last edited Aug 27, 2020
Avec qui partir en trek ou randonnée?
Les choix
Évidemment plusieurs options sont possibles selon les destinations, niveaux de difficultés et envies de chacun. Au choix: le tout compris depuis chez soi, partir en indépendant et tout organiser soi-même ou via une agence locale, marcher seul, en groupe ou en famille.
Partir seul (hors sentiers battus)
[photo: Ladakh (o15fmjqynu)]
Sous-entendu sans encadrement. Si bien sûr cela ne pose aucun problème pour nombre de randonnées, de treks faciles, balisés ou disposant d'infrastructures aux étapes, il n'en va pas de même dès lors qu'on sort un peu des sentiers battus (et encore). Car à vouloir la liberté totale, il ne faut pas oublier non plus les contraintes que cela imposera pour que les choses ne se transforment pas en galère ou même catastrophe.
L'autonomie
Bref, dans ce contexte, il faudra savoir être autonome. C'est à dire faire face à plusieurs obligations qui sont de pouvoir se ravitailler et se loger, transporter son équipement, communiquer avec les locaux et surtout se repérer et éviter les dangers.
Se loger est en général le plus facile, il suffit d'emporter une tente ou de construire un périple qui passera par des refuges ou des villages.
Pour se nourrir, les difficultés interviendront évidemment dans les zones les plus reculées ou démunies. Dans ce cas emporter sa nourriture (énergétique) et un minimum de matériel de cuisine, voire même un combustible pour les endroits désertiques. Par mesure de sécurité, prévoyez au moins de un à trois jours de nourriture supplémentaire selon la durée prévue entre étapes où le ravitaillement sera possible.
Bien évidemment, surgira vite le problème de pouvoir transporter tout cela et le reste. Passé une quinzaine de kilos par personne, en milieu ou conditions difficiles, n'espérez pas vous-même assumer la charge.
Reste aussi le problème de la communication. Au delà de dialoguer avec les personnes rencontrées, il peut être utile, sinon vital, de savoir demander un renseignement et surtout comprendre les réponses. On touche d'ailleurs là le risque premier de partir seul ou sans personne connaissant le terrain. Car, quels que soient les milieux, déserts, montagnes ou jungles, cela ne s'improvise pas. Hors ses chemins les plus fréquentés, on risque vite de se perdre, sans parler des aléas climatiques et autres risques ou accidents qu'on ne saura pas anticiper.
Donc, restez réalistes et conscients des choses (et de vos capacités), quitte à adapter/modifier votre projet. Ne partez seuls que pour des périples et/ou dans des conditions présentant un minimum de sécurité; et ce même pour les durées les plus courtes...
Organiser soi-même sa marche
Organiser soi-même son trek, c'est à dire recruter les guides et porteurs qui vous accompagneront lors de marches dans des coins isolés ou des conditions difficiles.
Si l'expérience est tout à fait intéressante, mieux vaut être cependant débrouillard, négociateur et maîtriser un minimum l'anglais ou la langue locale sous peine au final de grosses déconvenues. Attention aussi à que cela ne coûte pas plus cher à l'arrivée que de passer par les services d'une agence locale ou internationale. Donc, déjà, ayez une idées des prix proposés par celles-ci pour un circuit identique et surtout des salaires et autres gratifications que vous devrez payer à votre équipe.
À qui s'adresser et où?
"Recruter" une équipe est tout à fait possible dans nombre d'endroits aussi bien pour des périples dans des zones désertiques, de jungles et bien sûr de montagnes notamment himalayennes. Ainsi, en Inde ou au Népal, vous n'aurez pas de mal à rencontrer des guides avec des ânes ou des porteurs prêts à vous accompagner. Le mieux est alors d'arriver dans la ville ou le village de départ et de demander aux gens s'ils connaissent des personnes fiables (plus voir aussi l'expérience des autres voyageurs en la matière). Mais dans tous les cas, pensez déjà à être autonome avec votre propre équipement (tente, duvet...) et, selon, votre nourriture.
Une fois le contact pris, il vous faudra établir ensemble votre itinéraire, le nombre de jours souhaités et vous mettre d'accord sur les conditions financières, y compris et surtout s'il y a des taxes et autres droits d'entrées pour accéder à certains coins (en gros, savoir qui paye quoi). À ce sujet, soyez réalistes et ne partez pas sur des étapes démesurées, hors de portée de votre condition physique ou de vos envies, et laissez une place aux changements de programme selon les conditions météo et autres aléas que vous rencontrerez ensuite en route. Et une fois les choses décidées, respectez-les!
Porteurs, guide et cuisinier
Porteurs (et cuisinier)
Concernant le portage, il est conseillé aux gens qui n'ont pas l'habitude de marcher des heures avec un sac pendant des jours ou des semaines, surtout en milieu difficile, de prévoir un porteur qui leur évitera de gâcher leur voyage. Donc, même s'il n'y a pas de logistique importante à emporter, penser à prendre quelqu'un pour porter ses affaires. La charge maximale pour un porteur est de 30 kg.
Dans tous les cas, dès lors que vous allez rencontrer des conditions particulières (température, altitude...), il est important de savoir aussi si vos porteurs et guides seront équipés en conséquence. Vous êtes responsable des personnes que vous embauchez! À ce sujet, on renvoie d'ailleurs à "Porters'rights" qui soulève quelques questions concernant les droits des porteurs et autres sherpas.
Alternative au(x) porteur(s), les animaux de bât (ânes, mules, chevaux, chameaux) qui se chargeront des bagages et seront encadrés par généralement une personne pour plusieurs animaux. En moyenne, chacun peut emporter une cinquantaine de kilos.
Autre membre de l'équipe, le cuisinier. En général il n'est concerné que par le portage du matériel en rapport avec sa fonction et donc ne portera pas votre sac.
Guide
Le guide est de très loin la personne la plus importante. Pour les marches les plus longues ou difficiles il est nécessaire de bien le choisir sous peine de se voir embarquer en route dans quelques galères, sinon même dangers lorsque celui-ci est inexpérimenté. Dans tous les cas, c'est lui que l'on doit embaucher en premier et avec qui on discutera du périple et de ses à cotés. Donc, déjà, prenez obligatoirement quelqu'un qui parle au moins anglais ou du moins avec qui vous pourrez communiquer. Presque toujours c'est lui qui se chargera de recruter ensuite le reste de l'équipe et d'organiser l'intendance; donc évitez de lui "imposer" telle ou telle personne avec qui il n'aura peut-être pas "d'affinités". Tout en étant au préalable d'accord sur la composition de l'équipe, à l'évidence, évitez aussi d'intervenir dans ses choix et sur sa "gestion" de celle-ci en cours de route.
Dernière chose, ce n'est pas par ce que les gens sont du pays qu'il seront forcément de bons guides, voire porteurs, expérimentés et compétents. Le développement du tourisme dans certaines régions tend en effet à transformer un peu tout le monde et n'importe qui en guide potentiel.
L'équipe et son matériel
L'équipe
Guide, cuisinier, porteurs et/ou animaux de bât, c'est donc sur cette base que se constituera votre équipe. Mais avant toute chose, on le rappelle, posez vous déjà la question de l'utilité de recruter tout ce monde. Soit que les formules d'agences locales soient plus intéressantes et/ou bien moins compliquées à mettre en oeuvre, soit que finalement il est possible de réaliser sa marche seul sans encadrement.
Ensuite, embauchez ou faites embaucher le nombre de personnes adéquates. Rien ne sert d'avoir en effet une flopée de porteurs ou d'animaux ne portant presque rien. De même, si votre trek ne passe que par des villages où le ravitaillement est possible, un cuisinier et son attirail auront parfois bien moins d'utilité. Et dans certains cas même, un guide seul pourra suffire.
Bref, composez avec votre périple, sa durée et ses conditions, même s'il est vrai que vos guides auront parfois tendance à surévaluer (pour de multiples raisons) le nombre de personnes nécessaires.
Matériel
Question matériel, soyez également clair sur ce que vous et l'équipe aurez besoin et ses coûts. Comme déjà dit, soyez au minimum autonome au niveau couchage et, selon, nourriture. Pour le reste remettez-vous en à votre guide tout en vérifiant à l'occasion la qualité et les quantités nécessaires. En principe, vous n'aurez qu'à vous soucier de ce qui vous concernera directement (donc pas la nourriture et autres équipements de l'équipe), même s'il est vrai que vous devez faire en sorte que votre "personnel" dispose du minimum au niveau sécurité pour ce qui est des passages les plus difficiles ou conditions extrêmes.
Les prix
Le juste prix
C'est la question cruciale. Donc, renseignez-vous au préalable, notamment auprès d'autres voyageurs, et ayez au moins comme repère "plafond" les prix proposés par les agences locales pour une prestation identique.
Dans tous les cas négociez bien, voire marchandez, avec votre interlocuteur privilégié qui sera en général votre guide. Établissez avec lui le périple et la répartition des coûts (le plus important). Évitez d'ailleurs les intermédiaires si vous ne voulez pas que les prix montent. Très souvent, c'est lui qui empochera le budget total et repartira ensuite les salaires et autres dépenses. Pour plus de sécurité, certains voyageurs ne donnent qu'une partie de la somme avant le départ et le solde à l'arrivée. D'autres font signer un "contrat", même s'il est vrai que cela ne servira la plupart du temps guère à grand chose en cas de problèmes. Donc, à chacun de voir selon les situations.
Rémunérations
Quant aux rémunération, elles sont bien sûr variables selon les pays, les types de marches, les conditions ou difficultés et les compétences de gens. Par exemple dans l'Himalaya un porteur touche en moyenne 6 ou 7 €/jour lors de treks "classiques" et de 10 à 12 € dans des conditions plus difficiles. Idem en gros pour un cuisinier ou un muletier avec son animal. Quant aux guides, c'est le plus variable. De 10 à 15 €/jour s'il s'agit d'un porteur-guide à 20/25 € s'il gère une équipe ou pour de longues marches, et plus de 50 €/jour pour des périples très difficiles ou des conditions très particulières.
A cela il ne faut pas oublier - y compris d'ailleurs si l'on passe par des agences - de rajouter un pourboire pour chacun des membres en fin de voyage. En gros, on peut partir sur une base de 10 ou 15% de la rémunération quotidienne de chacun à laquelle on pourra toujours ajouter quelques cadeaux utiles.
Partir en organisé
[photo: Annapurna (rqza9khed2)]
Les offres des agences "internationales" et locales avec leurs avantages et inconvénients. D'où l'intérêt de faire le bon choix...
Le "tout compris" par agence
En clair partir en "tout organisé" depuis chez soi en s'adressant avant tout à des spécialistes du trek ou de la marche. Généralement, les voyagistes européens correspondent avec des agences locales (les "réceptifs") qui mettront à leur disposition la logistique, les guides et tout le personnel nécessaire (eux ne fournissant que l'accompagnateur; et encore).
Avantages et inconvénients
Cela demeure une bonne solution si on ne veut s'occuper de rien, dispose de peu de temps, ou qu'on a pas envie de gérer soi-même le voyage/trek. Autre avantage, on se retrouvera en principe avec des gens qui ont la même motivation et niveau que soi (et parlent la même langue) dans une structure qui, à l'occasion même, pourra s'adapter à vos envies. De plus, en principe, il n'y aura pas de mauvaises surprises. Inconvénients: un prix qui inclus fort logiquement la prestation et les marges du tour-opérateur et de ses prestataires, plus souvent aussi un planning assez peu souple.
Quant aux puristes qui disent que partir en groupe dans ces conditions nuit ensuite sur place à l'environnement ou au contact avec les populations, on peut répondre que "organisé" ne veut pas forcément dire "troupeau" (on voit parfois aussi des troupeaux de routards) et que le reste est d'abord une question d'individu et de choix de prestataires compétents et responsables...
Agences locales
C'est une option choisie pour diverses raisons par certains: partir sur place et s'adresser à une agence locale. En effet, rien ne vous empêche de réaliser vous-même la trame de votre voyage puis de compléter ponctuellement et localement avec des propositions d'agences pour ce qui concerne la marche.
Dans la plupart des pays, on trouvera facilement des prestataires locaux proposant des circuits ou pouvant organiser des treks à la carte. Petit détail, via ces agences locales vous retrouverez parfois les groupes organisés des voyagistes européens. À signaler aussi qu'au départ des capitales ou des villes hors zones de trek, nombre de prestataires vous proposeront déjà des offres de marches. Même si cela peut être intéressant, mieux vaut attendre la plupart du temps d'être réellement sur place pour faire son choix.
Le choix
Concrètement, autant savoir déjà ce qui existe et donc se renseigner avant le départ via Internet mais aussi et surtout l'expérience des autres (un des buts de VoyageForum).
Sur place, pendant en gros une demi-journée, prenez le temps de voir ce qu'on peut trouver et de comparer les prestations et compétences des uns et des autres (en complément de ce qu'on aura déjà vu sur Internet Internet). Et cela même si dès votre arrivée vous êtes harcelés par des foules de rabatteurs (qui pour aider votre décision vous "offriront" le trajet jusqu'à votre hôtel ou une visite "gratuite" de la ville), votre hôtelier ou à la limite n'importe quelle personne rencontrée. Et puis bien sûr, pour choisir, discutez avec d'autres voyageurs qui en reviennent. Enfin, une fois que l'affaire est conclue, n'hésitez pas à écrire noir sur blanc ce qui a été convenu avec les tarifs et gardez un exemplaire du contrat afin d'éviter toute polémique.
En attendant, il est clair que passer par un prestataire vous facilitera toujours la vie et vous fera gagner éventuellement un peu d'argent au niveau des équipements nécessaires dont vous ne disposez pas (tente, matériel de cuisine...). Cela permet aussi d'aller dans des endroits où vous n'iriez pas seul et de découvrir plein de choses que ces agences connaissent et pratiquent parfois depuis longtemps. Inconvénient: on ne sera pas forcément avec des francophones (groupe, guides) et un minimum de connaissance de l'anglais est souvent nécessaire si on veut communiquer.
Marcher en famille
[photo: Parc national Aoraki/Mont Cook (2vfe3u5)]
Pour ceux qui souhaitent marcher en famille, il est tout à fait possible d'emmener des enfants à partir de 4 ou 5 ans en balade pour quelques kilomètres. À partir de 8 ans, ils peuvent généralement parcourir de 8 à 15 km/jour. Bien sûr, on ne doit pas choisir de circuits trop difficiles, présentant de forts dénivelés ou des montées en trop haute altitude, ou encore s'effectuant dans des conditions de températures un peu rudes.
Sur le plan pratique, au delà d'adapter le rythme du groupe aux plus petits, on pourra toujours prendre un porteur ou un animal chargé de transporter l'enfant. Et puis bien évidemment, intéressez vos enfants en proposant tout au long du parcours des jeux ou des découvertes en leur montrant les paysages, la flore et la faune...