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Comment résumer plusieurs décennies d'"explorations diverses" Voici la bio en ligne sur un site d'agence : Vivre à la frontière entre voyage extérieur et voyage intérieur Née à Paris en 1944, dans une famille de russes émigrés, imprégnée par une éducation cosmopolite, mue par une curiosité insatiable, après 6 ans d’études d’Architecture aux Beaux Arts de Paris, je me tourne vers ce que j’imagine être un métier « passeport », celui de reporter photographe. Pigiste de différentes agences en France à partir de 1971, tout en continuant à travailler sous mon patronyme, j'intègre en 1977, sous le pseudonyme d'Iliona, le staff de The Image Bank (TIB) à New York. Ce sera le début d’un conte de fée… Totalement inconnue en France, c'est progressivement avec l'aura américaine que mon travail attire le regard des acheteuses d'Art et que le pseudonyme d’Iliona finit par s’imposer comme signature de tout travail photographique. Ainsi, de 1980 à 1991, représentée successivement par différents agents (Erick Surcouf, Allain François, Cosmos l’Espace), je navigue dans une carrière de photographe publicitaire, spécialisée en prises de vues de natures mortes, en extérieur et en studio : voitures et tout objet en tôle, ce qu’au bout de quel-ques années je vis progressivement comme un enfermement. Drôle de « métier passeport » ! Heureusement ayant rejoint en 1984 l'agence TOP, filiale de Rapho à Paris, je continue parallèlement le reportage. C’est pour moi une bouffée d'air frais, me permettant, l'espace de quelques semaines, de m’évader, de plonger dans des univers différents, de les découvrir et de vivre des expériences qu'il me serait impossible de connaître si je n'avais pas le prétexte d'une commande à honorer. « Le vrai métier passeport » ? Des reportages effectués dans 25 pays ont été à l'origine de parutions mondiales dans la presse magazine (art de vivre, danse, nature et décou-verte, conflits et faits de société,), la presse spécia-lisée (architecture, bâtiments et travaux publics, décoration, environnement, industrie, informati-que), ainsi que dans des rapports annuels pour lesquels il m'avait été confié le soin de restituer en images l'identité de l'entreprise. Mais à toujours courir, à faire le grand écart entre réalisation de campagnes de pub et reportages, j’étais en train de me perdre dans un océan de production d’images, sans jamais avoir le temps de me poser, de publier un livre, de faire une expo. Un jour ce fut évident. Je ne pouvais plus continuer à "être photographe" tel que je pratique ce métier. J’étais obligée de prendre du recul. Fin 1991, je pose mes cameras pendant 12 ans. De ce retrait et de cette traversée du désert au sens figuré et au sens propre (plusieurs séjours dans le désert) émerge alors l’envie de me former à la pratique d’un autre « métier passeport » orienté vers les voyages intérieurs, les rencontres intimes. Aujourd’hui, alors que j’accompagne, en tant que Gestalt-thérapeute, ceux qui font le voyage d’aller à la rencontre d’eux-mêmes, se dessinent les contours d'une réunification entre « être photographe » et « être thérapeute », en cheminant à la frontière entre voyage extérieur et voyage intérieur. En ayant fait le choix d'un matériel photographique, simple prolongement d'un regard, j’ai retrouvé le plaisir d’être à la fois spectatrice et actrice au milieu d'un kaléidoscope de sensations et de perceptions. Je ne prends plus des images. Les images me prennent, moi je ne fais qu’appuyer sur le dé-clencheur... au bon moment, j’espère. Je vis à la frontière entre voyage extérieur et voyage intérieur.