes, celle du vent avec les batailles de cerf-volants en criant Allaguée sur les toits ( on devrait toujours peindre des ciels comme ça), le nouvel an avec comme repas de la tête de bouc, celle des lumières avec des milliers de petites lampes à huile sur toutes les surfaces planes de la ville, celle des couleurs où l’ont s’arrosent de poudre coloré, la fête de la magie, de la ville ! La poste et la banque (impossible à faire dans la même journée)...Il y a eu les sourires et des rires par milliers, par millions...! Les singes partout même dans ma chambre, les vaches qui mendient avec les porcs, les moustiques, le feulement des panthères qui viennent les nuits s’abreuver au grand bassin Le magnifique King Fisher au Palais Kipling, les couleurs, Pirate, l’odeur des épices, le Taj Mahal et la visite de mon fils ! Le Dajeerling, Silliguri avec Suisri et son rickshaw fait de bric à brac ! Il faisait si froid qu’un moine m’a offert des chaussettes en laine de Yack ! Il y a eu Palolem à Goa pendant cinq mois pour ma convalescence dans ma hutte au toit jaune sur pilotis et les baignades à l’aube avec Bella la chienne, les pêcheurs, les bateaux, les filets, le requin !... Les toilettes de l’impérial Palace de Delhi ! Delhi et les copains à Noël (French Salami, camembert en conserve »Bonjour la France«, vin, forêt noire dans Parhagange) ! Trente heures de trajet avec des Coréens vomissant leurs tripes à chaque tournant pour nous amener à Leh où un ex-moine tibétain m’a demandé en mariage ! j’ai vu le Karmapa à Daramssala, et le médecin du Dalai Lama. Un sädhu (un vrai) à Varanasi qui venait de faire trois mille kilomètres à pied m’a offert son bien le plus précieux, le bracelet de son gourou, qu’on m’a volé le lendemain ! Pondichéry, où j’ai donné des cours de conversation française à des Radjputes qui ont fini par chanter « Les bonbons de Brel dans la rue ! Les bus de soixantedix places avec deux cents personnes entassées la vache et les poules comprises, tout en écoutant Cantabile de Michel Petrucciani, voir le soleil sous toutes ses formes, les massages ! Les portes ouvertes partout m’invitant à entrer quelques instants, à partager un thé, une collation, un repas, un lit...

Le Népal avec ses Annapurna et ma rencontre avec Robert un ex Caid de Liverpool qui voulait m’enlever pour aller faire du Tango en Argentine, un Japonais anonyme qui m’a baisé le pied droit à Pokhara pendant un concert de blues, la salle en apnée si si (moi aussi)! Les amours et désamours, (souvent de paire ça, comprends pas !) ... Le Laos avec la remontée du Mékong pendant deux jours, ma rencontre inoubliable avec deux Russes Serguey passionné de littérature française et de Tom Waits et Edgar me chantant « Tombe la neige » d’Adamo ! Ma ballade en moto dans le sud et mon sauvetage par le peuple de la forêt et surtout mon extraordinaire rencontre avec Savonne ! J’ai vécu dans la jungle avec elle pendant trois jours en mangeant des fourmis et hannetons, lézard ! J’ai failli servir de dîner à une tigresse et son petit... Il y a eu les galères et les colères évidemment Faire quarante heures de bus alors qu’il en était prévu douze. Pousser ma moto une journée entière sur des dénivellés de 60 % (juste avant la tigresse) sous un soleil de plomb et une rivière d’un mètre de profondeur (Laos)! Attendre 15 heures un train dans une gare pourrave à Tundla la veille de Noël dans un froid glacial et finir debout la nuit dans un compartiment bondé, en chantant petit papa Noël en boucle (foule en délire, applause !)...La dengue, les fièvres et des trucs cassés de partout, les vols, les déceptions, le tourisme sexuel et les horreurs avec lesquelles il faudra vivre ! Les fausses humanités, que l’on donne des bonbons, stylos et ballons aux enfants sans l’autorisation des parents ! Qu’on construise une école avec une croix à l’entrée pour leurs apprendre finalement que nous autres sommes civilisés et éduqués... la ritournelle des trois P chez certains touristes, Puanteur, Propreté, Pauvreté ! Qu’on juge sans savoir, qu’on s’arrête aux apparences ! Bref, oubliez vites les galères et ses grands moments de solitudes, ils sont toujours suivies par des bonheurs et des joies simples, faites d’un sourire, d’un geste, d’un regard plus que de mots un merci à tous ces gens merveilleux qui m’ont accordé un peu de leurs temps et m’ont tant appris... Et surtout ce gamin des rues à Dehli qui sur son tee shirt avait écrit » quand je suis né, j’étais intelligent, mon éducation a tout détruit ! » Demain mes pas m’emporteront vers d’autres lieux, d’autres histoires, d’autres vies ! Je quitte Xinping en ne sachant pas si je vais revenir. Une nouvelle toile profile, quelle en sera la palette ? Vai-je l’aimer ? Par où et quoi commencer ? Le premier bus pour le Nord, peut-être vers le Sud ! C’est avec toutes ces questions que je ferai mon sac ce soir dans la nuit tombée et que j’écouterai une dernière fois Xinping la bienheureuse s’endormir et c’est tant mieux ! Si l’envie de m’écrire vous prennait, n’hésitez pas, j’adore ça ! et puis surtout, si vous croisez un escargot sur votre route ne l’écrasez pas, vous savez maintenant qu’il est peut-être en partance pour visiter la terre ...