Sasak Story (île de Lombok, Indonésie) (page 1 de 7)

Discussion démarrée par Lolodesiles le 17 septembre 2007 à 21:59
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Lolodesiles

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Cher Alan

A toi qui a tant aimé le sud de Lombok et qui sait si bien transmettre ton amour pour cet endroit, je voulais te faire un petit cadeau. A lire à ta prochaine nuit blanche Sourire

1 mois chez les Sasaks, à Lombok


Préambule
C’est mon premier carnet de voyage. Il ne donne pas de renseignements pratiques sur Lombok mais raconte une histoire vécue. D’habitude je n’éprouve pas le besoin d’en faire. Mais cette fois, j’avais vraiment besoin de raconter cette belle aventure humaine que j’ai vécue en Indonésie, avec les Sasaks, habitants de l’île de Lombok, et qui m'a profondément marqué. Bonne lecture.

Afin de fuir Bali au mois d'août, je viens d'atterir à Mataram, la capitale de Lombok, l'île voisine... à défaut de n'avoir pas trouvé un vol plus loin !

J'ai trouvé une bonne adresse pour louer un scooter: à 3€ la journée, je ne discute pas le prix, d’autant que M. SUBHI (tel 08 19 29 200 027) est un des rares loueurs à accepter qu’on puisse passer ses scooters dans les ferrys ! Chouette alors, je vais pouvoir la faire ma traversée des îles de la Sonde ! Sourire

Dans mon guide, on parle « d’îles paradisiaques » dans la baie de Sekotong, au Sud Ouest. Apparemment peu de possibilités d'hébergements, ça doit être pour ça que c'est paradisiaque Tire la langue Après avoir acheté une carte très précise de Lombok au shopping center de Mataram, je me dirige vers Sekotong. C’est une belle route goudronnée, pittoresque, sur laquelle circulent parfois des véhicules hippomobiles...


Je décide d’aller jusqu’à la fin de la route, jusqu’à Bangko-Bangko, comme ça, pour voir…. A 30 km du but, le goudron laisse place à une piste empierrée qui se détériore au fil des kilomètres et qui se termine par une piste genre trial Malin

J’arrive enfin dans le petit village de pêcheurs de Bangko-Bangko. Je trouve un villageois qui parle quelques mots d’anglais et lui demande s’il y a une possibilité de dormir dans le village. Après de longues tentatives d’explications, je finis par comprendre qu’un certain Suderman peut m’héberger. Il réside à 3km de là, dans le village de Seledong. La barrière de la langue complique un peu ma recherche mais je finis par trouver une jolie maison avec des peintures de Walt Disney dessus.

Suderman est un jeune Sasak d’une vingtaine d’années qui parle anglais. Il m’accueille avec un grand sourire et me montre la chambre. Il me propose de me préparer un repas, en l’échange d’1€ pour aller faire des courses dans le village. A la lueur de la lampe à pétrole, nous mangerons ensemble puis passerons la soirée à discuter avec son voisin, un sympathique marginal qui a décidé de vivre détaché complètement du matériel, de pratiquer la méditation et qui m’explique qu’il est heureux car il dort dehors, sous les étoiles Sourire

Le lendemain, Suderman aimerait bien que je reste mais moi je veux aller voir ces fameuses « iles paradisiaques » non loin de là. C’est tout un archipel, apparemment la plus connue et la plus belle c’est Gili Nanggu, mais je choisis finalement Gili Gede, de peur que Gili Nanggu soit trop touristique ! Suderman m’a expliqué où je peux trouver des pêcheurs pour me conduire à Gili Gede. Je tente de négocier avec eux le prix de la traversée mais en vain… j’ai beau écrire dans le sable avec un bâton le prix que je veux payer, ils font mine de ne pas comprendre. Bah, tant pis, je paierai le prix pour touriste (3€…)

La traversée est rapide et le bateau me dépose sur une petite plage de Gili Gede. Avec ma carte très précise, je peux envisager de faire le tour complet de l’île à pieds. Je tombe nez-à-nez avec un petit papy qui parle un peu anglais et s’improvise comme guide. Nous passerons quelques heures ensemble. L’île est calme, et authentiquement peuplée de pêcheurs Sasaks qui adorent se faire photographier.


Par contre, les plages ne sont pas à la hauteur de l’idée que je me fais d’une « île paradisiaque » Clin d'oeil


Peu importe, le dépaysement est là et les gens sont adorables. Je suis même invité par une famille à partager son repas.

J’ai demandé à mon bateau de venir me rechercher à 15h. Avant d’embarquer, je remercie vivement mon petit papy de m’avoir guidé à travers ces villages pittoresques. Bizzare, il ne me demande pas d’argent. Gêné, je lui glisse l’équivalent d’1€ avec un « thank you for good guide » juste avant de monter dans le bateau, il me remercie avec un grand sourire.

Je remonte sur le scooter. J’hésite… il fait nuit dans 3h… je retourne chez Suderman ou je continue ma route ? J’opte pour la 2ème solution. Mon bouquin mentionne l’existence de cottages à Selong Blanak. C’est un peu loin mais il n’y a pas plus près.

J’emprunte une petite route secondaire qui s’élève à travers la montagne. La route est défoncée et glissante mais elle est splendide, je traverse pleins de villages Sasak, accueilli par des « hello Mister !» et une multitude de sourires. Heureusement que j’ai acheté une bonne carte, car je navigue en terre totalement inconnue… même dans mon bouquin...Tire la langue

A chaque fois que je demande ma direction, c’est un attroupement autour de moi, des rires, et des invitations à venir boire le café… Le temps passe et le soleil décline

J’arrive enfin sur la côte dans le petit village de Sepi. Nouvel attroupement. Je demande « Selong Blanak ? » et là un jeune semble étonné et me fait un non de la tête + le signe du coupe-gorge. Gloups Dubitatif Qu’entend-t’il par là ? La route défoncée est dangereuse de nuit ou bien il y a des méchants Sasaks dans le coin ? Impossible de savoir, son anglais est trop limité. Il me parle de « bungalow Pancing », un petit village beaucoup plus proche. La nuit est tombée mais pas le choix je dois trouver ces bungalows !

A la sortie d’un village, on m’indique Pancing d’un signe de la main, puis à l’entrée d’un autre, on me l’indique dans l’autre sens… J’en déduis donc que j’ai du louper un carrefour entre les 2… Et en effet, avec difficulté je finis par trouver dans la pénombre un petit chemin de terre. La chance me sourit : un scooter passe par là, je lui demande « Pancing ? » « ya » me répond-il. Ouf ! Me voila embarqué dans ce petit chemin, de nuit, au milieu des champs de tabac

J’arrive enfin dans un village, et je demande « bungalows ? » On m’indique la direction. Et puis je redemande encore, et encore, et encore… m’enfin ces bungalows ils sont au bout du monde ou quoi ? Des enfants finissent par prendre pitié de moi et me conduisent en courant, moi et mon scooter, vers les bungalows.

Là, un gardien m’accueille. Ouf, il parle anglais…il me dit gentiment que c’est un centre de plongée mais qu’il est fermé. Seulement il fait nuit et je n’ai rien pour dormir. Le gardien est embarrassé
« C’est qu’il n’y a plus d’eau dans les bungalows... »
« Tant pis au point où j’en suis… »
« Il faut que je téléphone au propriétaire. Je ne sais pas quoi faire »
« Tu crois que tu as vraiment besoin de lui ? On peut s’arranger tous les 2 non ? »
Il réfléchit. Il finit par me proposer la chambre d’un employé de l’hôtel. C’est un lit superposé, il faudra que je dorme en dessous du jardinier.
« Combien je te donne ? »
« Je ne sais pas, ce que tu veux… Au fait, as-tu mangé ? »
« Ben heu… non »
« Ma femme a préparé un repas si tu veux »
« C’est pas de refus ! Merci ! »

Nous passerons la soirée à discuter de pleins de choses. Il a 34 ans, comme moi, et il est sidéré de me voir célibataire alors que lui il a déjà une femme et des enfants ! Dans la conversation, Il m’explique que le propriétaire australien du centre de plongée est en conflit avec son TO, l’un veut 100$ la nuit, l’autre 150$...Fou
« ben dis donc, j’ai de la chance qu’il ait fermé son centre, ton patron ! »
« oui, moi aussi je content que ce soit fermé, car je n’ai pas trop de travail. D’habitude, à cette période, je trime 18h par jour et je ne suis payé que 40€ par mois. Ce n’est pas très motivant et si j’étais mieux payé je travaillerais mieux».
Je suis écoeuré
« Il est sacrément gonflé ton patron. S’il doublait ta paye, ça ne le ferait pas tellement boiter, vu le prix des chambres, tu ne trouves pas ?»
« oui mais pour l’instant je n’ai pas d’autre travail. Il n’y a pas de travail dans la région. Tous les hôtels ont fait faillite, notamment celui de Selong Blanak où tu voulais te rendre…. »

Après une à peu près bonne nuit (ce jardinier, un sacré ronfleur…) j’ai droit à un petit déjeuner. Je paye ma nuit 8€ (une très bonne somme pour le pays). Ce matin il a plu et le chemin est très glissant. Mon scooter est incontrôlable et je finis par me vautrer dans la boue sous l’œil amusé des fermiers dans leur champ de tabac

Continuons vers Selong Blanak… Petit stop au hasard d’un virage dans un petit village de pêcheurs qui cultivent des algues.


Depuis 10 bonnes minutes, 2 jeunes Sasaks en scooter me suivent. Je sens bien qu’ils veulent me dire un truc. Je stoppe.
« hello mister… what is your name ? (etc…) veux tu venir prendre le café dans ma maison »
« Sourire ! si c’est pas loin… »
Un des 2, Zamak, se propose de conduire mon scooter. Je lui laisse le guidon. Me voila à nouveau sur des petits chemins sillonnant les champs de tabac, passager d’un Sasak fier de transporter « son » touriste ! Me voilà arrivé dans le bled. Nouvel attroupement.


Je prête mon appareil photo à Zamak pour poser avec un Sasak tout content d’avoir été choisi.


On me sert le café puis on m’invite à manger. Voyageant léger, je n’ai rien à leur offrir à part de l’argent et il n’en est pas question. Gêné, je refuse la proposition. Je les remercie pour ce bon café et demande à Zamak de me raccompagner jusqu’à la route car seul je serai incapable de retrouver mon chemin. Au moment de nous séparer, il me demande :
« STP – tu n’aurais pas un livre de grammaire anglaise ? »
« Non, je suis sincèrement désolé » lui dis-je avec regret
« Tant pis. Au revoir et merci d’être venu »
« Merci Zamak »

Kuta n’est plus très loin. Je me dis « je vais aller acheter ce bouquin et je vais lui ramener ». Et puis je dois vite me rendre à l’évidence : je n’arriverai jamais à retrouver son village perdu au milieu des champs Triste


Enfin j’arrive à un embranchement. Je me rends compte que j’ai loupé la route de Selong Blanak et que j’ai pris l’intérieur des terres. Tant pis, ou tant mieux ! Cap sur Kuta.

Kuta Lombok, c’est l’antithèse de Kuta Bali. Tranquille, peu d’infrastructures, belle plage. Aah, on est bien ici ! Je me trouve un hébergement tout neuf : je suis le tout premier client et je dois faire attention où je mets les pieds car la dalle en ciment pour accéder à ma chambre n’est pas tout à fait sèche ! Je vais faire un tour sur la plage. Pas un touriste ce jour là. Cool


Kuta, c’est un lieu d’hébergement pour surfeurs, et dans la journée, ils ne sont pas à Kuta mais sur les plages environnantes (surtout Mauwi). Je suis abordé par Monika, la seule vendeuse de la plage. Elle me propose des Sarongs. Elle est très intéressante à discuter et nous parlons un petit moment. Comme elle est sympa et parle très bien l’anglais, je finis par lui acheter un sarong et un petit collier en coquillages. Elle est contente car ce soir elle pourra se payer le bémo (2€) lui permettant de rentrer dans son village voir sa mère.

Selong Blanak est à 20km à l’ouest de Kuta. Aujourd’hui j’y vais, faut quand même que j’arrive à trouver ce bled, annoncé avec une plage magnifique dans mon guide ! Mon guide comporte également un petit encadré disant que l’endroit peut être un peu dangereux… Arf… ils sont tellement cool ces Sasaks que franchement… même pas peur !! Tire la langue

La route qui mène à Selong Blanak est superbe et offre de très belles vues panoramiques sur la côte.


Petit arrêt de 2h de bronzette sur la belle plage de Maun.


Nous sommes 5 touristes sur la plage Cool

Je zappe la plage de Mauwi, avec ses surfeurs et son entrée payante, et j’arrive à Selong-Blanak en début d’après-midi.

Sitôt le scooter stationné, 4 enfants viennent me poser des questions en anglais. Il ont fini l’école à midi et reprennent à 15h. Ils me demandent si je ne peux pas leur donner un dico d’anglais ou bien un ballon de foot, mais je ne transporte pas ça dans mon sac à dos ! Incertain

La plage est magnifique....


avec ces bateaux colorés


et ses habitants qui adorent se faire photographier !


Un jeune Sasak vient nous rejoindre et commence à me parler. Il s’appelle Dadi, il a 19 ans, et il m’explique qu’il veut pratiquer son anglais. Il a arrêté ses études au collège, mais n’a pas pu continuer au lycée car ses parents n’ont pas les moyens de payer 10 à 20€ de frais de scolarité par mois. Nous causons, nous nageons, nous sympathisons alors il me propose d’aller prendre un café chez sa mère.
« Par contre je te préviens ma maison elle n’est pas belle »
« M’en fous ! »

C’est une hutte en tôle ondulée et en bambou, recouverte de papier journal en guise de papier peint. Je pense que c’est pour consolider le tout. Il doit les lire ces journaux car il connaît très bien les grands évènements de ce monde. Par exemple, il apprécie Jacques Chirac pour sa non-intervention en Iraq ! Ce n’est pas la première fois que j’entends ça en voyage, c’est fou ce que cette prise de position a rendu J. Chirac populaire dans le monde !

En sirotant notre café made in Lombok (avec un très fort goût de cannelle), il me parle de sa famille. Il vit ici avec sa mère et sa sœur, qui vient d’avoir un bébé. Il a un oncle et des amis à Kuta, mais ça fait au moins un mois qu’il ne les a pas vu faute d’argent. Le ticket de bémo coûte 1€ Dubitatif

« Ben je peux t’emmener à Kuta en scooter Sourire Je loge là-bas...»
« D’accord mais uniquement si tu acceptes de me ramener, car je n’ai aucun moyen de locomotion »
« Pas de problème » (la route est tellement belle !)


Dadi tremble. Ses vêtements ne sont pas encore secs de la baignade et il n’a rien pour se changer. Afin de voyager léger, je n’ai pris, comme vêtements chauds, que des vêtements techniques de montagne. Je lui prête ma veste polaire Millet et mon pantalon Helly Hansen… en me gardant bien de lui dire qu’il en a au moins pour 150€ sur lui ! Fou

Arrivés à Kuta, je le dépose au marché et on se donne rendez-vous le lendemain matin au même endroit. Surprise plus tard dans la soirée, Dadi me cherche partout ! Il n’a pas de chance : son oncle est parti à Sengkol et ses amis ne sont pas là non plus, il est seul et n’a rien à manger

Gêné, il me demande si je veux bien lui donner 1 ou 2€ pour aller s’acheter à manger. Je suis gêné moi aussi, car nous sommes devant l’entrée du resto, et on vient juste de m’apporter mon repas… Soit je me tape la honte si je le fais attendre devant le resto, soit il risque de se sentir très mal à l’aise s’il rentre dans le resto. Il me faut bien prendre une décision, la moins pire : « viens plutôt manger avec moi »

C’est un resto pour touriste et chaque plat vaut entre 10 et 30000 roupiah (1 à 3€), ça m’embête qu’il voit les prix alors qu’il vit lui-même certainement en dessous du seuil de pauvreté. Mais le plus gêné c’est encore lui : il choisit juste un bol de riz blanc (0.30€)
« Dadi, commande un plat comme moi. Prends ce qui te plait, je te l’offre avec plaisir »

Je le reconduis au marché… Je suis sûr qu’il va dormir dehors… Je lui propose le 2ème lit inoccupé de ma chambre, mais bon ça m’arrange qu’il refuse car je me voyais mal débarquer avec lui !

Il est inquiet : « Tu es sûr que tu viens me chercher demain matin ?»
« oui, sûr » (il peut dormir tranquille, j’ai envie de récupérer mes fringues !! Rire)
Le lendemain j’aurai la confirmation qu’il a dormi dehors : « Il a fait froid cette nuit, heureusement que ta veste orange m’a tenu chaud… »

Je le ramène donc chez lui comme promis. En route, on s’arrête dans un marché local et je lui prends une portion de riz enveloppée dans une feuille de bananier vu qu’il n’a pas mangé. Je lui fais également acheter un ballon de foot, sans me montrer, pour l’avoir au tarif local

Arrivé à Selong-Blanak, je retrouve les enfants d’hier et je leur offre le ballon de foot dont ils rêvaient. Quel plaisir de les voir heureux, jouer au foot avec mon ballon tout neuf ! Sourire


Je reprends un café chez la mère de Dadi. Cette fois, pas de sucre dans le café, car pas d’argent pour en acheter. Son père cultive le tabac, et en ce moment la famille n’a aucun revenu car le tabac n’est pas encore assez mûr pour être vendu… Je ne dis rien, je ne sais pas si c’est une tentative déguisée de me demander de l’argent ou si c’est réel

Il est midi. Je pense que sa mère va m’inviter à manger, comme le font volontiers tous les Sasaks. Mais le temps passe et pas d’invitation. Tant pis, je vais rentrer à Kuta et je mangerai ce soir.

Je démarre le contact du scooter mais je sens bien que Dadi est préoccupé et qu’il a quelque chose à me dire.
« Loic, je suis désolé, je ne peux pas t’inviter à manger. Ma mère est en larmes, nous n’avons plus rien à manger. S’il te plait, je t’en supplie, donne moi 2€ pour que j’achète du riz »
J’ai horreur des habitants qui mendient auprès des touristes
« Ecoute Dadi, il faut que tu me jures que c’est vrai »
« Je te donne ma parole »
« Alors je vais acheter le riz avec toi »
Ironie du sort : le riz, c’est le voisin qui le vend ! Pour 2€, j’ai 4kg de riz.
« Au revoir Loïc et merci de tout cœur pour tout ce que tu as fait pour moi ».

En revenant à Kuta, je m’arrête demander le prix d’un kilo de riz. C’est bien 0.50€
Puis je demande à Banu, le serveur de mon hôtel avec qui je passe mes soirées, si c’est encore possible, de nos jours, que des Sasaks ne mangent pas à leur faim. Il me le confirme Triste. « Dadi ne t’a pas menti, et puis c’est quelqu’un de bien, je le connais nous étions à l’école ensemble »

Je suis choqué. Lorsque j’ai rencontré Dadi, ça ne se voyait pas sur sa tête qu’il ne mangeait pas à sa faim. J’ai de la peine pour lui. Il mise tous ses espoirs sur la construction d’un futur hôtel de luxe à Selong-Blanak, je regrette de lui avoir dit que je n’étais pas favorable à la construction de cet hôtel

Quelque part vers Kuta, il y a une région peu traitée dans mon guide. Je demande au patron de l’hôtel :
« C’est bien là bas ? Vous connaissez ? »
« Oui, c’est magnifique. Les plages sont paradisiaques. Si vous allez là-bas vous ne voudrez plus en partir ! »
Je décide donc d’ignorer le nouvel encadré de mon guide avertissant d’un potentiel risque d’insécurité dans le coin… et également les avertissements d’un guide local qui cherche à me faire peur pour que j’utilise ses services… Je suis persuadé que c’est faux, ils sont trop gentils ces Sasaks ! Et puis quand j’ai une idée dans la tête Fou

Pour me rendre dans cette petite presqu’île isolée, j’ai le choix entre la voie terrestre ou maritime. Par la route, c’est facile, il faut juste faire un long détour. Par bateau, on traverse directement une sorte de petit golfe. Pour le fun, je choisis l’option bateau. Pour cela j’emprunte une route en mauvais état, longe la somptueuse plage de Tanjung Aan et j’arrive dans un petit port de pêche.

Surprise ! Ce que je pensais être un ferry n’est qu’une petite barque de pêcheur ! Le seul pêcheur qui parle anglais dans le coin est un jeune au look branché avec une mèche blonde qui descend au milieu de son visage...
« heu…Mister, tu crois vraiment qu’on peut charger un scooter sur un petit bateau comme ça ? »


« T'inquiète, la semaine dernière, j’ai chargé 2 scooters, avec 2 Australiens et 2 surfs »

Nous commençons la traversée après une bonne dizaine de minutes à essayer de démarrer le moteur du bateau qui cale dès qu’on immerge l’hélice dans l’eau… très rassurant ! Malin

En plus il y a pas mal de vent, et plus on s’éloigne, plus les vagues sont fortes. Nous sommes trempés en quelques minutes

Nous nous approchons lentement du village qui se situe de l’autre côté du golfe, il y a des maisons en bois flottantes de partout : ici, c’est un village qui fait de l’élevage de langoustes... Je suis content de débarquer après 45 minutes de douche ininterrompue à l’eau de mer. Z'avez vu je mens pas il y a une grosse goutte d'eau en plein milieu de mon objectif Fâché


Ouf ! le scooter redémarre

Sur la plage m’attend un jeune Sasak souriant et enthousiaste de voir débarquer un blanc chez eux. Il parle un très bon anglais et me pose pleins de questions.
« ça ne te dérange pas j’espère ? J’ai besoin de pratiquer mon anglais »
« Ben dis donc tu l'as appris où ton anglais ? »
« Un peu à l'école et avec les touristes »
« Donc t'es doué ! »
« C'est rare de voir des touristes arriver en scooter par bateau. T'as payé combien? »
« Une dizaine d'euros »
« Ah ah comme tu t'es fait rouler! Malin »
« Fou Triste Fâché »

Nous causons sur la plage pendant une bonne ½ heure, pendant que mes affaires trempées sèchent sur moi au soleil. Le village est pittoresque : de jolis bateaux amarrés sur la plage, une jolie plage de sable blond avec au loin sa mangrove, des habitants qui vaquent à leurs occupations, ramassant je ne sais trop quoi sur la plage


ou triant des algues destinées à l’exportation pour l’industrie cosmétique


Qu’il est bon flaner sur cette plage ! Partout des « hello mister ! » « boulé! boulé ! » (boulé = touriste en langue sasak), des rires, les gens adorent se faire photographier…. Ce jeune Sasak qui ne me lâche pas d’une semelle est un pêcheur, il a 20 ans (oui encore…) et il s’appelle Rumaji. Il me demande une cigarette mais je lui réponds fièrement "tidak mrokok" (je ne fume pas... j'ai appris la phrase par coeur car inutile de vous dire qu'elle me sert souvent...). En tout cas le courant passe bien tous les 2 Sourire

Je me décide enfin à poursuivre ma route vers ces fameuses plages de rêve de Lombok. Rumaji me montre sur ma carte où elles se situent. Je pars avec mon scooter : une route chaotique, disons plutôt un chemin, puis de simples sentiers, me conduisent à travers la péninsule. L’endroit ressemble à une sorte de Finistère, aride, avec beaucoup de vent, mais en effet des plages particulièrement belles


et désertes ! Enfin presque Sourire


Maintenant il ne faut plus trop traîner car le seul hôtel du coin est cher… Il me faut retraverser toute la presqu’île, puis remonter plus au nord pour trouver enfin un hébergement bon marché. Mais en route, je repense à ce village typique… je ne sais pas pourquoi, j’ai envie d’y retourner, et j’ai aussi envie de revoir ce jeune pêcheur avec qui j’avais eu un si bon contact. Je fais demi-tour.

Après quelques dizaines de minutes à me perdre, à tourner en rond, à revenir sur mes pas, à demander ma direction, je retrouve enfin ce charmant village. Je vais acheter un paquet de cigarettes et pars à la recherche de « mon Sasak ». J’ai du mal à me souvenir de son nom Ramaji ? Ramaju ? Les habitants ne connaissent pas. Heureusement, il est sur une de mes photos et je zoome son portrait avec l’écran de mon appareil numérique.
« Aah ! Ru-Ma-Ji ! »
« Oui c’est ça, Rumaji »
Une nuée de gamins m’accompagne jusque devant sa maison Sourire


Dans le village c’est l’évènement : il y a un touriste chez Rumaji et en plus il le cherche ! Angélique
Ravi, mon nouvel ami me fait entrer dans sa "rumah" et me propose de prendre le café « made in Lombok », au goût toujours autant épicé et sucré. Chez lui, pas de chaise, nous sommes assis à même le sol. A 20 ans, il vit déjà dans sa propre maison… et avec sa femme !

Nous sommes rapidement rejoints par son frère Rumawe, 22 ans, déjà papa de 2 jumelles… et sans oublier plusieurs dizaines de curieux qui squattent à l’intérieur et à l’extérieur de la maison car il n’y a pas de place pour faire entrer tout le monde

J’essaye de faire le marrant et ça a l’air de plaire ! Je ne sais pas, je me sens bien ici, décontracté, ma réserve et ma timidité sont restées au vestiaire. Peut-être parce que je ne me sens pas jugé par les regards qui m’entourent… ou bien jugé moins jugé sur l'apparence qu’en Occident!
Je traîne… ça tombe bien, Rumaji n’a pas l’intention non plus de me laisser partir :
« Mister, Il y a de très beaux couchers de soleil ici. Si tu veux tu peux rester ici jusqu’au coucher du soleil »
« Non, désolé il faut que je parte car je ne veux pas conduire de nuit »
« Tu n’as qu’à dormir chez moi »
« Sourire Tu as de quoi héberger du monde ? »
« Sans problème et en plus chez moi c’est pas cher comme à l'hôtel d'à côté! »
« Wouah trop cool ! »

En attendant le coucher du soleil, Rumaji me propose de venir sur la plage avec lui car il doit aller tendre un filet de pêche. Je suis heureux : je me dis que je suis vraiment privilégié d’être le seul touriste dans ce village. Je n’en pas croisé un de la journée, ça y est je commence à être en « immersion » ! SourireSourire

Il me montre son instrument de travail : c’est une simple petite barque tout en bois, disons plutôt une pirogue, avec un morceau de bambou en guise de flotteur, relié lui-même à la coque du bateau par 2 branches naturellement courbées. Il monte dedans avec son frère et commence à pousser avec un bâton pour partir.
« Et moi ? »
« Ah mais tu veux venir ? »
« Ben oui !! » (c’est que j’ai des photos à prendre moi Cool)

La méthode du filet est simple : ici, le poisson est partout, il suffit de s’éloigner de quelques mètres du rivage et de tendre le filet : Rumawe pousse le bâton pour faire avancer doucement la barque, Rumaji déroule le filet hors de l’embarcation


Ensuite, de retour sur la plage, il suffit de tirer le filet


Hi… Hi… c’est Thalassa en live ! Sourire

Cette fois c’est l’heure du coucher de soleil... et mon objectif est toujours crade...


Une fois la pêche terminée, les 2 frères me proposent de me mettre à table avec un sourire non dissimulé. Huummm le bon poisson frais ! Mais ouille ouille ouille le piment ! Harri, un des voisins, semble captivé par mon Guide du Routard... car il est écrit en Français !!


Il est 20h. Nous retournons à la plage avec d’autres villageois pour regarder les étoiles.
J’adore ce genre d’instant, ou, en position allongée, et l’obscurité aidant, les langues se délient, les silhouettes se dessinent… on se parle comme si on se connaissait depuis longtemps Sourire

Il est temps de retourner à la maison et d’aller dormir. Rumaji m’apporte un matelas et s’allonge par terre, à côté de moi.
« Heu… Rumaji, elle est où ta femme ? »
« Elle est partie dormir chez le voisin »
« Pourquoi ? Je gêne peut-être ? »
« Mais non ! Mais moi je suis musulman et lorsque j’ai un invité ça ne se fait pas de dormir avec sa femme »
« Allons bon !... Et… tu dors sur le ciment toi? »
« Oui oui… j’ai l’habitude… »

Le lendemain matin, j’ai droit à un petit déjeuner local : du poisson avec du riz ! (celui que j'ai pas fini la veille Malin) Il me fait visiter sa maison. Dans sa chambre il y a un lit sans matelas: c’est le matelas sur lequel j’ai dormi… Rumaji m’a prêté son propre matelas. Si c’est pas de l’hospitalité ça !! Sourire

Puis enfin j’ai droit à une bonne douche, sauf que chez lui il n’y a pas d’eau alors il m’accompagne chez ses parents, à 200m. Là, dans une petite pièce en plein air clôturée par des bambous, je retrouve la bonne vieille douche qu’on utilise dans les campagnes et dans mes chères îles paumées: un puits, un seau avec une corde, on plonge le seau dans le puits, on le remonte en tirant sur la corde et on se verse le contenu du seau sur soi. En répétant plusieurs fois l’opération c’est tout aussi efficace qu’une douche et tellement bon quand on est dans un pays chaud...

Rumaji voit bien que je vais partir
« STP Mister reste. Tu amélioreras mon anglais et moi je t’apprendrai l’Indonésien et les coutumes des Sasaks »
Inutile de vous dire qu’il n’a pas besoin d’insister deux fois Sourire
« Et puis tu peux rester le temps que tu veux : une semaine, un mois, un an même ! »
« Merci Rumaji… Au fait, hier j’ai eu du mal à m’orienter et je pense que j’ai loupé certaines plages. Ça te dit de m’accompagner cet après-midi ? »
« Avec plaisir ! »
« Mais je ne veux pas abuser de ton temps »
« En ce moment je n’ai rien de spécial, je n’ai pas besoin de pêcher tous les jours, je peux stopper mon travail quand je veux. Je ne suis pas salarié moi Tire la langue »
« Super ! Au fait je ne m’appelle pas Mister, moi c’est Loic… »
« Ok Mister » Fou

Ni une, ni deux, nous voila repartis sur les petits sentiers sur lesquels je me suis perdu hier… Et effectivement, hier j’en avais loupé des beaux coins la vache !


Rumaji et moi n’arrêtons pas de parler. Une relation de frère à frère, ou de père à enfant, ou un peu des deux, je ne sais pas, est en train de s’instaurer. Il est curieux de tout et il aime apprendre. Malgré son isolement géographique, il a une opinion sur tout, et je suis épaté par ses connaissances géographiques et géopolitiques. Il connaît déjà le nom du nouveau Président français 3 mois après son élection
« Mais comment sais tu tout ça ? »
« Dans les journaux… j’adore lire l’actualité. Et puis parfois je vais voir la télé chez ma voisine, ou je discute avec les touristes, j'en vois quelques uns chaque mois. Au viilage, mes amis ont pour consigne de venir me chercher dès qu'ils voient un touriste, car je suis le seul à parler anglais, et je veux absolument maîtriser l'anglais ! »
Il m'épate, il m'épate...

Et puis vient la question que je redoute tant lorsque je voyage… La dernière fois qu'on me l'avait posé c'était aux Iles Andaman...
« Loic, tu gagnes combien par mois ? »
« Arf... toi d'abord Tire la langue »
« Moi, je gagne en moyenne 1 million de Rupiah, soit 80€, mais c’est variable, ça dépend si je vends des langoustes ou pas, j’ai des mois à 50€ et des mois à 150€. »

Je réfléchis… mon interlocuteur est (très) intelligent, j’ai du temps devant moi, OK toutes les conditions sont réunies pour que je puisse annoncer le chiffre.
« Moi je gagne 15 millions par mois »
Evidemment la réaction est immédiate :
« Wouahhh tu es très riche ! »
« Attends, attends, maintenant j’explique ! Un chiffre ça ne veut rien dire, il faut tout ramener au coût de la vie»
Je sors un morceau de papier et un stylo :
« En Indonésie, 1 kilo de riz coûte 5000 Roupiah, en France c’est plutôt 50000. Donc toi, en Indonésie, tu peux acheter chaque mois 200 kg de riz, moi en France 300 kg. Par contre, moi en Indonésie, je peux acheter 3 tonnes de riz, et toi en France seulement 30 kg. Tu comprends la différence ? Oui en Indonésie je suis beaucoup plus riche que toi, et seulement quand je suis en Indonésie, et d'ailleurs ce c’est pas parce qu’un euro vaut 12000 roupiah que je suis 12000 fois plus riche que toi (saleté d'euro qui nous fait passer pour + riches que les Américains Fâché). Par contre, toi en Indonésie, moi en France, nous ne sommes pas si loins l’un de l’autre : 200 kg de riz pour toi, 300 kg pour moi. En France, tout est très cher : par exemple le loyer de ma maison c’est déjà 6 millions. A la fin du mois il ne me reste pas beaucoup d’argent… »
« 6 millions… par mois ? »
« Ben oui par mois »
« C’est énorme ! Ma maison elle m’a coûté 30 millions (3000€) »
« Oui… en France pour 30 millions de Roupiah tu loues une maison pour 6 mois, en Indonésie tu en achètes une pour la vie.Et je peux te dire que mon loyer n’est pas cher… D’ailleurs, moi, je ne suis pas propriétaire comme toi. Je ne peux pas, je ne gagne pas assez. En France, pour s’acheter une maison, on est obligé de contracter un emprunt auprès d’une banque, puis on rembourse pendant 20 ou 30 ans »
« Ha ha ha, vous payez des intérêts ! C’est stupide d’enrichir les banquiers. Moi pour payer ma maison j’ai emprunté à mes voisins et je les ai remboursés en 3 ans. On n’a pas besoin de banque ici, et puis la banque est bien trop loin »
« A l’inverse, j’ai une voiture et toi tu ne peux pas t’en payer une »
« Je n’en ai pas besoin »
« Je sais mais c’est pour te dire que ce qui est inaccessible dans mon pays peut être accessible pour toi, et inversement. C’est pour te dire que je ne suis pas le millionnaire que tu imagines… Pour venir ici, j’ai économisé de l’argent mois après mois, jusqu’à en avoir assez pour venir… Tu sais Rumaji, ce n’est pas parce que le seul hôtel de la région facture la nuit à 30€ que tous les touristes ont les moyens d’y aller. Pour pouvoir voyager, chaque mois je fais attention à mes dépenses, comme par exemple l’électricité qui coûte très cher »
« Combien ? »
« Environ 1 million par mois, et c’est peu ! »
« Moi je ne paye pas l’électricité. Nous avons l’électricité solaire gratuite. L’installation coûte 500€ et tu as de l’électricité à volonté et à vie. Chez moi la lumière reste allumée toute la nuit »
« Oui d'ailleurs si tu pouvais l'éteindre... Tire la langue Et oui pour 500€ tu as 5 mois d’électricité en France, en Indonésie c’est à volonté et pour la vie ! Tu as un panneau solaire sur ton toit ? Je ne l’ai pas vu »
« Non, moi je n’ai pas l’installation, car j’utilise peu d’électricité : je n’ai pas d’appareil électrique, j’ai juste besoin d’un peu d’éclairage. Alors je n’ai pas besoin de panneau solaire, je suis raccordé à mon voisin qui me donne un peu de son électricité »
Bon stop, on va arrêter la conversation car ça risque encore de me faire gamberger Triste après, de retour en France, je vais encore une fois me demander pourquoi je continue à vivre en Europe FâchéPirate

Mais il enchaîne :
« Je suis bien conscient que je suis heureux ici. Je suis pauvre mais heureux. J’ai une belle vie, j’aime mon village, j’aime mon métier de pêcheur, je sais que quelque part je suis privilégié. J’ai vu des reportages sur la télé de ma voisine qui m’ont montré que la vie en Europe n’était pas toujours aussi facile qu’ici. Je t’envie sur une seule chose : c’est de pouvoir voyager. J'aimerais tellement voyager moi aussi mais je suis trop pauvre pour cela"
"Quels endroits as tu déjà visités?"
"Mon village, la ville voisine, Mataram, et puis c’est tout. Je suis pauvre, je n’ai pas d’argent pour voyager"
"Tu es déjà allé à Tetebatu, au pied du Mont Rinjani?"
"Non"
"Il y a 2 places sur mon scooter... ojek gratuit !" (ojek = moto-taxi)

J’allège mon sac à dos en laissant des affaires dans son armoire, qu’il referme à clé... et il me remet la clé ! Ahlala c'est vrai qu'ils sont dangereux ces Sasaks musulmans fanatiques Malin
Un rapide au revoir à sa femme et nous voila partis sur les routes! A chaque arrêt, on nous demande ce qu’on fout ensemble, ce à quoi nous répondons en nous désignant du doigt : « tourist Francis, tourist Sasak » Malin

Nous roulons...
Nous nous sommes découverts plein de points communs. Comme par exemple cette fascination pour les cartes : lorsque je lui montre ma carte de l’Indonésie, il l’examine longuement, sous toutes les coutures, les yeux grands ouverts, rêveur… comme moi quoi! Ou encore ce même rejet des villes et ce goût si particulier pour les plages où il n'y a personne.
« Rumaji quelle est ta date de naissance ? »
« 1er janvier 1987 »
« Hi hi j’en étais sûr… tu es Capricorne comme moi !Sourire »

Maintenant je sais qu’il m’apprécie beaucoup. J’ai remarqué que dans de nombreux pays musulmans, les bons amis sont très affectueux en public. Chez nous deux hommes qui se tiennent la main ou se passent le bras autour de l’épaule, c’est jugé soit incongru, soit avant-gardiste, selon la tolérance du juge… En Indonésie c’est très bien perçu, c’est signe d’une grande amitié. Et quand en plus c’est avec un touriste c’est un honneur… A l’inverse, on ne touche jamais à sa femme en public… c’est indécent Clin d'oeil

Malgré tout ma culture occidentale reprend le dessus et je me sens très mal à l’aise quand il me fait cet honneur et je repousse régulièrement sa main… surtout quand c’est en présence de sa femme Dubitatif!! Je tente de lui expliquer que si en France je faisais la même chose devant ma femme, elle serait très en colère !... Il rigole et traduit à sa femme, qui rigole à son tour Fou

C’est aussi ça les voyages : il n’existe aucun système de valeurs qui soit universel… Quoiqu’en pensent certains
Mes repères culturels sont chamboulés… j’adore Sourire

Bref, nous roulons donc... et au bout de 2h de route, nous approchons de Tetebatu


L’altitude s’élève et la température diminue. Ils sont frileux ces Sasak: ça tremble derrière. Je m’arrête et je sors ma fameuse veste Millet du fond du sac et me disant que tout le monde sauf moi aura porté cette veste ! Voilà mon passager prêt à affronter des températures qu’il ne connaît pas

Nous trouvons au Selebuse Café une chambre sympa et pas chère.
« Tu vois, Rumaji, ici c’est 5€ pour 2 avec le petit déjeuner inclus. Tous les hôtels ne valent pas 30€ la nuit ! »
Emmi, le propriétaire de l’hôtel-restaurant, après m’avoir montré sa collection des copines européennes stockées dans son portable... Malin nous sert un bon poulet puis nous fait une démonstration de magie. Franchement il est très fort : « Emmi, sur ton panneau, tu as écrit hôtel, restaurant, randonnées, informations touristiques, chambres à louer… tu as oublié de rajouter spectacle de magie ! »

Le lendemain matin je suis réveillé par d’étranges bruits d’eau qui émanent des toilettes. Notre touriste Sasak a l’air d’avoir quelques difficultés… « Mince, j’ai oublié de lui montrer comment fonctionne une douche et une chasse d’eau ».
Ne sachant pas s’il est habillé, je le laisse se débrouiller Sourire

Après le petit déjeuner (lors duquel Rumaji découvre que les touristes mangent des trucs sucrés et non du poisson pimenté avec du riz) Emmi a dessiné une carte de la région sur le mur de son resto et nous indique les coins où il faut aller. Nous repartons en scooter sur les routes autour de Tetebatu, entre champs de tabac, bananiers et rizières.


C’est génial de voyager ensemble: outre le fait qu’on s’est franchement bien trouvés, il me facilite énormément le contact avec la population locale.
Ainsi, nous passerons de bons moments à rire avec les trieuses de feuilles de tabac


et avec les planteuses de riz, qui nous offrirons même le café "made in Lombok" bien sûr !


Tiens, un mariage !


Nous rentrons au Selebuse Café. Pas mal de touristes s’arrêtent au restaurant. Rumaji n’a pas l’habitude des touristes, et dès qu’il en voit, il adopte toujours la même tactique : leur sauter dessus et les bombarder de questions. Certains moments sont savoureux… J’adore sa spontanéité et sa naïveté lorsqu’il demande systématiquement à un couple s’ils sont mariés ou juste amis, ou lorsque qu’il dit franchement qu’une personne est belle, qu’elle soit homme ou femme d’ailleurs car ici on ne fait pas la distinction comme chez nous... Ici, notre culture occidentale est parfois soumise à une petite épreuve et certains touristes ne cachent pas leur étonnement, ou leur méfiance, et me lancent des regards du genre « qu'est-ce qui fait, qu'est-ce qui veut, qui c'est celui-là? tu le connais ? ». Je ne dis rien, je savoure… ou pour m'amuser je réponds "oui, oui, c'est mon frère!"... Consternation Malin...mais intérieurement, je leur répond « oh oui, je le connais, c’est quelqu’un qui a un esprit peut-être un peu trop pur pour vous ! » Tire la langue Emmi est en forme ce soir et refait un spectacle de magie pour tout le monde, sous vos applaudissements...

Nous repartons de Tetebatu le matin. En partant, j'avais allégé mon sac à dos au strict minimum pour que mon Sasak de passager n'ait pas à porter toute la journée un « Sasak à dos » trop lourd ;-). Du coup, nous n'avons pas d'affaires de rechange. Je décide de m'arrêter dans une boutique de fringues pour touristes.
"Rumaji tu choisis ce que tu veux"

Il a vite trouvé son compte en prenant une contrefaçon d'une marque manifestement anglaise (il y a le nom d’un grand couturier et "London" en gros caractères sur le T-shirt) + un bermuda de surf (une copie de Billabong). Et moi aussi je prends un « faux bermuda Billabong » + 2 T-shirt multicolores (que Rumaji n'aime pas...). Je négocie le tout à 20 euros.
"Mais c'est trop cher !! Si tu vas avec moi au marché, tu as 10 articles pour ce prix-là!"
"Oui mais je n'aime pas les articles vendus au marché. Ils sont à la mode Indonésienne, mais en Europe ce n'est pas mettable. Alors je préfère payer un peu plus cher. Mais ne t'inquiète pas, on ira aussi au marché. Ça te va, Mister Rumaji from London??" Sourire

Il acquiesce en souriant... le voila rhabillé à la mode anglaise pour le haut et australienne pour le bas ! Avec ses lunettes de soleil (copies de Hockley...) que je lui ai offert, c'est le vrai touriste de marque Sasak avec de fausses fringues de marque...

Comme nous avons la journée devant nous, je préfère faire un petit détour pour longer la côte Est, on ne sait jamais, si on trouve des belles plages désertes ! Nous arrivons au Port de Labuan Hagi. Là, une bande de jeunes nous observe. J’entends juste le mot « touriste » qui revient à chaque phrase, et ça rigole, ça rigole
Rumaji s’approche d’eux
« Je ne comprends pas ce qu’ils disent, ils ne parlent même pas le Sasak ! »
« Oula, mais d'où c'est qu'il débarquent ceux-là? »
Heureusement, depuis près d’un siècle, le Bahasa Indonesia est la langue qui fédère les milliers de dialectes d’Indonésie, et ainsi tous les Indonésiens peuvent se comprendre grâce à cet Esperanto asiatique...

Ce sont en fait les habitants d’une toute petite île, Gili Meringke, qui se trouve à quelques kms au large de Labuan Haji. Ils attendent le bateau qui les reconduit dans leur petite île. Elle ne figure pratiquement sur aucune carte. En tous cas, nous avons vite fait de sympathiser ensemble !


Nous sommes invités à venir séjourner sur leur île, il parait qu’il y a une plage de sable blanc… Malheureusement nous n’avons plus le temps, j’ai rendez-vous à Bali le lendemain ! Leur bateau arrive, et nous les regardons s’éloigner du port


Retour à la maison. Rumaji est ravi d’avoir joué au touriste pour la première fois de sa vie. Il raconte nos aventures à ses amis… envieux !

Bon, cette fois, je n’ai plus le choix, je dois partir, demain j’ai un avion pour Denpasar car je vais rejoindre Carine. Je regarde encore une fois la carte de Lombok : 70 km de route. Bah, c’est pas si loin, je partirai cet après-midi ! Alors re-discussions avec les habitants, re-plouf à la plage, re-miam chez mon petit frère

En partant, j’ai la gorge serrée. Rumaji me note son adresse sur un morceau de papier et me le tend, le regard triste. Je pense qu’à cet instant je dois avoir la même tête… Je laisse une partie de moi-même dans ce village où tout le monde me connaît et m’apprécie car « je ne suis pas comme les autres touristes » (ah bon ?). Et puis j’abandonne également mon petit frère… ce n’est qu’un au revoir, j’en suis sûr.

Je retrouve Carine à Bali. Je ne suis pas en super forme, je lui raconte ces deux semaines inoubliables que je viens de vivre… Avant d’aller à Lombok, j’avais pris soin de mettre une option pour un vol sur Maumere le 17/08. Lorsque que nous nous rendons au guichet Merpati à l’aéroport, une employée nous apprend que mon option a sauté car je n’ai pas payé à temps… alors que j’avais bien dit à son collègue que je venais régler mon billet le 14 août Fou

Tous nos plans sont fichus en l’air… Là, je commence à m’énerver, à leur dire que ça ne m’étonne pas que leur compagnie de pacotille soit sur la liste noire, enfin le bon Français en vacances quoi Tire la langue En plus, mon interlocutrice est manifestement rompue à ce genre de mécontentement et ne prête aucune attention à moi

Bon, on se calme… On réfléchit
« Heu… Carine, ça te dit d’aller à Lombok, puis à Sumbawa? »
Elle accepte. D’un coup j’ai une pêche d’enfer ! Grand sourire à l’employée que je viens d’agresser :
«Heu… finalement un vol pour Mataram vous avez ? »
« Quelle date ? »
« Là, maintenant, tout de suite »
« C’est tout complet pour aujourd’hui et demain »
« On ira en ferry (nananère!...) »

Nouveau coup du destin qui une fois de plus m’oblige à retourner au même endroit… Vous l'avez deviné: pour mon plus grand plaisir Sourire

Histoire de laisser Carine se remettre du décalage horaire, nous restons 2 jours à Sanur. J’ai horreur de cet endroit, où se succèdent boutiques, restaurants, hôtels… le tout collés les uns aux autres sur plusieurs kms de long... Nul de chez renul Pirate

Allez, hop hop hop, taxi pour Padangbai et on saute dans le ferry. Nous sommes harcelés par des vendeurs en tout genre… et je décide d'en harceler un à mon tour...
« Combien tes lunettes de soleil ?»
« 5€ »
« La pièce ? »
« Ben oui ! »
« Tu m’as pris pour un Américain ou quoi ? »
« Donnes moi ton prix alors, c’est négociable sur tu en prends plusieurs »
« 10 pour 10€ »
« Ah ah ah ! A ce prix là c’est la banqueroute ! »
« Hi hi, ben voyons »
« Rooh allez 20€ quoi !»
« Nan, 10€, j’irai pas au delà. »
« Je peux pas, je perds de l’argent »
« Tant pis pour toi, tu vas louper un beau billet rouge… » (et je lui agite un billet de 100000 Roupiah, qui correspond à la plus grosse coupure qui existe)
« Ca va, t’as gagné, mais je choisis les modèles »
« Merci mon ami ! »
Et me voilà avec 10 paires de lunettes de soleil en plastique : que des copies de grandes marques, côté design elles assurent. Cool

Le ferry accoste au port de Lembar, puis nous montons directement en bémo dans la ville de Chakranegara retrouver ce cher M. SUBHI des scooters. Carine s’exerce un peu à rouler, c’est bon elle a déjà l’expérience de la Thaïlande.

En route pour la traversée de Lombok. Nous arrivons chez Rumaji en milieu d’après-midi.
« Loïc ??!! tu es revenu ?? mais quelle bonne surprise, oh que je suis content !! Sourire »
« Ben moi aussi si tu veux tout savoir... Sourire »

Gros attroupement dans la maison, en l'honneur de Carine et moi...


Distribution des lunettes de soleil. A voir leurs têtes, j’ai bien fait d’acheter ces lunettes

Il encore temps d’aller à la plage, nous décidons d’aller nous baigner tous ensemble.
Quels inséparables ces deux là Clin d'oeil


Rumaji a envie d’aller pêcher ce soir à la tombée de la nuit. Il se met à chercher ce qu’il appelle le « food for fish». Il se met à creuser le sable de la plage et en ressort de gros vers… Beurk !


La récolte de food for fish est bonne. Il est l’heure d’aller manger. Après le spectacle du food for fish, on a vachement faim Incertain


Puis nous irons finir la soirée avec... Rumaji bien sûr... à la pêche à la ligne, cette fois au bout de la jetée du village. A part des morceaux de corail, il ne pêchera rien du tout ce soir là. Grand philosophe il déclare :
« C’est pas grave si je n’ai pas de poisson. L’essentiel c’était de passer un bon moment ensemble sous les étoiles… bon allons dormir »

Le lendemain j’emmène Carine sur ma plage préférée. Bien sûr j’emmène avec moi mon inséparable guide Sasak... Nouvelles séances photos avec les gamins du coin


Soit dit en passant Alan, tu aurais du pousser encore un peu plus à l’Est, n’est-ce pas ? Tire la langue


Puis en fin d’après-midi, nous allons voir l’équivalent du défilé du 14 juillet, sauf qu’en Indonésie c’est le 17 août et ce sont les écoles qui défilent au pas


Malheureusement Carine ne vit pas des moments aussi magiques que moi. Elle a encore le décalage horaire et elle dort très mal. Elle est très fatiguée et finit par me confier qu’elle a besoin d’un hôtel pour se reposer. Pas de souci je comprends, d’autant qu’il est vrai que chez Rumaji le sommeil est difficile entre les chiens, les poules, la mosquée, le voisin qui balaye à 6h du mat... Nous allons à l’hôtel du coin et finalement on arrive à trouver une chambre à 8€ et non les 30€ annoncés par Rumaji lorsqu’on s’est rencontrés. Mais si on ajoute les repas hyper chers (l’hôtel est très isolé et tout est acheminé en 4x4), on arrive vite aux 30€.

« Tu sais, mon seul but dans cet hôtel c’est de dormir pour récupérer… Alors si tu as envie de dormir dans TON village ne te prive pas »
« Ben non, quand même, on voyage ensemble, je vais pas te laisser tomber »
« T’en meurs d’envie »
« Mouarf... mais non »
« Allez fiche le camp »
« Merci Carine Sourire»

Et hop d’un coup de scooter je retourne au village. Les 2-3 kms qui séparent l’hôtel du village sont un véritable parcours de trial, avec tout ce qu’il faut : rochers, ornières, pentes à 30%, sable, trous béants, la totale j'adore ça (je flippe un peu pour les pneus quand même)

Depuis plusieurs jours, j’ai une petite idée derrière la tête… Après le repas, je demande :
« Rumaji… Je n’ai plus assez de temps cette année pour faire la traversée des îles de la Sonde que j’avais envisagée. Si je reviens l’année prochaine, tu veux me servir de guide ? »
« Mais je ne suis pas guide, je ne connais même pas Sumbawa et Florès »
« Oui enfin je me comprends, j’ai besoin d’un ami qui me facilite l’approche et le contact avec la population locale, si tu préfères… »
« Ouaah… mais c’est trop génial ! C’est vrai ou tu me fais marcher ? »
« Ben c'est vrai tiens ! Tu peux te libérer un mois entier ? »
« Evidemment »
« Et ta femme elle est d’accord au moins ?»
« Elle sera super contente pour moi »
« Génial ! Alors tu peux compter sur moi. Quand je promets un truc je le fais »
« Moi aussi »
« Parole de Capricorne !! »


Le lendemain, Carine a pu récupérer.
« Bon on ne va pas passer tout notre temps ici tout de même ? »
« Non non, on y va, y’a pas de problème ! Incertain» (chuis dégoûté mais bon elle a raison, je vais pas passer mes 6 semaines de voyage au même endroit !)
« On va où ? »
« Ben vu qu’on a les scooters, que Bali en plein mois d’août bof, on peut tenter Sumbawa comme on avait dit…»
« Oui pourquoi pas ? C’est bien Sumbawa ? »
« Je sais pas. Le bouquin n’a pas l’air hyper enthousiaste… mais bon c’est en dehors des sentiers battus, et lis ce que Alan a marqué, et vu comment j’ai adoré Lombok et lui aussi, j’ai bien envie de me fier à lui et pas au bouquin Tire la langue»
Je lui tends ton carnet de voyage, cher Alan, dans lequel tu exprimes ta frustration de n’avoir fait que traverser Sumbawa sans t’arrêter

En route pour Poto-Tano, le port de Sumbawa. Je quitte Rumaji cette fois pour de bon… un nouveau mauvais moment à passer mais les bonnes choses ont toujours une fin. Et puis je suis moins triste car je sais qu’on se revoit dans un an Sourire

Nous montons en scooter jusqu’à Labuhan Lombok, au Nord-Est de l’île. Le ferry pour Sumbawa finit par accoster. La traversée dure une bonne heure

A Sumabawa, les paysages sont assez arides mais la route offre des vues dégagées sur de grands espaces. Le trafic est très faible, des hommes transportent des meules de foin à vélo, la route est bordée de cocotiers qui dessinent des ombres avec la lumière du soleil qui décline. Le tout donne une ambiance de « hors des sentiers battus » qui me plait. Par contre je ne sais pas où mon bouquin a vu de belles plages Fou

Nous sommes assez crevés et contents de trouver un hébergement dans la petite ville d’Alas. On se couche comme les poules mais quelqu’un frappe à la porte.
« Il faudrait rentrer ton scooter à l’intérieur de l’hôtel »
« Mouais »
Je sors et pousse le scooter à l’intérieur de l’hôtel. Le gardien de l’hôtel est entouré par ses copains et ce petit monde m’observe… L’un d’eux parle anglais et commence à m’aborder. Il s’appelle Jules et... il a ENCORE 20 ans (décidement chuis abonné aux djeun's)... On cause... Tiens, j’ai plus sommeil ! Tire la langue

Pluie battante le lendemain matin. Au lieu de rester à rien faire dans l’hôtel, je vais au marché d’en face histoire de prendre quelques photos de la vie locale… entre les vendeuses de fruits


et les marchandes de poisson


Nous poursuivons la route vers Sumbawa Besar. Les maisons sur pilotis sont très différentes de Lombok


mais les habitants sont aussi accueillants que les Sasaks


Arrivée à Sumbawa Besar. Coup de bol : les cérémonies de la fête nationale ne sont pas encore terminées et nous avons droit à un joli défilé de personnes habillées en tenue traditionnelle locale


La soirée à l’hôtel ne se passe pas très bien. Carine m’explique que le voyage est trop difficile pour elle, on passe la journée sur le scooter… Là encore, je comprends que nous n’avons pas tous la même façon de voyager et je lui propose de faire demi-tour et de quitter Sumbawa, sachant que, de toutes façons, j’ai prévu d’y revenir l’année prochaine

Retour sur Lombok et cap vers le nord, via les pentes du Mont Rinjani. Nous nous arrêtons à Sapit, petit village de montagne niché au milieu des champs de tabac.


Si le temps n’est pas trop la partie, j’ai quand même droit à un beau lever de soleil le lendemain matin


La route continue à monter à travers la forêt


pour atteindre le sommet


puis redescendre pour atteindre la côte Nord.

Carine et moi devons nous rendre à l’évidence : nous ne sommes pas faits pour voyager ensemble. Elle fait beaucoup d’efforts de son côté, et moi aussi. Nous nous apprécions, alors nous nous forçons mutuellement à se supporter l’un l’autre. Mais il apparait plus sage d'envisager de visiter Bali séparément.
Mais avant, nous passerons tout de même quelques jours de repos bien mérité sur les Iles Gili.

Gili Meno, en position centrale, nous paraît un choix stratégique pour visiter les 3 îles, et puis apparemment c’est tranquille… j’ai tout de même quelques hésitations avec l’alerte aux moustiques marquée dans mon guide de voyage… Carine maintient sa position pour Gili Meno, elle fera le bon choix, ce sera notre île préférée des 3… surtout par rapport à Gili Trawangan qui est nettement plus construite...

Aahhh la couleur de l’eau


la belle plage de sable blanc


les couchers de soleil


les sorties de snorkeling


tout baigne quoi !


A suivre... La suite est un peu plus bas...
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Clin d'oeil...... Non, je n'ai pas tout lu...... pas encore, je le lirais entièrement et tranquillement au fin fond d'une nuit justement que je m'apprête à travailler trés bientôt.... mais déjà j'ai survolé, j'ai lu quelques passages et j'ai surtout revécu de bons moments....

Surtout je voulais être le premier à répondre à ce carnet..... te remercier d'avoir eu en mémoire durant ton voyage le mien et d'avoir poussé la porte de tes rêves un peu plus loin que les miens..... tu as bien fait.....

Tu sais cette fois ci c'est décidé je retourne en Indonésie en Octobre l'année prochaine..... pour l'ami chris06 et France et leur faire découvrir cette île de Lombok, et j'ai cette fois ci la ferme intention d'aller sur la côte Est de cette île.... j'y retrouverais certainement tes amis et même peut être toi d'ailleurs......

Tu parles bien de ton voyage..... simplement et avec des mots d'enfant tels que l'on devrait tous les employer pour garder cette part de rêve enfouie que l'on a tous au fond de soi..... moi depuis le début j'ai toujours un Atlas sous la main, j'adore y suivre les traits bleus des cours d'eau, y lire des noms incroyables de ville, y définir des pans de forêts sans routes..... et me dire que j'irais là un jour prochain......

Merci de ton carnet, il faira beaucoup de lectures crois moi, rien que pour la fraîcheur qu'il apporte......
Lolodesiles

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Merci Alan Clin d'oeil

10 jours plus tard….

Je suis à Bali depuis une semaine. J’ai toujours mon scooter loué à M. Subhi, j’ai pu le passer dans le ferry sans problème. Je reste fidèle à mon principe d’éviter à tout prix les transports en commun. C’est tellement agréable de ne pas être à la merci des chauffeurs de bémo et autres loustics du même genre, qui essayent de gagner un mois de salaire avec un seul touriste !

Sur VF, j’avais lu pas mal de plaintes au sujet de Lombok, que les Sasaks ne pensent qu’à l’argent, qu’il faut tout le temps tout négocier et que les gamins n’ont que le mot « money » à la bouche. D’ailleurs à Tetebatu, j’avais rencontré 2 Français qui avaient souffert de cela également et du coup avaient une petite amertume sur Lombok. Je leur avais expliqué qu’à aucun moment je n’avais vécu ce problème, et qu’avec mon scooter je peux soigneusement éviter les usines à touristes comme par exemple la plage de Senguigui, et puis comme le scooter est le principal moyen de locomotion à Lombok, je me fonds facilement avec la population, et je peux m’arrêter partout, notamment dans les villages où les bus ne s’arrêtent jamais et là le rapport avec la population, peu habituée aux touristes, et tout simplement génial : étonnement, regards échangés, sourires, rires et bien sûr pauses photos ! Et de conclure par ma fameuse maxime : « moi, les transports en commun, jamais ! »
« Tu as raison. Nous aurions peut-être du voyager comme toi… »

Bref Tire la langue, je suis donc à Bali depuis une semaine.
Je m’ennuie...

L’ambiance magique de Lombok n’existe pas ici. Les Balinais ont l’habitude des touristes et, à part vouloir me vendre constamment des trucs, ils ne montrent guère d’intérêt pour le lointain étranger qui vient leur voir… Finis les « Hello Mister », « What is your name »… les habitants vaquent simplement à leurs occupations. Bien sûr les Balinais sont gentils et accueillants mais le contact avec eux n’a pas la magie des Sasaks ! Je ne suis pas dépaysé

Pire : à Bali le trafic est dense, les plages sont moches (même au sud), et les paysages n’ont a rien de transcendant. Ça va bien pour les temples, mais moi c’est pas trop mon truc… Et puis le touriste blasé qui est en moi reprend le dessus : « Grumph… leurs rizières elles sont nulles à comparer des Philippines, leurs temples ils font pitié à comparer de la Thaïlande… et ainsi de suite…»

C’est pas bon, je commence à être un grognon de touriste français jamais content. Pour moi, Bali est complètement défigurée par le tourisme. L’appareil photo reste au fond du sac la plupart du temps. Et puis Lombok me manque Incertain

Comme Milou, le chien de Tintin, j’ai un ange et un diable au dessus de ma tête
L’ange : « Non, Loïc, tu ne retournes pas chez Rumaji. C’est ta dernière semaine, il ne faut pas finir ton voyage là-bas sinon le retour en France sera insupportable. Rappelles-toi que des révisions de concours t’attendent dès ton retour ! Ce n’est pas le moment de faire une déprime !»
Le diable : « Voyons, Loïc, tu ne vas pas passer une semaine dans un endroit que tu n’aimes pas ! Et puis de toutes façons tu dois ramener le scooter à Lombok… alors autant faire un bonjour à Rumaji…»

Je vois un Wartel (téléphone public). Je tends à l’employé le papier sur lequel Rumaji a noté le n° de portable de sa voisine. Cette fois, ce n’est plus le destin qui me rapproche de Rumaji au gré des vols intérieurs complets, mais bel et bien moi qui prend en main mon destin !
« Pouvez vous appeler ce n° et demander Rumaji ? La personne qui va décrocher ne parle pas anglais »
« Allo, Maji ? »
« C’est toi Loïc ? »
« Oui. Heu… t’es libre cette semaine ? »
« J’ai déjà dit que je n’avais rien à faire en ce moment. Tu viens quand ? »
« Je prends le ferry et j’arrive… »
Le petit diable rouge a gagné et triomphe de sa victoire tandis que l’ange blanc s’en va en pleurant (les lecteurs de Tintin comprendront Clin d'oeil).

Hop. Cap sur Padangbai, à 2h de route. Je m’embarque dans le ferry pour 5h de traversée. J’arrive au port de Lembar, fais le plein d’essence, et c’est parti plein gaz pour la traversée de Lombok d’ouest en est. Plus besoin de carte ! A Lombok je suis chez moi. Traversée en 1h45 chrono… Faut dire que je suis pressé d’arriver, la nuit tombe. Non pas que j’ai peur des soit-disant fanatiques religieux qui sont dans le coin (d’après un Balinais…), simplement la route est truffée de trous et moi je vois rien la nuit !

Arrivé au village, la population me reconnaît malgré la nuit et j’ai bien entendu à la haie d’honneur habituelle. Les « hello Mister » ont laissé la place aux « hello Loïc ». Aah, ça fait trop du bien de ne plus entendre « please buy sarong ! ».

Rumaji n’est pas encore rentré de la pêche. Rumawe ne parle pas aussi bien l’anglais que son frère alors je mélange anglais et indonésien et je raconte ma déception pour Bali. Et de conclure dans l’hilarité générale :
« Bali, satu mingu, saya keniang, Lombok empat mingu saya lapar ! » (Bali, 1 semaine, j’en ai assez bouffé ; Lombok 4 semaines j’ai encore faim !). Ben oui, j’entame ma 5ème semaine sur cette île Sourire

Rumawe me tend spontanément ses 2 filles : « dites bonjour à oncle Loïc ! »
Que c’est bon de se sentir chez soi Sourire de voir que les gens ne cachent pas leur joie de me revoir, et inversement. Mais ma mentalité d’Européen me fait douter : « peut-être que je vais finir par les déranger ? »

Rumaji arrive enfin.
« Loic je suis allé pêcher pour toi. Comme j’ai pêché trop de poisson, je suis allé en vendre, excuse moi je suis en retard. C’est une bonne journée aujourd’hui, j’ai vendu pour 5€ et ma femme va nous préparer un festin ! »
Chez Rumaji, je reprends mes petites habitudes. Pas besoin de se parler : il ouvre son armoire, vide un compartiment, je vide mon sac à dos dedans, il ferme la porte à clé et me donne la clé. C’est bien de se sentir chez soi ! Même sa femme, qui n’avait encore jamais hébergé de touriste avant moi, commence à s’habituer à ma présence et à sortir de son silence de femme musulmane

Tiens, je retrouve les 5 VCD achetés à Bali pour la musique de fond de mon site internet. Ça tombe bien, Rumawe a un vieux lecteur et une télé noir et blanc. Malgré un son très mauvais et une image quasi-invisible, ce soir c’est soirée karaoke chez Rumawe sur les derniers tubes de Peterpan, le célébrissime boys-band Indonésien!
Tenez les filles… c'est pas les Peterpan mais c’est le boys-band du village Tire la langue


5h du matin… comme chaque jour la mosquée du village me réveille. Difficile de dormir ensuite : les coqs prennent le relais, et la vie des habitants commence dès 5h30 !
Rumaji me sert un petit déjeuner inhabituel. Finis le riz et le poisson au petit matin ! Lors de notre virée à Tetebatu, il a pu voir que dans les hôtels on sert plutôt du sucré. Alors ce matin j’ai droit à une pleine assiette de gâteaux !
« Loic, made in Air !» (Air c’est sa femme)

« Maji, tu te souviens, la dernière fois, tu m’avais chanté une chanson en Sasak qui disait Gili Nanggu, île magnifique, eau transparente et poissons multicolores. Je te propose d’aller vérifier les paroles de la chanson »
Sourire entendu... et attendu Sourire

Je vide mon sac à dos, ne prend que l’indispensable, et nous voila partis à nouveau sur les routes ! Je refais dans l’autre sens toute la traversée de Lombok faite la veille… C’est bon la route je la connais par cœur maintenant !

Nous arrivons au Sekotong Indah, mais j’ai envie de pousser jusque chez Suderman, ce sera plus sympa de dormir chez lui que dans un hôtel. Suderman est content de me revoir un mois plus tard. Soirée avec mes 2 amis

Le lendemain, après une négociation ardue avec un pêcheur du coin, en route pour Gili Nanggu !


La chanson disait vrai : Gili Nanggu est une île vraiment belle.


Notre touriste Sassak commence à prendre goût aux photos, et il est souvent dans le champ de vision…. Tire la langue


Par contre il faut que je lui donne des cours de cadrage car il me loupe presque toutes mes photos


Hop, je pose l’appareil sur une pierre et voila la bande au complet


Sous l’eau c’est un aquarium à quelques mètres de la plage, quelle nouille d’avoir laissé mon appareil photo de plongée en France !
Puis on continue vers d’autres îles voisines, comme Gili Tongkol, toute aussi belle


puis une autre île dont je ne sais plus le nom


pour finir sur Gili Gedish une île de grande comme un terrain de tennis


Aaah !!! c’est autre chose que Bali ici !! Il est temps de revenir à la terre ferme


. pour reprendre la route.

Tiens, un mariage !


C’est la grosse période des mariages en ce moment, les gens se dépêchent de se marier avant le Ramadan, me confie Rumaji.

Mon inséparable compagnon me propose d’aller passer la nuit chez son oncle. Là, il rend visite à son frère qui poursuit ses études dans une Madrasa (école islamique). Un touriste dans une madrasa, voila quelque chose de pas ordinaire ! ça rigole, ça rigole


Il ne me reste plus que quelques jours à passer à Lombok. Rumaji, qui aime la découverte, aimerait bien connaître Kuta. J’hésite un peu car je connais déjà bien le coin… Mais bon depuis plusieurs jours j’arrive pas à trouver un cybercafé et je sais qu’à Kuta y’en a. Et puis si ça fait plaisir à Rumaji alors on y va !

Je décide d’aller d’abord à Selong Blanak par une petite route que je ne connais pas encore. A nouveau nous nous retrouvons sur une route défoncée, traversant une multitude de villages Sasaks, avec des « touriste ! touriste ! » et des « Hello Mister » qui fusent de partout.

Arrivée à la plage de Selong-Blanak.
« Loic, tu as 1€ STP ? »
« Encore des cigarettes !! Tu n’as qu’à te servir dans mon porte-monnaie »
Il prend le billet de 10000 roupiah et s’en va. Une bonne 1/2h après il revient avec en main 2 poissons grillés.
« Où as-tu acheté ça ?»
« Ben… à des pêcheurs… »
« Mais t’as fait cuire où ? »
« Ben… dans le village. J’ai demandé à des habitants de me les cuire »
« Ah, oui, bien sûr, suis-je bête… »
Miam !


Un habitant arrive avec un registre. Il me demande de signer mon passage car il est chargé de comptabiliser les touristes qui passent par là, pour le prochain projet hôtelier. Le dernier qui a signé c’était il y a 3 jours… J’en profite pour lui demander où est Dadi….

Pendant ce temps… j’en connais un qui commence à s’habituer aux vacances


« Bon faut vraiment que j’envoie un mail. Allons à Kuta »
Pour une fois, on s’arrête dans un restaurant pour touristes, on retrouve les 2 françaises avec qui on a passé l’après-midi à la plage, mon fidèle compagnon de route amuse la galerie et goûte les premières frites de sa vie.

Evidemment, les connections internet sont en panne… on me dit d’essayer demain au Novotel, le seul hôtel de luxe du coin
« Maji, ça tombe bien, tu vas pouvoir voir un hôtel pour touristes riches. Ça te montrera une fois de plus qu’il y a plusieurs catégories de touristes, des riches et des moins riches. Ceux-là, ils sont pleins aux as… »

Notre pêcheur Sasak supporte manifestement très bien le choc culturel Clin d'oeil


J’ai un peu peur qu’on se fasse virer car on s’est incrustés là sans rien demander à personne

« Maji, tu te souviens ? Ces habitants de la petite île de Meringke qui nous ont invité ? J’ai bien envie d’y aller voir »
« Moi aussi, je ne connais pas cette île ! »
Nous sortons du Novotel et reprenons la route vers le Nord, puis vers l’Est. Nous arrivons au port de Labuan Hagi. Justement il y a un bateau qui commence tout juste à partir
« Hé ho du bateau !! Gili Meringke ? »
« Ya !! »
« Moment, moment !! Sebentar !! On arrive !!»
Ni une ni deux je gare le scoot, mets l’antivol et cours vers le bateau.
« Quelle chance ! On l’a eu de justesse ! 2 minutes plus tard on le loupait ! »
« Au fait, on dort où ? »
« Ché po »


Sur le bateau pour Gili Meringke, les habitants m’affirment avec certitude que je suis le 1er touriste à les visiter


« Quand même ! Vous êtes sûrs ? Vous avez déjà bien du en voir un ! »
« Non. Tu es le tout premier »
J’en reviens pas !! C’est vrai que Gili Meringke ne figure sur quasiment aucune carte mais quand même… (quoique… même google il connaît pas !!Sourire)

L’ile est en vue. Elle semble pas mal habitée.


Les habitants semblent heureux de voir qu’un touriste s’intéresse à leur île.


Nous traversons l’ile à pied. En 5 minutes, nous voilà de l’autre côté. La plage est effectivement magnifique


Un peu plus loin Gili Meringke se prolonge par une étroite bande de sable


Finalement, nous n’aurons pas besoin de squatter une maison sur l’île… on a trouvé un bateau Clin d'oeil


Retour chez Rumaji. Nous avons plein de choses à faire pour ces 2 jours qu’il me reste.
Déjà, je lui ai promis d’aller avec lui au grand marché du jeudi qui se tient à Keruak.
Ici, tarif local à une condition :
"Loic, tu me laisses faire, tu ne parles pas, sinon les prix vont monter"
"OK big boss"

Je lui achète pour 30 euros de vêtements, il y en a pour toute la famille.
« C'est trop » dit-il
« Tu m'as accompagné pendant plusieurs jours et tu n'as pas travaillé pendant tout ce temps. Tu n'as eu aucun revenu. Il est de mon devoir de le compenser. Et puis, en France, quand tu fais un beau cadeau à un ami, ça coûte à peu près 30 euros. Ce n'est pas parce que tu es Indonésien que je dois diviser le budget. Un ami, c'est un ami, qu'il soit français ou indonésien c’est pareil »

Bon les courses c’est fait. Ensuite, après ces quelques jours de vacances, il faut que notre touriste redevenu pêcheur aille vérifier avec son frère comment se portent ses langoustes


« Devine ce que tu vas manger ce soir Lolo? »


« Ah non non non ! Elles sont trop chères tes langoustes ! »
« Non c’est gratuit pour toi »
« Non et non, c’est ton gagne-pain, gardes les, tu pourras les vendre cher »
« Non seulement c’est gratuit, mais en plus t’as intérêt à en manger sinon je serai très en colère ! »
« Ok big boss… »

Pour agrémenter les langoustes, nous partons aux coquillages. A quelques mètres de la plage, nous scrutons le fond de la mer à la recherche d’un de ces gros coquillages qui dépasse du sable. Bien sûr je ne vois rien et lui il voit tout. Le spectacle est fascinant : il repère un coquillage, plonge, se met accroupi au fond de l’eau et tire de toutes ses forces sur le coquillage qu’il finit par arracher. C’est comme dans un reportage… Enfin je repère un coquillage qu’il n’a pas vu. Je plonge moi aussi… j’attrape le coquillage, et… je me coupe le doigt Fou
Rumaji remontera 10 coquillages en quelques minutes… Frits, ces trucs sont délicieux !

Bon, puis… faudrait aussi penser à bosser un peu. Nous partons à la pêche avec les 2 frères (+ moi, ça fait 3 frères Clin d'oeil)
Ce n’est pas la peine d’attendre longtemps pour que ça morde !


Sur un bateau, on peut tout faire
Danser


manger


fumer
Enfin, Rumaji veut absolument me montrer l’immense champ de corail qu’il connaît. Je prends mon masque et mon tuba et nous partons avec Pikri.


Pikri c’est un pêcheur qui gagne bien sa vie car il est chasseur de pieuvres au harpon. Une pieuvre se vend 4€.
Je plonge… sous moi, à quelques mètres, un gigantesque champ de corail multicolore de plusieurs hectares m’attend… Pikri me rejoint. Il tient une longue lance en bois avec un harpon accroché au bout. Lorsqu’il nage, le geste est magnifique… Mais pourquoi n’ai-je pas emmené mon appareil photo waterproof ?? L’année prochaine je le prends c’est clair !

Soudain, il se précipite à la verticale d’un rocher. Tel un aigle qui fonce sur sa proie, il plonge à la verticale, et d’un coup sec, plante violemment son harpon dans le corail. Tout en restant en apnée, il secoue son harpon, donne de puissants coups de va et vient et sort une énorme pieuvre de son trou ! Et nous sommes entourés par pleins de poissons tropicaux et un corail multicolore à perte de vue… Inoubliable

Et voila le travail


La fin du voyage approche. Demain matin à la 1ère heure je dois partir car une longue journée m’attend : retraverser tout Lombok, rendre mon scooter à Mataram, prendre un ojek (moto-taxi) jusqu’au port de Lembar, me taper 5h de traversée dans le ferry, et me taper encore une bonne heure de bémo pour arriver à Sanur, à 20km de l’aéroport… Je redoute ce moment, je sais que ça va être très dur

Plus les heures avancent, plus Rumaji perd son sourire et son enthousiasme. Moi aussi. Il me propose de retourner une dernière fois sur ma plage préférée.

En route, nous croisons des jeunes mariés


suivis par le cortège musical


« Au fait, Maji, tu as oublié de me montrer tes photos de mariage »
« Ah oui, elles sont chez ma belle-mère. On y va »
Il me tend un petit album qui contient une dizaine de photos au format 10x15
« Fais attention ce sont les originaux, je n’ai pas de copies »
Je feuillette l’album. Lui et sa femme portent les mêmes habits que le couple que je viens de photographier.
« Lolo, prends celle que tu veux »
« N’y pense même pas Rumaji ! »
« Si, prends en une. Je veux t’en donner une »
« Mais non enfin, ça n’a pas de sens ! Ce sont tes photos de mariage quand même ! »
« Tiens, prends celle là »
J’ai une petite idée derrière la tête… « Donnes moi aussi tes négatifs »

Nous arrivons à LA plage en fin d’après-midi. Cette plage est toujours aussi magnifique et déserte.

Nous en profitons pour faire quelques dernières photos ensemble, en gros plan.
« Je les regarderai de temps en temps lorsque je suis triste »
Rumaji me rétorque :
« Toi tu auras des photos, moi je devrai attendre un an… »
Et d’ajouter en grand poète (je laisse en VO) « Me also I need a medicine for the heart !! »
« Ne t’inquiète pas, dès mon retour en France, je t’envoie quelques photos »

Vendredi 7 septembre – 7h du matin

Ce matin pour mon départ le Volcan Rinjani a décidé de me narguer. Il n’a pas sa brume habituelle, la vue est dégagée. Tant pis, je ne suis pas à 10 minutes près. Je veux une photo de la plage du village avec le Rinjani en toile de fond !
Ce sera ma toute dernière photo


Je fais rapidement mes adieux aux villageois car j’ai envie de pleurer et je n’ai pas envie que Rumaji voit ça… surtout qu’il m’a déjà fait le coup la veille

Mon retour en France est encore plus difficile que d’habitude. Déjà, à chaque retour de voyage, je me pose l’éternelle question « Que fais-je ici ? Est-ce vraiment ça ma vie ? » Enfin les questions existentielles habituelles que se pose tout voyageur

Mais cette fois le retour est très difficile, vraiment pénible. Mes amis me manquent, je n’arrête pas de penser à eux, qui vivent apparemment si heureux dans leur village, malgré leurs besoins matériels insatisfaits… Tiens, en ce moment, ils sont à la pêche… Ah et puis là ils sont en train de se coucher

Et puis je pense à tous ces coups du destin qui, à plusieurs reprises, m’ont fait retourner vers Rumaji. Je me sens complètement vidé, éteint et surtout cette barre dans la gorge qui ne veut pas partir. Je me dis que parfois voyager ça fait aussi trop de mal

En rangeant mes affaires chez moi, je retrouve la carte d’identité que Mohamed avait prêté à Rumaji en cas de contrôle de police (on avait juste changé la photo…). J’ai trouvé une bonne raison, seulement 2 jours après mon retour, d’appeler mon petit frère….

"salamat siang! Saya Loic dari Prancis!" (bonjour, moi Loic de France !)
"Aahh! Mister Loic ! Apa kabar? (Aahh! Mister Loic! Comment ça va?)
"Baik Baik. Maji di cini?" (ça va… Rumaji ici?)
"Tidak. Maji mancing" (Non, Rumaji pêche)
"Saya telephone dua jam?" (Moi téléphone 2 heures?)
"Ya" (oui)
"Heu.. satu jam OK?" (Heu… 1 heure c’est bon?)
"Dua! Dua!" (Deux! Deux!)
"OK!!"

2h + tard...
"salamat siang! Saya Loic dari Prancis!"
"Allo, Loic ! It's Rumaji ! Where are you?"
"Sorry, I am in France my friend… I miss your village, I miss your family and your friends, and I miss you of course so I just call you now. I wanted to tell you that I have found Mohamed identitas and I send it today. I have printed a few photos with my computer, so you don't have to wait one year to see them ! Hope you will receive my letter soon !"
"Thank you Loic ! I miss you so, I have no friend now, I am very sad... I just come back from fishing. I am on the beach now !"
"Aaaaargh!!! Rumaji please don't tell me this !!!"
"When do you come back?"
"Next year in July. Next month I buy my ticket and call you again! Ready for going to Sumbawa and Flores? Sure?"
"Sure !"
"Bye bye my little brother - please kiss your wife and your brother for me"
"Bye bye Loic - I don't forget you"
"Me also for sure !"
"Bye bye !"
"Bye bye ! You know, now there are many tourists in the area ! The hotel Planet is full ! Lolo I really hope we can join and make bungalows soon!”
"Yes I hope so…"
"As soon as I find a land I send you a letter"
"I wait for it. Bye bye Maji"
"Bye bye Lolo"
"Bye bye. I miss you"
"Bye bye"
Mais c'est qu'il veut pas raccrocher !! Tant pis, je raccroche...

Dans la conversation il m’a encore confirmé qu’il se libérait pour l’été 2008 pour traverser avec moi, en scooter, les îles de Sumbawa et Florès. Il m’a aussi relancé pour s’associer avec moi pour ouvrir des bungalows. Pourquoi pas si le budget est abordable? Et puis la com sur internet ça me connaît ;-)

Avec celui que je considère comme mon deuxième frère, nous allons encore vivre des moments magiques ensemble l’année prochaine, c’est une expérience extraordinaire de voyager avec un ami Indonésien (un ami et non un guide payé pour faire son job) qui me permet d’approcher la réalité du pays et la vie quotidienne des gens de façon simple et spontanée. J’aime cette façon de voyager, ce n’est pas possible dans tous les pays, mais en Indonésie, c’est vraiment simple, les gens sont tellement ouverts… et puis avec un ami pareil c’est le rêve

A ceux qui trouveraient ce carnet un peu trop personnel, je m’excuse auprès d’eux. Je m’excuse également auprès de Carine, avec qui j’aurai du effectuer ce voyage… je sais que tu m’en veux… que le voyage n’a été magique que pour moi… pardon, j’ai peut-être été un peu trop égoïste sur ce coup

Le voyage pour moi est une raison de vivre, une façon d’exister qui me donne un certain recul sur ma vie quotidienne, ma culture, ma perception des autres, mes projets, et finit toujours par me ramener à l’Essentiel. Depuis ma petite enfance, je suis fasciné par les cartes, je peux rester des heures devant une mappemonde et les guides Michelin qu’achetaient mes parents étaient mes seuls livres de chevet. Lorsque j’étais enfant, ma mère m’a donné un livre « Parana, le petit indien ». Ce livre raconte en photos la vie d’un petit indien d’Amazonie qui vit heureux dans la jungle au milieu de ses proches. Ce livre, il est très usé, car je l’ai lu des centaines de fois, contemplant les photos et rêvant de devenir le meilleur ami de Parana.

Aujourd’hui, Sanjay aux Iles Andaman, Mehdi à Socotra, Rumaji à Lombok, ce sont les descendants de ce petit Parana que je n’ai jamais oublié… Certes, ils ne vivent pas dans la forêt amazonienne, mais tous les 3 sont nés et vivent heureux dans leur petite île. Etrange coïncidence avec mon amour pour les îles

C’est mon tout premier carnet de voyage. D’habitude, je n’en fais jamais mais cette fois, j’avais besoin de l’écrire, j'avais besoin de refermer le livre de cette histoire resté trop longtemps ouvert et qui reprenait sa position initiale lorsque je tentais de le refermer.
Et puis j’avais besoin aussi de diffuser ce carnet, d’une part auprès de ceux et celles qui partagent sur VF ma passion, me comprennent et sont à même de ressentir ce que je ressens ; d’autre part auprès des personnes qui n’éprouvent pas ce besoin vital de voyager et qui se demandent pourquoi j’ai une telle passion des voyages, pourquoi je parle toujours de voyages, pourquoi j’en ai toujours un en préparation dans ma tête, et pourquoi à l’âge où il est temps de se marier, d’avoir des enfants et de contracter un crédit immobilier… pourquoi moi, je continue à réaliser mes rêves d’enfant.


- --> La suite Sasak Story 2
Hialle

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Lorsque j’étais enfant, ma mère m’a donné un livre « Parana, le petit indien ». Ce livre raconte en photos la vie d’un petit indien d’Amazonie qui vit heureux dans la jungle au milieu de ses proches. Ce livre, il est très usé, car je l’ai lu des centaines de fois, contemplant les photos et rêvant de devenir le meilleur ami de Parana.


Merci à toi citoyendumonde grâce à toi, je viens de comprendre d'où me vient cette envie qui me taraude régulièrement depuis des années, et tu viens de me donner une énorme bouffée d'émotion comme si tu avais ouvert une boîte à trésors que je pensais perdue. Ce livre dont tu parles, j'en avais trois de la même collection. Hassan, l'enfant du désert, Aslak, le petit lapon, et celui de Natacha, l'enfant de Moscou. Comme le tien, ils sont usés, couvert de vieux scotch datant des années 65, ils ont été lus et relus.
Je n'ai fait que des voyages, dits touristiques, de quelques semaines dans quelques pays, mais je crois que ce besoin vient de là.

Quand je pense que j'ai lu un post sur VF l'autre jour remettant en cause certains carnets de voyage..... mais le tien est du pur bonheur. Le voyageur qui devient ami, tu te fonds dans la vie de tous les jours à l'autre bout du monde. Tu donnes envie de connaître Rumaji, d'aller au delà des simples rencontres.

Je suis tombée sur ton post par hasard, mais je ne crois pas trop aux coincidences..... j'ai non seulement passé un excellent moment, mais j'ai lu une belle histoire humaine.

A ceux qui trouveraient ce carnet un peu trop personnel, je m’excuse auprès d’eux.
On non, ne t'excuse pas de faire du bien....
Chris06

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Alors là Loic je suis estomaqué par ton carnet !
C 'est tout à fait le style que je recherche...
Bon, je m'imprime tout ça : et vais le "savourer" samedi prochain pendant mon vol de Frankfort à Addis Abeba !
Avec Alan comme guide et ton carnet Lombok sera un délice...
Merci et bravo !
Simon

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J'aime bien cette photo, c'est du vrai Loic-Paradise© Malin


Si le "Citoyen Riche du Monde" ouvre des bungalows, je veux ma chambre avec vue sur la mer Clin d'oeil Je suis prés à faire abstraction des montagnes (juste le temps d'un voyage, pas plus) pour le bord de mer Malin
Lolodesiles

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merci de ton joli message Sourire
Finalement nous sommes peut-être finalement plus nombreux que je ne le pense à être restés des gamins... surtout sur ce forum Clin d'oeil
Lolodesiles

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salut Simon !!

Eh bien non tu n'auras pas besoin de laisser tomber tes montagnes. Le Mont Rinjani (3700m) n'est qu'à quelques dizaines de kms et il t'attend... Clin d'oeil
BlueBird

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Loic, cher Loic !

Je viens de lire d'une traite ton premier carnet de voyage. Et l'émotion est très forte.
Tout ce que tu as écrit vient du coeur, on ne peut pas s'y tromper.
Foin d'ego vfisant et de mise en valeur travaillée...j'ai eu l'impression que tu nous prenais par la main pour nous emmener avec toi, les yeux encore émerveillés. Exactement comme on ouvre un album magique pour devenir compagnon de Parana le petit indien

J’ai adoré ta discussion avec Rumaji sur les niveaux de vie relatifs France/Indonésie, c’est édifiant de lucidité.
Les plages paradisiaques me laissent habituellement indifférentes mais là, ton enthousiasme était contagieux !

J’ai l’impression que ce voyage n’était pas comme les autres…voyage initiatique, voyage vers soi-même ? Les rêves d’enfance sont des guides précieux, il n’y a aucune honte à les suivre au contraire. C'est un Loic HEU-REUX qui sourit sur les photos... un Loic en immersion dans les eaux cristallines, mais surtout en immersion dans la "vraie vie" ?
Loic, merci de partager ce trésor avec nous…merci d’avoir osé te jeter à l’eau avec tant de spontanéité et d’émotions.

Courage pour affronter les concours ! Ne laisse pas la nostalgie prendre le pas sur le bonheur de cette rencontre.
Pense à la suite....et si, d'une façon ou d'une autre, ces rêves d'enfance finissaient par trouver leur vraie place dans la réalité ?
Sourire

Lara
PS : Cette discussion pourrait presque avoir sa place dans " Oser tout quitter pour aller vivre là-bas ?" Clin d'oeil
Ana69

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....j' ai survolé quelques photos......peux pas lutter....hélas je dois attendre ce soir pour lire ce récit.comme j' ai hâte!
bon je vois que loic et simon sont over booké...connecté à 14h....Sourire...
yen a qui on le bon job je trouve...

bizz à vous deux...vivement 20h !
Lolodesiles

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Hello Lara

Quel beau message tu m'envoies là Sourire
Oui, tu as tout compris, ce ne fut pas un voyage commes les autres... comme tu dis un voyage dans la "vraie vie", à la découverte des autres... et d'un soi-même qu'on ne connaissait pas.

Je suis content car je commence à retrouver le sourire grâce à vous tous !

Merci encore Lara tu mes réchauffes le coeur Gêné
Lolodesiles

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bon je vois que loic et simon sont over booké...connecté à 14h....Sourire...
yen a qui on le bon job je trouve...

Mauvaise langue !! Malin Je ne travaille pas aujourd'hui je suis en révision intensive... avec pause de 5 minutes toutes les 30 minutes pour tenir le coup Tire la langue

Courage et à ce soir donc...
BlueBird

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Oui, tu as tout compris, ce ne fut pas un voyage commes les autres... comme tu dis un voyage dans la "vraie vie", à la découverte des autres... et d'un soi-même qu'on ne connaissait pas.

Si j'ai un peu compris, Loic, c'est surtout parce que tu t'es très bien exprimé.
On a chacun ses révélations de voyage.
Moi aussi, je me suis trouvé des ailes, un jour, au bout du monde.
Et puis il a fallu revenir, rentrer, retrouver une vie si éloignée de mes rêves d'enfant, justement.
Et se demander si cet autre soi-même découvert en voyage pouvait y survivre ? C'est dur....
C'est dur, mais c'est possible. Si, si !!

Je suis content car je commence à retrouver le sourire grâce à vous tous !

Alors, ça c'est drolement bien.
Allez..encore un petit sourire, Lolo ! Làaaaaa....super.
Tu vois, quand tu veux !

Merci encore Lara tu mes réchauffes le coeur
Allez, zou : courage pour demain. Et à très bientot sur les pages de VF..
CyrilleG

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Bonjour,

j'étais déjà très fan de tes photos, mais là ce magnifique carnet de voyage m'a touchée... j'en ai encore les yeux tout mouillés! Gêné

Merci pour ce très bon moment, merci d'avoir partagé cette très belle histoire...

et bon courage pour tes révisions !
Ricouboy

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Alors si je comprends bien je me suis trompé d’une année pour partir avec toi mon Lolo, non c’est pas ça ? Clin d'oeil

Juste un coup d’oeil rapide pour constater que ça y est tu t’es lâché !
Wahoow... quel post !
Impressionnant de voir tout ce que tu écris là, mais certainement est-ce facile lorsque la plume est guidée par un trop plein de sentiments qui remonte du fond des tripes... Sourire

Boulot oblige, je n’ai malheureusement pas la possibilité de lire maintenant, c’est un peu long (Fou !!!)
En tout cas ch’u moi aussi très impatient de dévorer tout cela à tête reposée afin de mieux comprendre ce qui a pu te plonger dans une telle déprime post-voyage...
Donc j’essayerai d’y consacrer une de ces soirées !

En tout cas j’espère que tu vas beaucoup mieux que l’autre jour et que tu t’es remis de ces fortes "émotions voyageuses" !

Je voulais juste t’envoyer ce petit clin d’oeil Clin d'oeil et surtout te souhaiter bon courage pour les révisions.
Je croise les doigts pour que tout se passe au mieux demain !

Grosse gros bise ; ainsi qu’à vous tous les z’autres grands amis qui passez par là !
A tchao et @ bientôt.
Ricou
Lolodesiles

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j'étais déjà très fan de tes photos
A noter que j'ai mis dans ce carnet de voyages les photos qui ne peuvent figurer sur mon site car techniquement ratées (objectif souvent sale, sur ou sous-exposition, etc...). Mais en petit format ça ne se voit pas Clin d'oeil D'ici quelques temps je ferai une sélection de mes belles photos pour mon site cette fois...

j'en ai encore les yeux tout mouillés!Content de te faire partager mes émotions Sourire

et bon courage pour tes révisions !
Ben justement les 5 minutes de pause sont finies Incertain
CatherineGil

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J'avais dit, bon, je jette juste un coup d'oeil, avant de me remettre à mes cours de Russe, les photos de Citoyendumonde valent toujours le détour ! Et ça fait une heure et demi que je suis avec ton carnet de voyage, les yeux encore humides d'émotion.

Merci mille fois de nous avoir fait partager cette belle histoire d'amitié.
Quant aux photos bien sur, toujours aussi superbes.
Yann

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J'arrive de l'école, ouvre mes mails...Loic. Tiens il m'invite sur VF (t'as bien fait car j' y suis très rarement) Chouette je vais pouvoir lorgner sur ses superbes photos d'Indonésie...avec en prime un carnet !
Peu habitué à ses écrits, je m'empresse d'aller sur le forum...car cela a dû être fort....et ça l'est.

Pour toi qui l'a écrit, mais aussi pour le lecteur qui sait se reconnaitre ou vivre ces instants. Premier carnet réussi amigo, je ne peux que t'encourager à en écrire d'autres...

merci Loic

amicalement

yann
Lolodesiles

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Alors si je comprends bien je me suis trompé d’une année pour partir avec toi mon Lolo, non c’est pas ça ? Clin d'oeil

Mais non mon Ricou... C'était bien aussi la Mongolie... avec notre petite Munkhu...Sourire
Simon

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bon je vois que loic et simon sont over booké...connecté à 14h....Sourire...

Surpris Oh comment elle balance ! Cafteuse Tire la langue
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